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jeudi 31 janvier 2008
Le passé visiteur.
J'ai commencé un travail de bénédictin. Je recopie sur CD mes vieilles cassettes audio. C'est une véritable plongée dans le passé et les souvenirs enfouis refont surface. Il y a des cassettes avec la voix de mes parents et d'autres gens décédés. Des choses que je n'avais jamais réécoutées. C'était au temps où j'aimais faire des petits reportages à l'occasion de fêtes de famille. J'écoute tantôt ému, tantôt avec nostalgie, tantôt en prenant volontairement de la distance pour ne pas raviver des choses douloureuses.
Il y a mes enfants qui racontent des histoires, qui chantent. Quelques cassettes-reportages, un peu construites comme une émission de radio à destination de leurs grands-parents qui habitaient à 800 km.
Toutes ces chansons piquées à la radio, en FM, pour avoir un minimum de qualité, et donc uniquement sur le service public, puisqu'aucune radio privée n'accédait à la FM à l'époque ! Il me faut faire un minimum de sélection, en essayant de retrouver ce que je peux garder parce qu'il s'agit de choses que l'on entend plus nulle part. J'offre un chewin-gum à celui/celle qui me trouve une copie correcte du "mirlition " ("prends-le bien dans tes mains et puis souffle très fort, dans ce beau mirliton, mon mirliton. ...") Dans un tout autre genre il y a des concerts classiques enregistrés en direct sur France Musique. J'en recopierai quelques-uns comme archives qui se veulent un peu personnelles. Malheureusement, je n'ai pas retrouvé la cassette du dernier concert public de Brel, enregistré frauduleusement, en douce, avec le regard plutôt désapprobateur de mes voisins des fauteuils d'à côté.
Je ne sais pas ce que je fais faire de tout cela. Il n'y en a pour des jours et des jours puisque la transcription se fait en temps réel, et qu'il faut ensuite la contrôler avant la gravure. Il va falloir que je sélectionne... Les résultats sont plutôt positifs en termes de qualité. Le logiciel dont je dispose permet d'atténuer les bruits de fond, le souffle, les parasites. Le résultat final est quasiment mieux que l'original.
Devant le côté quelque peu pharaonique de la tâche, je me demande pourquoi je fais tout cela... Certes, si rien ne se fait, les cassettes seront bientôt inexploitables, et il n'y aura même plus de lecteurs pour les écouter. Je fais cela pour... Un avenir incertain... Pour mes enfants, mes petits-enfants. Mais tout cela les intéressera-t-il un jour ? et puis faut-il garder ce genre de survivance d'un temps révolu ? Le rapport avec mon propre passé peut-il intéresser d'autres que moi-même ?
Parfois je me dis qu'il vaudrait mieux passer tout cela par-dessus bord. Du passé faisons table rase. Seulement voilà, notre existant aujourd'hui est aussi la résultante de notre propre histoire. Et vouloir faire table rase de notre passé c'est voir celui-ci nous resurgir à la gueule à la première occasion qu'il aura de nous créer des soucis dans notre présent. La seule manière de se débarrasser de son passé, c'est de l'intégrer volontairement dans le cadre d'un retour sur soi-même intelligent et ordonné. C'est ce que je crois. C'est ce que j'ai fait. Mais il semblerait que la tâche ne soit jamais véritablement achevée. Tant mieux sans doute, c'est le signe que nous sommes des vivants, c'est le signe qu'il est sans doute nécessaire de revisiter sa vie à chacune des étapes que l'on franchit, pour en mieux comprendre le sens, regarder autrement son histoire, et même, parfois, la réécrire, par ce que cela s'avère nécessaire à notre cohérence d'être. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:26 AM
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mercredi 30 janvier 2008
Plaisir matinal
Ce matin au petit déjeuner avec ma compagne on écoute la radio, tout en vaquant aux tâches domestiques du moment, entre grille-pain et théière... Impossible d'éviter la fameuse « Affaire Société Générale »... Alors, ma compagne commence à fredonner la chanson de Jo Dassin : la bande à Bonnot, en essayant assez spontanément quelques paroles parodiques sur : la bande à Jérôme... Cela nous fait bien rire, on se prend au jeu, je sors un papier et un crayon et on s'amuse à écrire un petit couplet !
J'aime beaucoup ce genre de petits moments que nous vivons en couple. J'ai la chance d'avoir une compagne qui a un coeur de gaieté. Elle est le plus souvent de bonne humeur dès le réveil. (Plus que moi, qui est parfois de la difficulté à mettre en route la machine corporelle...). Pourtant, on n'invite pas chez nous tous les matins, l'ami Richorée, l'ami du petit déjeuner !!
Vous voulez voir le couplet en question ? tant pis pour vous !
Voici le texte original (pour vous remémorer la chanson) et nos élucubrations matinales...
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A la Société Générale Une auto démarra et dans la terreur La bande à Bonnot mit les voiles Emportant la sacoche du garçon payeur Dans la De Dion-Bouton qui cachait les voleurs Octave comptait les gros billets et les valeurs Avec Raymond-la-Science les bandits en auto C'était la bande à Bonnot ------------------
À la société générale un jeune traider fou fait péter la caisse et voilà qu'la bourse perd ses balles et que le pti't porteur à très froid aux fesses
Dans la salle des marchés, les trader affolés recomptent les billets et font baisser les valeurs Avec Jérom'-la-science, c'est bien plus rigolo C'était la bande à Jéro !
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Voilà ! Je vous avais prévenu... C'est nul ! Mais on s'est bien marré !... -----------------

AlainX 12:00 PM
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mardi 29 janvier 2008
Rencontre du dimanche (suite)
J'écrivais hier ces deux expressions : *parole d'expérience* et *parole mature*, sans trop bien savoir pourquoi elles me sont venues ainsi. (Ce serait d'ailleurs intéressant de voir les autres types de parole qu'il y a en moi, un peu comme un inventaire à définir). Et puis il y a la question de Frank : "Dans des circonstances particulières" : tu entends par là qu'il faut que l'autre ait une expérience qui l'ait amené au même degré d'approfondissement que toi pour que "la parole mature" puisse jaillir ? Dans le cas inverse, elle demeurerait "parole d'expérience" du plus avancé des deux ?
Dans la boîte à commentaires, j'ai répondu rapidement que ce n'était pas tout à fait cela. En relisant la question, je me dis que l'on en est pas loin cependant.
Dans la *parole d'expérience*, il y a quelque chose de didactique, un désir de transmettre. C'est un peu ce que j'ai fait dans ma vie. Ce fut une ligne directrice. Je ne me suis jamais senti « un enseignant » au sens traditionnel du prof qui a appris sur les bancs de l'école et retransmet à son tour cet enseignement à des élèves. J'ai plutôt été un chercheur dans le domaine de l'humain qui a observé et analysé son propre vécu et ses expériences personnelles pour en rendre compte et, partant de là, mettre au point des formations, aider des personnes, donner des conférences, rédiger des articles, collaborer à des ouvrages. Certes est bien évidemment je me suis enrichi de lectures et de travaux des autres, et surtout il y eut celui que j'appelle mon maître à penser, maintes fois évoqué ici. Finalement, je réalise à quel point j'ai été marqué par cette relation maître/disciple.
Étant devenu vieux, je me sens très marqué, quasiment à mon insu, par ce désir de transmettre, un peu comme un passeur, celui qui fait franchir, qui fait passer d'un point à un autre, d'un état à un autre. Sans que je ne le réalise pendant longtemps, surtout sans en avoir eu la volonté, il se fait que mes propos sur ce blog ont insensiblement dérivé vers cet aspect de *parole d'expérience*. Les textes que j'ai encore de ma première année de blogueur (je les ai supprimés d'ici) étaient bien loin d'avoir la consistance de ce que j'ai pu écrire par la suite. Or, cette évolution de contenu n'a jamais résulté d'une décision délibérée. C'est venu "comme cela" progressivement. Depuis quelques mois, plus d'une fois j'ai hésité à publier par crainte de passer pour un "donneur de leçons", mais suivre cette pulsion négative serait faire le jeu d'une aliénation au lectorat, ce qui n'aurait pas de sens réel. (Sujet récurrent dans la blogosphère !...). d'autant que personne n'est obligé de lire ce que j'écris...
Le risque, avec la parole d'expérience, c'est de se croire détenteurs d'un savoir à transmettre, fût-il un savoir expérienciel, et donc de se figer sur cet aspect des choses, ce qui peut générer une stagnation. Et pire encore, l'enfermement dans un rôle. Combien de fois, dans mes relations personnelles n'a-t-on pas cherché à m'enfermer dans ce rôle de « celui qui sait », de celui qui a « de l'expérience » et qui sait si bien en parler... Combien de fois ne m'y suis-je pas enfermé moi-même, car c'est quand même valorisant, très valorisant parfois, d'occuper cette place. Heureusement, la vie se charge de vous faire comprendre que lorsque on a une parcelle de notoriété, on devient la cible à atteindre pour ne pas dire l'homme à abattre... De cela aussi j'ai... l'expérience !...
Quand à la *parole mature*, il faut en effet que les interlocuteurs soient relativement à un même degré, soi de connaissances, soit de profondeur, soit d'expérience pour qu'elle puisse jaillir et livrer un certain type de contenu qui enrichit d'une manière spécifique l'un et l'autre. Il est évident que je ne peux pas tenir à mon petit-fils de six ans le genre de discours que je développe ici... Ce qui ne m'empêche pas, lorsque je me mets à son écoute, d'être enrichi et fécondé par lui, mais, c'est en quelque sorte à son insu et c'est de mon seul côté que les choses opèrent, parce que justement j'ai avec moi mon bagage d'adulte, qui me donne quand même un temps d'avance sur lui.
Et donc dimanche, j'ai eu le sentiment d'échanges entre *pairs*, si je puis dire ainsi. Et cela ne s'était pas produit à un tel niveau depuis un certain temps en ce qui me concerne. Je veux dire par là que des paroles entendues m'ont ensemencé d'une manière spécifique à ce niveau-là de profondeur. J'ai parfois le sentiment que ma terre intérieure est un peu comme des cultures en terrasses. Il y a des couches plus profondes qui ne peuvent être atteintes que dans certaines circonstances pour être ensemencées ou irriguées.
J'ai fondamentalement besoin de ce type de relations et de ce type d'échanges. J'ai réalisé dimanche à quel point cela me manquait. Je suis retombé sur ce que je prêchais dans le temps ! : qu'il ne fallait pas les laisser au seul hasard. Il convient donc de renouer avec certaines pratiques que nous avions (ma compagne et moi) dans le passé. Il ne suffit pas de rencontrer les gens, de les inviter chez soi pour qu'une magie s'opère. On ne peut pas non plus provoquer cette sorte d'alchimie, mais on peut en favoriser les circonstances. Ainsi, des *repas thématiques* que nous faisions à une certaine époque...
Libellés : Au fil de l'eau, Réflexions

AlainX 11:43 AM
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lundi 28 janvier 2008
Rencontre du dimanche
C'est avec une douce allégresse que j'ai pris la route hier avec ma compagne pour nous rendre chez un couple d'amis avec lequel nous avons vécu des choses fortes dans le passé, et puis, des événements douloureux et des circonstances malheureuses nous avaient éloigné. Il n'est pas toujours facile d'accepter la nécessité des distances relationnelles, lorsque l'environnement, les incompréhensions, la malveillance involontaire, ont rendu les choses quasiment impossibles. J'emploie le mot *malveillance* au sens d'avoir *mal veiller* à ce qui était précieux et dont il aurait fallu mieux prendre soin avant qu'il ne soit trop tard... Seulement voilà, il arrive souvent que l'on manque de vigilance ou que l'on pense que « ce n'est pas bien grave ! ». Cette *mal-veillance* fut réciproque dans chacun de nos couples, et puis il y eut ce que j'appelle « l'événement séparatiste » (indépendant de nos vouloirs personnels) qui a rendu le relationnel quasiment impossible. Ce ne fut pas de l'ordre d'un différend et encore moins d'une dispute, si cela avait été de cette nature, il aurait été plus aisé de se réconcilier... C'était autre chose, un facteur divisant, quelque chose qui nous a pris à l'improviste les uns et les autres.
Plusieurs années de silence. Comme une nécessité. Comme un recueillement : cueillir à nouveau dans l'attente des petites pousses d'un possible. Être veilleur. Chacun de nous à sa manière a saisi des circonstances donnant l'occasion de se retrouver en face-à-face. Ce fut intense à chaque fois, mais éphémère. Jusqu'à cette occasion, avant Noël, ou, lors d'une rencontre d'importance, j'ai posé ce geste symbolique vis-à-vis d'elle, et à travers elle à destination de leur couple. Ce n'était pas nécessaire de mettre des mots, tout se disait dans cette symbolique. C'est dans les jours qui suivirent qu'ils nous ont écrit pour cette invitation d'hier.
C'est une journée particulièrement dense que nous avons vécue. Il y avait bien entendu ce sentiment connu dans ces circonstances-là et qui donne l'impression de ne s'être jamais quitté, mais il y a surtout ce que nous avons pu nous dire du précieux de nos évolutions respectives. C'était vraiment dense, il y avait de la consistance, de l'épaisseur, dans ce que nous nous sommes dits. Je ne parlerai pas de retrouvailles, mais d'un renouement dans lequel j'ai personnellement fait l'expérience d'une sorte de choc de lumière. Je ne trouve pas de meilleure expression.
Je me rends compte que je ne suis pas très compréhensible en écrivant tout cela ici. Pour l'être plus, il faudrait que je raconte trop de choses sur les pourquoi et les comment... Et ce n'est pas mon intention.
Ce que je voudrais souligner peut-être c'est cette impression d'accéder à une sorte de maturité relationnelle en raison de la densité de nos expériences respectives, une sorte d'apaisement de ce qui a pu être passionnel et a sans doute fait trop de mousse, avec ce sentiment que, ce couple comme le nôtre, avons fait beaucoup de chemin et qu'il est désormais possible de se rejoindre à un niveau de profondeur que nous n'avions jamais atteint, et c'est là que j'ai reçu ce que j'appelle ce « choc de lumière ».
Au-delà de l'événementiel, c'est sur ce sentiment de *maturité relationnelle* qu'il me faut m'arrêter. Il ne s'agit pas pour moi d'une appréciation de valeur ou d'une comparaison avec un infantilisme relationnel ou encore avec un relationnel sur un mode réactif. C'est plus la prise de conscience d'un état intérieur qu'un certain type de parole m'est donné dans des circonstances particulières, comme ce fut le cas hier.
Je réalise que ce n'est pas une *parole d'expérience*, mais une *parole mature*. Cela me vient ainsi à l'instant de faire cette distinction, et je crois que c'est cela que je cherchais depuis tout à l'heure que j'écris. Il me reste à déchiffrer la différence que je mets. Car pour l'instant c'est encore une intuition brute.
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:46 AM
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mercredi 23 janvier 2008
Mouvement en deux temps
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Souvent le bonheur, c'est quand on ne le sait pas...
j'ai répondu ça spontanément sur un blog, à propos d'un aphorisme sur le bonheur... On peut penser aussi à J. Prévert : " j'ai reconnu mon bonheur au bruit qu'il a fait en partant "
A mesure que j'avance en age, et peut-être parce que le final du théâtre de ma vie, programmé en mes gênes se rapproche, je me fais un quasi-devoir de gouter mon bonheur de vivre lorsqu'il est là. Et, il est là souvent justement... Le bonheur de plénitude qu'il est possible de gouter simplement.
C'est cela sans doute qui est curieux... Une aptitude au bonheur ressenti, conscientisé, mais une aptitude en friche, non exercée, laissée à l'abandon des humeurs de passage...
Finalement, lorsque ne survient pas un temps d'épreuve, je devrais être en un temps de bonheur accueilli.
L'épreuve se subit, le bonheur s'accueille.
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Mercredi 23 janvier
J'ai commencé à écrire le texte ci-dessus, hier matin. Puis, j'ai été interrompu par un imprévu et je me suis dit que je le reprendrai plus tard. En fin de journée j'ai vécu « un accident relationnel ». C'est comme avec les voitures : Il y a des accidents mineurs, d'autres plus graves, certains laissent des séquelles, certaines séquelles sont irréversibles. En l'espèce, c'est encore trop tôt pour voir ce que seront les conséquences sur la relation. Mais il y en aura... Forcément...
Hier soir en me couchant, je repensais à « l'accident relationnel » et aussi à ce que j'avais écrit le matin sur mon orientation, en termes d'aptitude intérieure, de « goûter mon bonheur de vivre lorsqu'il est là », comme je l'ai écrit ci-dessus. Je me suis alors comme laissé glisser au dedans de moi jusqu'à retrouver cette zone de paix, toujours présente au-delà des perturbations. Je me suis donc endormi paisible et j'ai fait une excellente nuit.
Ce matin, me regardant dans la glace en me brossant les dents, je me disais qu'il était temps de considérer que ma vie était précieuse et qu'il me fallait la vivre avec l'intensité et la qualité qu'elle méritait. Ce qui me gêne un peu en écrivant cela, c'est que j'ai le sentiment que je risque de verser dans une vie plus égocentrée, et même plus égoïste. J'ai plus envie de me tourner vers moi que de me tourner vers les autres. Non pas que je me désintéresse d'eux, mais peut-être qu'il me faut abandonner ou plutôt mettre en veilleuse cette sorte d'obligation que je me fais parfois de désirer concourir à leur propre bien-être, les aider, les écouter, être attentif, etc. ce n'est pas une obligation morale, c'est comme une composante de mon existence, quelque chose qui m'est assez naturel (et d'ailleurs je crois que c'est une composante de la nature humaine, que cela existe plus ou moins dans toute personne), mais peut-être quelque chose que j'ai trop privilégié, trop mis en avant, un aspect de moi où j'ai laissé trop de gens s'engouffrer, et même devenir sur-exigeant par rapport à mes capacités bien modestes.
Reste cependant que la vie est foncièrement relationnelle. Même l'ermite ne cesse pas un seul instant d'être en relation, au coeur même d'une solitude habitée. Et c'est encore elle qui m'attire ce matin, cette « habitation intérieure » qui me fait entrer en contact avec la *présence mystérieuse*. Cette présence-là qui est probablement la *passagère*, celle qui fait faire le passage, à la fois étrangère et accompagnatrice. Le passage de l'égo au Soi.
C'est seulement par ce chemin-là que la réouverture se fait possible. La réouverture à l'autre, quand bien même il nous aurait meurtri. (À tort ou à raison... Bien qu'il soit difficile de trouver des raisons de meurtrir l'autre, si ce n'est finalement que se mettre soi-même dans un comportement qui générera l'acte blessant).
En quelque sorte, je retrouve ma recherche de l'hésychia cette sorte de paix active, de repos vigilance, cette tension calme du désir intérieur, tendu vers... Le mystère de l'Être. (Certes, la tradition hésychiaste dira que dans cette méditation solitaire et monastique, il s'agit de la recherche de Dieu et du mystère de Jésus. Pour ma part, disons que je m'arrête en chemin, que mon désir est plus d'entrer en méditation face au mystère de l'Être, de l'Humain... Créature de l'univers ou créature de Dieu... C'est une autre question... Que d'une certaine manière je me refuse de regarder à nouveau. Parfois je me dis que j'ai tort, que je me fais le jouet d'une éducation catholique merdique. Ce n'est pas rien d'ailleurs que je réfère ici à la tradition orthodoxe, qui pourtant me semble bien « pire » que la tradition catholique, mais, cette première nommée, a au moins le mérite de ne pas m'avoir « blessé »...).
Libellés : De l'intime

AlainX 10:11 AM
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dimanche 20 janvier 2008
Réponse à un commentaire Dans une récente entrée sur l'acte d'écrire, quelqu'un a laissé les questions suivantes : . J'aurais aussi une question sur ce que tu écris, AlainX. Si je te comprends bien, tu dis être passé d’une écriture quêteuse de sens à une écriture moins viscérale, où la question de l’ « angle » semble l’emporter. Cela signifie-t-il que l’écriture a descendu de catégorie pour toi ? Qu’elle est devenue "simple" plaisir après avoir été instrument de connaissance de soi ? En quoi t’est-elle malgré tout utile aujourd'hui ? Cela m’intéresse d’autant plus que mes mots à moi se sont taris (je le vis comme un apaisement), et j’ai du mal à imaginer encore comment on peut repartir en écriture sur un mode plus léger. Mais peut-être t’ai-je mal lu ?
Comme je me suis engagé à y répondre dans une entrée ; je m'exécute ! Je dois d'abord préciser que mon écriture demeure toujours quêteuse de sens, et qu'elle continue de venir le plus souvent de mon monde intérieur. Cependant, en effet, elle n'est plus véritablement un instrument directement tourné vers la connaissance de moi, au niveau de l'intention première. Sur l'utilité de mon écriture : - d'une part il y a le plaisir d'écrire, dont j'espère qu'il n'est pas encore trop compulsif ! - d'autre part il y a dans l'acte d'écrire la mise en oeuvre de réalités profondes de moi qui tiennent à un désir « de transmettre quelque chose » au regard de mon expérience de vie, de mes réflexions sur l'homme depuis tellement d'années, de mon expérience professionnelle plutôt variée, et de tout ce qui a pu s'accumuler en mois sous forme de strates qui ont constitué une sorte de terreau d'où jaillit un certain type d'écrit. (Il me semble avoir déjà développé ce thème ici il y a quelques mois ou quelques années...) - il y a encore ce que j'ai découvert de mon goût et de mes aptitudes pour une "écriture de fiction" et pour un certain style que je me découvre en ce domaine. Pour l'instant, je mets en oeuvre ce petit talent, sans trop savoir s'il peut être utile à autre chose que mon seul plaisir et celui de quelques personnes qui ont pu me lire et apprécier. Je crois effectivement que certaines sources qui font écrire peuvent se tarir comme tu le dis. Par exemple, on peut écrire longtemps et longuement sur un passé douloureux pour y voir plus clair et s'en débarrasser. Si on y arrive, (à s'en débarrasser), la source douloureuse finit par se tarir en effet. Elle n'est plus productrice de ressentis pouvant se mettre en mots. Si la personne ne se sent pas d'autres talents d'écriture que celle-là (une écriture à vocation thérapeutique), effectivement on peut ne plus avoir grand-chose pour comme tu dis "repartir en écriture". Pour ma part, je n'écris plus pour clarifier mon histoire de vie (même si cela m'arrive encore occasionnellement, c'est de l'ordre de 5 %....) ; d'une certaine manière je suis « né » à une nouvelle forme d'écriture. Cependant, quoique l'on écrive, on y met toujours quelque chose de soi, (même dans la fiction) et avec le recul, c'est aussi souvent une façon indirecte d'une nouvelle connaissance de soi... Mais ce n'est plus alors l'objectif premier de l'acte d'écrire, c'en est une conséquence bienfaisante pour l'auteur... espérons-le !

AlainX 6:43 PM
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samedi 19 janvier 2008
Le meurtre des fils
Hier soir à la télé, excellent documentaire sur Michel Serres, ce vieux monsieur, philosophe et académicien, qui écrit chaque jour. Des propos simples et profonds, toujours compréhensibles, ce qui n'est pas toujours le cas chez les philosophes...
Il évoque l'époque des guerres mondiales (on sent manifestement combien il en a été marqué, comme tous ceux de sa génération), il parle de ces personnes d'un âge avancé qui dirigent les pays belligérants, déclarent les guerres et envoient leurs fils se faire tuer. Il fait alors un parallèle avec Freud et ce que celui-ci écrit à la même époque sur "le Meurtre du Père"... (Rappelons que dans le Mythe du Meurtre du Père, cher à Freud, l'enfant renonce à tuer son père pour prendre sa place auprès de la mère, parce qu'il réalise qu'il serait démuni sans lui et que finalement il vaut mieux renoncer à sa mère - [je simplifie au maximum.... Je n'entre pas dans les querelles de chapelle à propos de ce mythe, (et de l'Oedipe) qui a permis à chaque école psy' d'écrire des milliers de pages... Généralement toutes contradictoires entre-elles...]).
Ce qui est intéressant, ce qui m'a profondément marqué, c'est cette expression : ils envoyèrent leurs fils se faire tuer. Et même on pourrait dire, ils envoyèrent leur fils tuer d'autres fils... Alors que ces mêmes fils, dans le mythe du meurtre du père, avait renoncé à tuer ce dernier pour pouvoir vivre...
Certes, dans l'absurdité des guerres, cette réalité est absolument terrible. Emblématique. Mais, sur le plan de la quotidienneté de la vie, dans une dimension psychologique, combien sont encore nombreux les meurtres des fils par les pères... Combien ai-je rencontré d'hommes dans ma pratique, dont les pères ont assassiné la dynamique de vie intérieure de leur fils. Combien portent cette blessure tout au long de leur vie. Combien d'exemples dans mon entourage proche, dans ma famille et ma belle-famille. « Assassiné » est peut-être un terme trop fort et qui ne rend pas compte du fait que le potentiel vital ne peut pas être atteint en tant que tel. Il n'en demeure pas moins que certains sont dans ce domaine dans une forme de coma quasi dépassé... Il faudra une intense réanimation (une thérapie) pour resurgir à cette vie profonde, et d'évidentes séquelles demeureront longtemps pour ne pas dire toujours : comme la non confiance en soi, la timidité maladive, le désir de revanche comme moteur d'action, le perfectionnisme de l'autodidacte, la quête de reconnaissance sociale, la domination comme mode relationnel, etc. la liste pourrait être longue... Autant de blessures issues du meurtre du fils fait par le père. (Bon, O.K., je simplifie beaucoup...)
Les raisons de ces génocides générationnels, distillés lentement et en permanence, sont évidemment infiniment complexes, et il ne saurait être question que je les aborde ici. Combien de pères ne supportent pas que leur fils devienne "homme". Devienne un rival. Alors, ils mettent en place des stratégies d'extinction, aux formes variées, généralement perverses parce que ayant l'apparence de, justement, vouloir « en faire un homme » ! Or, certes parfois très inconsciemment, c'est absolument l'inverse qui se produit au niveau des actes et des comportements posés par le père, lui-même antérieurement victime de la même volonté d'extinction de sa dynamique centrale par son propre père. Loin de faire de leur fils un homme libre, ils font de ce dernier un esclave entravé. Un être qui n'aura de cesse d'espérer la reconnaissance paternelle qui ne viendra jamais. Je n'évoquerai pas les retentissements de ces comportements paternels sur l'homosexualité masculine. C'est un sujet à polémique et je ne développerai pas mes hypothèses à ce sujet.
Je rêve qu'un jour les pères trouvent leur vraie place leur juste positionnement dans l'éducation de leurs fils. Mais il y a encore du boulot... J'ai cependant un bel exemple sous les yeux : le père de mes petits-fils est un homme que j'admire particulièrement de ce point de vue. Il a profondément la fibre paternelle et nos échanges à ce sujet convergent souvent. De plus j'observe sa pratique lorsqu'il est là, je le trouve quasiment excellent... Plutôt bon signe ! Non ? Libellés : Réflexions

AlainX 10:23 AM
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mercredi 16 janvier 2008
Expérience... Vous avez dit expérience...
Conférence téléphonique de l'un de mes comités de lecture hier après-midi. Pour des raisons techniques d'accès à la conférence, j'y suis arrivé avec quelques minutes de retard. Je me suis senti attendu. Ce n'était pas des propos convenus, on comptait vraiment sur ma présence. Cela m'a fait du bien. Un bien profond, parce qu'il ne s'agissait pas de considérations de l'ordre de la flatterie, mais de cette sorte d'alchimie qui fait que le comité ne peut pas valablement fonctionner s'il manque un seul de ses membres. Ce serait un corps incomplet.
Depuis plus d'un an que nous nous réunissons, je suis frappé par l'emboîtement de nos complémentarités. Cela vient je crois du fait que chacun donne le meilleur de lui-même, et qu'il n'y a pas entre nous de concurrence ni de rivalités ; l'enjeu étant largement ailleurs que nos petits intérêts personnels. Et puis, bien que nous ayons des points de vue différents sur certaines choses, il y a une extraordinaire fluidité relationnelle comme on a rarement l'occasion d'en voir. Tout peut être dit, parce que nous nous respectons profondément. Sans doute aussi parce que chacun des membres a fait un intense travail sur lui-même. De ce fait nous échappons à bien des phénomènes parasites liés le plus souvent au fonctionnements psychologiques défectueux des personnes. Cela produit des fruits collectifs excessivement bienfaisants. De ce point de vue, je trouve toujours que nos réunions téléphoniques ont quelque chose de magique dans la qualité des échanges... Sans doute en serait-il autrement s'il nous fallait vivre au quotidien les uns avec les autres... !
Je perçois aussi qu'il se passe quelque chose de singulier entre N**** et moi, qui ne nous sommes jamais rencontrés en dehors de ce comité, il n'y aura sans doute jamais de rencontre « physique » puisqu'il est de l'autre côté de la planète. Nous avons des connivences très profondes, y compris lorsque nos points de vue divergents, pour finir par déboucher sur une forme de lumière nouvelle qui ne tient pas du compromis, mais qui est l'aboutissement à la fois de nos affirmations réciproques et de nos écoutes mutuelles. L'un, ne cherche pas à avoir raison sur l'autre, et finalement, cela n'est pas si courant dans la vie ordinaire... Plus souvent qu'à mon tour je cherche à imposer mon point de vue, parce que, évidemment, je l'estime le meilleur... Certes, parfois il est nécessaire de tenir seul contre tous. Mais c'est plutôt d'exception.
Dans ce comité, je n'ai pas de difficulté à abandonner ce que j'y donne pour que cela serve à l'oeuvre collective. J'ai un peu le sentiment qu'il en est de même pour chacun. C'est ce qui fait que ça marche.
Cela peut paraître un peu idyllique ce que je raconte, en réalité c'est sans doute parce que, d'une certaine manière, j'ai la meilleure part... Je suis en capacité de recul, j'ai le temps de me livrer à une analyse assez approfondie des documents qui me sont communiqués, j'ai quand même pas mal d'expérience de tant d'années de pratique, si bien que j'ai à présent une sorte de bagage de sagesse... Il est sans doute préférable que je ne m'en rende pas trop compte, au risque d'en devenir orgueilleux. Car, - moi qui fus disciple de mon maître à penser, moi qui fus à une certaine époque un des plus jeunes dans ce groupe professionnel, l'un des plus rétifs aussi, des plus "emmerdeurs" également !, de ceux que l'on remettait à sa place parfois, quand il jouait trop au jeune coq... - j'ai beaucoup de difficultés de me sentir véritablement à l'aise dans le rôle que l'on m'attribue désormais, de celui qui, justement, a cette sagesse, ce poids de l'expérience.
J'ai besoin, non pas d'en faire abstraction, mais de simplement considérer que je suis... qui je suis ! Cette phrase prête sûrement à rire... puisqu'elle est idiote. Mais enfin, je me comprends... Il s'agit de demeurer dans la rigueur vis-à-vis de moi-même, tels que je me perçois, et la fidélité à ce que je pourrais appeler mes *convictions expérimentales*, celles qui ne sont pas seulement de l'ordre des idées et des concepts, mais dont je peux dire que je les ai vues à l'oeuvre dans ma vie. Celles qui sont expériencielles. Le reste n'est jamais que de la littérature...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 9:48 AM
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mardi 15 janvier 2008
Variations sur « l'acte d'écrire »
citation : "Je sens que j'ai accédé à un niveau de sérénité qui me dispense de la nécessité d'écrire "
J'ai lu ça sur le net, chez quelqu'un qui semble ne pas désirer beaucoup de publicité, c'est pourquoi je ne cite pas l'auteur. La phrase m'a cependant interpellé et donné à réfléchir.
Derrière cette phrase, on peut s'interroger sur ce qu'est « l'acte d'écrire ». Sans doute pourrait-on décliner cela à l'infini, car les motivations sont probablement aussi nombreuses qu'il y a de personnes qui écrivent...
Ce qui m'intéresse, c'est la notion « d'écriture nécessaire ». En l'espèce, elle semble nécessaire pour accéder à un certain niveau de sérénité. C'est sans doute là l'objet de l'écriture introspective, visant à se comprendre, à régler par ce moyen des problématiques personnelles. C'est en quelque sorte une écriture utile. Utile pour soi.
Dans la mesure où, dans le cadre des blogs, cette écriture-là est publiée, est-ce que cet acte public contribue à l'objet mentionné ? Probablement que oui ! Ce qui voudrait dire que l'écriture introspective nécessite un public pour *le bien* de son auteur. Autrement le lectorat devient en quelque sorte le thérapeute, plus ou moins involontaire, de l'auteur... En tout cas, du côté de l'auteur/blogueur, la démarche est présente... Au moins l'est-elle dans son inconscient !
Mais, le lectorat n'étant pas forcément qualifié pour cette tâche d'aide, il ne laisse pas nécessairement des commentaires pertinents dans cette optique. Si bien que l'auteur ne peut qu'être frustré, voire fâché, par l'absence de suffisante satisfaction de sa demande inconsciente de compréhension et d'aide par le lectorat. (*)
Puis un jour, l'auteur et son blog, disparaissent... Comme le patient, satisfait du chemin parcouru, ne vient plus voir le thérapeute. Dans le *blog intime*, il faut que le lectorat se fasse à cette idée de la disparition plus ou moins inéluctable de l'auteur. C'est d'ailleurs ce que l'on voit quotidiennement lorsque l'on fréquente ces communautés-là.
------------- (*) lectorat : J'emploie volontairement ce terme générique, car pour l'auteur de l'écriture plus ou moins introspective, il s'adresse quelque peu « à la cantonade », à une sorte d'être multiforme fantasmé, qui va servir de substitut à ses attentes, manques et frustrations, en regard de tout ce qui est l'objet du contenu du blog. C'est dire si, dans ce cas, les attentes sur le lectorat sont énormes !...
---------------- Évidemment, « l'acte d'écrire » s'enracine dans bien d'autres nécessités. Contrairement à la citation, pour ma part, j'ai plutôt besoin de me sentir serein et en paix pour être véritablement dans une dynamique créatrice, soit dans le domaine de la fiction, soit dans le domaine de la réflexion. L'écriture « pour mettre de l'ordre dans ma vie », que j'ai pratiquée longuement dans le passé, ne m'est plus véritablement nécessaire et encore moins quotidienne, mais il m'arrive encore d'y avoir recours. Je demeure cependant, pour une grande part, dans l'écriture de l'intime. Mais elle n'est plus à visée thérapeutique. Ou très rarement. Et d'ailleurs, dans ce cas-là, je ne publie pas, ou du moins, je ne publie qu'une certaine surface des choses, quelques couches superficielles, mais je n'évoque quasiment jamais les racines profondes de mon mal-être. Il y a bien des années, j'ai écrit des textes « noirs ». Mettant en scène l'horreur, les horreurs humaines. J'y prenais un plaisir plus ou moins malsain. Dans le domaine de la photo, il en était de même. J'allais me délecter dans les endroits les plus sales, les décharges publiques, les poubelles, les quartiers délabrés, les ruines, est d'une certaine manière, tous ceux qui avait trait à l'abandon... Je n'étais pas peu fier de montrer ainsi l'horreur ! C'est dire dans quel état de délabrement était mon monde intérieur : à l'image de mes grandes photos *noir et blanc*, que j'étalais au mur de ma chambre. Il aura fallu attendre que je découvre l'amour partagé avec celle qui deviendra ma compagne, pour que tout cela disparaisse de mes murs... Remplacé par de belles photos d'elle... À l'époque, je disais à mon thérapeute du moment, que cela m'ennuyait si un jour j'arrivais au bout de certaines problématiques, car cela tarirait certainement ma créativité morbide. Or je n'en voyais pas vraiment d'autre qui puisse être intéressante à faire surgir... Aujourd'hui, concernant justement « l'acte d'écrire », je m'interroge sur ma pratique ; autant du côté de l'écriture de fiction, que celle sur ce blog. C'est un peu nouveau pour moi cette manière de voir les choses. C'est à dire de m'interroger sur : quel angle vais-je privilégier dans mon écriture ? -------------- Curieusement, après avoir écrit cette entrée, je lisais celle d'Eva, (Regards solitaires) du 11 janvier dernier. J'ai beaucoup aimé ce texte qui va nourrir ma réflexion.
Libellés : Réflexions

AlainX 8:52 AM
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lundi 14 janvier 2008
En hommage à ...
Elle est venue habiter mon champ de conscience tout à coup. Elle a surgi entre les lignes de ma lecture, lentement, pénétrant par mes yeux jusqu'à mon coeur et venant m'envahir totalement, faisant naître en moi une intense émotion. Une joie et une douleur.
Je n'ai pas pu continuer ma lecture, car elle m'est devenue intensément présente tout à coup. Cette femme est morte il y a deux ans environ. Je l'avais eue au téléphone, sur son lit d'agonie. On avait évoqué quelques souvenirs heureux, je la sentais paisible, d'autant qu'elle ne souffrait plus.
Et voilà qu'elle resurgit au détour de mon travail pour le comité de lecture auquel j'appartiens. Elle ressurgit par les apports novateurs qui furent les siens et qui apparaissent en filigrane des quelques pages que je supervise. Voilà enfin que ce qui lui tenait à coeur se trouve « officialisé ». Évidemment, son nom n'est pas cité, il n'a pas lieu de l'être. Mais je suis l'un des rares à savoir que sans elle, ce qui est écrit là avec justesse et pertinence, n'aurait sans doute jamais vu le jour. Je fus aussi l'un des rares défenseurs de sa thèse à l'époque. Rare et timide à la fois. Je n'osais pas encore m'affirmer ouvertement de manière suffisante. Je n'avais pas non plus la relative notoriété qui sera la mienne plus tard.
Ce matin, c'est à toi que je pense L. R***. Tu vois, les vérités finissent par triompher. Tu as su être audacieuse et tenir tête à ceux qui croyaient détenir plus de connaissances et de pertinence que toi-même. Il a fallu du temps pour que les choses cheminent dans les esprits. Mais tu vois, maintenant c'est fait ! J'ai écrit « tu vois », mais tu ne vois rien... Tu n'es plus que cadavre enfoui sous terre. Mais la clairvoyante pensée qui fut tienne a fini par s'imposer. En cela tu demeures. De cela je me réjouis. Que tu ne puisses en être témoin est ma douleur triste. De ces douleurs sans souffrance qui cependant pénètrent jusqu'aux os.
Dans le commentaire « off » que je ferai, j'évoquerai ton nom, je rappellerai que tu fus la première à mettre en lumière cet aspect spécifique qu'a repris l'actuel rédacteur, trop jeune pour t'avoir connu active. C'était avant ce qu'il est convenu d'appeler « cette longue maladie » qui a fini par t'emporter. Toi dans la puissance de vie était intense.
Tu fais partie de la longue cohorte des anonymes qui, d'années en années, de siècles en siècles, ont fait progresser l'Humanité des Hommes en recherche. Les apporteurs de pierrailles à l'édifice, bien plus importants, bien plus essentiels que ceux dont les noms sont inscrits dans les panthéons, les dictionnaires et encyclopédies. Ta gloire, c'est d'avoir su tenir bon et demeurer, jusqu'à ce qu'une collectivité reprenne à son compte la clairvoyance de ta pensée. Ta gloire, ce n'est pas ton nom, c'est l'apport que tu auras fait. Ta gloire, c'est ta profonde humilité persévérante. L'oeuvre se doit d'être plus grande que son auteur.
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:13 AM
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samedi 12 janvier 2008
Le temps du bonheur.
Ce matin, je me disais que j'étais dans ce temps-là. De quoi est-il fait ? comment je le ressens ?
C'est un temps qui me dilate, une expansion à l'intérieur de moi. Ce n'est pas comme une baudruche qui se gonflerait de rien. C'est plutôt une chaleur comme issue d'une lave, d'une incandescence.
Il suffit que je me rende présent à ce *lieu intérieur* pour qu'il m'envahisse, qu'il me fasse goûter le *bonheur d'être*. Le bonheur de la seule *présence*. La présence à moi-même, et la perception de l'inconnu de moi. Là est ma vraie richesse. Mon unique bien personnel que rien ni personne ne peut atteindre ; et encore moins me ravir. En ce lieu paisible, je puis demeurer longtemps. Une paix intense m'envahit peu à peu à cet instant même où j'écris.
Ces derniers mois, je ne me visitais plus suffisamment. Je ne descendais plus en ce lieu connu de moi seul, alors que je n'ai jamais autant eu l'occasion de le faire. Faut-il que parfois je sois idiot dans mes choix...
À quoi auraient donc servi toutes ces années antérieures d'intense travail personnel, de nettoyage des scories, d'extinction des incendies ravageurs, de retrouvailles avec mes fondations, de reconstruction sur des bases saines. Je faisais tout cela pour qu'un jour... Enfin... Or, ce jour est là. Dans sa clarté, sa beauté. Et moi, je me crois encore victime des ténèbres.
Toutes les richesses de la planète, toutes les beautés de la nature, ne sont rien face à l'intensité heureuse et bienfaisante de la *présence intérieure*. Certes, elles sont comme "un plus offert", une surabondance, mais elles ne sont en rien nécessaire à la paix profonde qui ne demande, pour surgir à l'existence, que notre capacité à la recevoir. D'ailleurs, ce matin par ma fenêtre, je ne vois qu'une triste grisaille, un ciel bas, tout ce qu'il faut pour déprimer. Paraît-il ! Or, je me tiens dans cette paix heureuse et intérieure qui me réjouit, m'envahit, me dilate de toutes parts. Et que m'importe le ciel gris...
Ce qui est défaillant souvent, c'est la capacité à recevoir. Nous sommes très souvent faibles en ce domaine. En tout cas je le fus, je le suis encore.
Nous sommes avides à demander... Nous avons toujours la revendication au bord des lèvres. Revendications suppliantes ou agressives. Aime-moi ! Aime-moi ! Aime-moi ! Oh ! Bien sûr, ça n'est pas toujours formulé ainsi, la demande est parfois indirecte, très indirecte. Surtout quand la demande d'amour est une véritable agression contre celui dont on attend l'affection.
Nous hurlons qu'on nous libère, qu'on brise les chaînes du non-amour, nous revendiquons qu'enfin on nous chérisse, qu'on nous aime totalement. Et cependant nous demeurons enfermés à double tour en nous-mêmes, repoussant au loin ceux qui voudraient se faire proches ; ou, lorsqu'on les tolère, on ne cesse de leur reprocher qu'ils ne sont pas assez comme ceci et trop comme cela... Bref, qu'au final ils ne savent pas nous aimer « comme il faudrait »...
Tout cela parce que notre capacité à recevoir l'amour revendiqué est excessivement faible. C'est très curieux. On veut être aimé, et on fait tout pour ne pas l'être. Et après on râle !
Pour être aimé, il faut savoir se laisser aimer. Pour se laisser aimer il faut de l'estime de soi. (au moins !...) Pour avoir l'estime de soi il faut guérir des blessures d'amour et faire surgir le potentiel que ces blessures ont interdit d'exister.
Et j'ajouterai que l'estime de soi n'est même pas suffisante. Elle n'est encore généralement qu'une perception de surface, qui se limite à l'image de ce que l'on croit être dans un registre plutôt positif. Elle se résume parfois dans une expression du type : « je ne suis pas si mal que ça ! » C'est dire s'il est encore bien du chemin à parcourir... Pour arriver à l' *amour de soi*.
Être heureux parce que l'on a cultivé l' *amour de soi*... Quelle horreur ! nous dirons les moralistes pervers ! Surtout qu'ils auront beau jeu d'amalgamer *amour de soi* et égocentrisme, histoire de nous perdre définitivement dans leur dialectique mortifère et culpabilisante.
Car, l' *amour de soi* n'a rien à voir avec l'ego ; puisqu'il le dépasse et le transcende de toutes parts. C'est l'amour de soi qui permet la totale ouverture de notre extraordinaire capacité à recevoir l'amour de l'autre. Car l'amour de soi est d'abord et fondamentalement un amour d'ouverture à la profondeur du mystère de notre être profond. Ce qui suppose de l'avoir atteint, d'être entré en contact avec lui. Ce qui suppose les étapes intermédiaires citées plus haut. Sinon, lorsque l'on entre en soi, on ne découvre que le magma de nos angoisses anesthésiées ou vivaces, que l'ampleur des dégâts... Et on se met à fuir ailleurs, dans nos compensations habituelles, à l'efficacité très aléatoire.
Pour ma part, je suis encore largement en chemin sur cet *amour de soi* là. Je demeure avec un certain nombre de volets fermés dans ma demeure intérieure. Certains volets sont volontairement clos par moi. D'autres résistent encore malgré mes efforts pour dérouiller la fermeture.
Mais d'autres sont largement ouverts... C'est ce que j'ai exprimé en commençant d'écrire ce matin. Cette ouverture à la paix au fond de moi. Cette ouverture à tout recevoir de la vie, absolument tout. Ce doit être cela la véritable *pauvreté d'être* car celui qui croit posséder ne sait plus *demander à recevoir* l'inattendu de son existence, l'inattendu de l'amour offert, l'inattendu de ses modalités. Aujourd'hui on recherche de l' *amour formaté*, un bon produit qui corresponde à nos attentes généralement les plus irréalistes, les plus démentes comme les plus étriquées.
Celui qui possède ne sait que *revendiquer* plus de richesses encore... Celles qui sont l'objet de ses convoitises, qu'elles soient proposées par les marchands, ou issues de ses délires et de ses fantasmes.
Or, le bonheur est dans la pauvreté d'abandon... Qui abandonne tout, sans revendiquer. Pour enfin recevoir... L'inattendu... C'est-à-dire tellement autre chose, et autrement...
Libellés : De l'intime, Réflexions

AlainX 10:24 AM
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jeudi 10 janvier 2008
Miroir... Mon beau miroir...
J'ai reçu la revue où sont parus deux de mes articles. J'y parle de la liberté personnelle et de son exercice. De la difficulté de sortir des aliénations qui gouvernent trop souvent nos existences. J'ai écrit tout cela il n'y a pas loin d'un an. La rédac' chef n'avait dit qu'elle me ferait parvenir les articles avant publication, parce qu'elle voulait modifier « quelques points de détail ». J'avais un peu oublié tout cela. Je n'ai jamais reçu l'ultime mouture pour donner mon accord. La rédac' chef est une grosse vilaine ! Cependant, en relisant les articles, je n'arrive pas à trouver ce qui a pu être modifié... Il faudrait que je relise mon projet d'origine. Quoi qu'il en soit, je m'y retrouve globalement suffisamment. C'est qu'elle a bien fait son boulot.
J'avais un peu oublié le petit plaisir narcissique de se lire dans une revue... Cela donne tout à coup le sentiment d'avoir un peu plus d'importance. Cela flatte la vanité. À petites doses, ce n'est pas bien grave ! C'est tout du moins ce que je me dis... Cependant, je n'aime pas ce registre de sentiments ambigus. Ni pour moi-même, ni pour les autres. Cette trilogie orgueil/vanité/fausse modestie.
C'est comme pour les remerciements : - Merci beaucoup ! Vraiment beaucoup ! Permettez-moi de vous faire ce petit cadeau ! Et de répondre : - Mais non voyons ! Mais que faites-vous là ! Fallait pas !
Ben voyons ! Belle hypocrisie ! Et si la personne n'avait rien fait, rien dit. Il y avait toutes les chances, au moins de penser, « quelle ingratitude ! »
Pour la revue, l'une de mes premières pensées fut : je vais envoyer cela à mes filles. Et puis je me suis ravisé. Jamais une telle pensée ne m'était venue lorsque je travaillais. Alors pourquoi maintenant ? Ai-je le besoin qu'elles se déclarent fières de leur père ? (Encore que, peut-être qu'elles trouveraient que mes propos sont nuls et sans intérêt !...). Je n'ai rien à leur prouver. Rien à leur apprendre non plus, car sur le contenu elles ne feront nulle découverte. Elles savent bien ce que je pense et ce qu'il peut y avoir dans mes discours récurrents. Alors, pourquoi leur envoyer cela ?
J'élargis mon champ de pensée intérieure : parfois je me demande ce que pensent vraiment mes enfants de moi. Quelle image exacte se sont-ils forgés de leur père. Curieusement, c'est une question directe que je n'ose pas. Je me demande même si elle ne serait pas déplacée. Comment aurais-je réagi si mon propre père me l'avait un jour posée ? Bien sûr, il y a ce qu'elles disent parfois çà et là, ce qui m'est ramené aux oreilles par d'autres personnes. En particulier par leurs conjoints respectifs. C'est plutôt dans un registre positif. Et je sais que mon deuxième gendre aurait aimé avoir un "père comme moi". Il est vrai que j'ai pu voir à quelle distance ce père se tient par rapport à son fils. ... Pourquoi suis-je donc avec cette demande plus ou moins latente ? Ai-je besoin d'être rassuré et que l'on me dise que je n'ai pas été un si mauvais père que ça ? c'est vrai que ce fut pour moi une sorte de hantise : rater l'éducation de mes enfants. Je voyais tellement les dégâts parfois irréversibles des blessures de l'enfance... Je les voyais en moi-même, je les voyais chez les autres.
Il y a peu, je retrouvais un copain de jeunesse et les circonstances ont fait qu'il a vu mes filles qu'il ne connaissait pas. Il les a trouvées « vraiment extraordinaires ». Et c'est vrai qu'à cet instant-là, elles étaient belles, vivantes, épanouies. Mais j'ai toujours de la difficulté à voir quel peut être mon juste mérite en ce domaine. Mais pourquoi ai-je ce besoin de définir ce qui me revient et ce qui ne me revient pas dans tout cela ? Qu'importe quel mérite, et grâce à qui... Ce qui compte c'est le résultat. Et là, véritablement, jusqu'à aujourd'hui ce n'est que du bonheur... Alors je ferais mieux de me retirer sur la pointe des pieds, de prendre de la distance, de me détacher enfin définitivement d'elles, de les considérer résolument comme « femmes » et non plus comme « mes filles ». Car personne n'appartient à quiconque.
Libellés : Au fil de l'eau, Réflexions

AlainX 10:24 AM
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mardi 8 janvier 2008
Réaliser son rêve C'est en lisant cette expression dans une entrée chez Coumarine que me sont venues les réflexions qui suivent. Ou plus précisément en méditant sur ce qu'elle souligne d'une forme de résistance pour achever le travail à faire. Sic : [(...)Je résiste (...) je peux continuer à rêver (...) le rêve en lui-même ne comporte aucun risque ]
Les réflexions qui suivent me sont évidemment personnelles et ne constituent en rien une réponse ou des remarques à propos de l'entrée de Coumarine.
-------------- Réaliser son rêve. Bien sûr, on comprend ce que cela veut dire. J'ai cependant l'emploi du mot "rêve" n'est pas anodin. Il comporte ce que j'appellerai un piège.
On ne réalise pas ses rêves. On ne réalise que des projets. Pour lesquels on met en oeuvre un certain nombre de moyens concrets.
C'est une différence de taille. Et il ne s'agit pas seulement de jouer sur l'emploi d'un vocabulaire.
Trop investir sur le concept de réalisation du rêve, c'est charger la réalité d'une sorte de polarité qui n'a pas lieu d'être. Un peu comme une excroissance sur la réalité du projet. On risque alors de focaliser sur l'excroissance à en devenir paralysé dans la mise en oeuvre concrète et objective. Et la finalisation.
Le rêve est une sorte de "portance" nécessaire. Il doit donc demeurer dans sa fonction de rêve. Un peu comme la vague qui porte le bateau. Mais la vague n'est pas le bateau. Seul le bateau arrivera au port. La vague restera la où elle est pour continuer à faire ce qu'elle doit faire à cet endroit.
La mer fait rêver. Le bateau se pilote. Mais l'un a besoin de l'autre.
Ainsi en est-il de projets qui n'aboutissent pas, parce qu'ils restent confondus avec le rêve. Comme amalgamés à lui. Le bon artisan, l'artiste accompli, et celui qui arrive à distinguer en lui l'imaginatif créatif et l'applicatif tâcheron. À faire vivre les deux très distinctement, tout en étant intimement mêlés : c'est peut-être ce que certains appelleront : le génie !
J'ai observé cela dans ma jeunesse, en fréquentant un sculpteur-fondeur (artiste connu mais dont je tairai le nom) pour lequel je réalisais des reportages photographiques. Il y avait toute la partie création de l'oeuvre, à sortir du néant. Il donnait forme à son rêve, c'est-à-dire à ce qu'il avait déjà dans la tête. Ce travail-là se faisait en solitaire. Il m'a fallu le côtoyer plusieurs mois pour qu'il accepte d'être photographié dans ces instants-là. J'eus le droit de choisir ma position à une certaine distance de lui et je ne devais pas en bouger pendant plusieurs heures. La première heure je suis resté totalement immobile sans prendre une seule photo. Pour qu'il m'oublie. Puis j'ai commencé les prises de vue. Uniquement au téléobjectif. Ses expressions étaient fascinantes. J'ai toujours regretté de ne pas être autorisé à les publier. C'était un travail privé. Par la suite, il fut heureux de se voir ainsi. Je lui ai tout remis. Peut-être trouvera-t-on après sa mort mes vieilles photos...
Des semaines, quelquefois des mois plus tard, il réalisait l'autre partie du travail de création, c'est-à-dire le côté fonderie. Il avait une fonderie chez lui. Ce n'était pas le même homme. Il n'avait pas les mêmes gestes, les mêmes attitudes, les mêmes regards, les mêmes tensions. Ce n'était plus un artiste, c'était un artisan, un technicien (d'ailleurs pas toujours très assuré de sa compétence en ce domaine). Mais en même temps, dans la manière de fondre, l'artiste transcendait l'artisan. Reste cependant qu'on n'était plus dans la réalisation d'un rêve, mais dans le dur labeur d'un quasi acte industriel. Il me disait : il ne faut pas que je pense que c'est dans une de mes oeuvres que je vais couler le bronze. Alors je me concentre sur le geste technique.
Je veux dire par là : il ne réalisait pas son rêve. Il effectuait une tâche, sa coulée ; et rien d'autre. C'est ainsi il me semble qu'il pouvait aller jusqu'au bout de la réalisation. Sinon, ses oeuvres seraient demeurées à l'état de "cires". Et probablement que son inspiration créatrice se serait tarie.
Finalement, le rêve ne doit pas se réaliser... Il doit demeurer cette "portance" des projets concrets, lesquels, eux, se réaliseront. Les bateaux passent. La mer demeure.
Ainsi en est-il du titre de ce blog : « j'en rêve encore » et que cela soit ainsi... Jusqu'au jour de ma mort...
Libellés : Réflexions

AlainX 2:56 PM
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lundi 7 janvier 2008
La vie ordinaire
Pour parodier PPD des Guignols je pourrais dire : « Vous pouvez éteindre la "période des fêtes" et reprendre une activité normale ». C'est ce qui m'arrive depuis ce matin. Je retrouve mon bureau que je viens de désencombrer de tout ce qui a pu caractériser la période des fêtes : des résidus de papier cadeau d'emballage, des albums de photos ressortis, des cartes de voeux, des petits mots, des petits dessins de mes petits-fils que j'ai soigneusement rangés, la « chanson pour dire merci », composée parmi mes filles et qui m'a tellement ému, etc.
Je retrouve ma vie ordinaire et ce n'est pas sans déplaisir. Comme je l'ai dit précédemment, j'ai vécu ces fêtes de fin d'année avec intensité et bonheur. Beaucoup d'événements, beaucoup d'émotions, tout un ensemble qui m'a comme renouvelé intérieurement. Mais, les temps forts n'ont de valeur qu'au regard de l'ordinaire des jours. Un peu comme une plante que l'on arrose abondamment et qui a besoin de temps pour absorber les bienfaits de l'eau déversée, et grandir.
Le risque c'est le retour arrière. Revenir à une sorte de temps d'avant, comme si rien ne s'était passé, alors qu'il me semble avoir été ensemencé d'une manière nouvelle. C'est cette eau neuve qui doit irradier ma terre pour qu'y pousse de la nouveauté. Ce qui n'est pas encore très clair, c'est le choix des petites pousses dont je dois privilégier le développement. Il y a des choses du côté de l'écriture, soit en solitaire, soit en collaboratif. Il y a des choses du côté d'un engagement associatif nouveau. Quelque chose dans lequel j'ai envie/pas envie de m'engager. Il n'y a pas eu de sollicitations, mais je sais que si je fais offre de services cela sera reçu et apprécié. Mais le problème c'est : envie/pas envie ! L'envie, parce qu'il y a des choses à faire et je vois que les dirigeants sont un peu dépassés par la situation et les événements. Or, je sais que le service spécifique que je pourrais apporter serait certainement une bonne chose. Pas l'envie, par ce que je ne sais plus très bien quoi faire de mon côté « bon samaritain ». Je me demande si je dois licencier ce personnage en moi, ou le garder encore à mon service. Je suis attiré par procéder à l'embauche de « Cool Raoul » qui présente l'intérêt de se satisfaire d'un dilettantisme de bon aloi avec la mise en avant du slogan commode : « place aux jeunes, j'ai assez fait comme cela ! ».
Seulement voilà, je reste marqué par la dialectique de la récompense : pour avoir le droit de se faire plaisir, il faut en avoir passablement chié avant... ! Pas moyen de sortir de cet endoctrinement d'enfance autant familial que judéo-chrétien. (Les deux choses étant d'ailleurs intimement mêlées). Or, si je puis dire ainsi : je n'en chie plus ! - Au contraire, ma vie est plutôt agréable. Et d'une certaine manière, s'il en est ainsi c'est en partie parce que jusque-là je lai, comme on dit, « bien remplie », et pour ce qui est des épreuves de toutes natures : j'ai largement donné... Autrement dit, même dans ce système de « la récompense », je devrais être largement satisfait et légitimé. Il doit donc y avoir encore autre chose. Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:40 AM
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mercredi 2 janvier 2008
Petite grande nouvelle pour les amateurs d'écriture ! Alors voilà, certains d'entre vous le savent déjà, un forum a vu le jour dans la foulée des "marathons d'écriture" : Kaleidoplumes. On doit à Cassymarry (administratrice) le look que je trouve très beau, et toute l'organisation thématique. Les premiers modérateurs dévoués (!), seront Cielbleu et votre serviteur !
Mais en réalité, c'est la participation de chacun qui fera la réussite de cette initiative. Alors, n'hésitez pas à aller vous inscrire !...
Il se veut à la fois un lieu de créativité pour laisser aller sa plume (son clavier !!) et un lieu d'échange, pour ceux qui auront le goût de créer et partager. Évidemment, j'y participerai activement, d'autant que j'ai toujours apprécié ce style de forum.
Donc, peut-elle, à bientôt là-bas !... Libellés : Actualité

AlainX 8:34 PM
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2008 : direction bonheur...
Ce n'est pas un souhait. C'est un objectif. Quasiment une décision. Je parle pour moi évidemment. C'est mon objectif. Ma décision.
À vous qui me lisez, je vous laisse le soin de formuler vos propres souhaits en fonction de ce que vous avez envie d'investir pour votre vie dans cette année qui vient de s'ouvrir. Finalement, on n'est jamais mieux servi que par soi-même... !
Bon, autant que vous le sachiez, en ce début d'année, je me sens changé, transformé de l'intérieur. La période des fêtes a été pour moi particulièrement faste, positive et très heureuse. J'ai vécu une suite d'événements marquants, à la fois inscrits dans la tradition des fêtes, et à la fois différent de la coutume. Il y eut des moments relationnels très beaux, très intenses, très purs. Les relations ne nous transforment pas, elles nous révèlent. Comme dans ces anciens labos-photos, avant le numérique. On plongeait la feuille blanche dans le révélateur l'image apparaissait progressivement, prenant toute sa dimension, son relief, ses contrastes... Ainsi en est-il de la vie relationnelle. Mais il faut savoir se plonger dans les bons bains révélateurs. Et non pas aller perdre son temps là où rien ne pourra apparaître du bon de soi. Cette année j'aurais une meilleure hygiène relationnelle. Il y a des contacts que j'ai à prendre, des personnes à rencontrer. Ne plus différer ce que je pressens avoir à vivre. Pour certaines rencontres, il y a urgence.
Avec ma compagne, nous avons fait un bilan de l'année, ce qui ne nous était pas arrivé depuis que j'ai cessé de "travailler". Nous avons réalisé combien 2007 avait été particulièrement riche en événements qui nous amènent progressivement à une nouvelle manière de vivre. C'est en faisant ce bilan que nous avons réalisé cela. J'ai repris goût aux bilans : pas aux rétrospectives inutiles, mais au réel bilan qui permet de faire le point, d'engager la suite parce que, ayant tiré les enseignements du passé récent, on voit mieux vers quoi il faut se diriger.
Eh bien, en ce qui me concerne, j'ai l'intention de diriger mes pas vers le chemin du bonheur. Évidemment, cela peut apparaître comme une formule un peu toute faite, un peu idéaliste, pour ne pas dire carrément naïve. Mais pour ma part, l'idéalisme n'a pas grand-chose à faire dans tout cela. C'est surtout une question de dispositions intérieures, de choix de vie et d'engagement. Ces derniers mois, j'ai beaucoup trop subi mon existence. Je n'ai pas été suffisamment acteur de ma vie. Je crois mieux percevoir les raisons de cette sorte de passivité intérieure. C'est une passivité qui peut très bien s'accommoder d'une vie active, voire très occupée. Il y a des passifs qui n'arrêtent pas une seule minute... (Je sais de quoi je parle... Je me suis parfois inscrit dans ce genre de club !).
Une année à regarder les bons côtés de la vie, à pourchasser les oiseaux de mauvais augure, à guetter les pousses d'espérance, à mettre à distance les acariâtres, les désespérants, les prophètes de malheur qui attendent l'écroulement définitif. C'est donc à une certaine distance de certains aspects de moi qu'il faudra me contenir. Ne pas me laisser contaminer ni de l'intérieur par mes mauvais fonctionnements, ni de l'extérieur par la presse et tutti quanti qui vivent et prospèrent sur le malheur du monde et ne souhaitent en rien qu'il en soit autrement. Moyennant finances ils se contentent d'être des observateurs du merdier mondial, histoire de nous intoxiquer au mieux et de nous convaincre qu'il n'y a plus qu'à crever la gueule ouverte.
Être attentif à cette propension que l'on peut avoir à hurler avec les loups, à respirer l'air ambiant surchauffé et nauséabond plutôt que de sortir dehors et prendre le grand large.
J'en ai assez des gémissants pour qui rien ne va jamais. Des vieux dans leur tête, toujours à regretter « le temps d'avant » ou à avoir la nostalgie d'époques qu'ils n'ont même pas connues... J'ai lu que de jeunes allemands regrettaient l'Allemagne de l'Est, ils n'étaient pas loin de considérer la STASI comme un club bon enfant ! Et pourquoi pas le retour de ce cher bon-papa Hitler pendant qu'on y est...
Mais aujourd'hui, le ciel a le bleu de mon âme... Et Anne Gastinel m'enchante les oreilles tant elle sait faire divinement l'amour à son violoncelle... Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 11:49 AM
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