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vendredi 31 août 2007
Les dieux ont l'avenir devant, s'ils ne font pas demi-tour.
S'il est un produit qui fonctionne bien, c'est Dieu et/ou les dieux. Tant il est vrai que l'homme a besoin des perspectives bénéfiques qu'offrent les divinités. Il semble tellement difficile de supporter sa condition de mortel, de finitude, qu'il est nécessaire de s'en éloigner en élargissant le champ des possibles.
On peut s'éloigner en fuyant cette perspective : « la mort je n'y pense jamais. » En se grisant des instants qui passent, et Dieu sait (tient encore lui !) si nos sociétés dites modernes font tout pour cela ! Mais la question revient nécessairement, car des morts, il y en a sans cesse et partout autour de nous, soit qu'ils nous touchent directement, soit qu'ils s'étalent chaque jour que Dieu fait (décidément toujours lui !) dans les journaux, sur Internet, à la télé... Guerres, accidents, catastrophes, attentats, et j'en passe... Mais enfin, il faut dire que l'on s'y habitue, et que l'on a même trouvé la parade en devenant de simples comptables de cadavres : « l'ouragan Machin a fait 2412 victimes... » - ah bon ! Pas plus ?. Ou alors il y a le grand jeu de l'été organisé par le gouvernement : le challenge c'est : moins de tués sur les routes ! Qu'est ce qu'on gagne ? : Si les automobilistes ce sont bien comportés, une petite ristourne sur la prochaine prime d'assurance auto. Moins de cadavres = plus de sous ! Comme quoi la mort peut rapporter gros...
Tout cela est très boutiquier. Ça manque de souffle. Le dernier soupir manque de souffle. Et les pompes religieuses ne sont plus prisées comme dans mon enfance. La mort de l'homme n'est plus qu'un produit de consommation courante. Décidément : rendez-nous les Dieux !
Hélas (oui je dis bien hélas...) Le produit religieux ne fait plus tellement recette. Le produit chrétien est complètement déconsidéré, obsolète et sentant la sacristie ; quant à l'islam, cela ne semble pas la tasse de thé de l'européen moyen,... En tout cas quant à présent...
Mais alors, qu'est-ce que l'on va faire de notre espérance !... Je parle ici de l'espérance collective qu'un peuple peut se donner. Tous les "grands soirs" ayant échoué, et les socialistes étant tellement dans les choux pour longtemps, que nous reste-t-il donc ? ... Sarkozy ! Il a tout du dieu qui nous manque, alors on a voté pour lui ! Et il se comporte comme un *Dieu-Providence*, remplaçant à lui seul l'État du même nom. Comme Dieu, il est partout à la fois. Apparaissant aux foules qui l'acclament, prêchant la bonne parole à ses disciples au MEDEF, envoyant ses apotres ses ministres en mission d'évangélisation dans des réunions-baratin, pour faire des miracles relayer de vaines promesses.
Il a tout compris Sarko : Dieu est mort, il le remplace ! Hélas, n'est pas Dieu qui veut.
Car, comme je l'ai dit précédemment, et/ou ailleurs, pour se faire Dieu, il faut avoir un puissant souffle d'espérance. Quelque chose qui aille au-delà des taux de croissance, quelque chose qui dépasse le riquiqui de l'indice CAC 40. Quelque chose qui soit bien au-delà du paradigme à la mode de l'écologie. Vouloir sauver la planète, c'est pas mal, mais sauver l'homme se serait peut-être encore mieux...
Ah ! Sauver l'homme ! Nous voilà retombé en pleine chrétienté ! Le pire, c'est qu'ils n'ont pas tort sur toute la ligne, les bougres ! Ils ont dans leur besace un produit génial, qui devrait cartonner à la vente, un truc qui devrait être bien plus florissant que la téléphonie mobile, un produit d'enfer (si j'ose dire !) : la vie éternelle ! Un truc garanti sur paradis. Pas de dossiers compliqués à remplir avec numéro de Sécu. Il suffit d'y croire. Il paraît que ça marche à tous les coups.
Le problème, c'est que quasiment plus personne n'achète. On n'y croit plus. Voilà le drame. Désormais c'est un truc à gogo, pour demeurés du fond des campagnes. Et puis c'est tellement improbable. Et pire encore, argument déterminant, la vie éternelle n'est pas mesurable, pas quantifiable scientifiquement ; pas comme le CAC 40 qui fait de belles courbes, de magnifiques sinusoïdales : sources de joies intenses quand ça monte, de délicieux frissons quand ça baisse, de merveilleux espoirs toujours de voir enfin la Reprise Economique et la Croissance pointer le bout de son cul à l'horizon.
Pourtant, on ne devrait pas être dupe. Et les vieux comme moi encore moins. Le coup de la Reprise économique, de la Croissance, le Paradis de la Société de consommation, ça fait quand même 30 à 40 ans qu'on nous le promet ; et on fait encore semblant d'y croire !
Mon oncle et ma tante (qui furent un peu mes parents de substitution), n'étaient pas riches, ils étaient prolétaires, ils vivaient à la campagne, un peu au jour le jour. Mais ils avaient placé tous leurs avoirs dans la Providence, la "Divine Providence", qui les comblait en tout. Aux fins de mois difficiles on priait la Providence de nous aider, de nous venir en secours et assistance. Il y avait pour cela un rituel à suivre consciencieusement. On pourrait s'en moquer ! Oui mais voilà, ça marchait ! Je veux dire que l'extraordinaire confiance qu'ils avaient en la "Divine Providence" les préservait de l'angoisse. Et lorsque celle-ci affleurait chez ma tante, plus sensible ; mon oncle disait simplement : « il faut prier ! ». - « Oui, Jules » répondait-t-elle en sortant son chapelet. Et à mesure qu'elle égrainait les grains d'olivier, l'angoisse s'anesthésiait. Aujourd'hui, en cas d'angoisse, on va voir son médecin, son psychiatre, lequel déclare : « il faut prendre un cachet ! » La Divine Providence n'est plus ce qu'elle est... Après ces rituels confiants, les lendemains de mon oncle et de ma tante étaient meilleurs. Ils avaient sans doute comme bonus l'absence d'accoutumance et de dépendance aux cachets ! À égalité d'effets, mieux vaut peut-être la Providence que le Prozac...
Libellés : Réflexions

AlainX 11:29 AM
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jeudi 30 août 2007
De l'amorçage des pompes
Lorsque j'étais enfant il y avait chez ma tante une pompe à bras dans la cour. On y tirait l'eau d'un puits affleurant à la nappe phréatique. Pour que l'eau jaillisse en abondance, il fallait une dextérité particulière, un certain coup de main, plus précisément un certain coup de bras, que je n'avais pas forcément. J'admirais la manière dont mon oncle remplissait rapidement son seau. Parfois la pompe se désamorçait. Il fallait alors la réamorcer avec une eau venue d'ailleurs.
Dans ma tête enfantine, je m'interrogeais : comment ferait-on le jour où il n'y aurait plus d'eau de réamorçage ? S'en était presque angoissant, au point que je n'envisageais même pas de demander à mon oncle comment il ferait si, d'aventure, pareille situation dramatique se présentait. Mon oncle avait l'art des dramaturgies élaborées et je craignais que sa réponse ne fasse entrevoir les pires des catastrophes, avec le risque pour chacun d'entre nous de mourir de soif dans d'atroces douleurs. Devant mes yeux je voyais alors cette terrible page du « crabe aux pinces d'or » où Tintin et le capitaine Haddock, assoiffées dans le désert, se tiennent la gorge et délirent avant de succomber sous le soleil brûlant.
Il y avait au fond de la cour, dans la réserve-capharnaüm de mon oncle, quelques vieilles bouteilles vides abandonnées. J'avais secrètement rempli d'eau ces bouteilles, pour parer à toute éventualité de réamorçage de la pompe. L'accès à ce fourbi m'était normalement interdit, mais bien sûr, je m'empressais de le visiter en son absence. Lorsque mon oncle s'y rendait, je guettais sa sortie, espérant qu'il ne découvre pas mes bouteilles pleines d'eau et n'aille demander courroucé des explications à ma tante pour cette incongruité.
J'ai gardé de tout cela pour ma vie, qu'il fallait se méfier du désamorçage des pompes. Il faut demeurer vigilant et entretenir en permanence un certain nombre de choses en soi-même. Il y a le risque de s'assécher, puis de se dessécher définitivement. Cessez d'actionner la pompe pendant un certain temps et vous verrez que les dégâts se sont installés. Ainsi, par exemple, de l'amour. À ne plus faire jaillir l'eau de la source vivifiante en posant des actes d'action d'amour, on risque à terme de voir le filet d'eau se tarir peu à peu. On croit détenir une énorme quantité d'eau amoureuse. C'est vrai. Mais si la pompe se fait défaillante pour aller y puiser, faute d'être correctement utilisée, et même laissée à l'abandon, c'est comme si on était dépossédé de tout cet amour-là. Parfois même il s'empuantit au point de se transformer en animosité aigre.
Je pense tout à coup à Shadocks qui pompaient sans cesse ! Peut-être l'auteur de cette petite merveille avait-il des souvenirs comparables aux miens... Quoi qu'il en soit, l'allégorie est parlante : de la nécessité de pomper pour entretenir l'existence... [Les esprits mal tournés sont priés de ne pas mettre ici une connotation sexuelle autant que buccale, là où je n'en ai pas mis une...]
J'écris tout cela parce que l'autre jour en promenade, j'ai vu dans un jardin une de ces vieilles pompes qui, en l'occurrence, servait bêtement de support à des pots de fleurs. Il ne manquait plus que les nains de jardin pour que le kitsch soit complet...
Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 3:31 PM
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mercredi 29 août 2007
Vous avez dit fuite... ?
Valclair est de retour. Je me sentais quelque peu sevré, et je dois dire que son écriture me manquerait si elle disparaissait. Dans son entrée du 24 août (j'aime bien ce type d'entrée où il se montre lui-même, sans se dissimuler derrière son paravent culturel comme il le fait parfois...), il écrit ceci : "Ecrire c’est comme un cachet de valium. Ça traite le symptôme immédiat mais quel jolie fuite aussi."
Parfois je ressens cela, moi aussi. Certes ce n'est pas vrai de toute écriture. Mais il peut arriver que l'écriture soit une occupation qui fasse fuir de l'action, parce qu'elle représente la satisfaction du besoin d'écrire... pour écrire... Il peut exister une écriture occupationnelle, comme les activités du même nom pour les vieux dans les hospices... On s'occupe en attendant la mort... Une sorte d'écriture vaine pour écrit vain.
Il est vrai qu'avant de lire Valclair, je me trouvais un peu dans ce registre de pensée : à quoi cela sert-il tout ce que j'ai écrit, d'autant que j'ai le sentiment qu'un certain nombre de mes textes sont peu compréhensibles et que je ferais mieux de me les garder pour moi. Cependant, à peine cette réflexion élaborée dans ma tête, je viens devant cet ordinateur et je me mets à écrire... Je réponds à un besoin... Mais est-il « vital » ?... C'est sans doute là le coeur de la question à propos de l'écriture. Pour reprendre la métaphore de Valclair, les vitamines sont vitales, le cachet de valium, non !
La distinction n'est sans doute pas à rechercher bien loin. Mon écriture est vitale lorsqu'elle génère ... plus de vie en moi. De vie véritable... ! À défaut, elle est occupationnelle, et dans ce cas je ferais mieux de m'occuper à autre chose. Ce matin, elle est un peu entre les deux. Je suis venu écrire sur l'ordinateur plutôt que de faire quelques autres démarches qui me sont pénibles et que je diffère depuis plusieurs jours. Je dis que je vais les faire plus tard dans la journée, après avoir écrit, après ceci, après cela... Et la journée se passe, et je remets au lendemain. Puis au surlendemain.
Je me déteste lorsque je me laisse piéger par ce fonctionnement atonique. D'autant qu'il s'agit de démarches aussi importantes que simples à effectuer. Parfois, sur des choses bien précises, je sombre dans une passivité crasse. Ma compagne, qui me connaît bien, joue alors le rôle de l'assistante de direction « neutre » et glisse au petit déjeuner : « je te rappelle que tu as prévu de faire ceci, cela, et également ceci ». J'essaie de ne pas m'énerver, plongeant le nez dans ma tasse de thé en répondant : « oui, oui, c'est prévu ! »
Elle a la délicatesse de ne pas s'exclamer : « mais qu'est-ce que tu fuis encore une fois !... » Je fuis ma peur fondamentale ma chérie, pas besoin de me reposer la question ni de me le redire. Toi comme moi nous savons bien de quoi il s'agit ! Cette pieuvre qui s'agrippe depuis tant d'années, je pourrais même dire depuis l'origine. Cette sale bestiole dont je n'ai pas su me débarrasser, seulement l'anesthésier. Certes, j'ai remporté contre elle bien des victoires, je lui ai coupé quelques tentacules, je l'ai rendue inopérante à coups de piqûres anesthésiantes, mais je n'ai pas réussi à l'extirper totalement. Pourtant, j'ai longtemps cru que ce serait possible. Moi aussi j'ai traîné ma dose de pensée magique... Moi aussi j'ai cru à mon paradis terrestre...
Il faut du temps pour se désillusionner et pour rentrer dans la paix du réalisme sur soi-même, dans le bonheur du gestionnaire qui sait ce qu'il en est de lui-même et devient donc capable de composer avec tout ce qui habite en lui, de la manière la moins dysharmonieuse possible.
La plénitude n'est pas un long fleuve tranquille la plénitude est un combat.
Seulement voilà, au lieu de le mener, on part souvent dans les fuites de toutes sortes. Je devrais dire « je » ! Je pars trop souvent dans les fuites. Comme ce matin par exemple. Bon aller ! J'y vais ! J'exécute ce que j'ai à faire, car sinon... c'est moi que j'exécute !Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:04 AM
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mardi 28 août 2007
J'ai écrit le texte qui suit le 8 ou 9 août. Dans le Nouvel Obs du 28 août, il est question des avatars du cheminement spirituel de Mère Téresa (la religieuse catholique albanaise qui s'occupait des bidonvilles de Calcutta). J'ajouterai quelques réflexions à ce propos à la fin de cette entrée.
Le désir du *voyageur*
Je disais ailleurs que le *touriste* aime raconter ses aventures, ses voyages. C'est parce qu'il parle d'ailleurs, d'autres endroits que ceux qui sont les siens habituellement. Son récit est distancié. Il a pris du recul. Son discours peut être passionnant, analytique, savant, documenté. Il n'en est pas moins distant. Il a observé de l'extérieur et fait état de ce qu'il a vu, soit avec une volonté de totale objectivité, soit, le plus souvent, en y mêlant ses impressions personnelles, ses ressentis, ses jugements. Même s'il livre ses impressions personnelles, le touriste parle d'un autre, des autres.
De même en est-il du *tourisme intérieur* : on n'est pas véritablement en contact avec les zones les plus profondes de soi. On parle d'elles, ou de ce que l'on croit qu'elles sont. Mais on n'a pas encore fait réellement le voyage jusque là. C'est une première manière d'approcher. Cependant bien des gens en restent à cette étape de *touriste*, se contentant des petites émotions spirituelles ou pseudo-extraordinaires qui ont pu être vécues et ressenties à l'instant T. Ces moments sont considérés comme hors du commun des mortels. Il faut donc sans cesse raconter cette expérience où ces expériences-là. Elles sont bouclées sur elles-mêmes. Elles en deviennent egocentrées. Cela peut même devenir un objet de fixation. Tout s'enroule autour de cet émotionnel et de son histoire plus ou moins fantasmée. Mais, on le sait, l'émotionnel est une émanation. Il est comme la vapeur d'essence qui n'est pas l'essence elle-même. Or, ce qui intéresse aujourd'hui, c'est d'abord le ressenti, plus ou moins « extraordinaire », que l'on peut palper, « vivre » ; dont on peut parler, d'autant que le côté magique attirera toujours l'oreille de celui qui cherche « des sensations fortes ». Autrement dit, le *touriste intérieur* s'intéresse à la mousse périphérique qui, comme la bave, se dépose sur les lèvres et permet mutuellement de se lécher les babines avec délectation. L'expérience intime risque alors de devenir un fait historique. On le relate, on le montre comme un film de vacances. On en parle au passé. C'est-à-dire que c'est terminé, cela ne se reproduira plus. Il n'y a pas de continuité expériencielle.
Le *voyageur de l'intérieur* est par essence, par nature, un voyageur au long cours. Il fait la course au large en permanence. D'une certaine manière c'est un éternel voyageur. On pourrait parodier la chanson de Renaud : « ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme », en disant : « ce n'est pas l'homme qui prend le chemin de l'intériorité, c'est l'intériorité qui prend l'homme tout entier ».
Le *voyageur de l'intérieur* navigue dans des eaux profondes. Tel le plongeur en apnée, il est attiré par le fonds de lui-même, cet *endroit* que l'on découvre au-delà de l'émotionnel, cette sorte de lieu originel des ressentis avant même qu'ils ne se manifestent à la perception et à la conscience. Ce lieu où se trouve concentrée notre nature première, originelle autant qu'originale ; ce lieu-source, et je dirais même de pré-source, puisqu'il s'agit de l'endroit de nous-mêmes qui précède le jaillissement de la vie indéfiniment reçue. Là, on peut quasiment toucher notre point d'origine avant même qu'il ne se manifeste à nous. Je dis « quasiment », car le toucher réellement n'est pas en notre pouvoir de perception effective. Il en est d'ailleurs de même à l'autre bout de notre destin, lorsque nous rencontrerons « la mort » (la mort n'est pas quelqu'un, mais elle n'est pas non plus personne), nous ne pourrons pas la toucher, ou plus précisément nous n'aurons pas la conscience de ce ressenti-là, étant donné que la mort sera là à l'instant même où nous ne serons plus. Et puis, ce point d'origine s'éloigne à mesure que l'on s'en approche, tout comme l'horizon inatteignable.
Il n'est pas réellement possible de poser des mots descriptifs sur ce à quoi mène le *voyage intérieur* lorsqu'il navigue au plus près de son origine. Le *voyageur de l'intérieur* aimerait pourtant satisfaire son désir de partager cet expérienciel avec un auditoire capable d'en percevoir l'ampleur et la profondeur. La seule possibilité qui s'offre à lui et celle de se mettre dans la mouvance d'un maître spirituel authentique (et j'insiste sur le mot « authentique »). Or, il en existe bien peu. Plus précisément la possibilité d'en côtoyer un effectivement et dans la durée se compte sur les doigts d'un manchot !
La plupart des gens que j'ai pu rencontrer, parce que je suis allé à leur recherche, et qui ont vécu ce qu'ils appellent des expériences spirituelles, ne sont le plus souvent que d'affreux bavards imbus d'eux-mêmes, relatant à l'envie des séquences de sensibleries exacerbées, faisant état de délires mystiques plus ou moins frelatés, qui, au mieux, méritent un article dans *Psychologies* (cette revue décadente sur papier glacé, support de pubs du bien-être... bien-être ! Mon c** !!), pour un lectorat en mal de phénomènes étranges et de tables tournantes !
Les mystiques que j'ai pu lire (je les ai déjà évoqués ici) relatent d'intéressantes expériences avérées, mais la permanence de leur interprétation religieuse de ces phénomènes m'a toujours semblé à la fois gênante et réductrice, au sens qu'il y a toujours un présupposé divin. Dans cette perspective, nécessairement le voyage intérieur est destiné à rejoindre Dieu, en tant que source première du Tout. Or, ce que j'appelle cet avant-source, rien ne démontre par avance qu'à cet endroit se trouve un Autre, (qu'on l'appelle Dieu ou qu'on le nomme autrement, qu'importe). Et si l'on a comme préalable la recherche de cet Autre, forcément on ne peut faire autrement que le trouver... Tant il est difficile de rester en la seule présence d'un *non-étant* qui ne serait pas le néant, sans être non plus « quelqu'un ».
Demeurer dans ce mystère me plaît beaucoup plus, - et pour tout dire m'attire plus -, que les solutions toutes faites que proposent la plupart des religions, lesquelles, au lieu de demeurer dans l'attitude de l'observance mystique et mystérieuse, proclament et affirment des dogmes infaillibles, des lois divines intangibles, des certitudes éternelles, des vérités toutes faites et dogmatiques, à coups de canons. Et il faudrait que chacun « se convertisse » pour former une armée unique et conquérante allant en chantant massacrer les impies à coups de crucifix tranchants et de mitrailleuses bénies par les évêques au nom de Dieu. Pouah ! Quelle horreur !
Si le *voyageur intérieur* peine à rendre compte avec des mots de son expérience personnelle, il n'en demeure pas moins que celle-ci transparaît dans sa personne. L'expérience se voit. Elle ne se raconte pas. Ainsi en fut-il de mon maître à penser. Non seulement il ne parlait pas de ce qu'il avait pu découvrir au tréfonds de lui-même, mais il répondait « autrement » aux questions que je pouvais lui poser à ce sujet. Il m'a fallu du temps pour comprendre qu'alors je n'étais encore qu'un *touriste intérieur*, avide de connaître par procuration plutôt que de tenter moi-même l'aventure. Il m'a fallu du temps pour comprendre que j'avais à me laisser être face à lui, plutôt que l'interroger. Je ne dis pas parler de moi, car parler de soi, discourir sur son ego, c'est facile... Tout le monde le fait... Et puis pour cela il y a les psys et autres "écoutants" de tout poil... Mais, « se laisser être » c'est tout autre chose encore. C'est entrer dans le dépouillement d'un face-à-face qui n'a pas pour objet une connaissance mutuelle, mais la recherche de la source intérieure et de ce qu'elle contient comme mystère universel. Cela suppose d'être entré avec l'autre dans une forme de proximité intime singulière qui ne relève pas de la relation affective au sens classique du terme, mais du degré d'intimité spécifique qui unit maitre et disciple.
Cette intimité-là mèle simplicité et déférence, égalité et distance, égards et exigenges. Elle fut pour moi une relation "codifiée". Je ne rencontrais ni un ami, ni une personnalité, et encore moi un gourou, mais un maitre... mon maitre... Le vrai disciple est à la fois révérencieux et effronté. D'une certaine manière il fait-le-maitre-se-faire. Car, pour moi, (dans la perception que j'en ai en tout cas...), c'est le disciple quif fait le maitre, plus précisément qui le révèle à lui-même, c'est à dire à sa responsabilité de maitre. Or, le vrai maitre est serviteur du disciple. Ce n'est donc pas une place enviable, vu les exigences que peut avoir ce dernier. Et pour ma part, je n'en manquais pas... ------------------------------
Mère Teresa, dans sa jeunesse, comme un certain nombre de personnes, avait eu des visions de Dieu (de Jésus)... Elle déclare même avoir parlé à Jésus en croix... Puis plus rien... C'est bien là le drame des visionnaires... Des instants forts... Et puis plus rien... La nuit. "Où est ma foi -tout au fond de moi, où il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité- mon Dieu, que cette souffrance inconnue est douloureuse, je n'ai pas la foi", a-t-elle écrit dans une lettre non datée adressée à Jésus.
Je suis assez frappé de voir qu'elle illustre, d'une certaine manière, ce que j'écrivais il y a quelques jours. Ce terrible risque de s'accrocher à la manifestation sensible d'une expérience fugace et extraordinaire ; et cet autre risque d'en donner une interprétation religieuse, lié à ses croyances et de sa culture inculquée. Elle s'est donc ainsi « bouclée sur elle-même » ce qui constitue à proprement parler « un enfer » au sens premier du monde d'enfermement. Enfermement sur soi. Et cette tragique parole « je n'ai pas la foi » ; parole qui est probablement une sorte de contrevérité : car de la foi, il en fallait pour accomplir l'oeuvre qui fut la sienne... Mais voilà, cela ne correspondait pas à l'idée qu'elle s'en faisait ! Ceci en raison de ses schémas de pensée catholique et de son histoire de religieuse. N'était-ce pas plutôt la foi en l'Homme et dans l'Humanité qui l'animait sans doute plus fortement qu'une foi en un improbable dieu... ?
(il s'agit bien entendu d'une interprétation personnelle, dont on ne demande pas qu'elle soit partagée par tous...) Libellés : Réflexions

AlainX 9:57 AM
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lundi 27 août 2007
Les écrits d'août.... d'où ? doux ? (suite...) mardi 7 août 2007
Le tourisme intérieur
La période estivale est, pour un certain nombre de personnes, un temps favorable pour faire un peu de *tourisme intérieur*. Certains rejoignent des monastères ou quelque vieux moine à la mine authentiquement fausse de celui qui a découvert Dieu derrière un pilier un soir de Noël des années 50, vous fera miroiter la paix éternelle. Hélas, vous ne la gouterai que quelques secondes éphémères, au détour d'une allée, où un bouquet de fleurs placé au bon endroit par un bon père, vous fera entrevoir le Paradis terrestre.
D'autres s'en vont marcher, qui en montagne, qui au désert, qui sur les chemins de Compostelle, avec l'espoir qu'en se perçant une cloque au gros orteil le troisième jour de marche, ils auront la révélation du sens de leur vie, tant il est vrai que si certains lisent dans le marc de café, d'autres découvrent dans la transpiration de leurs pieds, les effluves suaves de l'illumination.
Les avides de spiritualité intellectuelle vont s'abreuver de belles paroles ésotériques réservées aux initiés. Ils ne comprennent pas tout, mais font confiance aux assistants patentés du gourou en chasuble blanche. Ces adeptes de la première heure - (il est toujours bon d'être un adepte de la première heure) - les introduisent avec des mots sucrés dans les profondeurs abyssales de la pensée du Maître, laquelle se résume le plus souvent à des lieux communs enrobés de formules savantes destinées à justifier les honoraires exorbitants de ces *rencontres spirituelles* réservées à des élites.
Je me moque ? À peine ! En tout cas, je me moque de moi... Car je fus l'un de ceux-là il y a bien des années, victime consentante des marchands de pacotille mystique, lorsque j'étais en recherche de sens à l'existence et que je croyais bêtement trouver des réponses à l'extérieur de moi.
J'étais encore à confondre *touriste* et *voyageur*.
Le *touriste* passe, regarde, s'informe, éventuellement s'instruit, et surtout il peut raconter et raconter encore à son retour, tout ce qu'il a vu... Et mieux encore, ce qu'on lui dit... qui le rend si important (j'y suis été moi monsieur !!) et que vous ne verrez jamais, pauvre tache engluée dans votre petit chez-vous ! Bonne pomme, vous l'écoutez, en pensant qu'il est vraiment chi*** à la ramener avec ses souvenirs de séjour au Club Machin, à l'autre bout de la planète, où il a pu parfaire son allemand, et où, même là-bas : « ils servent du Perrier ! »
Celui qui, durant ses vacances, s'en va faire du *tourisme intérieur* et de cet acabit. Il vous racontera en long et en large l'émotion spirituelle qu'il a ressentie et qui l'a vraiment « bouleversé pour le reste de sa vie » (enfin pour au moins 48 heures !) ; il vous narrera les paroles profondes entendues et qu'il a interprétées à sa façon (c'est-à-dire qu'il a déformées !) ; il vous expliquera l'inexplicable, ce truc magique qu'il y a là-bas, qu'enfin « tu ne peux pas comprendre tant que tu n'y es pas allé ». C'est sûr, sa vie va changer, il va tout bazarder et s'en aller sur les chemins d'une nouvelle existence, loin de ce monde pourri de la consommation. Et lorsqu'il aura terminé son discours, il ouvrira l'auto journal pour voir si la nouvelle Audi va damer le pion à la dernière Mercedes. Cruel dilemme spirituel que de choisir entre ces deux merveilles temporelles.... ! Il faudra qu'il en parle au gourou...
Le *voyageur* est souvent un être silencieux. Il ne raconte pas son aventure intérieure. Il la vit. L'aventure intérieure, à mesure qu'elle se déroule se fait Mystère et Silence. Elle fait passer progressivement de la richesse au dépouillement. Le voyage intérieur passe et repasse inlassablement par un même chemin, un unique chemin, qu'il faut d'abord débroussailler, assainir, aplanir, puis tenter de baliser. À l'intérieur de nous-mêmes il y a pas de tour-opérateur qui aurait préparé ce voyage à l'avance. Le voyage intérieur est un circuit de découverte totale à travers une terre vierge où le seul visiteur attendu est nous-même. Parfois, on entame ce chemin avec un compagnon de voyage. Mais vient un jour où c'est absolument seul qu'il faut s'aventurer plus avant. Car il en est ainsi de la zone la plus intime de ce soir : cet endroit ne supporte aucune cohabitation. On y est seul. Heureusement seul. En ce lieu de l'ultime, nul ne supporterait qu'un autre vienne y habiter. C'est l'endroit privé qui ne peut être dévoilé à quiconque. Malheur à celui qui laisserai violer cet endroit là.
Non seulement il nécessite la solitude, mais encore il ne se relate pas, ne se raconte, ni ne se partage, même avec un autre intime de l'intime, un autre intime de soi-même. Le désirerait-on que s'en serait impossible. Ce n'est pas un lieu de naration, c'est LE lieu d'existence. Le raconter le ferait disparaitre. Le livrer à voir serait le renier.
Le risque d'aujourd'hui est que le *voyageur* se fasse *touriste*. Le touriste vient de quelque part et y retourne. Il n'habite, ni ne demeure dans son lieu de villégiature. A son retour, il raconte.
Le Voyageur EST SON voyage. Le voyage c'est lui-même en vibration, en mouvement. Il n'y a pas de "retour ailleurs". On ne "revient" pas d'une telle expédition. On vit dedans et avec. Sans cesse. Ainsi le voyageur est présence à l'instant du voyage. En marche, jamais il ne s'arrête, puisque sa raison d'être est l'Aventure du périple intérieur.
D'une certaine manière, on n'a rien à en raconter... Rien à en dire vraiment... Et cependant, le désir de partage demeure...
(À suivre...)
Libellés : Réflexions

AlainX 3:48 PM
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dimanche 26 août 2007
Me voici "rentré"... quelques escapades encore prévues cependant... J'ai peu écrit durant l'été. Je publierai sans doute quelques textes estivals. En voici au moins un !
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15 août 2007
C'est le temps des vacances. Le fameux week-end du 15 août ! C'est sans doute la symbolique la plus forte de l'été. Depuis que j'ai cessé mes activités professionnelles, ce n'est pas que je me sente en vacances toute l'année, mais je n'ai cependant plus l'amplitude de la sensation de « vacances », telle que j'ai pu la connaître précédemment. Ma vie est beaucoup plus lissée, écrêtée. Parfois je me réjouis de cette tranquille quiétude, parfois j'ai quelques regrets de cette grande sensation de détente que procure (que me procurait) ce phénomène des « vacances ». Je me prends alors à me sourire à moi-même, comme dans l'histoire du fou qui se tape avec un marteau sur la tête, parce que cela fait tellement de bien quand ça s'arrête !
Le week-end dernier nous avons eu la visite d'amis, ici au bord de la mer. Ils travaillent tous les deux d'arrache-pied en ce mois d'août. Ils sont arrivés stressés. C'est au long du week-end que je les ai vus se détendre peu à peu. Depuis le séjour, derrière la grande baie vitrée, sur le balcon, on ne voit que les flots et l'immense plage, quasi déserte la plupart du temps. Nous ne sommes pas en un lieu fréquenté par les touristes. En lui-même, de par sa seule existence, l'endroit est reposant. L'hiver, c'est magique : il n'y a strictement personne. (En ce 15 août, jounée vacancière s'il est est, je ne vois à l'instant guère plus qu'une vingtaine de personnes sur l'immensité qui s'offre à ma vue).
Ces amis m'enviaient de ma vie libre, de cet endroit magique. Je mesurais en effet la chance que j'avais. La difficulté avec le bien-être, c'est que l'on a tendance à s'y habituer. Soit il faut que cela vous soit redit de l'extérieur, soit il faut faire un certain effort pour se remettre soi-même en présence de l'état de plénitude sous-jacent ; en se laissant glisser dedans en quelque sorte. À défaut, on est vite repris par la lente érosion des habitudes.
-------------- [Incise on] J'aperçois au loin ma compagne qui est descendue sur la plage jeter du pain aux mouettes qui viennent s'agglutiner autour d'elle. C'est une petite occupation qui lui plaît et l'amuse toujours. J'aime chez elle ce côté petite fille émerveillée qu'elle a toujours gardé. Lorsqu'elle revient, il faut toujours qu'elle me raconte avec des détails d'observation enfantine ce dont elle a été témoin. L'autre jour, je la voyais gambader sur le sable comme une enfant et faire la roue comme si elle avait 15 ans, tout en disant quand même : « je commence à me rouiller ! »... Je vis aux côtés d'un coeur gai. C'est sans doute le plus beau cadeau qu'ait pu me faire l'existence. Ma compagne est un *coeur gai*, naturellement. [/Incise off] ---------------
J'évoquais l'érosion des habitudes. Cela m'a fait revenir à mon sujet quelque peu récurrent : quel projet de vie pour moi actuellement ? J'hésite toujours en me demandant si c'est un vrai sujet ou un faux problème ! À quoi vais-je m'occuper à la rentrée ? vais-je poursuive ma présence sur le net comme auparavant ? il me manque quand même un projet. Mais voilà : rien ne me mobilise vraiment ! Et mon année précédente, telle qu'elle s'est déroulée, m'est apparue globalement satisfaisante. Alors ! De quoi est-ce que je me plains ? Et, est-ce que je me plains de quelque chose d'ailleurs...!
L'insatisfaction que je ressens est-elle de l'ordre d'une forme d'orgueil utilitariste (il faut que ma vie serve à quelque chose, à quelqu'un...) ; ou est-elle fondée sur une sorte d'obligation morale selon laquelle « la vie doit être utile » ; ou encore s'agit-il d'un aspect plus fondamentale, plus existentiel ?
Face à ces questions, je vis dans une sorte d'anesthésie sensorielle, n'arrivant pas à ressentir véritablement le point d'enracinement de mon insatisfaction. J'aimerais vivre dans une plénitude d'action, plutôt que dans un bien-être cajolant.
En termes de plénitude et même d'excitation de vie, ce qui est évident, ce qui constitue un point d'ancrage, c'est quand même l'exercice de l'écriture. De cela je ne peux pas douter. C'est sans doute dans cette ligne-là que je dois continuer à oeuvrer en m'enfonçant plus avant dans mes aptitudes en ce domaine. Peut-être devrais-je passer de l'écriture dilétante que je pratique habituellement pour mon plaisir, à une écriture plus élaborée, plus travaillée, qui s'organiserait autour d'un projet effectif, d'un but que je me fixerais. À cet égard, j'ai quand même plusieurs projets en chantier, mais que je traite en parfait dilétante dans la mesure où je n'ai aucune échéance, ni aucune obligation, ni contraintes venant de l'extérieur.
Pour y arriver, il devient assez clair qu'il me manque une stimulation externe. L'écrivain sous contrat ou qui exécute une commande dispose de cet aiguillon : son éditeur qui le talonne s'il n'avance pas. Moi je n'ai rien de cela. Non seulement je ne cherche pas un éditeur, mais je n'ai pas véritablement en perspective de publier mes écrits. Si ce n'est ce que je peux faire sur le net actuellement. Mais je ne considère pas cela comme un « réel travail ». Il n'y a pas d'enjeu. Je n'ai même pas la stimulation de développer un lectorat, alors qu'au fond, cela pourrait être une ambition légitime. Pourquoi pas ! Mais je n'arrive pas à me résoudre à la perspective d'aller régulièrement consulter mes statistiques pour savoir si la courbe est à la hausse...
Autrement dit, je risque encore de tourner en rond dans la saison qui vient.... En me contentant de mon écriture plaisir (c'est quand même déjà ça !...), et sans aller plus loin dans un certain nombre d'exigences, dont je ressens pourtant qu'elles pourraient m'être bénéfiques.
Cela me ramène à la question de l'exercice de la liberté personnelle. Ce n'est pas si évident qu'il y paraît d'avoir à gérer sa vie par soi-même. Il est parfois plus facile de suivre les indications des autres, voir leurs ordres ; de se couler dans un moule organisationnel tel que le monde du travail le propose, avec ses horaires, ses contraintes, sa hiérarchie, ses procédures, etc. la vie est alors plus normée que libre. On ne se lève pas chaque matin en se demandant ce que l'on va faire aujourd'hui. La vie commande. Le chef attend. Il faudra râler auprès du fournisseur et se coltiner le client. On aura des rendez-vous intéressants, des moments sympas autour de la machine à café et des réunions chiantes. On rêve alors de liberté ; de tout envoyer ballader, mais lorsque le temps en vient, on se retrouve démuni, avec sa liberté d'agir en bandoullière et l'air couillon de celui qui se demande vers où aller... ----------------
Depuis.... Je suis sollicité de l'extérieur pour un "projet collectif" en lien avec mon ancien métier. J'en parlais avec ma compagne ce midi, disant mes hésitations, en particulier l'investissement en temps que cela risque de me prendre. Je retiens une de ses phrases : "... En tout cas, actuellement, tu ne supportes pas beaucoup de contraintes dans ta vie...."
C'est assez vrai... je deviens de plus en plus individualiste, et pourtant j'ai une certaine nostalgie des "actions collectives" que j'ai pu mener dans le passé... A suivre ! ... .Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 5:59 PM
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jeudi 2 août 2007
En passant
Juste un petit passage par la blogosphère... Entre deux périodes distinctes. Entre festivités et temps de vacances. Entre évènements forts et prosaïsme estival du plagiste.
Juste un petit tour des blogamis.
Et aussi apprendre le décés de Ioana - Evènement prévisible depuis le décés de son ami, mais qui me touche profondément. Je n'ai pas bcp le temps d'en dire plus ici et maintenant. Peut-être reviendrais-je plus tard sur cette "Grande Dame"... et les leçons de vie reçues d'elle. Son "testament" est d'une dignité et d'une "hauteur d'ame" rare...
Bon été à mes lecteurs et lectrices ! Et comme disait souvent Ioana Pensez à allumer vos rêves....Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 6:40 PM
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