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AlainX

 

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mercredi 31 janvier 2007

 
Panne textuelle

Voilà ! Cela devait finir par arriver. Il paraît que de ce côté les choses ne s'arrangent pas avec l'âge. Je suis victime de ma première panne textuelle. Cela fait deux jours que j'essaie de la prendre en main de bien des manières, pour qu'elle finisse par cracher son texte et étaler son jus littéraire sur ma feuille, mais rien n'y fait. Par le moindre spasme salvateur pour digresser sur les sujets proposés. La sécheresse absolue. L'absence totale de la moindre humidité imaginative.

J'ai ingurgité quelque pilule bleue espérant une masturbation intellectuelle prometteuse et généreusement abondante. Mais rien. Le néant épistolaire. Je ne suis pas loin de regretter la puissance neuronale qui jusque-là me rendait fier de mon engin écritoire. J'ai ouvert et parcouru quelques livres bien choisis, espérant une montée d'excitation mentale qui m'inspirerait et redonnerait virilité et force à ma prose. Mais ce fut en vain.

Je pense qu'il va me falloir consulter quelques prosateurs non prostatiques, quelques polygraphes érotomanes, un ou deux calligraphes à la plume fièrement dressée.

Si rien ne vient, je suis capable d'aller jusqu'à m'en remettre à la Sainte Église Catholique et d'exposer mon cierge à la face de Saint Cassien, patron des écrivains. C'est dire si je suis tombé bien bas !...

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mardi 30 janvier 2007

 

La Campagne me fait rire jaune ( série 1/Saison 1)


Nouvelle Série sur le Blog de l'X ... jusqu'au printemps où la France reverdira...

En direct de l'USD

""(...) Thierry Henry (footballeur millionnaire), ... X... Y ... Anémone (célebre actrice) et Z ... Ils ont tous les cinq signé la pétition en faveur de la candidature de José Bové ! Des gens venant d'horizons si opposés (...) pensent qu'un monde meilleur et possible ...""

Qu'est-ce donc qu'un monde meilleur pour Th. Henry ? P'tet racheter la ferme à Bové.... Faut quand même qu'il investisse ses milliards ce brave homme ! A moins que ce ne soit un défenseur des pelouses de stades garanties sans pesticides... Ce jour-là enfin on aura enfin un monde meilleur....

Quant à Anémone... cette jolie fleur signe tout ce qu'on lui met sous le nez... Normal c'est une plante ....

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dimanche 28 janvier 2007

 

oxford camerata requiem op 48
envoyé par filehip

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vendredi 26 janvier 2007

 
Statistiquement vôtre

Je suis allé faire un tour du côté de mes statistiques. Cela faisait un bon bout de temps que je n'avais pas été voir là-bas.
J'ai réalisé que ce blog avait 57 mois d'existence. C'est beaucoup et c'est peu.

Le premier mois, en avril 2002, j'ai eu 235 visites. Ma belle époque statistique se situe au premier semestre 2006, avec des visites entre 2600 et 3000. Depuis août dernier, c'est en baisse constante. Je suis retombé à l'audience que j'avais dans le premier semestre 2003. De l'ordre de 1500 à 1700. Je ne suis pas très doué pour ces séries de chiffres, mais cela représente environ une moyenne de 60 à 80 personnes par jour, bon an mal an. Ne sachant guère analyser tous ces chiffres, et comme je ne cherche pas tellement à comprendre, j'ajouterai qu'à mon sens, ce blog doit comporter une quarantaine de "lecteurs fidèles" qui me lisent dans la durée.

Je ne cherche pas à faire de l'audience, et quoi qu'il en soit, mon blog, par la nature de ses propos, ne peut intéresser qu'un nombre assez limité de personnes. J'aborde des sujets qui ne passionnent par les foules. Si je voulais avoir plus de monde, il faudrait que je parle de l'intérêt comparatif des téléphones portables, ou que je mette plus de femmes à poil, (ou plutôt, sans poils, vu l'évolution des toisons pubiennes !).
De plus, j'ai choisi délibérément une plate-forme qui n'est pas francophone, comme canalblog ou blogspace par exemple, pour demeurer en dehors de ce concept de « communauté de blogueurs ». Finalement j'ai besoin de demeurer dans une sorte de particularisme, hors des sentiers battus, ce qui va très bien avec ma propension à vivre en solitaire, plus ou moins à la marge, plus ou moins ours dans sa tanière.

Reste que je m'interroge sur cette baisse progressive de ces derniers mois. Comme je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle du meilleur blog, mon interrogation ne se situe pas dans le sens de la recherche de moyens pour augmenter mon audience... Encore que...
Car, je ne me suis jamais posé de question lorsque les courbes étaient à la hausse, sauf à ressentir un certain contentement que ce que j'écrivais pouvait intéresser. Or, actuellement, voyant les courbes à la baisse, je m'interroge quand même. Un blog comme le mien, qui n'appartient à aucun réseau de diffusion, qui demeure tapi au fond d'une plate-forme essentiellement en langue anglaise, dont l'auteur ne cherche nullement à se faire connaître, qui de plus commente de moins en moins sur d'autres blogs, n'a pas une liste pléthorique de liens, ne peut que finalement s'enfoncer progressivement dans une confidentialité confinant à un tout petit cercle.
Est-ce que sur ce terrain, j'ai un souhait, un projet, un objectif ? Cela rejoint les sollicitations de quelques personnes, qui me poussent à "publier papier" car pour elles ce que j'exprime leur semble mériter une diffusion plus importante, peut-être plus « sérieuse » que cette simple écriture geyser qui est la mienne sur ce blog.
Je vois bien que je résiste à cette sollicitation, que même parfois elle m'agace, alors que je sens bien que cette sollicitation n'est pas n'importe quoi, qu'elle n'est pas non plus une flatterie.
Il en fut exactement de même dans le passé, lorsque l'on m'a littéralement poussé à donner des conférences. Mes résistances n'étaient pas liées à des peurs, j'ai la chance de n'avoir jamais eu aucun problème à parler en public et même à une grande foule. Je crois même que j'ai toujours aimé cela. En classe, j'avais d'excellentes notes dans les exposés à faire devant les autres. J'étais récompensé de mon aisance en public bien plus que de la qualité de l'exposé lui-même. Je savais me détacher de mes notes, être quelque peu théâtral et faire rire y compris le professeur ! J'ai toujours trouvé un peu cela paradoxal au regard de mon enfance solitaire et tout ce que j'ai vécu de douloureux et difficile lors de mon entrée à l'école par rapport aux autres élèves.
Mais voilà, donner des conférences pour diffuser ma propre recherche, ma conceptualisation personnelle de certaines choses, c'était devoir me prendre bien trop au sérieux ! Et j'avais de la difficulté à me "positionner juste" intérieurement, soit je minimisais les choses, (avec une fausse modestie), soit je les majorais (avec un réel orgueil). C'est plutôt la première chose qui dominait : minimiser. Les organisateurs qui me connaissaient m'en faisaient la remarque, si ce n'est le reproche : "Pourquoi n'as-tu pas dit telle chose avec plus de force, plus d'arguments, alors que je sais l'importance que tu lui accordes ? Pourquoi as-tu présenté telle autre comme une hypothèse, alors que dans un cercle plus restreint tu en affirmes la certitude selon toi ?". Je répondais le plus souvent par de faux arguments artificiels qui masquaient mon embarras personnel, et même une sorte d'incapacité à me comprendre avec assez de finesse en ce domaine. Car, en soi, je ne craignais pas d'affirmer les choses, de me confronter à la contestation d'autrui. Je l'ai déjà dit je sais manier la polémique, et à une certaine époque de ma vie j'y trouvais même un plaisir pas forcément très sain. Défendre les autres, m'engager pour un projet collectif, cela m'est possible. Présenter et défendre, mais surtout "officialiser" des "idées personnelles" (surtout si elles ne sont pas dans l'air du temps) s'est encore autre chose...

Relativement à ce blog, face à mes "écrits papier", je me retrouve finalement encore avec ce même embrouillement intérieur. Entre reconnaître de la valeur à ce que j'écris, et donc une légitimité à en assurer une plus ample diffusion, et mon intense désir en retrait consistant à garder tout cela dans le coin d'un tiroir, ou dans la profondeur des fichiers de mon disque dur, il y a un fossé que je ne franchis pas.

Alors, je ne cacherai pas que ma tentation se fait grande de mettre fin à ma petite aventure personnelle dans le monde de la blogosphère. Cela représenterait une évidente frustration, car j'aime écrire « ici », sans contrainte, au fil du clavier ou de la dictée. Mais l'heure est peut-être venue de passer à autre chose.

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jeudi 25 janvier 2007

 
Pardon ?
Vous avez dit pardon ?

Ce matin j'ai écrit un long texte sur le pardon. Il ne sera pas publié pour l'instant. Comme d'habitude je me suis laissé écrire ce qui me venait et il y a des choses que je sentirais inajusté de publier ici, concernant ma mère, par respect pour sa mémoire.
J'ai tenté de modifier mon texte pour supprimer ces passages-là de la publication, mais cela fait perdre tout intérêt à ce que j'avais écrit.

Je reste avec cette question du pardon et de son sens en ce qui me concerne. Un questionnement intérieur difficile pour moi. Bien entendu, je pourrais écrire toutes sortes de choses bien léchées intellectuellement sur ce sujet, avec le pourquoi du comment de la nécessité du il faut. Car c'est sûr : il faut pardonner ! Tout le monde vous le dira ! Je peux même vous démontrer toute l'intérêt de la chose pour une bonne santé psychologique !

Et puis, dans notre société contemporaine de nantis occidentaux, c'est très tendance d'aller demander pardon à tous ces braves gens des pays pauvres que l'on a exploités honteusement. L'église catholique s'y met aussi, c'est dire ! Ça ne mange pas de pain de faire cette démarche à grand renfort de médias. Cela donne bon conscience, et surtout, surtout, cela permet de demeurer des pays riches de nantis, et, au final, c'est quand même bien cela qui compte le plus !
Et puis, le pardon c'est gratuit ! Quelle aubaine !

Bon, c'est pas de tout cela, maintenant que c'est fait, il est temps de se remettre devant les cours de la bourse et d'engranger nos bénéfices...

Je passe voir mon banquier et je reviens. Quittez pas !

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mercredi 24 janvier 2007

 
l'Abandon

Difficile de distinguer le pourquoi des choses. Voilà plusieurs jours que je ressens une grande lassitude qui m'a envahie. Bien entendu, je suis capable de passer par au-dessus d'elle, si je peux m'exprimer ainsi, et mener ma vie quotidienne comme si de rien n'était. Bien entendu, je peux mettre cela sur le compte de l'hiver, la grisaille du ciel, les journées trop courtes, le rare soleil trop pâle. Bien entendu, je peux dire que mon corps a de la difficulté à se mouvoir dès lors que les froids arrivent et qu'il me faut dépenser pour ma vie quotidienne beaucoup plus d'énergie qu'aux beaux jours. Bien entendu, je peux me contenter de toutes ces explications plus ou moins rationnelles, plus ou moins rassurantes. Mais je sais bien que la vraie raison est ailleurs ; où ? je ne le sais pas exactement tant que je n'aurai pas laissé cette lassitude s'expliquer par elle-même.

Je suis las de tout ce par quoi je suis traversé et qui m'atteint plus profondément que je ne le voudrais. Cette attitude frise par moment l'écoeurement et le dégoût. Je pense ici à la marche du monde que me renvoient les médias qui m'éclaboussent, le dévoiement d'une campagne électorale qui s'engage de manière merdique dans tous les camps, la misère étalée et exploitée, les périls de tous ordres, et mon impuissance personnelle face à tout cela.

Je suis las des personnes de mon entourage qui, soit viennent m'étaler leurs problèmes, soit tiennent des propos « de surface » et/ou sans intérêt. Je n'ai pas envie de les envoyer balader, au contraire mon écoute demeure plutôt active et de toutes façons je ne sais pas faire autrement, mais c'est ma capacité d'absorption qui s'est réduite. S'en est au point que j'ai enclenché une procédure d'évitement vis-à-vis d'une amie que j'ai refusée de prendre au téléphone alors que ma compagne m'indiquait qu'elle voulait me parler, parce que je ne veux pas l'entendre dans l'expression de sa déprime profonde, que je n'en ai ni la force ni le courage.

Je suis las de ce sentiment que l'on me vide de ma substance et que je me laisse faire comme si l'on pensait que j'étais capable de tout supporter tout le temps. Ce midi, nous aurons des invités, il y a quelques jours je m'en réjouissais, ce matin je me dis qu'ils vont m'épuiser avec leur bavardage.

M'abandonner, c'est ce que j'aimerais faire, mais j'en suis toujours incapable. L'abandon confiant m'a tellement trahi que je ne suis pas prêt de recommencer. Je viens d'écrire « c'est ce que j'aimerais faire » mais je n'en suis même pas certain... Donner de moi-même, j'en suis capable et je le réalise je crois. M'ouvrir "ici" et laisser voir sur ce blog des réalités importantes pour ne pas dire fondamentales de moi, j'en suis capable... Puisque je le fais ! Me montrer d'une manière authentique dans ce que je décide d'exprimer, cela m'est accessible et même quelque peu naturel. Mais l'abandon confiant, c'est encore autre chose. Une attitude sur laquelle je m'interroge d'ailleurs. Bien sûr, on peut s'abandonner dans les bras de quelqu'un, l'espace de quelques instants, de quelques heures, de quelques jours, mais ce dont je parle va bien au-delà de cette forme de confiance intense. C'est « l'abandon de tout soi » dont j'ai la nostalgie. C'est un mouvement de s'en remettre totalement, pour être totalement redonné à sa réalité la plus essentielle et vivante.

Je suis porté vers un sentiment d'intense contemplation, lorsque je vois un enfant s'abandonnant au sommeil dans les bras de sa mère. Cet enfant est pour moi l'icône de l'abandon confiant. J'ai longtemps eu dans mon bureau une photo d'une amie, jeune maman regardant d'un visage doux et d'un sourire aimant son enfant qui dormait dans ses bras. J'étais admiratif de cette icône, autant qu'envieux, ne parvenant pas à retrouver la trace en moi d'une telle expérience avec ma mère. Je ne dis pas qu'elle n'a pas existée, je dis que je n'en ai pas à la trace dans mon psychisme, mon corps, ma personne.

Alors, ma lassitude c'est cette lourdeur du poids d'avoir comme à me porter moi-même sans autre choix possible, ou plutôt sans autre choix offert.
Lorsque je me suis intéressé à ce qu'il est convenu d'appeler "les grands mystiques", c'est cette expérience que je recherchais à percevoir chez eux dans toute son acuité : leur abandon confiant à Dieu. L'abandon au coeur de cette relation secrète et mystérieuse que certain(e)s ont décrit avec tant de justesse. C'est cet abandon là qu'il leur donnait un intense charisme, une personnalité affirmée et une extraordinaire fécondité, en posant de puissants actes fondateurs avec une audace hors du commun.

Je veux dire par là que cet abandon confiant dont je parle, n'a pas grand-chose à voir avec l'abandon amoureux des amants, qui est d'une autre nature. Ou plutôt, il n'est que la manifestation visible en surface de ce qui peut être en jeu au plus profond des personnes. Ce n'est pas pour rien que Thérèse d'Avila exprimait son amour pour le Christ avec un vocabulaire d'amante torride.

Ce dont j'ai l'expérience, c'est l'abandon confiant à moi-même, plus précisément à cette dimension de moi qui ne se réduit pas à ma propre personne, mais me transcende de toutes parts. L'abandon à la puissance de Vie qui anime le coeur de l'homme, le déborde, et peut le porter au sommet de sa réussite humaine. (L'abandon étant ici synonyme d'une confiance qui fait s'engager concrètement). Mais ce n'est pas encore l'abandon "à quelqu'un", cet abandon relationnel qui génère une sorte de transfusion de vie.
Ainsi, je bute toujours au même endroit, celui de l'Ultime et de la Source première. Là où je me trouve face au Mystère, là où d'une certaine manière je refuse d'aller plus loin.

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mardi 23 janvier 2007

 

Mourir en paix, ...
et autres reconsidérations ...

« Qu'il repose en paix ! » Voilà une phrase que l'on entend souvent à l'occasion d'obsèques. Elle m'est revenue à propos du décès de l'abbé Pierre et de ce qui a été dit sur son aspiration à mourir pour rejoindre cet autre monde meilleur dont les chrétiens pensent qu'il existe ailleurs. Cette interpellation m'a toujours donné à réfléchir ; les mots prononcés descendant jusqu'au fond de moi-même chaque fois que je les entends. La réalisation de cette exhortation me semble beaucoup dépendre de la manière dont on aura vécu.

Mourir en paix c'est être arrivé à la pacification de soi-même. Être sorti des tumultes intérieures, avoir dénoué des noeuds de souffrances ; c'est s'être réconcilié autant avec soi-même qu'avec un certain nombre de personnes avec lesquelles on a été en opposition, en conflit armé, en guerre relationnelle. Il est évident qu'à cet objectif ultime nous n'arriverons pas ; l'important étant sans doute d'être résolument sur ce chemin lorsque la dernière heure viendra. Car au fond, la dernière heure peut se présenter dans quelques instants.

Il me semble que depuis quelque temps, je suis entré d'une manière nouvelle sur ce chemin de pacification. Plus précisément, je suis entré dans une plus grande conscience que j'avais à me pacifier par une démarche à la fois volontaire et accompagnée. J'ai souvent exprimé que j'étais un homme de convictions fortes, cela m'a entraîné dans certains combats, plus ou moins violents, et je porte les cicatrices d'un certain nombre. On dit aussi que j'ai une forte personnalité, que j'en impose par ma stature personnelle, qu'il y a en moi un charisme évident. Il y a bien entendu un fond de vérité à cela, je m'y reconnaîs pour partie, mais pas totalement.

Avoir un charisme, c'est porter au coeur « quelque chose » que l'on met en avant, que l'on montre, dans lequel d'autres se reconnaissent, et donc, ces personnes s'inscrivent dans le sillage de celui/celle dite charismatique. Les personnes qui viennent dans ce sillage ne sont pas des "suivistes passifs" mais des "engagés actifs" qui bâtissent une oeuvre. Non pas pour plaire au leader, mais pour réaliser ce « semblable à lui/elle » qu'ils portent dans leur propre coeur. Le leader n'aura jamais été que le révélateur d'un préexistant dans la personne. Finalement, dans cette optique-là, suivre un leader c'est une opération de fidélité à soi-même, plus précisément à un aspect de soi fondamental et dont la mise en mouvement et en actes concrets fait sens dans la vie.
Évidemment, dans ce processus, au plan psychologique, on n'évite pas parfois de confondre la "recherche du père" auxquel on veut plaire pour qu'il nous aime... et le véritable engagement "à partir de soi". Tous les responsables "honnêtes" qui fondent leur action sur un charisme qu'ils portent sont confrontés à ces déviances [le plus souvent involontaire] des personnes et il leur faut apprendre à faire le tri entre disciples et groupies ! D'autant que la tentation est forte pour le leader charismatique de se transformer en gourou... En fondateur de secte : C'est-à-dire de mettre les autres au service de lui-même et non pas au service de "l'oeuvre" ou de la "cause" dont il s'agit.
J'ai eu l'occasion dans ma vie professionnelle d'intervenir comme médiateur dans le cadre de ce type de regroupement fondé sur le charisme d'une personne. Il n'est pas toujours facile de démêler les tenants et aboutissants psychologiques qui sont en jeu, tant le maillage est serré entre ce qui relève des dépendances psychologiques, et ce qui relève de la mise en oeuvre effective du projet plus fondamentalement porté par le leader.
Il faut aussi que le leader entre dans une humilité personnelle pour mettre en avant le projet à réaliser et non pas d'abord sa propre personne. C'est tellement grisant l'exercice du pouvoir ! L'aider à faire cela suppose un certain doigté. Je ne l'ai pas toujours eu.

[Me voici encore parti dans des digressions qui m'éloignent de mon sujet initial, auquel il me faut revenir]

Je parlais de pacification personnelle. Cela m'est revenu à l'occasion de deux événements récents. D'une part, une personne qui me parlait d'un chemin de réconciliation avec ses parents décédés qu'elle avait entrepris véritablement et qui me semblait une démarche noble, profondément humaine et humanisante. D'autre part, la lecture de longs passages de l'ouvrage que mon frère écrit sur l'histoire de notre famille (passages qu'il m'a demandé de relire et d'amender éventuellement) dans lesquels il relate toute la souffrance de mes parents et de lui-même au moment de mon grave accident de santé qui a failli m'emporter. J'avais déjà abordé ce thème avec lui, mais c'était de manière informelle, à l'occasion d'un séjour dans la maison familiale de vacances où mes parents vécurent leur retraite, quelque part dans un petit village de montagne. Mais aujourd'hui j'ai tout cela sous les yeux, noir sur blanc. Je n'ai rien appris au niveau des événements, certains sont inscrits dans ma mémoire d'une manière indélébile, heure par heure. Mais là je lis les sentiments, les émotions et les chagrins de mon entourage qui, certes, ne vivait pas les souffrances qui me lardaient les chairs, mais en vivait d'autres tout aussi douloureuses.
J'ai vécu alors un retournement intérieur difficile. Bien sûr, j'avais souffert d'une mère très inajustée dans ses manières d'être et de faire avec son petit garçon, d'un père absent, d'un frère distant, mais je leur avais causé moi-même d'intenses souffrances en tant que parents et frère ; et cela, je l'avais totalement occulté, d'abord par inconscience, puis par volonté de ne pas voir.

Il aurait été facile de dire que, de tout cela, je n'y étais pour rien. Que c'était l'oeuvre de la fatalité ou du destin funeste. Que la maladie s'était abattue sur moi et qu'elle avait généré des souffrances un peu partout, comme la pierre jetée dans l'eau génère des ondes qui se propagent loin.
Oui mais voilà, telle n'est pas mon interprétation des faits... L'accident de santé n'est pas survenu par hasard, il était mon ultime appel au secours, mon cri pour être aimé. J'ai relaté cela longuement ailleurs. J'en ai même fait un texte, un "récit de vie" qui a été primé. Au nom d'un amour que je réclamais à cor et à cri, (à corps et à cris...) j'ai lamentablement généré des dégâts, autant sur moi-même que dans mon entourage proche.
Je n'ai pas obtenu les résultats escomptés. Comment pouvait-il en être autrement d'ailleurs lorsque l'on s'inscrit dans une dynamique provocatrice de mort pour espérer enfin pouvoir vivre.

Ensuite, il est vrai, je suis entré dans un processus de totale reconstruction dont je tire quelque fierté que je crois légitime. Il n'en demeure pas moins que les dégâts ont été ceux que j'ai pu constater dans la lecture.

Alors, je crois qu'il me faut entrer dans ma pacification par une démarche de réconciliation avec cet épisode de l'histoire. J'en ai longtemps voulu à mes parents, à ma mère en particulier, de m'avoir « contraint » à cette extrémité. Aujourd'hui, je réalise mieux que, qu'elles que soient les raisons de tout cela, il y a eu une souffrance commune, partagée à égalité si je puis dire ainsi. Ces événements et leurs conséquences sont la résultante d'une "souffrance familiale" (et dans l'histoire d'une lignée...) dans laquelle chacun à sa part, eux comme moi. C'est cela qu'il me faut reconnaître, sinon je vais demeurer dans des relents d'accusation des autres, une sorte de fonctionnement victimal qui ne peut que mener dans l'impasse.

Je crois que j'ai une nouvelle lettre à écrire à ma mère. Peut-être même, serais-je capable de faire ce voyage jusqu'à sa tombe, là-bas, à 800 km, jusqu'à ce cimetière où je ne suis jamais retourné. Peut-être irai-je y enfouir cette lettre.

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[J'aurais pu enlever la digression que je fais à propos des leaders charismatiques, en faire l'objet d'une autre entrée, car c'est un sujet qui me tient à coeur, je réalise après l'avoir écrit. Mais je maintiens le texte tel qu'il est, par fidélité à ma démarche du « texte brut ». Je crois que cela a un sens quelque part. Je verrai plus tard.]

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lundi 22 janvier 2007

 

La robe de mariée

Ce week-end, notre fille était chez nous. Seule. Sans son futur époux. Elle venait pour choisir sa robe de mariée. Une affaire entre femmes. Entre mère et fille. Elle était toute excitée la fille, et ses yeux brillaient ! Elle avait des picotements dans le ventre, comme à la veille des concours d'entrée aux grandes écoles, il y a dix ans. Le papa avait droit à des gestes d'affection et de tendresse, ainsi que d'être appelé par ce [petit nom] qu'elle lui avait donné dans son enfance, mais qui ne sera pas révélé ici... Il aurait quand même le droit de voir les photos que la maman aura prises avec le modèle choisi. Il aura tout intérêt à dire que ce choix est merveilleux et qu'elle est très belle et très femme dans cette robe magnifique à usage unique. C'est ce qu'il fera d'ailleurs en découvrant les photos sur l'écran de l'ordinateur.

Ce qu'il ne dira pas le papa, c'est son émotion de la voir ainsi parée. Il avait eu les larmes aux yeux lorsqu'il avait vu sa fille aînée dans sa longue robe ivoire (c'est un grand sensible le papa finalement...), il ne pensait pas qu'il aurait de nouveau cette émotion-là, si ce n'est plus forte d'ailleurs, face à sa deuxième fille, celle envers laquelle il a, non pas une préférence, mais une forme de proximité singulière et subtile qu'il n'a ni choisie ni décidée, mais qui est un constat depuis toujours.

Comme pour sa fille aînée, le papa a réalisé que désormais, dans cette robe-là, elle signifiait qu'elle n'était plus "sa fille", mais allait devenir l'épouse et la compagne d'un autre. Bien entendu, cela faisait plus de dix ans qu'elle avait quitté le toit familial, d'abord pour ses études, puis pour son métier. Bien entendu ce papa avait franchi les étapes de la relation d'un père à sa fille : le chérissement de la petite fille, l'affrontement avec l'adolescente, l'admiration pour la jeune fille, la joie de la voir jeune femme heureuse de sa vie et de s'accomplir. Il avait vu passer quelques amoureux, il avait, avec sa compagne, consolé quelques chagrins d'amour, pansé quelques blessures du coeur, prodigué quelques conseils, affronté quelques tempêtes relationnelles ; mais enfin, il devait bien le reconnaître, elle était encore un peu « sa petite-fille », son enfant, dont il voulait encore prendre soin.

Là, devant la photo sur l'écran, il la voyait en robe de mariée. À la fois il la reconnaissait, c'était elle, sa fille ; et à la fois c'était une autre déjà, cela se voyait sur son visage. S'il avait vu cette photo, comme ça, par hasard, l'espace d'une seconde, peut-être même qu'il ne l'aurait pas reconnue, elle, sa fille.

Oui, c'était une autre parce qu'une autre étape de sa vie s'engageait. La robe de mariée signifiait tout cela en cet instant.



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samedi 20 janvier 2007

 
42 millions d'électeurs en France, et moi, et moi et moi...

De l'intéressant blog (pour ceux qui aiment les mots) de Jean Véronis

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En une heure et dix huit minutes de discours, Nicolas Sarkozy a prononcé je, me, moi, ma 258 fois, c'est-à-dire une fois toutes les 18 secondes. Ca ne vous dit peut-être rien, mais c'est énorme... Un des discours les plus égocentrés que j'aie jamais analysé. Un quart des phrases commencent par je !
Allons un peu plus loin :
Je veux : 77 fois
Je veux être le président : 27 fois
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Manifester son égo surdimentionné une fois toutes les 18 secondes ! (Sacré TSarkozy va !!)
Allez Hop ! Les paris sont ouvert :
Quel est le(la) blogeur(euse) qui fait MIEUX
et peut prétendre à être Calife à la place du prétendant TSarkozy ?

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jeudi 18 janvier 2007

 

Mes Solitudes

Aussi loin que je puisse remonter dans mon passé, tant celui dont j'ai conscience que celui qui me fut raconté, les Solitudes ont été mes plus grandes compagnes. Elles furent mes amies, mes maîtresses, mes sécheresses. Celle d'aujourd'hui est une insatiable quémandeuse de présence qui me tire vers elle pour que je m'abandonne à ses bras.

Finalement, je vous ai toutes aimées mes Solitudes. D'ailleurs je n'ai guère eu le choix, vous vous êtes imposées dès les origines. Toi, ma première, tu apparus dans les premiers mois de ma vie. Tu te tenais silencieuse près de mon berceau. J'avais beau crier et hurler tu demeurais impassible. C'est ton terrible silence et ta froideur que je craignais, mais il fallait bien m'en accommoder.

Peu à peu, dans ma petite tête d'enfant, j'ai réalisé qu'il en serait ainsi toute ma vie, que j'irais ainsi de solitudes en solitudes. Là était ma destinée ; il ne pourrait en être autrement. Il me fallait apprendre à vous connaître, à vivre cette mystérieuse cohabitation nécessaire.

Il existait des personnes qui ne pouvaient vivre qu'au milieu de la foule, que dans le bruit des villes, qu'environnées d'une musique assourdissante. Elles avaient besoin d'un incessant bavardage, d'une logorrhée diarrhéique autant envahissante que nauséabonde. Moi, finalement, je n'aspirais qu'à vous retrouver dans le calme frais de ma chambre, dans la douce tiédeur du soir au bord de l'eau, lorsque les foules étaient remontées des plages.

Ce n'est pas que je détestais le monde, les relations, l'amour des personnes, l'intimité des femmes, le mélange des corps, la vibration des assemblées solidaires au service d'une cause, la plongée au coeur des foules où la harangue de celles-ci, micro en main, détenteur du Verbe pour mieux les entraîner là où je voulais qu'elles aillent. Non, tout cela je l'aimais aussi. Mais vous étiez tellement attirantes, mes solitudes, qu'il me fallait bientôt vous rejoindre, plonger dans le doux velours de vos silences feutrés.

Enfant, je me glissais sous les couvertures, dans le fond de mon lit, mon ours entre mes bras, pour lui murmurer à l'oreille tout ce que les autres ne voulaient pas entendre. Alors, tu étais là aussi, toi ma Solitude de l'instant de nuit. Tu acquiesçais par ton silence à mes propos secrets, tu te faisais plus épaisse et plus dense pour m'envelopper de la chaleur maternelle qui me manquait.

Au bout de mon enfance, là où l'on se met à basculer vers les années difficiles d'adolescence, lorsque j'ai pensé me débarrasser de toi en frappant fort sur mon corps, en le délabrant, en le faisant devenir flasque, j'ai cherché à t'éliminer parce que tu devenais trop pesante. J'ai cru que l'entourement d'un enfant malade par des êtres humains attentifs te ferait t'éloigner et même disparaître. Ce fut partiellement le cas. Je n'étais plus seul. Bien au contraire, c'était un trop. Je n'avais qu'une hâte : te retrouver. De simple présence, tu te fis confidente. Tu parlais peu, mais j'apprenais à te connaître, à entendre ta mélodie silencieuse murmurée au fond des fibres de mon ventre.

Et puis, vinrent les femmes, plus séduisantes que vous, mes solitudes. Dans la chaleur de leurs corps je cherchais mon chemin, avide de connaître le secret des baisers, l'ardeur des joutes amoureuses, le dévoilement de la peau, les larmes coulant sur les ventres. Je croyais pouvoir m'abandonner, mais j'étais à la merci. Je vous voyais là-bas au loin, mes Solitudes, me faisant signe, me pressant de revenir. Nous nous entendions si bien, vous et moi. Mais je ne voulais plus, j'avais le désir des autres, de l'Autre. Vous n'étiez que des leurres ; il fallait renoncer.

J'ai pris de la distance. Je vous regardais vous éloignant dans le rétroviseur. Bientôt vous ne fûtes plus qu'un point sur l'horizon. Sans regret, j'ai regardé devant, le coeur palpitant, l'envie dévorante de vivre enfin se faisait plus forte. J'ai mordu dans la vie, affamé que j'étais, goinfre, j'ai dévasté mes années. Je suis devenu l'homme « qui n'avait plus une minute à lui », l'orgueilleux de l'agenda bien rempli, du carnet d'adresses débordant, du compte en banque étoffé.

Et puis, je suis entré en manque de vous, mes Solitudes. J'ai renoué avec cette hâte des retrouvailles dans vos bras. Vous me manquiez tellement ! Que devenait ce coeur à coeur, ce coeur à silence, auprès de vous ? Je m'étais bêtement détourné alors que vous m'êtes indispensable et que je sais cela depuis le début des origines.

Aujourd'hui, vous voici toutes là rassemblées, des plus petites aux plus grandes. Je vous chéris mes Solitudes par ce que, par vous, je veux être et donner autour de moi. Sans votre présence à mes côtés, je ne puis que me dessécher. Vous êtes mes intimes, mes dialogueuses du Mystère. Si je ne me retire pas régulièrement auprès de vous, ma vie perd son sens, je suis coupé de votre source féconde, je deviens terne et appauvri.

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lundi 15 janvier 2007

 
Un bon début

C'est un excellent week-end que je viens de passer. Plus que cela même, un week-end heureux. Je n'ai pas tellement envie d'en dire les raisons qui pour l'instant resteront plutôt d'ordre privé. Je voulais seulement signaler mon état intérieur personnel du moment. De plus, ce matin, le ciel est bleu et le soleil entre par ma fenêtre. J'ai donc plutôt envie de goûter ce bonheur-là, venu principalement de la qualité et de la densité des relations vécues ce week-end. Cela m'a amené à revenir en ces zones de l'essentiel au coeur d'un quotidien décisionnel.

Dans le même temps, pour le peu que j'ai écouté la radio, il fut difficile d'échapper à la machinerie médiatique du barnum Sarko ! Je dois dire que je me suis senti dans une grande désolation intérieure face à ce cirque. Habituellement, j'ai tendance à m'énerver (encore plus quand il s'agit de l'affreux Sarko) devant ce déploiement de bêtises coûteuses et ces pièges à gogos pour nous vendre de la verroterie électorale. Et puis, ce vote totalement pipeau qui fait de l'UMP une organisation bananière à candidat unique. [Faut que j'arrête, je vais commencer à m'énerver !].



En fait, je n'ai eu qu'une pensée désabusée (hélas !) : Et dire que le sacre de Sarkozy coûte plus de 3,5 millions d'euros… strictement pour rien… puisqu'il y a belle lurette que la France entière sait que Sarko sera le candidat de l'UMP ! Combien cela représente-t-il de repas « aux restos du cœur » ? Exactement 3,5 millions de repas… (Un repas aux Restos = 1 euro [source « Le Quid »]) Je vous laisse méditer sur ce que devient la démocratie en ce XXIe siècle... Ou plus précisément sur l'usage que certains en font…

À cette remarque GRaffarin répondait ce matin à la radio que c'était tout à fait normal, que c'était cela le prix à payer en démocratie. Et ce vendeur de cacahuètes-politiques comparait avec les frais de fonctionnement d'un conseil municipal ou d'une assemblée régionale. M. GRaffarin, (vous qui ne supportiez pas Sarko mais venez magnifiquement de retourner votre veste parce qu'il vous a fait la promesse de vous serez le patron de l'UMP s'il est président), pourquoi est-ce que vous nous prenez à ce point pour des cons ?! en faisant l'amalgame entre un Barnum politico-publicitaire qui débite à la coupe des promesses intenables et mensongères, qui vend dans de l'emballage sous-vide du discours stéréotypé, et le fonctionnement d'une institution démocratique décisionnelle qui est au charbon et confrontée aux réalités du quotidien ?

Pensez-vous que le journaliste aurait réagi ? Non ! Il lui sert la soupe ! À moins qu'il ne soit lui-même découragé devant GRaffarin-gros-minet, qui nous la joue « père de la patrie » avec sa condescendance mielleuse.

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EDIT : J'avais manqué un truc sur Sarko, il est aussi le candidat ramasse-miettes et de Mireille Mathieu : Ben si il le dit lui-même : « Ma France, c’est celle de tous les Français qui ne savent pas très bien au fond s’ils sont de droite, de gauche ou du centre » (c'est parce que Bedos disait : "Mireille Mathieu n'est ni de droite ni de gauche, elle est là où on la pose".)

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Sans doute que le bonheur profond que j'ai ressenti ce week-end était à la mesure de la profonde tristesse qui m'habite également devant le lamentable spectacle de nos hommes (femmes) politiques… ce n'est pas incompatible le bonheur profond et la tristesse du monde. C'est juste que c'est un peu difficile à faire cohabiter. C'est aussi que cela tire des larmes, larmes de joie et larmes de tristesse mêlées.

C'est un peu comme une nécessité de garder au coeur le bonheur et l'espérance pour ne pas sombrer dans le découragement et le désespoir. Il est si facile de se laisser glisser sur la mauvaise pente et d'abandonner en baissant les bras. Et d'ailleurs, le malheur se vend beaucoup mieux que le bonheur.

« Les gens heureux n'ont pas d'histoire » dit le dicton.
Je vais donc cesser de raconter la mienne...

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vendredi 12 janvier 2007

 
La merveilleuse histoire du yaourt français...

Mesdames réjouissez-vous, le « yaourt cosmétique » (sic) arrive ! Finis les pots de crème à se tartiner sur la peau le matin, le midi et le soir. Mangez des yaourts !
Da*none lance : "Essensis, le yaourt cosmétique". Si, si, Mesdames, les grands groupes laitiers continuent à vous prendre pour des imbéciles ! Et, je suis désolé, vous marchez à fond dans la combine : La preuve "Acti*mel" n'a fait qu'augmenter ses ventes alors que scientifiquement il n'a jamais été démontré son efficacité au regard des promesses qu'il formule, et ce par rapport à un bon produit basique... et moins cher.

Remarquez, une même étude scientifique vient, elle aussi, de démontrer que les crèmes censées faire diminuer les rides, ne font rien diminuer du tout, si ce n'est l'idée que vous vous en faites dans votre tête !

Car tout est là finalement : dans l'idée que l'on s'en fait. Croire, c'est faire exister, les religions publicitaires l'ont parfaitement compris et appliqué. Les meilleurs fils de pub sont certainement d'anciens cathos ! Ils ont simplement changé de religion. Et ils vous imbibent de toutes sortes de croyances et de promesses les plus folles les unes que les autres à longueur de spots publicitaires et de pages de pub dans les insipides revues féminines.

Pour ce qui est de ce nouveau yaourt, Dano*ne affirme qu'il est efficace. Il en a la preuve ! D'où vient-elle ?... Du département recherche et développement de ... Da*none lui-même... ! On nous/vous prend vraiment pour des cons !

Aucun dossier scientifique n'a cependant été déposé auprès de l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (ce qui est obligatoire). le yaourtier répond qu'il va le faire auprès de la future agence européenne prévue pour cela ! La future agence.... On croit rêver...

Ce qui est plutôt passé sous silence :
- Ce yaourt sera beaucoup plus cher... Forcément ! (Ce sont les actionnaires qui se frottent les mains)
- ce yaourt n'est pas loin de contenir deux fois plus de calories ! Vous allez grossir... Mais comme vous aurez une belle peau, elle peut donc avoir plus de surface sur votre corps !
- pour que cela face de l'effet il faut en manger deux pots par jour ! Pendant des semaines... Évidemment si vous arrêtez : Pouahh !! Vous allez retrouver votre vilaine peau en quelques jours !... Mais vous garderez les kilos ... C'est toujours cela de gagné !

Dur dur d'être une femme !

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jeudi 11 janvier 2007

 
Tests qualité

Il m'est parfois fait observer que, si mes textes sont plutôt de qualité, je devrais cependant les travailler afin qu'ils soient meilleurs. J'ai, en privé, des remarques en ce sens de la part de Coumarine [c'est un scoop sur ma vie privée... Profitez-en !]. Cela m'agace parce que quelque part elle a raison ! Je laisse même passer des fautes d'orthographe grosses comme une maison, qu'une autre blogeuse, [cielbleu/nada pour ne pas la nommer - encore une vie privée dévoilée !] me signale, toujours avec délicatesse, en me précisant que la qualité de mes textes mériterait un "sans fautes". Elle dont le français n'est pas la langue d'origine, m'épate toujours par la maîtrise qu'elle en a.
Même s'il m'arrive de renâcler, au fond ces sollicitudes me touchent. Évidemment, il n'est pas désagréable d'entendre dire que ce que l'on écrit à une certaine qualité, une valeur. Et puis, il y a aussi les commentateurs réguliers qui ont de la pertinence, une flamboyance parfois, qui apportent des éclairages plus qu'intéressants, soit de manière générale, soit pour moi-même. Je pense à Forestine, Ségolène, Charlotte, Pierre, Hélène, Cassymarie, Pivoine, Christine, et d'autres... (Tant pis si ceux/celles qui ne sont pas nommées se vexent !...). Mais c'est au-delà que je suis touché, c'est plus en profondeur que je suis atteint par les des remerciements d'avoir pu éclairer, rendre confiance, fait renaître un espoir chez l'un(e) ou l'autre d'entre vous.

Lorsque je vivais une aide ou un service auprès de personnes dans le cadre de ma vie professionnelle, associative ou caritative, je vivais cette gratitude manifestée comme un juste retour, quelque peu normal et ordinaire entre gens de bonne composition (je passe sous silence les ingrats et les perpétuels insatisfaits, critiques sur tout et son contraire...). Je veux dire par là, qu'au-delà de la légitime satisfaction de la reconnaissance d'un instant, je n'y attachais guère d'importance. Je ne faisais jamais que mon travail rémunéré, où je ne réalisais jamais qu'un engagement choisi et qui faisait sens pour moi.

Lorsque j'ai ouvert mon blog, je n'avais absolument aucune intention qu'il puisse « servir » à quelque chose, si ce n'est à mon propre plaisir de l'écrire et de communiquer par ce média. Peu à peu, par les commentaires et quelques e-mails privés, j'ai réalisé que « quelque chose passait » par le truchement de ce blog. J'ai attaché à cela une importance toute relative. Je ne voulais en rien me sentir obligé d'une quelconque manière à maintenir une forme de « qualité » de mes écrits. Reste que cependant, l'influence du lectorat est une évidence. (Bien des blogueurs ont développé ce thème récurrent).
Cela signifie que, même si j'ai continué à écrire ce qui me plaisait selon mon bon plaisir et mon bon vouloir, il n'en demeure pas moins que mon blog est devenu peu à peu plus « sérieux » qu'il ne le fut à une certaine époque où je me plaisais à y multiplier quelques bêtises.
J'ai même fini par ouvrir un autre site où j'ai repris les textes qui me paraissaient les plus significatifs, et ayant une certaine valeur de permanence.

Reste que je continuais (et continue encore à ce jour) à vivre mon blog en dilétante. Je veux dire par là que je ne prends pas en totale considération l'importance (même si elle est toute relative) que ce blog peut représenter pour certains lecteurs/trices. Je ne veux pas dire que je ressens devoir les satisfaire plus encore (ce degré de satisfaction n'étant de toute façon pas en mon pouvoir), mais je suis intrigué par ce fait que lorsque je me laisse vivre "en roue libre" mon plaisir d'écrire, ce qui émane spontanément de moi, c'est le type de textes que l'on peut lire ici. Ce n'est pas la résultante d'une réflexion, d'une recherche, d'un "travail" de tâcheron comme pas le faire quelqu'un qui écrit un ouvrage didactique ou informatif ou documenté ou d'opinion. C'est simplement un jaillissement spontané, proportionnel au goût que j'en ai de le laisser s'épancher.

Or, si je réfère aux personnes qui font montre de quelques exigences rédactionnelles à mon égard, et que je fais l'hypothèse qu'elles n'agissent pas ainsi "rien que pour m'embêter" comme disent les enfants !, je puis m'interroger sur la portée réelle que je ressens quant à ces sollicitations. Quelles sont donc les attentes profondes d'une partie de mon lectorat ? C'est une autre manière de poser la question pourquoi est-ce que l'on vient me lire ? Je pense ici aux lecteurs réguliers que je me découvre au gré des commentaires notamment, ou par quelque mails qui commencent sensiblement ainsi : « je te/vous lis depuis longtemps et je voudrais te/vous dire que... ». Certes, cela me fait plaisir, mais j'en suis toujours surpris de cette sorte de fidélité au long cours.

Lorsque je me mets face à ce genre de question, je me retrouve assez vite dans une sorte d'embrouillement intérieur, un flou qui me gêne. Je n'ai pas envie de la ramener ni d'être un donneur de leçons (même si parfois j'en donne...), je n'ai pas envie non plus de minimiser la valeur de ce qu'il m'est donné à écrire et qui monte spontanément des profondeurs de moi. (Et pourtant je censure la publication de certaines de mes entrées...). Je n'ai pas envie de faire étalage de mes convictions les plus essentielles (et pourtant je le fais...). Je n'ai pas envie de retenir la puissance de celles-ci et/ou leur originalité (et pourtant je me retiens...).
Mon blog est livré à ma spontanéité, c'est probablement l'un de ses atouts et c'est sans doute aussi sa limite au regard de ce que je viens de dire. C'est un blog un peu fourre-tout, à chacun de faire le tri.

La question que je me pose : dois-je m'astreindre à une forme de rigueur plus grande, ce qui orienterait mon blog vers une thématique plus précise. Je n'ai cependant pas vraiment envie de « l'institutionnaliser », mais son côté un peu fourre-tout et quelque peu brouillon me satisfait en surface (mon blog et pour moi ludique), mais il m'interroge plus profondément sur la finalité de son existence et le sens de ma vie. C'est mon problème ! Il faut toujours que je me pose des questions existentielles !...

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mercredi 10 janvier 2007

 
Enchaînements

Hier soir quelqu'un m'a donné des nouvelles de Sonia (nous l'appellerons Sonia...). Je l'ai connue après sa tentative de suicide. Je l'ai accompagnée durant trois ans environ. Sonia est née d'un rapport incestueux entre frère et soeur. Elle ne l'a appris que tardivement. Ce n'est pas vraiment un bon atout de départ dans la vie... Ce rapport incestueux a évidemment généré le terrible cycle des enchaînements funestes. Sonia s'est fait violée au début de sa jeune vie d'adulte dans des circonstances sordides que je ne décrirai pas. Sa vie s'installa dans la marginalité, ses fréquentations étaient à risques. Elle donna naissance à une fille dont le père était incertain, puisqu'elle entretenait plusieurs relations simultanément. Elle eut quelques démêlés avec l'administration et le juge des enfants à propos de sa fille.

Puis il y eut la TS, puis le lent et laborieux chemin de tentative de reconstruction qu'elle entreprit avec moi. Les résultats ne furent pas à la mesure, ni de sa bonne volonté, ni de ses efforts méritoires. Je me sentais démuni et même incompétent pour l'aider vraiment. Je lui avais suggéré de voir quelqu'un d'autre, mais elle ne voulait que moi.
Sonia était une de ces personnes qui m'amenaient parfois au bord de la désespérance parce que le sort semblait s'acharner sur elle.

Puis Sonia n'est plus venue. Elle m'a téléphoné de temps à autre parce qu'elle avait envie de parler. Elle m'a écrit aussi, une écriture laborieuse et touchante à la fois. Il lui arrivait de joindre des dessins que sa fille avait faits « pour moi ». J'étais sans doute pour cette fillette une vague figure paternelle et lointaine...
Et puis... Je n'ai jamais plus eu de nouvelles de Sonia. Jusqu'à hier soir.

Les nouvelles que j'ai apprises m'ont consterné. Sa fille a été victime d'agressions sexuelles à la suite de quoi elle a commis des actes de violence de telle sorte que la toute jeune fille a été placée dans un établissement pour mineures. Ainsi donc, le cycle infernal des enchaînements continue... J'en ai retrouvé cette désespérance envahissante qui m'a habité une partie de la nuit.

Sonia aurait complètement abandonné sa fille en France. Elle vit au Québec (je me demande par quel chemin détourné elle a pu aboutir là-bas...). Il semblerait qu'elle se soit engagée dans un militantisme de défense de la cause des femmes. Mais ce serait plutôt dans le cadre d'actions violentes. Tout cela ne peut pas finir bien...

Je pensais à toutes ces femmes à travers le monde, victimes de discriminations, de violences, de pratiques barbares (du mariage forcé à l'excision en passant par toutes sortes de sévices, sans parler des incestes, des viols et des agressions sexuelles...). Je me disais qu'il fallait une grande dose d'optimisme, une grande foi en l'homme, pour ne pas sombrer certains jours.

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lundi 8 janvier 2007

 
Victorieux de l'impossible

Ces derniers temps je recherche des documents d'archives à la demande de mon frère qui est toujours dans l'écriture de l'histoire de la famille. C'est en cherchant des photos que j'ai retrouvé une grande feuille de paperboard avec une sorte de graphisme représentant le déroulement de ma vie. Cela avait été réalisé au cours d'un stage sur la question du "Sens" (le sens de la vie, le sens de sa vie, notre place et notre rôle dans le monde, notre mort...). Le dernier jour il avait fallu le présenter au groupe. C'était il y a pas mal d'années. J'avais oublié. Mais en voyant cette feuille le souvenir m'est revenu avec acuité. Il fallait donner un titre qui faisait sens pour nous et pour notre vie. J'avais écrit en haut de la feuille : « victorieux de l'impossible ». Je me souviens combien ce titre s'était imposé, comme surgi du plus profond de moi dans un jaillissement et un élan. Je me souviens de mon hésitation à l'écrire : c'était tellement prétentieux ! Les autres allaient se moquer. J'avais cherché un autre titre comme : "victoire sur moi-même" ou des choses de ce genre, mais c'était minimiser la force avec laquelle l'autre expression s'imposait. Je me suis décidé à l'écrire au feutre rouge, en lettres de sang. J'en tremblais.

Avec le recul, puis-je dire que cette expression peut encore caractériser ma vie ?
Aujourd'hui je dirais que ce qui a caractérisé ma vie c'est d'avoir été conduit sur un chemin de libération fondé sur le don de moi-même. Ce don a une sorte de double branche, à la fois je me suis comme "redonné" à moi-même, et je me suis donné aux autres. Ces deux aspects sont intimement mêlés et inséparables. L'un ayant entraîné l'autre et réciproquement dans une dynamique de progression.
Mais l'essentiel fut sans doute ma libération. Le fait d'avoir brisé des chaînes vis-à-vis de mon passé. D'être sorti d'un esclavage de mes tyrannies sensibles. D'être allé à la reconquête de mon autonomie perdue. D'avoir fait taire certains démons intérieurs, de m'être pacifié de certaines de mes violences dévastatrices. D'avoir osé croire que je pouvais aimer vraiment (tout du moins essayer...). D'avoir résolument opté pour mes pulsions de vie qui sortiraient vainqueurs des pulsions de mort. Et j'ai longtemps hésité à choisir mon camp en ce domaine...
Certes, rien n'est merveilleux, rien n'est jamais acquis et bien des failles demeurent en moi.


Lorsque j'ai écrit l'expression : « victorieux de l'impossible » je pensais surtout au combat personnel que j'ai mené contre vents et marées dans quasiment tous les secteurs de ma vie, d'abord pour survivre, puis pour croire en mon destin tel que je l'entrevoyais comme possible, alors qu'autour de moi quasiment personne n'y croyait vraiment. D'une certaine manière j'avais pris ma revanche, inversé le cours des choses, j'étais sorti d'une absence d'existence en engageant mon combat. Il me semblait en sortir victorieux. Je n'étais pas Superman, j'étais simplement passé de "rien du tout" à "un peu quelque chose". Et ce petit quelque chose était mon bien le plus précieux. C'est à cette époque que j'ai commencé à avoir au fond de ma poche un tout petit galet blanc trouvé sur une plage. On s'était choisi tous les deux, à cause de nos ressemblances. Il s'était laissé longuement polir jusqu'à devenir presque translucide. Il avait juste une veine plus sombre en son milieu, comme une faille, un fragilité, un inachevé. C'était donc moi.

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jeudi 4 janvier 2007

 
Maître et disciple

Il y a quelque temps, à l'occasion d'un commentaire, quelqu'un me demandait de parler de la relation maître/disciple, étant donné qu'à plusieurs reprises j'ai évoqué ici mon maître à penser. Cela m'a semblé intéressant de répondre à cette sollicitation, ne serait-ce que pour moi-même, mieux me préciser ce qu'elle fut, pour autant que je puisse m'en souvenir.

1 - La première chose qui me vient, c'est que j'ai été dirigé vers ce maître par quelqu'un qui m'avait simplement invité à le rencontrer. D'une certaine manière j'ai été séduit par cet homme. Lui, n'a rien fait qui soit de l'ordre de la séduction ou d'un désir de pouvoir sur ma personne. Il m'a simplement semblé qu'il était lui-même, pleinement lui-même et j'ai eu assez vite le désir de connaître son « secret ».

2 - A aucun moment il ne s'est positionné en maître. Le mouvement est venu de moi. J'ai souhaité qu'il soit mon maître, il n'a pas désiré que je sois son disciple, mais il a dû consentir à ma sollicitation. Ce qu'il aurait pu refuser.

3 - Ma relation à lui s'est caractérisée par une dépendance librement consentie. Je me suis mis à son école, c'est-à-dire que j'ai accepté d'être sous son influence, que, bien évidemment, j'ai estimé bénéfique. Cette relation n'en fut pas moins complexe, car se mettre à l'école d'un maître à penser peut très vite être confondu avec la recherche du "père", et je suis entré dans cette confusion. J'ai sans doute eu la chance que dans le même temps (je parle ici d'une période d'environ dix années) j'avais engagé un travail sur moi avec plusieurs accompagnateurs sur ce lent chemin de reconstruction. J'ai pu ainsi progressivement faire la part des choses entre ce que je pouvais attendre d'un maître à penser et le travail de thérapie, les deux choses étant manifestement très différentes.

4 -. La différence entre mon thérapeute et mon maître à penser fut que le premier m'aida à mettre de l'ordre dans mon histoire personnelle, en particulier dans mon passif affectif d'enfance, tandis qu'avec mon maître je me tournais vers l'intériorité la plus essentielle et le sens de ma vie. Au premier je racontais ma vie, avec le second je découvrais par enseignement appliqué comment accéder aux profondeurs de ma personnalité et y trouver la source de mon bonheur d'être. Avant lui, je n'avais reçu que des enseignements stéréotypés de la sainte église catholique, c'est-à-dire rien d'intéressant finalement si ce n'est l'attrait pour la magie des croyances vaines et une morale rigide fondée sur la peur du châtiment et le bonbon de la vie éternelle. Certes, il y eut aussi une approche philosophique, mais je n'accrochais pas tellement à ces concepts que je trouvais trop intellectualisés et spéculatifs. C'était amusant pour faire gigoter les neurones, mais cela n'était pas à mes yeux suffisamment existentiel. (Je ne critique pas ici la philosophie ni les philosophes, d'autant moins que j'en lis certains actuellement...).

5 -. La relation maître/disciple est une relation de dialogue. Un enseignant enseigne, un maître à penser fait réfléchir par ses questions et une écoute des réponses qui lui sont faites. À l'enseignant il faut répondre correctement en regard d'un existant prédéfini. Avec le maître à penser, il n'y a pas de bonne réponse attendue il y a seulement un démarche de questionnements et une recherche de vérité avec soi-même. Ce qui fait la différence avec la recherche en solitaire (qui est généralement lente, râpeuse, semée d'embûches, et ne débouchant pas toujours sur de la lumière) c'est à la fois cet aspect de dialogue et le fait que le maître à penser a au moins une longueur d'avance par rapport à soi. Il y a quelque peu balisé la route qu'il conviendra de suivre jusqu'à ce que l'on découvre son propre chemin ; celui sur lequel on s'engagera alors, à la fois seul et en tête.

6-. Au plan relationnel, j'ai rencontré bien plus fréquemment mon/mes thérapeute(s) que je n'ai rencontré mon maître penser. Des premiers je fus beaucoup plus dépendant et la relation fut beaucoup plus complexe, mélée de désirs et de besoins des plus légitimes aux plus tortueux. Cela allait de la supplication d'être aimé jusqu'à la violence de l'insatisfait perpétuel que j'étais dans le domaine de mon affectivité. Vis-à-vis de mon maître penser, je n'avais pas ces sentiments tumultueux, j'avais envers lui une profonde confiance et une admiration légitimée par l'acuité de son regard, la force de sa personnalité, l'intense liberté qui émanait de lui, et, je dois bien le reconnaître, le côté assez exceptionnel de cet homme, que j'ai eu la chance de rencontrer en tête à tête, périodiquement durant plusieurs années.

7 -. C'est ce double accompagnement (thérapeute, maître à penser) qui a fait progressivement de moi la personne adulte qu'il me semble que je deviens peu à peu. Lorsque j'ai connu mon maître, il allait vers la soixantaine je crois. Il évoquait l'étape de réunification de sa personne et de plénitude d'existence. J'avais le sentiment qu'il était arrivé là, et même un peu plus loin encore. Cela me donner des raisons d'espérer car, même s'il m'apparaissait comme un être d'exception, il n'en était pas moins quelqu'un de très ordinaire dans sa vie quotidienne. J'avais le secret désir de cette plénitude d'existence, sans véritablement oser me « l'avouer », comme si c'était, soit prétentieux, soit relevant de la pensée magique pour ce qui me concernait.

8 -. Avec le recul, je me dis que de cette plénitude d'existence, je n'en suis pas si loin finalement. Ce qui m'amène à cette pensée, c'est que je n'en rêve plus. Et si je n'en rêve plus, ce n'est pas par abandon en étant démoralisé ; c'est peut-être que d'une certaine manière j'y suis. Est-ce qu'aujourd'hui j'ai envie d'une autre vie que celle qui est la mienne actuellement ? Non ! Évidemment, j'aimerais que des choses s'y améliorent, mais « une autre vie » je n'en désire point. Certaines personnes parlent de refaire leur vie, de tourner des pages, s'engager ailleurs et autrement, passer à autre chose. (J'observe malheureusement que souvent cela reste au niveau du discours). Pour ce qui me concerne je ne suis nullement dans ce type de schéma de pensée. Je ne cherche nul « ailleurs », mais je cherche à m'accomplir encore plus profondément, dans une sorte de continuité qui ne passe plus par des ruptures radicales. (Tout au moins c'est ainsi que je ressens les choses en ce mois de janvier 2007...).

Je n'ai pas encore une grande aisance avec ce que je viens d'exprimer, comme si c'était un signe de résignation, comme si cela manquait de dynamisme, comme si finalement j'étais un être humain en voie d'extinction progressive...
Or, c'est au coeur de cette plénitude que j'ai à m'accomplir et à gérer ma vie aujourd'hui. Je suis comme un marcheur qui a enfin trouvé sa terre et se doit de s'y installer, plutôt que de poursuivre un chemin qui ne serait plus que d'errance.
Ce n'est pas sans émotion que je découvre ce que je viens d'écrire. Car j'ai encore en mémoire cette analyse personnelle que j'avais écrite au retour d'une rencontre avec mon maître penser et qui disait sensiblement ceci : « je me suis mis en route vers ma terre d'existence et je sais que je vais la trouver ». La puissance de ressenti que comportait cette phrase écrite il y a plus de quinze ans ne s'est jamais éteinte. J'avais envoyé ce texte à mon maître penser. À son habitude, il n'avait répondu que très brièvement : « Ne traînez pas en route !».
C'est à la suite de cela que j'ai changé de métier...

(À suivre... Peut-être...)

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mardi 2 janvier 2007

 

2007 : Mes meilleurs mieux !

Bon on va pas sombrer dans la tristesse !
Alors je vous fais commencer l'année avec
ma coqueluche de jeunesse !



Cette année ce blog sera Skyblog ou ne sera pas !!

Ah-que ! On se le dise !!

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