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mardi 31 mars 2009
Sortie nocturne
Avant que l'aurore ne pointe, j'ai parcouru la ville encore endormie. Je venais de déposer ma compagne en gare. C'est rare qu'elle parte si tôt. Lorsque cela arrive, généralement je rentre rapidement chez nous. Mais ce matin j'ai fait le tour de la ville, roulant un peu au hasard, surpris de ne croiser quasiment aucune voiture.
J'ai vécu des sentiments partagés. Ce côté désertique d'un centre-ville que je connais quasiment toujours en effervescence m'est tout à coup apparu étrange. J'ai eu ce sentiment d'enfance presque angoissant, lorsqu'on se prend à s'imaginer seul au monde, ultime humain survivant d'on ne sait quelle mystérieuse disparition de tous ses congénères. À l'inverse, et en laissant planer mon imaginaire, je me laissais gonfler par la possession. La ville entière était à moi, rien qu'à moi. Je pouvais décider de tout, permettre ceci, interdire cela. Façonner, transformer, construire, détruire. Autoriser certains à fouler mon sol, interdire tout accès à d'autres. Ah ! La magie de la domination totale sur tout ce qui existe !... (Et dire que je n'envisageais pas dans ma jeunesse qu'à un âge avancé on puisse encore avoir des pensées enfantines !! ...).
Puis, je me suis retrouvé dans cette rue réputée chaude, [tu parles, le thermomètre de la voiture indiquait 2° à l'extérieur] où ces dames font le tapin de jour comme de nuit. À cette heure-là elles n'étaient que quatre. Comme je roulais lentement, je fus perçu comme un client potentiel et au feu rouge le regard de l'une d'elles me scruta longuement. J'ai alors réalisé qu'il n'y avait rien de véritablement humain dans ce bref instant relationnel. Je regardais un produit que je n'avais pas l'intention d'acheter. Elle avait cet oeil méprisant qui jauge l'animal prêt à dégorger moyennant finances. C'est alors qu'une infinie tristesse m'envahit. De celles qui vous pénètrent jusqu'aux os lorsque la déshumanisation s'impose en un instant. La mienne évidemment. Car, dans d'autres rues j'avais vu quelques ombres humaines se diriger probablement vers leur lieu de travail et j'avais pensé à elles comme on pense aux humains qui travaillent de nuit alors qu'on est encore bien au chaud dans nos draps. Mais, lorsque j'avais aperçu les prostituées, je m'étais mis, quasi automatiquement, à les considérer comme un produit sexuel consommable. C'est clair que je n'étais pas acheteur ..., mais, quasiment inconsciemment je regardais des putes, pas des femmes.... Il aura fallu ce regard au feu rouge pour que je réalise ma capacité à me déshumaniser en un instant. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 8:43 AM
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lundi 30 mars 2009
Aux jours anciens revisités.
Il est des jours anciens imprimés en moi comme sur des vieilles plaques photographiques quelque peu abîmées et détériorées. Des traces sensibles de l'époque sont encore visibles, autour desquelles peuvent se recomposer des lambeaux d'un passé révolu. Juste comme ça. Juste pour le plaisir de les faire revivre en les modifiant partiellement par petites touches ou par grandes plages, selon l'inspiration, selon le désir. Pour le plaisir de mêler la nostalgie au réel. Pour la tentative de restaurer l'état d'origine, tout en brouillant les pistes, mêlant l'inventé à l'avéré, le fantasme à la réalité. En recherche d'une vérité qui n'existe que parce qu'on la nomme ainsi, de sa propre et unique autorité. Parfaitement exacte, puisqu'elle est dans l'erreur des ressentis savamment entretenus... Et cependant, terriblement révélatrice...
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_____ l'attente _____
Ce jour là je compris l'intensité de l'attente. Je lui avais donné rendez-vous. À moins que ce ne fût elle. À moins qu'il ne se soit agi d'un commun accord, mais quand même, l'un de nous avait bien dû commencer, susciter, envisager. Lequel désirait-il le plus cette rencontre-là ?
C'était le genre de questions auxquelles je me gardais de formuler la moindre réponse. Il valait mieux ne pas connaître qui attirait l'autre. C'était presque dangereux., comme de s'avancer en terrain découvert, sans bien savoir ce qu'il y avait devant. Amie ou adversaire ?
J'avais cependant suscité le lieu. Le grand et large escalier de la bibliothèque municipale. Il comportait un palier dont l'un des côtés avait été comme approfondi, offrant ainsi un espace un peu sombre et retiré, où étaient disposés quelques sièges pour des conversations silencieuses ou la lecture attentive d'un ouvrage emprunté. L'endroit était intime et en même temps lieu de passage. Un endroit à la fois sérieux et neutre. Un endroit favorable à tous les possibles, des stratégies de repli jusqu'aux avancées prometteuses.
J'arrivais presque fébrile, à peine en avance, espérant qu'elle fut là, déjà. Il n'y avait cependant personne. J'eus un pincement au coeur, vite tempéré par l'heureux constat que personne n'occupait les autres sièges de ce palier. Je choisis un fauteuil qui permettait à la fois d'être peu vu de ceux qui montaient et descendaient le grand escalier, et à la fois de surveiller l'immense porte en verre de l'entrée. Cependant, je veillai à ne pas me comporter comme un guetteur. À ne pas regarder par-dessus la balustrade d'une manière appuyée. Pourtant, personne ne me voyait : trop haut pour ceux qui entraient, trop loin dans l'ombre pour ceux qui empruntaient l'escalier. J'avais ce besoin idiot de me donner une contenance face à moi-même. Faire un peu semblant que ça n'avait pas autant d'importance que cela ce rendez-vous, me préparer en quelque sorte à ce qu'elle puisse ne pas venir. Et en même temps, au centre de ma poitrine, désirer intensément et douloureusement qu'elle arrivât.
Les minutes s'écoulaient. Chacune d'elles devenait plus longue que la précédente. J'avais sorti un livre de ma serviette, l'un de ceux que je devais rendre à la bibliothèque. Je lisais quelques phrases au hasard. Mais ce n'était qu'un alignement de mots que j'égrenais avec les yeux, comme un bigot ses grains de chapelet. Cela se voulait un scénario d'évitement pour ne pas penser, une tentative de faire taire mes commères intérieures, qui commençaient à murmurer de leurs voix sarcastiques qu'une fois de plus j'étais un imbécile qui y avait cru. Elles savaient s'y prendre ces salopes pour faire grimper l'angoisse dans mon ventre, pour me rappeler que ma vie se devait d'être une succession d'échecs réitérés, surtout lorsque je croyais entrevoir la vague lueur d'un improbable bonheur impossible. Je n'avais pas encore compris grand-chose à mon existence. Alors je les accréditais, en tant que messagères particulières spécialement affectées à la prémonition des mauvaises nouvelles, que finalement j'attendais avec fatalisme.
Généralement cela fonctionnait parfaitement. Aussi je pris la décision de quitter l'endroit, de m'échapper, d'aller n'importe où, mais au dehors. Ce lieu devenait insupportable et étouffant, et d'ailleurs, signe du destin, quelqu'un vint s'asseoir sur un des sièges, sortit papier et crayon et se mit à écrire. C'est ma sentence qu'il rédigeait. Mon arrêté d'expulsion de cette relation.
En quelques instants je venais de basculer. Du sommet vers l'abîme. Du soleil éclatant et joyeux à l'ombre épaisse et triste. J'avais gravi l'escalier fier et droit, l'espoir au coeur. J'allais à présent descendre les marches le dos voûté, les yeux dans le vide et l'estomac noué.
Et puis, il y eut sa voix douce : « Bonjour, Alain... ». Debout, elle se penchait vers moi, et sa main ouverte se posa sur la mienne fermée. Je suis devenu liquide. Comment était-il possible que je ne l'ai pas vu arriver ? Dans quel terrible cécité m'étais-je installé ? J'ai vaguement balbutié je-ne-sais-quoi. « Ça ne va pas ? » Interrogea-t-elle le visage étonné. Ça allait très bien au contraire. Enfin non ! Ce qui n'allait pas c'est l'état lamentable dans lequel je m'étais mis. Et l'état inverse qui m'envahissait à l'instant. Ce n'est pas elle qui me troublait, c'est moi qui étais dans le trouble. Enfin, je veux dire, c'était moi à cause d'elle, mais ce n'était pas elle la cause. Bref, je ne savais plus. Je débordais trop d'un bonheur et d'une émotion que j'aurais voulu maîtriser. Ne pas laisser paraître, tout en montrant cependant.
Elle s'était assise dans le fauteuil à côté. Un peu trop loin cependant. J'aurais dû le rapprocher avant qu'elle n'arrive. C'eût été plus intelligent que mes inquiétudes idiotes. Mais quoi, n'était-ce pas déjà largement bien comme cela. Elle était venue. Elle semblait heureuse de me voir. Elle se mit à parler. Je ne me lassais pas de l'écouter.
(...)
Libellés : un passé revisité

AlainX 9:27 AM
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vendredi 27 mars 2009
Les bonnes personnes
C'était une expression de ma mère : « C'est une bonne personne ! », disait-elle en évoquant quelqu'un dont elle estimait positivement les actions, sa manière d'être ou de faire. C'est une expression qui m'est revenue récemment à propos de quelqu'un. C'était sous forme de pensée, pas d'expression orale. Cela m'a étonné. Habituellement je dis plutôt des choses du genre : « c'est quelqu'un de valable /c'est quelqu'un de bien /c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup /... Etc.).
L'expression « bonne personne » ne m'est pas familière. Cependant, ce matin, je la trouve belle et profonde. Elle évoque une intensité de bonté, de clarté, de bien-faisance. Quelque chose qui tient de l'état intérieur. Une émanation de la personne, presque malgré elle. Quelque chose qui est au-delà du registre des appréciations de jugement : bon/mauvais ; bien/mal.
Quand j'évoque cette personne, je suis prêt à fondre de reconnaissance envers elle. Comme si cet état intérieur manifesté, comme une aura d'entourement, pouvait être le bien le plus précieux qui puisse être offert à quelqu'un.
Une sorte de bonté pénétrante. Comme l'acte sexuel qui ne vient pas uniquement offrir du plaisir et rechercher le sien, mais qui est un don de toute la personne à l'autre. (Évidemment, dans ma comparaison, je me situe en partenaire masculin... À cause du mot pénétrant. Je ne sais comment elle sera ressentie au féminin...).
*
Ma compagne me dit souvent : « je désire ton bien ». Je n'ai jamais ressenti cela comme une volonté, cela n'a rien à voir avec une formulation du type : « si je fais [si j'exige] ceci ou cela, c'est pour ton bien ! », ce qui est généralement une justification de ce qu'il aurait mieux valu ne pas faire... Car bien entendu, nul ne peut décider à la place de l'autre ce qui est bien et ce qui n'est pas bien pour lui... (Je parle ici des relations adultes/adultes, pour ce qui relève de l'enfant ou de l'infantilisme... C'est autre chose !...).
J'ai toujours ressenti dans cette expression, lorsqu'elle l'a prononce, un immense appel à ma liberté personnelle, à mon existence pour ce qu'elle a à être, très indépendamment de ce qui pourrait être ses désirs pour moi, et qui ne sont que des forces subtiles de domination.
C'est sans doute que je ressens alors cette intensité de bonté qui m'est manifestée. C'est comme une exhortation du Désir, un appel à la vie. L'entourement de bonté c'est pour faire exister. Pour offrir ce possible à l'autre.
C'est sans doute cela une personne de bonté. Ce ne peut pas être quelqu'un qui agit en lieu et place, par substitution, par procuration, par défaut. Ce ne peut être un juge qui décrète, qui assène des sentences et des jugements. Des : « Je te l'avais bien dit ! /si tu m'avais écouté ! / tu as la monnaie de ta pièce ! /c'est bien fait pour toi ! /ne compte pas sur moi pour te défendre ! »... Etc. etc. Toutes ces expressions et comportements qui renvoient l'autre à sa misère du moment, qui sont des manières de le maintenir la tête sous l'eau... Et après on dira qu'on l'aime !... D'ailleurs, il suffira de brandir l'adage auquel on n'a rien compris : « qui aime bien châtie bien ! »...
J'aimerais posséder pour moi-même cette intensité de bonté. J'ai encore bien des armes à déposer pour en être capable. Je devrais pourtant diriger mes pas dans cette direction. Je n'ai plus l'âge des combats sanguinaires qui furent les miens parfois. Je devrais devenir comme mon père sur la fin de sa vie. Lui qui avait aussi mené bien des combats pour la Justice. Lui que mes enfants appelaient « Bon-papa ». Lui qui avait émoussé ses angles trop pointus. Lui qui avait abandonné ce regard sévère qui parfois me foudroyait dans l'enfance. Lui dont je voyais au fond de ses yeux bleus délavés, cette instance bonté qu'il avait fini par laisser transparaître dans les dernières années de sa vie.
Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 12:25 PM
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jeudi 26 mars 2009
amour de continuité
C'est curieux comme j'ai eu ce besoin de finaliser par visualisation cette sorte de sécheresse qui s'en venait en moi et que j'ai appelé « ma tentation de Venise ». Cela m'a permis de retrouver la bonne distance avec moi-même, de recreuser mon puits jusqu'à la nappe phréatique qui irrigue mon existence.
*
(...) Peut-être est-ce cela qui me caractérise et fait de moi ce que je suis : *l'amour de continuité*. La permanence d'une présence, la permanence d'un lien. Une continuité qui est plus qu'une persévérance, laquelle est supposée s'accompagner d'une tension d'efforts, alors que la continuité est un processus que l'on suit, dans lequel on se tient, parce que, là est notre demeure. La Demeure.
Mon être (ce qui constitue mon essence), est *demeurant*. C'est sa fidélité à lui. L'infidèle, c'est toujours moi, jamais lui. C'est moi qui m'éloigne de sa présence, de La Présence. Pas l'inverse. La descente en moi-même me fait sans cesse me relier à lui, en sa profondeur d'existence, en son épaisseur de mystère. C'est ma reliance.
Quelles furent mes relations les plus intenses, si ce n'est celles où se manifestait une présence quelque peu palpable, dans le silence d'un côte à côte, dans un regard échangé où les fonds des yeux se rejoignent, dans le partage du coeur à coeur, sans retenue, dans la nudité partagée sans convoitise de l'autre. Quand le désir se fait don, et non plus possession. Lorsque l'on passe de la tentative de rapt à l'offrande de soi-même. Lorsque le loup se fait agneau.
Alors, à ce moment-là seulement, je suis dans l'amour de continuité, sans rupture ni avec moi-même, ni avec la relation.
Seul cet amour de continuité me donnent ma liberté d'être. Sinon je suis dans cette fausse liberté et l'indépendance individualiste. La liberté des éphémères rencontres qui ne génèrent en moi qu'insatisfaction renouvelée, où la sécheresse du coeur se montre incapable de privilégier des amours durables et fécondes.
Avec qui je vis cet amour-là, que j'appelle de continuité ? J'ai identifié sept personnes. (Curieux de retrouver le chiffre sept et sa symbolique !...), qui ont cette caractéristique, cette spécificité, difficilement descriptible avec des mots simples. Avec ces sept personnes je suis en lien depuis au moins une trentaine d'années. Bien sûr, il y a bien plus de personnes avec lesquelles je suis en relation de longue date, des personnes importantes pour moi et que j'aime profondément, mais vis-à-vis desquelles je ne retrouve pas ce lien intérieur, tellement spécifique et singulier. Ces sept-là on leur demeure en mon être et je leur manifeste mon amour dans la relation. Sinon le lien n'est pas nourri et risquerait de devenir comme une branche desséchée.
Je me demandais si un jour il y en aurait d'autres que ces sept-là ? Je laisse évidemment la possibilité ouverte. Mais, pour allonger ma liste, il me faut l'épreuve du temps, celui du tissage du lien, de l'être ensemble, du don réciproque suffisamment nourissant pour chacun, et j'ajouterai que la relation soit déparasitée un minimum (et un peu plus que ça !...) des problématiques liées au manque et aux dysfonctionnements de chacun. C'est pour cela que je me demande, vu mon âge avancé !..., s'il est possible qu'un jour ma liste s'allonge...
* On peut se poser la question : est-ce utile de catégoriser ainsi ses relations ? Est-ce que ce n'est pas une manière de les figer ? De ne pas accueillir suffisamment les jaillissements de la vie ? Etc... Toutes questions de ce genre... Ma réponse est assez simple, et même quelque peu catégorique : non seulement c'est oui, mais c'est à mes yeux indispensables... Je tire cela de l'expérience de ma vie. Ce n'est pas une idée qui me serait venue parmi d'autres. J'ai pu observer à quel point les personnes étaient capables de se mettre dans des imbroglios relationnels parfois inextricables, parce qu'elles n'avaient pas l'aptitude d'identifier le type de relation dont il s'agissait. Chez les jeunes, et de plus en plus me semble-t-il, c'est excessivement flagrant, et, hélas, bien souvent déstructurant de la personnalité. Mais les adultes ne sont guère épargnés en ce domaine. L'incapacité à fixer des balises relationnelles génère toutes sortes de relations qui avortent avant même d'être arrivé à une maturation possible potentiellement. J'ai encore récemment eu le témoignage d'une personne vis-à-vis de laquelle j'avais posé certaines balises, qui avait vécu cela très mal (et je peux comprendre...), mais qui est venue me remercier de l'avoir fait, comme une sorte de cadeau en quelque sorte... À force de penser qu'au nom de la liberté, on peut vivre tout et n'importe quoi, à tout âge dans n'importe quelle circonstance, on finit par se perdre totalement, par dessécher son coeur, par s'aigrir, ou au contraire par se disloquer le corps et le coeur aux quatre vents comme un artichaut qui n'est plus qu'un amas de feuilles sans saveur.
Il fut une époque où la société occidentale, - dans le domaine des rapports sociaux, familiaux, humains, - disposait de structures contraignantes, de principes, de lois plus ou moins rigides, et qui, faute d'être expliqués et intégrés dans le cadre d'une éducation bien comprise, sont devenus desséchantes de la vie. Ce système a donc été progressivement rejeté (et en ce sens mai 68 fait figure de symbole... Mais ce ne fut qu'un épiphénomène). Le problème c'est qu'on n'a remplacé pas rien ! Et chacun s'est retrouvé confronté à se débrouiller par lui-même avec une liberté et une permissivité abondamment donnée, mais c'était comme partir pour une course au large sans cartes, ni boussole, ni GPS moderne ! Il ne faut pas alors s'étonner que les barquettes individuelles soient en errance, que certains coulent corps et biens, que d'autres soit repêché par les nouveaux paquebots de faiseurs d'illusion de toutes sortes. (Et a commencé par les supertankers que sont les médias aux mains des financiers). Il ne faut pas non plus s'étonner - et ceci à titre d'illustration - que l'école (en tant qu'institution de formation et d'intégration sociale) soit dans un merdier inextricable et pour longtemps... !
*
Suis-je loin de mon sujet d'origine ? Pas tellement ! C'est seulement le phénomène de ma pensée en cercles à l'image du vol de l'aigle... Car l'amour de continuité suppose l'intégration d'un certain nombre de balises posées autant par soi-même que par d'autres. Ce n'est pas parce que l'on est dans un monde où tout est permis dans le domaine relationnel, que tout soit à vivre pour accéder au bonheur. La puissance de l'amour ne jaillit que canalisée, autant par soi-même que par l'autre, sinon elle s'étale comme une eau stagnante qui finit toujours par devenir nauséabonde...
Libellés : De l'intime, Réflexions

AlainX 11:05 AM
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dimanche 22 mars 2009

La tentation du laché de clavier La tentation du quitté d'écran débrancher la clé d'internet pour prendre la clé des champs un jour, un mois, un an. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 6:46 PM
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jeudi 19 mars 2009
de la lassitude d'aimer
Ça vous réveille comme ça au milieu de la nuit. Une envie de ne plus aimer. Comme une envie de pisser. Une envie pressante, prémices de soulagement. Enfin ne plus aimer ! C'est bien de cela dont il s'agit. Aller vers un soulagement. Un soupir au fond des draps à cette perspective.
Est-ce donc une telle pesanteur que d'aimer ? L'amour ne devrait-il pas être légèreté du coeur à chaque instant ?
Et si l'amour se fait exigeant ? Est-ce le signe qu'il défaille ? Ou est-ce le signe qu'il s'affermit ?
Je me souviens dans ma jeunesse de ce vieux curé qui en parlait. « L'amour est exigeant ! », proclamait-il fréquemment, un doigt tourné vers le ciel, à la bande de jeunes boutonneux que nous étions. Et mon copain de répondre : « oui, il faut exiger des femmes qu'elles nous aiment !... » Et tout le monde partait d'un grand éclat de rire, le curé compris.
Il n'avait pas tort mon copain. C'est bien toujours cela que nous réclamons : que l'autre nous aime et nous aime encore ! Comme si cela nous était dû ! Comme s'il était écrit de toute éternité qu'il faille qu'il en soit ainsi... !
Malheur à toi si tu cesses de m'aimer ! : . Supplique d'exhortation de celui qui sait ce qu'est le sommet de l'amour ? . Ou malédiction annoncée de celui qui réclame qu'on l'abreuve encore et toujours ?  Je revendique le droit de ne plus aimer. Le droit de briser les chaînes de l'amour. Mais où donc alors irai-je m'enchaîner ? car ne plus aimer c'est choisir quoi d'autre ? Pourquoi donc cette lassitude d'aimer ? Sans doute parce que je ne puis extirper l'amour de mon coeur. Parce qu'arracher cet arbre de vie qui a pris racine en moi serait déchirer mon propre coeur. alors quand l'amour se fait pesanteur, on le traîne comme le condamné son boulet dont il ne peut se séparer... Parfois, j'ajouterais volontiers une béatitude supplémentaire à la litanie évangélique... « Bienheureux les coeurs secs ! Ils pourront tranquillement se dessécher au soleil... » Il me fait chier ce vieux curé mort et enterré et qui me revient en mémoire avec sa formule : « l'amour est exigeant ! » Il ne fait chier parce qu'il a raison ce con ! Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 9:12 AM
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mercredi 18 mars 2009
la calotte et la capote
L'utilisation du préservatif aggrave le problème du sida, déclare sa très grande, très respectueuse ( comme la Putain du même nom) et très vénérée sainteté Benoît XVI, que je me prosterne à ses pieds pour lui baiser les choses.
---------------- Je ne comprends pas pourquoi le pape est contre la capote, étant donné qu'il pratique la masturbation (intellectuelle) avec une calotte qu'il enfile sur son bulbe cérébral de glandu. Hélas, c'est une calotte percée, puisque ses éjaculations de conneries explosent malgré tout et viennent éclabousser les femmes. Elles attendaient sans doute autre chose d'un soi-disant représentant du Christ sur terre, qu'une déclaration où il est manifesté qu'elles doivent se laisser baiser selon la loi du mâle et sans capote, puis crever en silence du sida, histoire de gagner plus rapidement le paradis... ---------------- Évidemment, j'aurais pu me dispenser de cette saillie. Mais, les conneries papales méritent-t-elle autre chose que ce mépris... ? Cependant, il semble qu'il soit parfaitement dans son rôle de chef d'une église délétère, qui préfère, et de loin, mettre en danger la vie des humains, qui n'ont rien à foutre d'intéressant sur terre et feraient mieux de crever pour aller plus vite baiser les orteils de Dieu, suprême jouissance promise aux imbéciles qui y croient...  Parfois, je me demande s'il ne faudrait pas saisir l'une de ces armes que les prêtres totalement stupides, bénissent afin de leur accorder l'allégresse suprême d'aller trucider leurs frères en Jésus-Christ. Avec une telle permission de la hiérarchie catholique, je pourrais bien balancer deux ou trois pruneaux dans les machins du pape pour le faire réfléchir ! Non ? Mais, - question à 1000 hosties, - un pape a-t-il la faculté de réfléchir ? Ne doit-il pas sans cesse rappeler la loi d'un dieu qui, ayant loupé sa création, (il n'y a qu'à regarder la planète...), cultive un syndrome pathologique de vengeance contre les pauvres créatures que nous sommes... Comme un père énervé de ses propres conneries, balance une sainte gifle à son fils, pourtant innocent de tout cela... ----------- Photo : prêtre aux Philippines bénissant des mitrailleuses... Libellés : Rogne et grogne

AlainX 9:07 AM
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samedi 14 mars 2009
En paix
Ce matin au réveil, une paix profonde m'habitait. L'aube commençait à poindre à travers les volets. Je savourais cette lente arrivée de la lumière. J'ai la chance d'habiter un endroit très calme au coeur d'un milieu urbain. Je n'entendais donc rien d'autre que le chant des oiseaux qui saluent le retour du jour. Moi, je saluais le retour d'une paix intérieure qui ne m'avait pas quitté, mais dont je me tenais à quelque distance.
Rejoindre cette zone de paix c'est retrouver le lieu de rencontre avec l'amie qui me soit la plus chère, cette petite voix apaisante au doux murmure de réconfort d'avoir accompli ce qu'il avait à l'être.
Alors, en me mettant à l'écoute, viennent me rejoindre mes compagnons d'aventure sans que je décide vraiment de les évoquer, les voilà qui viennent m'habiter. Comme un entourement bienfaisant. Ce n'est pas que j'évoque des souvenirs, c'est juste que je me laisse ressentir une présence. Le fond de moi-même est une demeure pour ces personnes-là, qu'elles soient encore vivantes ou qu'elles soient mortes. Évidemment, mon maître à penser s'impose, comme allant de soi. J'ai quitté la nostalgie de ne plus pouvoir le rencontrer, l'écouter, recevoir de lui « en direct ». Mais il a fait sa demeure chez moi. Ou plutôt, je l'ai largement laissé s'installer. Cet homme m'a révélé à moi-même, comme personne ne l'avait encore fait et comme personne n'aurait pu le faire me semble-t-il. C'est de lui que j'ai reçu le chemin vers ma liberté intérieure. Il ne fut pas un thérapeute qui aide à sortir des aliénations, cela je l'ai fait avec d'autres, il fut celui qui me donna les clés pour ouvrir les portes vers les zones du plus profond de moi, dont j'ignorais l'existence ou que je croyais condamnées à jamais.
La paix intérieure est le lieu d'une solitude habitée. Une solitude de présence. C'est tout autre chose que l'évasion dans la rêverie où l'on peut s'inventer des personnages imaginaires ou réels, tenir avec eux des dialogues chimériques, et donc en quelque sorte s'éloigner de soi-même vers un ailleurs fantasmé. Je pourrais évoquer ici toutes ces techniques dites de *visualisation* (imaginez-vous Monsieur, Madame, sur une plage où il y a des cocotiers et vos problèmes seront résolus...), et qui sont autant d'arnaques à la mode pour gogos en mal de technicolor personnel... C'est facile à présenter et ça rapporte gros !... (Suffit d'ajouter quelques CDs de musique planante et une ou deux bricoles d'informatique qui clignotent et font gling-gling, et le tour est joué...).
La solitude de présence dans laquelle je peux me laisser entrer, est d'un tout autre ordre. Et ceux qui habitent là sont une dense présence intérieure et silencieuse. Il n'y a ni images, ni mots. Pas besoin de faire d'effort ou de prendre des postures méditatives complexes, ni de déployer des gestes savants nécessitant une initiation quelconque. Rien de tout cela en ce qui me concerne.
Ce ne sont pas des efforts qui font taire le mental et sa production d'histoires-à-la-con. (Fonctionnement imaginaire, fantasmes, recours à des artifices ou à des drogues ). En tout cas, pour moi ça ne marche pas ainsi. Il s'agit juste de se laisser être dans une présence, et la seule attention nécessaire et une attention au corps, tel qu'il est, dans l'état où il est, et non pas à l'issue de je ne sais quels exercices artificiels, dont l'objet est justement de *créer un état*, (c'est-à-dire un artifice), et non pas accueillir sa *Réalité* pour ce qu'elle est..
Le problème est que la simplicité de la chose met du temps à s'acquérir, parce qu'il faut faire preuve de beaucoup de docilité au corps et à ses ressentis. Or, nous préférons une conquête sur nous-mêmes, une sorte de prise de pouvoir, plutôt qu'une docilité au réel, laquelle suppose l'humilité d'une *acceptation* bien plus difficile à faire surgir qu'il n'y paraît au premier abord. Le fameux « s'accepter tel que l'on est » suppose une grande ascèse personnelle. J'ai rencontré bien peu de personnes qui vivaient cette forme d'acceptation totale, à commencer par moi-même... Or, c'est le seul chemin de sagesse qui soit, et d'une certaine manière un chemin de bonheur et de plénitude. [Je précise ici que l'acceptation dont je parle n'a rien à voir avec la résignation, c'est même tout le contraire... Ce sont les gens qui ne s'acceptent pas qui se résignent à leur triste condition... Seule l'acceptation pleine et entière de sa Réalité ouvre la porte aux changements...]
Libellés : De l'intime

AlainX 9:59 AM
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vendredi 13 mars 2009
mes archives (épisode trois... ! )
Cette fois encore les commentaires du précédent texte viennent me remuer très profondément. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Je ne suis pas sûr de pouvoir écrire ici tout ce que cela a soulevé en moi-même. Je crois d'ailleurs que je ne le réalise pas encore. En tout cas, je sens confusément que cela marque un tournant. Plus précisément une croisée des chemins. Les commentateurs/trices, sans le savoir sans doute, (quoique !) m'ont conduit à ce croisement qui génère l'avancée vers un choix à décider et dont je n'imaginais pas la portée.
Mon premier billet sur les archives a bien failli passer à la trappe. Je le trouvais sans grand intérêt. Une sorte de cuisine personnelle qui ne méritait pas de publication. Et puis... Il s'est passé ce que j'ai dit dans la deuxième entrée. Et voilà que ça continue à cheminer en moi, uniquement à cause des réactions des lecteurs.
Je voudrais les remercier, de leur sincérité, de leur justesse, de leur interpellation. Surtout d'avoir pris le temps d'écrire avec ces qualités-là. À mes yeux, il n'y a jamais de "mauvais commentaires", et parfois des phrases aux apparences anodines ont creusé en moi comme des forets. Mais là, une sorte de convergence de point de vue m'oblige à me mettre face à moi-même au regard de tout ce que j'ai pu écrire et publier. Je mesure une certaine responsabilité qui est la mienne. Et forcément je retrouve cette tension qui me fait osciller entre survaloriser et minimiser la portée de mes propos. Et quand je suis dans ces extrémités, ces extrémismes personnels, (me donner plus d'importance que j'en ai, où à l'opposé considérer que tout cela est finalement sans intérêt), la tentation est la même, me taire et/ou supprimer tout ce qui existe.
Mais alors, et d'une certaine manière, c'est moi-même que je supprimais et tout ce à quoi je crois... Et ça, c'est excessivement douloureux en moi, de voir à quel point je reste dans ces schémas contradictoires, j'allais dire encore à mon âge... Et qui me ramène toujours au « tiens-toi tranquille » de mon enfance, et qui est le titre du texte qui m'a valu un prix dérisoire dans un concours de " récits de vie". Je dis prix dérisoire, puisque c'était le prix du cuisant échec préalable à une tentative de renaissance. Disparaître pour être. (Les quelques rares lecteurs de ce blog qui ont eu accès à ce texte, comprendront ce que je veux dire...).
Libellés : Réflexions

AlainX 11:00 AM
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jeudi 12 mars 2009
mes archives (suite...)
Pourquoi j'ai écrit le billet précédent ? C'est la question qui me venait en lisant les commentaires. Quelqu'un dit : si tu veux qu'on te dise en choeur: steplè Alain garde tes textes...ben le choeur est formé... Est-ce cela que j'attendais inconsciemment ? Un cabotinage d'AlainX ! Une fausse sortie de scène ! Retenez-moi d'effacer ! Retenez-moi bon sang ! Peut-être après tout... Et d'une certaine manière, je préférerais que ce soit cela. Ce genre de caprice ne porte guère à conséquence... Je crains cependant que la chose soit bien plus complexe... Je crois fortement à ce que j'écris ici. Je veux dire que j'y affirme ce que je suis, ce à quoi je crois. Je témoigne aussi de ma propre existence, de l'analyse que j'en fais, en raison du recul que je peux prendre, ayant l'expérience qui est la mienne, à cause de mon âge, à cause d'engagements qui furent diversifiés. À cause surtout je crois de la permanence de l'analyse qui fait de moi un être cherchant sans cesse à comprendre en vue d'une progression.
Dans le même temps, je crois tout aussi fortement que tout cela est vain. Ce n'est que du vent, de la vapeur, une brume matinale qui ne dure pas... Voilà pourquoi cela ne doit pas durer dans le temps, mais demeurer dans l'éphémère de l'instant.
J'entends encore mon père citer l'Ecclésiaste (texte de la Bible) : «''Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité'' » j'ai profondément été marqué par cette expression qu'il reprenait souvent. Mon père était un homme influent, écouté, auprès duquel on prenait conseil, un homme d'une parfaite droiture, d'une probité rare. Il forçait l'admiration de beaucoup. Je me souviens de ce chirurgien me disant le jour de ses obsèques : " ton père était vraiment un grand monsieur ". Et cependant : tout est vanité... C'est-à-dire, non pas tout et orgueil comme pourrait le laisser entendre le sens moderne du mot vanité, mais : tout n'est que du vent ! (Vanité = "HeVel" en hébreu = la brume matinale)
Et moi, j'oscille sans cesse entre les deux. Les deux coexistent en moi en permanence. Une dynamique d'affirmation qui me pousse à l'écriture que vous lisez ici. Une dynamique de recul qui me pousse à retirer ce que j'ai déposé... Parce que j'estime que tout cela est vanité (est vain).
Il est vrai que retirer et reprendre et encore un acte de possédant. Et que je pourrais me dire qu'il me faut abandonner tout cela, mes petites poussières de textes, à la planète Internet et qu'ils se dilueront dans l'immensité des milliards de pages que bien des gens ont écrites et que bien peu de gens liront... Comme dit quelqu'un si ça peut faire du bien à une personne sur 1000 lecteurs... À cela je suis quand même sensible.
Reste que je voudrais à la fois laisser trace... Et disparaître... Je me demande parfois si c'est une contradiction ou une *tension fondamentale*. (C'est-à-dire une tension nécessaire, comme celle de l'arc). J'aurais tendance à pencher pour la deuxième option.
En tout cas je remercie les commentateurs/trices, bien sûr parce qu'ils accordent du prix à ce que j'écris, et que je ne vais quand même pas m'en plaindre, mais parce qu'ils m'obligent à réfléchir plus loin ; et que peut-être aussi j'ai besoin de ressentir un minimum d'utilité de mes propos, puisque ce blog, presque malgré moi, est devenue en grande partie un lieu d'exposition de ce qui fait l'essentiel de mes « croyances » personnelles ; alors qu'il ne fut au départ qu'un lieu de bavardages ordinaires sans intention autre que de me distraire par l'excitation qu'apportait ce nouveau mode de communication.
Libellés : Réflexions

AlainX 11:42 AM
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mercredi 11 mars 2009
mes archives J'envisageais de mettre quelques °morceaux choisis° de mes textes de l'année 2008 sur mon autre blog « mes promenades intérieures ». Au préalable, je suis allé y faire un tour, j'ai consulté les statistiques, ce que je n'avais pas fait depuis un an. J'ai constaté qu'il y avait une centaine de visiteurs par mois, mais que globalement, la moitié d'entre eux ne passaient même pas cinq minutes sur le site... Et que 40 % ne dépassaient pas la minute !! Autrement dit, les gens débarquent par hasard à partir d'un moteur de recherche et repartent comme ils sont venus... Ce blog me semble donc devenu inutile. En revanche, je constate que la plupart des mots-clés qui ont fait atterrir chez moi ont trait à la relation de couple, ses difficultés, ses errances, ses questionnements... j'en ai plusieurs centaines... C'est pathétique de lires certaines formulations... Qui montre les déchirements, les ruptures, les catastrophes relationnelles, les problématiques fusionnelles, les crises, mais aussi, et fort heureusement, les espérances d'en sortir, le désir, le bonheur dans le couple, la compréhension des sentiments, etc... Et puis il y a des choses amusantes comme : « qu'est-ce qu'une relation fusionnelle d'adultes ? » - « l'amour passionnel toute la vie » - « la relation amoureuse de la dernière chance » - « quelle est l'efficacité des "retours d'affection" ? » - « combien de temps faut-il laisser aux enfants pour qu'ils acceptent une famille recomposée ? » - etc. À partir de tous ces mots-clés, j'aurai de quoi écrire un livre... ! Ce n'est pas dans mes intentions. Il y en a suffisamment sur des kilomètres de rayon des libraires ! Reste que suis sûr que certains pourraient tirer un peu de profit de mes écrits en ce domaine... Mais voilà... Personne ne lit ces archives-là !! Je vais laisser dormir tranquillement... Mais je n'alimenterai plus...  De ce fait, cela me repose le problème de ce qu'il reste comme archives ici, dans ce blog-ci. Il y a pas mal de temps j'avais pris la décision de ne laisser qu'une année, et puis j'ai laissé filer... Je pense que personne ne va relire. Et, quand j'en aurai le courage je virerai tout cela... (Le problème avec blogspot, c'est que je dois supprimer une entrée à la fois... C'est fastidieux...) Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 6:44 PM
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mardi 10 mars 2009
vases communiquants Parfois on se demande longtemps pourquoi un souvenir d'enfance continue à laisser une trace en nous comme un filigrane que l'on regarde parfois par transparence. Ainsi en est-il de cette expérience des vases communiquants que l'instituteur nous montra avec deux entonnoirs en verre pour nous expliquer le phénomène. Puis il nous montra le principe du jet d'eau en remplaçant l'un des entonnoirs par un tube de verre. C'était la « leçon de choses », comme on disait à l'époque...  Ce genre de démonstration, il y en eut bien d'autres, mais c'est de celle-là dont je me souviens particulièrement. Mais voilà que l'image m'en revient à propos de la question des choix d'attitudes que l'on peut vivre dans sa vie. Je m'imagine "vases communiquants" avec deux liquides distincts dans chaque vase, mais qui ne se mélangeraient pas, [je m'en fous si les lois physiques ne le permettent pas !...]. Un des vases représente les aspects positifs de moi, la vie vraie qui se manifeste au fond de moi, l'autre vase contient les eaux boueuses de mes dysfonctionnements et de mes aspects négatifs. Et moi, j'ai pouvoir de choisir de monter plus haut l'un ou l'autre des vases, afin que coule à l'extérieur l'eau pure qui vient du fond de moi, et qui est à même de faire du bien autour de moi, où les eaux boueuses pour polluer mon environnement relationnel et/ou mes actions. C'est cela ma liberté, mon humanité. La capacité que j'ai de faire ce choix. Car les deux coexistent en permanence en moi-même, l'eau pure et l'eau boueuse. Je n'ai pas de véritable pouvoir sur cette coexistence-là. C'est un état de fait. C'est ma condition humaine, mais mon humanité est plus que ma condition humaine, dans la mesure où je possède cette dimension du libre arbitre. Cette capacité à gérer mes vases communiquants. C'est peut-être cela qui m'avait marqué enfant. Cette sorte de facilité à influer sur des éléments apparemment statiques et qui modifiaient des situations. Les vases, le liquide, étaient des éléments non modifiables en soi. Ils *étaient*. Point final. Mais leur manipulation permettait le déclenchement d'un certain type d'action. D'un certain résultat. En l'espèce un jaillissement, ou une modification d'équilibre des liquides dans les entonnoirs. C'était à la fois très simple et très puissant. Et surtout c'était possible. C'était littéralement entre les mains de l'expérimentateur. Dans mon métier d'aidant, j'ai évidemment rencontré beaucoup de personnes prisonnières de leurs entraves. Elles se disaient incapable d'en sortir. Comme si finalement les vieilles fatalités, les croyances ancestrales d'une destinée personnelle écrite d'avance, la catégorisation des symptômes enfermant (à ces fameuses nomenclatures des troubles psychiques et psychiatriques !! [DSM-IV et autres...] Tueuses de vie par l'enfermement de la personne dans son trouble !!) et toutes sortes de choses de ce genre, devaient sans cesse gagner sur la capacité à gérer sa vie librement. Ainsi, de venir me voir en disant par exemple : « je suis phobique ». Avec tout le poids d'une histoire médicalo-psy, qui amène la personne à confondre son identité profonde, originale et unique, avec un casier, une nomenclature inventée par d'autres, dans laquelle on la fourrée et dans laquelle elle s'est fourvoyée elle-même. Répétez à une personne chaque matin : « tu as un air anxieux aujourd'hui ». Répétez-le tous les jours. Vous verrez qu'elle finira par dire : « je suis une anxieuse, c'est ma nature, c'est moi »... La méthode Coué... Ça fonctionne parfaitement dans le mauvais sens !... C'est si commode de pouvoir s'installer dans un trouble qui nous justifie. Enfin je sais qui je suis : phobique ! Je prends cet exemple, mais je pourrais en prendre bien d'autres, et je ferai mieux d'ailleurs de prendre quelque chose de plus simple et répandu comme : « je suis timide », qui permet de justifier toutes sortes de comportements en deçà de ses capacités, qui permet de s'installer dans une sorte de non-vie. Enfin bref... Je ne vais pas dévier sur ce genre de thématique, avec laquelle je me suis largement battu avec mes « confrères »... Je veux dire avec ceux qui ont toujours aimé mettre les gens dans des petites boîtes à symptômes, et surtout les y maintenir. Ainsi le client revient longtemps en consultation... Il faut bien gagner sa vie !! Il ne faudrait pas croire que je m'en prends de manière critique aux personnes en souffrance, aux phobiques, aux timides, aux mélancoliques, aux narcissiques, aux dépendants de toutes sortes, aux schizoïdes, etc. Toutes ces personnes sont effectivement en souffrance le plus souvent profonde, et je n'ai eu de cesse que de tenter de les en sortir " par le haut". (et personnellement je sais bien ce qu'est "être en souffrance", je le fus plus souvent qu'à mon tour....). Je m'en prends à ceux qui les catégorisent ainsi de manière quasiment définitive, en utilisant des termes comme ceux que je reprends volontairement dans la phrase ci-dessus. Comme un chirurgien dira : "j'ai opéré un rein", et non pas : "j'ai opéré une personne". Ah ! Ces approches volontairement réductrices et le plus souvent infantilisantes, ce qui permet aux soi-disant thérapeutes de garder pouvoir et contrôle sur le patient. Ce qui est la manière de faire d'un certain nombre d'entre eux, plutôt que les regarder dans une dynamique globale de leur existence, et opter pour l'engagement dans une thérapeutique de transformation, c'est-à-dire d'éclosion d'une personnalité profonde, certes particulièrement mise à mal, mais constamment présente au fond de l'être humain. Mais tenir ce langage ne fait pas partie du *thérapeutiquement correct*. C'est tout juste si l'on n'est pas considéré comme un adepte des déviances sectaires !... Bref ! Je m'égare !... Comme quoi j'ai encore quelques comptes à rendre !!!
J'en reviens à mes vases communiquants !... Je voulais souligner la liberté de choix toujours offerte à l'être humain. Même à celui qui croit être définitivement condamné à l'enfermement dans ses symptômes. (D'autant plus qu'on lui aura soigneusement passé une camisole chimique... Et je ne parle même pas ici des hôpitaux psychiatriques, mais du bon vieux médecin de famille, toujours prêt à prescrire les neuroleptiques, antidépresseurs, anxiolytiques et autres psychotropes qui installent rapidement dans une bonne dépendance médicamenteuse de derrière les fagots... Voilà au moins un terrain où la France tient le haut du pavé !!) [Là encore, je ne critique pas la nécessité d'une pharmacopée, mais l'usage abusif qui en est fait, et le plus souvent comme l'unique option en réponse à la demande de la personne en souffrance... Et le pire, c'est que je vois se développer ce type de réponse y compris pour des enfants en bas âge... Mais où allons-nous ! Dolto ! Reviens !]. Décidément ! Je suis remonté ce matin ! (Mais, j'ai une raison précise que je n'exposerai pas ici... !) Bon ! Je m'arrête ! C'est un peu décousu tout ça... J'aurais aimé aborder le sujet de la liberté intérieure face aux dysfonctionnements de manière plus sereine et plus calme. J'y reviendrai sans doute. Mais pour ce matin, un petit défoulement ne m'a pas fait de mal !... C'est ce que j'ai choisi en tout cas ? - librement ? - pfff ! Je vous en pose moi des questions !!! [Note autocritique : - Cette manière d'écrire affaiblit la portée de tes propos, mon cher Alain, car le ton polémique génère des propos excessifs qui desservent tes thèses, qui mériteraient bien mieux car elles ne sont pas dénuées d'intérêt. quand tu fais dans la nuance tu es meilleur. - je le sais, tu m'énerves !]
Libellés : Réflexions

AlainX 3:42 PM
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samedi 7 mars 2009
petite méditation sur des vers d'Aragon
Pourquoi y a-t-il comme cela des poèmes, des chansons, qu'il est impossible d'écouter sans ressentir aussitôt une intense émotion, toujours la même, à la fois identique et renouvelée. Sans doute parce qu'ils nous touchent au plus profond de notre âme, qu'ils nous rejoignent en ces zones enfouies, parfois obscures, parfois pénétrées d'une faible lueur qui rend indistinct un essentiel pourtant entrevu et manifesté par la mélodie des mots. L'intensité d'un contenu suggéré et qui cependant vient nous saisir aux tripes, sans que nous sachions vraiment pourquoi cela nous remue avec autant de puissance et parfois de violence.
Ainsi en est-il pour moi des vers d'Aragon connus sous le titre « Est-ce ainsi que les hommes vivent », mis en musique par Léo Ferré.
Pourquoi cela m'a-t-il toujours semblé relever du sublime ? Probablement parce qu'il y a la conjonction d'un texte et d'une musique qui ne peuvent être menés que sous l'inspiration jaillissante de cette sorte de *collectif profond* que l'on peut rejoindre au coeur du coeur de soi-même et qui nous relie indéfectiblement à la pauvre humanité des humains que nous sommes, sans cesse en recherche d'un *Sens* qui nous demeure caché ou à peine dévoilé, après lequel nous courons tous, qu'on le reconnaisse ou pas. Que l'on soit un trader dont le *sens de la vie* est la spéculation pour un gain maximum, où que l'on soit une nonne au fond de son couvent dont le *sens de la vie* est l'adoration d'un Dieu et le désir de se fondre en lui dans un *Au-Delà* attendu.
Si les vers d'Aragon nous touchent, c'est parce qu'ils manifestent véritablement sa vie. Rappelons qu'il ne s'agit pas là d'un *poème* composé pour remplir un recueil. Le texte mis en chanson est extrait de l'autobiographie en vers qu'écrivit Aragon à l'âge de 59 ans : " le roman inachevé". À l'âge où l'on fait le bilan de sa vie, avec ses ombres et ses lumières. Les ombres de toutes ses désillusions (des utopies communistes notamment), les lumières de son amour (pour Elsa), et le sursaut de l'espérance toujours... espérée...
Par ailleurs, lorsque l'on connaît Léo Ferré, comment ne pas penser qu'il n'a pu que se reconnaître quelque peu dans les vers d'Aragon, lui qui oscilla sans cesse dans toute son oeuvre, entre la tendresse de l'amour et la violence de la révolte. À la recherche du sens de ses contradictions internes. Alors, forcément, est sorti de lui l'exacte mélodie qui convenait à ces vers, et je fais l'hypothèse qu'elle lui est venue comme naturellement, même si elle généra probablement un travail d'écriture musicale ensuite. C'est ainsi que naît un petit chef-d'oeuvre qui traverse les temps et l'espace, et qui prend valeur universelle, même s'il faut un tout petit peu de connaissances historiques de l'époque qu'évoque Aragon pour bien comprendre la portée du poème.
Mais, s'il ne s'agissait que d'une beauté esthétique, nous passerions à côté d'un essentiel. Plus profondément, nous touchons à l'universalité des humains. À cette profondeur, si souvent évoquée ici, qui fait toucher de l'intérieur la *dimension communautaire de notre être*. Celle qui nous relie par nature, que nous le voulions ou non, celle qui appelle à une véritable fraternité des hommes. Celle qui me fait mal parfois, lorsque je la quitte, lorsque je cesse de vivre l'appartenance, lorsque je me mets à confondre : solitude d'un côté, individualisme et isolement de l'autre.
*
Une version « amateur », trouvée sur le net, et qui m'a beaucoup plu par sa qualité d'interprétation.
*
j'ajoute quelques vers qui précèdent la chanson
Et moi pour la juger que suis-je Pauvres bonheurs pauvres vertiges Il s'est tant perdu de prodiges Que je ne m'y reconnais plus Rencontres Partances hâtives Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent Comme des soleils révolus
*
Tout est affaire de décor Changer de lit changer de corps À quoi bon puisque c'est encore Moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m'éparpille Et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles Où j'ai cru trouver un pays.
Coeur léger coeur changeant coeur lourd Le temps de rêver est bien court Que faut-il faire de mes jours Que faut-il faire de mes nuits Je n'avais amour ni demeure Nulle part où je vive ou meure Je passais comme la rumeur Je m'endormais comme le bruit.
C'était un temps déraisonnable On avait mis les morts à table On faisait des châteaux de sable On prenait les loups pour des chiens Tout changeait de pôle et d'épaule La pièce était-elle ou non drôle Moi si j'y tenais mal mon rôle C'était de n'y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern Entre La Sarre et les casernes Comme les fleurs de la luzerne Fleurissaient les seins de Lola Elle avait un coeur d'hirondelle Sur le canapé du bordel Je venais m'allonger près d'elle Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages Il y volait des oies sauvages Qui criaient la mort au passage Au-dessus des maisons des quais Je les voyais par la fenêtre Leur chant triste entrait dans mon être Et je croyais y reconnaître Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche Ses cheveux tombaient sur ses hanches Et la semaine et le dimanche Elle ouvrait à tous ses bras nus Elle avait des yeux de faïence Elle travaillait avec vaillance Pour un artilleur de Mayence Qui n'en est jamais revenu.
Il est d'autres soldats en ville Et la nuit montent les civils Remets du rimmel à tes cils Lola qui t'en iras bientôt Encore un verre de liqueur Ce fut en avril à cinq heures Au petit jour que dans ton coeur Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent.
Louis Aragon - in " le roman inachevé" Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:32 AM
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jeudi 5 mars 2009
l'écriture, et moi, et moi, et moi !... « Plaisir d’écrire ? Rarement connu. Plaisir d’avoir écrit ? Oui sûrement » C'est une citation de Marie Chaix une auteure que je ne connais pas, mais qui est cité par Valclair dans son dernier billet, qui déclare : « je me retrouve totalement dans la formule ». Moi pas ! C'est la raison pour laquelle cela m'intéresse de m'arrêter à cette divergence. Aussi loin que je remonte dans mon histoire, j'ai toujours vécu le plaisir d'écrire. Depuis le simple plaisir de la graphie, la forme des lettres, la beauté de l'écriture à l'anglaise, les pleins et les déliés formés à la plume *Sergent major*, à l'encre bleue ou violette ; jusqu'à l'intense jouissance de voir les mots sortir de soi et se dérouler sous la plume plaqué or 23 carats du stylo Parker Duofold. (Ne me demandez pas d'écrire avec un stylo à bille, ce serait un acte contre nature... !) Je suis un compulsif de l'éjaculation écrite, et je n'ai connu que très rarement les pannes textuelles.
L'écriture est une compagne de vie. Une maîtresse sans cesse disponible, sachant répondre à mes attentes les plus secrètes, me donnant les plaisirs les plus intenses et parfois les plus inattendus. J'entretiens avec elle un rapport passionnel, et le pire qui puisse m'arriver serait d'en être privé.
Je ne sais évidemment ce que vit l'auteure que je cite, n'ayant rien lu d'elle, mais j'ai peine à imaginer que l'on puisse s'astreindre à écrire sans plaisir. À moins que l'on ait ainsi répondu à une attente d'un autre, soit par une obligation externe, soit par une aliénation interne. Auquel cas je peux comprendre. Il m'est effectivement arrivé de ramer face à une « écriture de commande », mais cela fait plutôt figure d'exception.
Il est vrai que je n'ai pas de préoccupations d'édition. Je n'ai aucun désir de passer par les fourches caudines d'un éditeur, qui m'obligerait à rentrer dans ses propres vues mercantiles « d'écrire pour que ça se vende ». J'estime qu'il s'agit là d'une déviance, d'une perversion par le profit. L'édition devrait être un mécénat, pas un commerce. Et comme par ailleurs, avoir mon nom sur la couverture d'un livre ne flatte pas mon orgueil personnel, et que je n'ai nul besoin de cela pour « être quelqu'un », je suis à l'abri des aliénations internes dans ce domaine.
Je me sens donc toute liberté d'écrire. Je l'ai toujours fait. Et même les écrits publics auxquels j'ai collaboré, ce fut toujours un réel plaisir, même lorsqu'il a fallu travailler le texte comme un orfèvre, parce que les propos étant « techniques » et dans le domaine de la psychologie, il était nécessaire de trouver les mots et formulations les plus juste possible. Dès lors que j'ai pu entrer dans la nécessité de cette démarche, je me suis vécu comme une sorte d'ébéniste de l'écriture, caressant les mots, les peaufinant, soignant leur authenticité. Il fallait à la fois défendre des positions parfois novatrices et être vrai et juste vis-à-vis des lecteurs potentiels. Si cela a nécessité des efforts, le plaisir ne fut jamais véritablement absent.
* j'en viens à la deuxième partie de la phrase : le plaisir d'avoir écrit. Qu'en est-il pour moi de ce plaisir-là ? Je ne sais pas très bien... Peut-être pourrais-je dire : le plaisir d'être ce que je suis devenu par la lente transformation que l'écriture a pu m'apporter. En ce sens, je suis content d'avoir autant écrit, qu'il s'agisse d'une écriture introspective ou d'une écriture didactique. J'éprouve aussi du plaisir à relire certains de mes textes (quand j'en ai encore la trace...), mais également du déplaisir pour un certain nombre de pages qui relatent trop de douleur, qui comportent des choses fausses, qui ne sont pas à la hauteur de ce que je croyais avoir écrit, etc.
Mais, ce qui est probablement ma plus grande préoccupation, et la quantité d'écrits que je détiens encore, même si j'en ai largué des centaines de pages, pour ne pas dire des milliers. Que faire de tout cela ? À quoi cela sert-il de garder ? Il serait certainement nécessaire que je me déleste. Comme je l'ai déjà fait, comme je l'ai fait pour ce blog où j'ai effacé plusieurs années d'archives. D'ailleurs il serait temps que j'élague à nouveau en ce domaine.
La quantité des écrits est aussi un envahissement. Une marée montante, qui peut devenir étouffante, dans laquelle je pourrais me noyer. Sombrer. J'ai parfois ce sentiment d'avoir la bouche à fleur de l'eau, alors que je suis déjà sur la pointe des pieds et qu'il serait temps d'ouvrir les vannes, c'est-à-dire de foutre à la corbeille bon nombre de fichiers de cet ordinateur, et de virer à la benne des pages d'écriture que je détiens encore. En ce sens, j'ai depuis quelque temps la tentation (dois-je y succomber ?) De fermer ce blog et de recommencer ailleurs. Comme une nouvelle aventure, qui ne serait jamais qu'un prolongement, mais ce serait une manière d'aller dans le sens de cet allégement pour poursuivre le voyage sans bagages devenus inutiles. (J'avais d'ailleurs écrit une sorte de récit allégorique sur un atelier d'écriture, évoquant ce voyageur qui se délestait de tout au fur et à mesure, pour apparaître nu, dans son essentiel, au terme du voyage).
* J'élargis mon propos en terminant. Ce sentiment qu'il me faut aller de plus en plus vers le dépouillement, non pas dans une attitude réactionnelle contre la surconsommation qui tue lentement l'humanité des hommes, mais uniquement parce que j'en ressens la nécessité intérieure pour poursuivre mon propre chemin d'humanité. Probablement que l'une de mes dernières volontés sera que l'on me mettre dans le cercueil, nu, recouvert d'un drap blanc. Je n'aimerais pas que mon corps soit exposé dans un beau costard, avec les thanatopracteurs ayant fait leur oeuvre destinée à me donner une allure « comme si je dormais », alors que je serais un cadavre, mort et bien mort.
*
Bon ! Une fois encore mon ressenti initial se développe vers des contrées imprévues au départ...
*Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 10:29 AM
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mercredi 4 mars 2009
l'amour ? Qu'est-ce donc ?
Cette nuit, je me demandais qui m'aimait *vraiment*. Évidemment, tout est dans le *vraiment*.
Il y a des personnes qui déclarent m'aimer, mais moi je ne ressens pas l'amour qui est ainsi affirmé. Ce fut bien entendu flagrant dans l'aide aux personnes. Faites un peu de bien aux gens, ils déclareront qu'ils vous aiment. Au moins temporairement... Le temps que ce « bien » soit par eux ressenti comme bienfaisant et avant que cet amour déclaré ne cesse d'exister, puisqu'il n'était qu'une sorte de projection de soi-même sur l'aidant. Probablement que la formule la meilleure aurait dû être : « j'apprends à me mieux connaître par votre aide, et donc je vous en suis reconnaissant », plutôt que « je vous aime »...
Car en fait c'est cela, une forme *d'amour de reconnaissance non redevable*, et il serait hasardeux d'en attendre plus, c'est-à-dire une réciprocité qui ne viendra pas. Parce qu'elle n'a pas à venir, parce que celui qui est aidé n'est pas redevable de quoi que ce soit. Ce type de relation d'aide n'est pas un acte de marchandage où il faudrait attendre le renvoi d'ascenseur...
Dans une relation d'aide, avec un psy, un coach ou qui que ce soit de ce genre, les choses sont codifiées, la relation est balisée. Hormis le règlement de sa prestation, l'aidant n'a rien à attendre d'autre en retour, je veux dire, rien dans le domaine affectif, même, et surtout, s'il a su faire preuve d'empathie envers la personne aidée. Il lui appartient de garder ce qu'il est convenu d'appeler « la distance thérapeutique ». Quand à l'aidé, lui, il a droit à tous les registres des sentiments et à tous les excès et les débordements quelques petits inévitables, et qui sont parties intégrantes du contrat d'aide.
Dans la vie ordinaire, il en va tout autrement. La relation aidant/aidé est aussi une composante des relations ordinaires. Dans l'amitié on occupe tantôt la place d'aidant, tantôt la place d'aidé. Dans la relation amoureuse, c'est la même chose, en plus compliqué... Parce que le sentiment amoureux est infiniment plus complexe que l'amitié profonde.
*
Bien des gens ont eu envers moi cette forme d'amour de reconnaissance. Évidemment, cela comporte un aspect gratifiant qui est en lui-même bienfaisant. Moi-même, j'ai eu ce sentiment envers ceux qui m'ont accompagné sur ma route de vie. Moi aussi je leur ai dit « que je les aimais ». J'ai même cru que c'était véritablement un amour qui se tournait vers eux, un *amour de don*. Alors que cela se limitait à *l'amour de reconnaissance*. Certes, cet amour-là comporte une générosité, mais il est un *amour de confort*. Au sens qu'il nous conforte nous-mêmes. Il se fait donc exigeant vis-à-vis de l'autre, réclamant son attention, son affection, sa présence constante, sa disponibilité à chaque instant. Il exige souvent que l'autre se montre irréprochable, sans failles, parfait. Il réclame l'exclusivité, l'unique élection, et ses exigences sont le plus souvent démesurées. Tout cela parce qu'on a l'impression qu'alors notre vie dépend de l'autre. Si l'autre disparaissait je ne serais plus rien. Alors il faut que lui, il soit tout.
*
Au regard de tout cela, qu'est-ce donc que quelqu'un qui m'aimerait *vraiment* ? De qui puis-je dire : je me sens vraiment aimé par lui/elle ?
Et bien... Il n'y a pas grand monde !...
. Est-ce moi qui ai de trop grandes exigences ? . Est-ce moi qui, d'une certaine manière, oppose des résistances à me « laisser aimer » ? . Est-ce dans la nature des choses ? C'est-à-dire que l'amour *vrai* serait une denrée rare ? . Est-ce moi qui préfère me donner (essayer tout du moins), de peur qu'il n'y ait plus rien, plus de vis-à-vis, plus de partenaires m'aimant gratuitement ? . Est-ce moi qui fais preuve d'un idéal trop élevé ? Un inaccessible ? . Est-ce moi qui fais « le difficile », alors que l'on me dit parfois que j'ai tellement de chance d'être aimé ? . Est-ce moi qui ai encore trop de problèmes affectifs non résolus ?
*
Peut-être que la préoccupation qui m'habitait cette nuit est un faux problème. C'est ce que me dirait un moraliste chrétien. Il me parlerait du don de soi, de l'oubli de sa personne, de donner sa vie, ... Un certain nombre de philosophes, des courants de sagesse, me parleraient du détachement de tous et de tout, de me débarrasser de tous mes ressentis pour atteindre cet état vaporeux où plus rien n'a d'importance...
Quant à moi, bêtement peut-être, je continue à chercher un certain bonheur pour maintenant, un bonheur qu'apporterait l'amour véritable partagé, un amour total que d'autres promettent pour plus tard dans un ailleurs improbable et aléatoire. Tout comme on nous dit qu'en 2010 la crise sera terminée... Libellés : De l'intime

AlainX 10:14 AM
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mardi 3 mars 2009
Alors bon,
Puisque c'est la semaine coquine, allons y ! Un petit texte publié sur Kaléidoplumes, où il y avait des "mots obligés". C'est le mot "abricot" qui me donna l'idée du récit ! ...
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La Belle et le scarabée.
Il était une fois un scarabée prisonnier d'un abricot c'était l'été, en un champ de coquelicots. Là, dormait une Belle portant chapeau.
Comment avait-il pu en cet endroit se glisser ? nul ne s'autorisait à le supposer. Le problème risquait d'être épineux pour la Belle hypocondriaque au corps voluptueux Le coléoptère captif bien au chaud, dans l'intime abricot découvrait une nature inconnue agitant les pattes sans idée préconçue
La belle se réveilla et puis se releva le scarabée tomba.
Aujourd'hui, elle se demande toujours ce qui causa alors son bonheur-du-jour. ------------

AlainX 5:54 PM
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lundi 2 mars 2009
crise toujours, tu m'intéresses !...
Malgré la crise, aujourd'hui je me sens bien et heureux de vivre. Malgré la crise, j'ai dégusté un délicieux petit déjeuner aux saveurs enivrantes. Malgré la crise, je bande comme un cerf à la période du brâme. Malgré la crise, je me suis payé la trilogie « Millennium ». Malgré la crise, je m'achète toujours du thé « mariage ». Malgré la crise, et parce que le thé *mariage* à ses effets, je tire quand même la chasse d'eau chaque fois que je vais pisser. Malgré la crise, je prends toujours ma bagnole qui consomme un max., pour aller me balader à la campagne. Malgré la crise, mon livret de caisse d'épargne m'a rapporté de quoi me payer un resto gastronomique. Malgré la crise, je continuerai à expulser Sarkozy par tous mes orifices. Malgré la crise, avec ma compagne, on fait l'amour aussi souvent qu'avant. Malgré la crise, je laisse allumé mon ordinateur quand je ne suis pas devant l'écran. Malgré la crise, j'emmerde tous les journalistes qui tous les jours, et encore ce matin, commencent leurs petites chroniques nauséabondes par : malgré la crise - malgré la crise - malgré la crise -...
Libellés : Actualité

AlainX 10:16 AM
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aparté sur les synergies Suite à mon entrée, navigation personnelle je lis chez FC.Plume, un texte : "prêt à appareiller ?" qui lui fut inspiré par certains de mes mots, et dans lequel, d'une certaine manière, je me retrouve.
J'aime beaucoup constater les synergies et les rebondissements de parole à parole qui nourrissent la réflexion de chacun et les modalités d'engagement de sa vie. C'est juste pour cela que je fais ce petit aparté. Cela me rappelle les interactions entre stagiaires, lorsque j'animais des actions de développement. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:47 AM
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