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AlainX

 

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mardi 18 décembre 2007

 

Dans l'intimité des palais

Nous avons de la chance désormais, et il faut en remercier notre gouvernant suprême. Il devient facile de pénétrer l'intimité impériale du Tsar, puisqu'il nous offre de la découvrir sous toutes ses facettes.


Celle-ci par exemple :

La première nymphe de France
photo : Dominique Issermann

Je vais finir par aimer EuroDisney...

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lundi 17 décembre 2007

 
Demain, je commence...

Je suis hésitant, et le temps passe.
Ce sentiment de mal occuper mon espace.
Ma vie à quelque chose de flasque.
Peut-être me manque-t-il quelques frasques.
Une passion qui m'enlace,
un petit rien qui délasse.
Que quelque chose laisse la place
il est temps que je débarrasse
avant d'être à la ramasse.

Et voilà,
je me mets à écrire ces vers de mirliton. Tout cela parce que, par hasard, mes deux premières phrases rimaient, alors j'ai continué... Et ce petit texte de rien du tout jaillit en quelques instants, alors que j'avais le sentiment d'une inspiration asséchée.

C'est moi en ce moment. Des journées qui se perdent parce que, « je tarde à m'y mettre ». Je me distend et m'éparpille dans l'occupationnel dilettante. Et le soir, je me couche avec plus ou moins le sentiment d'une journée gâchée. Ce n'est pas la première fois que j'évoque cela ici. C'est ma mauvaise pente naturelle. Je retrouve l'enfant rêveur laissé à l'abandon, qui manquait de canalisations de ses énergies vers un but à atteindre. Cet enfant ne manquait pas d'énergies, mais elles se dispersaient au gré des vents. Elles s'évaporaient dans les vapeurs des plaisirs éphémères qui peu à peu s'affadissaient. J'ai du mal à l'occuper valablement cet enfant-là. Du mal, parfois, à me faire coach de moi-même. Je glisse dans une passivité aux apparences actives. Je ne connais pas l'ennui. Les journées s'écoulent trop rapidement. Je ne suis jamais à ne rien faire. Et ce n'est pas pour autant comme je me suis mis à une tâche plénifiante et épanouissante.

C'est parfois désespérant de me regarder ainsi. Ce n'est pas moi. Pas vraiment moi. Lorsque je travaillais, je n'aspirais pas à la retraite, au sens de quitter un travail pénible pour autre chose, puisque j'aimais profondément ce que je faisais. Je me prenais cependant à dire : lorsque je serai libéré des contraintes professionnelles, je pourrai enfin me consacrer pleinement à des activités totalement choisies. Mais voilà, comme il est difficile d'exercer sa liberté avec justesse. Il n'est pas aisé de se contraindre soi-même et de s'en tenir à un programme balisé par ses propres exigences.

Je ne finalise rien. Je barbote d'un endroit à un autre. J'ouvre des chantiers que je laisse en plan. Comme ces gens qui retapent une maison, entreprennent plusieurs pièces en même temps et n'en finissent aucune. Et cela dure parfois des années... Parce que peu à peu, le découragement s'installe avec sa manière insidieuse de phagocyter nos énergies et de les réduire à néant. Le syndrome de la maison inachevée est parfois le déclencheur de divorce... Je ne vais quand même pas divorcer avec moi-même !...

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jeudi 13 décembre 2007

 
Mes Noël.

En ces jours de décembre, plusieurs blogueurs/blogueuses et commentateurs évoquent les fêtes de Noël et soulignent combien cette période est plutôt une époque difficile à traverser. Je me suis demandé ce qu'il en était pour moi.

Mes Noël d'enfance furent des Noël heureux. Mes parents avaient un sens assez juste de la fête. Ce sont des périodes où je voyais ma mère plutôt heureuse d'organiser tout cela. C'était pour moi une période de répit. On parle parfois d'une magie de Noël, si c'est vrai, celle-ci opérait : ma mère me foutait plutôt la paix. Une paix de Noël en quelque sorte ! Dans ma famille s'appliquait alors cette parole biblique : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".

Il y avait deux sortes de Noël. Selon les années. Selon que la fête se déroulait en ville, chez mes parents ; ou à la campagne, chez ma tante.

Chez mes parents, c'était la grande fête. Je dis bien la fête. Par la grande bouffe. Certes, il y avait le repas traditionnel, mais c'était en quelque sorte comme un dîner spectacle ! Beaucoup de choses avaient été préparées sur ce registre. J'accédais alors la cour des grands, on me donnait des responsabilités d'organisation et je n'étais pas ce petit qu'on délaisse. Il y avait du monde, 30 ou 40 personnes, du personnel pour servir. Mon père jouait le "Monsieur Loyal", le micro en main, branché sur le poste de radio qui trônait sur le buffet. Et le spectacle commençait... Je m'étais demandé si je n'avais pas embelli tout cela. Mais j'ai revu des films noir et blanc de Ces Noël-là qui m'ont confirmé l'ampleur festive. Je me suis dit qu'il y avait un côté artiste dans mes parents. Ma mère aurait excellé dans le théâtre de boulevard. Mon père aurait pu faire un honorable tragédien...

Les années ou cela se passait chez ma tante, c'était totalement d'un autre registre. D'abord nous étions bien moins nombreux. L'ambiance beaucoup plus intimiste. Je dirais presque plus fervente. C'était moins la fête que le mystère de Noël qui était célébré. Pour le repas la tradition était la poule au riz. Pas n'importe quelle poule, celle que mon oncle avait spécialement engraissée dans l'année pour ce jour-là. La poule qui avait eu le meilleur grain, et même une place à part dans le poulailler. Je me souviens avoir vu mon oncle l'égorger, les soubresauts de la bestiole décapitée, le sang qui coulait par le cou, la bête ébouillantée, puis ma tante la plumait. Cela ne m'a en rien traumatisé. Au contraire. J'apprenais qu'il en était ainsi pour se nourrir. Il me semble que c'est parce que mon oncle mettait des mots sur ses gestes. M'expliquait les choses. C'était son destin de poule : finir dans nos assiettes...

On allait à pied, dans le froid, à la messe de minuit. 2 km de marche dans la nuit. Ma main dans la main de mon père, j'allongeais mon pas pour marcher comme un grand. Arrivé à l'église, vite se diriger vers la crèche aux personnages immenses. On mettait une pièce dans le tronc que portait un ange de plâtre au doux sourire. La pièce glissée dans la fente, il inclinait la tête en signe de remerciement. J'aurais bien mis 20 pièces pour qu'il recommença 20 fois. Puis l'orgue explosait et une voix de baryton enflait toute l'église : « minuit chrétien, c'est l'heure solennelle... »
Au retour, on accélérait l'allure. Il faisait vraiment froid. Mais j'avais hâte aussi parce qu' "IL" était passé, non pas le Père Noël, car nous étions une bonne famille chrétienne, mais le "Petit Jésus" était venu apporter LE cadeau. Je dis bien LE cadeau, car nous n'étions pas encore dans cette civilisation de la consommation. Il y avait un cadeau, un seul, un unique. Il n'en était que plus précieux. Une année, l'unique cadeau fut composé de deux éléments ! Quel événement ! DEUX livres des Aventures de Tintin...

C'est par la suite que ce fut nettement moins bien. Noël dans un établissement hospitalier, je ne vous le conseille pas. Ça n'est pas un bon plan. Et deux Noël de suite ça fait beaucoup. Certes la deuxième fois vous avez « l'autorisation de sortie » pour quelques heures. À peine arrivé chez vous il faut penser à rentrer. Croyez-moi il aurait mieux valu éviter ce cadeau empoisonné. Vous en pleureriez encore si c'était possible...

Les années de jeune adulte célibataire, ce furent des Noël hors famille. Je rejoignais avec d'autres, ceux que la vie n'avait pas épargné. Qu'ils aient au moins quelques heures festives bien méritées. L'arrivée du foie gras, saumon fumé, dinde aux marrons, me fut insupportable et je me suis enfui. Certains de ma famille ne me le pardonnèrent pas. Mais moi j'étais le coeur léger et la conscience au repos.

Jeune époux et jeune père, au coeur de notre petite unité familiale, nous avons plutôt renoué avec une ambiance de petites fêtes simples, notre cellule familiale et une ou deux personnes célibataires que nous connaissions qui avait le besoin de s'extraire de leur propre milieu familial.

Ces dernières années, mon frère étant devenu « le patriarche » de la famille, c'est lui qui réunit tout son petit monde dans sa grande maison. C'est sympathique et convenu. Comme la maison est grande, cela permet quelques apartés dans des recoins intimes ! (Mais non ! Pas pour faire des choses que la morale réprouve !...). Cela ne m'emballe pas plus que ça, mais je vois que pour mes filles retrouver leurs cousins et cousines leur est important. Ce qui me reste difficile c'est cet extraordinaire déballage de cadeaux en quantité industrielle... Je trouve cela d'un tel gâchis ! Mais je suis totalement incohérent, puisque j'arrive moi aussi avec mon lot de paquets...

Cette année ce sera différent. Je n'irai pas chez mon frère. Je réunis mes enfants, leurs conjoints, et les petits-enfants... Peut-être que je me prépare à devenir un jour le patriarche...
Mais je ne sais pas encore comment organiser cette journée. Il serait peut-être temps d'y penser... Ce qui est sûr c'est que ce ne sera pas, saumon, foie gras, dinde aux marrons !...
Ce qui est sûr encore c'est que je suis plutôt heureux à la perspective de ce Noël 2007...

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mardi 11 décembre 2007

 
Je est plusieurs


Par un jeu de circonstances ne sont revenus des souvenirs d'il y a quelques années, lorsque je naviguais et barbotais sur un forum quelque peu déjanté qui rassemblait quelques blogueurs naissants. Il m'est plus précisément revenu le texte de l'un d'eux qui évoquait les contrastes constatés entre les propos tenus par certains sur ledit forum (amusants, enjoués, facétieux, malicieux ou railleurs, ... ) qui semblaient montrer des personnes plutôt insouciantes et pas trop malheureuses dans la vie ; et l'extraordinaire noirceur, le pessimisme, la tristesse et la détresse des propos tenus sur leur blog privé.

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Dans les stages en entreprise que j'ai pu animer, quelques cadres dirigeants, mais pas qu'eux loin de là, donnaient parfaitement le change dans les travaux de groupe. Discours rodé, supériorité et maîtrise de soi affirmée, adaptation sans faille à toutes circonstances. Ce n'est que lors d'entretiens privés qu'ils montraient d'autres aspects... bien différents, moins affirmés, parfois chancelants.
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Et ce fameux stage, ce participant arrivé volontairement en retard, bien décidé à foutre le bordel, ce qu'il fit rapidement, m'agressant verbalement, démolissant systématiquement ce que je faisais, s'en prenant aux autres participants, excellent manipulateur, qu'il m'a fallu affronter en tentant de ne pas perdre la face et en cherchant à sauvegarder l'existence même du stage. Au début du troisième jour, j'ai réussi à retourner les choses à mon avantage si je puis dire ainsi. Mais ce fut un combat de haute lutte. Bien évidemment, j'avais identifié que son agressivité masquait une fragilité et une incapacité à porter un regard sur lui-même, tant il avait la trouille de ce qu'il appela ensuite ses "trucs pas clairs". Certains du groupe me dirent à quel point ils avaient apprécié mon calme, ma manière de m'y prendre avec lui, alliant douceur fermeté, compréhension et poigne... sans empoigne. J'avais effectivement ma propre stratégie qui était de ne pas entrer dans son jeu pervers en l'agressant à mon tour. Cela fut payant et cet homme termina la semaine de stage en étant le plus passionné et le plus zélé de mes participants. Évidemment, on m'a pris pour un animateur hors pair. Très solide.

Mais qui a vu mon délabrement intérieure ? ma trouille viscérale le soir dans ma chambre d'hôtel, mes coups de téléphone tant à ma compagne qu'à mon superviseur lorsque j'étais au bord de l'abandon, submergé par l'angoisse est prêt à fuir en prétextant je ne sais trop quoi, mes deux premières soirées d'insomnie et mes douleurs à l'estomac... Le soi-disant homme solide était totalement liquéfié sitôt sorti de la salle de travail...
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Cet été je suis allé à plusieurs mariages. C'est l'occasion de revoir des personnes perdues de vue depuis bien des années parfois. Certains, je ne les ai pas reconnus, tant j'avais le sentiment qu'ils étaient devenus "autres". Mais j'ai eu droit à la réciproque : je ne t'avais pas reconnu. Mais qu'est-ce que tu as changé ! Tu n'es plus le même ! (Et il ne s'agissait pas de mon aspect physique, parce que de ce point de vue je suis assez identifiable...)
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Il a pris son fusil de chasse. Il est monté dans sa voiture. Il est allé attendre l'amant de sa femme à son lieu de travail. Il est sorti de sa voiture. Il l'a abattu sur le trottoir, tirant les deux cartouches de son fusil. Il est remonté dans sa voiture. Il a roulé au hasard, avant de se rendre à la police.
C'était un copain de jeunesse. Un militant pacifiste, "peace and love", une voix douce, "cool brother", un mec reposant, un genre de Moustaki...
Il a pris 18 ans pour meurtre avec préméditation. Il est sorti il y a quelques mois.
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Finalement... Qui sommes-nous donc ??

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samedi 8 décembre 2007

 
Coïncidence

Hier soir B** m'a téléphoné. Cela fait six ou sept ans que l'on ne s'était pas parlé. B** est une collègue psy avec laquelle j'ai pas mal collaboré à une certaine époque. Nos pratiques et nos approches étaient très différentes, ce qui fut passionnant, dans la mesure où nous avions un respect mutuel et je crois que nous nous sommes enrichis de nos différences. B** voulait simplement prendre de mes nouvelles. Elle avait pensé à moi. Elle appelait. Rien de bien extraordinaire en quelque sorte, un petit événement comme il en arrive parfois, cela ne mérite pas d'en faire une entrée.

Seulement voilà, hier dans la journée, moi aussi, j'ai pensé à B**... Pourquoi a-t-elle surgi dans mon esprit ? Je ne sais pas. Rien ne s'est passé dans ma journée qui aurait justifié de l'évoquer. Moi aussi je me suis dit : je devrais appeler un de ses jours pour prendre de ses nouvelles. Et voilà que le soir même c'est elle qui me parle au téléphone.
On connaît tous ce type de situation un peu mystérieuse. Évidemment on peut faire toutes les interprétations possibles. Lorsque j'exprime à B** cette extraordinaire coïncidence, elle me réplique en riant : « tu vois, je te l'ai toujours dit, il faut croire au pouvoir des esprits ! ».

Évidemment, le plus simple, le plus « scientifique », c'est de se référer à la coïncidence. Il s'agit d'un pur hasard, d'une simultanéité fortuite, et c'est moi qui crée artificiellement une hypothèse que « quelque chose » présiderait à l'événement, l'aurait suscité, l'aurait rendu réalisable. Voilà une théorie spéculative intéressante pour ceux qui, comme aurait dit Mitterrand : « croient aux forces de l'esprit » !

Seulement voilà, me voici ces derniers temps avec une succession non négligeable de coïncidences de ce genre. Comment s'empêcher de se poser des questions à ce sujet. Quels sont les forces subtiles qui agissent à notre insu. Combien de mères ont témoigné qu'elles ont « ressenti » la disparition ou l'accident d'un de leurs enfants. Sans en avoir encore la connaissance par une voie cognitive, elles en avaient déjà la connaissance intuitive, corporelle, charnelle. Évidemment, on peut moquer ce type d'approche dont la mise en équation mathématique s'avère délicat.

Et que dire des rêves prémonitoires, et de la prémonition en général. Ce ne sont pas des terrains d'observation qui m'ont intéressé jusque-là. Ce qu'il est convenu d'appeler le paranormal m'a toujours fait plus ou moins sourire. Il est vrai que les charlatans de tout poil en ont profité pour exploiter notre naïveté plus ou moins consentante. Souvenons-nous d' Uri Geller qui tordait les petites cuillers avec les forces de son cerveau... Il suffisait bien évidemment d'être au courant des métaux à mémoire de forme pour déceler instantanément la supercherie.

En ces domaines, nous avons chacun des déploiements d'antennes différents. Ce n'est pas parce que l'on ne capte pas un phénomène ou une onde, qu'ils n'existent pas. On a tous un côté saint Thomas : je ne crois que ce que je vois. Mettez plusieurs personnes choisies pour leur sensibilité et leur réactivité différente, dans une pièce fermée, sans leur dire pourquoi elles sont là ni ce qu'elles ont à faire, leur demandant seulement, de rester assis en cercle, sans se parler, ni se toucher, et de garder un comportement « naturel et ordinaire » (ne pas faire des mimiques comiques par exemple...). Et vous verrez que des phénomènes « étranges » se dérouleront, liés à la perception différenciée d'une personne à l'autre des interactions relationnelles non verbales qui ne manqueront pas de s'établir. Je sais ce dont je parle. J'ai pratiqué.

En l'espèce, le but de l'expérience était à visée de connaissance de soi et donc le travail qui suivit fut introspectif. Mais on peut aussi se poser la question : qu'est-ce qui émane ainsi de moi, indépendamment de mon simple vouloir et qui est susceptible d'avoir un impact fort sur l'autre, par ma seule présence et pas seulement de réveiller en lui des problématiques personnelles.

Si j'en reviens à mon petit événement d'hier, comment se fait-t-il que, l'un comme l'autre, nous ayons pensé l'un à l'autre dans le même laps de temps ? Tout comme moi, elle m'a confirmé que je ne hantais pas ses pensées au quotidien !... Alors comment se fait-il que dans le même instant T. nous ayons eu cette envie (besoin) de ce « rapprochement » ?
Notre échange d'hier, pour sympathique qu'il fut, ne débouche cependant sur rien. Je veux dire, on n'a pas émis l'hypothèse ni le désir de se revoir, ni de correspondre. Son appel n'avait pas une intention seconde, du genre : j'ai un service à te demander... C'était en quelque sorte « gratuit ». Ou disons simplement de l'ordre du plaisir de prendre des nouvelles. Enfin, c'est l'apparence des choses... Y a-t-il derrière cela une stratégie invisible ? (pire ! Une manipulation indécelée !) Y aura-t-il des effets inconnus ? Ont-ils déjà eu lieu ? Le seul effet que je vois pour l'instant, c'est la rédaction de cette entrée...

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vendredi 7 décembre 2007

 

Le bon choix

Ce week-end les amateurs de télévision auront un choix à faire particulièrement délicat.
D'un côté, l'élection de Miss France, avec sa brochette de femelles en slip aux seins calibrés ; de l'autre, le Téléthon, et sa guirlande de fauteuils roulants bien alignés.
Dérisoire étalage de corps dans l'un ou l'autre cas.

D'un côté comme de l'autre, on aura éliminé préalablement les corps les plus défectueux. Du côté des miss, il convient de présenter de la cuisse parfaite, du ventre plat et de la viande de fesse bien ferme. (À la différence de la boucherie, on l'aura remarqué, où la préférence va à la viande tendre...). Du côté Téléthon les corps trop déformés, les bouches trop bavantes, et les IMC qui ont cette sale manie de bouger sans cesse dans tous les sens, seront laissés dans la coulisse ou dans la meilleure des configurations, mis au fond de la salle.

Dans les deux cas, c'est toujours pour une bonne cause. La préservation de la parfaite femelle française d'un côté, le ramassage du fric pour aller tripatouiller dans le génome humain de l'autre.

D'un côté on incitera ces messieurs à ouvrir leurs braguettes, de l'autre ou les invitera à ouvrir leurs portefeuilles. Je propose aux hésitants de zapper, de faire un don à Mme de Fontenay, et de passer la journée de Noël auprès de quelques vieillards esseulés...

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jeudi 6 décembre 2007

 
Persomachie** (2)

J'ai aimé les combats.
Et certains sont encore à venir.
Les plus essentiels ne sont pas toujours là où l'on croit, là où on les attend.

Le guerrier fait la guerre.
Le combattant joue sa vie pour une paix.
Si le combattant devient guerrier, il met tout en péril.


Je fus l'un et l'autre,
l'un et l'autre mêlés,
Valeureux guerrier, et piètre combattant au temps de mes errances.
les guerres intérieures ont dévasté mes terres.
Vermine pour moi-même, un poison destructeur.
Rendre gorge. Je leur ferai rendre gorge !
Pour chaque coup porté, deux coups en réciproque.
Toute révolution justifie son temps d'épuration.
Que passent par la guillotine ceux qui m'ont entravé.
Assassinat de l'amour.
Meurtre prémédité de ceux que l'on devrait chérir.
Aux saboteurs de mon existence je ne laisserai nul répit.
J'irai jusqu'à pourfendre les coeurs des alentours.

Je me disais ardent, mais j'étais incendiaire.
Inutile de dénombrer les victimes que je laissais en cendres.
Je tirai ma fierté d'être plus destructeur que mes ennemis supposés.

Il arriva qu'un jour l'agneau se présenta.
C'était lui. C'était moi.
Douloureux face-à-face.
Supplique de sécession.
Dans son regard, je vis mes yeux.


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(**) "Persomachie" :
Peut-être faut-il une petite explication de texte. "machie" vient du grec et signifie combat. (On peut penser à tauromachie). Je connaissais la "psychomachie", vieux vocable inusité qui symbolise le combat du vice et la vertu. C'est comme cela que m'est venu le titre "persomachie", parfait néologisme d'invention AlainX ! ...

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mercredi 5 décembre 2007

 
Persomachie

J'ai aimé les combats. Et parfois ils me manquent.
J'ai aimé la fraternité des tranchées de bataille, au temps des solidarités qui soudaient dans la foi. Ces retours de là-bas, longues heures de voiture ou la brillance de nos yeux perçait la nuit mieux que les phares de la guimbarde d'Arthur.
Des flancs de la colline, les lueurs de la ville. Nous rêvions que bientôt... Oui bientôt...

Quelques-uns passèrent à l'ennemi, et beaucoup d'autres désertèrent.
Le carré des fidèles poursuivis l'ardent combat.
J'en fus.

Entrer en résistance suppose une sûre croyance.
À moins que ce ne soit l'imbécilité du naïf.

Les victoires ne sont pas triomphantes. Juste le temps de se réchauffer le coeur dans l'arrière-salle de chez Mario, qui nous offrait la bière, parce qu'il y croyait-il, lui aussi.

Et puis les années passent...
Il faut paraît-il « entrer en réalisme ». C'est lui qui dit ça... alors, évidemment, le ver est dans le fruit.
Confondre réalisme et dénaturation. La noble démission dans l'orientation perverse.

Il faut chercher ailleurs.
Chemin de solitude à deux qui ramène l'essentiel au devant de la scène.
Le fond est intact. L'inaltérable glaive annonce des temps victorieux.

Mais la victoire est souterraine et ne rêve plus de faire du bruit autour d'elle. Ceux qui le comprirent revinrent, plus dépouillés, plus épurés, avec plus de justesse dans l'ardeur, plus de noblesse dans l'action. J'avais changé moi aussi. Beaucoup changé. Les catacombes permettent d'étrangler quelques démons intérieurs.

J'ai su que là il me faudrait tout donner.
Mais vouloir tout donner c'est parfois aussi se faire arracher. Se laisser piller. Manquer du recul nécessaire. Faire la sourde oreille à ceux qui mettent en garde. Que soient déplumés les oiseaux de mauvais augure !

L'ardente flamme est capable de tout consumer. Peut-être d'ailleurs faut-il qu'il en soit ainsi. Un jour me revint cette parole qu'il m'avait dite : « tu ne seras jamais un tiède ! ». Adolescent boutonneux je n'avais guère compris.

Les promesses de certitudes finissent par s'accomplir.
Certains jours, nous étions comblés au-delà du dicible.
Mais ce n'est pas encore assez. Le feu intérieur est tyrannique. Il n'offre jamais le repos que l'on ne sait pas prendre.
Le corps est aussi prompt à servir qu'à réagir lorsqu'on le malmène.
J'ai négligé ses signes.
Alors, un jour il me lâcha...

Mais moi, je n'ai pas encore renoncé au combat.
Je refuse d'être amené sur les lignes arrière où l'on soigne les blessés.
C'est un manque de sagesse qui me joue des tours. Car j'ai perdu la force du bras qui tenait mon épée.

Je suis en armistice sans avoir désarmé.
Pâle guerrier sur mon champ dévasté.





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mardi 4 décembre 2007

 

Perdu

Soyons clair : j'ai perdu ma journée.
Rien fait de bien.
Rien fait d'intéressant.

J'ai l'art parfois de perdre ma substance.

Et par ailleurs je m'affole que les jours, les semaines, les mois, passent à l'accéléré.

Quand serai-je enfin capable de mettre fin à mes incohérences...

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