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jeudi 30 octobre 2008
Enfin !! En ces temps difficiles où les mauvaises nouvelles affluent, et où la crise s'étend... Ne boudons pas notre plaisir, d'annoncer quelque chose de positif : En 2008, les salaires des 50 premiers patrons ont pris 20 %, ils gagnent en moyenne 383 000 € par mois. et, cerise sur le gâteau... Ils n'ont même pas eu besoin de travailler plus pour gagner plus, ils n'ont eu qu'à se servir dans la caisse des salaires du personnel licencié. Tout va bien ! Tout rentre dans l'ordre ! La crise enrichit les riches ! Le monde est donc redevenu normal ! * Libellés : Rogne et grogne

AlainX 12:21 PM
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mercredi 29 octobre 2008
Quelqu'un m'a dit que mon expression " extrait d'un ouvrage à ne pas paraître" été mal choisie... Laissant entendre que c'était sans valeur... Alors je vais mettre ceci : - extrait d'une tentative d'écriture sur le bonheur d'existence. -
extrait 8 : Une incompatibilité Les richesses matérielles ne font pas bon ménage avec ce que l'on pourrait appeler « les richesses intérieurs ». Elles sont même incompatibles entre-elles. C'est là tout le dilemme. La fixation sur l'acquisition permanente de biens de consommation et d'avoirs, avec l'expérience d'une satisfaction permanente, trouve généralement sa source dans un certain vide intérieur, lequel apparaît comme un insupportable. Quoi de plus terrible en effet que cette sensation de vide qui pourait débouche sur une spirale dépressive et donne le dégoût de la vie. Personne au monde, à moins de relever de la psychiatrie, ne prétendra que c’est là une situation particulièrement confortable et satisfaisante.
Un certain nombre de personnes n'ont trouvé d'antidote à ce vide intérieur que le recours à divers moyens compensatoires. La compensation par consommation est l'un d'eux. Il en existe évidemment bien d'autres, (drogues, alcool, sexualité débridée, goût du pouvoir, etc.), mais je me limiterai à celui-ci afin de ne pas alourdir mon propos. L'objectif principal recherché par la personne étant d'échapper à l'abyssale désespérance du vide intérieur.
Peut-être faut-il que je définisse le « vide intérieur » au sens où j'en parle, ce serait plus clair, et de plus j'ai pu remarquer que certaines personnes n'ont même pas la conscience de ce vide tant elles sont en permanence dans divers processus de compensation. Pour elles, les seules prémisses lointaines de ce sentiment de vide suffisent à les mobiliser pour aller dépenser et dépenser encore (compenser, compenser encore). Ainsi de ces femmes qui s'empressent d'aller « faire les boutiques », ou se précipitent "chez le coiffeur", dès qu'elles ne se ressentent pas très en forme, ainsi de ces hommes qui surinvestissent dans leur voiture ou se précipitent sur la console de jeux.
Le vide intérieur se traduit d'abord par un ressenti désagréable qui a les contours de la dangerosité. Il n'est pas comme l'angoisse massive qui surgit et s'impose avec ses manifestations corporelles, boule à la gorge, mal à l'estomac, agitation, etc. C'est plutôt une sensation sournoise qui s'infiltre dans le corps et dans l'esprit et qui crée une sorte de dépression intérieure par une sorte d'aspiration vers le bas un peu comme un récipient qui se viderait de sa substance par le fond. Cela s'accompagne d'un sentiment de perte d'une substance vitale qui prépare une forme de panique sournoise qu’il ne faut absolument pas laisser s'installer. C'est pourquoi il convient, le plus rapidement possible, de compenser ce vide à tout prix, car il a les avant-goûts d'une forme de mort à soi-même.
Il ne faut pas confondre le vide intérieur, qui a quelque chose d'existentiel, -ou plutôt il faudrait dire de non-existentiel-, avec l'état dépressif qui est plutôt la manifestation d'un mal être généralisé, d'un surmenage, d'un manque de sens à sa vie, ou qui survient parce que l'on a, comme dit l'expression populaire, trop tiré sur la corde. Cet état dépressif pouvant prendre des formes pathologiques qui relèvent alors du corps médical.
Il me semble que le vide intérieur est quelque chose que chacun de nous est appelé à ressentir un jour ou l'autre de manière plus ou moins aigue, plus ou moins permanente. La question sera : quel comportement adopterons-nous face à cette troublante sensation ?...
Libellés : Vous avez dit bonheur ?

AlainX 7:20 PM
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mardi 28 octobre 2008
le réel a toujours raison, la raison a parfois tort L'exploration de soi-même suppose une attitude rigoureuse et un rapport d'honnêteté avec son ressenti, pour le nommer pour ce qu'il est, rien que ce qu'il est, tel qu'on le constate comme *existant* en soi. Ce rapport honnête n'est pas aussi évident qu'il y paraît. Il est bien plus facile de raisonner sur un vécu que de l'observer tel qu'il se révèle. D'autant plus facile que la réalité nous apparaît comme peu glorieuse à nos propres yeux. Combien d'énergie on peut dépenser à expliquer, réexpliquer, expliquer encore le pourquoi du comment de tel ressenti, générant tel comportement. L'explication est bien souvent une manière de fuir le réel intérieur personnel. Son aspect brut. Son incohérence douloureuse. Il y aurait trop de remise en cause à regarder la réalité pour ce qu'elle est vraiment. Mieux vaut l'expliciter en trouvant l'argumentaire qui tourne à notre avantage, et justifie l'injustifiable. Quand il ne s'agira pas, évidemment, de faire en sorte de mettre l'autre dans son tort... Comme la Rose du Petit Prince et ses problèmes existentiels. Comme ils ne sont pas résolus, il en résulte que rien ne lui va jamais, rien ne lui convient et elle ne cesse de rendre le petit prince responsable de ses tourments personnels. (Pour ceux que cela intéresse, je fais référence au chapitre huit[Saint-Ex a choisi une rose (féminin), il aurait pu mettre en scène un rosier (masculin). Le dialogue eut été identique ! Ce n'est pas ici une question de sexe... - le Petit Prince est une mine infinie d'enseignement et de méditation sur la nature humaine...] Qu'en est-il pour moi ? Je pense que j'accepte mieux qu'avant ma réalité pour ce qu'elle est. Il fut un temps où j'avais tendance à me culpabiliser quasi systématiquement. [Ce qui, pour moi, est un mécanique subtil de fuite de la réalité] (Cela m'arrive encore). Je disais facilement « c'est de ma faute ». Ceci à tout propos, quel que soit le fait, l'événement, les paroles prononcées, quelle qu'en soit l'ampleur et les conséquences. Évidemment, comme la culpabilité est peu supportable, j'embarquais facilement sur la justification du fameux pourquoi et du comment. Ce qui avait l'avantage de ne rien modifier du tout dans mes manières d'être et de faire, ou alors me faisait prendre des *contre-décisions*, initiées par des sentiments négatifs et donc tout aussi boiteuses que l'événement d'origine. J'avais travaillé cela en thérapie, je me suis surpris à modifier ma manière de dire. Je ne disais plus « c'est de ma faute », je disais « c'est de mon fait ». Je me souviens très bien la première fois où j'ai parlé ainsi. J'avais commis l'erreur de poser un acte sans en mesurer suffisamment certaines conséquences. Mon interlocuteur râlait, avec des propos du style : « mais, tu ne te rends pas compte !... Comment se fait-il que tu n'as pas pensé à !... ». J'ai aussitôt perçu un changement intérieur personnel. Ses propos ne m'atteignaient nullement. J'écoutais à peine. Je n'étais pas dans : me préparer à me justifier. Mon attitude intérieure était : cherchons comment résoudre les effets indésirables, (dégâts collatéraux dirait-on aujourd'hui), de l'acte que j'ai posé. J'ai pris la parole en ce sens. D'emblée j'ai formulé une proposition complémentaire. J'ai alors constaté que cela a fait tomber la colère naissante de mon interlocuteur, qui n'aurait pas manqué de s'amplifier, si, non seulement j'étais entré dans la justification, mais si en plus j'étais tombé dans ce qui la suit le plus souvent : à savoir l'accusation de *quelqu'un* d'autre (le quelqu'un pouvant tout aussi bien être une personne tierce, les imbéciles qui ne comprennent jamais rien, etc.. Que : le manque de temps, le trop de boulot, la fatigue, et tout ce qui tourne autour du " faut me comprendre", etc.). C'est fou ce que le couple culpabilité/justification peut faire perdre comme temps et énergie dans les relations... Quand il ne les envenime pas... Je me rappelle de cet événement parce que je l'avais abordé de nouveau en thérapie. En n'entrant pas dans le jeu infernal que je viens d'évoquer, cela rendait non seulement le relationnel plus sain, mais on gagnait en efficacité. J'avais le sentiment d'en ressortir « grandi », si je puis utiliser ce mot... Je veux dire par là que j'avais quelque peu gagné en humanité, face à moi-même d'abord, face à autrui ensuite. Entrer dans la culpabilité et y demeurer générait forcément une dévalorisation et donc des actes posés à partir d'une défaillance intérieure. Ce qui n'apporte jamais rien de véritablement bon. Et aujourd'hui ? On ne se débarrasse jamais totalement de ses travers. On peut les éviter le plus souvent. Je n'ose donc pas véritablement dire que la culpabilité m'a quittée complètement, mais elle se fait très rare, et je crois que je ne me fais plus piégé par elle. [Peut-être que je me berce d'illusions...]En revanche, la dévalorisation de moi demeure un cancer encore capable de m'envahir. Cela se cantonne à certains domaines, certaines circonstances, certaines relations. Le « bon à rien » de l'enfance revient parfois me hanter comme une glu. J'ai déjà évoqué cela ici... Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 11:26 AM
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samedi 25 octobre 2008
un cadeau
Ce n'est que hier soir que j'ai pris connaissance de mon courrier du jour, notamment d'un livre en cadeau. C'est un bouquin d'économie. Je suis assez ignare en économie, hormis les réflexions de bon sens que tout un chacun peut faire, notamment en cette période de crise dans laquelle nous entrons. Dès lors, ce livre, que j'ai parcouru brièvement, semble être de nature à me rendre plus intelligent. C'est un ouvrage à la fois assez technique et à la fois dans un langage compréhensible.
Mais, ce n'est pas pour cela que j'en parle ici. Sur la couverture du livre, le nom de l'auteur me disait vaguement quelque chose. C'est en lisant le petit mot d'accompagnement que le souvenir m'est revenu : « je vous envoie le livre ci-joint en souvenir et en reconnaissance d'un stage de décembre 1992 qui a ouvert bien des horizons ». Alors, je me suis souvenu de ce jeune homme de 25 ans, quelque peu cassé, qui avait quasiment échoué dans mon stage comme un naufragé sur la grève et qui se dit qu'il n'en réchappera pas. Je me souviens de son désespoir et de sa révolte. Et aussi de ce que j'ai vu en lui comme « possible ». De ce à quoi je me suis mis à croire, pour lui, avant lui, par ces sortes de prémonitions que l'on reçoit en soi pour un autre, sans trop savoir de quoi il s'agit, sans trop savoir si c'est un rêve fou où une certitude en devenir. Pendant la semaine de stage, j'ai vu cet homme changer, revenir à une sorte de vie qu'il avait désertée, et aussi sans doute accepter le regard que je portais sur lui, regard que je reçois, venu de cet ailleurs mystérieux, capable de faire germer la fleur du désert.
Je dis cela avec beaucoup d'ordinaire. Comme un simple constat. Je sais qu'à la fois j'y suis pour beaucoup, et qu'à la fois j'y suis pour rien du tout. C'est la simple alchimie des solidaires du vivant. Quelque chose d'essentiel de cette dimension humaine qui nous relie dans un même destin. Destin d'échec. Destin de réussite. Selon la manière dont on se comportera avec soi-même et avec l'autre. Alchimie fragile, sans cesse en recommencement, en risques, en échecs trop souvent, en triomphes parfois.
14 années après, je reçois ma récompense. Ce jour là-même où je doutais de moi, avec ce sentiment d'échec, et où me revenait comme une gifle à travers la figure, ce sentiment du « bon à rien » qui a tellement pourri mon enfance. On ne s'en échappe jamais tout à fait. La dévalorisation anéantissante demeure toujours tapie dans l'ombre, prête à resurgir, prête à tout emporter à nouveau dans les flots dévastateurs des tsunamis mortifères.
Alors, merci à cet homme, à présent dans la force de l'âge, pour cette simple phrase, pour les *horizons nouveaux* qui se sont ouverts. Merci par ce que ce fut le sens de ma vie active de déboucher l'horizon de ceux qui sont dans le brouillard et les ténèbres. Folle ambition ?, orgueil démesuré ?, peut-être, qu'importe, je suis de ceux qui vont rechercher par la main les égarés de la route, parce qu'il ne peut en être autrement, depuis que cette phrase s'est gravée dans mon coeur : « une communauté de destin se perd, dès lors qu'elle abandonne en chemin un seul de ses membres ». Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:55 AM
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vendredi 24 octobre 2008
risque de naufrage en haute mère
Je ne supporte plus un certain nombre de choses que l'on me renvoie. Une brèche s'est ouverte. Un point vulnérable. J'y laisse s'engouffrer les mots qui me font mal. Je me sens comme dans ces films ou une voie d'eau s'est faite dans la coque et où le héros tente de la colmater sans y parvenir. Ce qui arrive de l'extérieur a trop de puissance et la coque est devenue trop faible. Dans ces cas-là je suis tenté de demeurer dans ce combat vain, à y épuiser mes forces, comme si nulle autre solution n'était possible.
Les éléments extérieurs, les personnes, ne font qu'être ce qu'ils sont par nature. Si je garde mon image, l'océan est ce qu'il est, calme ou tempétueux, selon ce à quoi il est soumis lui-même de l'extérieur. Parfois, les eaux peuvent taper sur la coque sans que celle-ci ne soit atteinte ni ne se détériore. Mais, si les vagues s'acharnent sur une longue période au même endroit, là où l'on sait qu'il y a un point fragile, une brèche finit par se faire. Ce sont alors des moments délicats. La brèche, si petite soit-elle, contient potentiellement le naufrage de tout le navire. À moins que l'on ne prenne des mesures sans tarder.
C'est ce que j'ai tardé à faire. Présumant de la solidité de mon navire. Pêchant par orgueil sans doute. J'ai laissé passer trop de choses par une petite voie d'eau que je croyais sans conséquence. Je me disais que j'avais suffisamment d'expérience en tant que capitaine au long cours. Et puis je faisais confiance... Je ne sais trop en quoi... Mais confiance... À ma bonne étoile sans doute, à la fin des gros temps, au retour des mers calmes, et pourquoi pas l'arrivée de cette île paradisiaque qui finirait bien par surgir à l'horizon au terme du si long voyage...
Hélas ! Il en va autrement... Il me faut rentrer au port d'urgence. Mettre le navire en cale sèche. Engager les réparations tant qu'il en est encore temps.
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:37 AM
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mercredi 22 octobre 2008
ne faisons pas demi-tour, l'avenir est devant !...
C'est un article de Gérard Mermet, dans "Le Monde" du 14 octobre : " profitons de la crise pour refonder la société" premier extrait : Le moment n'a jamais été plus opportun pour réinventer le modèle de " société de consommation " avec lequel nous vivons depuis une cinquantaine d'années et qui satisfait de moins en moins ceux qui en ont bénéficié sans en être toujours conscients. (...) , l'achat d'un nouveau bien d'équipement (téléviseur à écran plat, téléphone mobile, voiture…) n'apparaît pas comme un gage de bonheur supplémentaire. La consommation s'apparente à une recherche, souvent infructueuse, de consolation, un moyen de remplir un vide existentiel croissant. Avec, à la clé, beaucoup de frustration : " à quoi ça sert, tout ça ? ". Et aussi un peu de culpabilisation, aggravée par la prise de conscience écologique : " consommer, c'est détruire… ". A quoi s'ajoute le sentiment désagréable d'être manipulé par un " système marchand " plus " exhausteur " qu'exauceur de désir.
L'essentiel est dit en peu de mots. J'y retrouve des éléments bien souvent développés ici. Ce que j'ai vu se développer dans ma pratique, depuis la fin des années 70, c'est justement cette recherche de consolation, en raison, d'une part, de manques qui cherchent à se combler (manque affectif, blessures du passé,...) Et, d'autre part parallèlement, le creusement d'un vide existentiel croissant, en raison de la retombée des utopies qui ont bercé et enflammé ma génération, et qui se sont dégonflées comme un soufflé, ou écroulées comme château de cartes. À défaut de raison *d'être*, on chercha les moyens *d'avoir*, et d'avoir pour soi seul, ce qui générera individualisme et hédonisme.
Il n'est pas de *bonheur supplémentaire* (pour reprendre l'expression de la citation) dans ce schéma d'évolution. Le bonheur suppose un supplément d'âme et un don généreux. J'aime assez que l'article parle de la culpabilisation et de la manipulation. Ce sont deux composantes de l'égocentrisme. . La culpabilisation est un repli sur soi qui détourne de l'ouverture et de l'action. (c'est ma faute, c'est ma faute... Pendant ce temps-là, pendant que je me culpabilise, je suis totalement immobile. Je ne fais strictement rien.) . La manipulation est de même ordre. Le système "manipulatoire" est mis en place pour un unique profit personnel. Il s'agit de ramener à soi pour posséder (l'autre notamment), et asservir.
*** Face aux dégâts de la consommation (un leurre) et de l'individualisme (un destructeur de la fraternité et du bien commun), qu'est-il possible de proposer ?
2) Extrait : Voici ce que dit l'auteur (notamment) :
Il est donc urgent, et la conjoncture s'y prête plus que jamais, de dessiner un nouveau modèle de société, dans lequel la consommation ne servira plus seulement à satisfaire les sens, mais aussi à donner un sens à la vie et de la longévité à la planète. Pour un certain nombre d'" alterconsommateurs ", certes un peu " intégristes ", le plaisir vient de l'abstinence et non plus de l'abondance. Pour les autres, il pourrait passer par la recherche d'harmonie. L'esprit et le mental sont de moins en moins séparés du corps, dans une vision holistique qui va se développer. Pour mesurer ces motivations et la capacité de la société à les satisfaire, il faudra se doter de nouveaux indicateurs de " bien-être " qui viendront compléter et peut-être un jour remplacer ceux, dépassés et finalement autodestructeurs, de la richesse matérielle. Il faut souligner que cela ne signifie pas que le seul horizon possible soit la " déconsommation ", facteur d'une décroissance qui aurait des conséquences douloureuses, voire désastreuses, pour de nombreux individus.
Quelle déception ! Il s'agit de changer pour toujours faire de la même chose ! Quel dérisoire, quelle erreur, de parler d'une consommation qui donnerait un sens à la vie... ! Quelle tristesse de rechercher "des indicateurs de bien-être" dans des nouveaux modes de consommation.... Qui ressembleront étrangement aux autres... Et seront toujours menées par la recherche du profit maximum, et de la surconsommation indispensable à celui-ci. On prend la même chose, on l'habille autrement, et on ressert les mêmes plats fétides...
L'auteur d'affirmer que tout cela pourrait : « déboucher sur une *utopie réaliste*, fondatrice d'un nouveau modèle de civilisation ... »
Hé bé !!! Quel visionnaire !!
En effet, il y aura une différence fondamentale, une révolution, un saut de civilisation déterminant, un nouveau paradigme : le téléphone mobile sera aussi biodégradable que le papier cul.
Libellés : Actualité politique

AlainX 9:54 AM
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mardi 21 octobre 2008
Page de Pub ! _________ Juste pour dire que j'ai publié une série de photos sur l'automne, que je trouve pas si mal que ça... !! Et comme il n'y a pas grand monde qui vient sur ce site, je fais de l'auto-promo... ! (Faut dire que je ne fréquente pas assez, ni ne commente surtout..., d'autres sites photos... dès lors ça ne génère pas bcp de trafic sur mon blog-photo... Et ..., j'aimerais bien plus de visiteurs !! ______________ Libellés : Actualité

AlainX 11:54 AM
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Bref portrait d'une artisane
Long dialogue hier soir avec ma compagne. Une sorte de besoin réciproque de parler. De se parler. Ces derniers temps on a beaucoup été « pris » par des événements difficiles et douloureux qui se sont enchaînés. Comme si on ne pouvait échapper au dicton : « un malheur ne vient jamais seul ». On a fait face du mieux possible. Je ne dirais pas que cela nous a rapproché, parce que finalement nous sommes plutôt proches, mais cela nous a testé en nos solidités. Les ébranlements font apparaître la capacité à résister, à faire face, à gérer, à ne pas s'écrouler, mais aussi ils font apparaître les points de faiblesse, les risques de brisure. Reste à voir ce qui pourrait être fait pour consolider aux endroits nécessaires.
Je disais à ma compagne combien elle était une femme apaisante, pour moi-même, pour son entourage. Elle répond qu'elle ne sait pas si elle est apaisante, mais que la paix est au fond d'elle-même. Comme une permanence. Je réplique que c'est bien pour cela qu'elle est apaisante.
Je pense alors aux artisans de paix, me disant que c'est peut-être le bien le plus précieux au monde. Les pacificateurs. Les pacificatrices. Pas les arrangeurs de consensus mous, les amateurs de compromis et de compromissions, les trouillards des affrontements prêts à baisser la garde, mais les pacificateurs. Parce qu'ils sont eux-mêmes pacifiés.
C'est cela finalement qui caractérise peut-être le plus ma compagne. Une femme pacifiée. Elle transmet sa paix par osmose. À condition bien entendue que l'on veuille la recevoir. Ce n'est pas toujours évident. Il y a tellement de violence qui peuvent demeurer tapies au fond de nous... De ces violences qui génèrent en nous des massacreurs d'innocence. Jusqu'à l'irréparable parfois. (Je pense ici un témoignage lu récemment).
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Je n'étais pas parti pour écrire tout cela. Je voulais seulement revenir sur une phrase que ma compagne a prononcée, à l'occasion d'une de mes questions : « Ma vie, c'est surtout la relation que j'ai avec elle... »
J'ai eu tout à coup l'impression que je n'avais jamais vraiment regardé les choses sous cet angle : ce qu'il en était de ma relation à ma vie. Je parle plutôt de la relation à moi-même, aux diverses composantes de ma personne, à leur complexité ; ou de ma relation aux autres, avec tout autant de complexité... ; de ma relation à mon environnement, la nature, le cosmos, les subtiles réalités du mystère, etc. Evidemment, tout cela concerne et compose ma vie.
Il y a *qui je suis* d'une part, et *ce que je fais de ma vie* d'autre part. Ma vie peut être en cohérence avec moi-même... Ou pas... Mais encore, ma vie n'est pas que moi. Je n'en suis pas le maître, ni le décideur. Je peux la subir ou l'accompagner. La renier ou lui faire mal. Être docile à son élan qui m'emporte ou m'épuiser à ramer à contre-courant.
La vie est en moi comme une puissance, soit libérée, soit encombrée par des entraves, des obstacles. Ceux que je subis en raison de mon histoire, ceux que je pose moi-même sur mes puits d'énergie, avec parfois la perversité du nihiliste qui s'empêche d'être et de vivre.
Lorsque ma compagne a prononcé cette phrase : "ma vie, c'est surtout la relation que j'ai avec elle", j'ai une cette évidence à quel point cette relation était bonne, bénéfique, libérée, audacieuse, et surtout féconde. Je lui ai dit que c'est cela qui lui donnait la paix au fond d'elle-même ; que c'est cela une artisane de paix.
Souvent je me dis que j'aimerais atteindre son degré de sagesse. Elle me déborde de toutes parts. Elle est largement en devant de moi. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:00 AM
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lundi 20 octobre 2008
vie mortelle
Sommeil agité. Je me rendors en fin de nuit. Sans souvenir de rêves. Au réveil, j'entends cette phrase comme une parole venue du fond de moi : « Laisse les morts enterrer leurs morts. » Une sorte d'invitation douce et paisible. Un peu comme un ami peut poser la main sur votre épaule en disant : « allez, ne t'en fais pas !... »
C'est une parole de la Bible. Jésus dit à quelqu'un : « suis moi ! », lequel répond : « laisse-moi d'abord aller enterrer mon père ». Mais Jésus répond : « Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu. » Évidemment, si on fait une interprétation littérale, fondamentaliste, cela n'a guère beaucoup de sens.
Dans l'existence, on peut fréquenter le royaume des morts. On peut cultiver en soi les zones de non-vie. Entretenir sa désespérance, ses idées morbides, se lamenter sur son histoire personnelle, le sort qui s'est acharné sur nous. Au royaume des morts on trouvera toujours d'autres morts qui n'ont de cesse que d'étouffer la flamme de vie, la leur, mais aussi de tenter d'éteindre celles vacillantes des autres qui passent.
Suis-je dans mon royaume de mort ? Me suis-je laissé emporter de ce côté-là ? Suis-je devenu néfaste à certaines personnes ? Est-ce que l'ami fidèle, la petite voix profonde, n'est pas venu me réveiller ce matin avec ce message -là : *fait attention à toi...*
« Annoncer le règne de Dieu », c'est un jargon religieux. Au plan humain, je dirai c'est annoncer la victoire de la Vie sur la mort. Et c'est d'abord d'un combat intérieur et personnel qu'il s'agit. Je m'apprêtais à écrire : "ce fut le combat de mon existence..." Et j'ai d'abord un mouvement de recul avant de me décider à poser ces mots-là. Parce que l'expression m'est venue au passé... Comme si, quelque part, j'avais abandonné ce combat. Comme si justement, le royaume des morts était revenu gagner du terrain. Car, je n'arrive pas à écrire : « c'est le combat de mon existence... ».
Pourquoi en suis-je là ? Certes, je traverse des temps difficiles, où la mort se fait pressante. Elle a frappé autour de moi à plusieurs reprises. Des proches. Des circonstances tragiques. Et bientôt encore sans doute... Et puis, il y a aussi des relations en péril. En manque de vie. En manque d'espérance. Des endroits où je ne vois plus qu'elle part j'ai à faire, et même s'il y a encore quelque chose à faire... Ne suis-je pas prêt à déposer les armes ? Ce qui reviendrait à me renier moi-même, une part importante de moi-même en tout cas. Lorsqu'on a fait le choix du combat pour la vie, on ne peut plus en faire aucun autre. Ou alors il faut se supprimer l'âme, se marcher sur la conscience, se renier.
Est-ce que je me prends à douter que le combat puisse-être victorieux... ? Ce serait bien là le triomphe des forces de mort en moi.
Et cependant... Il faut laisser les morts enterrer les morts. Parce que le combat est en avant. Parce que finalement chacun est libre de demeurer dans ses ténèbres. De ne pas répondre à l'appel de vie... J'en ai fait, il y a quelques semaines l'amère expérience...
Libellés : De l'intime

AlainX 11:55 AM
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samedi 18 octobre 2008
- extrait d'un ouvrage à ne pas paraître - 7 - Personnalisation et bonheur
A - le bonheur concerne la personne
Il n'y a de bonheur que chez l’humain. L'animal peut ressentir probablement un certain bien-être corporel et sensible, mais accéder au bonheur tel que je le conçois ne me semble pas à sa portée. Le bien-être se ressent simplement, le bonheur est la résultante d'une alchimie assez complexe qui tient à la fois d'éléments extérieurs qui nous arrivent et de la manière dont nous les agençons dans notre psychisme pour leur donner un sens et les considérer comme constitutifs de notre bonheur. C'est pour cela qu'il faut être une personne humaine capable de ce processus interne pour être heureux/heureuse. Je n'irai pas jusqu'à dire que le bonheur est une construction intellectuelle, car cela serait trop décharné et ne tiendrait pas compte des autres éléments de la personne tels que sa sensibilité, sa capacité à vibrer, son corps, ses pulsions instinctives, sa sensualité, sa sexualité, etc. Mais il n'y a pas de bonheur sans conscience d'être heureux, voilà pourquoi l'aspect réflexif et intellectuel entre grandement dans la perception, et donc dans la réalisation, de cette aspiration à vivre heureux.
B - Un minimum vital : une personne... personnalisée
Pour accéder au bonheur il faut un minimum être construit ou reconstruit et avoir dégagé les bases solides de son être personnel, singulier et unique. Cela veut dire qu'il y a nécessairement un prix à payer, celui de la personnalisation par un travail sur soi généralement assez laborieux, le plus souvent difficile, parfois décourageant mais aussi source d’intenses satisfactions. Cet aspect est tellement important à mes yeux que j'y consacrerai un chapitre entier que l'on trouvera plus loin.
Pour accéder au bonheur il faut également être « quelqu'un » aux yeux d'un autre et notamment cet autre si important qu'est la mère. Il faut pouvoir s'être personnalisé en sa présence et sous son action bienfaisante. L'enfant n'est pas seulement un être vivant qu'il faut entretenir pour qu'il survive. L'enfant n'est pas un produit d'élevage. Comme dit cette expression qui fit florès en son temps : « le bébé est une personne ». C'est-à-dire qu'il est potentiellement un être humain qu'il convient... d'humaniser. C'est là tout l'art d'une éducation réussie : faire en sorte que le jeune enfant devienne « quelqu'un ». Celle qui en premier à la responsabilité de cet accomplissement, c'est la mère. La mienne fut défaillante sur ce point. Elle s'est contentée du minimum syndical de maternage. Ce n'est déjà pas si mal. J'ai dépassé le stade où je lui en ai voulu de sa défaillance, car elle a fait ce qu'elle a pu dans le contexte qui était le sien. J’ai cependant nourri contre elle des sentiments négatifs, -et ceci est un euphémisme- et il m’a fallu un long cheminement thérapeutique pour m’en dégager suffisamment, en sorte que ce ne soit plus une entrave insurmontable à mon « être bien ». Il n'empêche qu'a posteriori elle assume cette responsabilité de n'avoir pas su m'apporter les bases essentielles de la structuration de ma personnalité. C'est donc ailleurs que j'ai cherché et heureusement trouvé, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Dans mon autobiographie j'ai rendu hommage à ceux et celles qui ont été pour moi comme des parents de substitution, sans lesquels je ne serais pas devenu l'homme partiellement restauré que je suis actuellement. Libellés : Vous avez dit bonheur ?

AlainX 9:20 AM
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vendredi 17 octobre 2008
les curés boursicotent
Entendu ce matin à la radio. On s'inquiète à l'évêché ! On a placé à la bourse l'argent donné par les braves ouailles - (des gens simples et pas très fortunés généralement, qui croient encore au secours de Dieu... et qui seraient bien étonnés d'apprendre qu'avec leur fric les curés boursicotent en se léchant les babines, plutôt que de le redistribuer à des plus pauvres encore...). Les curetons espéraient quelques revenus juteux pour financer le vin de messe millésimé. Hélas, le Saint Esprit n'étant plus ce qu'il était, la Riche Sainte Église de Dieu a perdu toute protection divine, et se retrouve victime de la chute des cours de la bourse, comme le plus cupide des païens...
J'avais cru comprendre que leur patron, Jésus-Christ, avait donné aux curés d'autres instructions, en disant qu'il ne fallait rien posséder et tout distribuer aux pauvres. Je pensais que les curés devaient donner l'exemple. Que nenni ! Que nenni ! Je n'avais rien compris.
Le principe est le suivant : - les curés se déclarent pauvres - les curés prêchent aux ouailles que Jésus-Christ a dit : il faut donner aux pauvres, or nous sommes pauvres, donc donnez-nous votre argent. - les curés placent l'argent ainsi quémandé à la bourse. Faute d'être autorisés aux plaisirs de la chair, ils s'autorisent au plaisir de la possession.
L'évangile proclamait : "on ne peut servir deux maîtres, Dieu et l'argent." Grâce à la radio ce matin, je sais maintenant quel maître les curés ont choisi.
Libellés : Rogne et grogne

AlainX 9:12 AM
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mercredi 15 octobre 2008
Je t'aime, dans la limite des places disponibles.Déjà, ce n'est pas facile de vivre un amour inconditionnel. Un amour qui soit donné à l'autre pour lui-même, pour ce qu'il est, (pas pour celui que l'on voudrait qu'il devienne), un amour généreux qui se donne sans compter, sans comptabiliser. Mais encore faut-il qu'il y ait de la place en soi pour cet amour, de la disponibilité, de la gratuité, du temps infini, de l'espace intérieur, du souffle qui se donne, de l'aérien qui se reçoit. Je pense à cette chanson de Bénebar , qui décline le thème suivant : - tu pourras toujours compter sur moi, sauf que je ne suis jamais disponible. - J'aime bien ce genre de chanson qui dit avec légèreté apparente de terribles vérités que l'on peut expérimenter au quotidien. Question de priorités, dit-on souvent ! C'est sûr qu'il y a toujours bien plus important à faire, bien plus de choses indispensables à réaliser, que de consacrer du temps à aimer. Je ne dis même pas à s'aimer, ce qui déjà complique les choses puisqu'il faut être plusieurs, mais seulement *à aimer*. C'est lorsque l'autre est parti que l'on se dit qu'on aurait peut-être pu/dû l'aimer plus. Parti ailleurs, parti vers le néant, parti pour une autre vie. C'est alors qu'on réalise nos bêtises, nos choix absurdes de passer sans cesse à côté de l'essentiel, nos invalidités amoureuses, et tout ce temps perdu en futilités que l'on croyait alors tellement indispensables à notre vie dépourvue de sens. Dans ma jeunesse j'entendais beaucoup : « aimons-nous les uns des autres ». Je n'osais avouer que je tentais d'y croire, cela faisait tellement culcul la praline. Aujourd'hui j'entends plutôt : « Chacun pour soi, et personne pour tous ». Moi d'abord, et ensuite encore moi, et après on verra s'il reste de la place. Où suis-je dans tout cela ? Parfois je ne sais plus très bien. Je cherche à aimer ceux que je côtoie. Je n'y arrive pas vraiment. Mon désir d'inconditionnel est souvent pris en défaut. Quant à regarder du côté de ceux qui m'aiment, ou qui disent m'aimer, je crois qu'il vaut mieux que je me ferme les yeux. Simplement me laisser ressentir en silence la porosité de cet amour affirmé. Est-ce que je le ressens, dans quelle mesure, avec quelle qualité, avec quelle intensité. Et puis voilà ! Se contenter de ce réel tel qu'il est ressenti. Ne rien demander d'autre. Ne pas revendiquer, ne pas être regardant sur la qualité. À quoi cela servirait-il d'exiger de recevoir ce que l'autre ne donne pas. Et puis, il me faut bien regarder la légitimité de ce que je revendique... Ou pas... Je réalise qu'en écrivant cela, je remets en cause un certain nombre de choses en moi. À moins qu'il ne s'agisse d'une évolution. Une résignation de mon âge avancé ? Une réelle sagesse ? Je ne sais pas... Ce qui est certain c'est que les choses sont en évolution lente, je commence à réaliser qu'elles ont bougé en moi. C'est comme la grande aiguille de l'horloge. On ne la voit guère se déplacer, et cependant on réalise que des heures se sont passées. Que l'aiguille n'est plus à la même place. J'ai toujours pensé qu'il fallait progresser au sein d'un dialogue. Je le pense toujours. C'est un incontournable. Il faut cependant distinguer entre les dialogues féconds et les dialogues stériles. Ce n'est pas toujours facile, puisqu'il faut d'abord engager le dialogue et que ce n'est qu'après coup que l'on peut voir s'il y a des fruits ou s'il n'y en a pas. (Pire parfois, il faudra bien constater que le dialogue a plutôt aggravé la situation précédente). Le délicat est d'apprendre à faire la distinction le plus vite possible. On dit souvent qu'il faut mieux dire les choses que les taire. À condition que notre parole soit purifiée de tous ses poisons potentiels... Et passer par l'épure n'est jamais évident. Il est si facile de balancer à la figure toutes sortes de choses, dans un spontanéisme lamentable, dans une incapacité à se maîtriser. ( *tourner sept fois sa langue dans sa bouche* , dit le dicton). Dans nos propos, on fait souvent boire à l'autre notre eau polluée, faute d'avoir su la filtrer préalablement. Et en plus on l'accuse de ne pas être capable de se vacciner contre nos poisons.
Est-ce qu'il y a suffisamment de place disponible en moi pour aimer ? Est-ce qu'en ce domaine je m'élargis, ou est-ce que c'est la peau de chagrin ? Ce qui est sûr, c'est que ces derniers temps, je suis saisi par l'ampleur en moi de la tentation du repli. Une sorte d'arrêt du combat par jet de l'éponge.
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:11 AM
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mardi 14 octobre 2008
Je continue la publication de mon "non-livre"... - extrait d'un ouvrage à ne pas paraître -
7 - De quelques conditions au bonheur...
Disposer du nécessaire
Au plan matériel, il me semble que ce fut une ligne de conduite dans l'éducation dispensée par ma famille. Je n'ai pas vécu dans la pauvreté ni l'opulence, même si ces notions sont très relatives.
Je n'ai jamais eu le sentiment d'être un enfant gâté, au sens de pouvoir obtenir tout ce que je demandais comme ces jeunes d'aujourd'hui auxquels on ne semble pas refuser grand-chose. J'avais des jouets aux fêtes de Noël, j'étais « gâté » une fois l'an. Les rares circonstances où j'ai pu aller chez d'autres jeunes de mon âge, je constatais qu'ils avaient bien plus de jouets que moi ! Cependant, j'étais plus étonné qu'envieux. Tout cela me paraissait avoir quelque chose de dérisoire et j'avais la vague intuition que l'essentiel était ailleurs.
Ce n'était pas un « nécessaire matériel » que je recherchais, sinon j'aurais sans doute réclamé plus de jouets, plus de livres d'images, plus de "Tintin et Milou", plus de "petites voitures". C'est plus tard, (avant l'entrée en sixième), en fréquentant les frères R. (des jumeaux) que j'ai réalisé qu'il me manquait un indispensable. Je vais ici relater ce fait anecdotique qui me marqua profondément. Il pourrait figurer dans un autre chapitre, celui des éléments caractéristiques du bonheur, mais j'en fait état ici car il peut trouver place dans ce nécessaire dont il faut disposer, même s'il va s'agir d'autre chose que de biens matériels.
J'avais alors 10 ans. Je ressentais pour les frères R. une attirance envieuse à cause de leur complicité de jumeaux dans laquelle j’aurais aimé m’immiscer, moi l’éternel enfant solitaire. Je vivais aussi un grand étonnement qu’ils puissent s’intéresser à moi. Peut-être leur intérêt était-il en miroir du mien, en sorte que ma solitude, qui devait se voir sur ma figure, les intriguait.
Après le repas du midi, j'allais les chercher chez eux, pour retourner à l'école et profiter au maximum de la « grande récréation ». Ce midi-là, j'arrivais trop tôt, leur famille était encore attablée je fus invité à la salle à manger. Ils habitaient une de ces grandes maisons de maître et il y avait du personnel pour servir. Je ne fus pas outre mesure impressionné par les lieux, mais par le calme apaisant et feutré qui semblait régner dans cette maison et surtout par l'attitude et le comportement de la mère à table : elle épluchait une poire pour l'un des jumeaux en des gestes mesurés et avec une lenteur affectueuse derrière laquelle je pressentais une affection profonde pour ses fils dont elle devait s'occuper par priorité sur toute autre activité. C'est en tout cas ce que j'ai projeté et j'ai pensé que j'aurais aimé naître dans cette famille-là. J'avais le sentiment que cette femme disposait de tout son temps pour ses enfants. Cette scène de la quotidienneté ordinaire me marqua profondément. Je compris ce jour-là qu'il existait un abîme relationnel entre ma mère et moi et qu'il ne pourrait jamais être comblé. La maman des jumeaux R. était proche de ses enfants et ils étaient proches d'elle. Cela ne serait jamais le cas pour moi, je venais d'en avoir la démonstration par l’exemple. Ma mère appartenait à une autre catégorie de femmes. Elle ne lui ressemblerait jamais. Cette femme était disponible à ces enfants, ça se voyait, ça se sentait, cela transpirait de partout. La mienne était constamment débordée par toutes sortes d'activités extérieures qui m'étaient étrangères. Je n'étais pas une priorité pour elle. Peut-être qu'elle vivait autrement les choses, peut-être qu'elle le regrettait, et certainement même. Probablement qu'elle se laissait déborder par le monde des affaires, par l'assistance professionnelle auprès de mon père, qu'elle voulait tout faire et tout concilier. Mais cela est de l'ordre de l'impossible. Ma mère n'a pas su faire certains choix nécessaires comme je les verrai faire plus tard par ma compagne, puis par ma fille aînée.
J'ai eu une mère, je n'ai pas eu une maman.
Or, pour accéder à une vie heureuse, il faut avoir eu une maman. Voilà pourquoi j'inclus cet épisode dans : « Disposer du nécessaire », ce nécessaire n'étant pas seulement des biens matériels, mais aussi des « biens affectifs essentiels ». Je ne parle pas ici des relations libres et choisies qui ont d'une certaine manière une dimension optionnelle : je peux décider de telle ou telle relation. Mais lorsqu'on est enfant, une maman est quelque chose que l'on est en droit de « posséder », d'exiger, de revendiquer. Ce n'est pas une option, c'est un « produit de base » que chaque enfant se doit de recevoir. Cela fait curieux de s'exprimer ainsi comme si la mère était plus « objet » que personne-sujet. Et cependant n'en est-il pas ainsi ? Pour le tout jeune enfant la mère et « l'objet vivant » qui lui apporte tout ce dont il a besoin. Certes, et assez rapidement une relation va se nouer. Mais ce n'est pas absolument certain ni garanti. J'ai eu une « mère-objet-vivant » dont on peut dire, vu de l'extérieur, qu'elle a correctement rempli sa fonction de mère. Je l'ai manqué de rien. J'ai été inclus dans la programmation des diverses tâches de la journée auxquelles elle devait faire face. Elle n'a rien à se reprocher en ce domaine est d'ailleurs je ne lui reproche rien. Mais quand fut-elle « une maman » ? Quand fut-elle pour moi une personne-sujet ? Je ne l’ai pas ressentie. J'étais sans doute « l'objet de son attention » mais je n'étais pas véritablement « quelqu'un pour elle ». La perception subjective de ma vérité personnelle se trouve confortée par les propos de ma mère à ma compagne, avouant qu'elle "n'avait pas le temps de s'occuper de moi".et dans diverses correspondances à la famille et à ses amies, où elle avoue quasiment me négliger... Certes, de l'extérieur on dira que je fus un enfant qui n'a manqué de rien. Et pourtant j'ai manqué de l'essentiel. J'ai reçu de ma mère « l'amour minimaliste» dont elle était capable : me nourrir, me vêtir, m'apprendre les bonnes manières, surveiller mes résultats scolaires. je n'ai pas reçu l'amour d'affection tendre, la tranquille disponibilité et la présence attentionnée dont j'avais cependant vitalement besoin pour asseoir les bases de ma personnalité naissante.
Libellés : Vous avez dit bonheur ?

AlainX 9:40 AM
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lundi 13 octobre 2008
Vive la crise !!
La boite a coulé, mais pousse on va se la couler douce ! la pilulle on va se la dorer J'ai le parachute doré !
Décidément plus ça va plus j'aime Souchon !
Parchute doré - Alain SouchonLibellés : Actualité

AlainX 11:29 AM
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vendredi 10 octobre 2008
éloge de l'ennui
« Une fois que l'ennui se sera emparé de vous, il vous accompagnera en toute rencontre, comme il m'a accompagné d'aussi loin qu'il me souvienne. » (Cioran. La tentation d'exister)
Penser qu'il faut signer cette phrase pourrait faire naître un certain effroi. La vie ne serait-elle qu'occupationnelle pour masquer l'ennui profond. Car force est de constater que dès le berceau il fut présent. À défaut de présence maternelle, il devint le principal compagnon d'infortune.
L'école est un excellent terreau où l'ennui peut pousser. La chance d'être dernier de classe ouvre la porte à l'imaginaire fleurissant. L'ennui devient productif d'inutile. Cela en fait toute sa valeur.
Une valeur personnelle, uniquement pour soi-même. Car la vraie vie se déroule entre des gens sérieux, avides de comptabiliser les idées qui rapportent. Dans ce monde-là l'ennui est une marchandise dont la cote est au plus bas, difficilement négociable sur le marché des gens toujours trop occupés à acheter et revendre le déjà connu.
La plupart des rencontres se voudraient enivrantes, empreintes d'allégresse et pourquoi pas de bonheur. Mais l'ennui est le plus souvent au rendez-vous, caché derrière le masque du sourire, de la mondanité, ou dissimulé derrière l'euphorie de bon aloi qu'il sied d'arborer dans le respect d'un minimum de comportement social acceptable.
Il faudrait pourtant réhabiliter la douce valeur de cet indicateur fiable, qui a le mérite de ne pas générer trop de souffrance, si ce n'est parfois une mélancolie persistante, tant que l'on n'a pas compris l'urgence de sa nécessité.
Bienheureuse conscience éclairée qui permet d'identifier l'ennui comme une chance à laquelle il faut savoir s'abandonner comme au bras d'une égérie féconde.
l'ennui est le rempart à l'envahissement, à la montée des eaux d'étouffement que sont les incessantes occupations et préoccupations des gens indispensables à la mise en exploitation réglementée de tout ce qui existe et existera sur terre et dans les cieux, jusqu'à ce que soit perdu le goût de vivre au profit de l'irrémédiable fadeur de la cendre lorsque tout aura été consommé et consumé.
L'ennui est porteur d'avenir. Il est le gardien des portes qui ouvrent sur des aventures nouvelles, lesquelles demeureront inconnues des gens pressés et amoureux des bruits et des rumeurs.
Pourquoi craindre qu'il nous accompagne, si grâce à lui, en entrant dans son épaisseur, on débouche sur des ailleurs où l'on n'occupe plus sa vie, mais où on la réalise... Libellés : Réflexions

AlainX 10:49 AM
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jeudi 9 octobre 2008
Gris bleu ?
Aujourd'hui ciel bleu. Comme un bienfait, une surabondance. J'irai sans doute faire un tour, et en même temps le désir de rester à l'intérieur, comme un repli. Ce matin ma compagne parlait de sa mère (85 ans) qui a tendance à ne plus beaucoup sortir, notamment depuis les événements tragiques récents (il ne s'agit pas de la santé de ma compagne). Je me disais qu'il fallait que je me méfie du repliement.
J'ai de moins en moins d'attrait pour l'extérieur. Je regarde la marche du monde avec une distance grandissante. Même critiquer Sarkozy ne m'amuse plus ! Quant à la crise financière, depuis le temps que je la vois venir, il n'y a même pas d'effet de surprise, c'en est presque décevant... (j'ai évoqué ici à plusieurs reprises combien la finance et l'économie capitaliste du 21° S. comportait sa dynamique d'écroulement, ... et nous y voilà).
Malheureusement, comme elle sera durable, je ne verrai peut-être pas ce qui pourrait en naître en termes de nouveautés. Encore que... Il est probable que l'on recommencera comme avant... D'autant que la sphère des spéculateurs gagne à tous les coups, et que c'est toujours le contribuable et le citoyen lambda qui paye la facture... Espérons quand même que l'histoire ne représentera pas les mêmes plats. Car le creuset qui donna naissance à la deuxième guerre mondiale est bien la crise de 1929. Je me disais parfois que j'appartenais peut-être à la seule génération qui ne connaîtra pas de guerre sur son sol. Ce n'est plus si sûr à présent...
Oups ! Je m'éloigne de mon ciel bleu !... Revenons vite aux petits plaisirs personnels, et pensons déjà aux huîtres et à la dinde de Noël ! Après tout c'est peut-être le dernier... !
Ce matin à la radio j'entendais les banques faire leur pub. Dans le contexte de crise, c'était d'un dérisoire grinçant ! Plus que jamais le côté trompeur de ces slogans écrits par des menteurs professionnels me sautait à la figure, comme une agression !
Et je ne vous parle pas de cette merveilleuse pub pour la TréCon-retraite Pré*fon-re*traite pour les fonctionnaires, genre de fonds de pension à la française pour nos braves agents de la fonction publique, dont les actifs sont sans doute en train de s'écrouler dans le mutisme général !!
Mais heureusement le ciel est bleu ! Aussi bleu que le livret bleu du Crédit Mutuel ! Donc tout va bien.
Bon ! Je vais aller la faire ma balade ! (Mais pas irlandaise, parce que là-bas ça craint aussi !!)
Libellés : Actualité

AlainX 10:21 AM
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mercredi 8 octobre 2008
Abandon
Rêve étrange cette nuit. Disons plutôt qu'il m'a intrigué. Je suis seul dans un lieu inconnu, une sorte d'immense salle, avec des rayonnages, des grandes tables, un peu comme une bibliothèque, à la différence que tout est désordonné. Il y a des dossiers énormes, mal rangés, empilés, qui regorgent de papier, prêts à éclater. Il y a des gens qui me quittent, m'abandonnent, s'en vont. Personne de mon entourage réel, mais dans mon rêve ce sont cependant des proches qui me laissent littéralement tomber, pour des raisons que j'ignore. Je ne ressens rien. Je ne sais pas si j'anesthésie une immense souffrance, si je suis totalement indifférent, si je ne réalise pas encore ce qui m'arrive. Ce qui me préoccupe ce sont tous ces dossiers. Ils ne m'appartiennent pas mais il me semble important de les ranger, les trier, les reclasser. Et déjà je sais que je n'y arriverai pas.
C'est au réveil que les sentiments, les sensations, arrivent. C'est à l'inverse de l'habitude. Ordinairement les lambeaux des rêves de la nuit s'enfuient avec les sentiments plus ou moins heureux, plus ou moins angoissants qui peuvent les accompagner, pour un retour à la réalité. Là, c'est l'inverse. Je passe de cette sorte d'anesthésie au ressenti d'un terrible sentiment d'abandon.
Je ne sais pas si c'est solitude ou abandon. En tout cas c'est lourd...
Puis je faire un rapport avec ma vie réelle ? J'ai plus le sentiment d'être livré à une certaine solitude que d'un abandon. Car concrètement, je ressens autour de moi de réelles présences « en live ». Il me semble que c'est plutôt *moi* qui abandonne *moi*, non pas cette sorte d'abandon confiant à soi-même, (ce qui est toujours une forme d'abandon à un *autre*), mais plutôt une sorte de démission larvaire, qui ne dit pas son nom, mais fait cependant son oeuvre de pénétration, comme un virus (je n'ose dire un cancer), investit un tissu sain.
Ce sentiment confus de me quitter moi-même. C'est à l'inverse du dépouillement pour se trouver. C'est à l'inverse de quitter le *petit moi* pour se donner. À y regarder de plus près : c'est dangereux. Dans mon rêve il n'y avait plus personne, restaient des dossiers d'archives, du passé, en désordre, encombrant et inutile et qu'il vaudrait mieux brûler. Il n'y avait même pas moi en tant que vivant qui ressent son existence. J'étais une sorte de zombie, un pré-cadavre...
C'est peut-être une forme de rêve prémonitoire. Non pas au sens de la prémonition qui annonce l'événement inéluctablement à venir ; mais plutôt au sens de la prémonition symptomatique. (Comme dirait un médecin). Un rêve de diagnostic précoce de ce qui pourrait survenir si je n'y prends pas garde...
À moi d'être plus attentif à ce que je vis, aux symptômes que je ne veux pas identifier. Rien de pire que de faire l'autruche...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:25 AM
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mardi 7 octobre 2008
Opinion publique
Plutôt content je suis... ! J'ai quand même réussi à boucler l'article pour la revue. Disons que j'ai envoyé ma première mouture et que l'accueil global semble plutôt favorable. Bien sûr, j'aime que ce que je présente soit de qualité et que cela puisse satisfaire autant la rédaction que les lecteurs. Dans ces cas-là je suis attentif à mon écriture et à la recherche de précision dans mes propos, dans le choix des mots.
C'est très différent sur ce blog, où je n'ai pas cette exigence et où je me laisse écrire les choses comme elles viennent. J'ai déjà eu l'occasion de dire que je travaillais mes textes bien rarement « ici ». Je trouve que le bloc doit être en premier un espace de liberté personnelle totale. Un lieu d'expression libre qui ne se préoccupe guère de savoir qui pense quoi de où de quand et de combien !... Il y a suffisamment de lieu où la contrainte est nécessaire... À lire certains blogs j'ai l'impression parfois que certains se contraignent à en devenir insatisfait de ce qu'ils produisent, au point d'envisager de tout arrêter, comme s'il y avait un enjeu bien plus symbolique qu'objectif.
Qu'un auteur qui veut publier et vivre de son art (ou accéder à une notoriété) se contraignent à une écriture de qualité, quoi de plus normal ! Qu'un/e blogueur/blogueuse soit dans les affres de la surveillance de sa production pour entretenir un lectorat toujours aléatoire et versatile, jusqu'à en perdre le goût de l'écrit, où l'audace du dire sans contrainte, voilà qui est désolant et prouve à quel point chacun a toujours le besoin de se créer son petit enfer personnel et bien à lui...
Il m'arrive de ne pas échapper à la tentation mortifère... La liberté personnelle est sans cesse à reconquérir. La dépendance du regard d'autrui et la plus grande entrave que l'on se crée soi-même. C'est curieux comme il est difficile de ne pas réaliser que passer par les attentes d'autrui (attentes supposées d'ailleurs) relève de l'aliénation ...librement consentie... Si je puis dire... J'ai mis un temps considérable à réaliser que quoi que je fasse, quoi que je dise, qui que je sois, je n'avais strictement aucun pouvoir sur l'opinion que l'autre se fait de moi... Je ne suis pas certain de ne pas attendre encore en ce domaine un nombre considérable de choses...
Libellés : Réflexions

AlainX 10:15 AM
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lundi 6 octobre 2008
amour fortMoi j'ai eu envie de me dire :" Mais! Il ne peut rien leur arriver! Leur amour les protège de tout." : il y a cette phrase dans un commentaire de mon entrée précédente. Elle m'a donné à réfléchir. Ma compagne a eu des propos sur le même registre. Elle a une intense confiance dans la vie, dans sa vie, dans son corps et sa vitalité, sa bonne santé quelque peu légendaire dans la famille. Qu'elle soit atteinte par le cancer a beaucoup bousculé cette croyance-là, celle d'une sorte d'invulnérabilité. Pourtant, on a eu l'occasion de travailler ensemble lors de la construction de certains stages de formation où était abordé le thème des « fausses croyances ». Et nous en véhiculons tellement... La phrase de Val, qui a dû lui venir assez spontanément (Val, tu confirmeras ou infirmeras...), tient quelque peu de la *fausse croyance*. [ Val, ce n'est pas une critique... Tu va voir pourquoi...]. Dans la fausse croyance, le problème c'est qu'elle masque la "vraie" (en faisant l'hypothèse que la vraie existe, sinon on est constamment dans un relativisme bon teint et qui fait tant de ravages dans nos sociétés où tout est aplati au nom d'une permissivité molle et visqueuse, tout étant ramené sur un même plan, sans véritable hiérarchisation des valeurs). En l'espèce, quand je lis : "leur amour les protège de tout", il me vient que ce que je crois être ma vraie croyance c'est d'écrire : "notre amour est une force puissante". Dans cette formulation je m'y retrouve pleinement (en tout cas pour aujourd'hui...), sans doute parce que je ressens profondément les choses ainsi. Si je me mets à "glisser" vers une conséquence qui serait qu'ainsi nous somme protégé de tout, c'est alors que je me retrouve dans une position qui affaiblit. Croire que l'on puisse être protégé de tout rend vulnérable. Croire que l'on dispose d'une force intérieure puissante rend... Plus fort... !
Ce n'est pas qu'une question de mots, c'est une question de ressenti. La croyance ressentie est une sorte de foi. La foi en soi ne rend pas invulnérable, elle rend fort, capable d'affronter. Ce n'est pas la même chose... De même, à partir du moment où quelqu'un pense "qu'il ne peut rien lui arriver", c'est alors qu'il aura tendance à se mettre en danger lui-même. On sait très bien combien des gens expérimentés, chevronnés, qui se croient quelque peu plus fort, finissent par commettre l'imprudence fatale par excès de croyance, ... à défaut de foi. (Je pense à Éric Tabarly, tombé à l'eau parce qu'il a surestimé sans expérience, parce qu'il a pensé qu'il n'avait pas besoin de se harnacher avec les sécurités que probablement il obligeait d'autres à porter....).
Alors, Val, lorsque tu écris ensuite : "Je ne sais pas si j'ai raison, mais je préfère le croire." j'ai envie de te dire va plus loin dans l'intuition que tu as. L'amour n'est pas une protection, il est une force. Invincible diront certains... Puissante en tout cas. L'amour ne protège pas des épreuves éventuelles, mais il donne les forces pour affronter ensemble. C'est pour cela qu'il faut en prendre un soin précieux, pour qu'au coeur de l'épreuve, celle-ci ne divise pas mais unisse encore plus fortement. Bien sûr, il y a une sorte d'alchimie impalpable qui crée progressivement la force du lien, mais ce n'est pas de la magie. C'est une construction, un fruit. Prendre soin suppose de cultiver, de (se) donner à l'autre et de (se) recevoir de lui. Ensuite, quand les temps se font difficiles, il "suffit" d'aller rejoindre cette force au fond de soi, là où l'on se sent profondément en lien vivant à l'autre. Pour l'éternité ?? ... Peut-être...
Libellés : De l'intime

AlainX 10:54 AM
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samedi 4 octobre 2008
Avis de tempête
« Les temps sont difficiles », chantait Léo ferré. C'est peu de le dire en ce moment, tant dans ma vie personnelle et familiale, que dans ce que je constate autour de moi et dans la vie de la société.
Je ne m'attarderai pas sur la crise financière et bientôt économique dans laquelle nous sommes à peine entrés encore. Il sera largement temps d'y revenir vu qu'elle n'est pas près de se terminer... Les politiques et les banquiers nous chantent sur tous les tons « tout va très bien madame la marquise », mais il faudrait être particulièrement bouché à l'émeri pour ne pas voir le désastre qui nous attend.
Peut-être que je suis pessimiste, vu que je suis entré jeudi dernier en début de soirée dans un désastre familial aux retentissements profonds et qui a notamment excessivement marqué ma compagne, qui déjà doit s'affronter au problème du cancer.
« Les temps sont difficiles », et je me sens entré dans cet état de fragilité curieuse qui n'ébranle pas mes bases mais me rend vulnérable notamment sur les petites choses du quotidien. Ainsi, je suis convoqué devant un truc/machin de la sécurité sociale pour une histoire de prise en charge d'un bidule/bazar, et j'ai presque paniqué à cette idée. Alors que non seulement c'est complètement dérisoire, mais qu'en plus j'ai la certitude d'être dans mon bon droit et qu'à l'ordinaire je suis plutôt combatif dans ce genre de choses, j'allais presque dire que cela peut être quasi jouissif ! Mais là, il m'a fallu 48 heures pour revenir à un état normal et préparer mon dossier. C'est presque un signe inquiétant, comme si mon niveau de tolérance était particulièrement bas en ce moment.
« Les temps sont difficiles », parce qu'il faut porter à bout de bras des personnes proches, en détresse totale et qui sont sous le coup de la violence qui leur a été faite. Alors, on se tourne vers AlainX et sa compagne, parce qu'ils sont solides, eux ; ils sont fort, eux ; ils savent naviguer dans les tempêtes, eux. Et ce n'est pas faux en effet, ce couple-là a des capacités à affronter l'adversité. Mais en même temps, ce couple-là est comme les autres, totalement comme les autres, fragile et vulnérable, touchant aux limites de sa résistance.
« Les temps sont difficiles », et cependant au fond de moi demeure une paix profonde, une force fragile constamment fidèle et présente, et ce sentiment de l'indestructible du lien qui nous unit, ma compagne et moi, et qui comporte la force décuplée de l'unité de couple. C'est bien plus fort que le sentiment d'amour, toujours éphémère, que la force de la passion, toujours transitoire. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:38 AM
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