|

|
mercredi 30 septembre 2009
Le spectacle des malheurs du monde
Ça se passe sur BFM-TV. Hier.
J'apprends qu'un tsunami va frapper l'archipel des Samoa. On nous montre des cartes pour situer le truc dans le Pacifique Sud.
Le type montre les cartes. Il a rapidement bricolé une animation. Il a la mine complètement déconfite. Je me dis : tiens voilà un gars qui semble touché par l'événement. Un peu moins de froideur, un peu plus d'humanité dans la présentation des malheurs du monde.
C'est alors qu'il déclare : malheureusement nous n'avons pas encore d'images ! Et je comprends alors la raison de sa mine déconfite. L'horreur ! Pas d'images à montrer ! Il n'y a même pas un type qui a pensé à filmer avec son téléphone portable et à envoyer rapidement à une agence de presse avant de se noyer...
C'est cela qui est malheureux : pas d'images à montrer ! Qu'importe que tout soit détruit, que des gens meurent dans la catastrophe, qu'est-ce que cela peut bien faire si on ne les voit pas en train de se noyer, de crier, de hurler, de s'enfuir. Même pas le film d'une femme indigène qui hurle la mort de ses gosses engloutis par les flots... Et la vague spectaculaire, qui vaut quand même le détour, on ne la verra pas déferler comme dans d'autre tsunami, où des gens ont eu l'intelligence de filmer en pensant aux TV du monde ! Aux braves téléspectateurs que nous sommes qui avons quand même droit à notre dose de spectaculaire !
Décidément, tout fout le camp !Libellés : Actualité, Rogne et grogne

AlainX 4:32 PM
|
mardi 29 septembre 2009
Le regard
Souvent on m'a reflété que j'avais une manière singulière de regarder les gens. Cela fait parti de ces choses que l'on ne peut pas observer par soi-même. Quand je me regarde dans le miroir je ne vois jamais que quelqu'un qui s'observe lui-même. Certes, j'ai toujours trouvé que c'était une chance d'avoir des yeux bleu clair comme les miens, mais cela relève de mon patrimoine génétique, et je n'y suis pas pour grand-chose. Cependant, dans ma jeunesse, les demoiselles m'ont confirmé ce « petit plus » qui offre des avantages qu'il est inutile que je développe plus avant...
En observant les autres, notamment ceux qui m'ont le plus marqué dans ma vie, j'en viens à distinguer quatre types de regard. Quatre profondeurs pourrais-je dire.
- Le regard qui effleure. Il voit l'extérieur, le physique, l'habillement, l'allure, le très du visage, la beauté plastique ou non. Etc.
C'est une première approche. C'est mieux que de ne rien voir du tout. Mais ce regard-là est souvent distant, critique, rapide, superficiel.
Le regard qui dépasse les apparences et cherche à rejoindre l'autre. C'est un regard qui porte attention plus loin que le précédent. Un regard où l'on s'engage à donner un peu de soi-même dans la relation. Une décentration de soi-même pour s'intéresser à autrui.
Le regard qui rejoint l'autre dans sa profondeur. Ce regard-là va encore plus loin. Il a une forme d'acuité. Une certaine force de pénétration qui peut être parfois dérangeante pour celui qui est regardé ainsi. En tout cas je l'ai vécu pour moi, lorsque j'ai eu la sensation d'être vu plus loin que je ne me voyais moi-même à cet instant-là. Une sorte de regard révélateur sur soi. Un peu comme autrefois, dans mon labo photo, lorsque je plongeais le papier photographique dans le révélateur et qu'une image inconnue apparaissait. lorsque c'est moi-même qui porte mon regard avec ce désir de le rejoindre au plus profond de lui-même, je ressens que je suis à la fois très présent à moi-même, et dans le même temps totalement décentré est quasi exclusivement tournée vers l'autre, voyant dans ses potentialités, son identité, ce lieu de lui et où s'enracine la singularité de sa personnalité. Évidemment, je ne peux voir que la mesure où la personne se montre dans ce qu'elle est, mais quand même, c'est parfois le sentiment de la voir comme elle-même ne se perçoit pas encore.
- Le regard qui rejoint le mystère de la personne. Ce regard-là arrive parfois dans une forme de glissement naturel de ma perception, qui se met dans une forme de contemplation du mystère de l'autre. Sa singularité étrange qui me fait entrer dans une sorte de contemplation du mystère humain lui-même. Je vis cela avec quelques personnes. Elles ne sont pas nombreuses. Ce sont celles avec lesquelles j'ai non seulement partagé du plus essentiel, mais aussi mener des actions qui faisaient sens profondément pour chacun. Il n'est pas nécessaire qu'elles soient sous mes yeux. Je vis cela en particulier avec ma compagne, que j'observe parfois à la dérobée dans ses tâches ordinaires ; mais aussi dans la manière dont je pense à elle lors de ses périodes d'absence professionnelle. Alors je m'interroge, quel est donc le mystère de cette femme que je côtoie depuis tant et tant d'années... Ce regard-là est pour moi une grande nourriture pour la part qui est la mienne dans notre couple.

AlainX 9:03 AM
|
lundi 28 septembre 2009
PREFON RETRAITE Un beau coup de Pub ! ...
Dans ma revue préférée, je tombe sur une publicité pour la caisse de retraite de nos chers fonctionnaires.
(Ne rigolez pas sur l es fonctionnaires... Je le fus quelques années, avant de m'enfuir de ce mouroir national... )
Évidemment, on a mis un bel homme, un beau ténébreux qui inspire confiance, avec toutefois une coiffure un peu à l'ancienne, presque gominée, histoire de bien montrer qu'il n'y a pas de modernité dans la fonction publique... Et puis, il a un stylo à la main. L'éternel stylo-bille pour remplir les formulaires en particulier le CERFA- 13630-02 / DE-08 : relatif à la Déclaration préalable à toute opération du secteur du bâtiment ou du génie civil supérieure à 500 hommes-jours pour lequel l'effectif prévisible des travailleurs est > 20 et la durée > 30 jours ouvrés.
L'agence de communication, qui a réalisé cette publicité, a eu la subtile idée de mettre entre les mains des fonctionnaires un stylo avec la bille rétractée, lequel ne peut donc pas écrire.
Est-ce pour envoyer aux fonctionnaires un message subliminal sur leur manière de travailler ??
J'attends l'avis de mes chers anciens et très éphémères collègues fonctionnaires, qui me lisent au bureau plutôt que de remplir les questionnaires CERFA...

AlainX 10:10 AM
|
vendredi 25 septembre 2009
Réflexions au soleilDans un texte récent, Valclair évoquait les effets positifs sur lui de « l'été indien ». De son côté, Coumarine, parle des bienfaits du contact avec la nature, comment elle se laisse envahir et retrouve ainsi le contact avec son intériorité. Nous approchons de fin septembre, je suis dans mon jardin, et c'est une véritable journée d'été, sans le désagrément d'une forte chaleur, que je ne supporte guère. Et puis, c'est amusant : 24° au soleil, 14° à l'ombre, sans doute parce qu'il y a une légère brise de vent du Nord. Je m'amuse à mettre mon corps à cheval (si je puis dire) sur le soleil et l'ombre bien délimitée par le mur de ma maison. Intéressant contraste. Un côté chaud, un côté froid. C'est parfois comme ça dans ma vie. Une partie de moi dans la lumière bienfaisante. Une partie de moi proche des ténèbres pénibles à vivre. Il suffit parfois de se laisser bouger un peu, ou d'accepter l'influence bienfaisante d'une personne-soleil pour revenir totalement dans la lumière. Parfois j'accepte, parfois je refuse. C'est toujours moi qui ai la décision. À condition que l'entrave intérieure ne soit pas trop prégnante et faire en sorte que l'on n'arrive pas à « se bouger ». Quand notre corps psychique (si je puis parler de la sorte), doit se bouger, il est parfois saisi d'une paralysie qui nous empêche d'opter pour ce qui serait meilleur tant pour soi-même que pour l'autre. Ou alors, l’effort à faire nous paraît, à tort ou à raison, tellement considérables que l'on renonce à changer d'état, de *lieu intérieur*. Dans les premières années de vie commune avec ma compagne (j'ai parfois l'impression que cela remonte au déluge), il m'arrivait de me fermer comme une huître. (je l’évoque ICI) Je rentrais et je m'enfonçais dans un silence froid qui, plus il durait, plus il était impossible d'en sortir. Je vivais ce que j'appellerai plus tard : l'enfer de mon mutisme. Les désastres relationnels que cela générait, de voir aussi que ma deuxième fille commençait à prendre ce chemin de l'enfermement quand ça « n'allait pas », ont concouru aux motivations du travail sur moi en ce domaine. Où en suis-je aujourd'hui ? Je crois pouvoir dire que j'ai vécu une énorme évolution qui ne s'est pas faite sans larmes ni grincement de dents. L'huître qui était capable de se refermer des jours entiers et plusieurs jours de suite, a volé en éclats... Lorsque je témoignais de cela en stage, certaines personnes avaient peine à croire que j'avais pu être à ce point mutique, dont je donne l'apparence d'une personne conviviale et qui ne semble pas avoir de problèmes en ce domaine. Comme on dit : les apparences sont toujours trompeuses... Il me reste cependant une tendance à ce dysfonctionnement. Je l'ai vécu encore tout récemment. Je dois lutter intérieurement pour ne pas être piégé par la trappe qui se referme. Je ne sais si un jour je serais totalement débarrassé de cela. J'ai tendance à croire que non. C'est comme un mauvais pli sur un tissu. On a beau repasser et repasser encore. La trace du pli demeure toujours. L'important est que cela ne soit plus une entrave majeure dans mes relations. *Deux oiseaux gazouillent dans mes arbres. Curieux ! Cela ressemble vraiment à une journée printanière. Une sorte de décalage saisonnier. Comme une incongruité. Cadeau de la nature ou prémonition des dérangements climatiques à venir ? Il y a 30 ans, quand il y avait une belle arrière-saison comme on disait, personne ne se posait ce genre de questions... Les progrès en connaissance sont-ils bénéfiques à l'âme humaine ? À moins que les médias ne prennent plaisir à nous polluer le cerveau avec cette attirance permanente pour le catastrophisme et tout-ce-qui-ne-va-pas ! Le bonheur n'est pas vendeur ! (Ou alors à petites doses artificielles dans les magazines pipeules). Le malheur, si ! Cela marche à tous les coups et tous les jours. Et nous, le plus souvent, nous marchons dans la combine. Il faut croire que l'on ne peut pas se passer d'un environnement malheureux, d'un environnement de peur, de catastrophes annoncées, de terreur qui nous attendent : je vous l'avais bien dit ! C'est inscrit dans notre cerveau reptilien ! Les peurs ancestrales seraient-elles nécessaires pour vivre ? Une sorte de besoin de se faire peur pour avancer... Après tout, un certain nombre de méthodes de management sont fondées là-dessus. Foutre la trouille pour faire trimer !! (Sinon je te vire, sinon sanctions, sinon je te montre du doigt, etc.). La vraie résistance aujourd'hui, dans beaucoup de domaines, c'est de ne pas se faire prendre au petit jeu des peurs ! Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 1:09 PM
|
samedi 19 septembre 2009
réflexions arachnéennes
Le beau temps continu par chez moi. Voilà bien un début d'entrée totalement sans intérêt... C'est pour dire que je me suis installé sur ma terrasse. C'est tout autant dénué d'intérêt d'écrire cela...
En fait, c'est parce qu'il y a une araignée qui a grimpé sur mon ordinateur portable et semble décidée à construire sa toile à l'angle de l'écran. Je l'observe. Moi l'humain qui évidemment ne peut communiquer avec elle, qui ne peut lui expliquer que son travail est vain puisque dans quelque temps je refermerai l'ordinateur et que sa toile sera détruite. Et elle aussi, pour le peu que je l'écrase d'un geste spontané, ordinaire et non réfléchi. Je pourrais aussi intervenir dès à présent. L'attraper par un fil et la déposer ailleurs. Mais dois-je ainsi perturber la nature ? Intervenir dans sa petite ville d'araignée ?
Elle et moi sommes sur la même planète, mais n'appartenons pas au même monde... Vivons-nous réellement dans le même espace temps ? Je ne peux guère communiquer avec elle...
Pourtant, il y a plein de gens qui parlent aux araignées, aux plantes, à leur chien ou à leur chat. Ce sont des compagnons qui accompagnent leur vie. J'aimais bien le sketch de Raymond Devos : "mon chien c'est quelqu'un".
« Heureusement que j'ai mon chien, cela fait au moins quelqu'un qui me comprend... », me disait une fois en entretien une femme seule. Je pensais alors : je devrais être un chien, peut-être que je la comprendrais moi aussi.
Le chat du voisin ("" Cachou"") a établi sa résidence secondaire dans mon jardin. Il y passe une bonne partie de la journée. On s'observe du coin de l'oeil. J'aime bien sa présence, sauf lorsqu'il tente de zigouiller les jeunes mésanges qui chaque année viennent dans un nichoir que j'ai installé sur un arbre. C'est le seul moment de l'année où j'interviens dans notre relation distante et platonique... Il ne s'approche jamais à moins de 5 - 6 mètres de la maison. Nous avons une convention tacite en ce domaine. Chacun semble avoir compris les limites des possibles.
Il paraît que si l'on est vraiment humain, on apprécie les animaux dits *de compagnie*... Je ne dois pas être vraiment humain... à préférer, et de loin, la compagnie des hommes et des femmes...
Quoique, je ne suis peut-être pas si mauvais bougre que cela, puisque j'ai deux poissons rouges ( Urbi et Torbi) dans un aquarium boule. Indispensable évocation d'enfance... Ce serait trop long à vous expliquer...
L'être humain s'ingénie sans cesse à personnifier, a tenté de donner âme et forme humaine à ce qui n'en a pas... Les religions et croyances ont toujours fait cela. Il faut croire que c'est un besoin... Peut-être impérieux. Un besoin de s'approprier tout ce qui existe ?
Enfant, je parlais à mon ours. Ce n'était pourtant que tissus et chiffons, et cela n'avait même pas apparences humaines. C'est peut-être pour ça qu'il m'arrive de me comporter comme un ours. De regagner ma tanière et de m'éloigner de tout et de tous.
J'ai finalement interrompu le travail de la petite araignée. J'ai influé sur le cours de son destin. J'ai été la déposer dans la pelouse. Ai-je fait une bonne action ? C'est qui le prédateur de l'araignée dans une pelouse ?
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 12:56 PM
|
vendredi 18 septembre 2009
C'est pas toujours un cadeau... !
Soleil et douceur dans mon jardin. J'ai le sentiment d'un été qui se prolonge. Comme un cadeau de la nature. Je l'accueille facilement et simplement. Un cadeau qui vient me bercer et caresser ma peau. J'ai ouvert ma chemise (Mesdames, profitez-en !...) pour recevoir les rayons sur ma peau. Juste quelques instants. Je ne suis pas du genre à m'exposer sur les plages ou ailleurs. Mais là, pour quelques instants, cela me fait du bien.
C'est facile d'accepter les cadeaux de la nature. Elle n'est pas « quelqu'un ». Elle se contente d'avoir la réalité de ce qu'elle est. Aimer la nature, c'est aimer avoir existence et croire à sa propre beauté d'une certaine manière.
Je ne vis pas toujours le même naturel à propos des cadeaux des personnes. Je ne parle pas de toutes ces choses que l'on offre emballées dans des beaux papiers, à l'occasion de fêtes, des anniversaires, ou en geste de remerciements. Tout cela, si j'y accorde un certain intérêt, si j'aime recevoir, ce n'est que l'accomplissement de gestes culturels, de traditions, d'habitudes et d'usages, avec leurs paroxysmes lors de cette sorte de délire collectif des fameux cadeaux de fin d'année... Que de plus en plus de gens revendent le lendemain sur l'Internet pour gagner un peu d'argent... Quel monde curieux quand même que le nôtre !
Je parle des cadeaux que sont les gestes de gratuité, qui peuvent prendre diverses formes, et que les gens me font... Parfois... Alors, je ne suis pas toujours aussi à l'aise que je peux l'être en recevant la gratuité et la générosité des rayons du soleil. C'est presque toujours sur un léger fond de malaise. À la fois comme si je ne méritais pas qu'il y ait de la générosité à mon égard, et à la fois parce que je me sens comme instantanément lié par un pacte de réciprocité, que je n'ai pas forcément envie d'accomplir, et même qui est parfois impossible à réaliser ou envisager.
J'ai vécu cela ce matin au téléphone, à propos de *quelque chose* sur lequel je reviendrai peut-être une autre fois. Quelqu'un de ma famille a spontanément proposé de se mettre à mon service pour coopérer à la réalisation de ce *quelque chose*. J'ai à la fois spontanément remercié et quasiment décliné. Presque comme un réflexe. Pourtant l'aide qui m'est proposée va être indispensable quelque part. La personne a ressentie que j'aurai besoin de cette assistance sans que je ne dise rien à ce sujet. Je réalise que dire oui spontanément, c'est d'une certaine manière me mettre en danger. Qu'est-ce qu'il va bien donc m'arriver de si terrible si j'accepte ? Pourquoi est-ce que je me trimbale toujours cette absence de naturel d'ouverture qui a sans cesse tendance à me rendre méfiant de tout et de tout le monde ? Est ce qu'un jour j'en finirai définitivement avec cela ? Je suis méfiant, même à l'égard de ceux qui me veulent du bien et dont objectivement je ressens qu'il s'agit d'un geste, d'une proposition, d'une aide totalement généreuse et gratuite. Ça me colle à la peau. J'ai le sentiment que je n'arriverais jamais à m'en débarrasser. Je suis comme une personne violée, qui, malgré toutes les thérapies les meilleures qui puissent être, ne guérira jamais totalement et devra porter sans fin une plaie qui ne cicatrise pas véritablement et saigne à nouveau dans certaines circonstances.
C'est peut-être la première fois que j'emploie cette comparaison. Lorsque l'on a été trahi très profondément de la confiance que l'on avait fait, il me semble qu'il en restera toujours des traces indélébiles. Non seulement il va falloir vivre avec cela, mais encore, dans les relations importantes, il faudra que l'autre accueille cette réalité-là pour ce qu'elle est. Il est parfois des solidarités que l'on n'imaginait pas devoir vivre avec l'autre, parce qu'il faudra vivre avec les retentissements les conséquences des blessures profondes que l'autre a pu subir. Je me dis parfois que c'est là sans doute un des sommets de l'amour que d'accepter de vivre ce type de solidarité. (Attention ! Je ne suis pas en train de justifier les actes néfastes qui peuvent être posés du style : tu dois comprendre que je te bats, puisque j'ai été battu dans mon enfance...). La solidarité est possible si l'on sent que l'autre continue de tenter de faire tout ce qu'il peut pour gérer au mieux les failles incrustées profondément en raison d'une histoire tumultueuse et remplie de blessures subies. Et donc qu'il est sur le chemin de son évolution. Sinon c'est un phénomène de justification... de l'injustifiable...
Dans cette solidarité, il arrive que l'on pleure avec celui qui pleure. Parce qu'il n'y a pas d'autre choix que de porter ensemble le délabrement intérieur qui demeure et ne semble pas en capacité de restauration suffisante.
Ce que j'écris là ne fait nullement entrer en désespérance. Bien au contraire. Il s'agit de la noblesse du coeur de l'homme. De la capacité que l'on peut avoir à l'acceptation de l'autre en toutes ses imperfections et ses failles. Qui plus est, dans un monde où la recherche de la perfection, la tyrannie du "zéro défaut", le culte de la performance à tout prix, entraînent une nouvelle forme d'exploitation de l'homme par l'homme. Car, désirer un homme parfait, un surhomme, on sait parfaitement comment dans l'histoire cela génère les pires horreurs et la déshumanisation au bout du chemin.
L'homme qui s'accomplit est par nature un être imparfait. Inachevé. En chemin permanent, non pas de sa perfection, mais de son humanisation. Malheureusement, que de confusion à ce sujet le plus souvent. Comme si l'humanisation de l'humanité avait pour but de générer des surhommes, et pourquoi pas des dieux... !
*
J'en reviens à mon coup de téléphone (il faut toujours que je dévie vers des considérations générales que je n'attendais pas...). J'ai au moins la capacité un minimum d'analyse de moi dans l'instant. Alors j'ai fini par dire à cette personne que j'acceptais volontiers son aide et même que je la sollicitais. C'est alors que curieusement, l'intensité du danger se fait moindre. Ce n'est pas qu'il disparait, je crois que j'aurai toujours cette crainte de " me faire avoir de manière mortelle", mais je l'apprivoise suffisamment pour que la vraie vie continue et pour que la relation se vive dans sa dynamique véritable et positive.
Donc, je ferai appel à cette personne. Je lui demanderai ce que je ne peux réaliser moi-même. C'est juste ma petite victoire personnelle du jour. Un petit pas grand-chose. Comme chantait France Gall : « C'est peut-être pas grand-chose pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup »... Mais je ne joue pas du piano debout !
Libellés : De l'intime

AlainX 12:23 PM
|
mercredi 16 septembre 2009
ne lisez pas, c'est rien ... ou presque...
Parfois je me demande sur quelle planète je vis, dans quelle humanité je suis débarqué.
Hier, à la télé, j'ai regardé la suite "d'apocalypse", cette série en six épisodes qui retrace la deuxième guerre mondiale exclusivement à partir de documents d'époque. C'est tout autre chose évidemment que tous les films de fiction que l'on a pu faire, même lorsqu'ils sont basés sur le faits avérés, ce sont cependant des acteurs et des figurants. Là, on voyait la réalité vraie, dans toute son horreur et dans toute son absurdité. Il y a dans ce film des regards qui portent la détresse du monde, bien plus encore que la détresse de la personne montrée. Qu'ils soient soldats de la Wehrmacht agonisant dans le froid sibérien, ou juifs subissant les atrocités que l'on connaît, ce sont toujours des humains victimes de la folie d'autres hommes, si tant est que certains dirigeants méritent encore le qualificatif d'hommes... Et pas seulement chez les Allemands des années de guerre...
Si au moins tout cela appartenait définitivement à un passé douloureux dont on aurait tiré les leçons salutaires, salvatrices. mais, « la bête est toujours féconde » en bien des endroits de la planète des hommes...
Ce matin, à la radio, on relate un procès fait à une jeune femme, sans doute pas très bien dans sa tête semble-t-il, et qui a maltraité un chien. C'est une première en justice. L'avocat du chien se réjouit que son "client" soit dans la salle d'audience. Les médias montent au créneau, les associations du type de Mme Bardot, celles de défense des chiens-chiens-à-sa-mémère se précipitent pour bavasser dans les micros... Il paraît que nous sommes devant l'horreur des horreurs ! Et le commentateur de dire : dans la salle d'audience d'à côté un homme était jugé pour actes de barbarie sur sa femme... Mais il n'y avait aucune caméra... Aucun micro... Entre une femme et un chien, on sait maintenant qu'elle est la valeur médiatique des choses !... Il est vrai qu'hier à la télé, j'ai vu Hitler flatter joyeusement et avec beaucoup de douceur et de tendresse son berger allemand... comme c'est beau un homme bon avec les animaux....
Parfois je me demande sur quelle planète je vis, dans quelle humanité je suis débarqué.
Libellés : Rogne et grogne

AlainX 10:23 AM
|
mardi 15 septembre 2009
Lettre d'un mort...
Hier matin, j'écrivais un texte à propos de la joie et de la mort. À midi, je recevais la lettre d'un mort. Je ne sais pas si vous avez déjà reçu une lettre d'un mort, cela fait un curieux effet... C'est une lettre qu'il avait écrite dans ses derniers temps, une lettre collective, et il avait demandé à quelqu'un de l'envoyer après sa mort à certaines personnes. La lettre porte en exergue : « Ce qui me tient le plus à coeur et que je souhaite transmettre à vous qui m'avez connu ».
C'est écrit parfaitement dans son style, la manière qu'il avait de dire les choses, les convictions qui étaient les siennes, l'espérance qui l'habitait. Seulement voilà, maintenant qu'il n'est plus là, cela prend une sorte d'étrange densité, comme s'il fallait que les gens disparaissent pour que ce qu'ils furent prennent une sorte de dimension nouvelle.
Je n'avais pas ressenti une peine particulière en apprenant son décès il y a quelques jours. Je le savais très malade et affaibli, bien plus avancé en âge que moi. Il résidait bien loin. J'avais su qu'il ne reconnaissait plus les personnes. On avait collaboré ensemble à quelques projets dans lesquels je crois on avait tenté de mettre le meilleur de nous-mêmes. Je me souviens de longues conversations avec lui, le soir, quasiment seuls au fond d'un bar d'hôtel. La nuit est propice aux confidences, à faire surgir l'épure de l'essentiel. On s'était perdu de vue depuis. Je fus étonné de figurer sur la liste des destinataires de sa lettre...
Dans le bref mot manuscrit d'accompagnement, la personne qui transmet, et que je connais bien, donne cette citation d'Emmanuel Levinas : « Que quelqu'un finisse sa vie relié à la communauté des hommes, cela change la vie des autres ».
Alors j'ai compris. J'ai compris que ce que nous avions vécu ensemble, ce que nous avions partagé, que nous avions tissé à travers plus qu'une relation de travail professionnel, nous avait relié pour toujours, par-delà le temps et l'espace. J'ai compris que, lui comme moi, n'avions jamais cessé d'être des chercheurs de sens.
En mémoire de cet homme que vous n'aurez pas connu, mais que j'aurais laissé entrevoir quelque peu, et dont j'aime à souligner l'intense bonté et la clarté du regard, je reproduis un bref passage de cette lettre.
« J'ai découvert au cours de ma vie toute la richesse des morts successives comme dynamisme et élan de VIE. C'est ce qui donnait chaque fois à mon existence une nouvelle dimension, une nouvelle joie de vie, me rendait heureux. Mais il ne faut pas avoir peur d'y aller à fond, même si cela fait mal, et parfois très mal. »
Je cite de ce passage, car il me semble faire quelque peu écho à ce que j'écrivais hier...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:41 AM
|
lundi 14 septembre 2009
joie, mort, et vie ardente...
Longtemps j'ai cru à une défaillance en moi, un dysfonctionnement, une blessure à guérir, lorsque je vis des moments de joie, dans les bras de ma compagne par exemple, ou dans l'intimité avec un proche, et qu'aussitôt je ressens cette intense peur de le/la perdre, par la mort notamment. Sentiment de détresse et d'angoisse qui vient cohabiter avec une joie, sans véritablement dominer celle-ci, et qui semble comme polluer l'instant présent, la magie intense du bonheur qui passe. Bonheur que je voudrais attraper, saisir, m'approprier, afin qu'il demeure et ne s'enfuit jamais...
Longtemps j'ai cru qu'un chemin de reconstruction allait bannir cela, bannir ces sentiments de craintes, voire d'angoisses, et que j'entrerai un jour dans une sorte de paradis de la félicitée, où tout serait bonheur calme et volupté...
Longtemps j'ai eu la tentation d'adhérer à « carpe diem », petite formule à la modernité attirante, sensée rendre ringard tout autre sens de la vie...
Oui, il m'a fallu du temps pour comprendre que la joie et la mort étaient deux partenaires indissociables dans la vie. Deux composantes de l'intensité d'une existence qui cherche à s'accomplir autrement que dans les petits plaisirs de l'instant.
Si je renonce à affronter l'angoisse de la mort, je ne peux accueillir l'intensité de la joie de vivre pleinement. Je vais alors tout niveler par le bas. Je vais développer mon "principe de précaution affective". Attention à ne s'attacher à personne !... Au risque de le perdre un jour... Et je vais mener une petite vie relativement sans trop d'embûches, mais tellement terne et insipide...
Il est vrai que l'on vit parfois des moments d'intensité où le temps semble s'arrêter, comme si nous pénétrions tout à coup dans une vie éternelle, a-temporelle. C'est souvent vrai dans l'intimité physique, sexuelle, dans le plaisir partagé. Mais la peur de perdre, que cela ne dure pas, l'anicroche relationnelle, le mot, le geste qu'il aurait fallu soi-disant éviter juste à ce moment-là et qui flanque tout par terre... Tout cela revient à la charge bien trop vite... Et on se met à pester contre "la mort" de cet instant intemporel que l'on aurait voulu pérenne à tout jamais...
Je commence lentement à comprendre (bon sang ! que de lenteur !...) Que la mort que j'anticipe, parce que telle est ma condition humaine qui ne peut se passer de sans cesse se projeter dans l'avenir, avenir lointain, où avenir de l'heure qui s'en vient ; que la mort que j'anticipe, disais-je, est une composante de mon présent, de ma joie présente. L'angoisse de perdre ne vient pas la ternir, elle l'accompagne inévitablement. Je dirais même qu'elle conditionne et amplifie la joie. Car, finalement, que serait ma joie si elle était permanente, éternelle... Ne deviendrait-t-elle pas rapidement insipide, sans relief, sans intensité, si j'avais la certitude qu'elle ne va pas s'arrêter...
Par peur de perdre l'autre, je le chéris davantage dans le présent. Je mesure l'intensité de ma chance à l'instant même. Et cette peur, n'est pas un dysfonctionnement psychologique, ce n'est pas une peur fondée sur une illusion ou une survivance ravivée de blessures du passé. Cette peur est une réalité. Car de fait, l'autre, tant aimé, je le perdrai un jour, inévitablement. Je pourrais même le perdre dans l'heure qui vient.
Finalement, notre société ambiante, qui chaque jour un peu plus nit la réalité de la mort, croyant ainsi nous aider à mieux vivre... obtient en réalité un résultat totalement inverse. Nier la mort, c'est empêcher la vie de s'accomplir pleinement. C'est lui retirer toute son potentiel d'intensité à chaque instant qui passe.
Pauvres de nous, d'être obligés de vivre dans une société qui est entrée dans un consensus terrible de la négation de la mort par occultation totale de sa réalité dans la vie ordinaire. « Carpe diem ! ». Cachez-nous la mort. Évacuez-la ! Planquez les vieux dans leurs mouroirs ! Je ne veux pas que ça à la maison... Un vieux en fin de vie ça fait peur aux enfants...
Edit 17 h : Pour ne pas qu'il soit fait une "fixation" sur le prolongement sur la fin de vie évoquée à la fin de mon texte, je supprime ce passage... Ce qui est dit avant étant - et de très loin - l'essentiel de mon propos...
Libellés : De l'intime, Réflexions

AlainX 10:14 AM
|
samedi 12 septembre 2009
En compagnie d'un homme...
Hier soir, je reçois un ami que je n'avais pas vu "entre quatre yeux" depuis un bon moment. Il voulait me parler d'un de ses projets. Échanges intéressants. Je lui dis mon sentiment sur un certain nombre d'éléments. Puis, on parle de choses et d'autres, comme on dit. On évoque des souvenirs de "baroudeurs communs" au sein d'une organisation, que j'ai quitté et dans laquelle il demeure. On en revient à l'évocation des « problématiques de fond », tel qu'on disait alors. Je retrouve de manière assez vivace les fortes solidarités qui nous unissaient en ces années-là. On échange des regards qui en disent long... Chacun exprime comment il a évolué, et certains périls dont cet organisme ne semblent pas trouver les portes de sortie. J'aime beaucoup cet échange, qui ne consiste pas à en découdre avec quiconque ou à accuser des personnes qui ne sont pas là. Tout au contraire, je sens que mes interventions, directement issues du recul que j'ai pris, lui permettent de clarifier certains points du clivage que je découvre moi-même en m'exprimant dans l'instant, alors que jusque-là la vie de cet organisme m'était devenue quelque peu indifférente.
Ainsi, des réalités et engagements d'une vie demeurent comme constamment vivaces en soi, même si on les a quittés, elles perdurent en quelque sorte, et refont surface dès que nécessaire. J'aime assez cette organisation du psychisme (en tout cas du mien...) qui met en sommeil sans faire passer dans l'oubli. Si bien que cela demeure disponible si besoin.
Ensuite, je ne sais trop comment, on en est venu à la question de Dieu. Lui est « croyant » (pour utiliser ce terme assez simpliste...), tendance mystique. Moi je suis athée, tendance mystique. On se retrouve au moins sur le deuxième terme ! Au point ou on en était, on avait vidé la bouteille de bière qu'il avait apportée... C'est dire si le terrain de l'essentiel était ouvert. On s'est donc retrouvé chacun face à ses propres contradictions. Moi, dans mon athéisme qui bute sur le Mystère (tel que j'ai pu l'évoquer dans des entrées précédentes, il y a quelque temps déjà...) ; lui, dans sa foi qui bute sur l'incompréhension d'un Dieu parfois trop surprenant...
Et puis il a fallu se quitter. Rejoindre l'ordinaire de nos vies, après ce moment entre hommes.
Ce matin je réalisais que ces trois heures ensemble m'ont fait un bien intense. Je me disais que la compagnie des hommes me fait beaucoup de bien et aurait plutôt tendance à nourrir plus fortement mes profondeurs que la compagnie des femmes. Ou plutôt, que je n'étais pas nourri aux mêmes endroits. Ce n'est pas un jugement de valeur, et encore moins hiérarchisant de ce que sont les hommes et les femmes ! Cela n'aurait pas de sens évidemment ! C'est juste un constat que je fais, relativement nouveau finalement en termes de prise de conscience. J'ai longtemps fait référence à la phrase d'Aragon : « la femme est l'avenir de l'homme ». Je me suis longtemps bercé du poème : « que serais-je sans toi... ». J'ai bien souvent recherché plutôt la compagnie des femmes que celle des hommes. L'évidente attirance pour l'autre sexe, c'est banal de le dire !
Il n'empêche, mon chemin d'humanisation profonde, de découverte de mon essentiel, de partages les plus intenses et les plus fécondants, c'est avec des hommes comme cela s'est fait dans mon histoire. Évidemment, ce n'étaient pas n'importe lesquels. Ce n'étaient pas des fouteux ou des passionnés de Formule 1 !
J'ai pas mal observé et analysé mon rapport aux femmes, mais je réalise que je n'ai jamais vraiment fait un point analytique sur mon rapport aux hommes, notamment dans toute la dynamique existentielle.
Affaire à suivre !...
Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 5:31 PM
|
vendredi 11 septembre 2009
N'importe quoi...
Je me suis installé sur ma terrasse pour profiter des derniers beaux jours. Les ordinateurs ne sont pas tellement faits pour travailler au soleil... Ça manque de lumière. Je fatigue ma vue, ce qui n'est pas terrible. Je laisse ma peau être agressée par les rayons du soleil, ce qui n'est pas génial non plus. Et après on dira que la nature est bonne et généreuse !...
Après mes entrées laborieuses sur l'amour, l'amour, toujours l'amour... ! Je me sens plutôt d'humeur badine, alors que l'actualité politique n'offre pas de quoi se réjouir... Un de mes ministres préférés a encore fait des siennes question racisme (" c'est un gros raciste" disait Rachida paraît-il... Elle est bien placée pour savoir...), et les braves soldats de l'UMP, directement manipulés par l'Élysée, montent au créneau pour raconter des conneries, que c'est pas du tout ce qu'il a voulu dire, et de nous monter une salade explicative sans queue ni tête. On aurait dit du théâtre comique de boulevard avec des mauvais acteurs qui jouent mal, et qui évidemment ne font rire personne. Vous n'en avez pas marre, vous, qu'on nous prenne à ce point-là pour des cons ?
Et l'autre là, avec sa taxe carbone qui ne servira strictement à rien, tellement c'est un truc à la mord-moi le noeud, sauf évidemment à nous faire cracher plus de fric comme d'habitude. Mais pendant ce temps-là, les riches de chez riches, ouvrent des boîtes de caviar en rigolant... Vive la crise !
Heureusement, il y a les socialistes pour nous rappeler le bon vieux temps ! Ah ! Le bourrage des urnes ! Ce grand classique de la démocratie socialiste interne... Il était temps qu'on en reparle ! Et la belle Ségolène qui a botté en touche ce matin sur France Inter : non, non, c'est pas elle qui doit porter plainte ! Mais la direction du parti ! Ouarf Ouarf !! Courteline je vous dis !
Ah ! J'allais oublier ! La grippe A !! Ce truc qu'on risque de tous mourir si jamais on ne planque pas nos morves dans le creux de notre bras ! Pouah ! C'est dégueulasse ce truc gouvernemental quand même !! J'imagine Roselyne Bachelot avec des crottes de nez baveuses au creux du bras ! : « Mais Houiiiiiiiiiii !! C'est le professeur Duglu qu'il l'a diiiiiiiiiiit ! ». Et mon petit-fils de cinq ans à qui j'ai demandé comment s'est passée sa rentrée des classes, et qui me répond très sérieusement : « très bien, mais j'ai très peur d'attraper la grippe A ! » Et voilà, on nous prépare une génération de traumatisés !! D'ailleurs, je me demande si tous mes problèmes existentiels ne viendraient pas de cet immense traumatisme de ma jeunesse lorsqu'il a fallu s'affronter à la terriiiiiiiiible grippe espagnole.
Faudrait pas non plus oublier le grand standard, le refrain habituel, la ritournelle de toujours, le tube permanent, l'éternelle success-story : j'ai nommé : LA CRIIIIISE !!! Ça nous fait quel âge déjà pour cette Star internationale ? Elle a pas mal d'heures de vol quand même. En tout cas, pour ce qui me concerne, j'ai toujours entendu parler d'elle ! Ca fait quand même des dizaines d'années qu'on nous parle de la crise ! Mais là, maintenant, c'est fini : la crise on en sort demain matin vers 8 H 45, ou vers 9 H 20, les experts demeurent partagés à ce sujet. Certains prétendent même que ce ne sera pas avant 10 heures. Je re-repose ma question : Vous n'en avez pas marre, vous, qu'on nous prenne à ce point-là pour des cons ?
Bon alors ! Qu'est-ce qui nous reste pour rigoler ! Quand même pas les programmes de TF1 ? Ou alors le prochain prix Renaudot (qu'on attend avec impatience dans les chaumières). Parait qu'Alain Finkielkraut est en lice avec un recueil de mangas à tomber !
Bon je vous laisse ! Il y a ministre UMP qui veut que je pose pour une photo avec lui. Pourtant je ne suis pas arabe ! Doit y avoir une erreur !
Libellés : Actualité

AlainX 12:21 PM
|
jeudi 10 septembre 2009
Dis-moi ! C'est quoi l'amour ? (7)
je reprends ma petite série sur ce thème. Plus précisément je reviens sur « l'amour inconditionnel », ce concept ce qui fait souvent débat entre ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas... L'amour inconditionnel serait-il l'arlésienne ? Peut-être que l'on attend *l'amour inconditionnel* comme on attend Godot... Je me suis remis devant mon clavier... Non pas pour démontrer quoi que ce soit, encore moins convaincre quiconque, d'ailleurs je sais pertinemment que personne ne peut me faire croire ce à quoi je crois pas... Il doit donc en être ainsi pour les autres... Je tente simplement de continuer modestement à rendre compte de la réalité de mon existence ordinaire, telle que je la vis, l'analyse, parce que cela *fait sens* pour moi.
L'amour est inconditionnel par nature, par essence. Il est un don, une générosité sans demande de retour et même parfois sans réciprocité. Il n'y a pas de « je t'aime si ...», « je t'aime parce que... ». L'amour part du centre de moi et se fait mouvement vers l'autre sans autre intention que d'aimer... D'autres « mouvements intérieurs » partent de moi, mais pas de mon centre, se dirigent vers l'autre, dans un mouvement d'amour, qui part bien mais finit mal (si on peut dire ainsi), parce que s'y mèle le désir de prendre l'autre, le capter, le faire mien et le garder. À moins que ce ne soit pour exiger une conformité à mes désirs, mes souhaits, mes attentes. Tout cela en vue de combler mes manques affectifs, et/ou en vue de me permettre de dominer l'autre. (et il y a fréquemment de la "dominations light" !) Autrement dit, j'ai alors globalement une demande d'un retour qui conditionne plus ou moins l'amour que j'accorderai.
Dans l'ordinaire des jours, le mouvement d'amour inconditionnel et les autres mouvements d'élans amoureux sont entremêlés, entrelacés, imbriqués l'un dans l'autre il est parfois difficile de faire la part des choses, faute d'une aptitude de lecture ajustée de son vécu intérieur. À défaut d'acuité de lecture on affirmera que l'amour inconditionnel et une vue de l'esprit, une chimère, un inexistant.
Il est vrai que temps que l'on n'a pas suffisamment creusé en soi, creusé la terre, on ne fera pas jaillir la source de l'eau vive et pure. Et même, lorsqu'on a creusé et qu'une source d'amour pur s'en vient, elle se mêle à la terre qui la souille tant qu'elle n'est pas suffisamment abondante. C'est dire si le chemin de purification est long... Et en réalité, je me demande si ce chemin-là intéresse beaucoup de gens... ! Chacun désire être aimé de manière authentique, tout en étant pas si facilement porté à la réciprocité...
*
Longtemps j'ai cru que l'amour inconditionnel n'existait pas. En tout cas pas en moi ! Chez d'autres peut-être. Quelques « saints », quelques volontaristes endoctrinés par une religion, qui tente d'atteindre une perfection d'abnégation et de reniement de leurs besoins élémentaires pour satisfaire autrui en vue « d'une récompense » dans les cieux, ou ailleurs... Il ne pouvait donc s'agir que d'une sur-nature, quelque chose d'exception au mieux, et au pire une pure invention doctrinaire avec une visée sacrificielle, autrement dit une perversion !... Et encore, aimer avec la perspective de « gagner son ciel » [comme disait ma mère], ça n'est pas si inconditionnel que ça !...
1 - Comment ai-je découvert qu'il y avait en moi une source d'amour pur ? 2 - Comment l'ai-je identifiée, chez moi et chez l'autre ? 3 - Comment ai-je été confronté à la souffrance de ne pas en vivre ? 4 - Comment ai-je été surpris d'un bonheur d'aimer son retour et de la frustration nécessaire au grandissement en amour ? 5 - Comment ai-je accepté que cet amour inconditionnel, s'il était pur, n'en demeurait pas moins un « petit filet d'eau », un petit ru qui n'atteindra sans doute jamais le flot abondant de mes rêves... Et qui cependant grossit à mesure que j'en vis consciemment.
je ne suis pas sûr que je répondrai à toutes ces questions... Je me lance simplement... en roue libre...
*
1 - Comment ai-je découvert qu'il y avait en moi une source d'amour pur ?
Il y eut au départ l'expérience d'un amour inconditionnel qui me fut manifesté, tel que je l'ai ressenti avec sa justesse à mon égard, son authenticité, sa force de pénétration jusqu'à mon âme. J'en ai déjà parlé. Difficile d'en dire plus. Difficile de rendre compte du regard transperçant qui vint me chercher jusqu'au fond mystérieux de moi-même et me fit entrevoir comme un « autre monde » jusque-là inconnu, non révélé ; qui me fit passer d'un inconscient au conscient. Difficile de rendre compte d'un amour ressenti comme reçu, qui n'est pas de l'ordre de l'expérience amoureuse, ni de l'expérience paternelle ou maternelle, mais qui introduit un processus de retournement progressif, ou plutôt un phénomène d'éclosion, comme un bourgeon au printemps. Mais qu'importe que ce soit difficile et que je ne sois pas compris pour la réalité que cela représente en moi (et surtout de ceux qui n'ont pas d'expérience comparable et qui en plus en nient l'existence-même comme un possible) j'aurai au moins tenté d'en témoigner, moi qui crois à la nécessité du témoignage de vie pour « être ».
*
Peu à peu j'ai identifié que mes « je t'aime » n'étaient le plus souvent que des supplications tragiques : « aime moi ! », qu'enfin je reçoive cet amour qui m'avait tant manqué ! Il faut du temps (enfin, moi il m'en a fallu...) pour découvrir à quel point c'est un puits sans fond que cette quête permanente d'amour espéré, un tonneau percé, et que la revendication amoureuse sans cesse renouvelée et quémandée chez le partenaire, finit par devenir un « tue-l'amour ».
Les carences affectives ne se règlent pas dans la relation amoureuse, dans les calins, l'intimité sexuelle, ni la complicité des corps, ni l'entente intellectuelle, ni des projets communs ou des ambitions partagées. Les carences affectives se règlent dans un travail sur soi et ses exigences. Et c'est alors que les éléments que je viens de citer : intimité sexuelle, entente intellectuelle, projets, etc. deviennent de véritables expressions de l'amour authentique.
Ceux qui ont fait l'expérience de relations intimes du type comblement d'un passif affectif, et qui ont fait l'expérience d'une intimité sexuelle expression d'un amour authentique et pérenne, font parfaitement la différence de ressenti : la satisfaction comblante, mais éphémère, du plaisir d'un côté ; le bonheur durable du sentiment d'unité de toute la personne, dans le deuxième cas. (Comme me disait une femme en entretien privé : avec le partenaire précédent j'ai découvert le plaisir, avec celui avec qui je vis désormais, j'ai découvert le bonheur).
Sur le chemin de reconstruction personnelle, la relation amoureuse peut-être bénéfique comme un havre de paix (mais pas toujours !...) ; elle peut être aussi explosive lorsque les prises de conscience révèlent les « erreurs de casting » quant au partenaire, et aussi lorsqu'il n'y a pas de réciprocité, ni dans la démarche de remise en cause de soi-même, ni dans la recherche de l'amour authentique.
Dans ma vie professionnelle d'aide aux personnes, c'est peut-être ce qui m'a été le plus difficile à vivre : un certain sentiment de gâchis relationnel m'envahissait et m'attristait lorsque l'un des partenaires refusait ou renonçait à faire sa part dans la résolution des problématiques qui offrait cependant, (selon moi évidemment), un débouché positif largement envisageable. Ainsi ai-je vu des ruptures douloureuses, accompagnées de décompositions familiales, qui auraient pu probablement être évitées. Mais ainsi en est-il des enjeux de nos libertés et de nos choix...
*
L'amour inconditionnel et une composante de ma personne, une de mes potentialités présentes en moi en permanence. C'est cela que j'ai découvert, comme une sorte de révélation. Cet amour-là demeure en moi, au fond de moi, toujours présent et disponible en tant que mouvement intérieur, potentiellement possible. Mais, mais, mais, je peux parfaitement ne pas en vivre ! C'est ma liberté d'homme, mon aptitude à en décider. C'est de mon pouvoir et de ma responsabilité : aimer inconditionnellement, ou ne pas aimer, ou aimer autrement, en recherchant ma propre satisfaction de l'instant, ou aimer à condition que.... Ou aimer en faisant signer un contrat : garanti sans engagement durable !
Y a-t-il des formes d'amours plus nobles que les autres ? je ne crois pas. En tout cas il ne peut y avoir une sorte de hiérarchie universelle, qui pourrait être valable pour tous, entre les formes bonnes, les moins bonnes, et les mauvaises... Reste cependant que la plupart des sociétés, les religions, les groupes humains, ont toujours codifié les rapports amoureux(*), même les clans les plus primitifs.
[(*) l'expression n'est pas la mieux choisi, je veux parler tout à la fois les codifications sur le mariage libre ou imposé, les relations sexuelles, les interdits, l'homosexualité, les possibilités ou non d'accès au divorce et ses conditions, la parentalité, etc.].
Aujourd'hui, dans le mode occidental disons, l'évolution des moeurs a été dans le sens d'une grande permissivité, une tolérance de ce qui fut autrefois interdit, avec une tendance globale à ce que les rapports amoureux soient entièrement considérés comme du domaine de l'intime, du privé, et que l'État, la société, ne doit guère se mêler de cela. Encore que : le législateur se soit tout aussi empressé de codifier les formes nouvelles qui sont apparues, avec un désir évident d'encadrer ... sans trop le montrer...
Ceci semble une incidente et une déviation dans mon discours, mais pas tellement. Je veux souligner que dans la mesure où désormais « tout est permis », où tout ce qui pouvait exister de légal ou religieux à propos « du respect des bonnes moeurs » dites bourgeoises ! a globalement largement volé en éclats, il existe beaucoup moins de référentiels objectifs auxquels on se référait précédemment. Comme des principes moraux par exemple. Je ne suis pas totalement convaincu que ce soit là un progrès déterminant. Car la perte de repères, de balises externes, le côté devenu très flou du permis et de l'interdit, génère une déstabilisation qui semble toucher toute une génération, dans la mesure où la perte des repères externes n'est pas compensée par des repères internes tels que la conscience profonde, par exemple.
En même temps, cela peut être manifestement une chance, celle justement d'une éducation aux repères intérieurs, absolument nécessaire à une juste structuration de la personnalité. Sans repères, sans boussole, on est ballotté sur les flots des influences ambiantes et en particulier toutes celles du monde mercantile dont l'objectif est toujours de nous considérer en objets manipulables. Et ceci y compris dans le domaine amoureux... (Je pense à l'extraordinaire foisonnement de la littérature pour jeunes qui a pour objectif de développer une morale de l'égocentrisme, du chacun pour soi, du plaisir immédiat et dominateur,en particulier dans les rapports amoureux, qui me semble largement plus détestable que la morale traditionnelle...). Il s'agit en effet d'une morale nouvelle, mais qui veut éviter l'usage de ce mot-là... Il n'est de morale plus perverse que celle qui déclare ne pas en être une !...
Donc, cette chance offerte, d'entrer dans la responsabilité et la liberté humanisante par une éducation à la conscience profonde, n'existe quasiment pas dans nos sociétés dites « modernes ». C'est bien dommage ! On entre généralement en crise, puis en décadence par la perte des repères et des bornes.
(Il n'est qu'à voir ce qu'actuellement le libéralisme sans foi ni loi donne dans le domaine économique...)
Libellés : C'est quoi l'amour ?

AlainX 5:59 PM
|
mardi 8 septembre 2009
Vision d'avenir et retour sur le passé
Les photos de mon dernier petit-fils se sont éparpillées un peu partout dans la maison : dans mon bureau, dans la cuisine, au salon, dans la chambre... Ma compagne en a emporté une pour la montrer à ses collègues lors d'une réunion de rentrée.
Hier, en commentaire de mon billet précédent, Fabeli écrit : «pour la plupart des gens sur cette terre une naissance conduit à de "meilleurs" sentiments ». Elle a parfaitement raison. On le constate souvent. Pourquoi en est-il ainsi ? Qu'est-ce qui nous conduit à rejoindre les zones meilleures de nous-mêmes lorsque l'on se retrouve dans un environnement de naissance ? Évidemment, c'est à chacun de s'interroger si cela l'intéresse...
Pour ma part c'est sans doute ce que j'évoquais de cette longue caravane humaine dans laquelle nous sommes inscrits, à laquelle nous participons, qu'on le veuille ou non (et mieux vaudrait le vouloir...), qui nous amène lentement vers un « plus » d'humanité, quand bien même des apparences le plus souvent trompeuses tendraient à nous faire croire que nous allons vers un gouffre, comme si la croissance économique et le développement de richesses matérielles pouvait être ce « plus d'humanité » qui appelle l'homme par le fond de lui-même... Que de mensonges ne nous fait-on pas avaler !...
Alors, face à mes petits-enfants qui prolongent ma lignée tout en ayant fait alliance avec une autre lignée, celle du conjoint ; face à leur jeunesse encore relativement peu polluée par les tromperies du monde (à condition bien entendue que les parents aient effectué leur propre dépollution...) ; alors, je me prends à rêver du déploiement sans ombre de leur potentiel vital, de l'épanouissement du centre de leur être, avec un certain « naturel de croissance » ; je me prends à rêver qu'ils n'auront pas à faire tout l'aride chemin de reconstruction que j'ai dû effectuer, faute de parents conscients de leurs responsabilités éducatives.
C'est sans doute de rejoindre cette certitude vitale qui m'habite, plus qu'une espérance, une évidence d'accomplissement un jour ; certitude de ce « plus d'humanité » toujours en devenir et en lent accomplissement, qui me fait entrer en réjouissance profonde, qui me rend meilleur, au sens de me remettre dans le meilleur de moi-même. Ainsi, je peux faire ma petite part auprès de mes petits-enfants, dans l'ombre, la discrétion, la délicatesse qui sied à cette petite mission simple de présence auprès d'eux, de présence écoutante vis-à-vis des parents, à la seule mesure de leurs interrogations ou désir de dialogue à ce sujet.
*
Cette nuit j'ai fait un rêve que j'attendais plus ou moins consciemment depuis longtemps. (Je donne le sentiment de changer de sujet, mais il y a un lien avec ce que je viens d'écrire). J'ai rêvé que je retrouvais cette jeune infirmière qui s'occupa de moi de manière particulière à l'âge de 12 ans, lorsque je fis ce si long séjour de plusieurs années en milieu hospitalier. Dans mon rêve, nous étions à une réception, une fête, peut-être une soirée de mariage, et je croyais la reconnaître au milieu des invités. Pas très sûr, je n'osais m'avancer. Alors c'est elle qui vint vers moi et prononça mon nom. Je l'appelais aussitôt par le sien et je vis dans son regard à la fois rempli de surprise et de bonté qu'elle ne m'avait pas oublié, alors que dans la réalité, je suis persuadé qu'il en est tout autrement. Je ne fus qu'un parmi d'autres. Mais dans mon rêve, je me réjouissais de ces retrouvailles inespérées. Car, « Mlle Françoise » a concouru éminemment, sans le percevoir sans doute, à ma véritable renaissance en humanité... C'était il y a plusieurs dizaines d'années... Et cependant, ces instants auprès d'elle viennent me traverser régulièrement et je lui garde une reconnaissance infinie pour ce qu'elle fut, mais sans doute plus encore pour ce qu'elle représenta à mes yeux.
Dans mes « lettres de reconnaissance » (petit ouvrage auquel je tente de m'atteler et que j'ai déjà évoqué ici), une lettre lui est adressée. Je vous en réserve le scoop et la publie provisoirement ici. (*)
(*) retirée depuis.
*
Le lien que je fais entre mon rêve et la récente arrivée de mon petit-fils, c'est que dans les deux cas il est question de naissance et de renaissance, d'espérance d'un toujours possible, sans cesse offert à condition d'entrer consciemment et volontairement dans le mouvement des solidarités de vie, des dynamiques positives qui sans cesse se présentent à nous et que cependant, imbéciles que nous sommes parfois, nous ne voyons pas ou refusons de voir au fil de nos quotidiennetés. À moins que nous ne prenions un plaisir pervers d'opter pour la plainte permanente face à un monde « en crise » ou nous risquerions de perdre - Oh ! Horreur des horreurs ! - une petite parcelle du surplus de richesses dont nos regorgeons à nous en étouffer... Alors que la moitié de la planète crève de faim...
Mouvement de vie que je vois chez ma fille aînée qui a fait le choix de renoncer à une « brillante carrière » pour vivre son épanouissement de mère qui m'émerveille chaque jour ; que je vois chez mon deuxième gendre, qui a fait le choix d'un nouveau travail professionnel qui le rendra plus disponible à sa réalité de père. Évidemment, ils ne feront pas la Une des médias en travaillant humblement à l'éducation de leurs enfants, afin qu'il puisse peut-être un jour concourir à ce « plus d'humanité » auquel je ne cesse de croire, même s'il est de bon ton de prétendre que le monde court à sa perte...
Reste à m'interroger sur mon propre mouvement de vie pour les mois qui viennent.
*
Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 11:18 AM
|
lundi 7 septembre 2009
Accomplissement du désir
 Je vous présente un échantillon des 3.400 g et 50, 5 cm de mon petit-fils qui vient de naître ! Le premier de ma deuxième fille. Le cinquième pour le grand-père, dans l'ordre d'arrivée sur cette minuscule planète perdue dans l'immensité des univers. Et, pour le papa et la maman, l'unique, l'essentiel, l'irremplaçable, parmi les milliards d'humains qui ont précédé et quelques autres milliards, espérons-le, qui viendront à sa suite. (et le plus beau cela va sans dire - mais c'est vrai qu'il est vraiment beau !). En le prenant pour la première fois dans mes bras, je pensais à l'immense caravane humaine dans laquelle il venait de s'inscrire par le désir, l'amour et la volonté de ses parents qu'il en soit ainsi. Petit être endormi, vulnérable et s'abandonnant en confiance. Petit être endormi, riche déjà de son potentiel vital qui aura à éclore et se déployer dans un berceau d'amour. Petit être endormi, qui vient réveiller les élans les plus essentiels au coeur de ceux qui l'aiment, et donc porte en lui, par sa seule existence, à la fois la totalité de la réalité humaine, est à la fois une si petite parcelle de l'humanité toute entière. Que ferons-nous ensemble de tout cela... ? Car finalement chacun de nous porte en lui la réalité d'un tout, même si nous avons trop souvent un sentiment d'impuissance désespérante, nous portons au coeur plus d'amour à donner que nos apparences trompeuses. Nous sommes capable de porter beaucoup de fruits, quand bien même nos frilosités et nos fausses croyances murmurent bêtement le contraire à nos oreilles. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:06 AM
|
mardi 1 septembre 2009
Voici un texte que j'ai écrit en bord de mer. J'observais sur la plage une famille aux "enfants sages". De ces enfants que d'aucuns admirent, tellement ils sont : « sages comme des images » (l'expression parle d'elle-même....), qui n'agissent qu'en conformité avec les souhaits des parents. Il y a dans mon entourage un couple avec "enfants sages", bien obéissants. Deux jeunes garçons déjà éteints !... Mais dont les parents sont très fiers, tant ils sont « sages » !... Au retour, j'ai écrit le texte suivant...
*
Le chemin détourné pour L'Existence.
Je n'étais pas destiné à être un enfant sage ! Je n'ai donc pas réalisé ce projet... Il aurait été relativement commode de me soumettre au Désir de ma mère, de devenir un enfant sage, brillant scolairement, autonome aussi vite que possible, conforme à ce que l'on attendait de moi. Certes, ce fut le cas partiellement, mais très partiellement.
En réalité, je n'ai cessé de mener mes petits combats de guérilla domestique, multipliant les escarmouches de couloirs, les désobéissances délibérées, la transgression des promesses d'armistice faites du bout des lèvres, les dissimulations multiples et variées, les mensonges effrontés droit dans les yeux, les maladies inventées, les symptômes créés de toutes pièces, pour éviter cette horreur des horreurs d'aller à l'école, développant ainsi l'unique don que ma mère voulait bien me reconnaître, qu'elle me répétait sans cesse : « Tu as le don de m'énerver ! ».
Pour pouvoir exister, - ce qui à mes yeux d'adulte d'aujourd'hui était parfaitement et absolument légitime, - je me fis rebelle. Mon cas fut alors rapidement jugé : « tu es un sale gosse ! ». Me voici donc au coeur d'un terrible conflit interne de légitimité. Devais-je me faire confiance en tant que rebelle entré en résistance de (sur)vie ? Et donc continuer mon combat. Ou, devais-je accréditer la thèse de l'adversaire qui cherche à abattre le résistant terroriste, à le faire rentrer dans le rang et la normalité de l'enfant sage ?
C'est évidemment aujourd'hui, à l'âge adulte, que je pose ainsi cette dialectique. Enfant, je ne disposai pas de cette capacité d'analyse et de recul comme je l'ai actuellement, après tant d'années de recherches sur moi-même. Je crois cependant avoir navigué à l'estime comme dirait le marin, à bord du frêle esquif de ma petite vie, faisant confiance à une sorte de petite voix intérieure, qui se faisait discrète, n'exprimait pas grand-chose, mais me poussait plus ou moins à l'action dans le sens de ne pas me laisser faire, d'être un enfant à la fois rebelle et espérant, car un certain optimisme a toujours caractérisé le fond de ma personnalité.
Cependant, les forces en présence sont totalement inégales. L'adulte dispose de tous les pouvoirs, d'une armada extraordinaire alors que l'enfant ne dispose que d'une petite barquette et d'un pistolet à fléchettes... Les guérillas enfantines ne résistent jamais très longtemps à une armée adulte bien organisée, ou alors les pertes sont considérables et, si victoire il y a, elle ne peut être que très amère...
Il me semble confusément que j'ai capitulé quelques semaines après la rentrée des classes de cette année-là. J'avais pourtant pris de « bonnes résolutions », j'avais espéré améliorer mes résultats, fait quelques efforts que j'estime méritoires, mais les résultats furent décevants, vu mon passif antérieur et mes acquis insuffisants pour pouvoir suivre sans une assistance parallèle, un soutien scolaire, que je n'eus jamais... « Tu n'as qu'à mieux travailler ! », me répétait ma mère, rejetant toute la responsabilité sur moi et ma paresse, manière bien commode de ne pas assumer sa propre responsabilité éducative, de se défausser sur moi de ses incohérenses personnelles, de son incapacité à choisir pour assumer son devoir de mère auprès de son jeune enfant.
Il me semble qu'en ces semaines-là j'ai perdu tout espoir. Il se fait alors que j'ai abandonné mon corps, ma vie, mon destin, à l'Envahisseur... Unique et ultime moyen dérisoire autant que puissant, de leur échapper, au risque d'en mourir. Ce jour-là ma vie a basculé.

AlainX 9:26 AM
|
|