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AlainX

 

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vendredi 23 février 2007

 
on naît, et on est.

On ne peut donner que ce que l'on est
On ne peut donner que ce que l'on naît

Mon correcteur vocal proposait ces deux variantes.
Au final chacune d'elles est intéressante... Car s'il est vrai que nous débarquons sur terre avec un capital génétique spécifique (ce que l'on naît), il nous appartient d'en faire un bon usage et de le développer dans notre ligne d'existence afin de devenir progressivement ... "ce que l'on est"... déjà plus ou moins en potentiel, en promesse, en capacité.
On pourrait dire que : tout est là, mais tout est à faire.

Si je regarde ma vie, c'est sur ce fond de tableau que j'ai mené mon existence. Tout du moins, et avec assez de netteté et de conscience, pour la période qui commence vers mes 30 ans. Aujourd'hui je demeure dans le même état d'esprit, même si je me pose un certain nombre de questions sur la manière dont il me faudrait " exploiter" ce dont je dispose et ce qui pourrait encore apparaître tant que ma vie et ma santé me le permettent.

Avant cette période, je vivais assez facilement en référence à des principes et des considérations externes à ma personne. Il y avait ce que l'on m'avait inculqué par l'éducation, celle de mes parents, celle de l'école, celle de mes éducateurs après mon accident de santé, puis il y eut l'influence des courants ambiants : mai 68 et tout ce qui s'en est suivi. Par une sorte de loi de balancier, je suis passé d'une éducation à base d'interdits, de morale rigide, de survalorisation de l'effort et de la volonté, à une sorte de permissivité tous azimuts dont je ne me suis d'ailleurs autorisé que partiellement à la vivre, et avec le recul je n'ai aucun regret en ce domaine. Je n'ai pas commis d'excès qui auraient pu me conduire sur des chemins de perdition comme je l'ai vu se faire dans mon entourage proche de l'époque.

C'est vers 25/30 ans que j'ai commencé à élaborer une recherche plus personnelle sur la réalité de mon existence à partir d'une démarche introspective. Je fus plus guidé par une sorte d'intuition d'un chemin intérieur possible, que par des apports venant d'ailleurs, même si bien entendu un certain nombre de lectures et la rencontre de certaines personnes ont constitué autant de déclic vers ce type de recherche personnelle. Mais, ce que je pourrais appeler cette forme de marginalité, dans son intention même, remonte bien plus loin dans mon histoire et probablement qu'elle a commencé à pointer le bout de son nez vers mes 13 ans. J'en veux pour preuve des correspondances de ma mère avec certaines de ses amies, qui font état de « ma maturité psychologique précoce », si je puis employer une expression de ce genre, qui n'était pas dans sa bouche bien évidemment, mais que je résume de cette manière. Il est vrai que je venais de subir une épreuve décisive en termes "d'existentialité" (je ne crois pas que le mot existe!....), avec mon accident de santé qui m'avait amené jusqu'aux portes de la fin définitive. C'est sans doute cet épisode qui m'a permis de m'affranchir d'un certain nombre de contraintes de mon milieu pour entrer dans les prémisses de ce que j'appelle parfois mon "chemin singulier à variétés plurielles".

Par la suite, fréquentant mon maître à penser, celui-ci avait coutume de reprendre cet adage : « Le livre est en vous ». Mais il ajoutait : « Apprenez à le déchiffrer, car il n'est pas écrit dans le langage que vous connaissez ». (Ce qu'il disait-là dépassait largement le seul champ psychologique ou psychanalytique...).
Le problème est qu'il y a beaucoup de livres en nous, que nous sommes parfois encombrés par tout ce fatras des pensées toutes faites ou venant d'ailleurs, en sorte qu'il devient difficile de découvrir « le sien ». La mode est à la "pensée en kit", accessible dans les grandes surfaces télévisuelles et dans le monde merveilleux du net. Le pire est encore de croire qu'on l'a trouvé, alors que l'on n'a fait que réécrire à sa sauce personnelle ce que d'autres, avant, ont beaucoup mieux dit que nous-mêmes.

Évidemment cela peut paraître très orgueilleux de chercher à développer une pensée propre, fondée essentiellement sur l'analyse de l'expérience personnelle, et en plus, d'avoir la prétention de la théoriser quelque peu... (quand bien même elle en rejoindrait d'autres sur des fondamentaux). Et pourtant quels sont les gens les plus intéressants dans la vie ? (Enfin selon moi...), si ce n'est ceux qui sont capables de rendre compte d'une existence personnelle ayant un minimum d'épaisseur, et donc d'être des témoins d'une réalité possible et accessible, et non pas de se comporter sans cesse en théoricien de la "vapeur des idées" qui ne font que passer sans jamais s'arrêter, qui ne servent qu'à la spéculation intellectuelle de ceux qui n'ont pas grand-chose à foutre.

J'ai toujours été irrité par les personnes qui faisaient étalage de leur vernis de culture pour se valoriser auprès des autres, à coups de citations savantes puisées dans des recueils, et dont les rayonnages de bibliothèques étaient ornés de livres qu'ils avaient à peine feuilletés. Moins la personne a de consistance personnelle, - j'allais dire corporelle au sens qu'il émane comme naturellement quelque chose d'elles, - plus elle s'est remplie la tête d'un fatras de connaissances dont aucune n'est intégrée dans leur existence concrète. C'est bien là le drame ! Ils manient le Verbe, mais ils n'ont pas de Chair, pas d'épaisseur véritablement humaine.

J'ai une sainte horreur de ces dîners plus ou moins mondains auxquels j'ai dû participer, et où chacun y allait de sa petite culture pour se valoriser. Soit je riais doucement dans la moustache que je n'avais pas, devant ce dérisoire enfantin ; soit je m'énervais et balançais mes propres conneries histoire de voir les réactions... Du style : - lui/elle : " Cher ami, avez-vous lu le dernier Machin Chose, qui émet avec pertinence l'idée que bla-bla-bla bla-bla-bla". Et moi de répondre avec beaucoup de sérieux : - « Et vous ? Avez-vous lu Tintin au Congo, où un truculent protagoniste de l'histoire déclare notamment page 14 troisième bulle en haut à droite : "oui Misié" ? Qu'en pensez-vous ? Ne sommes-nous pas là au coeur même de la problématique colonialiste de notre monde occidental au siècle dernier ? ». Et l'autre con/conne de se demander si je me fous de sa gueule, si je suis barjo, ou s'il a loupé le dernier truc branché dont on doit parler...

Enfin bref !
Tout cela pour dire que je garde une préférence pour les "découvertes intérieures", celles qui donnent de la saveur à l'existence, la mienne en tout cas. Celles qui conduisent à penser différemment que les tendances du moment. Celles qui se murmurent dans l'intimité d'une rencontre nocturne, celles qui demeurent partiellement secrètes, confiées à l'autre au détour d'un chemin de sous-bois alors que le crépuscule s'annonce. Celles qui conduisent au coeur, là où une trace indélébile viendra s'inscrire jusqu'à la nuit des temps.
Ainsi, ce "livre" qui est en nous continuera à s'écrire, à mesure justement que l'on se ...livre.

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jeudi 22 février 2007

 
Que serais-je sans "moi"... ?

Jean Ferrat avait mis en chanson ce beau poème d'amour d'Aragon :
« Que serais-je sans toi qui vint à ma rencontre,
que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
que cette heure arrêtée au cadran de la montre
que serais-je sans toi que ce balbutiement »

Comment ne pas aimer ces mots lorsqu'on fait l'expérience de l'amour profond et de cette faculté qu'à l'autre de nous percevoir et nous animer d'un souffle de vie jusque-là inconnue.
Comment ne pas communier à ce poème, s'identifier à l'auteur, le jalouser peut-être d'avoir trouvé les mots vibrants qui expriment avec tellement de talent nos propres ressentis.
C'est la reconnaissance de la révélation de soi à travers cet autre, qui n'est pas nous-mêmes mais pénètre tellement loin dans nos profondeurs qu'il semble avoir sa demeure en nous depuis toujours.
Une partie de nous était sans vie jusqu'à ce qu'il vienne l'animer.

L'autre n'est pas notre sauveur mais notre révélateur parce que son amour vient faire éclater le béton de nos protections, les murs d'indifférence, de rejets ou de violences que nous avions patiemment construits pour ne plus souffrir des "non-amour" d'antan. Nous étions pourtant bien décidés à ne plus nous faire avoir, jusqu'à ce qu'il arrive cet autre avec sa manière aiguë d'aller nous toucher au coeur pour réveiller la braise.
En effet nous étions des coeurs au bois dormant.

Mais, quelque puisse être la beauté du poème, il ne rend pas compte de la suite. Il ne suffit pas qu'un autre vienne souffler sur nos braises pour que le feu reprenne et donne sa lumière et sa chaleur durablement.

Le feu qui m'anime, j'en suis l'unique détenteur et j'en deviens en premier le responsable. Or combien de fois reprochons-nous à l'autre de ne pas suffisamment nous aimer et ainsi nous empêcher d'être nous-mêmes, voire d'être heureux. Parce qu'il fut le révélateur de nos élans, de nos désirs et de nos aspirations, nous pensons que nous avons un total besoin de lui/elle pour exister et nous accomplir. Et comme l'enjeu est grand nous allons finir par le revendiquer, voire l'exiger avec force quand ce n'est pas avec violence. En ce cas nous ne sommes pas vraiment bien partis, car cette manière de faire conduit inéluctablement à l'échec et à la rupture.

Alors viendra le temps des lamentations : « Sans toi je ne suis plus rien » entend-on dire.
À une certaine époque de ma vie, j'étais très sensible à la chanson de Jacques Brel : « Ne me quitte pas », puis, je l'ai prise en détestation. Cette sorte d'incapacité à s'assumer sans l'autre me devenait insupportable. Cette supplication jusqu'à la négation de soi pour ne pas perdre l'autre m'apparaissait proprement inhumaine : « ». Bien entendu la chanson rend compte du gouffre de détresse que représente la séparation vécue comme un abandon intolérable et qui est un terme récurrent chez Brel (je pense par exemple laisse-moi de devenir l'ombre de ton ombre à la chanson « Orly ») et la souffrance ainsi exprimée est poignante.
Bien entendu encore je m'y projetais largement et imaginais le désastre que serait le départ ou la disparition de ma compagne. Encore aujourd'hui j'en frémis si cela devait se produire. J'aurais à nouveau l'impression de tout perdre. Mais en réalité, je la perdrais, elle, je ne me perdrais pas moi, pas plus que je ne perdrais sa place en moi. Car le temps a tissé à l'intérieur de ma chair entre elle et moi une étoffe d'amour et de relation qui ne peut ni disparaître ni jamais se détruire... À moins que je ne me détruise moi-même...
Finalement le seul antidote au sentiment d'abandon et la conscience de posséder en soi un « moi autonome » sûr et solide, que l'on détient pour toute la durée de son existence et qui ne peut faillir.


Je crois que nous vivons fondamentalement d'expériences relationnelles qui viennent s'intégrer et enrichir notre personnalité et notre singularité, par une sorte d'alchimie intérieure qui nous transforme tout en nous faisant prendre notre relief singulier.
Nous ne sommes pas le produit d'un environnement et d'une éducation, mais nous sommes les acteurs de ce que nous faisons de ces matériaux venus par l'extérieur et de l'altérité.

Au : « que serais-je sans toi », j'aimerais substituer : « que suis-je devenu avec et grâce à toi ». Tu m'as fait devenir vraiment moi-même et non par un autre qui aurait pu ressembler à l'image que tu t'en faisais ou qui aurait pu ressembler à la minimisation de ma valeur dans laquelle je me complaisais. Car finalement il est assez confortable de se dire que l'on ne vaut pas grand-chose, cela évite le courage des engagements, la noblesse des convictions, la grandeur des combats pour l'homme.

Tu n'as pas cherché à me faire devenir la personne dont tu pouvais rêver [qui aurait été parfaite à tes yeux...]. Il y aurait beaucoup à dire sur la pensée magique de croire que l'on peut disposer d'un pouvoir de transformation de l'autre grâce à l'amour, alors que le véritable amour est totalement à l'inverse de cela : que l'autre devienne vraiment ce qu'il est en profondeur et non pas ce dont je rêve. L'amour n'est pas destiné à formater quelqu'un comme on formate un disque dur d'ordinateur.

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mercredi 21 février 2007

 
Le bonheur est insupportable

Sur notre petite planète il me semble qu'il n'y a guère de gens pour déclarer qu'ils n'ont pas envie d'être heureux. Et tous ceux qui pensent que ce n'est pas possible ici-bas rêvent d'un paradis caractérisé par une félicité éternelle.
Pourtant, lorsque le bonheur se présente est-il certain que nous l'accueillons pleinement pour ce qu'il est ? Est-il certain que nous le goûtons totalement ?
À peine a-t-il surgi, que l'on s'en étonne et que déjà on s'interroge et même on s'inquiète : pourvu que ça dure ! Le bonheur nous apparaît tellement comme un bien précieux et rare que lorsqu'il surgit nous n'avons de cesse que de s'interroger à son propos. Comment se fait-il que cela soit si merveilleux ? Est-ce que je le mérite ? Et puis il y a tellement de malheur autour de moi... Ne faut-il pas que j'y renonce !

Pour certains, rapidement, ça tourne au vinaigre. Le moindre petit grain de sable dans le rouage du bonheur sera l'occasion d'en faire une pierre qui grippe la machine et l'arrête. Comme le bonheur est souvent (si ce n'est toujours) liée à une situation relationnelle, nous ne pouvons nous empêcher d'avoir ce sentiment confus que l'autre est peut-être à l'instant plus heureux que nous, ou pire encore qu'il se sert de nous pour son bonheur égoïste. Et comme il n'est pas question qu'il soit plus heureux que nous, autant gâché tout de suite le côté délicieux de l'instant en soulevant la petite bricole qui va parfaitement servir à plomber l'atmosphère. Et dans ce cas, nous savons exceller dans la parfaite mauvaise foi.

Car c'est très subversif le bonheur, c'est particulièrement dérangeant tant c'est simple et ça ne fait pas de bruit. Le bonheur on l'accueille comme une gratuité, quelque chose qui surgit parfois comme un inattendu ; quelque chose qui suppose un lâchage de notre part à une altérité, c'est-à-dire à une extériorité. Le bonheur suppose une forme d'abandon que l'on peut confondre avec une dépendance. Alors nous préférons reprendre les choses en main, être actif et revenir à plus de sérieux, car enfin, c'est bien connu, la vie doit être une épreuve plus qu'un délice. Le bonheur n'est intéressant que lorsqu'il est une promesse pour demain et non pas une réalité de l'instant.

"Les gens heureux n'ont pas d'histoire", déclare le dicton, or nous voulons avoir « une histoire », quelque chose à raconter qui puisse attirer l'attention sur nous. Et quoi de mieux que des malheurs à exposer et développer à l'envie pour attirer l'attention sur soi ! Dire que l'on est heureux, que tout va bien, que la vie s'écoule tranquillement, n'intéresse pas grand monde. D'ailleurs si c'était le cas nous n'aurions que des journaux télévisés et des radios qui nous raconteraient combien la vie est belle. Or pour faire de l'audience il faut du malheur, des catastrophes, des meurtres, des crimes, si possible des enlèvements d'enfants, de la maltraitance et des trucs sexuellement bien crades. Là je vous garantis que l'Audimat grimpe en flèche ! Mais le bonheur, franchement on n'en a rien à foutre !

Et je n'évoque même pas toutes les formes de croyances fondées sur des principes sacrificiels, avec des rituels d'expiation et de sacrifices sanglants où la souffrance est magnifiée à l'extrême, où le martyre représente le sommet de la divinisation.
Croyez-moi, il faut renoncer au bonheur si vous voulez laisser une trace dans l'histoire et que l'on parle encore de vous. Mieux vaut mourir jeunes et dans d'atroces souffrances pour avoir du monde compassé à votre enterrement, plutôt que de mourir vieux dans la quiétude douce d'une fin dans la paix, car vous n'attirerez que quelques proches intéressés par votre héritage juteux, ou qui aime aller au bistrot en sortant du cimetière. Si vous avez été heureux, on vous oubliera très vite, si vous avez subi les pires malheurs on parlera de vous encore longtemps.

Comme j'ai envie de laisser cette trace, je vous dirai tout de suite que je suis mal, que ma vie est triste et douloureuse, que j'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qui est pas droit, le coccyx qui se dévisse, l'abdomen qui se démène ... En bon Dieu que c'est embêtant, je ne suis pas bien portant !

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mardi 20 février 2007

 
Télécratie participatoche
Hier soir à la télé, j'ai regardé pour vous Ségolène Royal sur TF1. Cela m'a permis de revoir la tête de Poivre d'Arvor. Je ne me souvenais plus depuis quand je ne l'avais pas vu à la télé, étant donné que je ne regarde jamais TF1 sauf lorsqu'il peut y avoir un bon film. Eh bien je vais vous dire, il a vieilli ! Mais en réalité je préfère le véritable d'Arvor, celui des Guignols de l'Info.

Enfin bref, je voulais surtout parler de la belle Ségolène. Elle avait une sorte de robe sac à patates qui lui faisait des grosses cuisses. Remarquez, je n'ai pas d'a-priori de gauche concernant les grosses cuisses des militantes, d'autant que lorsque l'on observe Alliot-Marie avec ses éternels pantalons militaires, on peut être rassuré sur la solidité des pylônes de notre armée française.
Comme « haut » elle portait une petite veste blanche ma foi seyante. Blanc, pour une royale, cela s'impose bien entendu. La question que l'on peut se poser : le blanc est-il de gauche ? cela dit, en bleu de travail, le genre salopette à la Coluche, est-ce que cela eût été mieux ? est-ce que le peuple de gauche pouvait mieux s'identifier ainsi ?

Parfois, lorsque la caméra la prenait de profil, et pour me faire une idée sur les fondamentaux de son programme qui enracinera la France dans son destin, j'observais ses mollets. Eh bien, ils sont très quelconques il faut le reconnaître. Je me suis demandé s'il était possible d'exercer des responsabilités à ce niveau de la nation avec des mollets d'une telle banalité. Cela pose sérieusement la question de sa compétence.

Pas un seul instant on ne nous la montrera de dos ! Dès lors comment savoir si elle a une politique qui ménagera les arrières de la démocratie.

Ce qui pose aussi question c'est la manière dont elle se penche sur les problèmes, je veux dire lorsqu'elle s'appuyait sur la table, elle se penchait légèrement moitié en avant, moitié sur le côté, et s'obligeait à un déhanchement qui manquait totalement de grâce. Est-ce que cette posture inélégante ne va pas resurgir négativement sur nos relations internationales ?

J'ai oublié de vous parler de sa coiffure. Là, franchement, pour une icône nationale qui a vocation à incarner la France éternelle, j'avoue que je suis déçu. Sa coiffure n'a pas l'extraordinaire précision de celle de Mireille Mathieu. Or cette dernière tient sa place de représentante de notre beau pays à travers le monde depuis bien plus qu'un quinquennat, preuve s'il en était que le choix de la coiffure représente un fondamental qui n'est pas pris en compte valablement par Ségolène.

Reste aussi sa voix. A-t-elle finalement une agréable et suffisante voix qui fasse que je lui donne la mienne dans l'urne ? ce n'est pas totalement évident ! Certes c'est une femme, mais il lui manque l'extraordinaire « gravitude » de cette voix de la France qu'avait Charles-de-Gaulle avant qu'il ne devienne un aéroport international.

Pour le surplus, ce qu'elle a dit, tout ça, que voulez-vous que j'en relate qui puisse être intéressant ?... Elle va nous faire une France à l'image de Poitou-Charentes, les écoles à l'image des camps militaires, elle va donner des emplois à tout le monde selon la méthode ANPE (qui a magnifiquement fait ses preuves jusque-là !), et surtout, surtout, elle va poser son bras sur les épaules des handicapés en fauteuil roulant quand ils auront la larme à l'oeil, comme elle l'a fait devant les caméras, c'est là le seul point nouveau que j'ai pu identifier.

Enfin bref, j'aurais mieux fait d'aller me coucher...

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Les jolies photos !

À l'hôpital universitaire de Lille, des aides-soignants prenaient des photos dégradantes des patientes et les ont envoyées pour publication dans une revue « à sensation », laquelle a prévenu l'hôpital, mais en lui mettant un marché sous le nez, et même un quasi chantage : si on ne peut pas faire un reportage exclusif chez vous, on publie les photos...

Bien entendu, toutes les huiles de l'hôpital ainsi que la maire de Lille s'offusque à qui mieux mieux...

Bien entendu également, tout le monde va dire que cela est particulièrement exceptionnel, et que le personnel des hôpitaux et d'un infini respect, d'une délicatesse merveilleuse à l'égard du moindre patient, surtout s'il est âgé, s'il pisse au lit, s'il se chie dessus, s'il braille la nuit, s'il gémit de souffrance, s'il appelle tous les quarts d'heure parce qu'il aimerait un calmant mais qui n'est pas question qu'on lui donne et que,... Vous comprenez M/Mme... Le médecin est absent... Je lui en parlerai demain, après-demain, dans trois jours... On verra bien !

Mais non, mais non, tout cela n'existe pas. J'invente ! Le personnel soignant est d'une parfaite correction, plus saint que le plus grand saint du paradis, à toute heure du jour et de la nuit, 24 heures sur 24. Jamais ils ne se défoulent sur les patients les plus faibles. Non, non, je ne l'ai jamais constaté par moi-même dans mes nombreux séjours hospitaliers. Je n'ai jamais entendu une aide-soignante se moquer du sexe de l'homme qui était dans le lit d'à côté, semi-comateux, en lui posant une sonde urinaire, non, non, je ne l'ai jamais entendu...
Je n'ai jamais non plus entendu ces propos ordinaires prononcés dans ma chambre comme si je n'étais pas là, du genre : « c'est toi qui t'occupes de la folle du 18 ! ? ». Et je n'ai pas non plus entendu d'autres choses dans les couloirs que je n'évoquerai même pas, tant elles sont dégoûtantes... Mais c'est vrai... J'oubliais... Elles n'ont jamais existé !

Alors c'est certain, je suis excessivement étonné qu'un tel dérapage ait pu arriver, tant les personnels des hôpitaux sont tous absolument irréprochables dans le moindre des actes qu'ils posent. En plus, ils sont tous d'une sobriété exemplaire, et les bouteilles vides d'alcools forts aperçues au fond d'un tiroir, (qu'on a reclaqué rapidement) étaient certainement destinées à recueillir des analyses d'urine...

Je vous le dis mon bon monsieur, l'hôpital c'est le paradis sur terre...

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jeudi 15 février 2007

 
Paix intérieure, soulagement et bien-être


Longtemps dans mon histoire j'ai ignoré ce qu'était la paix intérieure. J'étais le plus généralement dans une forme de tumulte ou d'effervescence, dans une tension interne quasi constante, à l'affût, sur le qui-vive, quand bien même la situation environnante ne présentait pas d'aspects dangereux. Plus tard, j'ai appelé cela ma période « homme des cavernes ». Je vivais à partir de mon cerveau reptilien, celui de la vigilance contre le danger immédiat toujours possible. J'étais comme un ordinateur en veille, on ne le croit au repos, endormi, mais il suffit de l'effleurer pour qu'il redémarre instantanément. Je n'évoquerai pas ici le climat d'insécurité et les raisons qui, dans mon enfance, m'ont obligé à cette hyper vigilance.

De cela je garde aujourd'hui en relation une attitude ambiguë, à la fois réservée, et en même temps ouverte à l'authenticité. N'étant pas d'une nature timide, aimant l'humour et faisant preuve assez facilement d'une forme d'empathie spontanée, je suis, paraît-il, plutôt agréable en société comme l'on dit. Cependant ceux qui me côtoient d'un peu plus près savent que je suis un être secret, quand bien même et dans le même mouvement je laisse transparaître beaucoup de moi, car il ne faut pas confondre secret et volonté de dissimulation. Les plus doués savent comment m'apprivoiser, ce qui n'est pas une mince aventure et réclame une longue patience. Les moins doués, les impatients, les perceurs de coffres-forts, les j'ai-tout-compris-de-toi, sont confrontés au phénomène de l'huître qui se referme, parfois irrémédiablement.


C'est en vivant à la campagne, chez l'une de mes tantes, que j'ai connu mes premiers temps de tranquillité et une relative sérénité. Je ressentais un tel soulagement, un tel espace de liberté qu'un bien-être réel m'envahissait. Lorsque je fais appel à mes souvenirs je peux identifier trois comportements qui me donnaient le sentiment de bien-être. -- Le premier était la présence à l'instant, essentiellement dans mes jeux d'enfants, qu'ils soient solitaires ou en groupe avec les enfants du village. Lorsque ma tante appelait pour le repas je lui répondais invariablement : "déjà ? mais je n'ai même pas eu le temps de jouer !" -- le second était mes longs moments de rêverie, d'imagination débridée où je m'inventais toutes sortes de mondes. -- Enfin, et c'est ce qui m'intéresse le plus probablement au jour d'aujourd'hui, le troisième concernait mes premières expériences contemplatives dont j'ai le souvenir, lorsque j'ai observé en silence, soit mon oncle qui travaillait la terre, soit la nature elle-même et en particulier cette zone au-delà du jardin, le marais, avec ses arbres et son mystère puisqu'il était interdit de s'y rendre à cause du danger ; et aussi ce chant mystérieux de la tourterelle des bois que j'ai déjà évoqué dans une autre entrée, qui semblait à la fois m'appeler tout en me faisant comprendre que je ne la connaîtrai pas et que, de toutes façons je n'avais pas d'autre choix que de rester assis par terre, en tailleur, le nez tourné vers la cime des arbres lointains.
Bien évidemment, c'est avec mon expérience d'aujourd'hui que je déchiffre cette expérience d'enfance, mais je crois que le ressenti que j'en ai encore disait exactement cela, même si à l'époque je ne pouvais pas avoir les mots pour verbaliser de cette manière.
Ce que j'ai appris par la suite, notamment par mon maître à penser, c'est l'apprentissage et l'expérimentation du double regard, de la double perception, à la fois sur l'extérieur, la situation, les personnes, environnement, et dans le même mouvement, l'attention intérieure au ressenti personnel et corporel. Ce fut pour moi un lent apprentissage d'arriver à cette forme double attention en simultané des deux perceptions, et non pas à une succession, en passant de l'un à l'autre.


Pour en revenir à mon expérience d'enfance, j'expérimentais ainsi l'importance d'un environnement « porteur » pour découvrir le chemin des profondeurs de soi, là où réside cette zone de paix, au-delà des perturbations de la sensibilité troublée, effervescente ou rigidifiée. Ce n'était pas compliqué finalement c'était une expérience de simplicité et de dépouillement. C'est-à-dire, d'une certaine manière, tout l'inverse de notre monde de possession, de consommation et de croissance.

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mercredi 14 février 2007

 

Secrets, confiance, intimité.

Dans "Le Monde" de ce jour, l'ancienne compagne d'Amory révèle que c'est lui qui a pris la photo de Mitterrand sur son lit de mort. Il n'avait pas su garder cela pour lui et lui avait confié cet acte qu'il faut bien qualifier de trahison vis-à-vis de la famille Mitterrand, puisqu'il avait aidé Danielle Mitterrand à écrire ses mémoires et avait partagé l'intimité de la famille. Mais, que ne ferait-on pas pour du fric !

Voilà donc sa compagne liée avec lui par un lourd secret, comme si l'intimité pouvant exister entre deux personnes qui s'aiment (où sont censées s'aimer) justifiait que l'on fasse porter à l'autre -- par amour sans doute ! -- la pesanteur de ses actes immoraux. C'est sûr, on a ainsi probablement soulagé sa conscience, en refilant à l'autre ce que l'on n'est pas capable d'assumer tout seul. Dès lors il faut que l'autre ait un amour intense pour être capable au nom de cet amour de garder lui-même de tels secrets, à moins que l'acte en question soit d'une telle gravité qu'il faille impérativement le dénoncer, comme d'ailleurs la loi en fait obligation dans un certain nombre de cas.

J'entendais dernièrement un couple qui s'apprêtait à se marier (ce n'est pas le couple que ma fille va former prochainement...). La femme a déclaré que comme ils s'unissaient pour toute la vie, elle pourrait désormais lui confier tous ses secrets, sachant qu'il les garderait et qu'il ne les partagerait pas ensuite avec une autre. Je laisse à chacun le soin d'apprécier la valeur et l'intérêt de tels propos...

Généralement, la personne qui se retrouve ainsi liée par un tel fardeau, ne pourra le supporter qu'autant qu'elle sera dans un courant d'amour envers l'autre, ce courant représentant une force capable de porter le secret. Mais quoi qu'il en soit, devoir garder le secret d'une saloperie commise par l'autre et, en soi, un parasite rongeur qui fait son oeuvre en silence dans le psychisme. Parfois, on croit que le partage de ce secret est une forme d'acte d'amour et même une force qui pourrait solidifier le lien à l'autre : "Parce que je t'aime, je te dis tout, absolument tout de moi, parce que je te fais confiance et ainsi je te témoigne un amour intense". Quelle erreur ! Quel comportement infantile ! C'est un peu venir dire à l'autre : papa/maman pardonne à ton petit garçon/ta petite fille. En réalité c'est absolument l'inverse qui se produira à terme. Lorsque le parasite aura creusé une faille suffisante le lien se brisera, comme se rompra l'amarre du navire dans la tempête.

Et lorsque le lien est brisé, il se passe des choses du type de ce que rapporte cet article du Monde. Nous avons régulièrement des exemples de ces Ex qui viennent trouver la presse et les médias pour raconter toutes les petites saletés que l'autre a commises, histoire de se venger de celui que l'on a fini par prendre en détestation. Le côté people et publicité donne de l'ampleur au phénomène, mais dans le petit monde des familles c'est exactement la même chose qui se produit, les petits ragots nauséabonds vont bon train et font leurs oeuvres perverses de destruction.

Je suis toujours frappé de voir à quel point il y a dans la relation d'amour, ce côté apprenti sorcier, cette forme d'amateurisme, de méconnaissance d'un minimum de bon sens psychologique, de sorte que des erreurs parfois irréparables se produisent. Comme si l'emportement amoureux était porteur de je ne sais trop quel miracle réparateur universel, alors qu'il est au contraire une permanente force fragile dont il convient de prendre un soin particulier.

Ce n'est pas parce que l'on aime quelqu'un, que l'on est intime profondément avec lui, qu'il peut devenir un déversoir, pour ne pas dire parfois une poubelle, dans laquelle on peut déposer et jeter tout et n'importe quoi, sous prétexte que : « on s'aime ». On n'est jamais obligé de tout dire à l'autre, et encore moins de tout lui avouer ! Pour ma part j'ai cette petite règle à laquelle j'essaye de me conformer, sans forcément toujours y arriver : je n'ai à dire à l'autre que ce que je sens bon de formuler pour la construction de notre vie à deux, c'est-à-dire à la fois pour moi-même, pour l'autre et pour notre couple. Ce qui ne signifie pas que je ne dirai que des choses agréables à entendre. Et parfois même elles seront difficiles à exprimer, raison de plus pour choisir correctement la manière de les dire, le moment de les dire, et de savoir anticiper la période relationnelle délicate qui va s'ensuivre.

Dans certains cas, ce qui aura à se dire remettra peut-être en cause la pérennité du couple. Ce sera l'occasion d'en tester les racines profondes ou de faire le constat que l'arbre est tellement malade qu'il s'abattra ... J'ai cependant la conviction, - conviction à la fois viscérale mais aussi liée à mon expérience tant personnelle que celle d'autres couples dont j'ai suivi les évolutions, - que l'arbre a parfois des racines profondes, bien plus profondes que celles que l'on croyait, mais que, comme je le disais plus haut, une sorte d'incompétence à aimer (venant souvent d'une enfance difficile ou d'un manque de repères et d'éducation en ce domaine) fait que l'un, l'autre ou pire les deux, traitent l'arbre de l'amour comme le bûcheron le plus incompétent n'oserait même pas le faire... Élaguant des branches vives porteuses de fruits, entaillant le tronc et y faisant entrer toute sorte de parasites.
Autrement dit il ne suffit pas que le couple se sente lié par un lien profond, si la relation concrète et au quotidien ne se tisse pas avec l'intelligence du coeur autant que celle de la raison, mais se trouve livrée aux seules passions, aux emportements et aux débordements généralement dévastateurs.

(À suivre peut-être...)









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mardi 13 février 2007

 

Silence

Depuis quelques jours je suis entré dans une sorte de "silence d'écriture". Je ne sais pas moi-même ce que veut dire exactement cette expression qui m'est venue comme cela. Car de fait, ce n'est pas que je n'écris pas, mais mon écriture s'inscrit dans une forme de "silence". Sans doute parce qu'elle a pris une dimension particulièrement intimiste. C'est une écriture qui écoute. Les mots viennent de très loin pour me surprendre.

Je les laisse venir et monter des profondeurs comme un nocturne de Chopin.

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vendredi 9 février 2007

 
Ouarf ! Ouarf !

Désolé, je peux pas m'en empécher !
vla qu' j'apprends que ce beauf comédien parmi les beaufs comédiens ! Roger *Hanin* !! (zan personne !!!) se rallie à TSarkozy !!!
J'ai failli m'étrangler de rire !!
Désolé !!

Remarquez, ils ont un point commun : Grandes gueules tous les deux, et puis... rien d'autre !
il a déclaré : "Je vais voter pour Nicolas Sarkozy parce que j’ai aimé, aime toujours et vénère François Mitterrand" et que, selon lui toujours, TSarkozy serait "de gauche"....
Comme quoi, à 81 ans... ben... le cerveau.... hein...
On croirait pas... mais si !

Ah j'oubliais... il sort un bouquin....
Ah ben alors tout s'explique !!
Fallait qu'il fasse parler de lui !
Comme quoi ... hein... à 81 ans.... on est pret à renier ses proches [surtout s'ils sont morts] pour une minable promo ...

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jeudi 8 février 2007

 

Évolutions, ruptures et blogosphère

Dans le déploiement de nos existences, il y a des évolutions lentes aux développements peu perceptibles, un peu comme la plante que l'on ne voit pas pousser mais dont on constate qu'elle a grandi. Dans ce processus apparaissent des temps de ruptures, parfois choisies, le plus souvent imposés par les événements ou des personnes. Parfois un événement simple, aux apparences anodines crée la rupture, comme un coup de vent, inoffensif en soi, casse et fait tomber la branche aux apparences solides.

Si l'on est confronté à percevoir et vivre les deux choses en même temps il est probable qu'un malaise s'installe, le temps de réaliser, de se rattraper du déséquilibre qui s'ensuit, de prendre la mesure les choses et d'engager l'étape suivante d'une autre manière. La difficulté est souvent de négocier cette période intermédiaire dans des conditions les moins insatisfaisantes possible. D'autant que la période en question peut parfois durer un certain temps, selon la complexité des situations, selon les comportements que l'on adopte habituellement. Certains réagissent et décident très vite, selon le principe : plus je décide vite, mieux je m'en sors ; d'autres font durer les choses, analysant et décortiquant, parfois à l'infini, selon le principe : plus je prends mon temps meilleur sera le choix.

Il arrive que ces derniers, amateurs d'introspection, ouvrent un blog, tant pour y exprimer et probablement clarifier ce qui leur arrive, que pour partager avec d'autres en recherchant conseillers et alliés. Lorsque la situation se clarifie, le blog s'étiole puis se ferme.

Si la chose avait existée il y a vingt-cinq ans, peut-être aurais-je ouvert un blog au lieu de faire le choix d'une thérapie. Fort heureusement pour moi, les blogs n'existaient pas. Je n'ai donc pas pu échapper au face-à-face effectif avec un être humain censé m'aider à en sortir. Je dis cela, mais peut-être aurais-je progressé tout autant, (ou si peu... Selon la manière dont on regarde les choses...).

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mercredi 7 février 2007

 
Connaitre !

Je sais qu'un certain nombre de mes lecteurs désireraient connaitre où j'habite, et au moins quel est mon environnement...

J'ai décidé de me dévoiler quelque peu...
Il faut savoir prendre des risques...

Alors, c'est ICI



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le Programme-Télé sur TF1

_9 H : TéléAchat : Spécial Nicolas Sarkozy : Vente de matériel de campagne
10 H : Feuilleton "une vie de candidat" avec Nicolas Sarkozy
11 H : "Mon destin National" confessions intimes d'un candidat : présenté par Nicolas Sarkozy
12 H : "Attention à la marche" Grand jeu suspens : Nicolas Sarkozy grimpera-t-il la première marche vers l'Elysée ?
13 H : Journal présenté par Jean Pierre Sarkozy
14 H : "Les feux de l'amour du pouvoir" de Nicolas Sarkozy avec Nicolas Sarkozy
15 H : Téléfilm "Comment j'ai niqué Chichi" sur une idée de Nicolas Sarkozy
16 H : "Le petit Nicolas" émission enfantine : invité : Nicolas Sarkozy
17 H : "Nico, Cécilia, Jean-Pierre et Dominique" Remake de "Vincent, François Paul et les autres". Scénario original de Nicolas Sarkozy
19 H : "La roue de la Fortune" présenté par Nicolas Sarkozy et des Grands patrons du CAC 40.
20 H : le journal de Nicolas Sarkozy, avec Nicolas Sarkozy et une pleiade de journalite encartés à l'UMP.
21 H : Le grand débat politique : Etes-vous pour Nicolas Sarkozy ou avec Nicolas Sarkozy ?" et l'invité surprise : Nicolas Sarkozy
23 H : Emission littéraire : Tous les livres parlant de Nicolas Sarkozy

MINUIT fin des programmes.. il faut bien que Sarko dorme un peu... On est humain à TF1 quand même ! Voyons !

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lundi 5 février 2007

 
La photo révèle

Je me suis enfin décidé à mettre sur papier un certain nombre de mes photos, en vue de constituer un recueil. J'inclurai à la fois certaines de mon blog-photos actuel ainsi que d'autres. La mise sur papier me permet des agencements meilleurs que sur le site dont je ne maîtrise que très peu la technique. Sur papier je peux également confectionner des fonds de pages colorés avec des motifs diversifiés. J'ai commencé à y travailler durant le week-end, prenant beaucoup de goût à cela. Ce fut une belle détente. J'ai aussi aimé comment ma compagne formule ses remarques, à la fois encourageante et bienveillante en même temps que critique.

C'est pour un plaisir très personnel que je réalise ces albums. Il n'y a aucune « photos de famille » mais la seule production de ma recherche et de mes centres d'intérêt. Autrement dit, il est probable que bien peu de personnes verront le résultat. Autrement dit encore, c'est assez narcissique tout cela. Une sorte de plaisir solitaire. Je me demandais même si j'allais mettre ces recueils dans le salon, sur la table par exemple, un peu à la disposition des visiteurs. Ce n'est pas certain. Est-ce que je crains de m'exposer ? Peut-être ! Pourtant, il y a sur mes murs quelques-unes de mes photos, quelques portraits « travaillés » de mes petits-enfants que les gens admirent généralement. Mais, un portrait d'enfance est toujours touchant et agréable à regarder... Pour certaines de mes compositions photographiques, objets de mes recherches, il en va autrement. C'est loin d'être aussi consensuel qu'un portrait d'enfants, qu'un beau paysage, qu'une nature morte bien léchée...

En ce domaine, plus qu'en d'autres, les critiques négatives ont tendance à me faire douter, surtout si elles viennent de personnes que j'apprécie. Ainsi, lorsque ma deuxième fille critique mes photos je le vis plutôt mal. Pourtant elle a généralement raison... Elle a "l'oeil". (Et dire que je l'ai formé à la technique de prise de vue dans sa jeunesse !...). Mais je passe toujours par une période d'abattement avant de reprendre ce que j'ai pu faire et tenir compte de ses observations. Or, lorsqu'elle critique mes textes écrits - et là aussi, elle est assez douée, (elle a quand même écrit un petit roman à 14 ans qui lui a valu un prix et un succès d'estime...) - [On pourra ici observer combien le père est fier de sa fille...]. Lorsqu'elle critique mes textes écrits, disais-je, je ne vis pas du tout ce sentiment de découragement, bien au contraire, j'aime ses observations, ses remarques pertinentes y compris sur des points de détail, sa manière de m'interroger sur le choix de tel mot ou de telle expression, et à chaque fois elle met dans le mile. Le récit de vie qui a été primé fut préalablement soumis à sa critique attentive.

C'est pourtant plus engageant de montrer ses écrits que de donner à voir quelques photos ! Or il m'est plus facile de faire la première chose que la deuxième. C'est que probablement, pour dire les choses de manière un peu simpliste, j'ai plus facilement confiance en moi que dans ce que je réalise, bien que l'écriture soit une réalisation...
Disons que j'ai plutôt cette fausse conviction que je ne sais « rien faire de mes mains », que je suis malhabile, bien peu doué pour les choses matérielles. Et cela a manifestement sa part de vrai. Il ne faut guère compter sur moi pour bricoler, planter un clou droit sans me taper sur les doigts. Je n'exposerai pas ici les raisons de mes piètres capacités, cela fait partie de mes failles d'enfants quelque peu douloureuses, liée à des expériences que l'on qualifiera simplement de "malheureuses" pour ne pas faire pleurer dans les chaumières...

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samedi 3 février 2007

 

Le malheur sied à l'homme

Ainsi donc, encore un siècle et s'en sera quasiment terminé de l'aventure humaine, selon nos délicieux prophètes de malheur modernes que sont les grands scientifiques météorologues, relayés par de merveilleux porte-voix modèles labélisés Nicolas Hulot, cet animateur richissime de TF1, en mal de complément de notoriété.

Admirons au passage la performance consistant à déterminer au dixième de degré près la hausse de la température pour dans un siècle, alors qu'en général les météorologues ne sont pas foutus de nous donner le temps qu'il fera demain sans se tromper une fois sur trois.... Mais passons...

L'homme a besoin de prophètes. Cela existe depuis la nuit des temps. Il a d'ailleurs toujours eu une préférence pour les prophètes de malheur, qui font beaucoup mieux recettes en annonçant des Apocalypses, des fins du monde pour demain matin, des épidémies et des cataclysmes. La Bible et bien d'autres textes du même tabac (pardon, il ne faut plus dire tabac, c'est désormais interdit... Je rectifie : du même acabit), sont truffés de prophétie plus délirantes les unes que les autres qui, si elles s'étaient réalisées, aurait fait disparaître la race humaine de la face de la terre et nous ne saurions pas là en train, moi d'écrire, vous de me lire.

Pour que cela marche, le prophète a absolument besoin de s'exprimer au nom d'une autorité supérieure qui lui a fermement commandé de parler. Dans le passé, on croyait en Dieu bien plus qu'aujourd'hui, alors, le prophète parlait au nom de Dieu s'il voulait être crédible et vendre sa marchandise. Aujourd'hui, on croit beaucoup moins en Dieu, alors pour être crédible le prophète scientifique parle au nom du Grand Ordinateur, lequel est un engin tellement perfectionné qu'il ne peut que prononcer la Grande Vérité des Vérités. Au nom du Grand Ordinateur, je vous l'affirme, nous sommes totalement foutus !

Le rôle du prophète est aussi de culpabiliser l'homme à mort (c'est le cas de le dire !). Il est là pour que l'on remette de l'ordre dans la maison. Lui, le prophète, il n'est responsable de rien, mais nous les hommes, nous sommes de sacrées crapules qui devons dès aujourd'hui expier pour ce qui ne se produira pas demain. Détruit ta bagnole ! Crève de froid en arrêtant de te chauffer ! Étouffe-toi avec un sac plastique ! Arrête de péter c'est un gaz à effet de serre ! D'ailleurs, interdisons la culture du haricot car le fayot fait péter ! Détruisons les vaches pour la même raison, elles pètent bien trop !

Observons que les Scientifiques et le Grand Ordinateur ont progressé dans la manière de nous vendre leurs prophéties de malheur. Désormais, la prédiction de la fin du monde, c'est le siècle. Il faut bien dire que les scientifiques avaient un peu perdu en crédibilité en nous annonçant des malheurs terribles à brève échéance, qui bien évidemment, ne se sont pas produits : souvenez-vous du Bug de l'An 2000 ! Cela devait être la catastrophe ! Souvenez-vous du prion et de la vache folle : il devait y avoir des millions de morts... On attend toujours... Et notre récente grippe avière ! Quel flop ! On a dépensé des millions d'euros de nos impôts pour faire des stocks de masques, de médicaments et de je ne sais trop quoi encore... J'entends encore ce Grand Scientifique dont j'ai oublié le nom, qui, sur France Inter, (radio de service public!!), nous indiquait l'urgence des urgences de se préparer (à mourir ?) Car la grande pandémie, garantie mort assurée, était pour les semaines à venir... On attend toujours...

Et pour mes vieux lecteurs, vous vous souvenez de cette fin du monde annoncé pour le 14 juillet il y a bien des années ? Et la grande guerre atomique dans les années 50 qui devait nous décimer dans les mois qui arrivaient ? On attend encore...
Et n'oublions pas de mentionner ce merveilleux mythe du débarquement imminent des martiens... (Mais qu'est-ce qu'ils foutent ? Ils n'avaient pas de GPS les martiens ? Ils se sont paumés ? ...)

Il doit y avoir dans le fond dans notre cerveau reptilien un intense besoin de nous maintenir dans la peur permanente, individuelle et collective, il nous faut sans cesse être confronté à un ennemi, chimérique ou avéré, mais absolument indispensable pour vivre. Finalement nous avons besoin d'une loi de la jungle qui génère un perpétuel combat contre quelque chose ou quelqu'un. Pour unifier un peuple, il lui faut toujours un ennemi commun à combattre. Pour réconcilier une famille, il faut que celle-ci puisse s'en prendre au voisin de pallier. Pour combattre le chômage, il faut en rendre responsable "l'étranger", le chasser à coups de pieds dans le cul.

Alors, comme l'homme actuellement recherche confusément une unité planétaire, qui passe par ce qu'on appelle la mondialisation qui est une sorte de balbutiement économico-sociolo-psycho-tout-ce-qu'on-veut, allant dans ce sens, il faut absolument qu'il se trouve un ennemi commun, une lutte à entreprendre contre quelque chose. Un projet fédérateur, unificateur. Comme on n'a pas trouvé mieux que ce concept de l'ennemi commun : on a choisi une mayonnaise qui pourrait prendre, parce qu'elle est censée concerner chaque humain (quelle aubaine !) : luttons tous ensemble contre le réchauffement de la planète ! N'y a-t-il pas projet plus noble que de se sentir chacun responsable de sauver l'ensemble du monde ? N'est-ce pas là une extraordinaire raison d'existence ? Chacun de nous deviendrait, à sa petite mesure, sauveur de l'humanité tout entière... Que voulez-vous trouver de plus fédérateur...
Allons enfants de la patrie,
le jour de gloire est arrivé !

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jeudi 1 février 2007

 

La fuite sans fin du temps

« Le squelette, seul, est éternel » (Anna de Noailles)

Voilà quelques temps que je vis mal ce sentiment d'accélération des semaines qui passent : Déjà mercredi ? ! Déjà vendredi ? ! Déjà le week-end ? ! Cette sensation que le temps s'écoule comme le sable à travers mes doigts que je ne peux retenir. Et lorsque je regarde dans le rétroviseur, la route du passé s'amenuise dans le brouillard à l'horizon incertain. Devant, la route est droite, en pente descendante. Elle me précipite inexorablement vers la chute.

Monte alors en moi une fébrilité paralysante, une urgence à agir qui me fige sur place, une perte de présence à l'instant, lequel perd toute saveur. Je me dis : « vite, vite, il faut que j'agisse ! »... Et je ne fais rien ! Tout en me disant : demain il sera trop tard !

C'est une sorte d'état intérieur que je déteste. Il me met dans l'irréel et me coupe de ma réalité, qui n'a d'existence qu'au présent. Seul le présent est un ami fidèle, un compagnon d'existence qui m'apporte la paix intérieure tout autant que la force d'exister et l'efficacité de l'engagement. L'avenir, le temps qui passe, le décollage dans l'imaginaire sur ce que je pourrais devenir, sur ce qu'il pourrait advenir à ceux que j'aime, sont des ennemis puissants, hideux, tapis dans la boue des fossés, toujours prêts à surgir sur ma route, devant ma face, pour me décourager et m'angoisser.

Si je n'ai pas véritablement la peur de la mort, je crains le chemin qu'il faudra parcourir jusqu'à elle. « Mourir, cela n'est rien... Mais vieillir... » chantait Jacques Brel. On a beau me dire que je suis "encore jeune", que j'ai de belles années devant moi, le sentiment de ma lente déchéance s'infiltre en moi comme l'humidité remonte du sol dans les vieilles maisons. Force m'est de constater les dégâts du temps qui ont commencé, les traces de moisissures sur la tapisserie, le salpêtre qui a fait son apparition.

Alors, elle se fait forte la tentation du laisser-aller, de baisser les bras, d'attendre impuissant la fin annoncée, en conjurant le temps par une forme de léthargie occupationnelle. Dans cet état-là, où je n'arrive même plus à me détester, je me dis que je suis prêt pour l'hospice, ses rythmes répétitifs, de la toilette matinale au pipi avant le coucher, en passant par la partie de "petits chevaux" l'après-midi, assis dans un fauteuil avec oreillers pour me caler, et le sourire de l'aide-soignante guyanaise qui susurre avec insistance : « il faut boooiiiire Monsieur !...". Et moi, de saisir le verre en plastique de ma main tremblante, renverser quelques gouttes sur mes genoux, avant qu'elle ne s'empare de ma main pour porter le verre à mes lèvres, et voir mon pale sourire qui en réalité veut dire : « tu m'enmerdes connasse j'ai pas soif ! »

Sans doute, la lente dégradation de mon corps m'entraîne-t-elle dans cette déplorable évasion de la pensée, alors qu'en réalité j'ai encore au fond de moi suffisamment d'énergie pour accomplir ce que j'ai encore le goût de faire. Mais je ne peux passer sous silence ces pensées poisseuses qui me collent au cerveau trop souvent. Elles sont le signe que je n'accepte pas la réalité que je suis sur l'autre versant de la montagne, celui qui redescend vers la plaine après la griserie de l'ascension et le bonheur des sommets.

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