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AlainX

 

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vendredi 30 novembre 2007

 
Froid.

Être en froid.
L'expression n'était pas habituelle,
ni dans la pensée, ni dans la bouche,
mais elle s'est imposée.

En froid. Refroidi.
L'âme et le coeur en voie de congélation.

On dit que l'alpiniste qui se laisse engourdir par le froid se prépare une mort douce.
L'entrée en mort douce par insensibilisation.

Être en froid :
Après la sécheresse,
le gel.


Être en froid.
Nécessité par indigence.
Compagnonnage frelaté du manque.
Rejet du confinement surchauffant.

Être en froid.
Ce qui est gelé devient cassant.
Fissures intérieures ou pénètre le couteau de glace...
...avant de fondre.
Mais c'est trop tard.

Être en froid.
La vie se retire.
Non, elle se protège.
Elle préserve.

Les hivers sont nécessaires à la germination.

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mercredi 28 novembre 2007

 
Je ne parlerai pas politique... Quoique...

Il y a longtemps que je n'ai pas parlé de l'actualité politique. C'est un peu comme si elle sortait de moi progressivement. Comme un désintérêt. Un retrait de ma conscience citoyenne. Je me demande si je vais garder mon abonnement au "Monde". Ces derniers temps je ne fais que le parcourir, me contentant de la première page (et je n'ai même plus mon Plantu quotidien) et de quelques articles des pages "débats".
Sentiment confus que les problématiques tournent en boucle, toujours les mêmes, recommencées d'année en année.
Même Sarkozy ne m'énerve plus. C'est dire si c'est grave !
Même son côté excité, à la De Funès, ne me fait même plus sourire ! Lui aussi finit par tourner en boucle avec ses phrases répétitives, son omniprésence ("coucou c'est Sarko-Zorro!") et ses affirmations qu'il va mettre de l'ordre partout. Curieuse conception de l'ordre que d'organiser le déploiement progressif du bordel national, en vue du démantèlement de l'État...

Après tout la France a voté. Elle a voulu qu'on la casse en deux, que les clivages soient nets. Des bons français à droite, des salauds d'immigrés à gauche. Des paresseux fonctionnaires nantis d'un côté ; de l'autre, des valeureux travailleurs qui se lèvent tôt pour se faire exploiter tôt.
Une France des très riches choyés par le pouvoir, face à une France des très pauvres qui feraient mieux de la fermer. Et entre les deux une classe moyenne qui s'est totalement "droitisée". Le seul moyen pour les riches (onctueusement protégés par Sarkozy) d'accroître leur richesse, c'est de créer de la pauvreté de plus en plus. Les désastres financiers des familles endettées rapportent le jackpot au monde de la finance qui leur prend tout et même ce qu'il n'ont pas si c'était possible.

Ainsi en est-il de puis que le monde est monde. Ainsi la France a-t-elle souhaité qu'il en soit.
Ainsi il en sera.
Il faut passer d'une France de chômeurs indemnisés à une France de travailleurs pauvres.
On a voulu Monsieur Thatcher. On l'a.
Il brisera tout ce que les générations antérieures ont acquis de longue lutte.
Le subtil est de nous faire croire qu'il ne peut en être autrement.
Le subtil est de nous entraîner volontairement et joyeusement vers ces abîmes vertigineuses.

Sarkozy veut une France laïque judéo-chrétienne. La religion TSarkozyenne comporte exactement les mêmes éléments que la religion catholique. Les pauvres doivent demeurer pauvres parce que tel est la volonté du Capital, les riches demeurer riches parce qu'ils sont les élus du Marché, parce que Dieu-Le Père-Capitaliste et son Fils-Mondialisation le veulent. Il faut accepter leur loi incontournable.
Travaillez à la sueur de votre front et bientôt vous réenfanterez dans la douleur...

Bon ! J'avais dit que je ne parlerai pas politique...
Je vais me recoucher !

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mardi 27 novembre 2007

 
Sécheresse

La sécheresse avait gagné du terrain depuis quelques jours. Cette sorte d'insensibilisation qui peu à peu engourdit l'aptitude à ressentir. Cela vient lentement à partir du moment où la nappe phréatique intérieure diminue. La surface s'épaissit, devient dure comme une terre aride. Il n'est plus possible de recevoir la vie de l'autre. Le coeur est imperméable. Qu'importe ce qui se dit, qu'importe ce qui se passe ; tout coule et s'en va mourir ailleurs.

Il voulait dire son malaise, son anxiété. Pas besoin d'être fin observateur pour se rendre compte du tremblement de sa voix, de son geste incertain. Ne pas se laisser envahir par la pluie froide et pénétrante de ses angoisses. Ouvrir le parapluie. Le parapluie du verbiage, de l'occupation du terrain verbal par des propos sans intérêt. Gentiment lui clouer le bec.

Ailleurs c'est le silence. Laisser tomber. Ne pas répondre. Faire en sorte que la croûte s'épaississe. À l'abri. Vite.

La sécheresse fait la terre cassante. Friable. Fragile.
La sécheresse fait la terre aride. Infertile. Agonisante.

La relation est moribonde, même pas besoin de se pencher à son chevet. Il n'y a qu'à laisser faire. Attendre le dernier soupir qui fera passer au pays de solitude.

À vivre en solitude on meurt en absence. Il n'y a plus qu'un pas à franchir.

Ci-gît celui qui n'a pas su commencer à vivre.

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Onction

Au péril de la mort à lui-même il réclama l'extrême-onction.
Viatique dérisoire pour un voyage incertain.
C'était encore espérer croire en de saintes huiles bienfaisantes, réparatrices, réconciliatrices.
La solitude ne supporte pas le rite. Et il en réclamait.

Il cherchait un consolant. Mieux, une ferveur attendrissante.
De qui pourrait-elle donc venir ; puisqu'avaient déserté ceux dont il espérait l'amour.

Et puis, de l'onction sacrée et révérencieuse à l'onctuosité hypocrite, il n'y avait qu'un pas. Vite franchi.
À l'instant même il détesta l'humain.

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Fertilité

Il se souvint des terres fertiles. Des récoltes abondantes. Des greniers à blé débordant.
Ils étaient nombreux à se réjouir des moissons.

Au couchant ils venaient près du ruisseau. Eau claire et rafraîchissante. Ils s'abreuvaient de paroles fécondes. La terre nourricière de leur vie donnée les faisait prodigues.

C'était avant qu'ils ne se coupent. Qu'ils ne s'amputent les uns des autres.



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jeudi 22 novembre 2007

 
Relais

Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que certains de mes lecteurs lisent "Le Monde"...
(perso, je suis abonné de longue date...)

Alors j'aime bien relayer comment ils se font épingler, les mains dans le pot de.....

C'est ici chez Schneidermann

Bon, d'accord, il a gardé une dent contre ce journal qui l'a viré il y a qq années....
Mais quand même, là c'est documenté....

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mercredi 21 novembre 2007

 
Perception maternelle.

Cela peut paraitre curieux, ma mère est morte il y a plus de 20 ans, je commence peu à peu à recevoir l'amour qu'elle m'a si mal donné en son temps...

C'est dans un commentaire sur le marathon d'Olive que je me suis surpris à écrire cette phrase. Olive a écrit des choses très fortes, prenantes, marquantes, relatives à l'amour et à la mort des proches. J'ai commenté en évoquant l'intemporalité des relations d'amour. Je dis parfois les relations sont éternels. Je veux dire par là qu'elles demeurent comme une permanence en nous, même si les personnes sont disparues ou mortes.

C'est dans le mouvement de cette réflexion que j'ai écrit cette phrase. Elle m'a surprise. Elle est comme une porte qui me fait passer d'une pièce à une autre. J'ajouterai qui me fais passer « consciemment », car ce mouvement de passage était commencé en moi depuis quelque temps, mais je ne le percevais pas avec suffisamment d'acuité, en sorte qu'il ne m'était pas possible de l'accompagner pour le faire se réaliser pleinement. Je demeurais sur le pas de la porte, ou entre deux portes, balançant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre : mouvement de surplace qui procure la vibration du "bouger", mais n'entraîne pas la marche en avant.

Il m'est venu 4 points à développer (4 pour l'instant...)

1 - Ce qui a déclenché le mouvement, sans que j'en ai suffisamment conscience.

Ce qui a déclenché le mouvement, c'est un non-acte : l'arrêt de rédaction de mon autobiographie. Tout ce que je relatais concernant la relation à ma mère, ses manquements, ses erreurs éducatives, ses comportements inajustés, les souffrances infligées, les conséquences néfastes sur ma vie, les séquelles à supporter, tout cela n'avait pas bon goût en moi. Certes, je me disais qu'il ne faudrait pas que cela soit lu par des personnes encore trop proches de cette époque,(je pense en particulier à mon frère, à mes neveux et nièces), mais ce n'était pas véritablement cela qui m'entravait dans l'écriture. Écrire mon autobiographie était une chose, savoir ce que j'en ferai en était une autre, quelque peu distincte.

Ce qui m'entravait était un mauvais goût en bouche.
Autant j'avais pu travailler en thérapie cette relation, en vomissant tout ce que j'avais à vomir, en la faisant rendre gorge, et en la traitant de tous les noms d'oiseaux de la terre... ; autant j'avais pu derrière cette colère laisser surgir les larmes de désespérance et les souffrances du mal-amour qui était enkystées dans ma sensibilité et dans mon corps ; autant, reprendre tous ces éléments bien que déchargés d'affects négatifs dans mon autobiographie, avait fini par m'apparaître comme malsain avec des relents nauséabonds. Alors j'avais tout arrêté. Je me disais que ce projet était arrivé au stade de son avortement.
J'en restais là, j'oubliais ce que mon maître n'avait appris : " si vous voulez sortir de votre malaise, entrez dedans..."
En effet, je ne sentais pas qu'au coeur de ce malaise, quelque chose voulait poindre.



2 - De quel mouvement s'agit-il

Ce mouvement était commencé en moi depuis plusieurs mois, depuis presque deux ans même. Ce mouvement de perception de l'amour juste et authentique de ma mère, tel qu'il était par essence et tel qu'il fut par brides. De cet amour qui fut malgré tout déposé au fond de moi, mais tellement recouvert par les tonnes de merdes qu'elle a aussi déversées sur moi.
Peut-être que je ne me ferai pas bien comprendre, qu'importe. Ce que j'ai connu en thérapie, c'est toute la dynamique de ce que l'on appelle le transfert à effet positif. Pour faire simple, très simple, disons que le thérapeute fut partiellement la mère que je n'avais pas eue. Mais l'expression est assez piégée, car le thérapeute ne peut être ni un père ni une mère de substitution, comme il peut en être par exemple de l'enfant adopté ou recueilli à l'âge où il est enfant par des adultes qui, de fait, au quotidien, seront en quelque sorte père et mère de l'enfant.
Lorsque j'entame ma thérapie, je suis adulte. Je ne suis plus un enfant. Dès lors, le thérapeute est exclusivement *objet* pour le travail sur moi. *Objet thérapeutique*. "Relation-objet" que je me paye, professionnel que je rémunère. J'exige de lui une compétence, une forme de perfection en ce domaine. Mais il n'est ni un ami, ni un proche, ni quelqu'un qui devrait m'aimer en dehors des séances, ni que j'aie à rencontrer hors du cadre de l'aide. Sinon, tout le processus devient foireux...
Finalement, la thérapie c'est uniquement pour enlever la merde déversée. (Enfin, c'est aussi autre chose... Mais bon !)

Reste le véritable amour de ma mère. Ce qu'il fut par essence, par nature. Les graines d'amour qu'elle a déposé, ses ensemencements destinés à germer ma vie. Tout cela est en moi, par elle. Même si elle a fait 100 000 et une conneries. Les graines survivent à tout, au temps, à la mort, à sa mort.
C'est donc un mouvement de présence intérieure à cet amour-là, même si elle est décédée il y a bien longtemps, qu'il me faut vivre. Il ne s'agit pas d'évoquer sa mémoire, mais d'accueillir sa présence aujourd'hui. C'est autre chose, d'un autre domaine, d'une autre nature. Peut-être difficilement compréhensible pour qui ne connaît pas ce mode de présence, à la fois à soi et au *dépôt en soi* d'un autre.


3 - ce mouvement me fait passer de quoi à quoi


4 - Il me fait poser quels actes


(à suivre sans doute sur les points 3 et 4)

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mardi 20 novembre 2007

 
Ô la jolie relation !

À la suite de plusieurs conversations ces derniers jours sur des sujets très divergents, j'étais frappé des retentissements à long terme de propos que l'on a pu tenir ou d'événements qui ont pu se dérouler.
Par exemple, on dit quelque chose à quelqu'un, sans volonté particulière de le « marquer », ce sont même parfois des propos anodins, de circonstance, de ces phrases que l'on peut dire sans trop réfléchir, qui ressemble plus à de la conversation mondaine qu'à des propos réfléchis, pensés, structurés. Et puis, sans qu'on le sache, nos propos inconséquents tombent sans crier gare directement sur un champ de mines dans le monde intérieur de l'autre. PAF ! Et la réaction en chaîne des explosions se met en branle. Un vrai feu d'artifice qui crépite dans tous les sens à l'intérieur de la personne touchée par la salve anodine.

Parfois, la réaction est immédiate et l'on tombe des nues.
- "M'enfin ! Je n'ai rien dit d'extraordinaire qui puisse te mettre dans cet état ...!!!"
eh bien si, c'est l'effet papillon. Un petit souffle de parole, et vlan, on déclenche un tsunami chez notre interlocuteur.
On avait oublié, ou même on ignorait, que notre interlocuteur était « sensibilisé » au sujet en question ou à notre manière de dire les choses, ou qu'il était imperméable à notre forme d'humour décalé. C'est un peu comme les allergies. Il est des pollens verbaux qui nous font criser, nous étouffer ou nous mettre en colère.
Dans le meilleur des cas on arrivera à s'expliquer ou à tenter de se comprendre.
Mais parfois c'est impossible, surtout si la réaction de l'autre consiste à nous décocher lui-même une salve bien sentie en direction de notre propre champ de mines.
Alors là, la guerre est déclarée. Les offensives peuvent commencer.

Dans le registre des grands auteurs comiques ou des pièces de boulevard, ce registre-là est largement exploité pour nous faire rire en mettant en scène des personnages susceptibles et soupe au lait, construisant à partir d'un événement anodin, toute une mayonnaise horrible de quiproquos, d'engueulades, de concours de mauvaise foi, etc.
Si l'on rit autant, c'est bien que quelque part cela touche des ressorts profonds de nos pensées et comportements, de nos modes relationnels et de leurs défaillances.
Dans ce genre toujours, les auteurs de la série « un gars, une fille », ont su parfaitement ciseler des petits bijoux comiques à partir de ce type de fonctionnement relationnel.


Parfois, la réaction est à effet retard et on tombe encore plus des nues.
Parce que l'autre nous fait plus ou moins la gueule pour un truc qui s'est passé il y a 15 jours ou trois mois. Nous, on a tout oublié évidemment, mais chez l'autre le petit vélo cérébral s'est mis à pédaler à toute vitesse pour faire produire par le cerveau tout un ensemble des toxines envahissantes qui vont instiller dans le corps leur lot de malaises, d'aigreurs et de ressentiments, de dévalorisation ou de désir de vengeance, allant croissant et qui, bien entendu, seront absolument entièrement la faute de l'autre. « Il n'avait qu'à pas me dire ça ! ». Alors, après avoir bien fait mariner, bien entretenu et alimenté notre fiole de poison, quand on rencontre ce fameux "autre", il va s'en prendre plein la poire pour pas un rond !...


Bien sûr, les échanges et les mises au point que l'on peut avoir dans la relation, surtout si celle-ci est importante à nos yeux, peuvent permettre de clarifier, dédramatiser, et faire en sorte que la relation en ressorte meilleure, voire grandie.
Mais je pense que la seule manière vraiment de s'en sortir, c'est la reconsidération de soi-même, l'analyse des ressentis sous-jacents, la remise en cause personnelle. Enfin, pour ma part, je ne vois vraiment que cela qui puisse être efficace à terme. Je parle évidemment de mes propres réactions exagérées, de mon propre champ de mines antipersonnels. Il faut que j'aille résolument empêcher mes grenades d'exploser. Puis, revenir dans la réalité de la relation qui cherche à se construire non pas à se détruire.
Encore faut-il trouver en face un vis-à-vis qui soit dans les mêmes dispositions. Ce n'est pas toujours le cas, ce n'est pas toujours évident. Il est des personnes qui ont un permanent besoin de vivre sur le registre des relations conflictuelles. Cela leur donne le sentiment d'exister et de s'affirmer. Dans ma vie professionnelle, j'ai eu à côtoyer ce genre d'individus. Ce sont probablement parmi mes souvenirs les plus meurtrissants en terme de relations qui cherchaient à se construire.
C'est d'autant plus terrible que je fus moi-même de ce genre-là. Quelqu'un capable d'agressions verbales tranchantes comme des coups de rasoir dont j'avais le secret. C'était ma manière de me défendre contre ma faiblesse intérieure, contre mon gouffre personnel d'absence d'amour. Abysses de désespérance dont je ne voyais pas le fond. A ce petit jeu, je m'enorgueillissais d'être toujours vainqueur. Triomphe amer et dérisoire de celui qui avait perdu l'essentiel...

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lundi 19 novembre 2007

 
Les rendez-vous du bonheur simple.

Depuis hier soir et ce matin encore, un bonheur simple m'envahit. Parce que j'ai le sentiment d'avoir côtoyé de belles choses, de belles personnes et d'être témoin et acteur de rencontres fortes.

Les faits et les événements qui concourent à cette paix intense et ce bonheur simple ce sont trois réalités récentes :

**- le marathon d'écriture et toutes les belles et bonnes choses qui s'y vivent. Peut-être y suis-je particulièrement sensible parce que je suis à l'initiative de cette forme d'écriture. Ou plutôt d'un forum pour qu'elle s'y déroule.
Mais le fond de mon réjouissement, ce sont les profits que les personnes disent qu'elles en retirent. C'est surtout cela qui me donne du bonheur.
Le marathon offre une possibilité de présence à soi-même unique et originale. L'espace à la fois clos et ouvert du forum n'y est pas pour rien. L'encouragement des autres, le prolongement de certaines discussions créent un terreau favorable à un certain nombre d'éclosions.
Mais pour moi, le plus essentiel, et le travail intérieur positif que cela peut produire dans les personnes, dans un cadre beaucoup plus ludique qu'à base d'efforts importants. Je repensais à certains stages que j'ai pu construire et qui produisaient des effets un peu semblables, quoique dans un registre distinct. J'étais toujours surpris par la puissance transformante qui existe dans les personnes et dont elles ne sont pas, ou très peu conscientes.
Beaucoup de gens dorment sur des trésors enfouis en eux-mêmes ; soit ils en ignorent l'existence, soit ils en entrevoient l'éventualité, sans toutefois croire que creuser à cet endroit produira des jaillissements inattendus.

Dans mon activité d'aide aux personnes, ma motivation essentielle n'était pas uniquement de les aider à régler des problématiques difficiles et/ou douloureuses, à réparer les dégâts du passé, mais bien plus à les conduire jusqu'à la découverte de ces trésors enfouis, jusqu'à ce que, non seulement ils y croient, mais qu'ils ne les mettent en oeuvre dans leur vie, afin qu'advienne un peu plus un monde meilleur...

**- la deuxième chose qui m'a apporté du bonheur ce matin, c'est une fois encore, une chanson mêlant un texte d'AEDIA et une musique de LE_GE
Ces récidivistes font merveille... Je ne saurais trop vous conseiller d'aller écouter
la java niaise sur le site d'AEDIA.
J'ai ressenti une émotion comparable à celle que j'ai évoquée il y a quelques temps sur ce blog, à propos d'une première chanson de ces deux auteurs-là.


**- la troisième chose, c'est un apéritif samedi midi, chez des gens que je ne connaissais pas. J'étais invité par le biais d'un tiers commun. Et là j'ai rencontré ce que j'appelle encore un « jeune couple », même s'ils ont la quarantaine... J'ai un peu compris pourquoi on nous avait invité. C'est un couple particulièrement lumineux. Le contact fort s'est produit instantanément. Je me disais qu'on échangerait sans doute des banalités d'usage. Il n'en fut rien. Passées les quelques minutes de présentation, la conversation fut tout de suite sur de l'essentiel. Je ne sais pas si nous reverrons ces gens. Peut-être pas. Mais cela fait partie de ces petits cailloux blancs qui jalonnent nos routes d'existence et les rendent belles... Et parfois attirantes...

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lundi 12 novembre 2007

 
Les marathons d'écriture

Après le marathon du printemps dernier qui avait intéressé un certain nombre d'entre vous, et à la demande générale de quelques-uns...
Je lance un marathon d'automne à compter de ce jour.

Le principe est simple, il suffit de s'engager à une forme d'écriture dans la durée, ce qui veut dire publier toutes les heures sur le forum, avec un minimum de trois heures consécutives de participation. Dans le passé, lorsque j'avais connu cet exercice, il arrivait que certains marathoniens tiennent 12 à 15 heures d'affilé...
C'est une expérience très intéressante. Beaucoup en avait souligné l'intérêt.

C'est ici que ça se passe. Il suffit de s'inscrire sur le forum et me demander l'ouverture d'un espace, je le fais le plus rapidement possible...

Pour ceux qui connaissent déjà, il est possible de s'inscrire directement ici !

À bientôt peut-être sûr les marathons d'écriture

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samedi 10 novembre 2007

 

Pub militante !

Ca vous arrive de regarder le "journal télévisé" ?

ça vous arrive de penser qu'ils vous racontent des conneries quotidiennement ?

ça vous arrive de cerner clairement lesquelles ?

ça vous intéresse de connaître ces conneries et mensonge d'État du jour le jour ? (par exemple ici pour ce qui est du fameux Grenelle de l'environnement...)

Ou encore comment Kouchner invente des fausses preuves qu'Ingrid Bettencourt serait encore en vie ?

Et donc, abonnez-vous à l'excellent site [Arrêt sur image], qui a dû se substituer à l'émission du même nom sur France 5, laquelle a proprement et scandaleusement été supprimée dès l'arrivée de Sarkozy !

Fort heureusement, on ne fera pas taire comme çà Daniel Schneidermann, dernier trublion du PAF français...

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vendredi 9 novembre 2007

 

Leçon d'amour.

Échange intéressant hier soir avec ma compagne à partir de : « je t'aime ! »
Qu'est-ce donc « aimer ? » Oui je sais, c'est complètement bateau comme question !...

Elle me disait : « je veux ton bien ». C'est vrai. Je le ressens ainsi. Cela va des petites intentions quotidiennes jusqu'à son regard sur la profondeur de ma personne qui m'aide à me reconnaître en qui je suis.
Et moi je disais : « est-ce que je veux ton bien ? » Ce n'est pas si facile de répondre. Il y a, inscrit dans le filigrane du je t'aime, quelque chose qui ressemble à : je t'aime parce que j'aime que tu m'aimes.

Elle répondit : « oui, mais moi je me sens aimé de toi ». Souvent, au coeur de notre intimité, (pas forcément sexuelle) elle dit : « qu'est-ce qu'on est bien ensemble... » Je réponds : "oui".
Alors je mesure la chance que j'ai.

Souvent je dis : cet amour-là est la racine équilibrante du don de moi-même aux autres, tout du moins, lorsque je vis de ce don-là... Ce qui est loin d'être le cas 24 heures sur 24 !

Souvent je pense : si je la perdais, toute ma substance s'écoulerait hors de moi. Je perdrai toute capacité à aimer autrui.
Parfois je me dis que c'est grave de penser ça...

Plus tard elle a ajouté, quelque chose comme : « mon amour je te le donne, sans demander de retour ».
J'ai dit : « oui, mais tu l'espères quand même... ».
Elle a précisé : « oui, mais je ne le demande pas. »
J'ai dit : « c'est vrai ! Tu n'es jamais en revendication d'être aimée. »

Elle a répondu : « je ne trouve aucun bonheur dans la revendication... Mon vrai bonheur c'est de t'aimer toi, les enfants, leurs conjoints, nos petits-enfants, et les gens dont je m'occupe... Je ne fais rien par sacrifice. Mais tout par joie de vous aimer. »

J'ai reçu hier soir une leçon d'amour.

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jeudi 8 novembre 2007

 
Compréhension

Récemment j'écrivais un texte relatif à la relation à mon corps. Dans les commentaires, je relève deux phrases, par deux personnes différentes :
- J'espère qu'il y a des bémols à tes croyances, nous ne pouvons pas tout maîtriser.
- Tu veux être le maître et de ton corps et de ton esprit.

Je suis étonné de lire ça, car il me semble que je suis justement à l'inverse de la croyance que l'homme serait omnipotent et omniscient. J'avais au contraire le sentiment que mon texte, -(que j'ai laissé venir comme il se présentait, sous forme d'une lettre à mon corps)-, rendait compte du fait de la nécessité de, en quelque sorte, se soumettre à lui, c'est-à-dire finalement de se soumettre à la nature, la nature humaine. Et que justement l'erreur était de vouloir tout maîtriser.
Combien de fois ici n'ai-je pas comparé la vie et l'aventure humaine au voilier sur l'océan qui ne maîtrise ni l'état de la mer ni les vents, et tente de mener son bateau au mieux pour atteindre sa destination.

Mais, mon propos n'est pas ici, ni de critiquer ces commentaires, (d'autant que je les ai trouvés très intérssants), ni d'engager un débat sur la maîtrise ou la non maîtrise. C'est plutôt que je suis une fois de plus ramené à ce débat sur la compréhension et la non compréhension de ce que l'on dit et de ce que l'on entend. Moi-même d'ailleurs ai-je compris ce que mes interlocuteurs voulaient dire...

J'évoque ici la compréhension que recherche celui qu'on appelle « l'homme de bonne volonté », celui qui cherche effectivement avec bienveillance et désir de comprendre. J'exclus donc la mauvaise foi, les procès d'intention, les oeillères, les a priori, et toutes ces choses qui font que l'on fait semblant de ne pas avoir compris.
À mesure que j'avance, je me dis que lorsque l'on croit comprendre 80 % de ce qu'est l'autre, on n'en perçoit en réalité que 30 % à 40 %. Car il y a tellement de différences, dans les modes de pensée, les schémas mentaux, les référentiels, les grilles de lecture, etc. ; et nous avons tellement tendance à penser, par une sorte de pente naturelle, que l'autre nous ressemble, et que, grosso modo, il a les mêmes types de schémas et de référentiels que nous. Or, il n'en est rien !
Si l'on ajoute le miroir déformant de nos sensibilités, de nos susceptibilités sur certains sujets et/ou certains actes, on a décroché la timbale !

Avec ma compagne, lorsque nous avons des échanges très approfondis, je m'en rends compte bien souvent, alors qu'il me semble que c'est la personne que je connais le mieux au monde.... Parfois je l'entends s'exclamer : « ah, mais t'es pas clair ! » ; parfois c'est moi qui profère : « mais, j'ai pas du tout compris ça comme ça ! ». Et ça, c'est dans le meilleur des cas, car si je m'énerve je l'accuserai plutôt d'avoir changé d'avis, histoire d'ajouter un zeste d'acide de mauvaise foi, pour pouvoir lui faire porter la responsabilité du mauvais goût de la situation.

Avec quelqu'un du côté de ma belle-famille, c'est flagrant. J'ai parfois le sentiment que nous schémas de pensée sont incapables de s'emboîter. Combien de fois, lorsqu'il me reflète ce qu'il a cru comprendre de ce que j'ai dit, je suis obligé de m'exclamer : mais c'est pas du tout ça ! Et l'inverse se produit... - Tu veux dire que?... - ah non ! Absolument pas !
On finit par en rire.
Reste que tout cela me laisse profondément perplexe sur la réalité des relations humaines.
Combien de relations avons-nous construit sur des malentendus jusqu'au jour où cela nous explose à la figure....
Combien de couples se sont construits à partir de croyances croisées foncièrement divergentes, et avec un sentiment que l'on était au contraire bien d'accord. Jusqu'au jour où, comme l'on dit, on tombe des nues !

Finalement, on est tellement à la recherche de son semblable (la relation fusionnelle), que l'on construit une image de l'autre à sa propre ressemblance, jusqu'à se convaincre qu'elle correspond à la réalité. Ce qui est totalement faux. Les réveils sont alors parfois brutaux...
On accuse parfois l'autre de nous avoir trompé, mais de fait, c'est nous qui étions dans l'erreur, par nous-mêmes, par manque de lucidité sur soi, l'autre, et la relation.

Dans l'aide aux personnes c'est flagrant, notamment dans le phénomène du transfert. Lorsque j'étais du côté de l'aidé, non seulement j'imaginais, non seulement j'espérais, mais je me convainquais que j'étais, et de loin, le préféré de mon thérapeute. Puisqu'il me manifestait tant de bienveillance, d'affection, d'écoute, de présence, de compréhension, etc. tout cela ne pouvait être évidemment que pour moi, rien que pour moi ! Jusqu'au jour où ledit thérapeute passe à la phase de frustration... Pour que l'on puisse enfin le traverser ce fameux transfert et en ressortir grandi... (Hélas, parfois, on s'enlise dans cette phase, mais c'est un autre débat...).
Disons, pour faire court, que le thérapeute est alors tout pour nous... Sauf lui-même ! On apprend à s'aimer et à s'estimer à travers lui, mais il n'est finalement qu'un "objet- aidant" qu'on lâchera lorsque l'on n'en aura plus l'usage. Et c'est bien cela qu'on lui demande et ce pour quoi on le rémunère. Et c'est bien pourquoi il doit, comme l'on dit, se maintenir dans « la bonne distance thérapeutique ». Et c'est aussi pourquoi on est appelé à le quitter un jour !

J'ai un peu dévié, mais pas tellement. À travers ce type de relation spécifique je voulais souligner tout ce qui est du domaine de la projection et du transfert que l'on vit dans les relations ordinaires sans suffisamment de lucidité parfois. Dès lors on ne peut pas être vraiment en relation avec l'autre, au sens de chercher à le connaître et le comprendre pour qui il est, c'est-à-dire foncièrement et définitivement différent de nous. Or, quoi de plus difficile que de comprendre quelqu'un foncièrement différent, quoi de plus simple que se le représenter semblable à soi. Quoi de plus tentant que de chercher sans cesse son Alterego, son autre soi-même, son jumeau, son semblable...

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mercredi 7 novembre 2007

 

Aujourd'hui, deux entrées pour le prix d'une seule..

Le net tel que je l'aime

Littéralement transporté par ce que je viens d'entendre.
Ça se passe chez Aédia.
La rencontre magique qui cristallise un texte, une musique, une voix.
Et qui donne une chanson forte et puissante.
Cela fait quatre fois que je la réécoute. Avec le texte sous les yeux c'est encore mieux.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais cet alliage me bouleverse. Il me remue les tripes. Je ne sais pas pourquoi je suis touché jusqu'au fond de moi-même avec une telle intensité. Comme si cette chanson venait percer au fond de moi les couches les plus profondes. Il y a dans ce texte quelque chose d'universel, quelque chose d'inspiré, quelque chose qui dit l'âme humaine en ce qu'elle a de plus essentiel.

Je lis ce qu'en dit l'auteur, écrit en petit, comme s'il fallalit presque s'en excuser... : Pas un poème, pas une chanson...Juste un trop plein déversé sur une feuille... Pas le même nombre de lignes...Pas facile comme texte ! )

Un trop plein déversé sur une feuille... Oui, c'est cela... Mais avec quel talent !
De ces trop-pleins qui touchent le coeur d'une manière unique, pour autant que l'on se sache se laisser toucher. Je suppose qu'il en fut ainsi pour l'auteur inconnu de la musique. Elle a dû jaillir d'elle-même. Je l'imagine ainsi.

C'est ce qui est à mes yeux la véritable créativité. On aime ou on n'aime pas. Peu importe. On peut formuler toutes sortes de critiques, académiques ou supposées savantes. Cela ne résiste pas à la puissance évocatrice, voire fécondante dans le coeur de celui qui sait écouter et recevoir.

Le Net a non seulement permis cette rencontre, mais en plus, beaucoup peuvent en être bénéficiaires grâce à cette modernité dont il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas que des inconvénients et des risques de tous ordres.

Voilà !
Allez écouter !
Si vous avez de l'intérêt pour ce que j'écris sur ce blog, vous serez probablement touchés vous aussi. Enfin... Il me semble !

Et merci à Aédia et au musicien inconnu pour ces instants de pur bonheur qu'ils viennent de me (nous) donner.

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Trop !


Au bon vieux temps de mes chères études, mon prof d'économie politique rappelait l'adage : « trop d'impôt tue l'impôt ».
Au bon jeune temps de ces jours-ci, je dirais : « trop d'écrits tue l'écrit ».

Je regardais tout ce que j'avais écrit ces dernières années et en particulier tout ce qui tourne autour du thème du bonheur que j'aurais aimé finaliser dans une sorte de recueil, plutôt structuré, si cela était possible. Sur ce thème se mélangent mon expérience personnelle (de bonheur, et de non bonheur) et des propos plus didactiques, plus ou moins écrit à partir de celle-ci. Mais finalement, je pense que tout cela est assez vain. J'ai occupé mon temps et mon esprit, mais je ne vois pas ce qu'il y aurait à en tirer.

J'hésite entre deux démarches. Virer le tout, comme une sorte d'autodafé salvateur ! Au moins, je ne me poserais plus la question de ce que je vais en faire... Ou alors, publier sur le net les passages que j'estimerai publiables, pas forcément parce qu'ils sont les meilleurs à mes yeux, mais parce qu'au moins ils forment une petite unité montrable. Et jeter le reste.

Il me semble en effet que je dois sortir, par un côté ou par un autre, de cette sorte d'engluement au regard de ses quelque 150 pages écrites. Parfois je me dis que le plus important est peut-être que je les ai rédigées, qu'importe qu'elle soit lue ou non un jour par quelqu'un. Peut-être que finalement il s'agissait simplement d'une sorte de méditation personnelle, une forme d'entraînement pour autre chose qui serait à venir.

J'exprime cela à cause de cette simultanéité de demandes de ces dernières semaines, concernant des articles que l'on m'a demandés. Peut-être que ce n'est pas par hasard. Je n'ai pas eu de difficulté à les écrire et on me dit qu'ils sont excellents, qu'il n'y a rien à y retoucher hormis de vagues détails. Or, si je n'avais pas écrit toutes ces pages, si je n'avais pas tenu ce blog depuis quelques années, je ne suis pas certain que j'aurais eu la qualité rédactionnelle que l'on me reflète. Et puis, sans doute que cela rejoint mon mode de fonctionnement habituel, celui que j'ai connu jusque-là, celui qui consiste plutôt à répondre à des sollicitations extérieures, des questions que l'on me pose, des thèmes sur lesquels on me demande d'intervenir, plutôt que de moi-même en choisir l'un ou l'autre et m'y engager.

À l'occasion de l'enterrement que j'ai évoqué, j'échangeais avec une de mes nièces qui est professeur de biologie en faculté. Elle enseigne devant des amphis de 600 à 700 étudiants et parfois plus par le biais de caméras et autres écrans. Elle me disait qu'elle préférait cela à certains groupes de 30 ou 40 étudiants qui posent des questions auxquelles elles craindraient de ne pas avoir de réponse satisfaisante. Je me faisais la réflexion qu'en ce qui me concerne ma préférence était totalement inverse. Ayant eu l'occasion d'enseigner occasionnellement à des grands groupes de l'ordre de 200 à 300 personnes (je ne parle pas des conférences que j'ai pu donner), ou de pratiquer des petits groupes qui posent des questions, je préférais, et de très loin cette deuxième modalité, même si j'étais plutôt à l'aise face à de grands groupes. Je crois que j'ai besoin de cette réactivité, voire d'une certaine provocation. Donner des enseignements magistraux me permettait, m'obligeait, à demeurer relativement au top dans mon domaine. C'était intellectuellement intéressant. Des petits défis à relever pour ne pas s'encroûter. Mais, passer ma vie à enseigner de cette manière !, il me semble que j'aurais débouché sur un mortel ennui.

Tout cela pour dire qu'au fond j'ai plutôt besoin d'être titillé pour produire valablement... C'est sans doute un point faible. Attendre qu'on vienne me chercher plutôt que d'aller de moi-même de l'avant, même si, dans le même temps, je me retrouvais fréquemment en position de leadership sans vouloir le chercher.

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lundi 5 novembre 2007

 

Contrastes

Le programme de ce week-end fut assez contrasté. Un enterrement le matin ; un mariage l'après-midi. Curieusement, j'ai préféré, -- si je peux parler ainsi -- l'enterrement au mariage.

Les funérailles furent célébrées dans l'intimité. Il s'agissait certes d'une septuagénaire, mais rien ne laissait présager ce départ si rapide après une chute. C'est une belle-soeur de mon frère, célibataire, que je voyais régulièrement aux fêtes de famille ; je la connaissais... sans la connaître vraiment... Autrement dit, j'étais triste, mais sans avoir de chagrin. J'étais assez tendu en arrivant. On était presque en retard, parce qu'on s'est planté de route, et qu'ensuite on ne trouvait pas à garer la bagnole. Or, j'aurais aimé saluer la famille avant que ne commence la cérémonie. Et puis, peu à peu, j'ai ressenti une immense paix m'envahir progressivement. Mon corps était totalement détendu, et une intensité de vie se manifestait au fond de moi, sous forme d'une densité calme, d'un sentiment de totale présence. J'en étais presque gêné. D'autant que je voyais au premier rang une des soeurs de la défunte en larmes et le visage défait de la femme de mon frère. Comme s'il était incongru de ma part d'avoir ces sensations de paix et de calme, que je n'ai pourtant pas choisies ni décidées. Comme si, face à la mort, il fallait nécessairement être dans un registre douloureux.

Au retour du cimetière, comme il se doit, il y a une collation chez mon frère. Cette sensation de paix profonde ne me quitte pas, peut-être aussi parce que j'y demeure attentif, tout en parlant avec les uns et les autres. Dans ces moments-là, on évoque peu la défunte en direct, mais on parle souvent du passé, de l'histoire, d'autres disparus, avec nostalgie, peut-être un peu de tristesse. On évoque des souvenirs, on prend des nouvelles de ceux que l'on ne voit qu'épisodiquement. On rit aussi, ce n'est pas forcément triste tout cela. Si ce n'est dans l'environnement immédiat d'une des soeurs de la défunte, la plus éprouvée, celle qui était en larmes et qu'il l'est toujours plus ou moins. Chacun vient à son tour la consoler. Il me passe par l'esprit qu'elle a le chagrin d'une veuve. Ses deux soeurs-là étaient très proches. À mon tour je lui parle, ou plutôt c'est elle qui parle, longuement. Peu à peu, je vois qu'elle s'apaise. Elle sourit même.

Bientôt, nous prenons congé. Il est temps de se rendre au mariage de la fille d'une de nos connaissances. On se dit que l'on va tomber dans une autre ambiance, évidemment !
Eh bien non ! Pas tellement ! La cérémonie du mariage m'apparaît d'une grande tristesse et d'une grande platitude. Pas vraiment d'animation, un vieux prêtre qui chante tout seul à l'autel, une assistance qui quasiment se tait, un orgue qui ne semble savoir jouer qu'en sourdine... Cérémonie de mariage mortelle ! Je glisse à l'oreille de ma compagne : « ça nous fait deux messes d'enterrement aujourd'hui ! ». Comme nous ne sommes pas invités à la soirée, et que les vins d'honneur sont à des kilomètres... Nous rentrons chez nous.

Hier soir, je reçois un mail d'un de mes neveux, qui évoque les funérailles, me dit qu'il aurait aimé parler plus longuement avec moi, et souligne que ce qui l'a frappé était mon visage « plein d'apaisement » lors de la cérémonie et qu'il voulait me dire cela. Je suis étonné de ces mots. Comme souvent, je ne réalise pas que ce que je vis intérieurement peut se voir ainsi à l'extérieur. Je repense alors la soeur si éplorée de la défunte et à ma conversation avec elle. Je me dis qu'elle a sans doute vu aussi cette paix intérieure qui m'habitait et que cela lui a peut-être fait du bien, comme par osmose, sans que je ne le veuille particulièrement. Cela fait tomber mes vagues relent de culpabilité de ne pas avoir su pleurer avec ceux qui pleuraient...

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vendredi 2 novembre 2007

 
Mon cher corps,

Cela fait bien longtemps que toi et moi nous avons une relation relativement complexe.
Sans vouloir t'accuser, reconnaît que tu m'as quand même joué quelques mauvais tours. Je dirais même que dans ma jeunesse, tu m'as carrément laissé tomber. Tu t'es dérobé sous moi, m'obligeant à un immobilisme dont je me serais bien passé. Je veux bien croire que tu avais tes raisons que j'ignorais alors, il n'en demeure pas moins que tu aurais pu t'exprimer de manière moins violente. J'ai eu le sentiment d'un lâche abandon de ta part. Plus tard, tu me fis comprendre que ce fut un manière de me sauver la mise, il n'empêche, en raison des conséquences, je ne puis t'absoudre totalement.

Cela dit, je suis bien obligé de faire avec toi tel que tu es. J'ai bien demandé à quelques chirurgiens de réparer çà et là certaines séquelles de tes défaillances, le résultat n'en est pas moins très brillant. Ah bien sûr, tu as collaboré autant que je te l'ai demandé à régénérer ce qui pouvait encore l'être. Mais regarde le résultat, après toutes ces années, ce n'est quand même pas très brillant...

Tu te souviens du jour où on l'a rencontré ? Mais si, c'est toi qui m'avais conduit vers lui. Je le sais. De moi-même je n'aurais pas fait cette démarche. Tu te souviens de sa question ? : « est-ce que vous vivez votre corps comme un ami ? ». Putain ! La question qui tue ! Comme un lâcheur, oui ! Voilà comment je te vivais... Il m'a fait comprendre que toi et moi on était forcément cul et chemise. Couple indissociable. Et que tout compte fait, il est plutôt préférable d'être ami qu'ennemi. Franchement, j'ai eu l'air d'un con. Comment de moi-même je n'avais pas vu cette évidence grosse comme le nez au milieu de la figure. Il est vrai que l'on m'avait raconté tellement de conneries sur l'âme d'un côté et le corps d'un autre, que j'en étais presque à penser que l'on pouvait dissocier ce qui en réalité est en permanence émulsionné dans l'être humain.

C'est de ce jour là que tout a changé, que j'ai cessé d'être en lutte permanente contre toi, que j'ai arrêté de te faire des reproches et de vivre de regrets. Évidemment, cela ne s'est pas fait en 24 heures, il a fallu quelques années. Quelques années pour apprendre à t'écouter, quelques années pour réaliser à quel point le mot ami était juste. Et même, et j'irai plus loin, je pourrais presque dire que tu es aussi un conseiller de sagesse. J'ai appris qu'il ne fallait pas te considérer comme un boulet à traîner, mais qu'il convenait d'écouter ta parole spécifique, formulée de manière singulière et dans un langage difficile à comprendre au début. J'espère que tu reconnaîtras un jour que tes modes d'expression sont complexes, que tes sonnettes d'alarme sont douloureuses, que les messages que tu émets sous forme de sensations mettent parfois un temps considérable à être déchiffrés et compris.

Tiens, prenons comme exemple ce que tu m'as encore fait subir la semaine dernière, pour me faire comprendre que j'étais engagé dans une mauvaise direction. Franchement, fallait-il une fois de plus aller jusqu'à ces extrémités ? oui, je sais, tu vas encore me dire que je t'y ai obligé. Que je n'avais qu'à détecter les premiers signes que tu envoyas, et que ce n'est quand même pas de ta faute si je fais la sourde oreille et que tu finis par être obligé de te fâcher. D'accord. OK. Tu as raison. Une fois de plus !

Comment ça, c'est moi qui te fais souffrir et te malmène ? ! Tu en as de bonnes ! Je n'arrête pas de faire attention à toi et de ménager tes forces. Je mange plus sainement et je ne bois plus que de l'eau.... Enfin, quasi !
Comment ça, je sais très bien que c'est autre chose dont il s'agit ? !
Bon d'accord, je m'incline. Je déconne ces derniers temps. Je ne suis pas assez attentif à mes aspirations les plus profondes et aux messages qu'à partir d'elles tu m'envoies. Je néglige le bien-être profond que tu me procures quand je m'inscris résolument et volontairement dans cette ligne de vie. Et les malaises que tu m'envoies ne sont jamais que la résultante de mes errements. Tu es un ami sans compromission. Une sorte de gardien de mon intégrité. Je crois parfois commode de m'éloigner de toi en me plongeant dans le monde des idées, dans la vapeur de l'évasion temporaire, dans le brassage de concepts dont la griserie est à la mesure de l'inanité.

Promis, juré (une fois de plus !), je vais suivre ton chemin de Sagesse.

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jeudi 1 novembre 2007

 
Dans la série "le Président teste pour vous"


Sarkozy augmente son salaire de 14O %

Il veut savoir
comment gagner plus
en faisant du vent avec ses bras


La méthode Sarko
Bientôt pour vous aussi !
bientôt dans la rue
dans toute la France


Rendez-vous à partir du 13 (un bon jour le 13...)

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