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AlainX

 

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vendredi 30 mai 2008

 

nouvelle lettre à une morte


Ma chère maman,

Te souviens-tu de cette lettre que je t'écrivais en février 2003 ? Plus de cinq ans déjà ! J'étais encore dans des sentiments douloureux, source de violentes aigreurs déversées sur toi.
Il y avait encore bien du chemin à parcourir jusqu'au pardon, le vrai, pas celui que j'avais tenté du bout des lèvres et qui ressemblait encore à tes terribles mises en scène, lorsqu'il fallait s'agenouiller devant toi, baisser la tête et demander solennellement pardon pour une broutille de gosse. Il ne s'agissait pas alors de pardon, mais d'exercices d'humiliation dictés par tes asservissantes névroses.

Depuis j'ai continué le chemin, lentement, en solitaire et dans le silence. Nul n'en a rien su, pas même *ici* je n'ai évoqué la suite de ce parcours de restauration. Il m'a fallu changer mon regard sur toi, retrouver la femme que tu as été et ne plus me fixer sur la mère que tu ne fus pas.
Il ne sert à rien de "tuer la mauvaise mère" si je ne donne pas existence à la femme que tu fus. Je n'ai pas envie de mourir meurtrier. J'ai l'audace d'espérer devenir restaurateur de l'irréparable.

Il me fallait opérer une décentration radicale du rapport mère/fils pour parvenir à un regard aimant sur toi. Car on ne peut aimer celle qui vous a persécuté tant que l'on a le regard fixé sur la persécution et la persécutrice. Ou alors c'est une terrible perversion, un rapport sadomasochiste déstructurant et mortel.

J'espérais même trouver une certaine fierté de toi, à l'image de celle que j'ai pour mon père, ton mari qui t'aima tellement malgré de tels dysfonctionnements incessants. Mais il ne faut pas trop rêver : je n'en suis pas là ! Simplement je suis, - si je puis dire ainsi -, sorti de moi-même pour aller à ta rencontre, j'ai laissé au bord du chemin le petit garçon douloureux, pour aller observer la femme que tu as tentée d'être, comprendre son combat et sa propre souffrance, me laisser toucher dans ma tendresse d'homme, ressentir pour toi la compassion et l'amour d'autrui que je me reconnais, qui me singularise, et me fait m'aimer moi-même un minimum, afin d'être capable d'en aimer d'autres.

Alors, je me suis tenu là, aussi longtemps qu'il serait nécessaire, dans cette sorte de rigueur d'observance, relisant tes lettres, posant d'apparentes questions anodines à ceux qui t'ont connu, me mettant en quête de celle que je ne connaissais pas, tentant d'abattre ce mur de haine contre lequel butait mon désir d'amour.

Où en suis-je ? - c'est difficile tu sais...
J'y arrive lentement, mais c'est sans doute incontournable cette lenteur. Je connais le processus d'assainissement des souffrances de ce passé-là, j'en ai fait l'expérience dans ma chair, même si ta mort prématurée à mes yeux à entravé le processus engagé à l'époque. Il est plus délicat pour moi le chemin à parcourir pour arriver au « je t'aime maman », sans rien d'autres, sans ajouter de : "malgré tout *ça*", de : "cependant je n'oublie pas..." Et autres formules de ce genre qui viennent assez vite encore...

Et pourtant, il faudra bien que jaille jusqu'à cela. Par cohérence, par respect pour moi-même, par respect de ta mémoire, par justesse vis-à-vis de mes convictions les plus profondes. Parce que j'ai le désir intense qu'elles soient victorieuses, sinon, et pour une part, j'aurais gâché un essentiel de mon existence.

À une prochaine fois peut-être.

Ton fils.

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Le texte de février 2003 - supprimé de mes archives, remis ce jour provisoirement.




Lettre à une morte


J’ai trouvé cette lettre que quelqu’un a sans doute écrite un jour…
Quelqu’un que je connais sans le connaître. Un étranger qui m’est cependant familier.


Maman,
non essayons mieux..
Chère maman,
allez osons
Ma chère maman,

Tu as disparu de ma vie il y a 15 ans environ. Je dis environ car j’ai oublié jusqu’à la date exacte de ta mort. Au milieu du siècle dernier tu as forniqué avec un male puis pondu un lardon. Moi. Tu espérais une nana, et bien non, j’ai commencé à te faire chier dès le jour de ma naissance.
Il faut dire que tu me l’as bien rendu.
Je n’étais qu’un paquet de viande que tu trimbalais parce qu’il fallait bien, le gavant de lait froid, de bouillies insipides, lui remplissant l’estomac pour qu’il se taise et dorme, vidant ses langes merdeux d’un air dégoûté.

Des paroles tendres. Aucune.
Une présence gratuite. Point.
Un intérêt pour ma personne. Que nenni.
Des caresses sur le corps. Jamais.

Des punitions. Toujours.
Des fessées. Souvent.
Des mots durs. Plein la bouche.
Des corvées. A foison.

Tu m’habillais d’habits de luxe, pour me montrer à tes amies et tes clients, comme on exhibe un chien lors d’un salon mondain. Tu me faisais réciter des poèmes auxquels je ne comprenais rien pour faire rire en société et démontrer à des imbéciles la qualité de ton éducation.

Alors, pour m’en sortir, je suis tombé malade, malade,
malade, malade,
malade,
malade pour toujours.

Cela ne changea pas grand-chose à tes comportements.

Alors je me suis mis à te détester et à te fuir.
Loin de toi je pus commencer à respirer.
Je découvris d’autres femmes, au cœur tendre, à la peau douce, aux yeux aimants, aux mains expertes, au corps offert, aux paroles constructives, à l’indulgence immense, à l’écoute intense.
Je ne sus pas les garder, ni les aimer, ni leur rendre la vie agréable.
Je n’étais qu’un avide de posséder enfin ce que tu avais été incapable de me donner.

Et un jour,
Au terme d’une longue traversée,
Après avoir transpercé des plaies sanguinolentes et crevé des abcès haineux développés contre toi,

J’ai vu apparaître un homme. Moi.
Un tout autre que celui que tu avais tenté de fabriquer.

Et ce jour là, tu ne l’as jamais su, je me suis retourné vers toi, vers une photo de toi que je gardais au fond d’un tiroir.
Je me suis mis face à toi et j’ai dit simplement

« maman »

Ce simple mot, ce vocable, je le prononçais pour la première fois de ma vie.

Aujourd’hui, par cette lettre, c’est la deuxième fois qu’il sort, non de mes lèvres, mais sur ce papier.

Tu es morte. Fort heureusement.
Sinon, jamais, jamais, jamais, je n’aurais pu le prononcer.

Un jour, peut être, qui sait, irai-je sur ta tombe, si toutefois je sais la retrouver, si je me souviens de son emplacement, si j’ose retourner dans ce village.

Un jour peut être, un soir de miracle, prononcerais-je ces mots : je t’aime Car finalement sans toi je ne serais pas en vie. Et désormais je l’aime cette vie qui est la mienne et j’ai gagné contre toi.

Tu as perdu maman.
Je suis devenu un être aimant.
Tu n’as pas réussi à faire de moi le pantin froid, le petit monstre que tu aimais manipuler.

Repose en paix.
J’ai réparé.

Ton fils.
(écrit en février 2003)

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jeudi 29 mai 2008

 

Marcher dans les traces

Je relisais quelques écrits personnels anciens.
Et aussi une compilation de témoignages de bilan de cheminements de développement personnel que j'avais recueillis pour un certain travail de synthèse il y a quelques années.
Et encore les conclusions très documentées du cabinet Machin auquel nous avions fait appel et qui avait mené des interviews non directifs auprès de clients volontaires de divers organismes en développement personnel, sur les profits retirés.

Là comme ailleurs, nous constations combien chacun est le produit de la formation qu'il a choisie ou qu'il s'est donné ou encore qui lui fut parfois quelque peu imposée. Qu'un ingénieur soit le produit de l'école qui l'a formé, c'est assez légitime, on lui demandera une compétence en rapport avec ses acquis. On voit mal un plombier engager un prothésiste dentaire pour déboucher des lavabos.
Dans le domaine de la connaissance de soi, qui est sensée déboucher sur la découverte du caractère unique de sa personne, il est plus singulier de constater combien les gens déclarent, comme par hasard, que leur spécificité, leur singularité, correspond assez exactement au schéma de pensée auquel se réfère le formateur/maître à penser/gourou/etc. qui les a formés.
Dans les enquêtes c'était flagrant de voir comment le vocabulaire théorique, les concepts, le jargon de l'école de pensée étaient repris quasiment mot à mot, alors que la personne déclarait exprimer sa pensée personnelle, nouvellement surgie en elle.

Relisant mes écrits anciens, je peux sans problème me mettre dans ce sac-là... Et ce n'est pas pour autant que je renie les importants profits retirés alors. Je me contente simplement d'avoir une certaine tendresse souriante pour certaines de mes naïvetés de l'époque, lorsque je croyais être le premier à découvrir le fil à couper le beurre.

C'est cette même tendresse que j'ai ressentie en faisant une recherche sur le net concernant le concept de « spiritualité laïque », lorsque je suis tombé sur une série de blogs de cet acabit, m'amusant au gré de la lecture à rechercher le nom de l'école de pensée à laquelle correspondait telle ou telle expression que le blogueur/la blogueuse s'attribuait.

Tout cela est-il critiquable ? Mauvais ? Certes non !
En matière de « personnalité », si chaque humain est unique, il n'est pas moins la résultante, non seulement de sa lignée génétique, mais encore de son éducation et de tous les enseignements diversifiés qu'il a pu recevoir (ou rejeter!) au long de sa vie.
On marche toujours dans les traces de quelques autres...

Et d'ailleurs, sans ces multiples sources d'influences, vécues au quotidien, mais aussi venant de la nuit des temps, serions-nous véritablement devenus « humains » ?
Les bipèdes que nous sommes ne peuvent pas s'éveiller rien que par eux-mêmes à leur propre conscience "d'être humain". Que soient remerciés les parents et éducateurs qui ont réussi cet exploit avec les enfants et les jeunes qui leur étaient confiés. (Mais aussi hélas... Où sont les *Maîtres* d'aujourd'hui ?...)

N'ai-je pas moi-même maintes fois évoqué ici toute l'importance de mon *maître à penser* auxquel je ne cesse de rendre hommage intérieurement.
La plus belle reconnaissance d'amour envers quelqu'un n'est-elle pas dans ce poème d'Aragon « Que serais-je sans toi, que ce balbutiement... », si joliment mis en musique par Jean Ferrat. Aragon parlait de la femme qu'il aimait (qui l'aimait), mais son poème touche à l'universel des rapports humains, j'allais dire... tous sexes confondus...!

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lundi 26 mai 2008

 

écriture et littérature

Aïe ! Ouille !
En lisant ce billet de Doubleje, même s'il présente l'aspect d'une sorte d'exercice de style, je suis interpellé par cette expression : « la littérature est une prostitution » ["Chaque histoire imprimée est une p… qui tente de se faire remarquer, de capter un moment l’esprit qui passe, de se prolonger dans une attention prêtée."]

Bien entendu, on peut discuter de ce propos et de cette opinion, qui d'ailleurs peut apparaître abrupte sortie du contexte de l'ensemble du billet (à aller lire donc...) ; mais telle n'est pas mon intention, même si j'aime bien le côté quelque peu provoc !...
C'est le retentissement que ce texte a en moi qui m'importe au moment où je m'intéresse à mon rapport à l'écriture publique, en particulier à tout ce qui concerne les récits de vie, qu'il s'agisse de ceux que je lis, mais aussi ce que je rends compte moi-même, de ma propre vie, de ma propre expérience.

Je relisais mon autobiographie rédigée il y a bien des mois. Je trouvais le texte plat, au regard de la manière dont mon écriture a évolué depuis. Je ne porte pas un jugement négatif là-dessus. La manière dont j'ai dit les choses se voulait la plus conforme possible à la réalité, oscillant entre un récit forcément subjectif, et des éléments factuels dont je pouvais disposer (lettres archivées, documents authentiques, notes d'époque, correspondance de mes parents etc.). Mon intention, plus ou moins consciente et volontaire, était un écrit destiné à mes filles, quelques proches, mes petits-enfants, si un jour ils s'intéressent à leur grand-père qui sera alors disparu... C'était une sorte d'écriture quelque peu utilitaire (prétentieux que je suis... !) qui aurait pu servir éventuellement à ma lignée, qu'elle se comprenne mieux dans l'ordre générationnel.
Autrement dit, je faisais oeuvre de mémoire, plutôt qu'oeuvre littéraire.

Actuellement, plus ou moins influencé par des personnes de mon entourage qui m'ont encouragé justement à une écriture plus « littéraire », parce qu'ils trouvent que je suis capable d'écrire "mieux" que ce que je fais, j'ai complètement repris ma rédaction dans le sens que j'évoque dans ma précédente entrée.
Je me suis laissé influencer, mais au sens d'une influence que je trouve bonne. Je prends un réel plaisir à cette manière de faire, à ce travail ; et cependant je reste dans un certain malaise et un certain flou au regard de l'objectif que je poursuis.

Est-ce que je n'entre pas dans une écriture qui aurait la volonté de plaire ? Quelque chose de racoleur. Une mise en scène de moi-même, une manière de faire le trottoir en exhibant mon passé, comme la prostituée montre ses cuisses et ses seins.
Pour faire plaisir à qui ? Pour flatter quels besoins, voir quels instincts chez le lecteur potentiel ?

Ma vie n'est pas à vendre, ni à donner en pâture. Alors pourquoi est-ce que j'agis ainsi ? D'ailleurs je me mets dans ma propre contradiction, en publiant le petit extrait que j'ai déposé l'autre jour, tout en indiquant que mes écrits ne sont pas destinés à publication. Je suis comme un prostitué qui prendrait plaisir à se préparer pour le racolage, sans pour autant descendre sur le trottoir et encore moins remonter avec un client !...

Alors bon !
Je fais quoi maintenant ?

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jeudi 22 mai 2008

 
Dépouille

Il y a bien longtemps... Il faudrait rechercher dans mes archives... J'évoquais mon premier amour - enfin le premier véritable, si je puis dire ainsi - je parlais de la nostalgie que j'en ressentais encore et de cette tentation de renouer un contact avec cette « jeune fille », devenue femme, mère de famille, puis divorcée. (J'avais eu des nouvelles d'elle, sans le chercher, par une amitié commune de cette époque-là...).

J'ai dit que j'ai repris mon autobiographie sous une autre forme littéraire très différente de ce que j'avais fait jusque-là. Hier, j'ai réécrit cet épisode de ma vie. Pour la première fois j'ai ressenti un réel détachement. J'ai coupé le dernier filin qui retenait ce souvenir encore flottant entre deux eaux. Le voici parti désormais occuper sa place dans les strates profondes de mon histoire.

Je vous livre ici un extrait, qui je crois ne sera jamais publié sur le net... Ni autrement sans doute...

J'ai longtemps gardé au cœur cet amour de toi défunt, comme on porte dans ses bras un enfant mort avec le fol espoir de le voir encore animé d'un souffle de vie. Et puis un jour, on le dépose dans son petit cercueil blanc, en ce cimetière des amours mortes, quelques fleurs à la main. Déjà fanées.

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mercredi 21 mai 2008

 
l'écriture, et moi, et moi, et moi...

J'ai lu chez quelqu'un (je ne cite pas, je crois que la personne souhaite un certain anonymat), quelque chose qui a trait aux rapports entre la littérature, Internet, le journal intime. Il est question de textes travaillés d'une part, d'impulsivité d'autre part. Il est question aussi de hiérarchisation de l'écrit. (Je reste vague volontairement...).

Toujours est-il que cela m'a donné à réfléchir.
Moi qui ai tellement écrit, depuis tellement d'années, je n'ai jamais autant été préoccupé que ces derniers temps quant à « mon acte d'écrire ».

Avant l'invasion d'Internet dans ma vie, avant de déverser sur cette immense toile mon propre verbiage, je vivais tranquillement à l'intérieur de mon journal intime papier. À aucun moment je ne me préoccupais d'un quelconque lectorat, bien au contraire.
Je suis venu écrire sur le net par jeu. Je me suis laissé prendre par la toile comme la mouche par l'araignée. Je dis cela à cause d'une confusion des genres. Je parle pour moi bien entendu, chacun écrit ce qu'il veut, comme il veut, là où il le veut...

Il y a en moi trois types d'écriture, qui ont fini par se mélanger allègrement.

- l'écriture intime, qui ne regarde que le rapport de moi à moi, et dont seuls certains contenus bien précis peuvent être communiqués à des personnes ciblées, de manière très occasionnelle, avec généralement une visée soit thérapeutique, soit de meilleure compréhension de moi-même.

En ce domaine, j'ai des centaines, pour ne pas dire des milliers de pages, que j'ai gardées, mais que, les années passant, il va devenir urgent de détruire totalement, quand bien même certains passages furent des pierres blanches ou des petites perles.
J'ai à présent (quasiment) acquis la conviction que je ne devais laisser nulle trace de tout cela à quiconque après ma mort. Je n'ai aucun désir d'une survivance a posteriori et je redouterais même toutes les interprétations qu'il serait possible de faire alors que je ne serai plus là pour m'en expliquer le cas échéant, surtout au regard des contresens de vie que certains ne manqueraient pas de commettre.
C'est parce que je suis un homme infatué que je n'ai pas encore détruit tout cela.
Mais cela ne saurait tarder.

- l'écriture militante, que j'ai beaucoup manié sous diverses formes, depuis mes discours enflammés au micro, dans des tribunes diversifiées, avec la fougue et la harangue dont je savais faire preuve, jusqu'aux articles de fond concernant mes convictions les plus profondes quant à la destinée humaine et au respect des personnes, en passant par des billets d'humeur dans des revues, des pétitions, des rapports argumentés, des expertises dans mon domaine de compétence, et même des mémoires pour des tribunaux administratifs... rédigés sous le manteau, au bénéfice de ce qu'il est convenu d'appeler la veuve et l'orphelin...
Tout cela fut lié à des circonstances, des combats du moment, une sorte d'ordinaire qui fit sens pour ma vie, me donna une certaine fierté d'être qui fut parfois ma récompense en me regardant le matin dans la glace.
80 % de cette écriture-là je l'ai bazardée il y a quelques mois lorsque j'ai mis de l'ordre dans mon bureau.
Ce que j'ai gardé, c'est un peu en pensant à mes filles, me disant que peut-être, quand je ne serai plus là, elles trouveraient la trace de certaines actions de leur père, du temps où elles étaient dans les années insouciantes de l'enfance et de la jeunesse. Mais je me demande si je ne vais pas là aussi tout bazarder. À quoi bon !
Quand je pense à mon propre père, ce n'est pas ce qu'il a fait qui m'importe, mais ce qu'il fut pour moi... On ne fut pas...
Quelles gardent de moi le souvenir de nos instants ensemble les plus marquants, les plus structurants, ce sera largement suffisant...

- l'écriture testimoniale (qui s'emboîte à la précédente). Ce fut surtout une écriture à la demande. On me demandait, parfois avec insistance, de témoigner de tel aspect de ma vie, de telle expérience, de la lecture que je faisais de tel ou tel épisode de mon existence. On a fait cela aussi en couple, parce que d'autres croyaient que nous détenions je ne sais quel secret, je ne sais quelle jouvence de longévité dans l'amour... dont on nous demandait de rendre compte, parce que : "Vous X et Z vous êtes quand même très spéciaux..." Et moi j'en suis encore à chercher ce que l'on peut bien avoir de "spécial" ...

Parfois, j'ai dit oui parce que cela flattait mon ego. Parfois j'ai eu de plus nobles motivations, lorsque cet aspect testimonial était pour moi dans la droite ligne de ma militance.
Les traces écrites de ces témoignages ont viré avec le reste.

*


Avec le net, par je ne sais plus trop quel biais, j'ai fini par débarquer sur des sites d'écriture comme Obsolettres dans le temps, ou Paroles plurielles, et plus récemment Kaléïdoplumes. Je me suis essayé à une écriture de fiction, j'y ai pris goût. J'ai écrit quelques petites choses pas trop mauvaises. Et peu importe d'ailleurs, l'important fut le plaisir que j'y prenais.
Je me mets à en parler au passé...
Je me prends à douter que ce soit une écriture « faite pour moi ». Je veux dire par là une écriture qui soit « ce que j'ai à faire ».
Mais voilà : telle est ma question de retraité ronchon : qu'ai-je donc à faire du reste de ma vie ?
j'en reviens toujours là... Avec ce comportement vicieux qui est que je n'ai pas vraiment envie de répondre...
Je suis un attentiste occupationnel. Je ferais mieux d'opter pour la Dolce Vita, me laisser couler dans un hédonisme de bon aloi.

Parfois je me dis que je n'ai plus rien à faire sur cette terre. Comme si j'avais accompli mon devoir, posé mon petit caillou sur le chemin de l'humanité.
J'écris cela sans aucun sentiment morbide. Je n'en appelle pas à la mort.
Je suis seulement dans une trop longue phase d'un manque de sens.
Je m'inflige un purgatoire. Mais me purger de quoi ?

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mardi 20 mai 2008

 
un vieux son ...

Connaissez-vous Edouard-Léon Scott de Martinville ?
c'est l'auteur du plus vieil enregistrement d'une voie humaines, vers 1858.
Cela s'est fait en France.

Une voix quelque peu fantomatique chante : "au clair de la Lune".
on croit reconnaître une voix d'enfant. Peut-être son fils, où sa fille...

j'ai découvert cela par le biais d'une newsletter.
voilà plusieurs fois que j'écoute l'enregistrement qui ne dure que quelques secondes.
Cela me fascine.
Cliquez pour l'écouter
j'imagine cet homme bidouillant chez lui son invention au fond d'un atelier, faisant quelques essais, demandant à sa fille/son fils de chanter devant ce qui devait ressembler à un micro je suppose. Et voilà que l'on a retrouvé le moyen de les écouter et de les mettre sur le net... à la disposition du monde entier.
Le premier enregistrement d'une voix humaine disponible... est une comptine d'enfants...
Quelle merveilleuse leçon d'humanité...

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Précision

Cela me turlupinait cette histoire de mémoire compactée que j'ai évoquée dans un précédent texte. En relisant ce que j'avais pu écrire de cet épisode il y a plusieurs années et les précisions que je donnais, je me demandais comment j'avais pu m'égarer à ce point dans mes souvenirs.

En voulant reprendre cela dans le sens de l'hypothèse explicative que je donnais il y a quelques jours, je réalisais que cela ne marchait pas vraiment. Alors je suis retourné aux sources livresques pour constater que je n'avais pas suffisamment approfondi la question. La différence de date concernant l'ouvrage que j'avais lu à 11 ans, s'explique par un phénomène de réédition trois années plus tard. C'est la date de réédition que j'avais trouvée...
Autrement dit, en l'espèce, ma mémoire ne m'avait pas trompé. Je n'ai pas réécrit cet épisode a posteriori. J'ai effectivement lu ce livre à l'âge de 11 ans.

Cela n'enlève pas la valeur des propos que j'ai pu tenir dans cette entrée en ce qui concerne la capacité de notre psychisme à réécrire des épisodes de notre vie. Cependant, cela met à néant l'interprétation que j'en faisais en termes de sens nouveau à donner.

Je disais que l'hypothèse nouvelle est encore balbutiante à laquelle j'aboutissais conduisait à "changer ma manière de rédiger cet épisode de ma vie.". Or, lorsque j'ai voulu rédiger différemment cet épisode, je n'y suis pas parvenu. C'est la raison pour laquelle je suis retourné voir du côté de l'historicité et que j'ai constaté ma méprise en confondant date d'édition d'origine et année de réédition.

J'ai eu envie de revenir sur tout cela par une sorte de respect de mon lectorat, puisque je tente de m'attacher ici à une certaine authenticité, en tout cas lorsque je parle d'un certain essentiel de moi et de ma vie. (Pour mes entrées d'un autre style, je me réserve expressément le droit à la mauvaise foi, la fantaisie et la parfaite vérité de l'invention...).

Cela m'apprend quelque chose sur moi-même : la grande rigueur dont je suis capable de faire preuve quant à l'observation de « mon monde intérieur » pour le déchiffrer avec le plus de précision possible, par rapport à un relatif laxisme que je m'autorise facilement pour ce qui est du factuel externe.
Par exemple, ma compagne me rectifie parfois lorsque j'évoque un fait bien réel, mais que je le place par erreur à un autre endroit spatiotemporel. J'ai tendance à dire que cela n'a guère d'importance que cela se soit déroulé tel été plutôt que le précédent. Je la trouverais même assez vite tatillonne de ces rectifications auxquelles elle tient... En revanche il ne saurait être question que j'admette des sentiments et/ou des ressentis subtils que l'on me prête et que je n'ai pas, et autres choses de ce style...

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lundi 19 mai 2008

 

Retour

Nous sommes allés. Nous avons vu.
Et nous voici de retour.
Est-ce qu'une visite dans l'ailleurs peut ainsi nous changer ?

Il est des monolithes qui ne changent pas.
Je fus longtemps monolithe.

Le feu dévorant rend la pierre incandescente, l'assouplit et lui donne existence.
Il faut se laisser dévorer par le feu intérieur.
Accepter le désir de fondre pour s'assouplir et changer.
Cesser de tout refroidir par les raisonnements qui affadissent l'ardeur et frigorifie la flamboyance de l'être humanisé.

Là-bas il y avait deux monolithes. Inébranlables de certitudes glaçantes assénées dans les coeurs à coups de pic à glace.
Plutôt que fondre et se remodeler, ils finiront par s'abattre et se casser en soulevant la terre pulvérulente, la poussière qui les fera tousser avant la mort par étouffement.

Là-bas il y avait surtout le creuset des fondeurs d'art du vivre, du naître et du renaître.
Ils n'ont pas de paroles pour convaincre. Qu'importent des mots quand le feu brûle et vous prend par le ventre jusqu'à l'incandescence.

La chair palpite et surpasse toujours la glaciation de la pensée figée dans des certitudes coagulées.
[non,non, Alainx ne rentre pas d'une semaine dans une Secte à Grand Gourou Labellisé !! Il était juste dans sa famille...]

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mardi 13 mai 2008

 
Petite info

Comme vous pouvez le constater, je ne suis guère présent sur mon blog en ce moment.
Un peu moins d'inspiration sans doute...
Mais aussi, je suis occupé ailleurs... Dans une écriture « hors blogosphère ».

Comme je sais que certain(e)s aiment savoir ce que je deviens, je précise que je serai absent durant une semaine environ.

Profitez-en pour relire mes archives !
Et visiter mes autres blogs !

Portez-vous bien quoi qu'il en soit !

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vendredi 9 mai 2008

 
Preuve mortelle

« Ce qui a besoin d'être démontré ne vaut pas grand-chose... » C'est une phrase de Nietzsche dans Le crépuscule des idoles. [Précision au passage, Nietzsche n'est pas tellement ma tasse de thé, même si sa pensée, enfin ce que j'ai modestement essayé d'en comprendre, m'éclaira sur mes propres convictions et, d'une certaine manière, leur relativité autant que leur puissance].

J'aime bien cette phrase dans la mesure où elle est de celles qui me font réfléchir, notamment lorsqu'elles viennent de personnes avec lesquelles j'ai des divergences. Ce n'est pas toujours évident, et il me faut parfois du temps pour accepter les parts de vérité ou d'intérêt qui résident chez l'autre et que j'aurais tendance à rejeter parce qu'il a le tort de ne pas penser comme moi.
Il est commode intellectuellement de dire que l'ouverture à la différences nous enrichit, c'est beaucoup moins évident dans le concret du quotidien, par exemple lorsque je me dis : qu'est-ce qui pourrait bien m'enrichir dans la pensée de TSarkozy... Il est vrai que je pars d'un postulat probablement faux qui serait que TSarkozy aurait une pensée personnelle, qui plus est intéressante.

En lisant cette phrase, curieusement peut-être, je pensais à l'amour. À cette demande, pour ne pas dire cette injonction : « Prouve-moi que tu m'aimes ! », formulée de cette manière abrupte ou signifiée de manière plus douce et détournée, elliptique ou dissimulée dans un discours ou des attitudes.
C'est une invitation qui demande à l'autre une démonstration de son amour. Sous-jacent, il y a nécessairement des choses comme : « si tu m'aimais vraiment, tu ferais ceci..., tu me donnerais cela..., tu aurais telle attitude... », etc. etc.
« Si tu m'aimais vraiment... » Ah ! La terrible phrase !... Le "si" et le "vraiment" : premier et dernier mot de cette phrase qui assassinent l'amour déjà embastillé dans le conditionnel du "si" et dans la terrible condamnation avec circonstances aggravantes du "vraiment". Deux mots assassins de l'amour...
Il est comme ça des phrases criminelles qui n'ont l'air de rien apparemment, mais dont les dégâts peuvent être intenses.

« Prouve-moi que tu m'aimes », mots à peine prononcés et la phrase de Nietzsche peut s'appliquer. S'il faut apporter la démonstration de son amour, c'est que cet amour ne vaut déjà plus grand-chose, si ce n'est rien.

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mardi 6 mai 2008

 

Lucidité de l'illusion

« Cela me fait plaisir de garder mes illusions : elles sont porteuses de mon enthousiasme. ». [Lu dans "Tout d'un blog", page 81, Nicole Versailles, (Coumarine pour les blogueurs) éditions couleurs livres, collection des récits de vie - Ouvrage que je vous recommande si vous ne l'avez pas encore lu, il fait le tour du phénomène blog avec pertinence et finesse].

Cette phrase m'a donné à réfléchir. Sans doute parce que je suis moi-même dans une sorte de flottement au regard de cette thématique. Je ne vais pas ici la commenter, surtout sortie de son contexte. Je voudrais juste analyser comment elle a fait écho en moi, ses résonances en quelque sorte.

On dit souvent qu'avec l'expérience, l'âge, les années qui passent, on est conduit à "perdre ses illusions", tout ce à quoi on avait rêvé, plus ou moins légitimement, en étant plus ou moins dupe des aspects totalement irréalistes parfois. Tout ce que l'aridité de la vie nous obligerait à laisser en chemin.
Perdre ses illusions serait comme être arrivé à maturité... À l'étape où on ne nous la fait plus, où en est « censé savoir » ce qu'il en est de tout cela... À l'âge où on balance des phrases du genre : « ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces ».

Parfois je ne suis pas loin de me faire piéger par cette maturité-là qui, évidemment, n'en est pas une.

La personne en voie de maturation, la personne *adulte* demeure dans la permanence du croire en l'impossible. Je dis bien du *croire en l'impossible*, et non pas de croire que l'impossible va se réaliser. Ce n'est pas la même chose... Et on confond tellement les deux...

À défaut d'étoiles, de rêve, d'illusions gardées, l'horizon s'arrête à la proche frontière des anxiolytiques, des cocktails calmants/excitants, et des plaisirs surfaits qui laissent un goût amer dans la bouche au petit matin.

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Garder mes illusions : l'expression est pour moi un peu synonyme du titre de ce blog : *j'en rêve encore*. C'est quelque chose qui est à la marge, à la limite, là où se trouve le terrible risque de basculer dans la démission, parce qu'il y en a eu tellement des déceptions, des désillusions, des défaites parfois qu'il faut encore une sacrée dose pour y croire toujours.
Face à certaines situations aux aspects répétitifs et cycliques il me semble qu'avec le temps la tentation démissionnaire se fait plus forte en raison d'une sorte de lassitude qui envahit et pourrait étouffer le potentiel vital.

Pour ce qui est de la marche du monde et de l'avancée de l'Humanité je me sens dans une sorte de flottement, entre résignation réaliste et espérance folle. Je n'aime pas ma résignation lorsqu'elle pointe le bout de son nez. C'est l'antichambre de la mort. Je ne suis pas loin de hurler avec la meute des éternels insatisfaits de tout, alors qu'ils sont gavés de partout.

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Peut-être qu'il manque à notre monde des *gardiens d'illusions* qui seraient capables de nous apprendre la croyance de l'impossible, ceux qui savent indiquer le chemin de l'inaccessible étoile et qui mouillent leur chemise pour elle. des réenchanteurs du monde pour qu'on ne tombe pas dans le piège du sarkozysme [laissez moi à mes fixettes!... ] qui masque sous du clinquant et du brassage de vent la pensée aussi étriquée que minable du « tout est possible ». Car comme il s'agit d'une *pensée magique*, elle engendre très rapidement le « rien ne se fera ». Alors on ouvre la porte à la dégringolade abyssale que le découragement d'un peuple ne fait qu'accélérer.

On sait bien qu'elle est inaccessible l'étoile, mais qu'il nous faut en rêver pour vivre. Ce qui est porteur de l'enthousiasme c'est l'espérance toujours gardée, et non pas l'attente passive des jours meilleurs qui ne viendront pas.

La vie n'est qu'un élan permanent, éternel, jamais un aboutissement. S'il en était autrement, il y a longtemps que la vie aurait disparu de l'univers...

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samedi 3 mai 2008

 
Mémoire compactée

Tout à coup l'événement relaté m'a paru curieux, quelque chose ne semblait pas pouvoir coïncider. Avais-je pu lire ce livre si jeune ? À 11 ans ? Pourtant, je me revois dans cette chambre glaciale où j'aimais me réfugier l'hiver car personne ne venait dans cette pièce sous les combles. Je me glissais sous les couvertures pour avoir plus chaud et je lisais avidement.
C'est là, dans ce contexte, que « je me vois » lire ce livre racontant l'histoire de cette jeune fille. À quel moment, quel âge, ce souvenir s'est-il installé en moi ? Difficile de le dire, en tout cas il était ainsi dans ma tête depuis longtemps.

Grâce à Internet, j'ai pu retrouver la date de publication du livre en question... C'est trois années plus tard... Et à la date de parution il est impossible que je puisse lire ce livre dans cette chambre-là. Elle ne m'est plus accessible.

Quelle est la quantité de souvenirs que j'ai pu ainsi reconstituer et qui ne correspondent pas à la réalité des faits tels qu'ils ont pu se dérouler ? Impossible de le savoir ! Notre mémoire n'est pas un disque dur d'ordinateur qui garde trace des choses et les restitue dans leur exactitude. Notre mémoire est une réécriture permanente au gré des nécessités et des besoins de notre psychisme, de notre état d'esprit, de nos besoins de cohérence.

D'un même événement vécu ensemble, chacun le relate de manière distincte, chacun rendra un souvenir différent, et, bien entendu, c'est toujours l'autre le menteur, puisque nous-mêmes, c'est certain, on s'en souvient si bien que cela ne peut qu'être la vérité vraie.
Le phénomène est bien connu de tous les enquêteurs de police aussi bien que de tous les magistrats en ce qui concerne la véracité des témoignages. C'est la raison pour laquelle on préfère parler d'une « vérité judiciaire » plutôt que de la fameuse vérité vraie qui n'est le plus souvent qu'une construction faussée.
La bonne foi avec laquelle on affirme une chose, n'est jamais la démonstration qu'elle se soit véritablement déroulée de cette manière. Cela m'amuse toujours les personnes qui déclarent : « c'est vrai ! Puisque je l'ai écrit ! » (J'ai encore entendu cela il y a peu à la radio).

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N'empêche, pourquoi ai-je compacté ainsi ce souvenir que je viens d'évoquer. Quel est mon besoin de cohérence d'agir ainsi ? c'est un reformatage de l'événement vis-à-vis de moi-même car, en l'espèce, je n'invente pas délibérément, je ne transforme pas une réalité par besoin de me justifier ou d'expliquer je-ne-sais-quoi vis-à-vis d'autrui.

Je n'ai qu'une piste balbutiante : le besoin de mon psychisme d'avoir lu ce livre avant mon accident de santé. Avant ce basculement définitif d'un état dans un autre. Or, la lecture de ce livre généra aussi un certain basculement intérieur chez moi comme il en fut pour elle.
Une petite lumière me vient à l'instant, il faudra voir si c'est un réel éclairage ou une lueur vacillante, il me semble que j'aurais souhaité être proche de cette fillette « avant » mon propre basculement. C'est pour cela sans doute qu'il m'est préférable de construire que je l'ai connue (par ce livre) à l'époque où j'étais encore "celui d'avant". Je n'expliquerai pas ici les raisons pour lesquelles cette lueur me vient, mais elle va changer ma manière de rédiger cet épisode de ma vie.

Tout cela bien entendu relève d'une nécessité de sens personnel, d'autant plus que la fillette en question ne pouvait partager mon espace spatiotemporel, puisqu'aujourd'hui elle aurait largement un siècle de plus que moi...

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