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AlainX

 

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samedi 29 septembre 2007

 

Le bonheur à la maison

Celle avec laquelle j'ai lié mon destin, est une femme heureuse.
C'est sans doute la première fois que je dis les choses de cette manière. Plus habituellement je m'attarde à me réjouir de l'amour qu'elle me porte. J'en ressens souvent toute la qualité, la délicatesse, la force et la puissance. J'exprime alors les manifestations et les effets de cet amour-là. Je n'en exprime par la racine profonde.

Si son amour est si grand et si beau, c'est qu'il émane d'une femme heureuse de vivre. Le bonheur crée l'amour de jaillissement spontané. Le bonheur est une générosité, une profusion, un véritable don.
Je suis le premier bénéficiaire de son bonheur. Je n'en suis pas l'unique, loin de là. Il a des rejaillissements tout autour d'elle, par cercles concentriques. Mais, étant le plus proche, le plus relié à son coeur, j'en suis le premier bénéficiaire et de loin, et à profusion.

Il me revient qu'il y a quelque temps, le mari de ma fille aînée (laquelle a beaucoup de ressemblances avec sa maman...), me partageait quelque chose de cet ordre-là : la chance qu'il avait de vivre avec une femme gaie et enjouée, le plus souvent heureuse est contente,... Quand elle ne s'énerve pas sur les gosses...
J'avais confirmé ses propos ! précisant, à propos des enfants, que cela me semblait fondé sur ses insécurités, et que c'était certainement améliorable...
Je n'avais pas fait de parallèle avec notre couple, mais cela me vient en cet instant, notamment à propos de cette sorte de fond de personnalité qu'elles ont toutes les deux, que d'aucuns appelleraient un optimisme foncier, et que moi je qualifie plutôt de bonheur d'exister. Ce qui est plus profond, plus enraciné, plus solide que le simple optimisme.

Est-ce que tout cela est une chance, un heureux hasard ? Ou bien est-ce que c'est un fruit ? il y a des deux sans doute. Il me semble que la part de chance vient de l'heureux hasard de la naissance, puisque l'on ne choisit pas d'où l'on vient, (et c'est sans doute la plus grande inégalité qui soit au monde). Ma compagne vient d'une famille unie, simple, belle. Cela lui a sans doute donné comme un socle solide sur lequel il était possible de construire valablement. Il n'y eut pas, comme hélas cela fut pour moi, la nécessité de revoir de fond en comble les fondations et d'assainir le terrain au préalable. (Même si elle a, elle aussi, bénéficié d'un suivi personnel). Mais, s'il fallait quantifier, je dirais que cette part de chance n'entre que pour un quart dans ce que j'appelle la construction de son bonheur, et, d'une certaine manière, du nôtre.

Le bonheur que je lui vois vivre est bien plus un fruit, un accomplissement qui se continue, venant d'un long et lent cheminement au fil des années ; la prise de conscience progressive de ce que pouvait être le véritable chemin du bonheur. Et de ce point de vue, sur la pertinence et l'acuité de perception de ce chemin, je dois dire qu'il m'a fallu apprendre à me mettre à son école. Car, parfois, pour des choix importants, si elle m'avait écouté, si j'avais fait pression plus que de raison pour imposer mes options, (et Dieu sait si je suis capable de faire pression...), nous aurions été droit dans le mur. Son refus déterminé pour certaines choses fut l'objet de crises le plus souvent douloureuses pour chacun de nous. Aujourd'hui, je lui rends hommage d'avoir tenu bon, d'avoir été fidèle à ses intuitions profondes, d'avoir pleinement exercé sa liberté au sein de notre couple.
J'ose aussi "nous" rendre hommage parce que nous avons tenu contre vents et marées, et que nous avons peut-être cette *chance* d'appartenir à une génération où la séparation et le divorce apparaissait plus ou moins comme la pire des choses qui soient. Pour nos parents, le divorce était un crime ! Pour ma génération, ce n'était plus aussi terrible, mais l'imprégnation demeurerait : *continuer ensemble quoi qu'il arrive*, était une sorte de devise tacite. (Ce fameux : "pour le meilleur et pour le pire" !).

Cela dit, ce n'est pas au nom d'une morale ou de principes rigides extérieurs que nous avons fait le choix de demeurer ensemble. S'il en était ainsi, c'est carrément mission impossible ! Et cela ne peut en aucune manière déboucher sur un bonheur d'existence...
Ce qui nous a fait tenir ensemble, c'est que justement, en traversant les moments heureux et les moments de crise, (avec une efficace aide extérieure...), nous avons de plus en plus réalisé à quel point le lien qui nous unissait était fort, puissant et indestructible.

J'ai mis du temps à comprendre que ce qui unissait les êtres, c'était un lien d'existence et de partage ; j'ai réalisé que ce ne sont pas les sentiments qui unissent, contrairement à ce que l'on croit le plus souvent. Tant que l'on ne sait pas différencier en soi le sentiment amoureux et le lien d'existence, deux réalités certes complémentaires, mais foncièrement distinctes, on vit dans une certaine confusion ; et la confusion génère toujours des actes et des choix dysharmonieux. Des choix qui n'iront pas dans le sens du bonheur profond de vivre.

Or, et pour en revenir à mon sujet, ma compagne a, quasiment par nature, cette faculté de percevoir, comme je l'ai dit plus haut, le *bon chemin du bonheur*... Là aussi, j'ai mis du temps à m'en rendre compte, et encore plus de temps à accepter que, pour la part qui serait la sienne, elle serait mon guide. Et que, pour la part qu'il serait la mienne, là où j'ai ma propre acuité de ressenti intuitif, je serai son guide.
Un jour je lui ai dit : « Toi, tu détiens le secret du bonheur, j'ai à me mettre ton école ».

Est-ce qu'en échange, je lui offre suffisamment un homme heureux ? C'est une question qui m'habite depuis quelque temps d'une manière plus consciente. Car finalement, que signifie faire le don de soi à l'autre, si c'est pour lui offrir du malheur personnel... Si c'est pour sans cesse l'encombrer de tout ce qui ne va pas, se plaindre, geindre, réclamer encore et encore de l'amour et de l'amour... Râler sur tout et n'importe quoi parce que ce n'est pas assez ceci ou trop cela... Pourquoi dit-on de quelqu'un qu'il est *invivable*, si ce n'est parce qu'il ne cesse de se plaindre à propos de tout et de rien, d'être à proprement parler déprimant pour son entourage.

Le secret du bonheur partagé... C'est d'être heureux soi-même...
Encore faut-il que chacun joue ce jeu-là...
Malheur à celui qui jalouse le bonheur de l'autre, au lieu de se mettre au soleil de celui-ci.

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vendredi 28 septembre 2007

 

C'était au temps ... (III)



Arrive le temps où l'on accède au "Y' a bon Banania", cette révolution de la poudre de cacao arrivée des continents les plus reculés, de ces lointains pays, où, curieusement, les hommes s'habillent en femmes.

Loin de vous l'idée qu'ils puissent se travestir pour d'obscures raisons licencieuses, car ils appartiennent à l'élite de l'armée avec leurs chapeaux rouges à plumet.


"Y' a bon Banania !" devait certainement être leur cri de ralliement.


















Fort heureusement le sous-titre

« petit déjeuner familial »

indiquait que ce produit ne semblait pas réservé aux casernes.






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jeudi 27 septembre 2007

 



Impressions voyageuses

Je ne saurais dire avec exactitude l'état intérieur qui préside à mon retour chez moi. Je viens de vivre une parenthèse de quelques jours dans différents *ailleurs*. Je n'ai pourtant fait que traverser la France de part en part, et retour. J'ai rencontré des inconnus qui le sont désormais un peu moins, j'ai rencontré des amis proches que je croyais connaître et qui m'ont surpris. Rien de bien extraordinaire en apparence. Et pourtant.


Où que j'aille, mes voyages sont toujours intérieurs. J'ai besoin de m'imbiber. Longuement. Les lieux me marquent sous forme d'impressions fortes, pénétrantes. Je vis une sorte de nécessité de me laisser imprégner. Lorsque je me trouve dans un lieu dit « touristique », je ne suis pas de ceux qui se plongent dans les guides ou catalogues pour connaître l'histoire locale du lieu de l'Antiquité à nos jours. Je n'ai quasiment aucune curiosité intellectuelle en ces domaines. Je suis même particulièrement inculte sur tout cela. Je ne suis pas de ceux qui veulent connaître, je suis de ceux qui veulent ressentir. C'est ma priorité.


Cette fois, le lieu qui m'a marqué aura été la visite de l'Hôtel-Dieu de Beaune (les fameux Hospices de Beaune), cette sorte d'hôpital pour pauvres, créé au Moyen Âge par un riche notable pour s'acheter une place au ciel (il n'y a pas d'actes gratuits !...). Le bon touriste moyen doit faire la visite en moins d'une heure. Ma compagne et moi sommes restés plus de quatre heures environ, je crois. J'avais besoin de m'imbiber. Peu m'importent les dates historiques, les événements, les noms des personnes, la description de l'usage des instruments chirurgicaux et de la médecine de l'époque. Je ne lis aucun des panneaux explicatifs. Je préférerais même qu'il n'y en ait pas. Cela me distrait de l'essentiel, qui est une véritable pénétration par osmose. Et la transfusion demande du temps. Heureusement, la saison est terminée, les touristes sont peu nombreux, et des groupes constitués visitent au pas de charge, (deux ou trois, dont un car de japonais... forcément... !)

Je me laisse envahir jusqu'à saturation. Bien sûr, cette forme de connaissance par impression n'a rien de scientifique, ni d'historique. Elle fait aussi appel à l'imagination. C'est sans doute un mode de connaissance critiquable par son empirisme. Mais c'est cela qui me convient le mieux.



J'ai le sentiment d'être ramené à l'essentiel contradictoire de l'homme. Un lieu admirable de beauté tout autant austère que raffinée, une forme de magnificence gratuite à destination des plus pauvres. Des salles belles, au calme reposant, mais qui en réalité étaient probablement des lieux de souffrances, de cris et de gémissements, d'odeurs pestilentielles de la mort, d'actes de barbarie des chirurgiens apprentis sorciers qui étaient généralement des barbiers. C'étaient pourtant les hôpitaux « modernes » de l'époque... Et celui-là avait le mérite d'être réservé aux indigents.

-o0o-


La veille on avait aussi passé pas mal de temps au Pont du Gard.



On peut s'extasier sur la performance architecturale et la pérennité à travers les siècles de cet aqueduc romain. Moi, je me dis toujours : combien de morts ? Combien d'esclaves ? Combien d'exploités ? Pour en arriver là... Apparemment cela n'est pas indiqué dans les guides touristiques...
Il est vrai qu'il vaut mieux parler du génie des bâtisseurs...


Dans chaque village, chaque ville, il y a un monument aux : *morts pour la France*, pourquoi n'y aurait-il pas des monuments aux : *morts pour les "Merveilles du Monde" et les ouvrages classés au "Patrimoine de l'Humanité" *...


Ce ne serait que justice et cela relativiserait peut-être les discours délirants, emphatiques et grandiloquants, sur ces "merveilleuses beautés" qui ne sont que la manifestation de la puissance et de l'orgueil des minorités dominatrices et esclavagistes de l'époque...

Lequel de ces savants, incultes de l'homme, serait prêt à mourir pour une pyramide ?

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jeudi 20 septembre 2007

 
C'était au temps... (II)


Vous grandissez, surveillé de près par une médecine hygiéniste et scientifique et vous pouvez alors accéder à des savons plus raffinés les plus aptes à vous décrasser alors que vous étiez encore allé jouer avec ces sales gamins dans la rue : « Tu as encore été jouer à l'eau ! Vas vite te laver ! »

Heureusement, vous êtes un être viril et vous prenez rapidement en mains votre destin sanitaire. Le savon Palmolive vous y aide d'ailleurs.









Arrive le temps où l'on accède au "Y' a bon Banania", cette révolution de la poudre de cacao arrivée des continents les plus reculés, de ces lointains pays, où, curieusement, les hommes s'habillent en femmes.


Loin de vous l'idée qu'ils puissent se travestir pour d'obscures raisons licencieuses, car ils appartiennent à l'élite de l'armée avec leurs chapeaux rouges à plumet. "y' a bon banania !" devait certainement être leur cri de ralliement.




Fort heureusement le sous-titre « petit déjeuner familial » indiquait que ce produit ne semblait pas réservé aux casernes.





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mercredi 19 septembre 2007

 
La Question humaine

C'est le titre du dernier film de Nicolas Klotz, qui établit une sorte de parallèle entre le monde des entreprises multinationales et l'idéologie nazie. Un psychologue, missionné par le patron d'une grosse boîte, découvre que ce dernier a un passé trouble avec la période nazie. Dans "le Monde" du 12 septembre, la critique dit ceci : « une effarante proximité lui saute aux yeux, entre la langue administrative nazie et celle qu'il emploie dans son travail. "Sélection", "unité", "rendement"... Pour gazer des juifs, ou virez un alcoolique, la même phraséologie déshumanisante permet de traiter l'humain comme une simple unité de production, valide ou non. »

Dans l'entretien avec la scénariste, compagne du metteur en scène, celle-ci précise avoir discuté avec des étudiants d'écoles de commerce ainsi que de jeunes cadres, et elle déclare : « ils comprenaient le film, pour ainsi dire de l'intérieur : ces jeunes gens se considèrent eux-mêmes comme des guerriers, des tueurs, ils ont tout à fait conscience de servir une logique de productivité et de profit exponentiels ou les plus faibles sont impitoyablement éliminés. Ce qui leur permet de tenir ce discours, je crois, c'est un rapport à la fois juvénile est presque érotique à cet univers de la compétition et en même temps une totale et dangereuse amnésie de l'Histoire. »

Je ne sais pas ce que vaut le film, la critique est plutôt positive ; mais là n'est pas mon objet. Ce qui m'a frappé c'est que la scénariste dit avec beaucoup de pertinence ce que j'ai souvent constaté moi-même lorsque que j'ai exercé des fonctions de conseil en entreprise en matière de gestion des conflits et de modalités des rapports humains. Dans un certain nombre de cas, c'était exactement ce qu'elle écrit. Certes, il ne s'agit pas de tomber dans la caricature de la généralisation, mais j'ai rencontré pas mal de jeunes loups, pressé d'en découdre et, entre autres, de virer les vieux, avec l'assentiment malsain de leur hiérarchie. Je dis malsain, car le consensus sur le fait que les vieux ne sont plus "dans le coup" des évolutions, cachait des intérêts financiers (le vieux coûte cher) et stratégiques (le jeune n'a pas de questions existentielles, on peut le faire bosser pour pas cher, de plus il est beaucoup plus docile que les anciens). Les jeunes loups apparaissaient comme de sacrés tickets gagnants !

La scénariste parle de « totale et dangereuse amnésie de l'Histoire », puisqu'elle se situe dans le cadre de son film. Pour ma part j'ajouterai une totale et dangereuse inconscience sur ce qu'est la réalité de l'humain et son enjeu pour eux-mêmes. Je dis bien pour eux-mêmes. Pas pour les vieux qui se faisaient virer, puisque ceux-ci partaient avec un pactole et la perspective d'une retraite dorée. Certes, certains départs comportaient une forme d'humiliation, mais, à 54 ans, se retrouver sous l'autorité d'un jeune de 26 ans aux dents longues et à l'inexpérience avérée est bien plus humiliant encore...

Dangereuse inconscience de considérer que le monde du travail doit être un champ de bataille permanent dans une guerre économique mondiale, et qu'il faut guerroyer à la fois en interne et en externe. Qu'il faut « tuer » le concurrent et pour cela ne pas hésiter à « éliminer » en interne ceux qui ne sont pas suffisamment "combatifs". Certains dirigeants estiment que « la conquête » de nouveaux marchés et la mise au tapis du concurrent se fera d'autant plus vite que la "guerre interne" (pardon, il faut dire "l'émulation interne") sera d'autant plus vive et sanglante.
Jouer à cette guerre en entreprise est grisant. Surtout lorsque l'on vous a inculqué que vous étiez un gagnant, un conquérant, un vainqueur ! D'autant plus encore que le mode de rémunération, savamment étudié pour période de guerre permanente, prévoit un fixe minable et des intéressements royaux lorsque pour réaliser "votre chiffre", comme dans les jeux vidéo, vous aurez tué un maximum d'humains ennemis de l'entreprise adverse ou du service d'à côté.

Dangereuse inconscience de collaborer à ce jeu pervers et totalement déshumanisant. Déshumanisant de vous, jeune cadre totalement instrumentalisé. Vous ne faites que participer au développement d'un système qui ne tardera pas à vous virer avec le pied au cul, comme on vous a appris à le faire pour les autres. Votre tour viendra. Préparez-vous !

Dangereuse inconscience de croire qu'il n'y a pas d'autre choix. Manque désespérant de recul et d'analyse auxquel s'ajoute un total désinvestissement politique et syndical, pour ne pas dire un mépris des organisations représentatives. (La faiblesse des syndicats français est un drame économique national).
À ce stade, il faut bien reconnaître que les puissances financières qui vous asservissent à ce mode de pensée ont génialement réussi cette manière moderne d'exploiter vos classes sociales.... avec votre consentement, pour ne pas dire sous vos applaudissements !

Dangereuse inconscience d'avoir abandonné les principes de solidarité et de fraternité, ceux que l'on rencontrait dans la classe ouvrière exploitée, capable d'actions collectives efficaces. (Aujourd'hui on est prêt à abandonner le droit de grève, pourtant si chèrement conquis dans le sang !). Les conditions de travail étaient dures, parfois très dures, et cependant, on ne se suicidait pas sur son lieu de travail....

Dangereuse inconscience de croire que le "chacun pour soi" vous permettra de tirer votre épingle du jeu, vous qui, seul, ne serez jamais qu'un pion déshumanisé que l'on bazarde d'une chiquenaude lorsqu'on n'en a plus l'usage. Dans de tels cas, jusqu'à présent vous bénéficiez d'un système social protecteur, mais Sarkozy vient de décider que tout cela serait prochainement mis à la poubelle. « Travailler plus pour être exploité plus » telle est sa réelle devise...

Dangereuse inconscience de penser que les vieux comme moi qui tiennent encore ce genre de discours, qui croient encore à l'humain dans l'entreprise, feraient mieux d'aller se taire au fond des maisons de retraite, à moins que... Une sorte de « solution finale »... Car, ils coûtent encore bien chers tous ces inactifs désormais inutiles...

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mardi 18 septembre 2007

 
C'était au temps.... (I)



La vie s'annonçait magique et merveilleuse pour l'enfant d'après-guerre que vous étiez. Vous avez été tellement désiré pour repeupler la France que vos parents s'acharnent à reconstruire.


Votre maman décide alors de faire de votre petite personne un
"Bébé Cadum".





Il ne suffit pas d’avoir la peau douce et soyeuse comme une pêche, déclare votre seconde maman : Jacquemaire.


Encore faut-il avoir bonne mine en étant élevé à la Blédine.






Vos parents ont sur vous des vues particulièrement précises. Vous êtes prédestiné à une magnifique carrière d'athlète, génération conquérante des stades,

bientôt bardée de médailles olympiques et votre maman sera fière de dire aux micros de la TSF qu'elle doit tout à La Blédine



Il n'est pas toujours évident d'être un "bébé Cadum". C'est à double tranchant. C’est un merveilleux compliment lorsque la voisine s’extasie devant les bonnes joues bien rouges de votre jeune age : « Comme il est mignon ! Un vrai bébé Cadum ! ». Mais bientôt la famille s’agrandit, il faut très vite se comporter comme un grand, les caprices et les enfantillages ne sont plus de mise. Le ton est péremptoire : « Arrête de faire le "bébé Cadum ! ».

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lundi 17 septembre 2007

 

Vous me ferez 500 lignes...

C'est en lisant cette entrée chez Val que ça m'est revenu. Ces punitions régulières de devoir copier des lignes. C'était habituel chez l'un de mes profs. Le souvenir a resurgi dans ma mémoire brutalement.
C'est curieux que je n'avais plus repensé à cela depuis tant d'années. On est sans doute nombreux de ma génération à avoir dû exécuter ce genre de punition. Pour ma part, cela tient plutôt du bon souvenir.

Cela fait partie de ces petits morceaux de fil rouge que j'évoquais récemment et que j'aime à retisser, tant avec le recul je vois à quel point ils furent importants dans ma vie. Même s'il s'agit de petites choses aux apparences anodines. À l'époque qu'elle s'était censée avoir un objectif réparateur. Or, cet objectif est devenu constructeur, constructif.

D'une certaine manière, ce furent mes premières expériences de marathon d'écriture. Mes premières tentatives rédactionnelles de textes sortis de moi. En effet, je commençais par écrire en haut de la page le titre du livre que je recopiais. Je me souviens parfaitement de : « contes et légendes d'Alsace ». Je me mettais à rédiger le premier conte, recopiant plus ou moins consciencieusement le texte. Puis, sachant que le prof ne lirait pas tout ça, je poursuivais en laissant mon imagination écrire un peu tout et n'importe quoi, écrire surtout quelques horreurs, quelques phrases un peu crades, me livrer à une sorte d'écriture automatique qui aurait probablement fait les délices d'un psychanalyste... Il m'est arrivé de me lancer dans la description échevelée du prof en question, en lui attribuant tous les défauts de la Terre, en lui faisant poser des actes horribles, prenant ainsi ma petite vengeance. Je prenais un réel plaisir à écrire tout cela. Ce n'était pas une punition. Écrire mes 500 lignes, c'était aussi ludique que d'aller jouer dehors.

Mon coeur battait fort lorsque je rendais le texte. Le prof y jetait vaguement un oeil, regardait approximativement le nombre de pages et enfouissait cela dans sa serviette de cuir. C'était quand même comme un petit défi. Et si jamais il lisait ! J'imagine que rentrant chez lui il virait cela à la poubelle. Dommage ! Et si j'étais devenu un écrivain célèbre ? Hein ! Le fric qu'il aurait pu se faire avec mes premiers manuscrits d'enfance ! !...

Merci encore M. Z***, vous m'avez donné le goût d'écrire...

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dimanche 16 septembre 2007

 
DIVERTISSEMENT DOMINICAL
Pour les humanoides préhistoriques de la souris
MDDos-sienne...

"Press any key when ready"

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samedi 15 septembre 2007

 

Flottement

Je suis ici alors que je pourrais être ailleurs.
M. de Lapalisse n'aurait guère fait mieux dans l'expression...
Mais comme dit l'autre : « j'me comprends ! »

J'ai fait le choix de rester ici. Cependant, en ces jours, j'aurais "pu" être ailleurs.
La question que je n'ai pas vraiment tranchée s'écrit : « est-ce que j'aurais "du" être là-bas ? »
Ce « là-bas », j'en ai à la fois la nostalgie, le rejet et l'attirance. Et encore, j'édulcore mes mots, je devrais dire le dégoût et la passion. C'est dire si ce lieu chargé d'histoire focalise des déchirements intérieurs.... !

En choisissant de ne pas aller « là-bas » (devrais-je dire en refusant ?) je diffère la nécessité de me confronter avec certaines zones de moi, certains de mes comportements, certains de mes choix qui nécessiteraient une mise à plat, un audit personnel, quelque chose qui ressemblerait à ce que l'on appelait dans le temps « un examen de conscience », sauf que la plupart du temps cela avait des relents de culpabilité et de risque de subir des châtiments plus ou moins divins...
Je me suis quasiment débarrassé de ces aspects-là. Une sorte d'épuration. Sortir des peurs aliénantes et des conditionnements externes, ne clarifie pas pour autant la question des choix justes et des orientations fondamentales. Au contraire ! Il est bien plus difficile et délicat de choisir de se gouverner « en conscience ». Suivre la pente que dictent les autres, les peurs, nos paresses et nos démissions, est finalement bien commode! On pourra toujours s'en sortir en accusant les autres ou en jouant les victimes innocentes, ou en déroulant sans fin le lâche discours de la justification.

Je sais de quoi je parle. À une époque de ma vie j'ai vécu cela parfaitement. Fallait me comprendre ! C'était pas de ma faute ! Je n'étais qu'une pauvre victime ! Cela était sensé justifier mes saloperies... Je me dégoûte profondément lorsque je repense à ça.
Aujourd'hui, je crois que je vois mieux mes lâchetés. J'essaye de les assumer pour ce qu'elles sont. Ça n'est pas tous les jours évident...

« là-bas » je me serais retrouvé confronté à certaines de mes options fondamentales. Et je préfère demeurer dans le relatif confort intérieur qui est le mien, plutôt que de passer à nouveau ma base métallique au feu purificateur.
Voilà bien mon piège : croire qu'est venu le temps du repos plus ou moins hédoniste, alors que la dynamique féconde de ma vie a toujours été dans la prise de risques, et d'une certaine manière dans la mise en jeu de mon existence même. Non pas au nom d'exploits à faire figurer au livre des records, mais dans l'humble quotidienneté de choix plus ou moins radicaux, plus ou moins « à la marge ».

« là-bas » il y aurait eu la rencontre avec ceux qui sont restés fidèles à ce avec quoi j'étais moi-même fidèle à l'époque. Je ne redoute par la rencontre personnelle de chacun, de l'un ou de l'autre, au contraire elle me manque et je sais qu'elle aurait été chaleureuse. La question n'est pas à ce niveau. Et d'ailleurs je suis toujours en relation avec un certain nombre. La question est bien plus centrale, bien plus existentielle, dont le mesure où elle concerne la validation personnelle de ces tronçons-là de mon parcours de vie.

Évidemment, je pourrais dire, mais tout cela est du passé, la vie est devant ! Oui, mais voilà, mon psychisme n'est pas construit de cette façon.... Hélas ! J'ai foncièrement besoin de conscientiser le sens profond de mon existence. C'est très prétentieux. Je revendique d'ailleurs cette prétention-là. Et pour tout dire, je ne peux m'en passer, comme on ne peut se passer d'eau pour vivre. C'est ainsi que je suis fait...

Or, à mes yeux, dans ma manière de voir les choses, ce sens profond ne se décide pas, ne s'intellectualiste pas, ne peut pas faire l'objet d'une décision délibérée prise un matin en se levant : « tiens voilà c'est décidé ! Le sens de ma vie ce sera ceci ou cela ! ». Le sens de ma vie je le découvre par l'intérieur, par une sorte d'émergence continuée de ce qu'il est. Je suis à la recherche de cette sorte de fil rouge qui prend naissance bien avant mon surgissement dans la vie, et se déroule tout au long de mon existence. Cela m'est nécessaire pour vivre aujourd'hui. Mon bien-être est conditionné par la perception de ce sens.
J'ai le sentiment que la plus grande souffrance, lorsque l'on avance en âge, c'est de penser : ma vie n'a aucun sens, elle n'a servi à rien. Et pire encore : j'ai raté ce que j'aurais dû entreprendre.
Le seul antidote que j'ai trouvé à cela, n'est pas de se raccrocher aux branches en cherchant des explications qui n'en sont pas, car ce seront la plupart du temps des phénomènes justificatifs profondément insatisfaisants pour toute personne qui se regarde honnêtement. Mon antidote c'est de trouver le sens de MA vie, bien plus que le sens de LA vie. Car, pour ce qui concerne le sens de LA vie, des milliards de lignes d'écriture et des millions de tonnes de bouquins en ont parlé depuis que le monde est monde... Et cela n'a pas empêché bien des gens de désespérer du sens de LEUR vie !...

Mon antidote ne fonctionne pas systématiquement, j'ai parfois le sentiment que mon fils rouge s'est emmêlé, s'est cassé, a changé de teinte. Alors, j'ai besoin d'aller le retrouver, de renouer les fils, un peu comme les tisserands d'antan qui interrompaient la chaîne pour renouer la trame, car sinon l'ensemble pourrait se déchirer.

Pour reprendre mon image, une vie n'est jamais un tissu impeccable et sans défaut. Mais il est nécessaire de comprendre pourquoi il y a des défauts et des erreurs, des accrocs et des déchirures, ce qui en fut la cause, ce qui a permis de réparer pour continuer. Enfin, en ce qui me concerne, c'est en regardant la chaîne et la trame de mon histoire que je vois mieux comment poursuivre le tissage de ma vie.

Ceux pour qui tout cela est étranger pensent sans doute que je me torture les méninges inutilement ou que mon cas finira par relever de la psychiatrie. Au-delà de ce jugement possible, je dois dire que j'envie parfois ces personnes qui traversent l'existence sans trop se poser de questions. Moi je n'y suis jamais parvenu...



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jeudi 13 septembre 2007

 

Abstraction et réalité.

"C'est toujours intéressant de chercher à définir des abstractions... Intimité, intériorité, (...)" écrit Pierre dans son commentaire à mon entrée précédente.

L'utilisation du mot abstraction m'a gêné. Comme si ce que j'avais écrit était le maniement de concepts, relevait de la spéculation intellectuelle, du monde des idées.
Autrement dit, j'ai tendance à faire une lecture négative du pouvoir d'abstraction qui est une des caractéristiques de l'humain.

Ce que j'écris, à propos de ces deux réalités, ne s'origine pas dans l'abstraction, au sens d'une idée ou d'une représentation. C'est en ce qui me concerne de l'ordre de l'expérienciel sur lequel je tente de mettre des mots à la fois descriptifs et explicatifs.
Certes, je tente, avec balbutiements, de passer du particulier à un plus général, mais je cherche en même temps à ne pas décoller de mon expérience personnelle. À ne pas partir dans l'irréel des descriptions abstraites.

Même si certains pensent que les idées sont la seule réalité (Platon ?), il me semble plutôt que c'est la réalité analysée, puis généralisée le cas échéant, qui finit par rejoindre le domaine de la pensée et des idées. Et non pas l'inverse !

Il est vrai que je perçois le mot abstraction beaucoup plus dans un sens péjoratif qui véhiculerait une idée ou une représentation de la réalité sans correspondance réelle avec l'objet qu'elle décrit. Et si il y a bien une chose qui m'agace dans les discussions et les conversations, c'est ce glissement vers les idées abstraites et les spéculations de toute nature, cette sorte de griserie intellectuelle qui le plus souvent ne débouche sur rien ! On a brassé du vent, mais rien ne change, ni en soi, ni autour de soi.
Combien de gens ont déversé des idées, toutes plus intéressantes et magnifiques les unes que les autres, dans le cadre d'une psychothérapie, sans que cela change un seul poil de leur manière de vivre et de fonctionner, ni de leur problématique intérieure. Des milliers d'euros dépensés à se raconter, et se raconter encore, à faire des déductions hâtives et spéculatives donc généralement fausses, tout cela sous la bénédiction du thérapeute qui empoche l'argent....
Raconter sa vie et ses misères, ce n'est pas faire un travail sur soi...

Je ne sais pas quel sens Pierre mettais à l'utilisation du mot. Peu importe ici. Je ne cherche pas à percer ses intentions, (et je n'ai aucun présupposé qu'elles puissent être négatives... Mieux vaut que je le dise clairement...), je me contente d'observer ma réaction. Cette réaction est une fermeture, un raidissement, quelque chose que je connais et qui peut en un instant me refermer comme une huître qui voudrait protéger sa perle.

Sur ce blog, je suis conduit, par plaisir autant que par intérêt, à ouvrir les portes de mon intériorité, sans pour autant me déverser, car je garde la maîtrise de mes propos. Cela me rend plus vulnérable. Mais c'est aussi une forme de vulnérabilité choisie, car au final, j'y trouve plus de profit personnel que d'inconvénients.
Cependant, il me faut demeurer attentif à bien repérer la limite du dévoilement possible. La limite fixée par rapport à moi-même et non pas par rapport à l'aspect plus ou moins compréhensible de ce que j'exprime.

Mon blog n'est ni un traité pédagogique, et encore moins une suite d'exposés magistraux ! (Bien que parfois je dois donner l'impression de chercher à théoriser, et même, probablement, d'être professoral !). Chacun pense ce qu'il veut, moi je sais les intentions qui sont les miennes... Et mes intentions sont plutôt de l'ordre de l'auto-découverte, de l'auto-enseignement. Je veux dire par là que le ton généraliste que je peux employer est en premier destiné à m'enseigner moi-même, à me connaître moi-même plus avant.
Il se fait que l'exposition à l'extérieur de cette recherche personnelle, m'est, jusqu'à présent, plus bénéfique qu'autre chose.

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mercredi 12 septembre 2007

 

intériorité - intimité


Rendant une petite visite à Marie (cela a un petit côté biblique... La Visitation... !! :))), je lis ceci sur son site :

Je pensais à cette notion d’intériorité.
Faut il faire un lien avec ce mot intimité ?
Comparer les définitions
Comprendre pourquoi cette sensation de viol lorsqu’on pénètre cette intimité, cachée, voilée.
Qu’est ce qu’on voile ? L’intériorité ou l’intimité ?

J'aurais pu commenter sur place, mais j'avais envie de prendre le temps de laisser venir mes impressions, mes réflexions sur ces deux notions.
Pour moi, l'intériorité et l'intimité ce n'est pas exactement la même chose.

L'intériorité est plutôt une attitude personnelle. Une manière d'être et de vivre. Une orientation, un mouvement qui fait se tourner vers soi, vers l'intérieur de soi pour y percevoir ce qui s'y passe, de quoi c'est fait.
À l'opposé, c'est l'extériorité. Il y a des personnes qui ne s'intéressent guère à ce que l'on peut appeler le "monde intérieur", préférant totalement le monde extérieur, ce qui les conduit à vivre essentiellement aux zones périphériques de leur personne. Ces gens-là ont beaucoup d'attrait pour tout ce qui est hors d'eux-mêmes, et très peu pour leur vie intérieure. Ces personnes ont souvent très peu accés au vocabulaire de l'intériorité. Elles expriment peu leurs sentiments avec des mots, faute de percevoir leur ressenti interne.
J'ai été toujours frappé dans l'exercice de mon métier, de voir ces hommes qui, comme ils disaient : « n'avaient pas les mots » pour exprimer ce qu'ils ressentaient. C'était difficile pour eux d'exprimer des sentiments, de se les dire à eux-mêmes, c'est évidemment pire encore de les exprimer à une femme...
Et je ne parle pas des réflexions de certaines relations ! : "comment toi, un homme, peux-tu t'intéresser à toutes ces histoires de bonnes femmes ovariennes !"


L'intimité est une sorte de *lieu*, de demeure intérieure.
À l'intérieur de moi, il y a ce qui est intime. Il y a aussi le plus intime, ces éléments profonds qui, (pour moi en tout cas), ne se partagent pas. C'est un peu le « jardin secret » que j'ai pu déjà évoquer ici. Des personnes proches peuvent en percevoir des éléments et à tout le moins l'existence, parce que cette zone de soi ne se cache pas, ne se dissimule pas, mais elle demeure cependant de l'ordre du secret. Cela pourrait paraître subtil, pour moi c'est capital. Le secret (du fameux jardin) n'est pas une dissimulation volontaire, le secret est une sorte "d'état".
Il ne s'agisse donc pas ici, lorsque je parle de jardin secret, de la dissimulation de choses que je cacherais, alors que je pourrais les dire. C'est tout autre chose. Dévoiler cette intimité la plus profonde serait en quelque sorte se déshumaniser.
Ouvrir son *jardin secret* ne doit pas être confondu avec faire des confidences intimes.

L'attente que l'autre dise tout, tout, tout de lui et de ce qu'il vit ou a vécu, est le signe d'une relation fusionnelle à laquelle il faudra bien un jour renoncer... Même si bien sûr, il est totalement légitime de vouloir connaître l'autre en sa singularité et de désirer approcher le mystère de sa personne. Mais voilà, on ne peut qu'approcher. Il y va du respect de l'autre et de son intégrité. Sans doute faut-il apprendre à aimer l'autre « en son mystère » et ne pas se comporter comme un conquérant, un voleur d'intime, un violeur d'intégrité.


C'est pourquoi je pense que Marie dit juste lorsqu'elle parle de viol de l'intimité. Car cette intimité-là est par nature destinée à demeurer cachée, secrète, et vouloir y toucher, c'est porter atteinte à une intégrité fondamentale. C'est vouloir dominer l'autre, l'asservir. La chrétienté était forte en ce domaine avec ses "confesseurs" et ses "directeurs de conscience". Merveilleuse domination au nom d'une divinité !

[pour ne pas être trop partisan en ce domaine, je rendrai hommage à un jésuite, disant, à propos de la morale sexuelle que l'église prétend régenter : "les curés n'ont rien à faire dans la chambre à coucher des couples!" ... tous ne sont donc pas si mauvais.... !! ]


Il y a l'intimité dans la relation aux personnes, l'intimité dans l'amitié, et surtout, sans doute, l'intimité dans la relation amoureuse.

Il peut y avoir une intimité amoureuse qui ne fasse pas tellement appel à l'intériorité. L'intimité des corps, les relations sexuelles (dites souvent relations intimes), ne nécessitent pas grande intériorité pour s'exprimer, se réaliser. Ce n'est pas parce qu'on a une relation physique intime avec quelqu'un qu'on a partagé avec lui quelque chose de son intériorité. On offre son corps sans forcément donner son ame....
On a pu partager une passion amoureuse, très intense parfois, hyper gratifiante au niveau du plaisir partagé, c'est pas pour autant que deux intériorité se sont engagées.
Mais la confusion est fréquente...
L'amour n'est pas forcément toujours au rendez-vous de la passion...
L'amour profond, parfois encore moins !

Ma conviction personnelle (que je livre sans volonté qu'elle soit forcément partagée), c'est qu'une relation durable, une relation d'amour durable, n'est satisfaisante que s'il y a le partage de deux intériorités. (et pas seulement si on est dans le "Top5" des prouesses sexuelles).
Sinon, avec le temps, la vie à deux vire uniquement à la gestion domestique, ce qui n'est évidemment pas particulièrement excitant... Et encore moins si au lit il ne se passe plus grand-chose...
Bien sûr, il y a tout ce qui concerne le « faire ensemble », mais si cela ne s'enracine pas dans un *sens profond* (direction et signification) qui ne se découvre que par le partage de deux intériorités, on ne va pas très loin non plus...
J'ai déjà dit que je n'ai pas l'expérience d'un couple victime de la routine. Peut-être parce que nous avons toujours partagé plutot "profondément" ? Il est vrai que ce niveau de partage est source inépuisable de nouveauté et de fraicheur renouvellée...
Il y a bien d'autres choses aussi sans doute au regard de cette préservation de la pale routine.
Quelque chose qui préside sans doute d'une sorte de mystère de la relation à deux. Je ne parle pas seulement de mon propre couple, mais plus largement de chaque relation affective que l'on peut vivre. Chacune est unique et ne se compare pas à d'autres. Chacune comporte sa part de *mystère* qu'il ne faut sans doute pas vouloir percer.
À trop vouloir toujours tout expliquer, on perd la substance des choses essentielles, or certaines personnes pensent qu'en les décryptant va se les approprier. Il y a là un côté "tuer la poule aux oeufs d'or" qui représente un danger.
Probablement que cela préside aussi d'une méconnaissance de la réalité de *l'inconscient*. Une attitude fausse et proprement perverse, qui consisterait à penser que tout le contenu de l'inconscient devrait accéder au conscient. Et que lorsque l'on sera arrivé à ce stade, on débouchera sur le bonheur absolu !... Ou sur la maîtrise totale de sa personne... Ce qui est bien pire encore...
C'est aussi penser que toutes nos forces inconscientes seraient des forces néfastes. Quelle erreur !
Il s'agit en réalité d'entrer de plus en plus dans la conscience de soi et, certes, de faire reculer les frontières de l'inconscient... Ce qui ne veut pas dire le faire disparaître...

Les humains que nous sommes sont assoiffés de tout savoir et tout connaître. C'est en soi une excellente dynamique. Mais elle comporte sa limite. Celle de l'acceptation du *mystère* comme composante de la réalité. Il est des choses qui nous apparaissent mystérieuses et curieuses, uniquement par manque de savoir et de connaissances. On n'est pas alors dans le mystère, on est dans l'obscurantisme.
Mais il en est d'autres qui ne sont pas de l'ordre d'une quantification scientifique, ni d'une observation du même nom, ni d'une description circonstanciée. Le mystère de l'intimité profonde relève de cette catégorie. Au coeur du jardin secret, le mystère atteint une telle profondeur que la personne elle-même n'est pas en mesure d'en apprécier toute l'épItaliqueaisseur, toute la substance qui pourtant anime la personne en ce qu'elle a de plus fondamentalement humain ; pas plus qu'il n'est possible d'atteindre les abyssales profondeurs sous-marines, et pourtant elles sont là, et elles sont nécessaires à l'équilibre de l'ensemble.

Alors... À quoi sert ce *mystère* et que faut-il en faire ?
probablement qu'il faudra que je revienne sur cette question...

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lundi 10 septembre 2007

 
L'autosuffisance

J'ai longtemps confondu un certain nombre de notions, l'autosuffisance, l'autonomie, l'indépendance, ...
Je ne sais pas si je ne les confonds pas encore...

Ce qui m'apparaît le plus fort, concernant mon histoire à l'âge où l'on cherche à sortir des contraintes extérieures, ce fut : ne pas être dépendant des autres. C'était très concret. Il s'agissait de sortir de la dépendance pour tous les actes de la vie ordinaire. J'étais confronté à la réalité brute : pour chaque acte du quotidien, une aide extérieure m'était nécessaire. Lorsque cela se produit brusquement, du jour au lendemain : c'est un choc ! Surtout lorsqu'on est enfant, au seuil de l'adolescence, que l'on a envie de tout entreprendre, que l'on brûle du désir d'être capable de tout sans l'aide de personne.

Plus précisément, il y a le choc, puis sa sourde résonance continuée. Un peu comme après un énorme fracas, on a les oreilles qui bourdonnent longtemps.,, pendant trois ans tout s'est focalisée sur cela : retrouver une autonomie physique. C'est à la fois terriblement exaltant, terriblement décevant, et terriblement dangereux pour la suite.

C'est terriblement exaltant lorsqu'il s'agit de retrouver l'autonomie pour les actes qui « normalement » peuvent s'exécuter sans assistance. Chaque progrès est une victoire considérable. Être capable d'aller pisser et chier seul est une victoire en dignité. Devoir cependant continuer à demander de l'aide pour être torché est une épreuve moralement douloureuse. Enfin... moi, à 14 ans, à l'âge où l'on est particulièrement pudique, j'en étais très affecté. Je ne sais pas si, à 85 ans, je ferais partie de ces vieillards qui mangent leurs excréments sans s'en rendre compte... Mon interprétation sur ce phénomène et qu'ils préfèrent agir ainsi, probablement inconsciemment, plutôt que de reconnaître que d'autres doivent les nettoyer.

Peut-être trouverez-vous que je fais dans le scatologique. En réalité je ne fais qu'écrire ce qui est habituellement, dans l'environnement aseptisé de notre société contemporaine, est dissimulé le plus possible.

C'est terriblement décevant lorsque les progrès stagnent pendant des mois et pire encore lorsqu'il y a des régressions. Qui plus est, dans le contexte éducatif de l'époque, le processus de rééducation était « à la dure ». Non seulement il ne fallait pas compter sur un quelconque maternage, mais encore les punitions tombaient en cas de régression, lesquelles étaient considérées comme « de notre faute ».

C'est terriblement dangereux pour la suite, parce qu'il y a une sorte de *sur- responsabilisation du soi* qui s'installe progressivement. Et surtout, une confusion entre l'autonomie et l'autosuffisance. Cette dernière est comme une exacerbation et une absolutisation de l'autonomie. Une sorte d'idéal démesuré consistant à être convaincue que dans la vie il ne faut avoir besoin de personne. Pour ma part, ce n'est même pas de l'ordre de l'orgueil. (Je crois que cela peut l'être pour certaines personnes, ce ne fut pas vraiment mon cas, mon orgueil est ailleurs...). C'est de l'ordre d'une évidence inoculée, inculquée progressivement au long de toutes ces années.

Par la suite, cela aura des conséquences dans tous les secteurs de ma vie. En particulier, je garderai, et je garde toujours je crois, ce sentiment qu'un certain idéal serait véritablement de pouvoir vivre autosuffisant, c'est-à-dire ne dépendre en rien, ni d'une quelconque façon des autres, pour mener sa vie comme on l'entend.

Rien que l'énoncé de cet idéal contient en lui-même son idiotie. Seulement voilà, les gens de mon espèce continuent à penser qu'on y arrivera un jour... De plus, aujourd'hui, les aventures collectives ne sont guère valorisées. L'exploit individuel est beaucoup plus *tendance*. Le self-made-man sert toujours d'exemple. L'autodidacte parti de rien fait l'objet d'admiration, même si lui-même souffre le plus souvent d'un complexe d'infériorité. Sarkozy (tiens, encore un qui souffre d'un complexe d'infériorité bien dissimulé...) est l'homme providentiel qui, à lui tout seul, va tout faire, tout résoudre, tout entreprendre, tout réussir. Autrement dit... Au final... Tout rater ! Car il en est ainsi de l'autosuffisant. Il est condamné a rater sa vie. Mais l'homme providentiel a toujours galvanisé les foules. Hélas ! Généralement pour conduire au pire... Les exemples dans l'histoire sont innombrables. Pas besoin de les énumérer...

Je dis tout rater, (espérons que non !) parce que je projette ce qui a failli m'arriver. J'ai mis beaucoup de temps à découvrir la richesse de l'ouverture et des complémentarités, que ce soit au niveau relationnel, affectif, ou de l'engagement dans une oeuvre commune. Dans ma vie professionnelle, j'ai abandonné un collectif qui me semblait pesant, pour m'engager comme "travailleur indépendant". (L'expression même est totalement piégée, il faudrait plutôt parler de "travailleur dépendant" ... De tous, depuis ses clients jusqu'à l'administration...) Or, je suis sorti de cette dépendance du travailleur indépendant en rejoignant un groupement de mes semblables, ce qui m'a permis d'accéder à une autonomie professionnelle en interdépendance avec d'autres. J'y ai gagné en liberté. J'y ai aussi gagné en amitiés, en relations riches et intenses, et, d'une certaine manière, en réussite professionnelle.
Il n'y a pas si longtemps, quelqu'un me partageait sensiblement la même chose concernant son parcours professionnel. Il s'agissait d'un artisan qui a cru « pouvoir s'en sortir tout seul » jusqu'à ce qu'il arrive au bord de la faillite. Son rebondissement aura été de réunir autour de lui ses « concurrents » (tout aussi mal en point que lui...) pour faire ensemble une force alliée. Depuis, il a redémarré et à embauché du personnel...

Malgré tout cela, malgré mes expériences positives d'ouverture et de prises de risques en matière de complémentarité, je continue à rêver à l'autosuffisance. Je continue à me dire que ce serait bien si je n'avais besoin de personne, tout en demandant à ceux qui sont autour de moi de m'aimer, de s'intéresser à moi, à ce que je fais ; tout en essayant moi-même d'être ouvert et tourné vers les autres pour leur apporter ce que je peux ; tout en faisant le constat que cela est absolument vital, ces synergies relationnelles et affectives.

Comme disait mon maître à penser : "votre perspective pourrait être de sortir de vos contradictions. "

J'ai encore du chemin à faire dans cette direction...

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samedi 8 septembre 2007

 
Equilibrisme (*)

Ces jours-ci j'allais bien. Dans un contexte cependant pas très facile pour moi. Il est certain souci que je n'évoque pas ici, ni nulle part d'ailleurs. J'ai appris à porter des choses en solitude, après avoir expérimenté que c'était une erreur pour moi de confier certaines préoccupations, fût-ce à des personnes de confiance.
Et puis, les personnes de confiance ne sont pas toujours des personnes de compétence...

J'allais bien parce que je portais tout cela, si ce n'est sereinement, tout du moins avec vaillance. Il est vrai que j'avais fait en sorte de m'environner d'éléments positifs, tant par des choix personnels, que grâce à quelques personnes vivifiantes.

Tout cela créait un certain équilibre, relativement instable, mais enfin... Équilibre quand même ! Dans ces cas-là, c'est un peu l'équilibre d'une fildefériste avec sa longue perche qui lui permet de tenir sur son fil. Tout est dans la qualité du maniement de la perche finalement. Oui mais voilà, lorsque la perche se brise d'un côté ; c'est la chute.

C'est ce qui m'est arrivé hier soir. Ce genre de brisure, bien évidemment on ne s'y attend pas, sinon on prendrait ses précautions.
On ne s'y attend pas ? Quoique !... On a bien repéré quelques faiblesses dans la perche d'équilibre, mais on croit qu'elle va tenir.

Je suis un vieux fildefériste. Cela présente un avantage et un inconvénient. L'avantage, c'est qu'avec l'expérience en sait se rattraper dans la chute. On ne se fait pas une fracture du crâne et on a appris à panser ses plaies. L'inconvénient, c'est que, par habitude, on remonte sur son fil. Or il n'est pas évident qu'il faille agir ainsi. Peut-être est-il temps de reconnaître que l'on n'a plus l'âge de ce genre de pratique. Peut-être qu'il est temps de passer ailleurs. Changer. Toute chose a un début, un déroulement, une fin.

Le fildefériste pense à tout cela, et en même temps il est déjà en train de remonter sur son échelle, il se tient sur la petite plate-forme, saisit une perche neuve et s'apprête à s'élancer à nouveau.

Le fildefériste est un imbécile.

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(*) Il allait vivre au jour le jour (...) chevauchant le présent en équilibriste, indifférent aux deux versants du temps (MALÈGUE, Augustin, t. 2, 1933, p. 188).
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La sculpture est de Marc Petit .

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vendredi 7 septembre 2007

 

La cRoupe du monde de rugby

Et voilà ! c'est parti !
En avant pour la prout coupe du monde de rugby !
Cela va vraiment être un régal.
Tout ces rugbyman, élégants, distingués, sveltes, dont la délicatesse n'est plus à démontrer sur le terrain,
tous ces dandys courtois, agréables à fréquenter, gracieux, harmonieux et racés,

à l'intelligence fine, à la culture livresque développée, à l'instruction infinie, à l'esprit pétillant de finesse, au vocabulaire raffiné et précieux, à la pensée pénétrante.

De tout cela nous allons pouvoir en profiter pendant de longues semaines.

Oui vraiment ! Quel régal !


Et quelle exemplarité pour la jeunesse d'aujourd'hui, ces comportements remplis de douceur, cette manière de s'approcher physiquement sur le terrain avec des gestes d'une élégance rare, ces effleurements quasiment sensuels, cette façon délicate de mettre la tête entre les cuisses de l'adversaire, (lequel se gardera bien de laisser échapper par l'anus une incongruité désagréable), pour le pousser délicatement et lui prodiguer d'intenses sensations physiques, que la morale m'interdit de décrire davantage.

Ces manifestations d'amour passionnel, consistant à prendre dans ses bras les jambes de l'adversaire pour lui faire comprendre toute la tendre affection fraternelle ressentie, jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le sol, dans une glissade érotique et lascive, montrant ainsi le déchaînement d'ivresse et de ravissement, la transe extatique d'un hymen viril.

tout cela nous sera montré en gros-plans sur les télévisions, assorti de commentaires savants et techniques qui ne manqueront pas de nous rendre plus intelligents de jour en jour.

Et puis, en fin de match, ces senteurs et ces exhalaisons délicates issues de leurs aisselles et de leur pubis, dignes des dernières créations de chez Dior, quelques privilégiées invitées pourront en profiter dans les vestiaires. Ensuite, il y aura ce qu'il est convenu d'appeler la troisième mi-temps, moment de sobriété intense et de grande solennité, instants particulièrement recueillis durant lesquels les joueurs ne se désaltérent que d'eau d'Évian claire et rafraîchissante, seuls quelques audacieux s'aventurant à boire de l'eau gazeuse.

Vivement ce soir !
Que la fête commence !



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mercredi 5 septembre 2007

 

Le droit de vivre mon bon droit.

Parfois je me traîne lamentablement. Ce fut le cas hier. Je dois effectuer des démarches importantes me concernant personnellement. Elles ne sont pas particulièrement difficiles en tant que telles, objectivement. Des documents à rassembler, des formulaires à remplir, des coups de téléphone à passer, ... Rien de bien compliqué, rien qui ne demande des efforts hors du commun. Mais c'est comme si on me demandait de soulever des tonnes. Tout cela parce que cela me concerne, moi. Parce qu'il s'agit de mes intérêts personnels, parce que je pense à moi, rien qu'à moi. Parce que je veux faire valoir ce qui me revient légitimement et qui a été négligé. Agir ainsi, défendre ma cause, j'en ressens quasiment de la culpabilité. J'en ressens aussi de la honte : "Qu'est-ce qu'il vient revendiquer celui-là !"

J'ose à peine me mettre en face de ce piètre comportement. Ce qui ajoute au processus de dévalorisation et me pousse à la passivité. La force passive devient plus forte que la force active qui habituellement m'anime. Alors je me traîne lamentablement. C'est une manière de ne pas affronter la situation. Surtout, (si je puis dire ainsi), la situation à l'intérieur de moi, plus que la réalité extérieure, car en ce domaine je ne fait que « réclamer » ce qu'il est parfaitement légitime que j'obtienne. Parfaitement normal. Parfaitement ordinaire. Je veux que me soit rétabli un droit légitime. Si encore j'agissais dans le cadre de la recherche d'un quelconque passe-droit, ma conscience aurait bien raison de me titiller quelque peu. Mais là il n'y a absolument rien de ce genre.

Combien de fois en ce domaine ne suis-je pas intervenu pour d'autres personnes. Dans ma jeunesse militante, je constituais des dossiers de défense pour des personnes en précarité (comme on dit maintenant...), j'y ai laissé quelques nuits. il n'y avait plus alors qu'à les présenter devant le tribunal, ce que faisait un jeune avocat quelque peu militant lui aussi, ne réclamant alors que des honoraires réduits puisque le dossier était tout pret.

Et voilà que lorsqu'il s'agit de moi, je suis d'une atonie phénoménale. Comme si une fois de plus j'allais démissionner devant mon droit à l'existence. Car elle est bien là, la racine profonde de mon atonie : le droit d'exister pleinement.
L'ordinaire *droit de vie*, ça je le possède. J'allais dire naturellement, par naissance. Mais le *droit d'exister pleinement* j'ai dû le conquérir de haute lutte. Et à chaque embûche de la vie, j'ai le sentiment que c'est toujours totalement à recommencer. Et je crains toujours de perdre ce combat-là, alors autant le retarder, l'éviter, mener une stratégie de contournement, d'autant plus qu'il n'y a pas véritablement péril en la demeure.

Eh bien, ce n'est plus l'heure de jouer ou con. Écrire tout cela vient de me remettre devant ma dignité d'homme que je n'ai pas à bafouer moi-même. Je m'en vais de ce pas terminer ce que j'ai à faire. Finaliser ce dossier. L'expédier en lettre recommandée.

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lundi 3 septembre 2007

 
Mon nouveau blog-photo

Après avoir réalisé un blog-photo, dont j'ai déjà parlé ici, je cherchais autre chose... J'ai tenté une autre plateforme à photos, mais ça n'a pas fonctionné comme je voulais...

Sur la suggestion de quelqu'un qui se reconnaitra :)), j'ai ouvert un site sur Canalblog, avec l'idée de présenter certaines de mes photos, et/ou de dire comment et pourquoi je travaille mes photos...

Bon ! Tout cela demeure très "amateur".... Ca me change de l'écriture... ça me détend aussi !!

L'Oeil à vues, c'est ici désormais !

(me reste plus qu'à envisager d'écrire des romans photos.... comme au bon vieux temps !! ...)

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samedi 1 septembre 2007

 
Qu'es-tu devenue ?

Oui toi, qu'es-tu devenue ?
toi qui me fus si proche et ne m'as jamais quitté,
qu'es-tu devenue ?

Tu fus la compagne fidèle de mon existence,
celle qui n'a jamais failli,
même au jour de désespoir,
lorsque tout me semblait perdu,
en toi je continuais à placer ma confiance.

Malgré mes craintes,
malgré mes doutes,
malgré mes refus,
malgré la mauvaise foi dont je savais faire preuve,
tu es toujours demeurée présente, vivante,
rassurante même.

Souvent je pensais qu'un jour tu m'abandonnerais,
que tu partirais loin de moi,
me laissant dans le dénuement ; dans la mort.
D'ailleurs, lorsque j'étais morbide,
je te poussais à la faute,
désirant macabrement que tu t'enfuies.

En ces moments-là tu te montras
fidèle parmi les fidèles
n'abandonnant jamais.
Tu ne t'agrippais pas à moi,
tu étais là,
tendrement, passionnément,
toujours.

Oui toi, qu'es-tu devenue ?
toi qui me fus si proche et ne m'as jamais quitté,
qu'es-tu devenue ?

Toi,
ma vie d'avant.

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Riche ?

Au hasard de clics sur des liens, je tombe sur ce site : on me demande si je suis riche...

Riche ? Évidemment je ne suis pas pauvre... Mais enfin, on se sent toujours le riche de quelqu'un et le pauvre d'un autre. La richesse est toujours relative c'est évident.
Et puis on a toujours tendance à penser que l'on n'est pas si riche que ça... En tout cas, c'est clair la plupart des autres gagnent bien mieux leur vie que nous...

La plupart ?
vérifions ! Sur le site il suffit d'indiquer son revenu annuel.
L'effet est étonnant.
Essayez vous verrez.

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