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AlainX

 

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vendredi 27 avril 2007

 

Un certain bonheur

Finalement, poser des actes concrets qui font que l'on réalise ce qui tient à coeur, est sans doute l'une des clés principales du bonheur d'existence. C'est en tout cas ce que je viens d'expérimenter en faisant confiance à cette petite intuition qui m'est venue lors d'un séjour en bord de mer, concernant la réalisation de petits textes, qui s'interpellent et s'interpénètrent l'un l'autre, autour de la thématique des villas de bord de mer.
J'ai pu aller déjà loin dans la mise en oeuvre. Mon projet n'est pas achevé mais c'est en bonne voie...

Le hasard faisant bien les choses, [c'est-à-dire son travail d'accompagnement de ceux qui font confiance en la vie, car c'est bien à ça qu'il sert « le hasard », à nous faire saisir les opportunités qui passent plutôt que de ne pas les voir ou de ne pas y prêter une suffisante attention]. Le hasard faisant bien les choses, disais-je, il se fait que je suis tombé sur un concours proposé par un journal, et que j'ai bien l'intention d'y envoyer mon texte. Après tout, je n'ai rien à perdre, et ce sera pour moi comme un aboutissement. J'aurais la sensation d'être allé au bout de ce petit projet. Peu importe que mon texte soit retenu ou pas, l'important et l'accompagnement du mouvement jusqu'à son terme.

Une chose me surprend, c'est que, pour l'instant, je n'ai pas envie de publier ce petit recueil d'une cinquantaine de pages sur le net. Je pourrais pourtant le faire, puisque j'ai ici une zone de ce site consacrée à quelques-uns de mes textes. Peut-être que pour une fois, je prends un peu "au sérieux" mon écriture fictionnelle. Jusqu'à présent, c'était un amusement de participer à des ateliers d'écriture, comme chez Coumarine ou les impromptus littéraires, ou Obsolettres dans le passé. Ou tout simplement écrire pour mon propre plaisir, sans que personne ne lise.

C'est comme si tout à coup je prenais les choses un peu plus au sérieux. Je veux dire "sérieux" par rapport à moi, pas par rapport aux autres. Je n'ai jamais vraiment rêvé d'être un écrivain célèbre, mais j'ai toujours porté au coeur une sorte de désir secret d'écrire des oeuvres de fiction, centrées sur la complexité des sentiments humains et le mystère de la personne. Je réalise que ce désir secret avait pour moi une sorte de composante transgressive. Quelque chose de quasiment sulfureux... Bref, "quelque part" comme on dit, je me l'interdisais. Moi qui cependant aimais lire ce genre de littérature, dont je voyais combien elle avait nourri mes années de jeunesse en termes de formation de mon esprit et de bon coeur, je cultivais cependant, pour moi-même, le schéma suivant : écrire est une sorte de plaisir dilétante dont je dois me méfier : il y a des choses bien plus importantes et utiles à faire dans la vie que noircir des feuilles de papier...

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mercredi 25 avril 2007

 
Politique et intuition

Je reviens quelque peu sur une entrée précédente relative à l'intuition.

On considère souvent l'intuition comme quelque chose de pas très sérieux, quand on ne dit pas que cela est réservé aux femmes, lesquelles, faute sans doute de capacités intellectuelles cognitives suffisantes, s'en remettraient à leur coeur et à leur instinct.... Si, si, il y a encore bien des gens qui pensent cela...

Or, l'intuition est un puissant moteur dans la personne. Un mode de structuration de sa propre personnalité, tout autant qu'un mode de connaissance, d'invention et de nouveautés. On pense alors au fameux "eurêka j'ai trouvé". Ce surgissement de lumière que l'on n'attendait pas ou que l'on n'attendait plus ; qui parfois s'impose à cause de son intensité et sa consistance. Mais si on se limite à ce genre d'événement quasiment rarissime, (comme le coup de foudre !), on risque de passer totalement à côté du phénomène de l'intuition en tant que permanence dans la personne.

Or l'intuition est une très forte source des avancées et du progrès. Et, curieusement, alors qu'on nous bassine avec "l'état de la recherche en France" (par exemple), personne, aucune école, n'apprend à percevoir et utiliser ce trésor détenu par chacun.
On apprend des méthodes de prise de décision, en pesant le pour et le contre, les avantages et des inconvénients, tout cela dans de beaux tableaux avec de belles colonnes et l'assistance des logiciels les plus performants "d'aide à la décision"... Et... On se plante totalement ! Sûrement que le logiciel n'était pas suffisamment bien programmé...

La plupart des grandes découvertes se sont faites par une perception intuitive préalable, que c'est dans telle direction qu'il convenait d'aller. Et pas dans telle autre."Je ne sais pas ce qu'il y a, mais je sais qu'il y a quelque chose". Alors seulement le laborieux travail peut commencer. Cela suppose une confiance dans la démarche intuitive, donc une confiance en soi, donc une capacité à s'intérioriser. Et surtout une faculté de déchiffrer, au moins globalement, le contenu de l'intuition porteuse de nouveauté.

Le monde politique, les moeurs électoralistes et les combines de toutes sortes, ne poussent guère à ce mode de gouvernement d'une nation. Il suffit d'avoir côtoyé d'un peu près les élus pour réaliser à quel point ils sont dépendants de leur électorat, lequel leur met, plus souvent qu'on ne le croit, le trouillomètre à zéro ! C'est la raison pour laquelle les politiques sont brouillonnes et décevantes, car manquant d'ampleur et de vision. Le gouvernement intuitif suppose une force personnelle et de transcender les peurs qui entravent l'intuition.

Le dirigeant intuitif à une vision de l'avenir et un charisme personnel. Le politicien moyen regarde la prochaine échéance électorale et s'y prépare, c'est-à-dire qu'il va de compromissions en compromissions, de propositions irréalistes en promesses intenables, en espérant cependant plaire à tout le monde et donc être réélu. Il faut reconnaître que cela fonctionne généralement bien. Brossez l'électeur dans le sens du poil démagogique et il déposera sagement son bulletin dans l'urne, certains qu'il obtiendra demain matin les avantages particuliers qu'il réclame pour lui-même et sa petite famille. Et les autres n'ont qu'à se débrouiller de leur côté. Et s'ils sont étrangers : ils n'ont qu'à rentrer chez eux !

Cela pose évidemment la question de la démocratie, de la manière dont il convient de la vivre, de l'éducation que l'on donne au citoyen en tant que tel, de la manière dont on l'associe à une vision d'avenir partagée, laquelle supposera toujours d'accepter les frustrations, voire des sacrifices, au nom d'un bien commun supérieur à soi-même. Ce n'est pas hélas dans l'air du temps !

Il s'agit moins de "rassembler des électeurs" sous une même bannière, qu'elle soit de droite ou de gauche, que de faire "partager une vision" large et mobilisatrice, bien au-delà de la seule préservation des petits avantages et des privilèges de tout un chacun. (Et Dieu sait si comme tout le monde je suis attaché à mes petits privilèges...).
Mais quel est donc la vision proposée ?
quelle est donc la vision mobilisatrice ? lorsque la seule chose qui est offerte c'est d'avoir l'oeil gauche rivé sur le taux de chômage, et l'oeil droit scrutant le taux de croissance ?

Je crois que si chaque personne se mobilisait à partir de ses intuitions profondes personnelles, qui ne sont généralement pas tournées vers soi-même, mais tournées vers le monde et son devenir, la porte s'ouvrirait vers plus de sens est probablement plus de bonheur.

Mais, c'est bien connu... AlainX en rêve encore...

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mardi 24 avril 2007

 
Votre clé USB

Si dans 15 jours vous votez dans un bureau doté d'une machine à voter,
noubliez pas votre
Clé USB
la clé de l'Union Ségo-Bayrou.

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lundi 23 avril 2007

 

La fête est finie

Comme tout un chacun, j'ai vécu une certaine fébrilité hier avec ce premier tour des élections présidentielles. Il y avait une ambiance curieuse au bureau de vote, où il fallait environ trois quarts d'heure avant de pouvoir déposer son bulletin dans l'urne. Une sorte d'unité palpable des présents, comme une conspiration démocratique. "On" allait leur montrer, "ils" allaient voir ce qu'ils allaient voir, puisqu'on était tous là pour le leur signifier ; notre petite enveloppe bleue à la main...

Puis il y eut le résultat, connu bien avant 20 heures lorsqu'on est frontalier et lorsqu'en plus un ami qui a "ses petits papiers" au ministère vous téléphone en douce, mais ce n'était même pas la peine.

J'avais décidé de céder à la kermesse télévisuelle, vautré dans mon canapé, ma chère et tendre à mes côtés qui se limait les ongles et qui balançait régulièrement avec une voix ironique des : "ben voyons ! " ; des " il y croit vraiment à ce qu'il dit là où c'est pour nous faire rire ?" ; ou des "mais c'est pas vrai !!!"... avant de s'endormir contre mon épaule, les ongles parfaitement limés. C'est ainsi qu'elle a raté le seul comique de la soirée en la personne de Bernard Tapie, complètement bourré, qui a déclaré qu'il soutenait Royal avant de se reprendre, ah non, c'est Sarkozy ! Je m'a trompété ! Qui a balancé des "merde !" ; "putain" ; "fait chier !". Je me suis même demandé s'il n'allait pas roter ou gerber sur la belle table du studio de télévision. C'était le (très mauvais) comique de service, il avait le nez rouge du type qui a trop bu de pinard.

Personnellement, j'ai eu l'impression d'entrer progressivement dans une expérience de « sortie du corps » et que les voix de tous ces politiques qui déversaient leurs fadaises habituelles et leurs langues de bois congénitales, glissaient sur ma peau sans entrer dans mes oreilles.
J'ai eu ce sentiment du dérisoire extrème, que l'on était de nouveau retombé au degré zéro du débat politique. J'avais l'impression que je m'envolais vers un ailleurs, que je devenais martien. Je ressemblais tout à coup à un moine bouddhiste, ne connaissant sans rien à la tradition judéo-chrétienne, et qui se retrouverait devant deux exgésètes de la bible se demandant si la virgule du verset 45 apres le 17è mot, ne changeait pas totalement le sens de l'interptétation de l'ouvrage tout entier.

La mélodie était mauvaise, les paroles dramatiquement convenues. On aurait pu espérer un magnifique opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, on nous servit du Richard Clayderman. Même l'animateur chef d'orchestre faisait semblant d'y croire.

Alors on est allé se coucher, se disant que la fête était terminée, que la France plan-plan avait renoué avec les bonnes vieilles traditions d'antan : la gauche contre la droite, la droite contre la gauche. Un instant on a esquissé un vague sourire en se disant que finalement Le Pen l'avait eu dans le baba, avant que le sourire ne se transforme en grimace, parce que le nouveau Le Pen était arrivé, qu'il s'appelait Sarkozy et qu'il avait décidé de racler le parquet jusqu'à ce qu'on le fasse Roi des riches et des nantis. Et qu'accessoirement, les pauvres, pouvait aller se faire mettre.

Il allait falloir subir une campagne électorale de 15 jours, avec une droite dure une gauche molle ; avec la quasi-certitude que TSarkozy ferait chier France pendant cinq ans. Parce qu'elle est comme cela la France, elle a toujours besoin d'un sauveur et elle l'a toujours choisi en Père Fouettard.
J'en venais à regretter de ne pas avoir voté Besancenot, si c'était pour en arriver là...

Oui vraiment, la fête est terminée.

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jeudi 19 avril 2007

 

L'heure de la décision



Je viens de recevoir les tracts publicitaires pour les produits électoraux disponibles dimanche prochains dans toutes les bonnes écoles munies d'urnes réglementaires.
Franchement, nous envoyer tout ces documents officiels trois jours avant le scrutin, c'est se foutre de la tête de l'électeur ! Car, soit c'est sérieux et pour nous aider à réfléchir, dans ce cas il faut nous envoyer le tout au moins un mois à l'avance ; soit c'est pipeau et juste pour respecter une vieille disposition légale, et dans ce cas cela ne sert à rien, autant faire des économies de paperasses avec mes impôts. En plus, c'est écrit des deux côtés, je ne peux même pas utiliser une face pour faire la liste de mes courses à Carrefourd'auchan.

Soyons clair, je ne choisirai pas en fonction des programmes, lesquels comprennent des dispositions à géométrie variable d'une semaine sur l'autre, et de toutes façons on sait très bien que celui qui est au pouvoir fera tout autre chose que ce qu'il a annoncé dans le cadre de la campagne publicitaire. On sait très bien que la maison témoin ne ressemble jamais à ce que l'on achète finalement.

Mon choix à une ligne de fond que vous connaissez si vous me lisez de temps en temps : tout sauf Sarkozy ! Je n'ai pas envie que la France devienne schizophrène et paranoïaque. On a déjà assez de problèmes comme ça ! En plus, vous imaginez ce grand nerveux le doigt sur le bouton rouge de la bombe atomique, piquant une colère légendaire comme il en fait une quasiment quotidiennement, incapable de se maîtriser et déclenchant le feu nucléaire... Même pas le temps que ça passe à Sarkoland-TF1, on serait tous vaporisés avant !

D'après mes petites cogitations personnelles, certes alimentées par les sondages deuxième tour, je me dis que si je vote Royal, cela donnera un deuxième tour TSarkozy / Royal. Et il est fort à parier que TSarkozy l'emporte...
Si je vote Bayrou, je donne la possibilité d'un deuxième tour TSarkozy/Bayrou, et dans ce cas les augures pensent que le résultat sera beaucoup plus serré, et que Bayrou a quand même quelques chances... Je le crois aussi... Il y a quand même pas mal de gens de droite qui auraient préféré un autre bourrin que le dangereux et indomptable TSarkozy. Ils pensent que s'ils votent Bayrou, ce sera quand même moins pire, en tout cas pour ce qui est de cette tranche importante de la droite dite « sociale », qui préférerait être derrière Bayrou que TSarko. Idem des chiraquiens qui ne savent pas encadrer TSarkozy. Certes, ils voteront pour le tsar au premier tour, (quoique !!) mais dans une hypothèse de présence de Bayrou au second, pas si sûr que tous revotent Sarko...

Reste l'hypothèque Le Borgne.... hélas !

De toutes façons, j'ai un peu l'impression que dans tout les cas de figure ce sera : exit Royal !

Donc, pour cette fois, je me comporterai comme un cuisiniste électoraliste ! Entre deux maux il faut choisir le moindre. Or le pire c'est TSarkozy. Lui, c'est le pire du pire. Et puis, une recomposition politique, quelle qu'elle soit, est-ce que cela peut être pire que notre gauche actuelle, éléphantesque encore et toujours, avec sur le podium une plante verte que les vieux briscards socialistes chercheront sans cesse dans l'ombre à faire dépérir.

Donc ce sera Bayrou ! (Je ne suis pas particulièrement fier de mon choix... Faute de grives on mange des merles...)
Et vogue la galère par un vent favorable !...

(Arf !! et si je votais quand même Royal ?? ...... )

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mercredi 18 avril 2007

 

Une certaine forme de l'intuition

Je me suis levé tôt. Cela me manquait probablement ce monde du petit matin. Du temps de mon activité professionnelle, j'aimais me lever vers quatre heures du matin pour travailler au calme et voir le jour poindre. J'étais particulièrement productif à ces heures-là et lorsque la maisonnée se levait, j'avais le sentiment de débarquer d'un ailleurs qui n'appartenait qu'à moi. La plupart des textes, des rapports, des communiqués, des synthèses que j'ai pu produire et qui ont fait l'objet d'un peu d'intérêt, ont été écrit entre fin de nuit et aube qui pointe.

Lorsque je me réveillais tôt, j'avais appris à distinguer s'il s'agissait du déclenchement de cette sorte d'alerte intérieur qui me signifiait qu'il était l'heure de se lever pour produire, ou s'il s'agissait d'autre chose. Alors je me levai lentement, attentif à cette alchimie intérieure prête à surgir et que je n'aurai plus qu'à voir se dérouler sur le papier. J'étais alors guidé par ce que j'appelle « l'intuition productive », sorte de variante de l'intuition créatrice en matière de littérature, de fiction, etc.
J'ai progressivement appris à faire confiance à ce processus, à en décrypter les secrets, à en apprendre les méandres. C'est un processus par sédimentation, par alchimie mystérieuse, qui suppose essentiellement une sorte de présence à la totalité de ma personne. Cette intuition productive à quelque chose de dense à l'intérieur de moi et pas seulement sous forme de concepts dans ma tête qui seraient à ordonner, ou de simples idées à mettre en forme. En l'occurence, ces idées et ces concepts manqueraient d' « épaisseur », si je puis parler ainsi.

Je me souviens de ce problème épineux dans mon groupement professionnel, pour lequel on m'avait sollicité. J'avais dit que je rédigerais un rapport et ferais des propositions après les vacances, à la rentrée de septembre lors de la réunion de reprise à Paris. Et puis je suis parti en vacances. La problématique difficile dans laquelle nous étions tournait en moi et m'encombrait. Je me disais que j'avais été idiot d'accepter cet engagement, que j'allais me gâcher les vacances. Je me suis mis devant mon bloc de papier, essayant poussivement de produire ce fameux rapport pour m'en débarrasser, mais rien de valable ne venait. J'ai téléphoné à Z. : « tu sais, je ne garantis rien pour septembre et puis cela va me gâcher les vacances j'ai pas besoin de ça ! » Il m'a répondu : « tu as raison, on va reporter en novembre, on n'est plus à quelques semaines près... ». Je fus soulagé, je lâchais ce projet pour tout le mois d'août.
Et puis, la dernière semaine c'est venu. Un de ces matins tels que je viens de les évoquer. Je fus surpris moi-même, comment en quelques heures tout s'est ordonné de manière claire : l'analyse de la situation, les erreurs commises, la problématique des personnes, le processus possible pour une sortie de l'impasse. À la fin je me suis dit : mais pourquoi on n'avait pas pensé à ça plus tôt cela me semble tellement clair maintenant ! En fin de matinée j'ai recherché un fax dans le patelin de Bretagne où on était, pour tout envoyer à l'assistante, qu'elle tape le texte, me le renvoie pour correction quand je serai sur place, et qu'elle le diffuse à chacun.
Après cela je me suis senti étrangement bien, dans une forme de détente et de paix intérieure que j'ai pris plaisir à goûter.
Je n'ai pas eu d'écho immédiat à mon envoi. En vacances, je m'arrangeais alors pour être absolument injoignable ! Fort heureusement il n'y avait pas encore la tyrannie des téléphones portables...
Début septembre je débarque à Paris. Hasard sans doute, la première personne que je croise c'est Z. , avec un grand sourire. Avant même de me dire bonjour il s'exclame : « j'ai reçu ton document, c'est absolument génial ! ».
Je raconte cet épisode non pas pour me faire valoir (je n'ai pas tellement besoin de cela sur ce blog...), mais à cause de ce phénomène « d'intuition productive », comme je dis, qui à la fois dépend de moi et à la fois me dépasse dans la mesure où il a sa vie propre. Au sens que les choses ne viennent que lorsqu'elles sont prêtes, ni avant, ni après. C'est véritablement comme le fruit de l'arbre. Soit on le cueille trop tôt et il est amer, soit on le cueille trop tard et il est blette. C'est d'ailleurs d'autant moins pour me faire valoir que le sentiment de ne pas y être pour grand-chose. Comme si c'était « en moi », mais indépendant de moi, pas véritablement comme un corps étranger, mais comme une sorte de : "déposé-et-présent-en-moi-sans-m'appartenir".

Ce qui m'étonne encore, c'est que cette manière d'être et de faire, aboutit à des propositions potentiellement valables et que, en l'espèce, la mise en oeuvre produisit de bons résultats.
Or, ce que j'ai fait, ce ne fut jamais qu'une forme d'attention à ce que j'appelle cette alchimie intérieure, ressentie d'une manière quasiment corporelle, déchiffrée et mise en mots à partir d'une sorte de ressentie et non pas à partir d'idées ou de concepts, même si une conceptualisation structurée finit par apparaître.
Pour simplifier je pourrais dire : les choses étaient en moi il n'y avait qu'à aller les lire. Mais quand même, plus facile à dire qu'à faire !

En cette période électorale, j'aimerais prolonger mon propos par des considérations tenant à nos moeurs politiques en lien avec ce que je viens de dire... Ce sera peut-être pour la prochaine entrée...

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mardi 17 avril 2007

 

C'est mon anniversaire !


Enfin à quelques jours près,

je ne sais plus très bien...


J'ai cinq ans !

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jeudi 12 avril 2007

 

Galerie élective : en guise de bilan....

J'en ai donc terminé avec ma petite galerie de portraits de personnages politiques que j'ai eu plaisir à brocarder avec une mauvaise foi évidente à chaque ligne. Pour une part, c'est sans doute un juste retour des choses, étant donné qu'ils ont globalement tendance à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas.
Je me dis que j'aurais pu me livrer à une analyse politique plus sérieuse, mais il y a tellement des centaines de gens qui écrivent sur l'Internet des propos qu'ils estiment les plus pertinents du monde sur les élections présidentielles et l'avenir de la France, que je préfère leur laisser toute latitude en ce domaine du politico-profond.

Reste cependant en moi une certaine insatisfaction (bien légère au demeurant) d'avoir ainsi concouru au grand cirque médiatique de la frime à tous les étages qui se déroule sous nos yeux dans cette campagne électorale. Car nous avons devant nous, soit les petits candidats, qui prennent la campagne électorale pour une sorte de Star'Ac politique aux frais du contribuable que nous sommes, soit les candidats qui ont une chance d'être élus et qui sont prêts à vendre leur père et trucider leur mère si on leur promet de voter pour eux, sachant bien évidemment qu'ils ne vendront ni ne tueront personne dès lors qu'ils seront installés comme des nababs au palais de l'Élysée.
Certes, l'élection du président au suffrage universel est une bonne chose en soi, mais cela supposerait une forme de campagne électorale qui n'ait strictement rien à voir avec ce que l'on nous propose.
Dans le système actuel chaque parti politique cherche à placer en tête de gondole un "produit-candidat" dont l'étiquette et l'emballage comportent tout ce qu'il faut pour attirer le chaland-électeur. On soigne le packaging au maximum, mais lorsque vous aurez acheté le produit par votre bulletin de vote, vous vous apercevrez qu'il y a dans la boîte exactement la même chose qu'avant... C'est-à-dire des vieilles choses, des vieilles recettes qui ont dépassé la date de péremption. Et il faudra bouffer ce truc nauséabond pendant cinq ans !

Car soyons clairs, aucun candidat ne nous dit qu'il va falloir se serrer la ceinture de trois ou quatre crans dans les 10 ans qui viennent. Que le vrai slogan de Sarkozy devrait être : « travailler plus pour gagner moins ». Que Ségolène Royal devrait reconnaître que les socialistes ont tout essayé contre la pauvreté et le chômage, mais que rien n'a marché ! (Mitterrand avait reconnu cela, mais il est vrai qu'il était alors à la retraite et avait déjà un pied dans l'au-delà, alors il pouvait se permettre de dire des vérités...). Que les extrêmes de gauche devraient avouer qu'ils ne croient pas une seule seconde à leur discours révolutionnaire dont l'application n'a entraîné que des catastrophes de par le monde au XXe siècle. Que les écolos sont un groupuscule archi divisé où chacun se tire dans les pattes pour sa petite carrière personnelle. Que les extrêmes de droite sont totalement à contre-courant de l'évolution du monde en pensant qu'on pourrait vivre en autarcie, façon Albanie où tout le monde crève de faim ; sans compter les propos xénophobes racistes etc.

Alors quoi ? Suis-je totalement un vieil aigri, un désespéré désespérant, un blasé revenu de tout ? Pas du tout ! J'attends plutôt le/la candidat(e) de l'espérance justement. Celui/celle qui nous dirait : on va vraiment en chier dans les années qui viennent, va falloir renoncer à pas mal d'avantages de riches, se serrer les coudes, établir les vraies priorités, c'est-à-dire celles qui ne vont pas plaire à tout le monde, cesser d'attendre tout des autres, de l'État, de la collectivité, des grands patrons, et en particulier que le voisin commence. Va falloir se décider à faire une Europe politique et abandonner certains de nos fiefs, avant que de nous faire complètement balayer par l'invasion économique des pays qui ont décidé de prendre notre place.
Il va falloir oublier le temps du cocooning franco-français, bien au chaud dans nos multiples avantages sociaux qui ont fonctionné dans les 30 glorieuses, pour revenir à la dure réalité que la vie est une jungle et une guerre permanente. Les armées ennemies n'envahissent plus notre territoire avec des chars, mais le capitalisme mondial rachète la France petits morceaux par petits morceaux, sous nos yeux. C'est d'ailleurs le principe même du capitalisme. C'est une invasion douce et anesthésiante dans laquelle nous baignons sans nous rendre compte qu'elle est en train de nous phagocyter tendrement.
Je ne suis ni un homme politique ni un économiste et je n'ai donc pas de solution à proposer, c'est bien évident. Mais j'aimerais entendre ce discours. Je me demande s'il ne pourrait pas être mobilisateur plus qu'on ne le croit. Il ne s'agit pas d'entrer en guerre contre les autres, mais de se serrer la ceinture en vue de nouvelles solidarités et de nouvelles alliances avec des partenaires (européens notamment) qui auraient le désir d'avancer ensemble.
Bon d'accord j'en rêve... encore... Il n'y a qu'à voir le merdier de notre aéronautique !!

Je m'en vais voir où en est le CAC 40, pour voir si mes petits placements vont m'aider à poursuivre ma retraite dorée... m'ouvrir une dernière boite de caviar, et puis... Je ne sais pas moi... Me préparer à voter Arlette peut être ! Après tout c'est la dernière fois que ce sera possible...
Travailleuses travailleurs nous irons tous dans le mur, et moi je serais mort ma soeur !


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mercredi 11 avril 2007

 
La galerie élective (6)



Philippe de Villiers

Le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon
je ne sais pas pourquoi le vicomte escamote toujours son nom ; voilà même qu'il voudrait que l'on ne l'appelle plus que Villiers. Pour un type qui prône l'identité nationale et le patriotisme il ne devrait pas à ce point renier son patronyme. Bientôt il va faire une procédure en changement de nom pour s'appeler Dupont.
Il a pourtant une vraie tête de vicomte ! C'est rare de nos jours. Quand je le vois j'ai toujours envie de fredonner cette vieille rengaine de Maurice Chevalier, l'idole de mon père ! que ce dernier chantait lui-même d'ailleurs :

Quand un vicomte
Rencontre un autre vicomte,
Qu'est-ce qu'ils se racontent?
Des histoires de vicomtes...


Cela dit, le vicomte m'a toujours amusé. Et là je lui trouve une tête de comique des années 50. Le genre à raconter avec un air mi-sérieux des histoires de corps de garde et de carabins. À regarder sa bouche, on entend sa voix de roquet qui dérape régulièrement. Ceci dit, vu le côté anecdotique de sa candidature, je me limiterai à ces simples réflexions.

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Michèle Alliot-Marie

Je l'ai sélectionnée, car elle aussi aurait aimé se présenter à la présidence de la république, mais Sarko ne l'a pas entendu de cette oreille.
La première chose qui frappe, c'est qu'elle n'a pas de foulard autour du cou comme on la voit toujours. Elle avait dû l'oublier ce jour-là. Ce qui me frappe ensuite c'est sa tête en triangle isocèle pointe en bas, il se prolonge dans le cou jusqu'au petit brillant du collier. Je ne sais pas pourquoi elle me fait penser à un signal routier triangulaire du genre : stop à 150 m ! On sent tout de suite qu'elle va manier l'interdit avec sa bouche pincée et son regard incendiaire. Faut pas lui en raconter à la ministre des armées, elle ne se laissera pas désarmer.

Sur le front, entre les deux yeux, elle a une barre verticale, une bissectrice à son visage triangulaire démontrant un esprit cloisonné où tout peut parfaitement se ranger clairement en sorte que rien n'est à discuter et que tout s'impose. En même temps, cette ride montante est comme une fumerolle d'origine nasale, et en a le sentiment qu'effectivement la moutarde est en train de lui monter au nez.

Bien protégée derrière des lunettes à monture noire, ses deux yeux sombres ressemblent à l'extrémité des canons de deux Kalashnikov. Sous ce regard vous êtes déjà condamné à l'exécution sommaire. Sarkozy devrait en faire sa première ministre. À eux deux, la France serait entièrement quadrillée et remise dans le rang de l'ordre nouveau.

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mardi 10 avril 2007

 
La galerie élective (5)



Marie George Buffet

Je commencerai par une confidence, Marie George à la bouche de ma mère. C'est dire si cela va être compliqué entre elle et moi ! Pour le reste... Elle ne lui ressemble pas du tout. Ouf ! Sur cette photo, pour une responsable de l'avenir du communisme, je dois dire qu'elle n'a pas vraiment la tête de l'emploi comme on dit. Au moins, au bon vieux temps de Georges Marchais, on en avait un vrai de communiste, avec ses coups de gueule, sa mauvaise foi institutionnelle, et sa manière si suave de dire : « nous les communisssses... ». Mais là, Marie George, on dirait qu'elle vient d'être embauchée pour figurer sur une affiche des confitures « Bonne-Maman » ! Décidément, tout se perd camarade ! Parce que, le parti communiste soluble dans la confiture, ça l'fait pas !
Et puis, elle s'est maquillée en bleu. Certes c'est léger comme touche, mais le bleu... C'est beaucoup trop royal voyons !
Cessons d'être caustique, elle a une bonne tête la Marie George. Je lui confierais volontiers mes petits-enfants pour un voyage au pays des datchas. Elle pourrait leur faire visiter les magnifiques stations du métro de Moscou, avec toutes ses allégories surannées. (Il y en a une sur mon site de photos). Ils pourraient rentrer en disant : "Papy, on a vu les derniers survivants du communisme !"

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Dominique Voynet

De tous les portraits des candidates féminines, c'est pour moi la plus sensuelle. Elle m'attire. Goûter à la sensualité écologique, voilà ce qui me manque certainement ! Nous irions nous ébattre dans un champ de luzerne non transgénique, au pied d'une éolienne qui nous donnerait le tournis. Puis nous resterions allongés côte à côte en regardant le ciel, guettant le trou dans la couche d'ozone.
Elle a voulu relever sa fine bouche d'un léger rouge à lèvres brillant, fabriqué maison à base de carotène et de pulpe de tomates garanties maraîchères.
Dominique, il faut seulement la contempler. Cela devrait suffire à susciter un vote écologique. Car, lorsqu'elle se met à parler, elle en perd toute sa féminité, mangeant un mot sur deux, ce qui va finir par lui faire prendre du poids.

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vendredi 6 avril 2007

 


La galerie élective (4)



Arlette Laguiller

Je dois l'avouer, j'ai toujours eu un fond de tendresse pour notre brave Arlette, candidate professionnelle à l'élection présidentielle depuis des lustres. Je me souviens de ses premières apparitions à la télévision, elle était toute tremblante, malhabile, et cependant elle y allait déjà de son discours traditionnellement révolutionnaire et de ses « travailleuses, travailleurs !», et l'homme jeune que j'étais l'imaginais dans l'exercice d'une sexualité troublante. Qu'allons-nous devenir sans elle ? Décidément tout fout le camp !

Lorsque l'on voit ce visage, on se dit, effectivement, la lutte ouvrière ça vous use une femme. Elle ne fait pas vieille fille, mais plutôt grand-mère sans enfants. Oui je sais ça n'existe pas, raison de plus pour affirmer qu'elle est grand-mère sans enfants, puisqu'elle aura passé sa vie à nous faire rêver à ce qui n'existe pas : le grand soir de la révolution planétaire qui annonçait des lendemains... Qui n'ont jamais chanté... Hélas !

Son visage ridé crédibilise la foi dans son combat perdu d'avance. Manifestement elle n'a pas abusé des crèmes antirides réservées à la bourgeosie décadente, et on est prêt à lui pardonner de voyager en première classe avec le grand patronat, comme elle fut surprise à le faire par une chaîne de télévision... Ensuite, il faut diviser ce visage dans le sens vertical : la moitié droite (son coté gauche à elle) montre encore un oeil vif et combattant et une bouche décidée à en découdre. Ce côté-là d'elle fait preuve d'une jeunesse quasiment éternelle fondée sur l'espérance que la révolution prolétarienne viendra bien un jour...
Observons maintenant le côté gauche (sa droite à elle) l'oeil est beaucoup plus triste, moins vif, il n'a pas totalement perdu un certain éclat, mais on sent bien qu'il devient difficile de croire aux promesses simplistes du type : piquons les profits des entreprises et distribuons-les à la classe ouvrière qui subit les cadences infernales.

Tu avances en âge Arlette, il va falloir songer à faire ta propre révolution personnelle, a réaliser qu'à vendre des promesses irréalistes et refuser de se mouiller à des postes de responsabilité, on désespère un peu plus le monde des laissés-pour-compte.

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Jean-Marie Le Pen

Passons d'une extrémité à une autre. Il faut (hélas !) reconnaître qu'il a une bouille sympathique. Une bouche de fausses dents parfaitement refaite. Comme quoi la fausseté à l'éclat du beau ! Il faut dire que sa fortune personnelle, acquise dans des conditions que l'on connaît, lui permet de se payer les meilleurs dentistes de la place de Paris.
Le petit jeu consiste à savoir de quel oeil il est borgne. Les plus anciens d'entre nous n'ont qu'à se rappeler le temps où il avait un bandeau sur l'oeil comme le pire des pirates et s'ils ont une bonne mémoire visuelle ils trouveront.
Il a la tête d'un directeur commercial à la retraite qui a passé sa vie à arnaquer ses clients et à en rigoler avec ses représentants dans une brasserie, tout en bouffant de la choucroute et en buvant des pintes de bière, rotant et se tapant sur les cuisses à l'évocation de tous ces cons.
C'est probablement l'un des meilleurs manipulateurs des médias de ces dernières décennies. Dans ce domaine Sarkozy lui arrive à peine à la cheville. Autant sur les autres portraits, des réalités de la personnalité sont mises au jour, autant lui sait donner le change et porter ce masque de respectabilité et de bienséance qui tente de cacher ce que l'on peut faire de plus abject dans le discours et les propos extrémistes qui sont son quotidien.

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Marine Le Pen

Elle n'est pas candidate (pas cette fois-ci) mais c'est quand même intéressant de la mettre en parallèle avec son papa. Quel contraste ! Autant lui montre un visage jovial (qui est en réalité celui d'un je-m'en-foutisme exécrable), autant il y a chez sa fille une infinie tristesse et ce sentiment d'une femme délabrée de l'intérieur. Cela me rappelle une interview de sa soeur qui disait que lorsque l'on est la fille de Le Pen on n'a pas d'autre choix que d'épouser les idées de papa, sous peine de disparaître de toute vie sociale... C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à la fille en question. Alors, Marine vit et pense comme papa !
Il y a comme un vide existentiel sidéral dans ce regard. Quelque chose d'éteint. Elle me semble donner le sentiment du regret inconscient d'une autre vie qui lui aurait sans doute mieux convenue.

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jeudi 5 avril 2007

 
La galerie élective (3)



François Bayrou

Face à lui, c'est le mot "ambiguïté" qui s'impose à moi. Cet homme qui me regarde, au sourire légèrement esquissé, est-il en train de m'écouter avec intérêt et une certaine bienveillance, ou est-il en train de carrément se moquer de moi, dans le style : cause toujours tu m'intéresses ! Il y a cependant une autre hypothèse : il est ailleurs, complètement absent. Son regard est dans le vide, fixé sur rien ni personne. On dirait qu'il cherche à être le moins expressif possible. Quelque chose de lisse, adaptable à tous et à toutes situations.
Il manque de "présence". Est-ce qu'il s'est prêté à ce petit jeu médiatico-photographique quelque peu contraint et forcé ? lui qui critique si souvent les médias ?
Il me trouble. Il est insaisissable. Mauvaise langue, je dirais couleuvre et rouleur dans la farine. Bienveillant, je dirais qu'il est un peu hors du monde, dans une sphère de réflexion à laquelle nous ne pouvons accéder. Il n'est même pas au-dessus des autres. Il est déjà ailleurs.


Pour reprendre mon idée de direction de casting, si je sélectionne uniquement ses yeux, je lui fais jouer le rôle d'un parrain de mafia rotors ; si je me concentre sur sa bouche ce pourrait être celle d'une voix céleste ou d'outre-tombe, venue me murmurer à l'oreille un message initiatique, une quelconque révélation attendue et qui changerait mon existence.

-o0-



Olivier Besancenot

C'est assez curieux. Lorsque je le mets en parallèle avec Bayrou, on dirait le père et le fils. Ils ont un air de famille dans le regard, la bouche, le menton. Le père, de tradition catholique de la France profonde, le fils qui a fait sa petite crise et milite à la ligue communiste révolutionnaire. Ma remarque ne plairait certainement ni à l'un ni à l'autre !
Besancenot, notre petit facteur tout sourire, à qui papa Bayrou aurait donné le bon dieu sans confession, se révèle ici dans toute la dureté du regard et le mépris de ce quasi rictus, comme s'il s'apprêtait à me dire : tu vas voir Pépé, on va te la mettre bien profond nous les révolutionnaires communistes !
Cependant, il y a aussi de la malice dans ce regard, qui fait comprendre que le brave Olivier n'y croit pas du tout à sa révolution communiste. Qu'en réalité il est là pour s'amuser, distraire la galerie une fois tous les cinq ans, profiter du système capitaliste de consommation et des régimes de retraite dont bénéficient les braves postiers. Il aime faire des discours de tribun, il doit avoir la nostalgie de 1789, mais il n'est pas près d'abandonner un euro de son petit plan d'épargne-logement, et de sa souscription à la Prefon (la caisse complémentaire de retraite des fonctionnaires) pour arrondir sa petite retraite confortable plus tard.


Le temps n'est plus vraiment à la révolution camarade, la pure, la dure, le temps est à la frime pour, simplement en paroles, casser du bourgeois à TF1 et rigoler en douce du bon vieux discours stéréotypé de la vieille Arlette, sa chère grand-mère d'adoption qui bientôt lui manquera je vous le dis.

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Réponse à commentaires
Comme je l'ai dit, je n'accède pas à la possibilité de répondre dans la boîte à commentaires. C'est pourquoi je le fais "ici". (Qu'on n'y voie donc pas une volonté de mettre en exergue l'un ou l'autre commentaire, c'est uniquement pour des raisons techniques informatiques, telles que je les ai indiqués précédemment)

Amaily dit ceci : Si j'essaie de regarder objectivement les deux visages que tu nous montres, je ne vois pas vraiment tout ce que tu nous décris. Mais bon, je n'ai peut-être pas fait les études qui s'imposent et mes rudiments de morpho ou de PNL sont déjà bien lointains. Qu'importe ! Tes textes montrent bien que l'on est toujours influencé par ce que l'on croit savoir sur les gens et que notre appréciation, même de leur apparence physique, en est faussée. C'est ainsi que souvent on lance des jugements à l'emporte-pièce, blessants et erronés, que l'on généralise des critiques partiales, qu'on se conduit comme des c... Je vais te dire : dans mon métier, j'ai rencontré beaucoup de malades qui souffraient de cirrhose pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'alcool. Et ces gens devaient, en plus de la maladie, supporter les critiques de ceux qui les traitaient d'alcoolo, simplement parce que leur peau ou leur regard ...Alors dire que quelqu'un est ceci ou cela parce que ses lèvres ou son front ... Non Alain. Raisonner comme ça, c'est penser comme celui dont tu nous montreras peut-être le visage un de ces jours. Sans rancune ?

Pierre évoque le "délit de sale gueule"
christine dit : "Ne serais-tu pas un peu influencé dans tes propos. Imagine que tu ne connaisses pas du tout cet homme"
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Je commente : il est évident que ce que je décris des visages des hommes et femmes politiques, personnages publics en recherche de bulletins de vote, est non seulement subjectif mais absolument et volontairement de parti pris. Je le revendique haut et fort. On peut même y voir un ton polémique si on le désire. Je n'ai pas l'intention de faire dans la dentelle. Je ne suis pas ici dans l'exercice d'un métier, et encore moins dans l'aide aux gens en souffrances et en difficulté, ce que j'ai fait durant de très nombreuses années. Alors le domaine de la souffrance, je connais parfaitement y compris à titre personnel.
Mais ici, je me trouve face à des politiques en recherche de notoriété et d'images médiatiques, qui ne mâchent pas leurs mots virulents, qui ne répugnent pas à des actes éminemment critiquables, et à des prises de position que je rejette. S'ils ne veulent pas s'exposer à des analyses et prises de position du type des miennes, qu'ils allaient cueillir des champignons au fond des bois.
Sans rancune ? (*sourire pour Amaily*)



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mercredi 4 avril 2007

 
La galerie élective (2)


Nicolas Sarkozy

Voilà un portrait qui parle de lui-même. Il semble parfaitement illustré ce propos entendu en bien des endroits à la perspective de le voir prendre la tête de l'État : « Cet homme est dangereux ! ». C'est un dur ! Décidé, borné, certains qu'il détient à lui seul la vérité, c'est-à-dire uniquement la sienne, et que celle-ci s'impose d'elle-même à tous, de gré ou de force. Un type dont il ne fait pas bon être l'ennemi ! Vous le croisez la nuit, vous changez de trottoir !
Imaginez un instant que vous êtes directeur/trice de casting : pour quel rôle de cinéma le proposeriez-vous ?

Il a le regard de celui qui n'acceptera jamais aucun compromis avec quiconque contesterait ses propos et ses actes. On voit tout de suite que, discuter avec lui, c'est absolument perdu d'avance. Il y a dans cette tête, ce cerveau, une machinerie à broyer tous ceux qui s'opposent à lui. Dont acte ! Sélectionnez uniquement le regard et vous verrez à quel point cet homme désire exercer sur vous sa domination. C'est le type même de l'homme de pouvoir qui vous écrasera d'un coup de talon dès lors que vous lui aurez démocratiquement donné les moyens de vous asservir.

Ce n'est pas pour rien qu'il exerçait la profession d'avocat. L'avocat défend quelqu'un contre un autre. Il est manichéen et tranché. Il ne peut pas être un arbitre comme doit savoir l'être un chef d'État. Il est fait pour diviser : d'un côté les bons, de l'autre les mauvais. Et vous avez intérêt à être dans le bon camp ! Celui des possédants et des nantis, puisque c'est ce camp-là qu'il représente et défend. L'autre camp, on sait l'ensemble des qualificatifs négatifs qui lui attribue. Qu'actuellement, son staff de publicitaires tente de le faire passer pour un gentil petit chaton tout mignon, c'est de bonne guerre, mais ça ne trompe personne, surtout après avoir vu cette photo réaliste.

La bouche est froide. De cette bouche-là ne peuvent sortir que des mots, cassants, péremptoires, définitifs. Sous la lèvre inférieure, avant le pli du menton, il y a ces deux petits renflements symétriques, montrant l'hypertrophie du muscle labial, résultant de ses tics de crispation de la bouche (révélateurs de son excessive tension interne), qu'ils maîtrisent mieux qu'avant mais que l'on voit encore réapparaître à l'occasion.

Lorsque je serai vieux, je n'aimerais pas qu'un tel visage soit celui du directeur de la minable maison de retraite où j'aurai échoué. Je craindrais le pire pour ma sécurité physique de personne en état de faiblesse.

(... à suivre...)

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mardi 3 avril 2007

 

La galerie élective (1)

Jean-François Robert a photographié plus de 100 hommes et femmes politiques français. Cadrages serrés, pleine face, regard fixé sur l'objectif, très grande qualité du "grain" très piqué. Les personnes sont dépourvues de tout artifice, quasiment aucun maquillage.
Le "Monde2" de fin mars publie un certain nombre de ces portraits bruts de décoffrage. C'est impressionnant. On les voit dans une vérité qu'ils ne peuvent cacher. Mais ils sont tellement avides de se montrer, de paraître, qu'ils se laissent piéger par cet exercice infiniment révélateur... de ce qu'il préférerait sans doute dissimuler : l'absolue nudité de leurs visages.

Je les ai longuement regardés.
Voici les impressions que certains m'ont laissées.

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Ségolène Royal

Le visage de cette femme est manifestement beau, très harmonieux, aux proportions quasi académiques. Artiste ou modèle, elle ferait probablement l'unanimité chez ceux qui la regardent. Comment ne pas lui trouver que des qualités lorsque l'on a un visage d'une telle esthétique. Brune à la figure allongée, au front d'intellectuelle, au regard profond, aux sobres boucles d'oreilles, elle passerait pour une femme à l'intelligence fine et pénétrante. Hélas, elle n'est qu'une femme politique, marquée dans un camp bien identifié, et donc il convient de se diviser à son propos entre pour et contre.
Artiste ou modèle elle serait l'icône ambassadrice de la France. Engagée politique il convient plutôt de la briser en plusieurs morceaux.

Derrière l'icône, on peut cependant apercevoir une femme en souffrances et en fragilité qui tente de se protéger par l'intensité d'un regard. Mais, malgré le sourire, la crispation douloureuse de la bouche est visible. Masquer le reste du visage, ne retenez que la bouche et vous verrez qu'il y a de la douleur inscrite. Celle de quelqu'un qui cache son « j'ai mal ! ».

Dans ce portrait il y a donc toute la force et l'ambiguïté du personnage qui désire un destin national. La force fragile de ceux qui ont triomphé d'épreuves et ont su faire face, mais gardent en leur coeur et dans leur corps la trace et les cicatrices des accouchements douloureux. Que l'on soit pauvre ou nanti, en ce domaine chacun est à égalité.

(à suivre.. les autres candidats....)

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Note à mes cher(e)s commentateurs fidèles et occasionnels ! : Pour une raison que j'essaye de comprendre mon antivirus m'interdit de laisser mes propres commentaires. Donc je vous lis... mais ne peut répondre pour l'instant... Merci de le comprendre... (j'essaye de résoudre cet énigme avec la hot-line de Norton ... gratuite, mais non efficace !...). Si j'ai des choses à dire sur les commentaires je le ferai dans une "entrée".

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dimanche 1 avril 2007

 


Ma vérité

Il y a déjà pas mal de temps que je tiens ce blog. Je sais que beaucoup se sont interrogés, et m'ont interrogé, pour savoir qui était vraiment "Alainx".
J'ai pensé qu'il était temps de tomber le masque.
J'ai longuement hésité avant de me décider. C'est une démarche qui n'est pas facile, qui engage. Après cela, il est probable que je me comporte différemment vis-à-vis de mes écrits ici.

Comme beaucoup le savent ou l'ont deviné, j'ai exercé dans le domaine de la psychologie appliquée notamment dans le domaine de l'acting-out plus particulièrement ce qui peut concerner l'ambivalence du champ fantasmé de l'autre. J'ai publié divers ouvrages en ce domaine qui font autorité. Je me suis également intéressé à l'image narcissique imaginaire et aux phénomènes d'identification phallique que cette représentation de soi peut engendrer chez l'enfant post-pubère.
On ne sera pas étonné que le champ de l'autre et l'ambivalence du besoin/désir aient été pour moi des sources d'observation renouvelée. J'ai traité ce sujet dans divers articles notamment publiés dans " le journal des psychologues".
Concernant la relation du couple, j'ai rédigé (en collaboration) un traité intitulé : " les frustrations de l'amour génital fantasmé, et leurs conséquences sur la vie quotidienne du couple". (Ouvrage traduit traduit diverses langues, épuisé en langue française mais que l'on peut encore trouver en anglais chez William F. Ganong Collection).

Il est évident qu'avec ces éléments, certains d'entre vous, les plus perspicaces, ne manqueront pas de découvrir ma véritable identité.

J'ose espérer que chacun aura à coeur de rester discret à cet égard.



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