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AlainX

 

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jeudi 22 mai 2008

 
Dépouille

Il y a bien longtemps... Il faudrait rechercher dans mes archives... J'évoquais mon premier amour - enfin le premier véritable, si je puis dire ainsi - je parlais de la nostalgie que j'en ressentais encore et de cette tentation de renouer un contact avec cette « jeune fille », devenue femme, mère de famille, puis divorcée. (J'avais eu des nouvelles d'elle, sans le chercher, par une amitié commune de cette époque-là...).

J'ai dit que j'ai repris mon autobiographie sous une autre forme littéraire très différente de ce que j'avais fait jusque-là. Hier, j'ai réécrit cet épisode de ma vie. Pour la première fois j'ai ressenti un réel détachement. J'ai coupé le dernier filin qui retenait ce souvenir encore flottant entre deux eaux. Le voici parti désormais occuper sa place dans les strates profondes de mon histoire.

Je vous livre ici un extrait, qui je crois ne sera jamais publié sur le net... Ni autrement sans doute...

J'ai longtemps gardé au cœur cet amour de toi défunt, comme on porte dans ses bras un enfant mort avec le fol espoir de le voir encore animé d'un souffle de vie. Et puis un jour, on le dépose dans son petit cercueil blanc, en ce cimetière des amours mortes, quelques fleurs à la main. Déjà fanées.

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mercredi 21 mai 2008

 
l'écriture, et moi, et moi, et moi...

J'ai lu chez quelqu'un (je ne cite pas, je crois que la personne souhaite un certain anonymat), quelque chose qui a trait aux rapports entre la littérature, Internet, le journal intime. Il est question de textes travaillés d'une part, d'impulsivité d'autre part. Il est question aussi de hiérarchisation de l'écrit. (Je reste vague volontairement...).

Toujours est-il que cela m'a donné à réfléchir.
Moi qui ai tellement écrit, depuis tellement d'années, je n'ai jamais autant été préoccupé que ces derniers temps quant à « mon acte d'écrire ».

Avant l'invasion d'Internet dans ma vie, avant de déverser sur cette immense toile mon propre verbiage, je vivais tranquillement à l'intérieur de mon journal intime papier. À aucun moment je ne me préoccupais d'un quelconque lectorat, bien au contraire.
Je suis venu écrire sur le net par jeu. Je me suis laissé prendre par la toile comme la mouche par l'araignée. Je dis cela à cause d'une confusion des genres. Je parle pour moi bien entendu, chacun écrit ce qu'il veut, comme il veut, là où il le veut...

Il y a en moi trois types d'écriture, qui ont fini par se mélanger allègrement.

- l'écriture intime, qui ne regarde que le rapport de moi à moi, et dont seuls certains contenus bien précis peuvent être communiqués à des personnes ciblées, de manière très occasionnelle, avec généralement une visée soit thérapeutique, soit de meilleure compréhension de moi-même.

En ce domaine, j'ai des centaines, pour ne pas dire des milliers de pages, que j'ai gardées, mais que, les années passant, il va devenir urgent de détruire totalement, quand bien même certains passages furent des pierres blanches ou des petites perles.
J'ai à présent (quasiment) acquis la conviction que je ne devais laisser nulle trace de tout cela à quiconque après ma mort. Je n'ai aucun désir d'une survivance a posteriori et je redouterais même toutes les interprétations qu'il serait possible de faire alors que je ne serai plus là pour m'en expliquer le cas échéant, surtout au regard des contresens de vie que certains ne manqueraient pas de commettre.
C'est parce que je suis un homme infatué que je n'ai pas encore détruit tout cela.
Mais cela ne saurait tarder.

- l'écriture militante, que j'ai beaucoup manié sous diverses formes, depuis mes discours enflammés au micro, dans des tribunes diversifiées, avec la fougue et la harangue dont je savais faire preuve, jusqu'aux articles de fond concernant mes convictions les plus profondes quant à la destinée humaine et au respect des personnes, en passant par des billets d'humeur dans des revues, des pétitions, des rapports argumentés, des expertises dans mon domaine de compétence, et même des mémoires pour des tribunaux administratifs... rédigés sous le manteau, au bénéfice de ce qu'il est convenu d'appeler la veuve et l'orphelin...
Tout cela fut lié à des circonstances, des combats du moment, une sorte d'ordinaire qui fit sens pour ma vie, me donna une certaine fierté d'être qui fut parfois ma récompense en me regardant le matin dans la glace.
80 % de cette écriture-là je l'ai bazardée il y a quelques mois lorsque j'ai mis de l'ordre dans mon bureau.
Ce que j'ai gardé, c'est un peu en pensant à mes filles, me disant que peut-être, quand je ne serai plus là, elles trouveraient la trace de certaines actions de leur père, du temps où elles étaient dans les années insouciantes de l'enfance et de la jeunesse. Mais je me demande si je ne vais pas là aussi tout bazarder. À quoi bon !
Quand je pense à mon propre père, ce n'est pas ce qu'il a fait qui m'importe, mais ce qu'il fut pour moi... On ne fut pas...
Quelles gardent de moi le souvenir de nos instants ensemble les plus marquants, les plus structurants, ce sera largement suffisant...

- l'écriture testimoniale (qui s'emboîte à la précédente). Ce fut surtout une écriture à la demande. On me demandait, parfois avec insistance, de témoigner de tel aspect de ma vie, de telle expérience, de la lecture que je faisais de tel ou tel épisode de mon existence. On a fait cela aussi en couple, parce que d'autres croyaient que nous détenions je ne sais quel secret, je ne sais quelle jouvence de longévité dans l'amour... dont on nous demandait de rendre compte, parce que : "Vous X et Z vous êtes quand même très spéciaux..." Et moi j'en suis encore à chercher ce que l'on peut bien avoir de "spécial" ...

Parfois, j'ai dit oui parce que cela flattait mon ego. Parfois j'ai eu de plus nobles motivations, lorsque cet aspect testimonial était pour moi dans la droite ligne de ma militance.
Les traces écrites de ces témoignages ont viré avec le reste.

*


Avec le net, par je ne sais plus trop quel biais, j'ai fini par débarquer sur des sites d'écriture comme Obsolettres dans le temps, ou Paroles plurielles, et plus récemment Kaléïdoplumes. Je me suis essayé à une écriture de fiction, j'y ai pris goût. J'ai écrit quelques petites choses pas trop mauvaises. Et peu importe d'ailleurs, l'important fut le plaisir que j'y prenais.
Je me mets à en parler au passé...
Je me prends à douter que ce soit une écriture « faite pour moi ». Je veux dire par là une écriture qui soit « ce que j'ai à faire ».
Mais voilà : telle est ma question de retraité ronchon : qu'ai-je donc à faire du reste de ma vie ?
j'en reviens toujours là... Avec ce comportement vicieux qui est que je n'ai pas vraiment envie de répondre...
Je suis un attentiste occupationnel. Je ferais mieux d'opter pour la Dolce Vita, me laisser couler dans un hédonisme de bon aloi.

Parfois je me dis que je n'ai plus rien à faire sur cette terre. Comme si j'avais accompli mon devoir, posé mon petit caillou sur le chemin de l'humanité.
J'écris cela sans aucun sentiment morbide. Je n'en appelle pas à la mort.
Je suis seulement dans une trop longue phase d'un manque de sens.
Je m'inflige un purgatoire. Mais me purger de quoi ?

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mardi 20 mai 2008

 
un vieux son ...

Connaissez-vous Edouard-Léon Scott de Martinville ?
c'est l'auteur du plus vieil enregistrement d'une voie humaines, vers 1858.
Cela s'est fait en France.

Une voix quelque peu fantomatique chante : "au clair de la Lune".
on croit reconnaître une voix d'enfant. Peut-être son fils, où sa fille...

j'ai découvert cela par le biais d'une newsletter.
voilà plusieurs fois que j'écoute l'enregistrement qui ne dure que quelques secondes.
Cela me fascine.
Cliquez pour l'écouter
j'imagine cet homme bidouillant chez lui son invention au fond d'un atelier, faisant quelques essais, demandant à sa fille/son fils de chanter devant ce qui devait ressembler à un micro je suppose. Et voilà que l'on a retrouvé le moyen de les écouter et de les mettre sur le net... à la disposition du monde entier.
Le premier enregistrement d'une voix humaine disponible... est une comptine d'enfants...
Quelle merveilleuse leçon d'humanité...

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Précision

Cela me turlupinait cette histoire de mémoire compactée que j'ai évoquée dans un précédent texte. En relisant ce que j'avais pu écrire de cet épisode il y a plusieurs années et les précisions que je donnais, je me demandais comment j'avais pu m'égarer à ce point dans mes souvenirs.

En voulant reprendre cela dans le sens de l'hypothèse explicative que je donnais il y a quelques jours, je réalisais que cela ne marchait pas vraiment. Alors je suis retourné aux sources livresques pour constater que je n'avais pas suffisamment approfondi la question. La différence de date concernant l'ouvrage que j'avais lu à 11 ans, s'explique par un phénomène de réédition trois années plus tard. C'est la date de réédition que j'avais trouvée...
Autrement dit, en l'espèce, ma mémoire ne m'avait pas trompé. Je n'ai pas réécrit cet épisode a posteriori. J'ai effectivement lu ce livre à l'âge de 11 ans.

Cela n'enlève pas la valeur des propos que j'ai pu tenir dans cette entrée en ce qui concerne la capacité de notre psychisme à réécrire des épisodes de notre vie. Cependant, cela met à néant l'interprétation que j'en faisais en termes de sens nouveau à donner.

Je disais que l'hypothèse nouvelle est encore balbutiante à laquelle j'aboutissais conduisait à "changer ma manière de rédiger cet épisode de ma vie.". Or, lorsque j'ai voulu rédiger différemment cet épisode, je n'y suis pas parvenu. C'est la raison pour laquelle je suis retourné voir du côté de l'historicité et que j'ai constaté ma méprise en confondant date d'édition d'origine et année de réédition.

J'ai eu envie de revenir sur tout cela par une sorte de respect de mon lectorat, puisque je tente de m'attacher ici à une certaine authenticité, en tout cas lorsque je parle d'un certain essentiel de moi et de ma vie. (Pour mes entrées d'un autre style, je me réserve expressément le droit à la mauvaise foi, la fantaisie et la parfaite vérité de l'invention...).

Cela m'apprend quelque chose sur moi-même : la grande rigueur dont je suis capable de faire preuve quant à l'observation de « mon monde intérieur » pour le déchiffrer avec le plus de précision possible, par rapport à un relatif laxisme que je m'autorise facilement pour ce qui est du factuel externe.
Par exemple, ma compagne me rectifie parfois lorsque j'évoque un fait bien réel, mais que je le place par erreur à un autre endroit spatiotemporel. J'ai tendance à dire que cela n'a guère d'importance que cela se soit déroulé tel été plutôt que le précédent. Je la trouverais même assez vite tatillonne de ces rectifications auxquelles elle tient... En revanche il ne saurait être question que j'admette des sentiments et/ou des ressentis subtils que l'on me prête et que je n'ai pas, et autres choses de ce style...

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lundi 19 mai 2008

 

Retour

Nous sommes allés. Nous avons vu.
Et nous voici de retour.
Est-ce qu'une visite dans l'ailleurs peut ainsi nous changer ?

Il est des monolithes qui ne changent pas.
Je fus longtemps monolithe.

Le feu dévorant rend la pierre incandescente, l'assouplit et lui donne existence.
Il faut se laisser dévorer par le feu intérieur.
Accepter le désir de fondre pour s'assouplir et changer.
Cesser de tout refroidir par les raisonnements qui affadissent l'ardeur et frigorifie la flamboyance de l'être humanisé.

Là-bas il y avait deux monolithes. Inébranlables de certitudes glaçantes assénées dans les coeurs à coups de pic à glace.
Plutôt que fondre et se remodeler, ils finiront par s'abattre et se casser en soulevant la terre pulvérulente, la poussière qui les fera tousser avant la mort par étouffement.

Là-bas il y avait surtout le creuset des fondeurs d'art du vivre, du naître et du renaître.
Ils n'ont pas de paroles pour convaincre. Qu'importent des mots quand le feu brûle et vous prend par le ventre jusqu'à l'incandescence.

La chair palpite et surpasse toujours la glaciation de la pensée figée dans des certitudes coagulées.
[non,non, Alainx ne rentre pas d'une semaine dans une Secte à Grand Gourou Labellisé !! Il était juste dans sa famille...]

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mardi 13 mai 2008

 
Petite info

Comme vous pouvez le constater, je ne suis guère présent sur mon blog en ce moment.
Un peu moins d'inspiration sans doute...
Mais aussi, je suis occupé ailleurs... Dans une écriture « hors blogosphère ».

Comme je sais que certain(e)s aiment savoir ce que je deviens, je précise que je serai absent durant une semaine environ.

Profitez-en pour relire mes archives !
Et visiter mes autres blogs !

Portez-vous bien quoi qu'il en soit !

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vendredi 9 mai 2008

 
Preuve mortelle

« Ce qui a besoin d'être démontré ne vaut pas grand-chose... » C'est une phrase de Nietzsche dans Le crépuscule des idoles. [Précision au passage, Nietzsche n'est pas tellement ma tasse de thé, même si sa pensée, enfin ce que j'ai modestement essayé d'en comprendre, m'éclaira sur mes propres convictions et, d'une certaine manière, leur relativité autant que leur puissance].

J'aime bien cette phrase dans la mesure où elle est de celles qui me font réfléchir, notamment lorsqu'elles viennent de personnes avec lesquelles j'ai des divergences. Ce n'est pas toujours évident, et il me faut parfois du temps pour accepter les parts de vérité ou d'intérêt qui résident chez l'autre et que j'aurais tendance à rejeter parce qu'il a le tort de ne pas penser comme moi.
Il est commode intellectuellement de dire que l'ouverture à la différences nous enrichit, c'est beaucoup moins évident dans le concret du quotidien, par exemple lorsque je me dis : qu'est-ce qui pourrait bien m'enrichir dans la pensée de TSarkozy... Il est vrai que je pars d'un postulat probablement faux qui serait que TSarkozy aurait une pensée personnelle, qui plus est intéressante.

En lisant cette phrase, curieusement peut-être, je pensais à l'amour. À cette demande, pour ne pas dire cette injonction : « Prouve-moi que tu m'aimes ! », formulée de cette manière abrupte ou signifiée de manière plus douce et détournée, elliptique ou dissimulée dans un discours ou des attitudes.
C'est une invitation qui demande à l'autre une démonstration de son amour. Sous-jacent, il y a nécessairement des choses comme : « si tu m'aimais vraiment, tu ferais ceci..., tu me donnerais cela..., tu aurais telle attitude... », etc. etc.
« Si tu m'aimais vraiment... » Ah ! La terrible phrase !... Le "si" et le "vraiment" : premier et dernier mot de cette phrase qui assassinent l'amour déjà embastillé dans le conditionnel du "si" et dans la terrible condamnation avec circonstances aggravantes du "vraiment". Deux mots assassins de l'amour...
Il est comme ça des phrases criminelles qui n'ont l'air de rien apparemment, mais dont les dégâts peuvent être intenses.

« Prouve-moi que tu m'aimes », mots à peine prononcés et la phrase de Nietzsche peut s'appliquer. S'il faut apporter la démonstration de son amour, c'est que cet amour ne vaut déjà plus grand-chose, si ce n'est rien.

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mardi 6 mai 2008

 

Lucidité de l'illusion

« Cela me fait plaisir de garder mes illusions : elles sont porteuses de mon enthousiasme. ». [Lu dans "Tout d'un blog", page 81, Nicole Versailles, (Coumarine pour les blogueurs) éditions couleurs livres, collection des récits de vie - Ouvrage que je vous recommande si vous ne l'avez pas encore lu, il fait le tour du phénomène blog avec pertinence et finesse].

Cette phrase m'a donné à réfléchir. Sans doute parce que je suis moi-même dans une sorte de flottement au regard de cette thématique. Je ne vais pas ici la commenter, surtout sortie de son contexte. Je voudrais juste analyser comment elle a fait écho en moi, ses résonances en quelque sorte.

On dit souvent qu'avec l'expérience, l'âge, les années qui passent, on est conduit à "perdre ses illusions", tout ce à quoi on avait rêvé, plus ou moins légitimement, en étant plus ou moins dupe des aspects totalement irréalistes parfois. Tout ce que l'aridité de la vie nous obligerait à laisser en chemin.
Perdre ses illusions serait comme être arrivé à maturité... À l'étape où on ne nous la fait plus, où en est « censé savoir » ce qu'il en est de tout cela... À l'âge où on balance des phrases du genre : « ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces ».

Parfois je ne suis pas loin de me faire piéger par cette maturité-là qui, évidemment, n'en est pas une.

La personne en voie de maturation, la personne *adulte* demeure dans la permanence du croire en l'impossible. Je dis bien du *croire en l'impossible*, et non pas de croire que l'impossible va se réaliser. Ce n'est pas la même chose... Et on confond tellement les deux...

À défaut d'étoiles, de rêve, d'illusions gardées, l'horizon s'arrête à la proche frontière des anxiolytiques, des cocktails calmants/excitants, et des plaisirs surfaits qui laissent un goût amer dans la bouche au petit matin.

*

Garder mes illusions : l'expression est pour moi un peu synonyme du titre de ce blog : *j'en rêve encore*. C'est quelque chose qui est à la marge, à la limite, là où se trouve le terrible risque de basculer dans la démission, parce qu'il y en a eu tellement des déceptions, des désillusions, des défaites parfois qu'il faut encore une sacrée dose pour y croire toujours.
Face à certaines situations aux aspects répétitifs et cycliques il me semble qu'avec le temps la tentation démissionnaire se fait plus forte en raison d'une sorte de lassitude qui envahit et pourrait étouffer le potentiel vital.

Pour ce qui est de la marche du monde et de l'avancée de l'Humanité je me sens dans une sorte de flottement, entre résignation réaliste et espérance folle. Je n'aime pas ma résignation lorsqu'elle pointe le bout de son nez. C'est l'antichambre de la mort. Je ne suis pas loin de hurler avec la meute des éternels insatisfaits de tout, alors qu'ils sont gavés de partout.

*

Peut-être qu'il manque à notre monde des *gardiens d'illusions* qui seraient capables de nous apprendre la croyance de l'impossible, ceux qui savent indiquer le chemin de l'inaccessible étoile et qui mouillent leur chemise pour elle. des réenchanteurs du monde pour qu'on ne tombe pas dans le piège du sarkozysme [laissez moi à mes fixettes!... ] qui masque sous du clinquant et du brassage de vent la pensée aussi étriquée que minable du « tout est possible ». Car comme il s'agit d'une *pensée magique*, elle engendre très rapidement le « rien ne se fera ». Alors on ouvre la porte à la dégringolade abyssale que le découragement d'un peuple ne fait qu'accélérer.

On sait bien qu'elle est inaccessible l'étoile, mais qu'il nous faut en rêver pour vivre. Ce qui est porteur de l'enthousiasme c'est l'espérance toujours gardée, et non pas l'attente passive des jours meilleurs qui ne viendront pas.

La vie n'est qu'un élan permanent, éternel, jamais un aboutissement. S'il en était autrement, il y a longtemps que la vie aurait disparu de l'univers...

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samedi 3 mai 2008

 
Mémoire compactée

Tout à coup l'événement relaté m'a paru curieux, quelque chose ne semblait pas pouvoir coïncider. Avais-je pu lire ce livre si jeune ? À 11 ans ? Pourtant, je me revois dans cette chambre glaciale où j'aimais me réfugier l'hiver car personne ne venait dans cette pièce sous les combles. Je me glissais sous les couvertures pour avoir plus chaud et je lisais avidement.
C'est là, dans ce contexte, que « je me vois » lire ce livre racontant l'histoire de cette jeune fille. À quel moment, quel âge, ce souvenir s'est-il installé en moi ? Difficile de le dire, en tout cas il était ainsi dans ma tête depuis longtemps.

Grâce à Internet, j'ai pu retrouver la date de publication du livre en question... C'est trois années plus tard... Et à la date de parution il est impossible que je puisse lire ce livre dans cette chambre-là. Elle ne m'est plus accessible.

Quelle est la quantité de souvenirs que j'ai pu ainsi reconstituer et qui ne correspondent pas à la réalité des faits tels qu'ils ont pu se dérouler ? Impossible de le savoir ! Notre mémoire n'est pas un disque dur d'ordinateur qui garde trace des choses et les restitue dans leur exactitude. Notre mémoire est une réécriture permanente au gré des nécessités et des besoins de notre psychisme, de notre état d'esprit, de nos besoins de cohérence.

D'un même événement vécu ensemble, chacun le relate de manière distincte, chacun rendra un souvenir différent, et, bien entendu, c'est toujours l'autre le menteur, puisque nous-mêmes, c'est certain, on s'en souvient si bien que cela ne peut qu'être la vérité vraie.
Le phénomène est bien connu de tous les enquêteurs de police aussi bien que de tous les magistrats en ce qui concerne la véracité des témoignages. C'est la raison pour laquelle on préfère parler d'une « vérité judiciaire » plutôt que de la fameuse vérité vraie qui n'est le plus souvent qu'une construction faussée.
La bonne foi avec laquelle on affirme une chose, n'est jamais la démonstration qu'elle se soit véritablement déroulée de cette manière. Cela m'amuse toujours les personnes qui déclarent : « c'est vrai ! Puisque je l'ai écrit ! » (J'ai encore entendu cela il y a peu à la radio).

*


N'empêche, pourquoi ai-je compacté ainsi ce souvenir que je viens d'évoquer. Quel est mon besoin de cohérence d'agir ainsi ? c'est un reformatage de l'événement vis-à-vis de moi-même car, en l'espèce, je n'invente pas délibérément, je ne transforme pas une réalité par besoin de me justifier ou d'expliquer je-ne-sais-quoi vis-à-vis d'autrui.

Je n'ai qu'une piste balbutiante : le besoin de mon psychisme d'avoir lu ce livre avant mon accident de santé. Avant ce basculement définitif d'un état dans un autre. Or, la lecture de ce livre généra aussi un certain basculement intérieur chez moi comme il en fut pour elle.
Une petite lumière me vient à l'instant, il faudra voir si c'est un réel éclairage ou une lueur vacillante, il me semble que j'aurais souhaité être proche de cette fillette « avant » mon propre basculement. C'est pour cela sans doute qu'il m'est préférable de construire que je l'ai connue (par ce livre) à l'époque où j'étais encore "celui d'avant". Je n'expliquerai pas ici les raisons pour lesquelles cette lueur me vient, mais elle va changer ma manière de rédiger cet épisode de ma vie.

Tout cela bien entendu relève d'une nécessité de sens personnel, d'autant plus que la fillette en question ne pouvait partager mon espace spatiotemporel, puisqu'aujourd'hui elle aurait largement un siècle de plus que moi...

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vendredi 25 avril 2008

 
J'ai changé...

Voilà quelque chose d'assez évident. Nous sommes sans cesse en évolution, allant de changements en changements, d'ébauches en achèvements, de tentatives en échecs, de volonté de réussir en constats d'impasses, de gouffres noirs et désespérants en ivresses des sommets lumineux.

Je n'écris plus guère sur ce blog et je me distancie de bien des choses en ce moment. C'est plus un constat qu'une volonté. J'avais le nez posé sur certaines réalités que je croyais importantes, je me focalisais sur des projets dont je disais qu'ils avaient du prix à mes yeux ; mais là, c'est comme un lent zoom arrière de cinéma qui fait prendre un immense recul. L'important supposé devient accessoire, pour ne pas dire dérisoire. Ce qui était grossi par la caméra devient insignifiant au point de disparaître.

Je n'arrive pas encore à discerner clairement si c'est une flamme qui s'éteint ou un feu qui couve sous la cendre dans l'attente de se raviver.
Pour le savoir c'est une question de souffle.
Le souffle éteint la flamme où il ravive le feu qui couve.

La difficulté est que je reste là, quelque peu immobile, retenant ma respiration dans des occupations accessoires ou divertissantes. Difficile de savoir s'il est sage de ne rien faire pour comprendre les raisons profondes de ce qui ressemble à un retrait, ou s'il faut immédiatement rebasculer dans un zoom avant, au risque de revenir focaliser au même endroit.

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jeudi 10 avril 2008

 

Désormais c'est possible....

Depuis hier, mercredi, si vous êtes mère d'un enfant handicapé moteur, vous avez le droit de l'assassiner en le noyant dans votre baignoire. La justice française vous dira que vous avez eu raison, et le public présent dans la salle de la cour d'assises applaudira...

C'est ce qui vient de se passer à la cour d'assises du Val-d'Oise, au procès de Lydie, cette mère de 62 ans au moment des faits, qui a délibérément et volontairement noyé sa fille de 26 ans, infirme moteur cérébral, (IMC), après l'avoir droguée pour qu'elle ne se débatte pas. Il s'agit à proprement parler d'un meurtre avec préméditation, un assassinat.
Elle vient d'être acquittée par la cour d'assises.

Des infirmes moteurs cérébraux, j'en ai connu un certain nombre au long de ma vie dans mon chaotique parcours hospitalier, ce sont la plupart du temps des êtres très attachants, à l'intelligence fine, mais leurs gestes désordonnés, leur élocution chaotique, leur tendance à baver partout, les fait passer pour des "babaches" (des demeurés), comme on dit chez les Chti', puisque ce "parlache" est à la mode...

Chers infirmes moteurs cérébraux, craigniez désormais pour votre vie, vous qui êtes en position de faiblesse, la société ne vous défendra même plus. La société ne reconnaîtra même pas votre mémoire. La société déclare qu'il faut vous éliminer, qu'une mère peut tuer son enfant sans encourir aucune peine, aucune sanction d'aucune sorte. Vos mères ont désormais un permis de tuer offert par la justice française.

Chers infirmes moteurs cérébraux, vous avez perdu le droit au statut d'êtres humains. Car jusque-là, lorsque l'on tuait un humain, on était condamné par un tribunal, au moins à une peine de principe avec sursis, lorsqu'on estimait qu'il y avait de larges « circonstances atténuantes ». Mais désormais c'est l'acquittement. Chers infirmes moteurs cérébraux, vous voici réduits au rang des animaux que l'on peut abattre sans autre forme de procès, lorsqu'on est plus capable de vous supporter.

Chers infirmes moteurs cérébraux, votre pays est devenu strictement compassionnel, tolérant jusqu'à l'inadmissible, ouvrant la porte aux pires excès, aux pires abus. L'infanticide se banalise. L'infanticide s'admet dès lors que la mère fait pitié.

Chers infirmes moteurs cérébraux à naître, je vous plains de tout mon coeur. Essayez d'éviter de venir au monde, car vous êtes promis à la pire des choses au sein d'une société dite "moderne et humaniste" en perte de raison. On n'aura même pas de considération pour votre pauvre corps assassiné par celle qui vous a donné la vie et qui était censée vous chérir et vous protéger.
Réalisez désormais que c'est vous que la société accuse. C'est par votre faute que vos mères souffrent. C'est vous les responsables, pour ne pas dire les criminels d'oser torturer moralement vos mères par votre seule existence de handicapés. Il était temps de supprimer votre existence trop dérangeante. Désormais vos mères sont autorisées à mettre fin à vos jours, on vous noyant dans une baignoire, froidement.

D'ailleurs, la mère infanticide avait bien réalisé toute l'horreur de son geste, puisqu'immédiatement après elle avait tenté de se suicider. Mais elle s'est ratée. Cependant, son enfant, elle ne l'a pas ratée...

Chers infirmes moteurs cérébraux, bon courage pour vivre dans une telle société qui perd ses repaires les plus fondamentaux, qui estime que la vie d'un enfant perçu comme quelque peu monstrueux n'a plus aucune valeur humaine. On peut à présent assassiner sans problème l'innocent qui n'a aucune possibilité de se défendre.
En France, la justice décrète qu'une mère a le droit de tuer son enfant dès lors que ce dernier est insupportablement infirme.
Voilà la règle désormais...
Et dans la salle d'audience tout le monde a applaudi...

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mercredi 9 avril 2008

 
Finir

À vivre sans projet, je me réveille sans élan.
Les journées succèdent aux jours, et ma vie s'écoule.
Le soir de ma vie s'en vient, j'aperçois déjà le déclin de clarté.

Lorsque le temps est accompli, il faut discrètement se retirer.

Peu à peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps

(Louis Aragon)


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mardi 8 avril 2008

 
Silence, on communique !

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Une époque où l'on se parlait, on se disait des choses, on échangeait des propos, des idées, des opinions, on dialoguait. Dans les mots il y avait de la chaleur, de la fougue ou de la douceur, et puis surtout, surtout, il y avait du vrai, de l'authentique, du non-préparé à l'avance.
Le discours n'était pas encore un plat surgelé préchauffé dans la bouche avant de sortir dans sa fadeur, son stéréotype et son ersatz de cuisine même pas gastronomique.

Aujourd'hui, tout est différent : *on communique*.
Partout, et à tous les étages.
On fait appel à des stratèges de la communication, pas seulement dans le domaine politique ou commercial (remarquez, l'un ou l'autre c'est un peu pareil...), mais même dans les couples on peut suivre des « stages de communication » pour apprendre la stratégie à deux du dialogue efficient :
- « Chérie, j'ai l'intention de communiquer avec toi ce soir dans le lit ! Prépare-toi, s'il te plaît, pour une communication réussie entre nous... ».

La communication est à l'amour ce que le discours anatomique descriptif est à la poésie libertine. Tout doit être pesé et calibré avant de s'en servir. Le conseiller en communication choisit pour vous le discours bien propre sur lui que vous aurez à prononcer pour faire passer les pires horreurs, non seulement comme une lettre à la poste, mais en plus avec l'approbation chaleureuse et enthousiaste de celui qui l'écoute. C'est en tout cas ce qui est espéré ! Hélas, trois fois sur quatre, ça marche !
Le corbeau de la fable de La Fontaine fut un grand communicant !

Mais qu'y a-t-il donc dans la communication : Rien ! Du vide ! La communication consiste à aligner savamment des suites de mots pour anesthésier un contenu, ou le déformer, où l'embellir comme si de rien n'était. Et ensuite, devant la réalité qui ne manquera pas de surgir dans son état brut, on pourra s'exclamer : « Mais enfin je vous l'ai dit ! N'avez-vous pas lu mon communiqué ? »

Autrement dit : communiquer, c'est tromper !

Or, aujourd'hui, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais tous les hommes publics n'ont que ce mot-là à la bouche : *communiquer*. « J'ai l'intention de communiquer sur ce sujet ! » (Traduction : "j'ai l'intention de vous mentir sur ce sujet"). Et nous, avidement, on attend le « communiqué » [de l'Élysée, du patron, de l'association, l'agence de presse, etc.... Mais aussi parfois et en certaines circonstances, du conjoint, de l'enfant, de la famille... Dont on sait qu'ils vont nous faire avaler des couleuvres].
C'est dire si nous aimons le mensonge !
Car en ce domaine, le mensonge est destiné à nous faire du bien, nous amadouer, nous rendre bien sage et pourquoi pas émerveillés par ce discours si clair, si simple, si compréhensible... Mais, hélas, si faux !
Observons que TSarkozy est un grand maître en la matière. Sa *communication- mensonge* est parfaitement au point. C'est comme cela qu'il fut élu. Et c'est comme cela, bien évidemment, que, devant la réalité, un peuple déchante rapidement !

C'est sans doute là le drame de la communication : ça marche parfaitement ! On en redemande toujours. On aime ceux qui ont cette grande qualité de nous bercer d'illusions avec de belles phrases bien choisies et bien rôdées. Tous les stratagèmes de séduction ne sont-ils pas bâtis sur une excellente communication ? : « il/elle a su trouver les mots pour me séduire... ». On dit ce genre de phrase avec une sorte d'admiration envieuse, tant on aime se laisser prendre à ce petit jeu. Même conscient d'avoir été trompé sur toute la ligne, on restera parfois nostalgique du temps où l'on se montrait complice de nos propres naïvetés choisies. C'était tellement beau !

Avec soi-même, on procède de la même manière. On aime à se tenir des discours faussés pour entretenir à nos propres yeux une image de soi suffisamment acceptable, en minimisant ou en majorant notre propre réalité. Concernant notre réel personnel, nous sommes largement capable de nous illusionner en construisant un discours interne parfaitement élaboré, intellectuellement imparable, avec une finesse de raisonnement tronqué qui force l'admiration, au point que nous arriverons à nous convaincre d'être de ce que nous ne sommes pas.

C'est que l'on y trouve son compte. L'illusion est toujours plus prometteuse que la triste réalité.

Fin de mon communiqué....

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lundi 7 avril 2008

 


Chemin d'écriture

Quelqu'un me sollicite pour écrire un texte sur le thème du bonheur. Je n'en sais guère plus, s'agit-il de témoigner ou d'écrire quelque chose de plus didactique. Peu importe. Il se fait que ce thème revient habiter mon champ de conscience.

Il y a déjà plus de deux ans que j'ai commencé à rédiger quelque chose qui se voudrait une sorte d'essai sur ce thème. J'en avais parlé ici, c'était en mars 2006. Je vois qu'à l'époque j'avais écrit une trentaine de pages. Actuellement il y en a 100 de plus. D'après la date du fichier Word, la dernière séquence d'écriture date d'octobre 2007. Cela reste une écriture en vrac. Je continue à ne pas savoir vraiment comment l'ordonner. Je continue à m'interroger sur l'intérêt de tout ça.

En relisant mon entrée de mars 2006, je retrouve ma déception dans le fait qu'il n'y avait eu qu'un seul commentaire. Certes, cette entrée ne se voulait en rien une sorte de test pour savoir s'il y avait un quelconque feed-back dans mon lectorat à ce sujet (Disons en tout cas que ce n'était pas une intention consciente...), mais enfin, cette sorte de silence, où j'ai vu un désintérêt, n'avait quelque peu refroidi, même si j'ai continué à écrire.

Il est vrai que je suis contradictoire à ce sujet. Car cela touche un point sensible que je n'arrive pas toujours à contourner. Je veux dire à propos de ce que j'ai écrit en général. Je reconnais que certaines choses « sont intéressantes » ; disons que je n'écris pas que des conneries ! Je pense être assez sincère en disant que je n'écris pas avec l'objectif narcissique d'une reconnaissance venant de l'extérieur. Je veux dire du style : « c'est bien ce que j'écris ? Hein ! Dites-moi que c'est bien ! ». Je parle bien ici d'objectif à l'écriture, car évidemment je suis sensible à la reconnaissance lorsqu'elle se manifeste. Mais au-delà, ce qui compte à mes yeux, c'est l'interaction de progression ; c'est-à-dire quelque chose qui dépasse la reconnaissance légitime, qui ne s'arrête pas à elle, mais vise un objet, un objectif, plus « agrandi » que le seul besoin de reconnaissance pour soi-même. Et c'est là où se trouve ma contradiction (enfin, l'une de mes contradictions nombreuses !...) : dans cet « objectif agrandi ». Celui-ci, très vite fait naître en moi cette petite voix quelque peu perverse : « mais enfin ! Pour qui te prends-tu ! ».
Cette petite voix-là, je ne sais pas toujours la faire taire. Elle ne m'empêche pas d'écrire ce à quoi je crois, pour moi et pour plus que moi. Mais, elle m'entrave partiellement dans la communication à autrui. Elle génère une retenue, elle me fait garder pour moi. La peur est moins par rapport aux autres que par rapport à moi-même. D'une certaine manière c'est pire.

Lorsque je sens que j'ai écrit des choses valables, je suis tout à fait capable de ne les communiquer à personne. À cause de cette petite voix qui condamne ma prétention, mon orgueil. Peut-être cela n'apparaît pas, mais plus d'une fois il m'a fallu faire effort pour publier ici certains textes. Parfois ceux-là même dont personnellement j'étais le plus content. Et à l'inverse, il m'arrive de publier des choses sans grand intérêt, des conneries, et là, curieusement, je me contrefous de passer pour un con auprès de ceux qui pourraient lire.

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