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vendredi 3 juillet 2009
Dis-moi ! C'est quoi l'amour ? (4)
Ce matin-là j'entrais dans cette salle quelque peu austère. Un lieu inconnu, des personnes inconnues. À part l'animateur du séminaire auquel j'allais participer, je ne vis qu' *elle*... C'est ainsi que tout a commencé. Autour de la pause-café. Elle me donna son adresse. Je lui écrivis. C'était encore des temps anciens ! Point de téléphones portables, ni de SMS...
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On partit au bord de la mer. Elle joua de la guitare dont les dunes. Je la photographiai. Au retour, dans la voiture, sa tête sur mon épaule. Je roulais lentement pour faire durer l'instant magique qui peut-être ne reviendrait pas...
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Pourquoi est-ce que l'on décide de se marier avec promesse que cela durerait toute la vie ? Sans doute parce que l'on y croit dur comme fer. Enfin, moi j'y croyais. Elle aussi je pense. C'était une évidence, une certitude intérieure que c'était pour toute la vie. Pas une vague espérance, du type : « espérons-le ! ». Non, c'était une évidence massive. Il ne pouvait en être autrement. Jamais. Évidemment, c'était un temps où la fidélité, l'amour durable, étaient des valeurs véhiculées encore largement. Elles avaient donc leur influence. Le divorce était chose rare, il n'existait pas "par consentement mutuel", il fallait démontrer une faute grave établie en justice à coups de témoignages d'amis complaisants qui allaient dire du mal de l'autre, à coups de constats d'adultère par huissier et autres saloperies. C'était l'échec maximum, une sorte d'irréparable dont personne ne pourrait se remettre... Pour ne pas dire une infamie... (Je force peut-être un peu le trait, mais pas de beaucoup... En tout cas dans le milieu auquel j'appartenais, la fidélité était une valeur *naturelle* si je puis dire ainsi).
Cependant, il y avait en moi tout à fait autre chose... Tout comme je me posais la question : qui suis-je véritablement ? Je me suis posé la question : qui est elle pour moi ? Et aussi : qui sommes-nous ensemble ? Ces questions-là nous nous les sommes posés chacun... Non pas un jour comme ça, par plaisir spéculatif, parce qu'il fallait « préparer le mariage », et que ce genre de truc faisait parti de la panoplie du bon curé marieur... Ces questions-là nous nous les sommes posées parce que nous navigions au sein de tout ce qui se développait autour des *psychologies humanistes* qui apparaissaient nouvelles dans le paysage et qui firent florès dans les années suivantes. Disons que nous étions dans un milieu porteur à se poser des questions... !
Au fond de moi-même, je perçus que c'était celle que tout mon être attendait depuis toujours. Je perçus alors que c'est avec elle que je pourrais devenir totalement qui je me sentais appelé à être. Et nous fîmes le constat de la réciprocité. Cela comportait aussi d'appeler des enfants à la vie, de les éduquer et de les donner au monde. Cela comportait enfin de découvrir les engagements communs (au-delà de l'éducation des enfants) qui allaient donner du sens à notre couple dans la société.
Bon ! Cela peut paraître présomptueux ou cul-cul... Totalement utopique et noyé dans l'irréalité rêveuse. Tant pis ! Ce furent mes convictions et mes croyances... Et elles demeurent...
Il ne faudrait pas croire que ces prises de conscience se sont faites en 24 heures. C'est le fruit d'un long cheminement de quelques années, pour faire surgir ce lien intérieur en ce qu'il était et en ce qu'il comportait. Ce parcours de la recherche identitaire je l'ai effectué à la fois en solitaire, mais aussi nous l'avons vécu en couple, nous donnons du temps spécifique pour cela de manière régulière. Ce fut rarement une obligation, une fidélité certainement, mais des rendez-vous d'amour la plupart du temps.
Il me faut ici souligner toute l'importance du groupe de quatre couples que nous formions à l'époque (je l'ai évoqué à plusieurs reprises dans le passé sur ce blog). Pendant 10 ans nous nous sommes réunis au moins une fois par mois pour échanger sur nos vies, nos problèmes de toutes sortes, nos joies et nos bonheurs. Nos échanges étaient structurés et constituaient un véritable « travail ». Nous sommes restés en lien profond avec deux des couples et continuons à nous voir régulièrement ensemble ou séparément. Ce sont des personnes infiniment précieuses pour moi, pour nous. Sans ce soutien mutuel indéfectible que nous avons vécu, je me demande ce qu'il serait advenu de chacun de nous...
(À suivre)
Libellés : De l'intime

AlainX 9:21 AM
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mercredi 1 juillet 2009
Pas beaucoup la possibilité d'une suffisante concentration pour écrire la suite de mes divagations sur l'amour... En effet, il y a des travaux chez moi. Pour le calme faudra repasser. Je me suis donc lancé à répondre au tagage de Coumarine sur les bouquins et la lecture au coin d'un bois. Allons-y Alonzo !
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1° Plutôt corne ou marque page ? Les deux mon Général ! J'aime bien marquer mon territoire dans mes livres ! Je souligne au crayon, je mets des commentaires perso... Des renvois à d'autres bouquins... C'est la raison pour laquelle je ne prête jamais aucun de mes livres. Ce serait comme prêter ma femme ! (J'indique que je lis peu de romans)
2° As-tu déjà reçu un livre en cadeau ? oui, souvent un livre que j'avais demandé. Ceux que l'on me donne parce que « ce serait bien que tu lises ça... » Sont le plus souvent... Encore à lire !
3° Lis-tu dans ton bain ? je n'ai pas de baignoire ! D'ailleurs, je ne me lave pas. Je sens mauvais !
4° As-tu déjà pensé à écrire un livre ? Non ! Pas un livre ! Plusieurs ! Mais je pense que ce sera encore "mon arlésienne" pour longtemps... !
5° Que penses-tu des séries à plusieurs tomes ? je pense que pour les lire il faut un courage que je n'ai pas...
6° As-tu un livre culte ? "le Petit Prince" de Saint-Exupéry. Au départ ce fut plutôt un "disque culte" de mon enfance, (la version des années 50 avec Gérard Philippe) au fil des années je trouve toujours qu'il y a quelque chose à découvrir, un sens caché à chaque page...
7° Aimes-tu relire ? oui, pour un certain nombre de livres. Par exemple l'oeuvre d'Aragon. Ou des livres à contenu de connaissance.
8° Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs des livres qu’on a aimés ? J'adoooooreee rencontrer les Nauteurss !! Ils sont si ! ... et si !.... comment dire ! Tellement ! ... et puis je tiens absolument à connaitre leur avis sur le tour de France ! Et, bien sûûûr obtenir un totographe et une décicacasse !!!! Comme ça je peux les exposer à côté de celles de Mireille Mathieu et Sylvie Vartan !! C'est d'un Chic !! Et ça fait tellement l'aaaadmiration de mes zââââmis !!
9° Aimes-tu parler de tes lectures ? C'est plutôt rare. Chacun sait que je préfère parler de moi, de moi, et encore de moi !... Et puis, vous ne trouvez pas que ceux qui parlent de leurs lectures sont assez... [mot grossier censuré, faisant allusion à une fonction naturelle chez les bipèdes, mais pas que]
10° Comment choisis-tu tes livres ? c'est rarissime que j'aille dans une librairie, faire mon marché dans les étalages. Je faisais cela dans le temps, lorsque la lecture meublait une certaine solitude. À présent, soit j'achète en fonction du nom de l'auteur " les yeux fermés" (comme Régis Debray par exemple, où le dernier Kundera), soit parce que j'ai lu un article, une critique etc.
11° Une lecture inavouable ? inavouable à qui ? Et puis, si c'est inavouable, je ne parlerai qu'en présence de mon avocat, au demeurant fort occupé actuellement...
12° Des endroits préférés pour lire ? pas vraiment... Disons, des endroits calmes ! et solitaires ! comme les Chiottes par ex ! C'est tranquille et on fait plusieurs choses en même temps. Un gain de temps appréciable, qui améliore l'économie domestique !
13° Un livre idéal pour toi serait ? un livre qui soit une nourriture permanente de mon intériorité. Un livre écrit par un monsieur (une dame) âgé !... Quelqu'un qui aurait analysé loin ses profondeurs personnelles et saurait en rendre compte de manière universelle. Un livre écrit par un mystique a-religieux, débarrassé du fatras de bêtises que les religions véhiculent...
14° Lire par-dessus l’épaule ? laquelle ? La mienne ? Ou lire par-dessus l'épaule de quelqu'un d'autre ? Lire par-dessus mon épaule il n'en est pas question ! En revanche... Savoir ce que l'autre est en train de lire... Ça me fait plutôt saliver !!
15°Télé, jeux vidéos et livres ? tout cela ne se compare pas ! Ce sont des intérêts et des plaisirs différents. Je ne "regarde pas la télé" au sens habituel du mot. Je regarde des émissions que j'ai enregistrées. Ça offre la liberté de regarder le premier quart d'heure et de passer à autre chose si c'est pas intéressant... J'aime les jeux vidéo où il faut construire quelque chose genre ville, réseau ferré, etc. ça me "lave la tête". Mais j'y joue assez rarement.
16° Lire et manger ? il paraît qu'il y a des livres qui se dévorent ! Faudra que j'essaye !
17° Lecture en musique, en silence, peu importe ? le silence est nécessaire à l'homme ! Autant lorsqu'il lit que lorsqu'il écrit...
18° Lire un livre électronique ? je lis beaucoup sur écran. J'aime beaucoup l'hypertexte. Je rêve que le livre électronique devienne abordable. J'ai un peu le sentiment que le livre papier devient un produit vieillissant, malcommode à manier. En plus les vieux livres sentent le moisi ! Je n'ai pas le fétichisme du livre papier comme je vois chez beaucoup de personnes ! Qui sont plus « amoureux des livres » qu'amoureux des contenus... Qu'ils n'ont parfois même pas lus ! En ce moment, je lis le dernier Kundera. Il y a plein d'allusions à d'autres livres, à des oeuvres picturales, etc... Avec un livre électronique toute la base documentaire nécessaire pourrait être intégrée. Et accessible en un clic ! Quand je cherche une citation du "Petit prince" je vais sur Internet et je retrouve la phrase aisément. Dans le bouquin, faut feuilleter et feuilleter encore...
19° Livres empruntés ou livre achetés ? je réalise que je suis incapable de demander à quelqu'un de lui emprunter un livre. Ce serait pareil que lui dire : tu me prêtes ta femme !
20° Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ? Comme je viens de le dire, le dernier Kundera : " une rencontre". Le prochain : " le moment fraternité" de Régis Debray.
21° As-tu déjà abandonné la lecture d’un livre ? oh que oui ! Plus d'une fois !
22° Tu tagues qui ? Qui n'en veut ! Ce sera : à votre bon coeur Messieurs dames ! Pratiquez l'auto-tagage !

AlainX 11:37 AM
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mardi 30 juin 2009
Retour du Pays de vie
Quatre jours à un autre bout de la France, dans les confins où mes filles ont, pour l'instant, planté leurs tentes amoureuses et familiales... Quatre jours de respiration vitale. Quatre jours de bonheur en quelque sorte. Bonheur, bien entendu, de rencontrer mes cinq petits-fils, qui s'échelonnent depuis " bébé dans le ventre" jusqu'à huit ans. Pour ce qui est de l'enfant à naître, le dialogue passe plutôt par les futurs et à la fois déjà parents. Pour ce qui est des quatre zoulous de mon aînée, la relation est directe... Et pour être directe elle est directe ! ... Parce qu'évidemment chacun a énormément de choses à raconter à "son papy" (arf ! J'ai encore un peu de mal à me faire à mon statut de grand-père !!), d'autant qu'ils ne nous voient pas très souvent, même si on échange par téléphone et Internet, ce n'est quand même pas pareil. Et donc, chacun veut du temps avec " son papy". Parce que, évidemment, " son papy" ça ne peut pas être le papy des trois autres ! Amour exclusif quand tu nous tiens !...
Je suis toujours étonné de l'importance que j'ai pour eux. Chacun a préparé « des choses », (avec papiers, cartons, scotch, bouts de ficelle, etc.) autant pour ma compagne que pour moi d'ailleurs, et chacun veut en même temps le montrer, l'expliquer, le commenter, etc. Ma fille me dit qu'ils ont fait tout cela spontanément, qu'elle n'a rien demandé et encore moins exigé. Ce qui n'est même pas utile qu'elle me dise, je le sais parfaitement, vu sa manière d'être avec ses enfants. Bien sûr, quelque part, je me sens gratifié de la place que j'ai dans leur coeur d'enfant, mais, plus profondément, je suis infiniment touché par leurs élans généreux qui me confortent dans mon espérance pour le monde... (Rien de moins que cela... J'ose le dire... Parce que c'est assez simple finalement...) Cela rejoint le thème que j'aborde ces temps-ci de cette générosité du don de soi, (que l'on soit jeune enfant ou adulte), capable de jaillir pour peu que l'on n'en fasse pas une "obligation" pour l'enfant, ce qui, hélas souvent, brise l'élan intérieur qui ne demandait qu'à naître et se déployer naturellement... - ce qui ne veut pas dire qu'une certaine canalisation n'est pas nécessaire... - ).
Évidemment, de notre côté nous avons aussi amené quelques cadeaux. Rien de bien extraordinaire, un petit livre, un CD de chansons, etc. je dis à chacun que pour recevoir son cadeau, il faut passer une épreuve... Une idée qui m'est venue comme ça... Que je suis prêt à abandonner si ça ne prend pas... En réalité, c'est l'enthousiasme général. Pire que cela, une fois les épreuves accomplies les cadeaux reçus, ils veulent encore d'autres épreuves ! Je leur dis qu'il n'y aura plus de cadeaux. Ça ne fait rien... Faut continuer ! ( C'est bien des "petits mecs", il faut qu'ils montrent leur force, comme dira ma compagne avec un sourire féminin compréhensif !...)
Le soir, les enfants couchés, (j'ai pas dit endormis...!!), sous les frondaisons du grand arbre du jardin, avec un peu de fraîcheur qui s'en vient, à quatre, nous échangeons des propos plus profonds, plus intériorisés. Plus les années passent, plus j'aime et admire leur couple dans sa recherche « de sens ». C'est presque plus que je n'en espérais. Je n'ai jamais prodigué aucun conseil à ma fille, et encore moins à mon gendre, à propos de ce que je crois concernant les dynamiques de réussite d'un couple. J'ai toujours estimé que cela « ne me regardait pas ». Or, à les écouter dans leurs 10 années de mariage, je constate, de fait, que certaines transmissions se sont faites concernant des réalités qui à mes yeux paraissaient essentielles, sur lesquelles, au final, j'ai relativement tenu peu « de discours » à mes filles... Mais qu'elles ont dû recevoir par une sorte d'osmose, d'imprégnation. Dans le concret, leur vie de couple et de famille est totalement différente de celle qui fut (qui est) la nôtre. Mais j'y retrouve quelque chose d'identitaire, je n'ose parler d'une forme de prolongement, mais il y a quelque chose qui y ressemble...
Pour des raisons quelque peu obscures et complexes, j'ai toujours beaucoup craint les processus de mimétisme et d'imitation que l'on voit parfois se transmettre d'une génération à l'autre. Je suis plutôt pour les dynamiques de rupture ! Mais en même temps, j'espérais une forme de *continuité de fond*, si je puis dire ainsi, sur ce que j'estimais « l'essentiel ». Le mari de ma fille a dit certaines choses sur l'importance que j'avais toujours en tant que père dans le coeur et l'esprit de sa femme. Comme il y a toujours une certaine rivalité gendre/beau-père, je l'ai un peu poussé dans ses retranchements... Ce fut un échange intéressant et vrai. J'ai pu identifier quelques-unes de mes « lacunes de père », même si tout cela appartient désormais à l'histoire... En même temps, j'ai quand même été assez content d'entendre à demi-mots qu'un "père dans mon genre" ne lui aurait pas déplu pour lui-même... Il faut dire que le beau-père de ma fille et moi, comme dit l'autre... « Ça fait deux ! »
Pourquoi je raconte tout cela... Je ne sais pas... C'est pas trop mon genre habituellement...
J'avais surtout envie de partager ces sortes de bouffées de bonheur qui m'ont envahies durant ces quatre jours, parce que je me suis senti entouré de gens « pleinement vivants » au coeur ordinaire et simple, qui ne fait pas de bruit, qui change du catastrophisme ambiant et démoralisant. Parce que, si par impossible, on finissait par ne plus voir toutes ces belles choses de la vie ordinaire, il y aurait de quoi entrer en désespérance, c'est-à-dire en déconstruction.
Et je préfère, et de loin, les bâtisseurs aux déconstructeurs ! Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 7:23 PM
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jeudi 25 juin 2009
Dis-moi ! C'est quoi l'amour ? (3)
Je voudrais tout d'abord remercier ceux/celles qui laissent des commentaires sur cette série d'entrées. D'une part ils m'éclairent, m'aident à préciser, à compléter ; d'autre part ils m'encouragent à poursuivre sur un sujet complexe et difficile, qui revêt pour moi une grande importance et dont j'aimerais arriver à parler avec justesse, c'est-à-dire au plus près de ma réalité vécue.
*
Ainsi, je fis donc l'expérience d'être aimé pour qui j'étais, et non pas pour ce que l'on attendait que je sois, ou pour les actions qui étaient les miennes. À l'époque, ce fut pour moi une sorte de révolution copernicienne quant à mes représentations de ce que pouvait être l'amour dans son essence même. Un amour qui désirait que l'autre "soit", qui appelait à l'existence en quelque sorte, sans volonté de le prendre, de le posséder, de l'avoir « à soi, pour soi ». Un amour dont le désir était : « je t'invite à devenir qui tu es ».
Et en effet, si je ressentais bien que j'avais de l'importance pour un certain nombre de personnes, moi, seul avec moi-même, dans la solitude de ma chambre, lorsque ma copine du moment s'était rhabillée et avait rejoint la sienne, je me disais : je ne suis rien !... Je n'ai pas véritablement d'existence. Tout juste je survis et surnage. Je donne le change. On aime ma compagnie, je distrais, je plais, je séduis sans trop le vouloir tout en le désirant, mais au-delà de cela : qui suis-je ? - Rien, personne. Enfin, rien qui vaille véritablement la peine d'exister...
. Et cependant, j'en avais fait des efforts pour retrouver la vie qui avait quitté mon corps quelques années auparavant. J'avais fait la fierté de mes parents, la fierté de moi-même pour une part, parce que j'avais vaincu la paralysie, j'avais retrouvé une autonomie, j'étais sorti de la terrible dépendance d'un personnel aidant pour les actes ordinaires de la vie. Ah oui ! J'étais fier de moi ! Ma mère était fière de son garçon ! Mais l'amour dans tout cela ? Où était-il donc ? !
. Et cependant, j'en avais vécu déjà des engagements, des rencontres marquantes, des échanges forts, une vie communautaire avec un projet d'animation d'une maison d'étudiants, tout cela dans la mouvance plus ou moins "révolutionnaire" (révolutionnaire ! C'est ce que l'on croyait !...) des années qui suivirent mai 68. Je m'occupais à des combats. Je ne m'occupais guère de moi. Mais l'amour dans tout cela ? Où était-il donc ? !
. Et cependant, on m'appréciait, j'étais vite le pôle d'attraction, celui qui osait ouvrir sa grande gueule, qui savait se faire applaudir, manier le contre-pouvoir, le fouteur-de-merde comme disaient mes ennemis de l'époque. Il n'avait pas tort... Je réglais des comptes et présentais des factures à ceux qui en réalité ne devaient rien... Je ne savais pas encore que mes comportements désordonnés étaient la conséquence de mon histoire douloureuse.
Les filles aimaient ma compagnie, ce qui ne veut pas dire qu'elles rêvaient de partager mon lit, mais moi, j'étais amoureux fou de celle qui justement ne me donna pas ce que j'espérais. (J'ai évoqué cet épisode de ma vie dans ma petite série « un passé revisité ») ... L'amour ? Qu'était-ce donc ?
Je relate tout cela parce que je n'avais justement pas encore compris ce que pouvait bien vouloir dire « devenir soi ». Il aura fallu ces personnes au coeur aimant qui avaient la capacité de voir en moi ce que je ne percevais pas moi-même, ce dont j'ignorais tout. C'est-à-dire, et pour faire simple : mon propre coeur aimant. Je croyais aimer, je n'étais qu'en recherche d'être comblé par tous moyens. J'avais l'amour vorace et captatif. Je n'ai plus honte de dire que j'ai utilisé quelques femmes pour mon profit personnel. Je crois d'ailleurs qu'il en était de même pour elles. Chacun venait puiser dans l'autre sa ration d'amour revendiqué, et quand les plats n'étaient plus assez épicés : bye-bye !
Cependant, se retrouver sous l'influence bénéfique de cet amour généreux des personnes que j'ai évoquées m'a conduit à des remises en cause fondamentales. Certes, j'aurais pu ne pas les faire. J'ai même failli d'ailleurs. Les gens qui désirent votre existence profonde ne sont pas toujours les bienvenus.
Parce qu'un moment ou à un autre on se trouve entraîné à se poser des questions sur moi-même. Et, pour faire simple et un peu raccourci, (sinon je vais en écrire des pages...), c'est un peu comme cela que j'ai commencé un "travail sur moi". J'ignorais qu'il allait me conduire là où je ne pensais pas aller...
(Ne désespez pas mes lecteurs et lectrices... !! Je vais finir par y venir à « la relation amoureuse » et à l'amour inconditionnel au sein de cette relation...).
Libellés : De l'intime

AlainX 3:40 PM
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mercredi 24 juin 2009
Dis-moi ! C'est quoi l'amour ? (2)
Il y avait au fond de moi cette aspiration à aimer et être aimé « autrement ». Que pouvait-il en être de cet autrement ? Mon enfance avait baigné dans un amour conditionnel et codifié. . Conditionnel : c'était le comportement de ma mère. Si tu veux que je t'aime un peu, sois sage et tiens-toi tranquille. Si tu veux que je t'aime beaucoup, soit le premier en classe. Amour contractuel et chantage affectif. Arrête de faire de la peine à tout le monde et de faire pleurer maman par tes agissements. Il s'agissait d'adapter mes comportements au désir de ma mère, et plus largement donc au désir des autres. Cependant, je me suis montré incapable d'agir ainsi. Je n'étais ni sage, ni tranquille, est généralement en queue de peloton à l'école... Les punitions, privations et sévices pleuvaient dans mon ciel d'enfance constamment sombre et triste.
. Codifié : c'était l'enseignement moral et religieux. Il « fallait » aimer son prochain, c'est-à-dire respecter les préceptes enseignés, « savoir » prêter ses jouets, être poli et bien élevé, « comprendre » que Dieu attendait cela pour dispenser son amour divin. L'heure était à l'apprentissage des *savoir-faire*, mais black-out total sur le *savoir-être*.
Je crois pouvoir dire que j'avais confusément l'intuition qu'aimer c'était autre chose... Quelque chose qui devait tenir d'une générosité que j'entrevoyais chez quelques mères de certains copains de classe. (J'ai écrit quelque chose à ce sujet, je ne suis pas sûr mais il me semble bien l'avoir publié sur ce blog). C'est probablement pour cela que j'étais un enfant rebelle. C'était ma seule manière de défendre ce petit bien précieux dont je disposais au fond de moi-même et dont j'ignorais encore véritablement l'existence et que j'appellerai aujourd'hui : *ma potentialité à aimer sans condition*. [ même si le "sans condition" suppose quelques explications qui viendront plus tard].
C'est bien connu, un enfant rebelle : il faut le mater ! C'était terriblement vrai hier, je crois que cela le demeure aujourd'hui. Le mater au risque de le casser. Qu'importe quand le mutile de sa capacité à *aimer sans condition*. L'important est qu'il entre dans la conformité avec ce qu'on attend de lui.
Digression : les gens cassés de cette manière, j'en ai vu défiler je ne sais combien dans le cadre de mon aide à la personne. Tous ceux que j'ai entendu dire qu'ils ne croyaient pas à l'amour. Ce qui signifie qu'au fond ils ne croyaient pas en eux-mêmes... En un fondamental d'eux-mêmes... En leur potentiel vital dans l'une des composantes est cet amour vrai, potentiel originel et cependant totalement anesthésié, sans pour autant avoir disparu. Fin de la digression.
*
À plusieurs reprises j'ai déjà exprimé qu'on ne guérissait pas les blessures d'enfance uniquement en en parlant, en les verbalisant, mais qu'on les guérit dans une expérience de restauration d'amour, dans le cadre d'une relation thérapeutique. [Pour que les choses soient claires, je précise qu'il ne s'agit pas d'une relation amoureuse avec le thérapeute... !! (Ça s'appellerait de la faute professionnelle pour un aidant que de sombrer dans ce travers !... Pénalement sanctionnable... !)]. Cette restauration d'amour est un travail avec soi-même, sur soi-même et pour soi-même, en présence et sous le regard d'une personne qui est « avec nous », en tant que présence dans le processus, et qui manifeste une empathie inconditionnelle. Cette présence physique de l'autre est absolument indispensable et fondamentale. (Sauf pour certaines phases qui ne peuvent se vivre que dans la solitude, telles par exemple les problématiques d'abandon... Mais je ne vais pas développer cela ici...).
Quel en est le résultat ? J'en reviens ici à mon expérience. Je n'ai pas l'intention de détailler le chemin que j'ai parcouru en thérapie pendant de longues années. Cela pourrait faire un ouvrage à soi tout seul ! Je n'ai pas la prétention non plus de dire que je serais au terme de ce chemin... Puisqu'il n'a pas de terme... La vie se passe sur le chemin... Je préciserai toutefois que le chemin est long, douloureux, qu'il n'est pas sans risques, qu'il faut du courage et de la détermination pour le parcourir, qu'il faut en payer le prix mais qu'au long du chemin il est particulièrement gratifiant... Et que surtout peut-être, il débouche un jour sur une sorte de retrouvailles avec soi-même et une amélioration de sa capacité à être en relation vraie et authentique avec les autres. Tout ceci ne veut pas dire qu'on déboule un jour dans une sorte de paradis ou de sainteté ! Cela relèverait d'une vue de l'esprit ! Quiconque a parcouru un petit chemin, sait parfaitement ce qu'il en est à cet égard. On demeure un être parfaitement ordinaire, avec ses lumières et ses zones d'ombre, ses gouffres et ses montagnes. Simplement, on vit un peu plus en paix avec tout cela. On a la capacité de revenir à cette zone de paix et cette zone d'amour profond, qui, à mes yeux, est la seule vraie source d'un certain bonheur...
Sortons des généralités. J'ai vécu toute mon enfance dans une ambiance d'amour néfaste. Je ne dis pas de non-amour, car l'amour néfaste et bien plus pervers que le non-amour identifiable - c'est pourquoi Dolto eut cette réponse surprenante lors d'une conférence, vis-à-vis d'une mère, lui disant, si vous n'aimez pas votre enfant : dites-le lui ! Au moins il saura à quoi s'en tenir et cherchera ailleurs...
Pour sortir de l'amour néfaste, c'est assez simple finalement... Il faut le quitter... Dès que j'ai pu acquérir un peu de liberté, j'ai toujours eu qu'une seule hâte, partir de chez moi. Ce que je fis l'année de mon bac. Ce fut déjà un temps de respiration, une sorte de desserrement intérieur, comme on délasse un corset trop serré. C'est alors que j'ai rencontré des personnes foncièrement aimantes. (Je ne parle pas de mes petites amies, qui étaient comme moi la recherche d'un amour de comblement, exactement comme quand on verse du sable dans un entonnoir et qui s'échappe aussitôt par le fond...). Ces personnes foncièrement aimantes furent deux hommes et une femme. Peut-être que pour la première fois j'étais vraiment considéré pour qui j'étais. Pas plus. Pas moins. Non pas ce que je faisais, mais qui j'étais profondément. Ce sont ces personnes qui m'ont conduit à regarder à l'intérieur de moi. Quelques années plus tard, il y aura celui dont j'ai souvent parlé : mon maître à penser. Lui aussi il m'apprit le chemin vers le centre de moi-même.
C'est ici qu'il faut que j'en revienne à cette affaire des « convictions » que j'évoquais au début de ma réflexion/méditation. Ces personnes-là partageaient sensiblement la même conviction : ils avaient la foi en l'homme, en ses dynamismes profonds, non pas en un *homme bon* spontanément, mais en sa capacité de le devenir s'il en prend l'option personnelle. Et moi ? En quoi je croyais ? Tel était leur questionnement sous-jacent. Question à laquelle il fallait bien que je me confronte. On peut aller chercher les réponses dans sa tête, dans les livres, chez les philosophes, les penseurs de tout poil, les vieux sages, les religions, etc. Pas de problème ! On trouvera largement de la matière ! On trouvera surtout : tout, le contraire de tout, les affirmations inverses et contradictoires, les démonstrations imparables de la théorie blanche, les raisonnements verrouillés de la théorie noire. Bref, de quoi abandonner au final... Et retourner éplucher ses carottes ou enfiler des perles... !
Ce qui m'a plu chez ces personnes, c'est qu'elles ne cherchaient pas à convaincre les autres (comme moi parfois !...), mais qu'elles avaient une sorte de "présence" qui ne me laissait pas insensible, ni sans une interpellation qui se manifestait au fond de moi.
Elles m'ont éveillé par osmose. « Quelque chose » émanait d'elles qui venait me toucher en un lieu inconnu de moi-même. J'avais le sentiment qu'elles détenaient une sorte de « secret » dont il n'était jamais question, mais qui était toujours là, comme présent, à la fois dans l'ombre et dans la lumière.
Et puis un jour j'ai compris. C'était tellement simple finalement. Elles avaient un coeur aimant. Oui je sais, c'est tout bête ! Un coeur aimant qui n'attendait rien en retour... Oh ! Sans doute qu'elles n'étaient pas que cela... Mais elles étaient cela aussi ! Bien sûr, je pouvais me tromper sur leur personne... Mais ce coeur aimant qui n'attendait rien en retour, je sentais qu'il m'était offert généreusement.
Un jour il y eut cette question : - et toi Alain que dis-tu de toi-même ?
. Moi ? Et je me mis à décliner ce que je faisais, ce dont j'avais envie, ce que j'aimerais, les études qui étaient les miennes, mes choix professionnels qui se profilaient, etc. enfin bref : moi !
- oui, c'est intéressant, mais que dis-tu de toi-même, de qui tu es vraiment ?
. Vraiment ? Mais enfin, j'ai été vrai ! Je pense tout cela de moi.
Ah ! Pauvre Alain, comme tu étais encore bien ignorant !... (Et combien tu l'es toujours...). Incapable de décliner un aspect profond de toi. Incapable de parler de ta droiture, de ta bonté, de ta rigueur, de tes intuitions, de ta clairvoyance sur certaines réalités, de ta persévérance, de ton courage, de ta foi en l'humain, de tout ce qui constitue le trésor essentiel de ta personne. Autrement dit incapable de rien donner véritablement de toi à quiconque... Si ce n'est un petit peu inconsciemment.
*
Oh ! J'ai conscience de beaucoup résumer, de déformer par simplisme, d'occulter certaines réalités moins glorieuses, mais enfin, c'est un peu comme cela que tout a commencé... De cette petite expérience d'amour inconditionnel reçu et qui allait me conduire si loin... Si loin...
(à suivre...) Libellés : De l'intime

AlainX 10:53 AM
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mardi 23 juin 2009
Dis-moi ! C'est quoi l'amour ? (1)
Chez un blogueur, chaud partisan et praticien de la *libraimance* (du *polyamour* disait-il dans le temps, et que je qualifierais volontiers de multipartenariats ou d'amoures plurielles menées simultanément), un vif débat s'est engagé autour de ce thème. Loin de moi l'idée d'alimenter ici le débat en question. Forcément, ce genre de positionnement, amène tout et son contraire...
Je voudrais seulement reprendre un point qui m'intéresse personnellement. Ce blogueur déclare tout à trac : « l'amour inconditionnel n'existe pas ». Je commente en disant : « ne faudrait-il pas dire que tu ne l'a pas rencontré... encore... Pour ma part, j'ai expérimenté et expérimente cet « amour inconditionnel ». Je le ressens dans ma chair, au moins d'une personne envers moi, et dans la durée de longues années... Et de quelques autres, au moins pour un temps, j'en ai l'empreinte indissoluble en moi... ».
Le blogueur répond : qu'il n'est absolument pas convaincu par ma déclaration... Ajoutant : "Je répondrai par une conviction : non seulement je ne l'ai jamais rencontré, ni n'ai jamais rencontré personne l'ayant vécu, mais en plus je ne crois pas que ça existe au sens où je l'entends, c'est à dire littéral. Un amour sans aucune condition... ça mérite la béatification !"
Je précise encore : « je ne te demande pas d'être convaincu par ce que je dis à propos de "l'amour inconditionnel", je dis seulement que j'en ai l'expérience... Mais tu n'es évidemment pas obligé de me croire ! Ou de me dire que je fais une erreur de lecture ! ça ne changes rien à l'expérience que j'en ai !... Et au bonheur que j'en retire... Bonheur que je te souhaite de découvrir un jour... "
J'obtiens la réponse : Alainx, j'apprécie que tu fasses part de tes convictions, même si je n'ai pas les mêmes :o) Si un jour je rencontre cet "amour inconditionnel" dont tu parles je changerai d'avis, mais ce sera une sacrée révolution dans le regard que je porte sur l'humain !
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Voilà un bel exemple de dialogue où l'on voit que l'un et l'autre ne sont pas du tout sur le même plan. D'un côté il est question de "convictions" du blogueur (c'est-à-dire une construction raisonnée de l'intellect) de l'autre il est question du témoignage de ma propre "expérience vécue". (C'est-à-dire mettre des mots sur une réalité ressentie et expérimentée)
Mais, ce n'est pas encore tellement cela qui m'intéresse ici. Ce genre de dialogue de sourds ne sera pas stérile uniquement dans la mesure où l'on ne cherche pas à convaincre l'autre, mais où il ouvre à une interrogation personnelle sur soi-même. C'est la raison pour laquelle je laisse anonyme le nom du blogueur (certains ici le connaissent certainement), car je n'ai pas l'intention de poursuivre sur mon blog le dialogue de là-bas...
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En revanche, ce qui m'intéresse, c'est la manière dont on se forge une conviction personnelle (une intime conviction) ; et ensuite qu'elle peut en être l'utilité et la valeur.
Je crois en l'amour inconditionnel... Parce que je l'ai rencontré... (Comme dirait l'autre... !) L'autre n'y croie pas pour la raison inverse... C'est ce qu'il dit clairement. Je ne l'ai pas rencontré personnellement et je n'ai vu personne qu'il l'ait rencontré...
Voilà ! Ça pourrait être aussi simple que cela ! Je crois parce que j'ai vu. Je ne crois pas parce que je n'ai pas vu.
Dans un autre domaine : Montrez-moi Dieu et je croirais en lui ! Ou l'inverse : " Dieu existe, je l'ai rencontré", comme le titre de ce livre célèbre en son temps...
Malheureusement, c'est un peu trop beau ce raisonnement simplissime ! Pour ne pas dire quelque peu naïf ! Mais, je vais en rester à la seule expérience des relations humaines. C'est déjà bien suffisamment compliqué comme ça !
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Je vais donc faire la seule chose que je sache faire. Partir de mon expérience personnelle et tenter d'analyser ce qui m'a conduit à « croire en l'amour inconditionnel ».
En ce domaine je crois pouvoir dire que je reviens de loin. Longtemps je fus assez proche de ce que j'ai pu lire chez ce blogueur et chez quelques commentateurs, c'est-à-dire de penser que l'amour inconditionnel était une vue de l'esprit, une sorte d'idéal prôné notamment par les religions, ou une morale reçue de l'extérieur. D'ailleurs je me sentais totalement incapable d'un tel amour, compte tenu de mes carences affectives qui étaient comme des gouffres creusés en moi ; en outre, personne au monde ne semblait en capacité de m'aimer à la mesure de mes attentes démesurées.
En ce temps-là, l'expérience démontra que j'avais raison, mes premières expériences amoureuses étant principalement fondées sur un égocentrisme de bon aloi. Une sorte d'échange contractuel où chacun apporte et prend ce dont il a besoin avant de s'en aller. Pour faire simple c'était un peu : *je t'aime, si et seulement si tu m'aimes... comme j'ai envie d'être aimé !* Parfois ça marche. Parfois ça marche pas. Rarement ça dure...
Et cependant... Il y avait au fond de moi cette aspiration à aimer et être aimé « autrement ». Les choses ne se disaient pas avec beaucoup plus de clarté. C'était sous une forme d'espérance. Était-elle folle et dérisoire ? Une vue de l'esprit ? Disons que j'y croyais sans y croire...
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(À suivre... Je n'ai pas pour aujourd'hui le temps d'être plus long...) Libellés : De l'intime

AlainX 6:17 PM
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jeudi 18 juin 2009
"Soirée diapos"
Vous connaissez sans doute l'histoire de celui auquel Dieu offre le choix d'un séjour en enfer ou au paradis. - C'est comment le paradis interroge-t-il ? - on passe son temps à raconter ses souvenirs de vacances dit Dieu - et l'enfer ça se passe comment ? - on passe aussi son temps à raconter ses souvenirs de vacances. - mais alors où est la différence demande l'homme ? - en enfer ceux qui racontent projettent aussi leurs diapositives, dit Dieu.
Hier, au hasard des clics, je tombe sur un blog du style soirée diapos. Des centaines de photos de vacances dans diverses régions. Globalement toutes plus banales les unes que les autres. Château, paysages, ruelles, monuments, enfin bref, tout ça, tout ça... Normalement j'aurais dû zapper. Et voilà que je me mets à les regarder une à une. Certes, je suis tombé d'emblée sur une région de France qui correspond à des souvenirs forts de ma vie. Mais quand même... Pourquoi m'attarder là... Moi qui est une sainte horreur des "photos-cartes-postales" (mouais ! Je sais ! J'en fais moi-même !), moi qui détestais les fameuses soirées diapos au temps où cela se pratiquait.
Puis, je réalise que, quasiment pour chaque photo, il y a de 40 à 80 commentaires... Curieux, je clique, que peut-on bien commenter aussi abondamment ? et les commentaires sont comme les photos... D'une banalité ... banale... " Super !, c'est beau !, parfait !, magnifique !, comme tu fais de belles photos ! etc. etc."
Pas croire que je suis en train de critiquer, voire de mépriser, que je joue les intellos, façon Bernard Henri Lévy, et que je plane à 1000 m au-dessus de la France d'en bas... Tout cela a certainement une absolue nécessité sociale. Pourquoi aurait-on inventé les projecteurs à diapos ? Pourquoi aurait-on inventé les blogs ? Et les boîtes de commentaires ? Pourquoi est-ce que je tiens un blog photo ?
Tout cela, probablement, pour passer le temps...
« Est-ce que tu as un passe-temps ? », m'a-t-on demandé lorsque j'ai quitté la vie professionnelle... C'est terrible quand on y pense ! Un passe-temps, un truc, un machin, une occupation sans intérêt, juste comme ça, histoire d'occuper sa vie, de la regarder bêtement passer à travers la lunette du passe-temps que l'on s'est vissé dans l'oeil, avant que le temps ne s'en aille, et nous aussi, ailleurs...
Je chante pour passer le temps Petit qu'il me reste de vivre Comme on dessine sur le givre Comme on se fait le coeur content A lancer cailloux sur l'étang Je chante pour passer le temps
J'ai vécu le jour des merveilles Vous et moi souvenez-vous-en Et j'ai franchi le mur des ans Des miracles plein les oreilles Notre univers n'est plus pareil J'ai vécu le jour des merveilles
(L. Aragon, que je pourrais bien maladroitement parodier...
Je blogue pour passer le temps Petit qu'il me reste de vivre comme on dessine sur l'écran des mots cailloux balancés dans l'étang je blogue pour passer le temps
Parfois je ressens ce dérisoire de l'occupationnel qui m'envahit faute d'être encore « un agent productif ».
et encore Aragon... On veille on pense à tout à rien On écrit des vers de la prose On doit trafiquer quelque chose En attendant le jour qui vient
Parfois je ressens ce dérisoire de croire que je fus « un agent productif », qui a tenu sa place et son rôle dans la société, qui a tenté de rendre utile sa vie. Qu'est-ce donc que cette histoire d'utilité ?
Peut-être faut-il s'en tenir à cette réponse : les soirées diapos sont très utiles !
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:54 AM
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lundi 15 juin 2009
Gratitude C'est un thème que j'ai déjà abordé en mars 2006, dans quatre billets successifs. Ces quatre billets comptent parmi ceux qui ont du prix à mes yeux. Je les ai d'ailleurs repris sur le blog de mes "promenades intérieures". Ce thème refait surface en moi depuis quelque temps. Comme souvent chez moi, ce n'est pas de l'ordre d'une décision d'y revenir. Comme souvent, je suis quelque peu conduit... Tout cela se situe sur le fond de mon fameux projet d'autobiographie. Je n'ai pas abandonné, mais je ne trouve toujours pas « la bonne manière de m'y prendre ». Ce projet n'a cessé d'évoluer dans la forme depuis plusieurs années. J'ai énormément de matériaux, des dizaines et des dizaines de pages. Rien encore ne me convient vraiment. Je sens seulement que de tout cela il va falloir faire une épure sévère. Je n'en suis plus au : « raconter ma vie », ni même aux « en tirer des enseignements », et pas non plus au concept : « évoquer les moments forts et significatifs ». Il y a quelques temps j'ai vu se dessiner une manière nouvelle d'envisager ce projet. Cela tournera autour de la « reconnaissance ». Les *mercis* que je sens avoir à adresser aux personnes qui ont marqué ma vie d'une manière ou d'une autre, qui ont influé sur le cours de mon existence, sans lesquelles je ne serai pas celui que je suis devenu. J'écris cela dans un style plus littéraire que ce blog, voire poétique, avec un souci d'être court, dense, signifiant, tout en demeurant au plus proche de ma réalité. J'ai déjà écrit à propos de 35 personnes différentes. Cela demande du temps, car je ne veux pas quitter le champ de mes ressentis tels qu'ils se présentent. Je ne veux pas faire quelque chose « de beau », mais quelque chose de suffisamment signifiant, à la fois personnel mais ouvrant sur *plus que moi*. J'aimerais arriver à quelque chose de publiable. Peut-être me déciderai-je enfin à faire une édition papier... *À mesure que j'écris de cette manière, je découvre mieux l'importance de la reconnaissance pour se structurer. Non pas la reconnaissance comme je l'ai évoquée dans mon précédent billet [à ce propos je vous invite à lire le commentaire de FC que j'ai trouvé d'une grande justesse], mais la reconnaissance au sens des * mercis*. *Dans l'éducation, on apprend à l'enfant à dire *merci* (hélas j'ai peur de devoir écrire "on apprenait"... Car en ces temps où tout semble du à quiconque, je craindrais qu'on oublie cette dimension). Certains appellent cela la politesse, comme s'il s'agissait d'une simple convention sociale dont on pourrait se passer dans une société dite « libérée » de toutes ces contraintes bourgeoises !... C'est évidemment que l'on n'a rien compris à cette dimension structurante de la reconnaissance du merci, laquelle devrait s'éduquer valablement dès l'enfance. Évidemment, il faut savoir s'y prendre, expliciter à l'enfant, lui donner le sens profond de cet apprentissage, sens profond qu'il est parfaitement capable de comprendre, pour peu que l'on prenne le temps de lui en donner les tenants et les aboutissants. Évidemment encore, faut-il que les parents aient eux-mêmes fait un petit bout de chemin concernant leur propre personnalité, pour avoir perçu toute la dimension structurante de la capacité à remercier la vie quand à sa générosité, laquelle passe également par les personnes bienfaisantes... J'avais appris à faire cela avec mes filles. Non pas manu militari : le genre : « qu'est-ce qu'on dit à la dame ? », et le gosse de répondre mécaniquement « merci », tout en pensant qu'est ce que ça me fait chier ! Mais plutôt d'interroger et d'attirer l'attention de l'enfant sur ce qu'il ressent comme contentement intérieur de ce qu'il vient de recevoir (par exemple s'il s'agit d'un cadeau), et est-ce que face à cela il n'a pas envie de dire quelque chose à la personne qui a donné. Alors, le merci du coeur ne tarde pas à jaillir de lui-même ! Cela s'appelle l'éducation de l'enfant à la conscience de lui-même... (Fin de mon inutile digression éducative...) *En relisant et retravaillant quelque peu mon projet, je découvrais que l'heure s'en venait pour moi d'entrer dans la reconnaissance vis-à-vis de ma mère. Ceux qui me lisent de longue date connaissent des pans de mon histoire avec elle, ce que j'ai subi et enduré et les traces négatives et indélébiles qui en demeurent en moi. Je lui dois cependant la vie, elle ne fut pas mauvaise en tous points. Je me refuse cependant à transformer mes dynamismes intérieurs, qu'ils soient positifs ou négatifs, en une sorte de bilan financier débit/crédit, sachant que le solde en sera largement négatif. Ce n'est pas de cette manière absurde que l'on résout les problèmes relationnels quels qu'ils soient. Cela s'appelle : régler des comptes ! Comme si nos réalités humaines n'étaient que comptables... Je t'aime à 75,31 % selon mon dernier sondage personnel ! Il me semble donc que je vais (peut-être) franchir une étape dans mon développement personnel, sous forme d'une réconciliation, non pas avec ma mère, mais avec moi-même dans ma relation à ma mère. (Quand bien même celle-ci est décédée depuis plus de 20 ans !...). Évidemment, ce n'est pas l'effet du temps qui passe. Laisser faire le temps, comme disent certains, c'est en réalité laisser le temps anesthésier la souffrance. Or, celle-ci rejaillira un jour ou l'autre, notamment lorsque les défenses naturelles s'affaibliront avec l'âge, tant il faut d'énergies inconscientes, mais réelles, pour maintenir le dispositif anesthésiant qui avait fonctionné jusque-là. (À moins qu'entre-temps on soit mort d'un cancer faute d'avoir travaillé sur soi-même...). Les fruits de la croissance personnelle sont toujours issus d'un travail. Après avoir vomi tout ce que j'avais contre elle, après avoir construit des cloisons étanches pour me protéger, après avoir tenté de les démolir prématurément, après avoir commencé à entrer dans l'acceptation de la réalité navrante de cette relation ratée, après en avoir pleuré de longues nuits, me voici au bord de retrouver la gratitude envers elle de mon amour de fils en voie de renaissance vis-à-vis d'elle. Je dis bien « au bord », car il y a encore du chemin à parcourir jusqu'à l'honorer comme elle le mérite. Libellés : De l'intime

AlainX 10:14 AM
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mercredi 10 juin 2009
" De qui la lassitude à la fin va consacrer le divorce " (L. Aragon)
Nuit difficile ou un épais brouillard de découragement est venu recouvrir ma terre intérieure. Certes, un soleil matinal le dissipe, ainsi que les bêtises de Nicolas Cantelou, parodiant le film "Home" en prenant la défense du parti socialiste en voie de disparition...
Il n'empêche, ce découragement a tendance à revenir m'envahir facilement ces derniers temps. Il se présente comme une forme d'usure qui me ronge lentement. C'est sans doute que je préfère le rejeter au loin plutôt que l'accueillir comme un messager qui aurait quelque chose à me dire.
Qu'est-ce donc qui me décourage ? Il y a quelque chose du côté de la reconnaissance, ou plutôt de l'absence de reconnaissance, et aussi quelque chose du côté d'un sentiment d'échec et d'inutilité. J'avais commencé à écrire un billet sur ce thème, qui est resté en rade, et dont je ne sais d'ailleurs si je le publierai un jour.
Mon découragement pourrait se dire dans une formule du genre : « Après tout ce que j'ai fait pour [...] ». Et le contenu des : [...] en serait multiple et varié. Il y a des personnes, des événements, des actes, des engagements, des comportements personnels, des attitudes d'autrui, etc. Et la phrase pourrait se conclure par « ... On en est toujours au même point. »
Je ressens l'usure de mes combats. Combats inutiles parfois, mauvaises batailles, fautes de stratégie, piètres résultats. Mais pire encore, je ressens l'usure de mes espérances. C'est comme un nouvel abandon, presque un reproche, à eux adressé. Pourquoi n'avez-vous donc pas suivi ? Le chemin n'était-il pas tracé ? N'aviez-vous pas envie d'y diriger vos pas ?
Il est trop tard à présent, les temps achevés ne seront plus jamais.
Que reste-t-il donc à l'homme quand l'homme est usé ? Le temps de vivre encore, le temps qu'il faut attendre pour voir apparaître sur l'écran le mot Fin...
Pourtant me revoici encore ce matin. De la semaine ne resteront que les dimanches. Les jardins de mon enfance, où je creusais la terre, enfant de l'espérance qui croyait en la graine déjà germant.
Libellés : De l'intime

AlainX 9:51 AM
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mardi 9 juin 2009
(cliquer pour agrandir)
Toute cette semaine, je publie sur mon blog photo une nouvelle série sur le thème de la nature. Libellés : Actualité

AlainX 3:39 PM
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lundi 8 juin 2009
And the winner is : l'abstention !
Bon ben voilà ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ! Les européennes ? : on a vu ! . La droite triomphe partout ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
. Bayrou paye ses conneries de grand solitaire mégalomaniaque. Je rends un hommage appuyé à ceux qui le suivent encore... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
. Tartine Au-bry fallait pas la sortir de son bocal. Elle marinait dans l'alcool, genre protection des derniers dinosaures du socialisme. Mais on a cru bon de la ressortir de la cuve, dès lors, à l'air libre, ça se flétrit rapidement... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
. Cohn-Bendit a réussi la sortie de sa dernière série télévisée : Cohn-Bendit, saison 12, épisode 1, avec Eva Joly pour booster l'audience. Ça a marché : joli coup médiatique... Il faut dire qu'il y avait en bonus la promo bien orchestrée avec le film Home ! Mais bon, c'est comme toutes les séries... Demain on aura oublié l'épisode et la distribution des rôles... D'autant que dans son rassemblement éclectique on ne va pas tarder à se tirer dans les pattes... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
. Les autres listes sans grand intérêt... Ils ont fait leur tour de piste, comme dab. Remarquons que c'est une bonne occasion de revoir des vieux épisodes d' *au théâtre ce soir*. Rendez-vous dans cinq ans ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
En ces temps difficiles, j'aimerais quand même que l'on ait une pensée émue pour la liste *Europe Démocratie Espéranto*, qui chez moi a quand même fait 2 voix, score qui n'a même pas été relayé par les grandes chaînes nationales ! Même l'information fout le camp !! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise...
Libellés : Actualité politique

AlainX 4:31 PM
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vendredi 5 juin 2009
Alors donc, c'est ce soir ! Un peu partout dans le monde !
Il y a un autre film que j'aimerais bien aussi ....
Ce ne serait peut-être pas inutile pour l'écologie.....
Libellés : Actualité

AlainX 7:59 PM
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jeudi 4 juin 2009
Annonce sérieuse Cherche bonne personne pour me faire du bien sexe indifférent (masculin s'abstenir)
Expérience de bonté exigée perspective de croissance sur le long terme
Écrire au blog qui transmettra.
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:40 AM
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mercredi 3 juin 2009
Où suis-je ?
Les occupations ne manquent pas. On me sollicite, je réponds avec un certain enthousiasme. Je passe du temps avec des gens que j'aime. J'ai eu quelques dialogues importants ces derniers temps. On me fait des propositions de collaboration auxquelles je réfléchis. Le ciel était bleu ces derniers jours. Ma compagne est d'une tendresse infinie, elle reflète une joie de vivre constante, je la ressens dans un réel bonheur d'existence, malgré les épreuves de sa vie. C'est une chance incommensurable de partager l'existence d'une femme qui a poussé aussi loin son humanité. (Plus loin que moi-même je crois bien...).
Et cependant... J'ai le sentiment de me tenir dans une certaine distance inféconde. Je suis dans une zone flottante, non productive ou produisant mal. Je suis dans ce « tout pour être heureux », mais en ne l'étant pas véritablement. C'est terrible, à mes yeux, d'écrire cela. C'est sans doute ce qui m'est le plus pénible à vivre : être environné du bonheur, sans être dedans.
Le bonheur, c'est d'accomplir ce pour quoi je me sens fait. Me mettre dans ma dynamique d'existence sans en dévier ni à droite ni à gauche. Cette ligne-là je la connais. Je connais le cap que m' indique ma boussole intérieure.
Cette dynamique d'existence, j'ai appris à la vivre au cours de longues années d'apprentissage, à travers de lourdes épreuves, après avoir eu la chance d'en comprendre le sens, de savoir comment gouverner ma barque sans être ballotté par les flots incertains.
Et cependant... Parfois c'est comme si j'avais tout oublié des enseignements de mon maître. Je retourne à mes démons antérieurs, je perds le cap, je néglige ma boussole. Je m'installe au soleil aveuglant, qui me brûle la peau et les yeux, alors que je me préfère de nuit, en veilleur de l'Aurore.
Libellés : De l'intime

AlainX 9:51 AM
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