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samedi 28 février 2009
Remerciée après 31 ans, à cause d'1,30 euro A Berlin une caissière de supermarché vient d'être licenciée par son employeur après 31 ans de service. La chaîne Kaiser's l'accuse d'avoir utilisé à son profit deux bons oubliés par un client d'une valeur totale de 1,30 €. (source "Le Monde") * Seulement licenciée ? Elle va pas faire de la prison ? Parfois on se dit qu'il serait temps de rétablir la peine de mort, pour ce type de comportement inadmissible.... Bah ! C'est en Allemagne hein ! En France on a les Prud'hommes ! .... qui, eux aussi, trouve le licenciement justifié dans des cas semblables... C'est comme je te le dis, mon gars ! Liberté, égalité, rapacité ! Libellés : Rogne et grogne

AlainX 7:57 PM
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navigation personnelle
Est-ce maintenant que le temps s'en vient ? Pour trouver la réponse il faut s'arrêter pour laisser venir. C'est une question d'observation. Faire le point. Comme le marin autrefois observait le ciel à l'aide de son sextant il faisait descendre le soleil jusqu'à l'horizon, déterminait sa position et le cap à prendre.
Faire le point est de l'ordre de l'action. Connaître sa position est de l'ordre de la réalité. Choisir le Cap à prendre est de l'ordre de la décision.
C'est compliqué de faire le point. Il y a beaucoup d'aléas. On tient compte des résultats du sextant, on évalue *l'estime*, on y ajoute l'expérience et le flair. En sorte que connaître sa position comporte une marge d'erreur, qui peut parfois être bien large. Dans la navigation humaine, il n'y a pas la précision du GPS...
Je me suis arrêté pour faire le point. Les éléments viennent progressivement. Il y a ceux qui sont de l'ordre du raisonnement, de la spéculation, de la réflexion, du bon sens supposé. Il y a ceux qui sont bien plus subtils, qui peuvent cependant être les plus importants, qui se manifestent dans la brume d'horizon, silhouettes imprécises et nébuleuses qu'il faut savoir identifier.
J'ai fait stopper les machines et mon navire ballote au gré du courant. Il faut faire attention de ne pas demeurer trop longtemps dans cette position, au risque d'attraper la nausée et le mal de mer.
Je connais des personnes qui ne supportent pas ce temps-là. Pour eux c'est toujours « en avant toutes », qu'importe le cap, la destination, pourvu que le bateau fende les flots. Naviguer est alors une fin en soi. Le navire peut tourner en rond et revenir sans cesse au même endroit, peu importe. Du moment que la vie passe et que l'on ait l'impression d'avancer... En faisant de l'écume...
N'est-ce pas ce que l'on observe le plus souvent ? Ainsi en est-il d'ailleurs de l'unique gouvernant français qui préside aux destinées de la France. N'est-t-il pas de cet acabit ? C'est un petit roi de l'écume plutôt qu'un président ayant atteint la maturité responsable...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:36 AM
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mercredi 18 février 2009
vers les montées...
Ces derniers temps, j'ai tendance à m'éloigner de l'actualité du quotidien. Celle dont nous abreuvent les médias, concernant la crise et les moyens d'en sortir rapidement, histoire de recommencer tout comme avant, de relancer la consommation effrénée et son cortège de malheurs de tous ordres. Peu importe les plans de relance, ils ont tout le même objectif : permettre au capitalisme de se refaire une santé et de poursuivre dans la logique de *l'addiction à la croissance* et de toutes ses conséquences égocentriques et donc déshumanisantes.
Il paraît qu'il n'y a pas d'autre choix pour l'humanité... La quasi-totalité des acteurs économiques et politiques sont d'accord là-dessus : il faut sauver le soldat capitalisme ! Le petit facteur a fondé un parti anticapitaliste, qui n'est jamais destiné qu'à occuper l'habituel strapontin du rassemblement des mécontents de tous poils, organe nécessaire pour permettre au contraire au capitalisme de se bien développer, puisque le facteur s'occupe à maintenir les troupes qui voudraient en découdre dans de joyeux meetings où il fait bon se rassembler pour râler ensemble. Rien de bien méchant en quelque sorte... Plantu dans une de ses merveilleuses caricatures récentes, a magnifiquement signifié tout cela en faisant danser Besancenot et Sarkozy bras dessus bras dessous, l'air hilare tous les deux. Besancenot a un T-shirt : " tout faire pour ne pas avoir le pouvoir" ; Sarkozy a un T-shirt : " tout faire pour le garder" ... Cela vaut toutes les chroniques politiques sur le sujet... Chacun est dans son rôle et le peuple suivra calmement...
J'écris cela, et cependant je dis que je m'éloigne de l'actualité du quotidien. Ce n'est pas un désintérêt, c'est un recul. Comme une nécessité qui s'impose en moi de prendre ce recul. J'irai presque jusqu'à dire que c'est vital. J'ai tendance à faire confiance à ces forces en moi qui s'imposent et me poussent à des attitudes ou des réactions qui ne sont pas la résultante d'un raisonnement décisionnel. C'est de l'ordre de *l'intuition-en-actes*.
Vital ne veut pas dire ici que je me protège d'un danger. (Quoi que...). C'est plutôt de l'ordre d'un recueillement, non pas sous forme d'un repliement, mais d'une descente en moi vers une ouverture, alors que coller trop près à l'actualité bouche mon horizon. . Car si je m'en tiens à tout ce que racontent les médias, il y a absolument de quoi désespérer de tout. . Car si je fuis dans les compensations et l'occupationnel, il y a de quoi y perdre mon intégrité et mon espérance. . Mais si je descends en moi, je rejoins ce lieu subtil qui me relie au sens profond de l'humanité et de sa destinée. Et donc je rejoins l'homme en devenir et pas uniquement ma petite personne. Là, (et tant pis si je parais idiot), je ressens mon utilité sociale d'aujourd'hui, parce que cela colore totalement autrement ma manière d'être et de vivre. Je me sens relié à un certaine « ordre de développement » de l'humanité, inscrit en elle, mais que les volontés dominatrices et les forces d'asservissement n'ont de cesse que de contrecarrer.
Le seul antidote est la montée de l'homme intérieur, de l'homme spirituel (pas au sens religieux du terme, mais dans la dimension 'essence' même de l'être humain). Sur cette réalité, j'ai beaucoup appris des ordres contemplatifs et des communautés monastiques. Certes, il est facile de s'en moquer et de les critiquer. Je l'ai fait moi-même largement à une certaine époque. Jusqu'à ce que l'occasion me soit donnée de côtoyer quelques êtres d'exception vivant cette aventure-là. Il y a quelques années, grâce à Internet et un jeu de circonstances, je suis entré en correspondance suivie avec une moniale, pendant de nombreux mois, et dont j'ai énormément reçu. Ce furent des échanges si je puis dire d'être spirituel à être spirituel. Déchargés du fatras des vocabulaires religieux et convenus, qui empêche toute véritable communication en profondeur. Je n'ai connu d'elle que l'essentiel. Je n'ai pas su si je parlais à une personne de 40 ans ou de 80 ans... Cela n'avait aucune espèce d'importance. Je n'ai rien livré de ma vie ordinaire, cela n'avait aucune importance non plus. Seul comptait la perception ténue de la présence du Mystère intérieur et du Destin de l'humain.
Je crois à la montée de *l'homme intérieur*, parce que c'est cela finalement qui fait le sens de mon existence. Le travail sur soi et la reconstruction personnelle ne sont qu'une étape, toujours à poursuivre, mais qui n'est pas un but en soi. Ce ne sont que des moyens pour accomplir sa destinée personnelle au sens de l'engagement qui fasse sens pour l'humanité des hommes. Ça peut paraître pompeux. Peut-être que ça l'est... Ça peut paraître utopique et rêveur. Peut-être que ça l'est... Après tout c'est bien le sens du titre de ce blog... Mais quand même, j'ai tellement vu de gens en mauvais état tant ils étaient désespérés de ne pas avoir trouvé le sens de leur vie, que je me dis qu'il doit bien avoir un commun de l'humanité en ce domaine.
Alors, il suffit que je poursuive modestement mon petit chemin. Que j'ose continuer à dire ici ma croyance essentielle. Et que j'essaie d'en vivre dans mon entourage proche. Histoire d'oser dire au terme de ma vie : mission accomplie... Libellés : De l'intime

AlainX 11:07 AM
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mardi 17 février 2009
le principe d'anxiété
Il y a une chronique dans "le Monde", dont le titre est : « le principe d'anxiété » et qui critique notamment la décision du juge d'ordonner le démantèlement d'une antenne de téléphones mobiles en fondant la décision plus sur des raisons de peurs que sur le *principe de précaution* constitutionnel.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse juridique de la décision. (Quoique... Ça me rappellerait le bon temps de mes études de droit !). C'est plutôt le titre de la chronique qui a retenu mon attention. Je me suis demandé quelle est l'ampleur du *principe d'anxiété* dans ma vie ordinaire. Combien de décisions, de non-décisions, d'atermoiements, étaient mus par la peur et l'anxiété dans ma vie. Le principe s'est immédiatement appliqué : j'ai eu peur de ce que je pourrais bien découvrir là !
Je ne sais plus qui disait : "le monde est gouverné par la peur et le mensonge". Ce n'est pas très optimiste, mais c'est pourtant pas mal vrai. La peur génère le mensonge et la dissimulation. Tout gouvernement applique ce principe. Les exemples en sont quotidiens.
En est-il ainsi pour mon petit monde intérieur et personnel ? La peur ne se décide pas. Elle surgit sans crier gare. Elle va de l'appréhension gérable à l'attaque de panique en passant par l'angoisse massive. Et je n'ai encore rencontré personne qui puisse prétendre ignorer la peur dans sa vie. Personnellement, celle qui me prend le plus massivement aux tripes c'est l'imminence du malheur qui va me tomber dessus. Comme une fatalité incontournable qui me guette sans cesse. La peur de perdre ce qui m'est le plus cher et la certitude que cela va finir par arriver comme une condamnation inscrite contre moi de toute éternité. Cela génère en moi parfois une angoisse qui envahit tout mon corps et me rend inapte à toute action réfléchie. Je ne suis alors qu'agitation désordonnée et mon intelligence se ferme à tout raisonnement cohérent, à toutes pensées organisées qui me ramèneraient à la réalité objective.
Évidemment, ce paroxysme ne m'arrive que rarement. Mais je sens bien que la bête est toujours tapie dans l'ombre. Il faut m'en méfier et sans cesse revenir à la réalité des forces qui sont les miennes. La peur est toujours liée au temps. Elle est une projection dans l'avenir fantasmé, et nous transposons dans le futur des éléments de notre histoire (conscients ou inconscients), là où nous avons été incapables de faire face aux défis du moment. Là où la vie s'est comme retirée de nous quelques instants, là où nous avons fait, ne serait-ce que l'espace d'un moment, l'expérience d'une sorte de mort psychique, d'un anéantissement dont rien ni personne ne pouvait nous tirer. (C'est tout du moins le sentiment que nous avons eu alors). La ou les scènes originelles se situe(nt) le plus souvent dans notre enfance, et bien souvent nous n'en avons pas le souvenir conscient.
Est-ce que je dispose d'un antidote ? Je pourrais répondre que c'est la confiance en moi. Mais ça ne fonctionne pas systématiquement. La rejoindre est parfois hors de ma portée. Pour que cela puisse fonctionner, il est indispensable que j'agisse rapidement en ne laissant pas la peur tout envahir. Quand je suis « en situation » j'ai une assez bonne capacité à la maîtrise de moi, à retrouver mon centre, mes forces, mon potentiel pour faire face et gérer. C'est sans doute pour cela que les gens qui me connaissent et me côtoient disent assez facilement que je suis « quelqu'un de fort ». C'est vrai, et c'est faux. Je me sens parfois d'une extraordinaire faiblesse. Totalement vulnérable. Trop confiant, dépourvu d'armure et incapable de me défendre.
Cela surgit parfois comme un inattendu. Un mot, une phrase, une attitude. Je suis alors à la merci de ceux qui ne désirent pas mon bien, tout en proclamant parfois qu'ils m'aiment. Comment ne pas alors revoir le petit enfant confiant et vulnérable qui a fait confiance, voulait offrir sa présence et son amour et qui s'est fait rouler dans la farine par l'adulte, prédateur d'enfance.
Il faut alors laisser la vague se dérouler. Accueillir l'inacceptable pour soi. Se laisser toucher. Ne pas remettre la cuirasse. Ne pas répondre par des coups. Ne pas faire à l'autre la même chose que ce qui nous fut fait. D'une certaine manière « tendre l'autre joue », et oser croire que l'on ne sera pas giflé une nouvelle fois. C'est-à-dire oser croire en l'autre. Car dire que celui qui tend l'autre joue est un imbécile, c'est n'avoir rien compris soi-même de ce qu'il en est de la confiance en l'autre. De ce qu'il en est de la pacification possible, et que mieux vaut s'exposer à la seconde gifle que d'en donner une à son tour. Car sinon nous sommes définitivement perdus, et la violence ne fera que gagner du terrain. Elle a déjà suffisamment rencontré de victoire dans l'histoire des peuples, que je rêve de me pacifier un peu plus chaque jour. Ce qui est peut-être la seul force de construction que j'aimerais atteindre à ma petite mesure. Il me faut pour cela vaincre mes peurs, lesquelles génèrent de la souffrance et bien souvent une gestion de celle-ci par des actes violents en retour. On voit cela chaque jour dans l'actualité du monde...
[Ce billet est un peu décousu... Mais qu'importe...] Libellés : Au fil de l'eau, Réflexions

AlainX 10:49 AM
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lundi 16 février 2009
l'enseignement de l'amaryllis Le jour de l'an, une amie m'a offert un bulbe d'amaryllis, cette plante d'Afrique du Sud qui fleurit en hiver. Au début évidemment, il ne se passe rien. Puis la première tige apparaît et la hampe se développe en une huitaine de jours, atteignant plus de 40 cm. Ensuite, il faut attendre plusieurs semaines, parce que le gros bourgeon floral qui donnera quatre magnifiques fleurs se prépare lentement. Mais en l'observant de près, chaque jour il est un peu différent. Ensuite, en quelques jours c'est l'explosion et le déploiement de deux des fleurs, puis de deux autres. La floraison peut durer de 15 jours à trois semaines je crois.  Je n'ai pas particulièrement comme on dit « la main verte ». Mais j'aime avoir une ou deux plantes dans mon bureau que je tente de soigner comme je peux. L'intérêt d'un bulbe, c'est l'observation de son lent déploiement en même temps qu'une certaine rapidité au regard de la stagnation hivernale de la végétation. On s'en doutera, c'est pour moi source de méditation simple. Une méditation sur la beauté du développement harmonieux du vivant, et sur son harmonie naturelle. Le coeur du bulbe contient l'intégralité du déploiement à venir. Il en va de même du coeur de l'homme me semble-t-il. Les profondeurs de l'être humain contiennent tout ce qu'il est nécessaire au déploiement d'une vie réussie et féconde pour l'humanité. Cela pourra paraître un peu simpliste ce que je dis, et fera probablement sourire les savants intellectuels qui ont tout appris dans les livres mais dont l'expérience concrète se limite a pas grand-chose, hormis des caractères imprimés sur du papier. Cela fera aussi ricaner une panoplie importante de psycho y machins qui ne sauraient se résoudre à référer à quelques fondamentaux massifs, tant il leur est indispensable que tout de l'humain et de la psyché soit décortiqué jusqu'à ce qu'il n'en reste plus grand-chose. Ceux-là, plutôt que de donner au bulbe les conditions de sa croissance, préfèrent le découper au scalpel rageur de leur science supposée, pour voir « ce qu'il y a dedans », et ensuite jeter le tout à la poubelle pour établir de magnifiques théories auxquelles ils pourront laisser leur nom avec orgueil. Malheureusement, ils ne connaîtront pas la beauté des fleurs qui réjouit le coeur et rend humble devant tout ce qui est vivant. Puisqu'avant développement ils auront déjà tout détruit. (Tout ceci est métaphorique, mais je pourrais vous citer des cas concrets d'apprentis sorciers qui vous feraient bondir comme je bondis moi-même parfois...) Pour ma part, ayant été de ceux-là qui ont recherché et découpé en petits morceaux ; sur le tard, j'en viens à des considérations plus simples et des fondamentaux premiers. Une étape de reconstruction en quelque sorte. Ainsi de cette évidence d'un coeur de l'homme, d'un être profond, demeuré perpétuellement intact en son essentiel, toujours à même de resurgir, pour le peu qu'il trouve autour de lui un terreau d'amour fécondant. N'est-ce pas cela qui m'a manqué dans mon enfance ? Et la réponse est oui. C'est sous un regard d'amour que se font les renaissances. Pas autrement. Évidemment, il faut avoir dégagé soi-même sa propre potentialité d'amour de don et être capable de se donner entièrement dans un mouvement qui ne nous appauvrit pas, mais au contraire nous enrichit à mesure que l'on donne. Les sources ne deviennent abondantes que parce qu'elles produisent abondamment et sans cesse. Je ne sais ce qu'il en est pour vous qui me lisez, mais pour ma part je peux dire que c'est l'amour de quelques personnes qui me fit renaître à ma vie véritable, celle qui était enfouie loin sous les décombres des malfaisants-l'amour de mon enfance. Ensuite, comme la rose du Petit Prince, on peut imprégner la planète de parfums suaves... Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:21 AM
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samedi 14 février 2009
Amour fort, ou amour durable ?
Je pose la question en alternative, parce que bien souvent l'amour passionnel - par définition limité dans le temps - est souvent considéré comme un « amour fort ». Sans doute parce qu'il est ressenti fortement et que la passion s'accompagne de sentiments puissants. Dans ma vie amoureuse, et avec le recul que m'offre le bénéfice de l'âge, mes amours passionnelles m'apparaissent bien plus comme des amours fragiles que des amours fortes. Ce furent bien souvent des amours de besoins, c'est-à-dire en recherche du « je », plutôt qu'en désir de construction d'un « nous - en - projet ». En recherche d'un impossible « amour de soi » [et j'ai évoqué par ailleurs le piège de ce concept *d'amour de soi*, dont la recherche est proprement mortifère, n'en déplaise aux marchands de psychologie, qui vendent le contraire, c'est-à-dire qui prostituent leur art, au motif que ce type de produits frelatés se vend comme des petits pains...].
Une autre manière de dire : ce furent des amours de Plaisir et non pas des amours de Désir.
C'est presque un lieu commun aujourd'hui de dire que nous sommes dans une société qui se caractérise par la mort du Désir. Tout le système marchand qui nous environne est destiné à cela : phagocyter le Désir par le plaisir. Car le plaisir peut se vendre, alors que le Désir est gratuité.
Le plaisir se boucle sur lui-même. Il fait parcourir toujours le même chemin, comme une roue de bicyclette sur un vélo d'appartement. Elle tourne sans cesse, mais le vélo n'avance pas... La roue parcourt toujours le même cercle : manque - recherche/achat de plaisir - satisfaction temporaire - retour du manque. Et on recommence : manque - recherche/achat de plaisir - satisfaction temporaire - retour du manque.
C'est ce que l'on appelle une société de consommation, qui génère une croissance... des manques... Et un besoin de consommer pour combler.... " Par ce qu'on le vaut bien"...
Or, un être humain ne se construit pas sur ses manques. Construire sa vie sur ses manques, c'est se faire soi-même un *objet*, soit de production soit de consommation. (Généralement les deux !) On ne devient pas *quelqu'un*, on reste un *produit* pour d'autres produits...
Dans l'amour passionnel, chacun est un produit de consommation pour l'autre. Il y a échange au sens premier du mot, au sens de troc. C'est une sorte de 'dévoration' réciproque, librement consenti dans l'insouciance des comblements source d'intenses satisfactions sans cesse recommencées, sans cesse recherchées, au point même parfois que le manque, en temps que frustration, n'a même pas l'occasion de se manifester, tant la puissance passionnelle comble au-delà de tout. Alors on se dit que la relation est totalement paradisiaque et ne pourra que perdurer longtemps, parce que la phase passionnelle est ressentie comme « forte ».
Plus dure sera la chute ! En ce qui me concerne, pris par ce piège dont je n'avais pas conscience, je suis tombé bien bas à une certaine époque de ma vie.
Est-ce à dire que je regrette mes amours passionnelles ? Pas vraiment ! J'y ai aussi appris beaucoup sur moi-même. Autant sur mes propres failles intérieures, que sur mes capacités à aimer, et, comme chante Brassens, je n'ai pas eu besoin de faire " sur les statuts des musées, les brouillons de mes baisers" ! En chair et en os, (en chair surtout !) On apprend mieux et plus vite...!! Peut-être sans ses amours-là je n'aurais pas pu m'ouvrir véritablement un amour durable, dans la mesure où j'ai pu faire l'analyse de mes échecs antérieurs.
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En ce qui concerne l'amour durable, je vis cette réalité avec ma compagne depuis plus de 35 ans. Sans doute parce que notre relation ne s'est pas uniquement fondée sur un sentiment amoureux. Sans doute parce que nous avons beaucoup oeuvré à la construction d'un lien profond qui nous unit dans toutes les composantes de notre personne. Sans doute parce que nous avons pris des moyens effectifs pour apprendre à se parler « autrement », à gérer nos crises, à savoir "entrer dans la crise" sans nous faire de mal irréparable, en la regardant pour ce qu'elle est, et donc à réussir à en sortir et à poursuivre la route, parce que nous avons toujours cru qu'une crise cachait une poussée de vie, et que si elle pouvait être douloureuse il n'y avait pas à la craindre en tant que telle. La crise n'est pas un échec. Ce qui est un échec c'est la rupture lorsque celle-ci n'avait pas à survenir. Sans doute parce que nous avons vécu une intimité des corps de plus en plus plénifiante. Sans doute parce que nous avons chacun désiré intensément l'accomplissement de l'autre pour ce qu'il est, pour qu'il soit lui-même et heureux dans sa vie propre et ses engagements. Sans doute parce que nous avons eu la chance de construire un projet de vie particulièrement porteur et qui nous a engagé ensemble dans des réalisations qui faisaient sens pour chacun de nous et pour notre couple. Sans doute parce que nous avons été respectueux de nos libertés personnelles, des choix de l'autre, des erreurs qu'il faut assumer, des pardons qu'il faut se donner.
Je parle au passé parce que j'évoque sommairement notre histoire. Je ne parle pas au passé parce que tout cela serait terminé... Au contraire.
Chacune de mes phrases commence par un *sans doute*, quelque peu interrogatif, parce que, s'il y a certainement tout cela, il y a aussi un « autre chose » quelque peu ineffable et indicible qui tient au *mystère des liens* qui peuvent unir des personnes. Peut-être est-ce cela qui aura été le plus essentiel. La manière dont nous avons pu nous mettre en face de ce mystère, non pas pour tenter d'y pénétrer et de le comprendre, mais pour le contempler et recevoir de *lui* ce que nous avions à accueillir comme un bien précieux que l'on porte au creux des mains avec amour, respect, et admiration.
J'ai le sentiment de livrer là quelque chose de très intime qui me concerne, et qui nous concerne. Ce n'est pas pour autant quelque chose que je considère comme 'secret', sinon je ne mettrai pas tout ceci sur ce blog. Je fais seulement l'option que je serai respecté dans mes propos. (Surtout les derniers que je viens d'exprimer). Mais je pense aussi que tout cela n'a rien d'extraordinaire. Que beaucoup de couples sont dépositaires eux aussi de leur *bien précieux* et surtout de son mystère, mais aussi que beaucoup de couples n'en ont pas la conscience suffisante, et même que pour certains ils en ignorent tout. Comme si l'on passait à côté d'un trésor enfoui que l'on a sous ses pieds, et que l'on se met à courir ailleurs à la recherche de bijoux de pacotille. J'exprime cela en me fondant sur mon expérience personnelle, mais aussi sur mon expérience d'accompagnement de couples en difficulté. Et combien certains, au bord de l'abîme, on finit par découvrir ce trésor-là, que parfois ils piétinaient sans vraiment le vouloir, évidemment. Cela ne signifie pas qu'ensuite tout va pas être facile. Bien au contraire. Tout doit être à (re)construire... [Bien entendu il y a aussi les couples pour qui la séparation et la solution qui convient, et certains nous furent reconnaissants de les avoir aidé à la vivre le mieux possible (le moins mal possible), c'est-à-dire à découvrir les raisons *réelles* qui les avaient faits s'unir, et la dynamique qui les amène à la séparation. - j'ajoute cela, c'est peut-être inutile, mais je ne voudrais pas laisser croire que nous avions pour objectif de remettre en couple des personnes qui n'ont plus à poursuivre en ce sens]
Libellés : vie de couple

AlainX 10:42 AM
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mardi 10 février 2009
le jour et la nuit
Ces jours-ci, je suis plutôt dans une ambiance festive. On prépare une fête surprise pour un anniversaire. J'ai écrit une chanson qui se veut amusante et gentiment parodique. Hier soir on a fait une petite répétition, avec ma compagne et ma fille arrivée de ses lointains... On s'est bien amusé ! On a aussi parlé, plus sérieusement, mais dans une ambiance très détendue... Si le temps est triste, mon coeur est plutôt ensoleillé.
*
Cette nuit, j'ai rêvé de mort. Trois personnes se noyaient successivement devant moi, et je n'intervenais pas. Il y avait une sorte de canal et la berge engazonnée descendait vers les eaux, en une longue pente. Les futurs noyés s'asseyaient, comme pour se détendre, et ils se mettaient à glisser dans l'herbe mouillée, sans savoir se retenir, tombaient à l'eau et se noyaient... J'étais spectateur impavide, assis sur la margelle d'un pont qui surplombait le canal. Pourquoi intervenir ou s'affoler, puisque ce que je voyais semblait... Normal !
*
Jamais je ne me livre à une interprétation de mes rêves. Ce n'est pas mon truc ! Même s'il est évident qu'il y a une "signifiance" quelque part... Ce qui m'intéresse c'est le sentiment, les sensations provoquées par le rêve au réveil. Là, j'ai l'impression d'avoir un matériau éventuellement analysable et concernant ma réalité ressentie.
Ce qui m'a surpris au réveil c'est que le souvenir nocturne était un sentiment de paix intérieure. Une incongruité au regard d'un rêve qui n'inspire pas la franche gaieté !
*
Ce matin, nous avons encore répété notre chanson. Nous autocongratulant ! : « Ça va être super ! » Puis ces dames sont parties faire quelques achats. Et moi j'écris ce billet.
Fêter la vie et constater la mort... Le jour et la nuit, couple indéfiniment uni...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 12:09 PM
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lundi 9 février 2009
au pays de Sarkoland ...
les sentiments humains, ceux qui font vraiment la différence avec d'autres espèces vivantes, ne sont pas de mise dans la Sarkolanderie...
Libellés : Actualité politique

AlainX 11:57 AM
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samedi 7 février 2009
Aujourd'hui, deux entrées pour le prix d'une seule !...
Appartenance À la suite d'un billet de Samantdi, Valclair a écrit une entrée : les écritures essentielles, dans laquelle il se livre à une réflexion et à une définition du « blog intime » que j'ai trouvé assez lumineuse : " un blog qui s’arrime à une source profonde et essentielle de la personne, qui tire du cœur de soi l’énergie nécessaire à l’écriture et à la pérennité de la pratique, une source qui ne se camoufle pas mais qui au contraire irradie l’ensemble de l’écriture sur quelque terrain qu’elle se place. C’est une écriture nécessaire, essentielle, non certes à qui la lit mais, en tout cas, à qui la produit." Je partage tout à fait cette manière de voir. Ce sont ces blogs-là que je lis par préférence. Les blogs comme le dit Valclair « chevillés à la vie profonde de ceux qui les écrivent. » Il me faut la ressentir, quel que soit les sujets abordés. Valclair évoque ensuite les connivences profondes qui apparaissent et relient les gens à l'occasion de rencontres de blogueurs. Ce qui fait naître un sentiment d'appartenance à ce qu'il appelle « notre corporation » (de blogueurs). Mais ce qui me semble également très intéressant, c'est que de ce sentiment d'appartenance il « tire l’énergie qui [lui] permet de poursuivre et de passer par delà les moments de doute ». Pour ma part, j'ai adopté comme principe de garder farouchement mon anonymat ici, et donc je ne participe pas, ni ne participerait, à des rencontres de blogueurs comme il en existe parfois. [Peut-être qu'un jour je considérerai les choses autrement, mais pour l'instant c'est ainsi].
Cependant, cela ne m'empêche pas d'avoir l'expérience de ce sentiment d'appartenance avec des personnes et des groupes que j'ai côtoyés et côtoie encore. Le fondement est le même : le partage de l'intime, de la vie personnelle et intérieure, non pas avec des objectifs du type de ceux des « groupes de thérapie », où chacun vient pour soi-même et trouver sa route personnelle dans le cadre aidant du groupe. Là, il s'agit plutôt de groupes de partage de l'essentiel, d'une forme d'entraide et de soutien mutuel, pour justement vivre mieux et « autrement » le quotidien. J'ai parfois dit qu'il s'agissait de « terres culturelles nouvelles », sortes de petits îlots humains, voire d'oasis, où justement chacun vient boire à la source, la sienne et celle dont les autres nous abreuvent.
Parfois je me dis que si je n'avais pas eu la chance de pouvoir vivre et partager au sein de tels groupes, je serais un être déstructuré et déliquescent, livré à l'enfer d'une solitude intérieure qui n'aurait pas pu déboucher sur un minimum de don de moi-même et de ma propre source. Je veux dire par là que l'énergie vitale est certes en nous, mais on ne peut la puiser qu'au sein d'un système relationnel. Et c'est certainement là le drame d'une société devenue trop individualiste, victime du tout-à-l'ego, selon l'expression de Régis Debray. Il ne s'agit pas là d'une critique moralisatrice, mais d'une véritable critique morale au sens noble du mot. Car il nous est littéralement impossible de vivre sans "appartenances". Mais pas n'importe lesquelles justement... Il ne suffit pas seulement d'être en relation avec des gens, il faut nécessairement appartenir à un minimum de communauté de destin. Ce qui signifie de l'identifier... Et de la rejoindre... Avec le recul, je me dis que c'est ce que j'ai fait... Sans vraiment savoir au départ. C'est la conscientisation progressive et la reconnaissance mutuelle qui fait que l'on passe un jour du *sentiment d'appartenance* à l'*appartenance véritable*. [Je reviendrai peut-être un jour là-dessus... Sur les « appartenances bonnes »]
*Je suis allé lire le billet de Samantdi, cité par Valclair. [Une blogueuse que je connais très peu...]. J'ai beaucoup vibré à ce texte, sobre et beau. Évidemment, j'ai aussi pensé à mon "jour d'après". Le jour où ma vie a basculé. J'avais présenté en son temps un texte sur ce thème dans le cas d'un concours d'écriture de nouvelles de type récit de vie, qui me valut un prix. Passé le plaisir d'être primé, j'avais regretté d'avoir concouru. Cela ne fait pas sens de puiser dans la réalité des événements lourds de conséquences de sa vie, et d'en faire un "objet littéraire", et pire encore de le présenter à un concours... (je parle uniquement pour moi évidemment...). Je considère que j'ai commis une semi-erreur, mais j'en ai tiré quelques enseignements profitables. Samantdi : « En écrivant ce billet, je pense, curieusement, à vous qui le lirez, à ce jour d'après que vous portez aussi, pour la plupart, car rares sont ceux à avoir été épargnés dans la corporation des blogueurs. Peut-être même que chacun de nos blogs est né de ce jour d'après, ou de son lendemain, quand la stupéfaction fait place au long temps de l'endurance. » j'ai la quasi-certitude que chacun a son "jour d'après". Il ne s'agit pas nécessairement d'un événement tragique, même si c'est souvent le cas. Mais c'est cette certitude qu'il y a désormais un avant et un après. Je suis certain qu'il faut l'identifier et s'y arrêter. Il y a tout un contenu fort et profond dans le jour d'après. Il contient la douleur et la résurrection, s'il est de l'ordre de l'épreuve. Il contient la puissante espérance et la force de mise en oeuvre, s'il est de l'ordre de l'intuition créatrice et fondatrice.

AlainX 11:02 AM
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vous avez dit solitude ?
Il y a 150 millions d'inscrits sur Facebook il paraît que sur Facebook chacun a des dizaines voire des centaines d'amis !
la fortune du fondateur, qui a 24 ans, est évalué à 1,5 milliards de dollars.
il paraît que sur Facebook chacun a des dizaines voire des centaines d'amis !
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Dans mon journal local, j'apprends qu'une vieille dame de 62 ans est morte toute seule dans son petit appartement. L'auxiliaire de vie qui la visitait chaque mois a découvert le corps. La vieille dame était morte depuis trois semaines.
Sûrement qu'elle n'était pas inscrite sur Facebook. Ses dizaines d'amis auraient volé à son secours.
Le salaire de l'auxiliaire de vie ne doit pas dépasser le SMIC...
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Voilà ! Je vous laisse méditer sur tout cela...
Moi, je l'ai faire un tour dehors et prendre l'air... Parce que parfois on a besoin d'aller s'aérer la conscience...
Libellés : Actualité

AlainX 9:07 AM
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vendredi 6 février 2009
au théâtre ce soir
« Ne va pas te faire du mal inutilement ! », que je me disais hier soir, en me demandant si j'allais regarder Sarko à la télé. « Ben si, quand même ! Fait un effort ! Peut-être que pour une fois il fera autre chose que brasser du vent ! », me disait l'autre moi-même, qui crois toujours qu'il y a des gens qui peuvent changer, au moins un tout petit minimum... « Bon, O.K., j'allume ! », que s'est dit le moi-même-qui-décide, en s'affalant résigné dans son canapé, la zapette à la main, comme le grand cardiaque a toujours ses pilules à proximité, au cas où...
Je vous le dis comme je le pense, je me suis étonné de moi-même. Je m'attendais à m'énerver. Mais j'ai vu une émission pathétique, totalement désespérante. Allez... Je vais jusqu'au bout... Sarko m'a fait pitié !... C'est pire que quand je m'énerve. Un moment donné, en raison des quelques bafouillements qu'il avait, je me suis demandé s'il n'allait pas s'écrouler, péter un câble en direct. Car, être dans une telle sur-pression de l'ego, comme un pneu surgonflé qui va éclater, ça devient dangereux pour lui-même... Dangereux pour la France, ça on le sait depuis qu'il est élu ! Rien de nouveau! Mais quand même, le type président, il mérite pas de mourir en scène, façon Molière ! Ça le ferait entrer dans l'histoire uniquement pour ça ! Quel gâchis ce serait !
Le prologue de la pièce était très bien. En gros : tout va mal, c'est normal c'est la crise, puisque c'est normal faut pas s'en faire. Et puis, rassurez-vous, je suis là, je fais le job, je vais tous vous sauver... Ça m'a rappelé des souvenirs d'enfance. Quand je jouais au cow-boy. J'étais le plus beau, le plus fort, je sauvais la planète et je niquais les Indiens.
Faut reconnaître qu'en matière de déguisement il est très fort. Cacher un l'infantilisme puéril sous le vernis du sérieux d'affirmations fausses, faut quand même savoir le faire. Il nous joue très bien le truc des enfants : "on ferait comme si que c'était du vrai"
Le problème, ce furent les autres acteurs : les journaleux. La nana était complètement sidérée, je sais pas à quoi elle pensait, à des trucs lubriques c'est pas possible autrement. Le mec il avait un sourire de petit garçon admiratif de papa. Il devait se dire : « mince, je suis en face du chef des cow-boys, mon héros ! » Il y avait aussi deux journaleux, intermittents du spectacle, le premier, un jeunot, on voyait bien qu'il pensait : « t'as vu maman ! C'est bien moi à côté du président et qui lui pose des questions que je m'écoute moi-même pendant que je les prononce ! » L'autre intermittent, c'était un vieux revenant, qui joue encore les vieux-beaux en se dandinant et en pensant sans doute à la jeune stagiaire qu'il va rejoindre après l'émission, parce que, ses questions, elles avaient totalement perdu de leur mordant d'antan...
J'avoue que je n'ai pas vu la fin de la pièce. Faut pas trop m'en demander. Un coup de zapette et je suis retombé sur "Ghost", ce film ou le type devient fantôme, réussit à communiquer avec une voyante hystérique, et sauve sa nana qui risquait de se faire tuer par son meilleur ami, et enfin monte au ciel. J'avais bien aimé ce film, c'est sympa. On a envie d'y croire.
Mais est-ce que j'avais vraiment changé d'émission, de film ? Finalement, les délires de Sarko qui va sauver la planète de tout, tellement que c'est lui, tellement qu'il est plus fort, est-ce qu'on n'a pas tous envies d'y croire ? Ne va-t-il pas nous faire regrimper les indices boursiers jusqu'au septième ciel ? Bon sang ! Il n'y a pas que les Américains qui ont droit à leur Superman ! On a voté pour avoir l'notre à talonnettes ! Ben on l'a !
Libellés : Actualité politique

AlainX 11:48 AM
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jeudi 5 février 2009
la visite
Cette nuit. Il a frappé à la porte. J'étais entre veille et sommeil. Ces instants de présence à soi et de présence à l'ailleurs. Où les brumes semblent se dissiper avant de redevenir épaisses. Il a frappé à la porte. Allais-je lui ouvrir ?
À travers la porte je l'entendais murmurer : « on va faire soirée... » C'était son expression, lorsqu'il aurait aimé que l'on se parle. Pour se dire quoi ? Et puis, c'était quasiment toujours à contretemps. Juste au moment où venait de commencer un film à la télé et qu'il aurait fallu éteindre. Juste ce jour là où moi je n'étais pas disposé à parler. Bien sûr que je le regrette aujourd'hui. Tu le sais bien. Bien sûr que j'ai laissé passer ces occasions-là. Mais il est trop tard à présent.
Il a frappé à la porte. Je l'ai entrebâillée pour laisser passer quelques vieux sentiments, quelques ressentis anciens, parce que c'est la nuit, parce que je ne dors pas vraiment, sans toutefois être vraiment éveillé. Alors il était là. Dans le silence de ma nuit. Et l'infinie tristesse douce est venue m'entourer de ses bras. La tristesse des heures manquées, des mots qui ne sont pas sortis, des gestes qui sont restés morts.
Alors il y eut ces mots, je les ai entendus au fond de moi, sans même les prononcer : « Mon papa, tu me manques... »
Mais déjà, il n'était plus là.
Libellés : De l'intime

AlainX 10:13 AM
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mardi 3 février 2009
"Qui m'a tuée ?"Vous vous souvenez peut-être de Ioana Nantel, atteinte d'une maladie dégénérative à évolution rapide, et qui a mis fin à ses jours à l'âge de 25 ans dans la nuit du 26 au 27 juillet 2007. J'en avais parlé sur ce blog à plusieurs reprises. (16 juin 2007) - (19 juin 2007) - (21 juillet 2008) - Je suis de ceux qui ont modestement tenté de l'aider. Je viens de lire le livre (*) qui reprend son témoignage, relatant sa vie et sa mort, et qu'une de ses amies, écrivaine au Québec, a mis en forme en la respectant le mieux possible.  C'est évidemment une histoire particulièrement tragique à plus d'un titre. Je ne vais pas la reprendre ici, bien des choses figurent encore sur son blog qui est demeuré sur le net, et tout ce qui n'est pas dit là, figure dans le livre. La vie de Ioana m'a profondément touché, ayant partiellement vécu un certain nombre de choses comparables à ce qu'elle décrit. Je sais ce qu'il en est de l'inhumanité, de l'extrême dépendance pour les actes ordinaires de la vie, ceux dont on ne parle pas comme l'urine et les excréments ( " C'est très gênant que d'autres voient vos excréments mais hélas n'avait pas le choix.(...) Parfois, on vous renverse dessus le contenu du bassin par maladresse ou inattention. Vous devez aussi attendre que l'on vous essuie et ce n'est pas toujours fait comme il faut : il y a ceux qui ne vous nettoient pas assez bien, qui vous laisse les fesses sales, et qui refusent de recommencer. »). J'ai connu cela pendant plusieurs mois à l'âge de 13 ans. Et je sais que mon tour reviendra dans quelques années, parce que je suis de nouveau repassé du côté de la pente descendante. Dans de telles conditions, imaginez les forces intérieures qu'il faut pour demeurer acteur de sa vie. Or, ces forces-là, les forces de vie, Ioana les avait. Seulement voilà, il y a eu tellement d'inhumanité autour d'elle à tous les niveaux (je ne parle de personne en particulier, mais d'une sorte d'état global d'environnement, dans lequel je m'inclus), que la seule dignité qui lui est demeurée est résumée dans le terrible sous-titre de l'ouvrage : « d'une vie subie à une mort choisie... » Qu'en est-il donc d'un être humain, notre semblable, lorsque le sens de la vie devient celui d'organiser sa mort, de la mettre en scène, et de l'exécuter ? Qu'en est-il donc de ceux de l'entourage qui ont pressenti qu'il en serait ainsi ? (et je m'inclus là pour ma part de lecteur du blog) Où est-elle *l'Humanité* dans ces cas-là ? Où sommes-nous chacun de nous lorsqu'on lit : « j'ai le droit d'aller mal, chacun me le répète, mais bien peu sont capables de supporter mes larmes. On a vite fait d'apprendre à se taire quand on a un besoin vital d'être écoutée » Alors, comme une sorte d'inéluctable, comme si le destin devait se tracer dans ce sens-là, l'ultime sortie devient de se taire définitivement, à défaut que soit apportée à un minimum de satisfaction au besoin vital... De vivre... Alors, Ioana, après avoir tout bien préparé secrètement, avoir donné le change à tout le monde, s'est pendue, seule, dehors, par une belle nuit de juillet... La force de ce livre est dans la terrible sobriété du récit. Sans pathos. On voit comment l'effroyable cheminement du choix de mourir commence à s'enclencher très tôt, imperceptiblement, mais sûrement. Au départ, à l'insu même de Ioana probablement. Mais il est là. Dans cette sorte de perpétuelle incompréhension de ceux qui savent à sa place ce qu'il faudrait faire, mais n'ont pas pris la peine de l'écouter vraiment ; de ceux qui savent à sa place ce qui peut convenir à l'état de son corps, sans s'intéresser à sa personne en tant que telle ; des administrations froides qui gèrent un dossier qui n'entre pas dans les normes habituelles et donc est ralenti à chaque étape ; de ceux qui, comme moi, ont découvert son blog, se sont attendris ou révoltés, ont pleuré ou se sont agacés, ont émis 1000 conseils inutiles, ont déclaré qu'ils aimeraient faire quelque chose, mais n'ont rien fait, parce que trop loin, parce que pas possible, parce que les autres devraient s'y mettre bon sang de bonsoir,... Dans l'ensemble du récit, le « plaidoyer pour une mort assistée », ne fait que quelques pages. Je ne veux pas entrer dans une discussion éthique sur cette question bien trop délicate. D'ailleurs, Ioana n'entre pas dans de telles considérations. Ce que je retiens essentiellement ce qu'elle aurait désiré être accompagné jusqu'au bout ( « si vous saviez les douleurs que je ressens, je suis certaine qu'il existerait des lois pour m'accompagner dans la compassion jusqu'à la fin, avec l'amie de mon choix pour me tenir la main. »). Et c'est bien cela qui a manqué... Non pas forcément des gestes qui provoquent la mort, mais un accompagnement jusqu'au bout. Sur tout cela, il me semble que c'est un échec total du dialogue "porteur de vie jusqu'à la mort". À moins que le seul entourage « écoutant » ne l'ait confortée dans la direction de se donner la mort... au moins par approbation silencieuse... si ce n'est en actes... Je pourrais encore écrire beaucoup à propos de Ioana et de tout ce que cela me donne à réfléchir... Je pense souvent à elle. J'attendais ce livre, je n'étais pas sûr qu'il sortirait. Je demeure avec beaucoup de questions. Des questions sur notre société. Son organisation. Ses valeurs. Des questions sur moi-même. Sur ma mort. Concernant la « mort assistée », ces dernières années, j'étais plutôt ouvert à cette possibilité, sans vraiment trouver que cela pouvait être satisfaisant. Aujourd'hui, je suis de plus en plus largement réservé. Surtout lorsque je vois comment le « commerce de la mort assistée » s'est développé de manière absolument horrible dans les pays où c'est autorisé... C'est encore plus inhumain qu'inhumain... Et puis, se vouloir maître de sa mort,... « Est-ce ainsi que les hommes vivent ! »... --------------- (*) : "Qui m'a tuée"(Editions Xenia)

AlainX 12:18 PM
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