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AlainX

 

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vendredi 30 octobre 2009

 
Credo et fragilité

Souvent on me reflète ma force de caractère, ma capacité à tenir dans l'adversité et les épreuves, à supporter l'état de mon corps, et d'autres choses encore.
Parfois, j'adhère sans difficulté à ces constats, ces reflets, d'autant que je n'ai guère le sentiment qu'il s'agisse là de quelque chose de méritoire.

Et cependant, je me sens parfois comme un être fragile et vulnérable, sans cesse en équilibre instable comme le funambule sur son fil. Ma seule force est peut-être de ne pas tomber vraiment, d'être capable de retrouver au fond de moi mes zones stables, en sorte que je ne m'écroule pas sur moi-même.

La force qui est en moi n'est pas un monolithe invulnérable. La force intérieure n'a rien à voir avec Superman. Je ne suis pas comme Zorro « vainqueur à chaque fois ! »...
À moins que... D'une certaine manière...
De quoi suis-je donc en quelque sorte : « vainqueur » à chaque fois...?

Ma force : c'est une foi.
Elle tient dans une phrase, surgie un jour du fond de moi, il y a bien des années, une de ces « phrases-adhésion » comme je les appelle. Une de ces phrases qui composent mon credo personnel, qui s'est construit au fil de mes déjà looooooongues années de vie. Credo que j'ai répertorié dans un petit carnet secret, qui se présente comme un petit livre avec une jolie couverture verte que j'aime. Ce n'est pas un credo universel comme dans la religion. C'est le mien. Le petit répertoire de mes fondamentaux de vie, ceux qui n'appartiennent qu'à moi, ceux qui me constituent.
Ce sont des paroles ordinaires, qui ne philosophent en rien. Mais ce sont des paroles intérieures qui, pour moi seul sans doute, ont une intense densité, une puissance de vie qui m'étonne souvent à chaque relecture. Ce sont en quelque sorte des paroles vivantes pour moi. Je ne les ai pas inventées avec ma tête, je les ai reçus de l'intérieur, du fond de moi-même. Je n'ai fait que les retranscrire comme elles me furent données, venant de ce « plus-que-moi-en-moi » que j'ai déjà évoqué ici.
Il y a cette petite phrase toute simple : « Quoi qu'il m'arrive, je m'en sortirai toujours. ». Cela ne tient pas de la méthode Coué. Cela tient de mes viscères. C'est comme tatoué au fond de moi-même. C'est une phrase vivante et pleine de force chaque fois que j'y reviens.

Mes fragilités, ma vulnérabilité, je peux les accepter, les regarder en face, ne pas en trembler de peur ni de honte, sans doute parce qu'il y a en face, si je puis dire, cette foi que j'évoquais, fruit d'une émergence progressive.

J'écris cela parce qu'un événement récent a réveillé cette fragilité qui a resurgi sans crier gare et que je me suis senti en péril durant quelque temps. Alors cette phrase est remontée d'elle-même à ma conscience, comme une sorte de visitation apaisante et qui m'a redonné assise et consistance.

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samedi 24 octobre 2009

 
Par amour ...

Dans un commentaire sur cette récente entrée, Josiane écrit ceci : «J'envie la force qui se dégage de toi et je me dis que c'est l'amour que tu reçois qui te la donne ».

Ma réaction spontanée est de penser que cette force est en moi, que je ne l'ai pas reçue d'ailleurs que de moi-même, qu'elle m'appartient en quelque sorte, comme mon bien propre, que d'une certaine manière elle préexistait en moi-même, comme tout l'arbre est déjà dans la graine, et que son surgissement progressif est l'unique fruit de mes efforts personnels...
Certes, j'ai eu à faire ma part, et elle n'est pas des moindres...
Certes, j'ai dû prendre en main tout le fatras, (j'allais dire tout le mer.ier), de mon passif affectif, de mon enfance douloureuse, des non-amours subies, pour avancer, clarifier, cheminer, me reconstruire...
Et je n'ai pas fait cela en solitaire.

Cependant... J'aimerais tellement revendiquer que je ne dois tout cela qu'à moi-même ! Que j'ai tout fait tout seul !... « Comme un grand » !...
Ah ! Mon terrible piège de l'autosuffisance ! (« Je n'ai besoin de personnes, en Harley-Davidson »).

«... L'amour que tu reçois... » me reflète Josiane.
Oui mais... Que vais-je devenir alors si je n'en reçois plus !...
Perdre ma force ? M'écrouler à nouveau ? Comme dans mon enfance ? Comme dans ma jeunesse ou j'ai tant pleuré un amour perdu ? (Voir ma série " aux jours anciens revisités" qui commence ici. (Si vous voulez l'ensemble cliquez sur le libellé)

Ne vaut-il pas mieux que je me persuade que je ne dois rien à personne...

Bon d'accord ! Je sais que c'est faux...

Souvent je me suis demandé qui m'avait apporté le plus dans ma vie en ce domaine de cette force intérieure, ou, dit autrement , d'un minimum de solidité intérieure, d'un minimum de structuration personnelle. Était-ce tout le travail fait sur moi, soit en solitaire soit avec des personnes compétentes ? Était-ce l'amour de ma compagne ? Était-ce l'affection de mes amis ? Était-ce l'urgence absolue de faire quelque chose avant de sombrer ?

Des histoires d'amour j'en avais connues avant de rencontrer ma compagne. Des oreilles bienveillantes m'avaient écouté. Je comptais quelques amis précieux. L'urgence d'entreprendre un travail sur moi ? : Bah ! Je finissais par devenir fataliste, résigné. Je n'avais pas tiré les bonnes cartes au jeu de la vie... Il faudra faire avec ça !
Tout cela me laissait quand même globalement dans une sorte de léthargie d'existence.
Oh ! À l'extérieur, ça ne se remarquait pas tellement... Je savais être le joyeux drille, celui qui amuse la galerie et les filles. Je savais me construire des petits succès, j'étais engagé « dans la transformation de la société » en bon soixante-huitard à cheveux longs...
C'est le soir dans mon lit, dans ma froide solitude, que la tragédie s'installait à nouveau... La désespérance, les angoisses, la mort qui ferait mieux de revenir...

Alors quoi !
Que s'est-il donc passé ?
Comment y a-t-il eu à un moment une sorte de sursaut ?

Et, en effet, je dois le reconnaître, (mais pourquoi en ai-je autant de difficulté), c'est venu d'ailleurs. C'est venu de deux rencontres dans une même période de temps.
Rencontre de cette jeune fille au regard de lumière et qui deviendra ma compagne. Rencontre de celui qui deviendra quelques années plus tard mon maître à penser. (Souvent évoqué sur ce blog à une certaine époque).

Je pourrais appeler cela mon "année-lumière".
Je suis passé véritablement des ténèbres à la lumière. De la nuit froide et glacée au doux soleil réchauffant.
J'entrevoyais ce qu'était l'amour vrai. (Avec ma compagne)
j'entrevoyais ce qu'était une vie qui pouvait s'accomplir, avoir un sens profond, être source de bonheur. (en côtoyant cet homme)

À l'époque, tout cela n'a pas pris des proportions exubérantes. Il n'y a pas eu de roulement de tambour, de trompettes divines ou autre annonçant une ère nouvelle !!
C'est venu comme une eau pure qui s'infiltre lentement et vient laver les boues qui doivent disparaître pour que surgisse la pierre authentique, la terre féconde.

C'est dans les temps qui suivirent que je découvris l'urgence d'un véritable travail sur moi. À cause de certaines boues qui s'accrochaient, de dysfonctionnements qui devenaient intolérables parce qu'ils abîmaient la relation et l'amour, et que je voyais amèrement ma part de responsabilité.

Alors, je me suis engagé, résolument, avec courage j'ose le dire, avec des reculades ainsi, des souffrances intolérables qui remontaient, on ne se débarrasse pas des boues polluantes et visqueuses qui collent à la peau avec autant de facilité qu'on l'avait cru au début. Mais il y avait des motivations fortes qui se renforcèrent en moi. Ce n'était pas seulement pour « aller mieux » que j'entreprenais ce travail laborieux. C'est parce que je voulais fondamentalement « réussir mon couple, réussir ma famille, réussir ma vie ». C'était mon slogan à l'époque. Que ma vie ne soit pas n'importe quoi. Que je change quelque chose dans le monde. Oui, j'avais cette prétention terrible !
Péché de jeunesse...

Alors oui, c'est tout ce que j'ai reçu, je dirais même tout ce que j'ai accepté de recevoir (moi qui rêvais d'autosuffisance ce ne fut pas facile d'accepter de recevoir, et cela ne l'est pas toujours non plus aujourd'hui...) qui a fait l'homme que je suis devenu. Celui qui tente encore de continuer sa route.

L'autosuffisant est condamné à un étouffement inéluctable, disais-je parfois dans mes stages. Je savais un peu de quoi je parlais...
Mais quand même, cela me demeure toujours un peu. J'ai déjà abordé cela d'ailleurs. Il faut croire que j'ai besoin d'y revenir régulièrement.

Ce n'est pas facile d'entrer dans la dépendance consentie. Surtout actuellement où l'individualisme est une valeur qui a le vent en poupe, où la solidarité se fait parfois ténue, où la fraternité risque de disparaître des frontons de monuments.

Sans l'amour des autres... Que deviendrais-je en effet...
Et que deviendra l'humanité si l'on continue sur cette pente-là...

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mardi 20 octobre 2009

 
Paix intérieure

Cette nuit je n'ai pas beaucoup dormi. Je me suis réveillé souvent, avec des périodes de veille assez longues. Je ne peux pas dire que j'ai mal dormi, car j'étais plutôt habité d'une sorte de paix intérieure.
Je restais allongé sur le dos. J'écoutais la vie qui circule en moi. Je me faisais attentif à ce lieu central de ma personne en sa densité, en sa chaleur bienfaisante.
Certes, ma pensée vagabondait, puisqu'elle ne peut cesser de fonctionner, mais elle ne s'accrochait nulle part véritablement, même pas dans la rêverie. Des images, des mots, des perceptions flottaient autour de moi tandis que je me montrais attentif à ressentir la vie dans mon corps, la vie dans mon être.
Au lever je n'étais pas du tout fatigué. Ces moments d'éveil, qui n'étaient donc pas des moments de sommeil, n'en furent pas moins des instants de repos. Le repos intérieur sans doute.

En y réfléchissant je me disais que ce serait pas mal qu'il en soit ainsi quand mon dernier jour viendra. Après tout ne dit-on pas « partir en paix »... Certes, nul n'est venu témoigner après-coup de la réalité de ce départ... Mais certains qui se sont approchés de la mort, témoignent parfois que ce n'est pas forcément l'angoisse des angoisses !... Ce qui est angoissant, c'est probablement l'idée que nous nous en faisons, les scénarios que nous imaginons, et qui comme tout scénario de ce genre, sont totalement à côté de la plaque. Et lorsque l'événement arrive, il en va tout autrement.
Combien de fois nous arrive-t-il d'imaginer un événement à venir, de nous l'inventer, pour ne pas dire de le redouter, et voilà qu'il se déroule absolument autrement, bien mieux que nos craintes la plupart du temps... Ou l'inverse : on avait imaginé des délices, et ça tourne à la cata !...

À l'instant où j'écris ces lignes, cette *paix intérieure* continue de m'habiter. Elle ne repose pas sur des « raisons ». La paix n'existe pas comme résultant d'un schéma démonstratif ayant une origine, des causes et des conséquences. Elle n'est pas objectivable par un schéma de pensée ou des raisonnements : je suis en paix parce que ceci, parce que cela...

La paix intérieure, c'est un état permanent. Quelque chose qui relève de l'être, de « l'étant »(ce qui est). Elle est toujours là, en permanence, au fond de moi. Je peux aller la rejoindre, j'allais dire quasiment en toutes circonstances, bien qu'en cas d'épreuve douloureuse elle puisse être entièrement recouverte. Et encore... Au coeur de l'épreuve on peut parfois la ressentir avec une force de présence que l'on n'avait pas imaginée.

Le bonheur peut apparaître, s'en aller, revenir, nous glisser entre les doigts, resurgir comme un inattendu. La *paix intérieure* c'est autre chose. Je la ressens comme une compagne d'existence qui jamais ne me quitte, ce n'est que moi qui m'en éloigne. Certes, toute la question est sans doute dans la « première rencontre consciente » que l'on fera avec elle. Consciente, au sens d'un ressenti identifié comme tel. Cela suppose un certain type de capacité de présence à soi-même, jusqu'à ce que la rencontre se fasse. Ensuite il faudra la cultiver comme on cultive toute relation importante.

Pour ma part, cela m'a pris du temps. J'ai longtemps confondu la notion de calme intérieur avec la réalité de la *paix intérieure*. L'apaisement n'est pas la paix.
L'apaisement met fin aux perturbations, et diverses formes d'exercices, méditatifs, corporels, analytiques, auto-suggestionnés, ou autres permettent d'y parvenir.
Mais tant que l'on a besoin de recourir à des techniques, on n'est pas encore véritablement entrée dans la paix intérieure, qui n'a nul besoin de ces moyens-là.
Enfin, c'est en tout cas mon expérience personnelle...
J'ai pratiqué diverses « techniques » qui m'ont fait du bien, m'ont aidé sur le chemin de cette rencontre de la paix intérieure, jusqu'à ce que celle-ci se fasse un jour...

Dès lors, j'ai entendu autrement cette phrase de l'apôtre Jean, qu'il attribue à Jésus dans son Évangile : «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. »

Il y a comme cela des phrases, des citations, des passages de textes qui nous habitent comme en permanence. Non pas parce qu'ils sont agréables, qu'ils ont un trait d'esprit, une originalité, mais parce qu'ils ont en nous une intense densité. Je crois que c'est parce ces textes ont quelque chose à nous dire en permanence, comme une nourriture sans cesse renouvelée.

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samedi 17 octobre 2009

 
NOIRE ZONE

C'est assez rare que je publie des textes sur NOIRE ZONE.
J'ignore même si des gens vont consulter ce site... Je n'y ai pas installé de statistiques.

Il y a quelques jours, j'ai écrit un petit texte avenir du passé, que je publie là-bas.

En consultant les archives, je réalisais que c'est en 2002 que j'ai ouverts cette zone-là. quelques textes pêchés dans les méandres obscurs d'un passé douloureux que je faisais resurgir par bulles.

Et aussi l'évocation d'un amour déchiré.

Je me dis parfois que je ne devrais pas négliger ce style d'écriture. En même temps je constate que c'est par période que cela me vient.
Je n'ai jamais accordé beaucoup de crédit à mes textes plus littéraires ou poétiques. En tout cas je donne plutôt de l'importance à ceux issus de l'analyse de mes ressentis, tels que je peux les publier ici.

Peut-être que je néglige un peu une dimension de moi...

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vendredi 16 octobre 2009

 
Et vous ? Ça va ?...

Dans la foulée de mon texte sur : doutes, certitudes, croyances ; et aussi en lisant les commentaires ; et encore en regardant la marche du monde à travers l'actualité...
... je m'interrogeai : comment va le monde ?

" Nicolas Sarkozy cherche à rassurer son électorat"
" la faiblesse du dollar menace la reprise mondiale"
" nourrir la planète, un défi déjà pour 2050"
" à Wall Street 140 milliards de dollars de bonus"
" vingt-cinquième suicide chez France Telecom"
" 39 tués dans les attaques rebelles au Pakistan"

Bon... J'arrête...
Ma liste pourrait avoir des centaines de lignes rien qu'avec l'actualité du jour dans le monde...

*

Heureusement, il y a la pub pour nous sauver !

" Zéro tracas, zéro bla-bla, MMA, c'est le bonheur assuré !"
"Nutella : «Chaque jour c'est du bonheur à tartiner »"
" France Telecom : « bienvenue dans la vie.com »
(et dans "mon.suicide.com" aussi sans doute ??)
" Sarkozy Darty, le contrat de confiance !"

Heureusement, tout va bien au pays de Conso !

*

Alors voilà !
Je finis par avancer vers le pays du repli.
Désespérance ?
Fatigue d'y croire, plutôt...
*


« J'en rêve encore !... » : c'est mon slogan à moi...
« J'irai au bout de mes rêves », chantait l'autre... Et au bout il y a quoi ?

*

Je suis un marcheur aux pieds lourds. Aux pesanteurs corporelles.
Mon corps connaît la difficulté du vivre.

La vie au fond de moi à ses légèretés.
Son chant aigu d'oiseau, malgré l'automne et le froid qui s'en vient, ayant foi dans le timide rayon de soleil. Comme hier, cet oiseau dont le chant, aux incongrues trilles printanières, pénétrait mes oreilles pour éviter qu'elles ne s'engourdissent.

*

Comment va le monde qui m'entoure ?
Comment va le monde en moi-même ?
Comment va mon monde intérieur ?

Il va.
Il va bien.
Il va mal.

Il est comme mon coeur de chair, qui a ses ratés, ses soubresauts angoissants, sa régularité rassurante, son battement régulier, ses arrêts impromptus : petit rappel que la vie ne tient qu'à un fil, autant que constat d'espérance qu'elle continue cependant.

Mais enfin...
Après toutes ces années
toutes ces traversées
ces déserts, ces oasis, ces sécheresses et ces abondances...
... Le coeur continue de battre cependant.

Coeur fidèle, imparfait mais présent.
Compagnon d'existence qui m'amènera jusqu'au bout... De mes rêves...

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mercredi 14 octobre 2009

 
Annonce !

Novembre approche....
Comme les autres années, je propose un nouveau

MARATHON D'ECRITURE

du SAMEDI 14 NOVEMBRE
AU DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2009


Si vous souhaitez voir de quoi il s'agit,
consultez le site du Marathon

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les inscriptions seront possibles à partir de début novembre.
Vous n'avez aucune démarche particulière à faire si vous êtes déjà inscrits...

(les texte du marathon de mai dernier seront prochainement supprimés, comme les fois précédentes)

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doute, certitudes et croyances

« Ce n'est pas le doute qui est diabolique, mais bien plutôt le fait de ne pas douter de ses propres certitudes. Le doute n'est pas le contraire de la foi, il en serait plutôt la condition. » C'est un évêque qui dit cela. Cette citation que j'avais noté me vient d'un bouquin de Luc Ferry, je ne sais plus lequel...
Certes, certes !
Espérons que Jésus-Christ, fils de Dieu, a douté de sa divinité... Et l'évêque en question également... Autrement dit, si monseigneur l'évêque croit un peu trop en Dieu, il risque d'aller brûler en enfer !... Décidément le diable se mord toujours la queue...

Cela me gêne toujours ce courant moderniste où il est de bon ton de douter sans cesse de tout et de tout le monde...
- ppppffff ! Tu crois encore à ça, toi ?
Sous-entendu : pauvre mec !, moi il y a bien longtemps que je ne m'illusionne plus sur rien !... C'est-à-dire que celui qui prononce ce genre de propos se situe au-dessus de tout le monde, dans une posture avantageuse, supérieure et condescendante, avec le mépris et la morve de celui qui détient la vérité de toutes les vérités : le doute absolu !

Peut-on vivre sans certitude, sans conviction, et sans poser des actes en rapport et en conformité avec celles-ci ?
Peut-on vivre « humainement » sans « actes de foi » ? C'est-à-dire sans actions fondées sur une conviction ou une certitude personnelle ou collective.
Peut-on mettre au monde un enfant sans croire en un avenir possible et vivable pour lui ?

En même temps, je comprends les propos de Mgr l'évêque, dans la mesure où il est possible de s'enfermer dans ses propres certitudes, devenir fixiste, intransigeant, voire fanatique, vivant en quelque sorte sur un ensemble d'acquis, de croyances non vérifiées, (et même de fausses croyances comme j'en parlais récemment... ), de vérités éternelles, d'absolutismes dangereux, etc.

Alors, si c'est de cela dont il s'agit, je n'emploierai pas le mot doute. Mais d'une sorte de nécessité de revisiter ses certitudes, de les passer au feu en quelque sorte, au crible de ses cohérences et de ses incohérences personnelles, à la réalité du monde tel qu'il est ou tel qu'on le perçoit (ce qui n'est pas toujours la même chose...). Et voir ainsi ce que devient ce à quoi l'on croit.

Je crois pouvoir dire que je n'ai jamais douté de mes certitudes et de mes convictions, mais que celles-ci ont évolué au fil du temps, se sont transformées, affinées, modifiées, sans qu'il n'y ait eu jamais de rupture fondamentale au sens de virage à 180°. Même en regard de la foi en un dieu vs athéisme. Mes évolutions ont plutôt été du type de l'antenne télescopique, plutôt que de l'épingle à cheveux...

J'ai adhéré avec toute ma personne à la théorie chrétienne qu'il est convenu d'appeler « le salut en Jésus-Christ ». Cette adhésion se fondait essentiellement sur ma foi en l'homme et la croyance en un dieu créateur qui devait bien exister quand même quelque part.... Et en ce sens la personne de Jésus me paraissait exemplaire comme personne ayant accompli un chemin d'humanité et du don total de lui-même.
Puis, j'ai buté sur (et pour faire simple...) : « vrai Dieu et vrai homme ».
Vrai homme certainement... Vrai Dieu ? ... Aïe ! Ça devenait plus compliqué... D'autant que j'étais conduit à penser qu'il n'est point de Dieu... Au sens d'un « Tout Autre »... (hé wé ! Monseigneur je doute, je doute !!!)
Ne pouvant plus adhérer à cela : je me dis athée.
Mais de là à abandonner mes certitudes et mes convictions en ce domaine ? ...
Je crois toujours en l'Homme, en sa capacité à se transcender (avec ou sans Dieu ?), en cette dimension qui le dépasse lui-même, cette sorte de plus que lui en lui. (Traces de Dieu ?).

Puis-je remettre en doute cette conviction-là, qui donne pleinement sens à ma vie ?
Aujourd'hui, je réponds : non !

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samedi 10 octobre 2009

 
Amédée Bu

À mes débuts sur le net, c'était au temps préhistorique, je m'étais amusé à élaborer un petit dictionnaire aux définitions saugrenues. Je me demande s'il y a encore sur ce blog-ci des lecteurs de cette époque...

Histoire de changer de registre, je récidive en ce week-end grisâtre...


Jouissance : tyrannie de la modernité contemporaine. Revendication de la femme dite moderne, quand au droit imprescriptible à la jouissance. À défaut de célébrité, chacun doit avoir droit à son quart d'heure de jouissance quotidien.
Entrer en jouissance : le sens juridique de prendre possession d'un bien, d'exercer un droit, vaut-il également dans la relation entre humains ?
" Il sut si bien s'y prendre que je n'ai pas tardé à entrer en jouissance" (Perrette Dupotolé)
parle-t-elle du clerc de notaire ? Ou de l'amant torride ?

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Pénétration : la jouissance susdite peut être atteinte sans pénétration. En revanche, le plaisir de la conquête économique, ne peut se faire sans une intense pénétration du marché.
De même, de simples attouchements, effleurements, caresses subtiles, peuvent mener au plaisir autant que la possession. En revanche, le plaisir du capitaliste ne peut être complet que par une profonde introduction en bourse, seule manière de faire grimper sa côte jusqu'au septième ciel.

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Promptitude : dextérité féminine, permettant d'agir sans tarder et de se sortir d'une situation embarrassante.
Bien qu'excellente cavalière, montant en amazone, la baronne de Montflanqué fit une malencontreuse chute de cheval dans l'allée du parc du château. Elle se retrouva cul par-dessus tête, les jupons retroussés laissant apparaître ce qu'elle n'aurait osé montrer à personne. Elle se releva vivement, et aussitôt se remit en selle.
Réalisant que le jardinier avait vu toute la scène, la baronne, pour conjurer sa honte, dit fièrement à celui-ci :
- Vous avez vu ma promptitude !
- Pour sûr que je l'ai vu, répondit le jardinier, mais je ne savais pas que cela s'appelait comme ça...
(Mme de Staël " Corinne" tome 4 page 618 - édition controversée).

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mardi 6 octobre 2009

 
Et si on n'aime plus...

Suite à mon billet précédent,Val, commente ainsi :

Vous parlez d'être attentif à ce clignotant, qui serait le regard qui se lasse. Je me pose une question: est-ce qu'être attentif changerait quelque chose? Comment avoir un regard neuf si l'on n'aime plus?
Peut-on aimer à nouveau, une seconde fois? Les personnes devenues objets peuvent-elles être à nouveau redevenir des personnes sur lesquelles on pose un regard neuf?

... Si l'on n'aime plus ? ...
C'est d'abord sur ce petit morceau de phrase que je me suis arrêté.
On pourrait aussi remonter le temps : Quand ai-je commencé à l'aimer ?
parfois c'est en revenant en arrière que l'on découvre pourquoi aujourd'hui on n'aime plus...

Lorsque je recevais des personnes qui voulaient voir clair dans leur vie sentimentale il y avait bien évidemment des situations très diversifiées dans le factuel, mais sur le fond des choses, je retrouvais facilement des constantes. Je me montrais attentif aux formulations à propos d'aimer/ne plus aimer. Depuis : je me demande si je l'aime encore... Jusqu'à : je le déteste à présent.
Même si parfois on se réveille un beau matin en se disant : je ne l'aime plus. Ce « non-amour-ressenti », s'il peut jaillir à la conscience comme une bulle qui explose, ou comme un éclair aveuglant, il y eut nécessairement des signes avant-coureurs.
Et c'est parfois justement à cela que l'on n'a pas été attentif. On a pensé : c'est pas grave, notre amour est plus fort ! Mais l'amour n'est fort que dans la mesure où on le fortifie ensemble.
Voilà pourquoi j'évoquais l'attention au regard qui se lasse. (C'est un exemple évidemment, un angle de perception, dans le concret il y a bien des choses, de ces petits riens qui finissent par constituer une accumulation devenant insupportable).
Dans l'aide aux personnes, aborder le problème avec la question : je me demande si je l'aime encore, c'est plus porteur d'un avenir ensemble encore possible, que lorsqu'on est à l'étape : je le déteste à présent. C'est un peu comme le médecin qui vous dit : pourquoi n'avez-vous pas consulté plus tôt, à présent l'infection s'est généralisée...

Voilà pourquoi je portais un soulignement au commentaire de Coumarine : celui [l'amour] qu'on a, auquel on tient, il faut veiller sur lui, avec une attention extrême..., parce que cela me semble profondément vrai, d'ailleurs je suppose que Coumarine écris cette phrase avec l'expérience de sa propre vie, comme je peux faire mienne cette remarque avec ma propre expérience.

Dans l'aide aux personnes, j'ai vu des dégâts se creuser, amenant parfois à l'irréparable, parce qu'il y avait ce manque d'attention à prendre soin de la relation porteuse de l'amour. Sous prétexte que l'amour serait un lien fort, il pourrait supporter tout et son contraire. On pourrait engueuler l'autre, avoir des comportements destructeurs, de toute façon il nous aime, il restera à nos côtés, il ne sait pas se passer de nous...
Quelle erreur monumentale !
L'amour se porte dans un vase d'argile, fragile. Et ce vase c'est la relation concrète, effective et non pas fantasmée.

Alors oui, à la question de Val : est-ce qu'être attentif changerait quelque chose ? Je réponds clairement et nettement : oui !
Dans une relation, chacun a à prendre soin de celle-ci. Cela passe évidemment par prendre soin de soi et prendre soin de l'autre. Mais la relation est comme une sorte de réalité qui tient à la fois de soi, de l'autre, et de ce quelque chose qui fait que l'amour se nourrit ou s'étouffe...

Comment avoir un regard neuf si l'on n'aime plus ?
C'est difficile, parfois très difficiles, parfois impossible. Tout dépend de la dégradation dans laquelle la relation en est arrivée. Quand je dis dégradation : cela ne veut pas dire que l'on est sans cesse dans les orages et le tumulte. Il y a des dégradations qui consistent dans un silence, une indifférence, un désintérêt... Ce que j'appelais « le couple célibataire », chacun à sa vie, chacun s'est accommodé de la situation relationnelle et amoureuse dégradée, parce que chacun trouve suffisamment son compte par ailleurs dans ce statu quo. (Relation à l'extérieur, sécurité matérielle et financière, etc.).

Le regard neuf va donc supposer une motivation particulièrement forte, fondée sur des convictions personnelles profondes qui vont se révéler un moteur suffisamment puissant pour faire les efforts nécessaires à transformer ce regard. Il faudra donc la croyance en un amour renouvelé comme promesse d'avenir. Je soulignerai qu'au titre des motivations, celle consistant à dire quelque chose du genre « je reste pour les enfants », n'est pas à mes yeux une véritable motivation à faire renaître l'amour. C'est certainement une position « noble », fondée sur l'amour que l'on a pour ses enfants, mais non pas fondée sur « l'amour à deux » dont on croit qu'il pourra ressurgir.

Peut-on aimer à nouveau une seconde fois ? (sous-entendu je suppose : la même personne...).
Je réponds : oui. Parce que je l'ai constaté à l'occasion de l'aide aux couples. J'ai même vu des gens divorcés se remarier avec quelqu'un d'autre, puis divorcer à nouveau pour reconstituer la première union. Ce ne sont pas des cas exceptionnels.

Cela suppose en effet de poser un regard neuf. Ça ne peut pas être de l'ordre d'une décision un matin en se levant et à appliquer le jour même. On peut décider de prendre une orientation en ce sens. Mais il y a souvent tout un passif à revisiter, des dégâts anciens à réparer, de pardon à faire, à se faire. Il faudra parfois un travail sur soi, une aide extérieure, pour soi-même, pour le couple.
Je viens d'en avoir l'écho il y a quelques jours une femme que j'avais aidée en son temps, ainsi que leur couple. Cela a duré cinq années. Je les ai vu passer du désespoir à l'espérance, des abîmes au sommets. Il y a peu j'ai reçu un mail de cette femme : "nous sommes sortis de notre crise. On repart en voyage de noces !..."

C'est un peu pour tout cela que je dis que l'amour est fort. C'est une puissance en germe. Encore faut-il savoir cultiver son jardin... Pour y faire pousser un amour durable... Éternel diront certains...

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lundi 5 octobre 2009

 
l'amour ne fatigue pas le regard...

C'est une phrase que j'ai dit il y a peu, au détour d'une conversation.
Réaction de la personne : « c'est joli ça ! ».

Parfois on a comme cela des propos « qui nous échappent », comme on dit. Rien de prémédité, cela jaillit tout seul.
J'observe que cela se passe la plupart du temps dans un contexte relationnel favorable, une relation ou de l'amour s'égrène, une ambiance où passent de bonnes choses. Cette sorte de frottement amoureux fait jaillir des étincelles inattendues, comme deux silex font naître un feu réchauffant, dont on sera le premier bénéficiaire.

En me remémorant cette petite phrase, remontaient du fond de moi les paroles d'une chanson de Jean Ferrat :
« tu peux m'ouvrir cent fois les bras
c'est toujours la première fois »

Finalement c'est cela l'amour durable.
Un amour qui ne s'use pas, parce qu'il est neuf à chaque fois.
Alors, jamais mon regard ne se lasse de regarder l'autre, parce que dans le mouvement d'admiration que j'ai envers lui, c'est toujours une première fois.

C'est ainsi je crois que je regarde les personnes que j'aime. Et c'est peut-être là que je peux avoir une sorte de balise, de point de repère : lorsque mon regard se lasse. Je devrais être attentif à ce clignotant qui indigne : « attention danger ! Risque de perte d'amour ! ».
Je me dis tout à coup que je pourrais presque faire une liste. Toutes ces personnes sur lesquelles je n'arrive plus à poser un regard neuf. Elles sont comme des objets dans mon paysage monotone. Je les ai chosifiées. Alors il est évident que les côtoyer devient fade et insipide.
Dans mon entourage, je vois parfois ce regard-là au sein d'un couple. Le regard éteint dans les yeux de celui qui n'aime plus. L'indifférence installée. L'amour en voie d'extinction. Il n'y a plus qu'un pas à franchir. Celui du retournement sentimental, comme on retourne une chaussette pour qu'apparaissent les sentiments négatifs, les reproches, l'aversion, le désenchantement, parfois le dégoût, sûrement la sécheresse relationnelle qui débouche un jour sur la cassure.... Ou la résignation...

Il est vrai que tout amour n'est pas éternel. Et les "immortelles" sont des fleurs desséchées.
Je connais cependant quelques amours qui ne vieillissent pas, même si j'avance en âge. En y réfléchissant je me dis que c'est sans doute parce que je porte ce regard-là toujours renouvelé, en sorte que je ne me lasse jamais de la personne. Il y a en moi en permanence l'espérance de son devenir, de son avancée vers un « plus ». Peut-être aussi parce que je sais quelque peu déceler les prémices de l'arrivée des aurores. Même s'il faut parfois attendre longuement dans la nuit...

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jeudi 1 octobre 2009

 
Matin gris

En ce moment, certains matins, je me lève avec une terrible pesanteur intérieure et ce sentiment d'une totale inutilité de ma vie.
Je me traîne. Je traîne mon corps endolori. Ma vitalité essentielle frise le coma. Les actes ordinaires de ma vie s'effectuent avec une inappétence navrante.

Arrivé dans mon bureau, j'allume l'ordinateur machinalement. Je visite quelques blogs sans véritablement m'accrocher à l'un d'eux. Je me force à laisser un commentaire, histoire de me donner un peu de désir d'action. Si l'on peut parler d'action !... Je vais voir s'il y a des commentaires chez moi. Pas grand-chose. Ce n'est pas ce qui va me redonner le sentiment que je sers à quelque chose ou à quelqu'un !...

Combien alors me paraissent dérisoires certains propos que j'écris ici ou ailleurs. Il s'en faudrait de peu que je ne clique sur : « supprimer ce blog ».
Hop ! : suicide d'un blogueur !...
Comme je ne travaille pas chez France Telecom, ça ne fera pas l'actualité ! :-)

Finalement je reçois quelques mails familiaux qui me font du bien. Et puis j'ai l'occasion de parler à quelqu'un au téléphone qui me ramène à meilleure vie. Alors les brouillards matinaux finissent par se dissiper.
Cependant, cela ne résout rien, si je ne vais pas voir les causes profondes que ce malaise diffus, il reviendra. Je n'ai pas envie qu'il me pourrisse la vie.

Ce midi j'évoque ce sentiment d'inutilité avec ma compagne.
Elle dit : - « encore une fausse croyance ! »
Je souris, elle fait allusion à un thème de travail que nous avions développé en commun par le passé.
Moi : - « Sans doute ! Mais c'est quoi une vraie croyance par rapport à une fausse croyance ? »
elle : - « une fausse croyance est une croyance qui ne fait pas vivre... »

J'aime bien ma compagne.
Elle a parfois des propos qui sont pour moi des grandes lumières.

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