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AlainX

 

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mardi 10 novembre 2009

 
Femmes de dieu...

Je terminais mon entrée précédente en disant que je vous parlerai du livre « les quatre femmes de Dieu ». C'est un ouvrage très intéressant, très documenté, montrant comment l'Eglise et les théologiens se sont constamment opposé à la libération de la femme et ont cherché à la maintenir dans une infériorité évidente.
Observons qu'il ne faut pas faire une fixation sur le catholicisme en ce domaine, la plupart des religions déconsidèrent la femme depuis toujours. (Le judaïsme et l'islam par exemple, pour ne citer qu'eux).

Évidemment, nous savons tout cela....
Mais, être mis devant l'accumulation extraordinaire des faits au fil des siècles, (ce que fait l'ouvrage dans ses 340 pages) est quand même particulièrement impressionnant !
L'ouvrage n'est pas un plaidoyer pour un camp ou pour un autre. Il se contente de rapporter la réalité des faits, l'auteur, historien, tente d'expliquer, et parfois se montre presque compatissant pour les gens d'église complètement aveuglés [moi je dirais plutôt pervers...] par des siècles de conneries... !
N'oublions pas de rappeler que Saint-Paul est à l'origine de tout cela... Qu'il a totalement dévoyé le message de Jésus, et en particulier le regard que celui-ci portait sur les femmes... Regard excessivement libérateur pour l'époque...
Mais ensuite, avec ce cher Saint Paul on a fondé une religion. qui a tout perverti...c Comme quoi le ver est toujours dans le fruit dès l'origine !...


Pour l'immédiat, je n'ai guère le temps de développer ce que j'annonçais hier.
Mais, promis, je le ferai...

Pour l'immédiat toujours, je livre à votre méditation quelques textes historiques, de l'excellente et très Sainte Eglise catholique de Dieu... tant sur la beauté de la femme... que sur sa sexualité...
Vous verrez... C'est édifiant !...

Odon de Cluny (en 942) :
« la beauté du corps ne réside que dans la peau. Si les hommes voyaient ce qui est sous cette peau, la vue seule des femmes leur serait nauséabonde... Et nous qui répugnons à toucher, même du bout des doigts, du vomi et du fumier, comment pouvons-nous désirer serrer dans nos bras ce sac de fiente ? »


En matière de sexualité, l'église catholique demeure quand même la championne dans la rédaction des écrits pornographiques, et la littérature contemporaine en ce domaine fini par faire pâle figure...
Quelques extraits des manuels de confession à usage des femmes, dont se délectaient probablement les confesseurs mâles, avant que de se confesser à un collègue de s'être « pollué manuellement », seul péché reproché par l'église à l'homme... :

as-tu fait ce que certaines femmes ont coutume de faire : fabriquer un objet en forme de membre viril, de la longueur qui lui plaît, et, après l'avoir muni de sangles, le mettre dans ton sexe ou dans celui de quelqu'un d'autre ?
As-tu fait ce que certaines femmes ont coutume de faire : pour apaiser le désir qui les harcelle, elles s'unissent comme si elles devaient s'accoupler et y parviennent en rapprochant leur sexe, s'efforçant de calmer leur excitation en se frottant ?
As-tu fait ce que certaines femmes ont coutume de faire : forniquer avec ton petit enfant, en le plaçant sur tes parties honteuses pour simuler la fornication ?
As-tu fait ce que certaines femmes ont coutume de faire : te coucher sous un animal et l'exciter au coït par tous les moyens, pour qu'il s'accouple avec toi ?
As-tu fait ce que certaines femmes ont coutume de faire : prendre un poisson vivant et se le mettre dans le sexe, l'y laisser jusqu'à ce qu'il meure, puis, une fois cuit ou frit, le donner à manger aux maris ?
As-tu livré ton corps ou as-tu été la maquerelle d'autres femmes ? As-tu donné ton corps à la souillure de tes amants comme les prostituées pour en tirer de l'argent ?

Les manuels de confection plus récents, encore en usage au début du XXe siècle, veillaient également à la pureté des jeunes filles :

avez-vous eu des pensées impures et déshonnêtes ? Depuis combien de temps ? En quoi consistaient-elles ? D'où vous étaient-elles venues ? est-ce de l'aspect de votre corps ou de celui des autres ? Sont-ce de propos obscènes qui les ont fait naître ? Ces pensées ont-elles excité en vous des mouvements impurs ? Avez vous désiré faire ce à quoi vous pensiez ? L'avez-vous essayé ? Vous êtes-vous masturbée ? Y a-t-il eu des attouchements impurs ? Depuis combien de temps et dans quelle intention l'avez-vous fait ? Les sensations voluptueuses que vous avez éprouvées étaient-elles bien plus forte à la fin qu'au début ? Avez-vous continuée ces attouchements jusqu'à l'entière cessation du plaisir ?


(Ensemble des citations extraites de l'ouvrage précité...)

*


A suivre....

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lundi 9 novembre 2009

 
Femme de ménage

J'ai trouvé cette photo chez gicerilla. Elle illustre un petit texte savoureux sur l'art de cirer les chaussures et ses conséquences étonnantes !...
Cependant, dans les propos qui suivent, je dissocie totalement cette photo du contexte de ce blog, et ne considère à présent que la photo elle-même.

J'ai trouvé cette photo particulièrement machiste. Elle illustre, certes avec un peu de talent, les fantasmes masculins habituels de la soubrette, autant disponible pour nettoyer la salle de bains, que pour faire dégorger le membre viril du client de l'hôtel. En écrivant cela, je ne joue pas les pères la pudeur, j'ai largement moi aussi fantasmé sur tout cela dans mon jeune temps, avant que d'aller m'en confesser, pour mieux pouvoir recommencer...
La question n'est pas non plus dans l'érotisme supposé de la photo. Le nu dévoilé et académique, l'érotique qui cache pour mieux montrer, cela peut-être d'une beauté sublime, et même mystique. La nudité est constamment présente chez les peintres qui ont illustré des scènes bibliques et religieuses en général. Certains papes ont fait rajouter quelques feuilles de vigne aux endroits idoines, avant que d'autres ne les fassent retirer...

La question est plutôt dans la posture et l'angle de prise de vue. On y voit la femme nettoyant la baignoire (de l'homme ?), tout en étant dans une pause où elle manifeste l'offrande impudique de son corps objet. On ne voit pas son visage. Normal, le corps objet doit en être privé pour être valablement consommable.

J'aurais pu totalement "passer à côté" de cette photo, on est tellement habitué à des postures comparables dans la présentation de la femme dans les médias en général, dans la publicité en particulier, qu'il n'y a plus guère de raison de se retourner... Et encore moins de se sentir interpellé, voire choqué.
S'il n'en est pas ainsi, c'est probablement parce que ces derniers temps j'ai porté un intérêt au blog de Miettes, qui, comme elle le déclare dans son préambule, « s'est affirmé, ici dans une posture résolument "féministe". »

J'ai toujours été quelque peu ambivalent avec le mouvement féministe. J'avais des copines militant au MLF. Je soutenais ce combat, en même temps que j'en déplorais les excès (à mes yeux évidemment...). J'espérais que l'homme et la femme, au lieu de s'opposer, arrivent à vivre un jour leur complémentarité puisque celle-ci me semblait être par essence même la réalité de l'humanité toute entière.
En lisant le blog de Miettes me revenaient ces ambivalences en moi, où se mêlent à la fois admiration et agacement, soutien et rejet.

Sans doute que ces ambiguïtés résultent d'éléments fortement enkystés au fond de mon cerveau reptilien ! , en tant que masculin.
Finalement, je m'accommode aisément d'une "condition féminine" qui devrait se satisfaire de ce qu'elle a obtenu, pour ne pas dire de ce que l'homme, (l'univers des mâles), lui a concédé...
« Qu'est-ce qu'elles veulent encore ! »...
C'est terrible de réaliser qu'il y a quelque part en moi ce genre de pensée, de ressenti latent, comme s'il s'était incrusté en moi, masculin, depuis tellement longtemps, tellement de générations, la nuit des temps peut-être...

Moi qui fus si heureux d'avoir deux filles, j'entends encore mon père me dire : « j'espère que tu vas nous faire un garçon ! ». Et certains de mes amis quasiment déplorer cette sorte de malchance de n'avoir eu que des filles...

Le mâle domine le monde au lieu d'occuper sa place et de vivre cette complémentarité qui cependant pourrait générer une société plus « aimante », plus aimable. Mais, au fond de moi-même, à tort ou à raison, j'ai tendance à penser : et à condition que la femme ne veuille pas "faire l'homme" et imposer sa propre domination.
Autrement dit, je me surprends à me dire plus ou moins, (en parodiant Coluche ! ) : l'homme et la femme sont égaux, mais l'homme est plus égaux que la femme...
Encore récemment, une magistrate que je connais bien, me rapportait ce propos d'un père/mari, profession libérale de notoriété, bon chic bon genre, qui frappait sa femme : « ce n'est quand même pas la bonne femme qui va faire la loi à la maison !... ».

Finalement, ce n'est pas tellement le combat de la femme pour conquérir sa juste place avec ses excès incontournables qui me fait problème parfois, c'est plutôt le conditionnement social, sociétal, millénaire dans lequel je suis englué, en tant qu'homme, tout comme la femme l'est en tant que femme. car dans ce combat, même si l'homme semble avoir le beau rôle du dominant, il n'y a que souffrance enfouie ou manifestée, tant pour le masculin que pour le féminin.

C'est un véritable "combat d'humanité" qui nous attend encore et toujours...

*


(À suivre... Épisode suivant :
Je vous parlerai prochainement de l'excellent livre « les quatre femmes de Dieu (la Putain, la sorcière, la sainte et Bécassine) » de Guy Bechtel, de l'impact qu'il a eu sur moi, et je reviendrai sans doute sur le cheminement fait en couple en ce domaine...)

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vendredi 6 novembre 2009

 
Ouverture

Claude Levi-Strauss vient de décéder. Le hasard fait qu'en même temps je reçois les grands interviews de Bernard Pivot en DVD que j'avais commandé il y a quelque temps. Dès lors hier soir j'ai regardé celui qui lui était consacré.

Je n'ai aucune compétence pour apprécier la valeur intrinsèque de son oeuvre d'ethnologue. Je n'ai qu'un très vague souvenir de « tristes tropiques » qui à l'époque ne m'avait pas particulièrement passionné, et qu'il faudrait que je relise.

Comme souvent chez moi, en regardant l'interview (il était quand même extra Pivot pour faire parler ses interlocuteurs...) C'est l'homme en tant que tel qui m'intéresse toujours en premier.
Il m'est apparu comme un grand homme captivant qui aurait gardé comme intacte toute sa dimension d'enfant avide et chercheur. Cette passion de regarder qu'il a toujours eu, d'observer de chercher à comprendre et en quelque sorte de s'extraire de ce qu'il observe tout en se plongeant au coeur même de son observation.

Il y a en lui un acharnement à découvrir et connaître. Dans une autre interview il explique que pour écrire l'un de ses ouvrages il a débrouillé quelque chose comme 7000 livres et articles et que dans les années 50 il avait lu tout ce qui avait pu se publier en ethnologie...

Ce que je voyais chez ce déjà vieil homme, c'était une extraordinaire avidité de vivre et découvrir encore...
C'est aussi ce parcours atypique. Prof de philosophie devenant ethnologue de manière autodidacte, et faisant autorité. (Et donc forcément objet de critiques par ailleurs).

Je ne sais pourquoi je parle de cela ici.
Je suis totalement incompétent pour dire quoi que ce soit d'intéressant sur son oeuvre. Alors, qu'est-ce qui m'attire donc ?

Je crois que quelque part j'envie ce parcours. J'envie l'ampleur de ses capacités intellectuelles. J'envie aussi sa modestie qui semble lui être naturelle tout en ayant conscience de la grandeur de ses ambitions en même temps que du dérisoire de notre condition humaine. Je regrette aussi sans doute d'être passé à côté de cette ouverture aux autres sociétés en ce qu'elles peuvent enrichir ma recherche sur la nature profonde de l'être humain. Certes, je ne suis pas ignare. Mais mon intérêt pour d'autres civilisations, pour des peuplades lointaines, est resté toujours plus ou moins marginal... J'allais presque dire... exotique !...

Je me souviens d'un ami qui, il y a plus de 25 ans, connaissant ma passion pour la connaissance de l'être humain, m'avait offert un livre sur les petits royaumes du Tibet. J'avais montré de l'intérêt, mais insuffisamment de passion. J'aurais dû être plus attentif, d'autant que c'était un ami qui avait l'art d'offrir le « juste cadeau », celui qui est susceptible de vous ouvrir, de vous amener un peu plus loin sans pour autant vous disperser.

Je vais aller relire ce livre.

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lundi 2 novembre 2009

 
la femme et l'amour

C'est toujours assez réducteur et manichéen de faire des généralités et même c'est parfois un peu bête.

Il n'empêche, j'ai souvent eu ce sentiment global que la femme était bien plus capable d'amour que l'homme. Il y a en elle une sorte de générosité amoureuse et une capacité de don d'elle-même que l'on rencontre beaucoup moins chez l'homme.
C'est sans doute à la fois la grande richesse de la femme et sa grande faiblesse, dans un monde où la domination l'emporte sur le reste.

Il est si facile d'exploiter l'autre dans sa générosité et le don de lui-même. Bien évidemment , c'est valable quel que soit la personne (homme ou femme), mais il y a, me semble-t-il, chez la femme parfois une sorte de candeur, comme un point faible, tel qu'elle se laisse prendre et emporter dans des actions et des comportements qui l'oblige à entrer dans une sorte de piège, que d'aucuns appelleraient, dans une expression un peu triviale : trop bonne trop conne !

Et parfois, certains hommes, je devrais dire certains mâles, dans des conversations qui se prétendent viriles, censées demeurer entre hommes, se vantent d'exploiter ainsi les femmes... : « elle me fait tous mes caprices ! »... Comme s'il était tout à coup victorieux de je ne sais quelle supériorité qui est en réalité les abaisse.

Et je n'évoque là que les rapports domestiques et privés. Il y aurait tout autant à dire sur les rapports professionnels des femmes au travail dans un monde d'hommes. Inutile de s'étendre. On voit bien de quoi il s'agit.

Je suis un homme. Je ne suis donc sans doute ni meilleur ni pire que les autres.
Il serait simpliste de vouloir tirer mon épingle du jeu.

Si je regarde mon couple, j'ai toujours eu ce sentiment confus que l'amour que je portais à ma compagne étais bien faible au regard de l'amour qu'elle me porte. Je ne dénigre pas l'amour que j'ai envers elle. Je crois pouvoir en mesurer la valeur en terme de générosité et de gratuité. En terme aussi de regard sur elle, que je qualifierais de « grandissant ». Je n'ai cessé de l'appeler à sa propre existence, à sa féminité, qu'elle cesse d'être la petite fille craintive devant son père, (et surtout qu'elle ne le soit pas devant moi !... ), osant insuffisamment affirmer sa singularité. Il est vrai que de plus elle avait quatre frères ! Lesquels ont toujours eu tendance à avoir un regard dévalorisé sur la femme... (Sauf un peut-être...). C'était donc bien les fils de leur père !

Plus les années ont passé, plus j'ai désiré que ma compagne soit pleinement elle-même et que nous ne soyons pas dans un rapport dominant/dominé. Je peux dire que dans le genre elle a fait des progrès ! Qu'elle a pris sa stature et son envergure ! Et que je ne m'en suis pas toujours réjoui totalement, surtout lorsqu'elle me disait des « non ! » fermes et non négociables !...

Il n'empêche. Même si je considère mon amour pour elle comme valable, je trouve que le sien dépasse largement ce qu'il m'est possible d'être envers elle. J'ai parfois eu l'occasion d'échanger là-dessus avec d'autres amis hommes. Il me semble qu'on partageait un peu le même point de vue. Comme s'il y avait chez nous les hommes une sorte de carence dans le domaine de l'amour.
Beaucoup de femmes reprochent à l'homme de se taire dans l'intimité sexuelle. (Je ne parle même pas des mots d'amour dans l'ordinaire des jours...). L'homme sait brandir son membre viril, (en tout cas espérons-le !), mais c'est bien souvent un handicapé du sentiment amoureux.

Cela me frappait beaucoup dans l'aide aux couples. (Il est vrai que ceux que je rencontrais venais justement parce qu'ils avaient des difficultés...)
Alors évidemment, une fois terminée la phase passionnelle des premières années où la satisfaction sexuelle peut-être intense, et qu'alors la carence de mots ne se remarque guère, ensuite, si les mots disparaissent dans l'amour... Que reste-t-il qui puisse être humanisant...

Alors, parfois je m'interroge.
L'homme, le masculin, serait-il génétiquement carencé dans les affects de l'amour ?
Ou tout cela serait-il culturel et éducatif ?
Que font donc les mères pour apprendre l'amour à leurs jeunes garçons ?
Comment se fait-il que ce qu'elles détiennent profondément du sens de l'amour véritable se transmet si peu à leur progéniture mâle ?
(Je pose des questions, je ne fais pas le procès des mères !...)

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vendredi 30 octobre 2009

 
Credo et fragilité

Souvent on me reflète ma force de caractère, ma capacité à tenir dans l'adversité et les épreuves, à supporter l'état de mon corps, et d'autres choses encore.
Parfois, j'adhère sans difficulté à ces constats, ces reflets, d'autant que je n'ai guère le sentiment qu'il s'agisse là de quelque chose de méritoire.

Et cependant, je me sens parfois comme un être fragile et vulnérable, sans cesse en équilibre instable comme le funambule sur son fil. Ma seule force est peut-être de ne pas tomber vraiment, d'être capable de retrouver au fond de moi mes zones stables, en sorte que je ne m'écroule pas sur moi-même.

La force qui est en moi n'est pas un monolithe invulnérable. La force intérieure n'a rien à voir avec Superman. Je ne suis pas comme Zorro « vainqueur à chaque fois ! »...
À moins que... D'une certaine manière...
De quoi suis-je donc en quelque sorte : « vainqueur » à chaque fois...?

Ma force : c'est une foi.
Elle tient dans une phrase, surgie un jour du fond de moi, il y a bien des années, une de ces « phrases-adhésion » comme je les appelle. Une de ces phrases qui composent mon credo personnel, qui s'est construit au fil de mes déjà looooooongues années de vie. Credo que j'ai répertorié dans un petit carnet secret, qui se présente comme un petit livre avec une jolie couverture verte que j'aime. Ce n'est pas un credo universel comme dans la religion. C'est le mien. Le petit répertoire de mes fondamentaux de vie, ceux qui n'appartiennent qu'à moi, ceux qui me constituent.
Ce sont des paroles ordinaires, qui ne philosophent en rien. Mais ce sont des paroles intérieures qui, pour moi seul sans doute, ont une intense densité, une puissance de vie qui m'étonne souvent à chaque relecture. Ce sont en quelque sorte des paroles vivantes pour moi. Je ne les ai pas inventées avec ma tête, je les ai reçus de l'intérieur, du fond de moi-même. Je n'ai fait que les retranscrire comme elles me furent données, venant de ce « plus-que-moi-en-moi » que j'ai déjà évoqué ici.
Il y a cette petite phrase toute simple : « Quoi qu'il m'arrive, je m'en sortirai toujours. ». Cela ne tient pas de la méthode Coué. Cela tient de mes viscères. C'est comme tatoué au fond de moi-même. C'est une phrase vivante et pleine de force chaque fois que j'y reviens.

Mes fragilités, ma vulnérabilité, je peux les accepter, les regarder en face, ne pas en trembler de peur ni de honte, sans doute parce qu'il y a en face, si je puis dire, cette foi que j'évoquais, fruit d'une émergence progressive.

J'écris cela parce qu'un événement récent a réveillé cette fragilité qui a resurgi sans crier gare et que je me suis senti en péril durant quelque temps. Alors cette phrase est remontée d'elle-même à ma conscience, comme une sorte de visitation apaisante et qui m'a redonné assise et consistance.

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samedi 24 octobre 2009

 
Par amour ...

Dans un commentaire sur cette récente entrée, Josiane écrit ceci : «J'envie la force qui se dégage de toi et je me dis que c'est l'amour que tu reçois qui te la donne ».

Ma réaction spontanée est de penser que cette force est en moi, que je ne l'ai pas reçue d'ailleurs que de moi-même, qu'elle m'appartient en quelque sorte, comme mon bien propre, que d'une certaine manière elle préexistait en moi-même, comme tout l'arbre est déjà dans la graine, et que son surgissement progressif est l'unique fruit de mes efforts personnels...
Certes, j'ai eu à faire ma part, et elle n'est pas des moindres...
Certes, j'ai dû prendre en main tout le fatras, (j'allais dire tout le mer.ier), de mon passif affectif, de mon enfance douloureuse, des non-amours subies, pour avancer, clarifier, cheminer, me reconstruire...
Et je n'ai pas fait cela en solitaire.

Cependant... J'aimerais tellement revendiquer que je ne dois tout cela qu'à moi-même ! Que j'ai tout fait tout seul !... « Comme un grand » !...
Ah ! Mon terrible piège de l'autosuffisance ! (« Je n'ai besoin de personnes, en Harley-Davidson »).

«... L'amour que tu reçois... » me reflète Josiane.
Oui mais... Que vais-je devenir alors si je n'en reçois plus !...
Perdre ma force ? M'écrouler à nouveau ? Comme dans mon enfance ? Comme dans ma jeunesse ou j'ai tant pleuré un amour perdu ? (Voir ma série " aux jours anciens revisités" qui commence ici. (Si vous voulez l'ensemble cliquez sur le libellé)

Ne vaut-il pas mieux que je me persuade que je ne dois rien à personne...

Bon d'accord ! Je sais que c'est faux...

Souvent je me suis demandé qui m'avait apporté le plus dans ma vie en ce domaine de cette force intérieure, ou, dit autrement , d'un minimum de solidité intérieure, d'un minimum de structuration personnelle. Était-ce tout le travail fait sur moi, soit en solitaire soit avec des personnes compétentes ? Était-ce l'amour de ma compagne ? Était-ce l'affection de mes amis ? Était-ce l'urgence absolue de faire quelque chose avant de sombrer ?

Des histoires d'amour j'en avais connues avant de rencontrer ma compagne. Des oreilles bienveillantes m'avaient écouté. Je comptais quelques amis précieux. L'urgence d'entreprendre un travail sur moi ? : Bah ! Je finissais par devenir fataliste, résigné. Je n'avais pas tiré les bonnes cartes au jeu de la vie... Il faudra faire avec ça !
Tout cela me laissait quand même globalement dans une sorte de léthargie d'existence.
Oh ! À l'extérieur, ça ne se remarquait pas tellement... Je savais être le joyeux drille, celui qui amuse la galerie et les filles. Je savais me construire des petits succès, j'étais engagé « dans la transformation de la société » en bon soixante-huitard à cheveux longs...
C'est le soir dans mon lit, dans ma froide solitude, que la tragédie s'installait à nouveau... La désespérance, les angoisses, la mort qui ferait mieux de revenir...

Alors quoi !
Que s'est-il donc passé ?
Comment y a-t-il eu à un moment une sorte de sursaut ?

Et, en effet, je dois le reconnaître, (mais pourquoi en ai-je autant de difficulté), c'est venu d'ailleurs. C'est venu de deux rencontres dans une même période de temps.
Rencontre de cette jeune fille au regard de lumière et qui deviendra ma compagne. Rencontre de celui qui deviendra quelques années plus tard mon maître à penser. (Souvent évoqué sur ce blog à une certaine époque).

Je pourrais appeler cela mon "année-lumière".
Je suis passé véritablement des ténèbres à la lumière. De la nuit froide et glacée au doux soleil réchauffant.
J'entrevoyais ce qu'était l'amour vrai. (Avec ma compagne)
j'entrevoyais ce qu'était une vie qui pouvait s'accomplir, avoir un sens profond, être source de bonheur. (en côtoyant cet homme)

À l'époque, tout cela n'a pas pris des proportions exubérantes. Il n'y a pas eu de roulement de tambour, de trompettes divines ou autre annonçant une ère nouvelle !!
C'est venu comme une eau pure qui s'infiltre lentement et vient laver les boues qui doivent disparaître pour que surgisse la pierre authentique, la terre féconde.

C'est dans les temps qui suivirent que je découvris l'urgence d'un véritable travail sur moi. À cause de certaines boues qui s'accrochaient, de dysfonctionnements qui devenaient intolérables parce qu'ils abîmaient la relation et l'amour, et que je voyais amèrement ma part de responsabilité.

Alors, je me suis engagé, résolument, avec courage j'ose le dire, avec des reculades ainsi, des souffrances intolérables qui remontaient, on ne se débarrasse pas des boues polluantes et visqueuses qui collent à la peau avec autant de facilité qu'on l'avait cru au début. Mais il y avait des motivations fortes qui se renforcèrent en moi. Ce n'était pas seulement pour « aller mieux » que j'entreprenais ce travail laborieux. C'est parce que je voulais fondamentalement « réussir mon couple, réussir ma famille, réussir ma vie ». C'était mon slogan à l'époque. Que ma vie ne soit pas n'importe quoi. Que je change quelque chose dans le monde. Oui, j'avais cette prétention terrible !
Péché de jeunesse...

Alors oui, c'est tout ce que j'ai reçu, je dirais même tout ce que j'ai accepté de recevoir (moi qui rêvais d'autosuffisance ce ne fut pas facile d'accepter de recevoir, et cela ne l'est pas toujours non plus aujourd'hui...) qui a fait l'homme que je suis devenu. Celui qui tente encore de continuer sa route.

L'autosuffisant est condamné à un étouffement inéluctable, disais-je parfois dans mes stages. Je savais un peu de quoi je parlais...
Mais quand même, cela me demeure toujours un peu. J'ai déjà abordé cela d'ailleurs. Il faut croire que j'ai besoin d'y revenir régulièrement.

Ce n'est pas facile d'entrer dans la dépendance consentie. Surtout actuellement où l'individualisme est une valeur qui a le vent en poupe, où la solidarité se fait parfois ténue, où la fraternité risque de disparaître des frontons de monuments.

Sans l'amour des autres... Que deviendrais-je en effet...
Et que deviendra l'humanité si l'on continue sur cette pente-là...

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mardi 20 octobre 2009

 
Paix intérieure

Cette nuit je n'ai pas beaucoup dormi. Je me suis réveillé souvent, avec des périodes de veille assez longues. Je ne peux pas dire que j'ai mal dormi, car j'étais plutôt habité d'une sorte de paix intérieure.
Je restais allongé sur le dos. J'écoutais la vie qui circule en moi. Je me faisais attentif à ce lieu central de ma personne en sa densité, en sa chaleur bienfaisante.
Certes, ma pensée vagabondait, puisqu'elle ne peut cesser de fonctionner, mais elle ne s'accrochait nulle part véritablement, même pas dans la rêverie. Des images, des mots, des perceptions flottaient autour de moi tandis que je me montrais attentif à ressentir la vie dans mon corps, la vie dans mon être.
Au lever je n'étais pas du tout fatigué. Ces moments d'éveil, qui n'étaient donc pas des moments de sommeil, n'en furent pas moins des instants de repos. Le repos intérieur sans doute.

En y réfléchissant je me disais que ce serait pas mal qu'il en soit ainsi quand mon dernier jour viendra. Après tout ne dit-on pas « partir en paix »... Certes, nul n'est venu témoigner après-coup de la réalité de ce départ... Mais certains qui se sont approchés de la mort, témoignent parfois que ce n'est pas forcément l'angoisse des angoisses !... Ce qui est angoissant, c'est probablement l'idée que nous nous en faisons, les scénarios que nous imaginons, et qui comme tout scénario de ce genre, sont totalement à côté de la plaque. Et lorsque l'événement arrive, il en va tout autrement.
Combien de fois nous arrive-t-il d'imaginer un événement à venir, de nous l'inventer, pour ne pas dire de le redouter, et voilà qu'il se déroule absolument autrement, bien mieux que nos craintes la plupart du temps... Ou l'inverse : on avait imaginé des délices, et ça tourne à la cata !...

À l'instant où j'écris ces lignes, cette *paix intérieure* continue de m'habiter. Elle ne repose pas sur des « raisons ». La paix n'existe pas comme résultant d'un schéma démonstratif ayant une origine, des causes et des conséquences. Elle n'est pas objectivable par un schéma de pensée ou des raisonnements : je suis en paix parce que ceci, parce que cela...

La paix intérieure, c'est un état permanent. Quelque chose qui relève de l'être, de « l'étant »(ce qui est). Elle est toujours là, en permanence, au fond de moi. Je peux aller la rejoindre, j'allais dire quasiment en toutes circonstances, bien qu'en cas d'épreuve douloureuse elle puisse être entièrement recouverte. Et encore... Au coeur de l'épreuve on peut parfois la ressentir avec une force de présence que l'on n'avait pas imaginée.

Le bonheur peut apparaître, s'en aller, revenir, nous glisser entre les doigts, resurgir comme un inattendu. La *paix intérieure* c'est autre chose. Je la ressens comme une compagne d'existence qui jamais ne me quitte, ce n'est que moi qui m'en éloigne. Certes, toute la question est sans doute dans la « première rencontre consciente » que l'on fera avec elle. Consciente, au sens d'un ressenti identifié comme tel. Cela suppose un certain type de capacité de présence à soi-même, jusqu'à ce que la rencontre se fasse. Ensuite il faudra la cultiver comme on cultive toute relation importante.

Pour ma part, cela m'a pris du temps. J'ai longtemps confondu la notion de calme intérieur avec la réalité de la *paix intérieure*. L'apaisement n'est pas la paix.
L'apaisement met fin aux perturbations, et diverses formes d'exercices, méditatifs, corporels, analytiques, auto-suggestionnés, ou autres permettent d'y parvenir.
Mais tant que l'on a besoin de recourir à des techniques, on n'est pas encore véritablement entrée dans la paix intérieure, qui n'a nul besoin de ces moyens-là.
Enfin, c'est en tout cas mon expérience personnelle...
J'ai pratiqué diverses « techniques » qui m'ont fait du bien, m'ont aidé sur le chemin de cette rencontre de la paix intérieure, jusqu'à ce que celle-ci se fasse un jour...

Dès lors, j'ai entendu autrement cette phrase de l'apôtre Jean, qu'il attribue à Jésus dans son Évangile : «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. »

Il y a comme cela des phrases, des citations, des passages de textes qui nous habitent comme en permanence. Non pas parce qu'ils sont agréables, qu'ils ont un trait d'esprit, une originalité, mais parce qu'ils ont en nous une intense densité. Je crois que c'est parce ces textes ont quelque chose à nous dire en permanence, comme une nourriture sans cesse renouvelée.

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samedi 17 octobre 2009

 
NOIRE ZONE

C'est assez rare que je publie des textes sur NOIRE ZONE.
J'ignore même si des gens vont consulter ce site... Je n'y ai pas installé de statistiques.

Il y a quelques jours, j'ai écrit un petit texte avenir du passé, que je publie là-bas.

En consultant les archives, je réalisais que c'est en 2002 que j'ai ouverts cette zone-là. quelques textes pêchés dans les méandres obscurs d'un passé douloureux que je faisais resurgir par bulles.

Et aussi l'évocation d'un amour déchiré.

Je me dis parfois que je ne devrais pas négliger ce style d'écriture. En même temps je constate que c'est par période que cela me vient.
Je n'ai jamais accordé beaucoup de crédit à mes textes plus littéraires ou poétiques. En tout cas je donne plutôt de l'importance à ceux issus de l'analyse de mes ressentis, tels que je peux les publier ici.

Peut-être que je néglige un peu une dimension de moi...

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vendredi 16 octobre 2009

 
Et vous ? Ça va ?...

Dans la foulée de mon texte sur : doutes, certitudes, croyances ; et aussi en lisant les commentaires ; et encore en regardant la marche du monde à travers l'actualité...
... je m'interrogeai : comment va le monde ?

" Nicolas Sarkozy cherche à rassurer son électorat"
" la faiblesse du dollar menace la reprise mondiale"
" nourrir la planète, un défi déjà pour 2050"
" à Wall Street 140 milliards de dollars de bonus"
" vingt-cinquième suicide chez France Telecom"
" 39 tués dans les attaques rebelles au Pakistan"

Bon... J'arrête...
Ma liste pourrait avoir des centaines de lignes rien qu'avec l'actualité du jour dans le monde...

*

Heureusement, il y a la pub pour nous sauver !

" Zéro tracas, zéro bla-bla, MMA, c'est le bonheur assuré !"
"Nutella : «Chaque jour c'est du bonheur à tartiner »"
" France Telecom : « bienvenue dans la vie.com »
(et dans "mon.suicide.com" aussi sans doute ??)
" Sarkozy Darty, le contrat de confiance !"

Heureusement, tout va bien au pays de Conso !

*

Alors voilà !
Je finis par avancer vers le pays du repli.
Désespérance ?
Fatigue d'y croire, plutôt...
*


« J'en rêve encore !... » : c'est mon slogan à moi...
« J'irai au bout de mes rêves », chantait l'autre... Et au bout il y a quoi ?

*

Je suis un marcheur aux pieds lourds. Aux pesanteurs corporelles.
Mon corps connaît la difficulté du vivre.

La vie au fond de moi à ses légèretés.
Son chant aigu d'oiseau, malgré l'automne et le froid qui s'en vient, ayant foi dans le timide rayon de soleil. Comme hier, cet oiseau dont le chant, aux incongrues trilles printanières, pénétrait mes oreilles pour éviter qu'elles ne s'engourdissent.

*

Comment va le monde qui m'entoure ?
Comment va le monde en moi-même ?
Comment va mon monde intérieur ?

Il va.
Il va bien.
Il va mal.

Il est comme mon coeur de chair, qui a ses ratés, ses soubresauts angoissants, sa régularité rassurante, son battement régulier, ses arrêts impromptus : petit rappel que la vie ne tient qu'à un fil, autant que constat d'espérance qu'elle continue cependant.

Mais enfin...
Après toutes ces années
toutes ces traversées
ces déserts, ces oasis, ces sécheresses et ces abondances...
... Le coeur continue de battre cependant.

Coeur fidèle, imparfait mais présent.
Compagnon d'existence qui m'amènera jusqu'au bout... De mes rêves...

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mercredi 14 octobre 2009

 
Annonce !

Novembre approche....
Comme les autres années, je propose un nouveau

MARATHON D'ECRITURE

du SAMEDI 14 NOVEMBRE
AU DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2009


Si vous souhaitez voir de quoi il s'agit,
consultez le site du Marathon

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les inscriptions seront possibles à partir de début novembre.
Vous n'avez aucune démarche particulière à faire si vous êtes déjà inscrits...

(les texte du marathon de mai dernier seront prochainement supprimés, comme les fois précédentes)

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doute, certitudes et croyances

« Ce n'est pas le doute qui est diabolique, mais bien plutôt le fait de ne pas douter de ses propres certitudes. Le doute n'est pas le contraire de la foi, il en serait plutôt la condition. » C'est un évêque qui dit cela. Cette citation que j'avais noté me vient d'un bouquin de Luc Ferry, je ne sais plus lequel...
Certes, certes !
Espérons que Jésus-Christ, fils de Dieu, a douté de sa divinité... Et l'évêque en question également... Autrement dit, si monseigneur l'évêque croit un peu trop en Dieu, il risque d'aller brûler en enfer !... Décidément le diable se mord toujours la queue...

Cela me gêne toujours ce courant moderniste où il est de bon ton de douter sans cesse de tout et de tout le monde...
- ppppffff ! Tu crois encore à ça, toi ?
Sous-entendu : pauvre mec !, moi il y a bien longtemps que je ne m'illusionne plus sur rien !... C'est-à-dire que celui qui prononce ce genre de propos se situe au-dessus de tout le monde, dans une posture avantageuse, supérieure et condescendante, avec le mépris et la morve de celui qui détient la vérité de toutes les vérités : le doute absolu !

Peut-on vivre sans certitude, sans conviction, et sans poser des actes en rapport et en conformité avec celles-ci ?
Peut-on vivre « humainement » sans « actes de foi » ? C'est-à-dire sans actions fondées sur une conviction ou une certitude personnelle ou collective.
Peut-on mettre au monde un enfant sans croire en un avenir possible et vivable pour lui ?

En même temps, je comprends les propos de Mgr l'évêque, dans la mesure où il est possible de s'enfermer dans ses propres certitudes, devenir fixiste, intransigeant, voire fanatique, vivant en quelque sorte sur un ensemble d'acquis, de croyances non vérifiées, (et même de fausses croyances comme j'en parlais récemment... ), de vérités éternelles, d'absolutismes dangereux, etc.

Alors, si c'est de cela dont il s'agit, je n'emploierai pas le mot doute. Mais d'une sorte de nécessité de revisiter ses certitudes, de les passer au feu en quelque sorte, au crible de ses cohérences et de ses incohérences personnelles, à la réalité du monde tel qu'il est ou tel qu'on le perçoit (ce qui n'est pas toujours la même chose...). Et voir ainsi ce que devient ce à quoi l'on croit.

Je crois pouvoir dire que je n'ai jamais douté de mes certitudes et de mes convictions, mais que celles-ci ont évolué au fil du temps, se sont transformées, affinées, modifiées, sans qu'il n'y ait eu jamais de rupture fondamentale au sens de virage à 180°. Même en regard de la foi en un dieu vs athéisme. Mes évolutions ont plutôt été du type de l'antenne télescopique, plutôt que de l'épingle à cheveux...

J'ai adhéré avec toute ma personne à la théorie chrétienne qu'il est convenu d'appeler « le salut en Jésus-Christ ». Cette adhésion se fondait essentiellement sur ma foi en l'homme et la croyance en un dieu créateur qui devait bien exister quand même quelque part.... Et en ce sens la personne de Jésus me paraissait exemplaire comme personne ayant accompli un chemin d'humanité et du don total de lui-même.
Puis, j'ai buté sur (et pour faire simple...) : « vrai Dieu et vrai homme ».
Vrai homme certainement... Vrai Dieu ? ... Aïe ! Ça devenait plus compliqué... D'autant que j'étais conduit à penser qu'il n'est point de Dieu... Au sens d'un « Tout Autre »... (hé wé ! Monseigneur je doute, je doute !!!)
Ne pouvant plus adhérer à cela : je me dis athée.
Mais de là à abandonner mes certitudes et mes convictions en ce domaine ? ...
Je crois toujours en l'Homme, en sa capacité à se transcender (avec ou sans Dieu ?), en cette dimension qui le dépasse lui-même, cette sorte de plus que lui en lui. (Traces de Dieu ?).

Puis-je remettre en doute cette conviction-là, qui donne pleinement sens à ma vie ?
Aujourd'hui, je réponds : non !

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samedi 10 octobre 2009

 
Amédée Bu

À mes débuts sur le net, c'était au temps préhistorique, je m'étais amusé à élaborer un petit dictionnaire aux définitions saugrenues. Je me demande s'il y a encore sur ce blog-ci des lecteurs de cette époque...

Histoire de changer de registre, je récidive en ce week-end grisâtre...


Jouissance : tyrannie de la modernité contemporaine. Revendication de la femme dite moderne, quand au droit imprescriptible à la jouissance. À défaut de célébrité, chacun doit avoir droit à son quart d'heure de jouissance quotidien.
Entrer en jouissance : le sens juridique de prendre possession d'un bien, d'exercer un droit, vaut-il également dans la relation entre humains ?
" Il sut si bien s'y prendre que je n'ai pas tardé à entrer en jouissance" (Perrette Dupotolé)
parle-t-elle du clerc de notaire ? Ou de l'amant torride ?

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Pénétration : la jouissance susdite peut être atteinte sans pénétration. En revanche, le plaisir de la conquête économique, ne peut se faire sans une intense pénétration du marché.
De même, de simples attouchements, effleurements, caresses subtiles, peuvent mener au plaisir autant que la possession. En revanche, le plaisir du capitaliste ne peut être complet que par une profonde introduction en bourse, seule manière de faire grimper sa côte jusqu'au septième ciel.

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Promptitude : dextérité féminine, permettant d'agir sans tarder et de se sortir d'une situation embarrassante.
Bien qu'excellente cavalière, montant en amazone, la baronne de Montflanqué fit une malencontreuse chute de cheval dans l'allée du parc du château. Elle se retrouva cul par-dessus tête, les jupons retroussés laissant apparaître ce qu'elle n'aurait osé montrer à personne. Elle se releva vivement, et aussitôt se remit en selle.
Réalisant que le jardinier avait vu toute la scène, la baronne, pour conjurer sa honte, dit fièrement à celui-ci :
- Vous avez vu ma promptitude !
- Pour sûr que je l'ai vu, répondit le jardinier, mais je ne savais pas que cela s'appelait comme ça...
(Mme de Staël " Corinne" tome 4 page 618 - édition controversée).

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mardi 6 octobre 2009

 
Et si on n'aime plus...

Suite à mon billet précédent,Val, commente ainsi :

Vous parlez d'être attentif à ce clignotant, qui serait le regard qui se lasse. Je me pose une question: est-ce qu'être attentif changerait quelque chose? Comment avoir un regard neuf si l'on n'aime plus?
Peut-on aimer à nouveau, une seconde fois? Les personnes devenues objets peuvent-elles être à nouveau redevenir des personnes sur lesquelles on pose un regard neuf?

... Si l'on n'aime plus ? ...
C'est d'abord sur ce petit morceau de phrase que je me suis arrêté.
On pourrait aussi remonter le temps : Quand ai-je commencé à l'aimer ?
parfois c'est en revenant en arrière que l'on découvre pourquoi aujourd'hui on n'aime plus...

Lorsque je recevais des personnes qui voulaient voir clair dans leur vie sentimentale il y avait bien évidemment des situations très diversifiées dans le factuel, mais sur le fond des choses, je retrouvais facilement des constantes. Je me montrais attentif aux formulations à propos d'aimer/ne plus aimer. Depuis : je me demande si je l'aime encore... Jusqu'à : je le déteste à présent.
Même si parfois on se réveille un beau matin en se disant : je ne l'aime plus. Ce « non-amour-ressenti », s'il peut jaillir à la conscience comme une bulle qui explose, ou comme un éclair aveuglant, il y eut nécessairement des signes avant-coureurs.
Et c'est parfois justement à cela que l'on n'a pas été attentif. On a pensé : c'est pas grave, notre amour est plus fort ! Mais l'amour n'est fort que dans la mesure où on le fortifie ensemble.
Voilà pourquoi j'évoquais l'attention au regard qui se lasse. (C'est un exemple évidemment, un angle de perception, dans le concret il y a bien des choses, de ces petits riens qui finissent par constituer une accumulation devenant insupportable).
Dans l'aide aux personnes, aborder le problème avec la question : je me demande si je l'aime encore, c'est plus porteur d'un avenir ensemble encore possible, que lorsqu'on est à l'étape : je le déteste à présent. C'est un peu comme le médecin qui vous dit : pourquoi n'avez-vous pas consulté plus tôt, à présent l'infection s'est généralisée...

Voilà pourquoi je portais un soulignement au commentaire de Coumarine : celui [l'amour] qu'on a, auquel on tient, il faut veiller sur lui, avec une attention extrême..., parce que cela me semble profondément vrai, d'ailleurs je suppose que Coumarine écris cette phrase avec l'expérience de sa propre vie, comme je peux faire mienne cette remarque avec ma propre expérience.

Dans l'aide aux personnes, j'ai vu des dégâts se creuser, amenant parfois à l'irréparable, parce qu'il y avait ce manque d'attention à prendre soin de la relation porteuse de l'amour. Sous prétexte que l'amour serait un lien fort, il pourrait supporter tout et son contraire. On pourrait engueuler l'autre, avoir des comportements destructeurs, de toute façon il nous aime, il restera à nos côtés, il ne sait pas se passer de nous...
Quelle erreur monumentale !
L'amour se porte dans un vase d'argile, fragile. Et ce vase c'est la relation concrète, effective et non pas fantasmée.

Alors oui, à la question de Val : est-ce qu'être attentif changerait quelque chose ? Je réponds clairement et nettement : oui !
Dans une relation, chacun a à prendre soin de celle-ci. Cela passe évidemment par prendre soin de soi et prendre soin de l'autre. Mais la relation est comme une sorte de réalité qui tient à la fois de soi, de l'autre, et de ce quelque chose qui fait que l'amour se nourrit ou s'étouffe...

Comment avoir un regard neuf si l'on n'aime plus ?
C'est difficile, parfois très difficiles, parfois impossible. Tout dépend de la dégradation dans laquelle la relation en est arrivée. Quand je dis dégradation : cela ne veut pas dire que l'on est sans cesse dans les orages et le tumulte. Il y a des dégradations qui consistent dans un silence, une indifférence, un désintérêt... Ce que j'appelais « le couple célibataire », chacun à sa vie, chacun s'est accommodé de la situation relationnelle et amoureuse dégradée, parce que chacun trouve suffisamment son compte par ailleurs dans ce statu quo. (Relation à l'extérieur, sécurité matérielle et financière, etc.).

Le regard neuf va donc supposer une motivation particulièrement forte, fondée sur des convictions personnelles profondes qui vont se révéler un moteur suffisamment puissant pour faire les efforts nécessaires à transformer ce regard. Il faudra donc la croyance en un amour renouvelé comme promesse d'avenir. Je soulignerai qu'au titre des motivations, celle consistant à dire quelque chose du genre « je reste pour les enfants », n'est pas à mes yeux une véritable motivation à faire renaître l'amour. C'est certainement une position « noble », fondée sur l'amour que l'on a pour ses enfants, mais non pas fondée sur « l'amour à deux » dont on croit qu'il pourra ressurgir.

Peut-on aimer à nouveau une seconde fois ? (sous-entendu je suppose : la même personne...).
Je réponds : oui. Parce que je l'ai constaté à l'occasion de l'aide aux couples. J'ai même vu des gens divorcés se remarier avec quelqu'un d'autre, puis divorcer à nouveau pour reconstituer la première union. Ce ne sont pas des cas exceptionnels.

Cela suppose en effet de poser un regard neuf. Ça ne peut pas être de l'ordre d'une décision un matin en se levant et à appliquer le jour même. On peut décider de prendre une orientation en ce sens. Mais il y a souvent tout un passif à revisiter, des dégâts anciens à réparer, de pardon à faire, à se faire. Il faudra parfois un travail sur soi, une aide extérieure, pour soi-même, pour le couple.
Je viens d'en avoir l'écho il y a quelques jours une femme que j'avais aidée en son temps, ainsi que leur couple. Cela a duré cinq années. Je les ai vu passer du désespoir à l'espérance, des abîmes au sommets. Il y a peu j'ai reçu un mail de cette femme : "nous sommes sortis de notre crise. On repart en voyage de noces !..."

C'est un peu pour tout cela que je dis que l'amour est fort. C'est une puissance en germe. Encore faut-il savoir cultiver son jardin... Pour y faire pousser un amour durable... Éternel diront certains...

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lundi 5 octobre 2009

 
l'amour ne fatigue pas le regard...

C'est une phrase que j'ai dit il y a peu, au détour d'une conversation.
Réaction de la personne : « c'est joli ça ! ».

Parfois on a comme cela des propos « qui nous échappent », comme on dit. Rien de prémédité, cela jaillit tout seul.
J'observe que cela se passe la plupart du temps dans un contexte relationnel favorable, une relation ou de l'amour s'égrène, une ambiance où passent de bonnes choses. Cette sorte de frottement amoureux fait jaillir des étincelles inattendues, comme deux silex font naître un feu réchauffant, dont on sera le premier bénéficiaire.

En me remémorant cette petite phrase, remontaient du fond de moi les paroles d'une chanson de Jean Ferrat :
« tu peux m'ouvrir cent fois les bras
c'est toujours la première fois »

Finalement c'est cela l'amour durable.
Un amour qui ne s'use pas, parce qu'il est neuf à chaque fois.
Alors, jamais mon regard ne se lasse de regarder l'autre, parce que dans le mouvement d'admiration que j'ai envers lui, c'est toujours une première fois.

C'est ainsi je crois que je regarde les personnes que j'aime. Et c'est peut-être là que je peux avoir une sorte de balise, de point de repère : lorsque mon regard se lasse. Je devrais être attentif à ce clignotant qui indigne : « attention danger ! Risque de perte d'amour ! ».
Je me dis tout à coup que je pourrais presque faire une liste. Toutes ces personnes sur lesquelles je n'arrive plus à poser un regard neuf. Elles sont comme des objets dans mon paysage monotone. Je les ai chosifiées. Alors il est évident que les côtoyer devient fade et insipide.
Dans mon entourage, je vois parfois ce regard-là au sein d'un couple. Le regard éteint dans les yeux de celui qui n'aime plus. L'indifférence installée. L'amour en voie d'extinction. Il n'y a plus qu'un pas à franchir. Celui du retournement sentimental, comme on retourne une chaussette pour qu'apparaissent les sentiments négatifs, les reproches, l'aversion, le désenchantement, parfois le dégoût, sûrement la sécheresse relationnelle qui débouche un jour sur la cassure.... Ou la résignation...

Il est vrai que tout amour n'est pas éternel. Et les "immortelles" sont des fleurs desséchées.
Je connais cependant quelques amours qui ne vieillissent pas, même si j'avance en âge. En y réfléchissant je me dis que c'est sans doute parce que je porte ce regard-là toujours renouvelé, en sorte que je ne me lasse jamais de la personne. Il y a en moi en permanence l'espérance de son devenir, de son avancée vers un « plus ». Peut-être aussi parce que je sais quelque peu déceler les prémices de l'arrivée des aurores. Même s'il faut parfois attendre longuement dans la nuit...

Photo alainx

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