|

|
samedi 30 décembre 2006
Réchauffement de la planète En cette fin d'année faites un geste citoyen contre le réchauffement
Laissez votre frigo ouvert !
 Libellés : Actualité, Rogne et grogne

AlainX 12:13 PM
|
jeudi 28 décembre 2006
bonheur, photos et autres souvenirs
Je me suis levé avec un certain sentiment de bonheur. Celui que procure la paix intérieure qui envahit tout le corps. Je dois dire que ce dernier me laisse quelque peu tranquille ces derniers jours. Un repos de fin d’année sans doute…
J’avais le cœur et l’esprit au repos. Et cela me dure. J’ai aussi retrouvé la quiétude du calme de la maison. Cela m’est nécessaire, je le constate de plus en plus. Le silence m’est bienfaisant. J'entends juste le petit bourdonnement de l'ordinateur, comme une sorte de respiration. J'aime ainsi demeurer à l'écoute du silence et de ce qu'il pourra m'inspirer.
J'ai devant les yeux une photo de l'un de mes petits-fils, photo que j'ai retravaillée en noir et blanc un peu dans le style « studio Harcourt » (mais je suis loin d'être à la hauteur !...) ; et juste à côté une photo de moi enfant. Une de ces petites photos tirées par contact avec des bords dentelés. Évidemment, il y a un petit air de famille. Ce que j'aime dans la photo de ce petits-fils, c'est qu'elle reflète assez bien un aspect profond de lui : la douceur et la délicatesse. Cela me frappe quand je le vois, quand je l'ai au téléphone, ou lorsque sa mère me raconte certaines anecdotes le concernant. J'espère qu'en grandissant il pourra faire croître en lui cette grande valeur humaine ; que la vie, les épreuves, ne l'obligeront pas à se durcir bêtement. Je sais que les parents sont très attentifs à chacun de leurs enfants. Ma fille a fait le choix d'arrêter son travail pour être près d'eux. Elle était pourtant promise à ce que l'on peut appeler : « une belle carrière », mais a fait un autre choix. Il ne m'appartient pas de m'immiscer dans la manière dont ils éduquent leurs enfants. Et d'ailleurs, globalement je n'ai rien à en dire qui serait sur un registre négatif. Cependant, comme elle est plus ou moins le nez dans le guidon avec ses trois gaillards, je ne manque jamais au téléphone de lui refléter ce que je peux voir de leurs cœurs profonds ; invitant ainsi à revenir à de l'essentiel que la quotidienneté pourrait faire passer au second plan. J'agis de même vis-à-vis de ma fille elle-même, lorsque je la sens un peu débordée. Dans ces cas-là, ma compagne tient un discours pratique, organisationnel, potentiellement efficace dans les petits « trucs » qu'elle peut conseiller. De mon côté je suis totalement nul dans ce genre de conseils pratiques. Je préfère m'en tenir à l'écouter et à tenter de la ramener à son cœur aimant de mère. Finalement, nous nous complétons assez bien...
À côté, la photo de moi enfant. J'ai cinq ans, de beaux habits du dimanche, et une casquette qui me fait ressembler un jockey. Mon père est accroupi à côté de moi, pour une fois il se met à ma hauteur. Il est beau, élégant, en costume trois-pièces. J'ai toujours admiré son élégance simple, un certain « chic », une prestance. J'ai toujours été fier de mon papa. Sur cette photo, mon père me regarde d'une manière admirative (enfin c'est mon interprétation...), je me sens aimé de lui. Pourquoi n'a-t-il pas su me manifester plus nettement son affection ? J'ai tellement eu mal de sa distance, d'une certaine froideur parfois, si maigrement compensée par ces rares promenades où il me tenait par la main et me parlait comme un père parle à son fils. J'ai souffert de ses retenues pudiques, de son incapacité à des élans généreux d'affection. Ce qui était terrible, c'est qu'il me privait de quelque chose qu'il possédait au fond de lui. Comme je n'en comprenais pas le sens, puisque, pour l'enfant que j'étais, c'était absurde d'avoir une aptitude à aimer et de ne pas la vivre. Alors il me fallait bien trouver une vraie fausse explication : c'était probablement de ma faute, je ne méritais pas son amour. Avec cette explication simple mais totalement fausse, il était aisé d'échafauder un ensemble cohérent justifiant ce présupposé. La cause était entendue : j'étais un mauvais fils. D'ailleurs, j'étais mauvais élève, ce qui revient au même. Un bon fils est un bon élève à l'école. C'est là l'essentiel. Les bonnes notes (que je n'avais pas), le bulletin de conduite impeccable (le mien était rempli d'avertissements, car j'ai été « une forte tête »), et, suprême preuve du bon fils, avoir son nom inscrit au tableau d'honneur situé dans l'entrée principale de l'institution catholique dans laquelle j'étais parqué. (Hélas, le mien n'y figurera qu'une fois, probablement par erreur...).
Il fallait attendre les vacances pour que je retrouve mon père dans sa réalité et une certaine proximité. Il m'emmenait seul « à la découverte » (selon son expression). À la campagne, ont cherchait des escargots dans les hautes herbes mouillées de rosée. En bord de mer, on cherchait des moules accrochées aux rochers. Sur la berge de l'étang, il m'apprenait la patience du pécheur. Cependant, il était toujours avare de mots. Il montrait. Il fallait deviner. Ainsi était-il toujours à la fois proche et lointain.
Sans doute, ce mode de relation à lui, a-t-il modelé ma propre manière d'être en relation avec les autres. Je suis toujours moi aussi, hélas peut-être, tout à la fois proche et lointain. Remarquez, amis lecteurs et lectrices, que je dis « lointain » et non pas « à distance ». Cela n'a pas la même signification pour moi. Le sens que je donne à lointain (qui ne veut pas dire à des Kms !), relève de l'état que je constate. Comme quelque chose qui continue toujours à s'imposer à moi. Alors que si je dis « à distance » cela relève plus d'une volonté délibérée de prise de distance. Un choix donc. Alors que lointain, je le redis, est un constat que je fais. Le lointain s'impose à moi comme une sorte d'incompressible parfois, alors même que mon désir de proximité tente d'être plus fort.
Oh ! Dans le concret cela se remarque bien peu ! Sauf les gens qui peuvent bien me connaître, ou ceux qui ont une perception aiguë du phénomène. Je suis parfois dans une grande proximité à la personne, dans le choix clair de l'être, mais je sens bien qu'en moi il y a ce « lointain » qui s'interpose, contre mon gré. Ce qui fait toute la différence, c'est le « contre mon gré ». Car dans la relation de proximité il y a toujours un espace qui doit demeurer (sinon c'est la confusion de la fusion). Mais cet espace relève du choix que fait la personne. Je connais en moi-même cette possibilité de choisir et je la vis sans trop de difficultés dans bien des relations. Elle est le signe de la relation véritablement libre et proche. Mon histoire de « lointain » c'est, comme je l'ai dit, un non-choix. Autrement dit, j’en souffre et à la fois il me protège. Ou plus précisément il protège des zones encore sensibles dans le fond de ma psyché. Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 6:38 PM
|
mercredi 27 décembre 2006
L'après 25-12 Voilà ! Le temps de Noël est passé. Cette année, ce fut plutôt une réussite. Probablement parce que nous l'avons vécu en famille restreinte. Il n'y avait que ma deuxième fille et son « ami », ma compagne et moi-même. Le jeune couple nous a annoncé leur intention de « se fiancer ». Cela m'a presque surpris l'emploi de ce terme. Ainsi donc les jeunes parlent encore de fiançailles ! Au-delà des mots c'est la volonté de manifester leur engagement à deux qui a été touchante.
Évidemment, cette nouvelle, qui ne nous a pas surpris, puisqu'ils vivent ensemble depuis un an, a coloré de manière particulière ces fêtes de Noël. Nous avons passé plusieurs soirées dans une ambiance intime où l'amour partagé était palpable à bien des moments. C'était à la fois simple et profond. Cela nous a aussi quelque peu rajeuni dans notre propre couple, en évoquant, à leur demande (surtout celle du futur époux !), l'époque de notre propre rencontre amoureuse. Étant donné que nous n'avons pas relaté simplement des faits, mais le sens que cela avait eu pour nous à l’époque, et la lecture que nous faisons aujourd'hui de sa « durabilité », cela nous a entraîné dans une certaine profondeur des sentiments, du sens de la vie et de l'amour. Nous nous sommes « montrés » dans un certain essentiel, sans toutefois nous étaler. Je pense qu'ils étaient intéressés, puisque les questions n'ont pas manqué de jaillir. Je garderai en moi longtemps me semble-t-il le souvenir de la soirée du 24 décembre !
Ma compagne et moi avons le sentiment que cette fois c'est « le bon choix » pour chacun d’eux. Non seulement je les sens bien ensemble, mais je les trouve dans une relation libre et respectueuse l'un envers l'autre. Ma fille est particulièrement épanouie, profondément heureuse et sans exaltation inquiétante (comme ce fut le cas dans le passé). Je la sens particulièrement lucide sur son partenaire, quant à ses valeurs profondes, ses limites, et quelques-uns de ses défauts qu'elle a déjà parfaitement identifiés ! Les jeunes d'aujourd'hui ne sont plus dans la romance des engagements d'antan où l'on croyait encore au prince charmant et à la belle princesse... Et qu'il suffisait d'un peu d'amour pour que tout se passe merveilleusement... Il faut dire que l'un comme l'autre ont déjà connu des épisodes amoureux antérieurs. Ils en ont tiré les leçons. Ils me semblent bien plus matures que je ne l'étais à leur âge. Et c'est tant mieux.
Bref ! Me voilà un père comblé ! Je le suis d'autant plus qu'il me semble avoir, moi aussi, tiré quelques enseignements du mariage de ma fille aînée il y a quelques années. J'avais à l'époque commis quelques erreurs que je ne reproduirai pas cette fois-ci. Finalement, les aînées se trouvent immanquablement contraints de devoir toujours frayer un chemin nouveau à chaque étape du déroulement de la relation parents- enfants …
Le jour de Noël, ils sont partis dans « l'autre famille » … annoncer la même nouvelle. L'après-midi nous étions invités chez mon frère pour le dessert. Là, il y a du monde, une ribambelle d’enfants et du bruit ! Toute autre ambiance donc ! Comme d'habitude mon frère m’a plus ou moins accaparé dans la soirée à propos du tome deux de ses mémoires familiales. C'est incroyable le nombre de documents dont il dispose ! Sans compter les recherches qu'il effectue par ailleurs ! En regardant des photos des années 30, je me suis rendu compte qu'il était désormais le dernier à connaître ou avoir connu des personnes qui y figurent et à expliquer les raisons pour lesquelles elles sont sur telle et telle photo. Je lui ai dit que là aussi il devait mettre tout cela par écrit. Je me force parfois à l'écouter, car tout ne m'intéresse pas. Mais j'ai trouvé une motivation dans le sens de la transmission qu'il me fait. Car ses propres enfants ne sont pas encore assez vieux pour s'intéresser à tout cela. Il n'a donc plus que moi comme interlocuteur et dialogueur (et ma deuxième fille je dois ajouter… mais désormais elle est dans ses amours…). Autrement dit je me motive à être courroie de transmission...
À chaque fois que l'on évoque la période de nos enfances, j'ai la confirmation que ce que j'ai pu revivre au cours de ma thérapie correspondait bien à des éléments factuels, authentiques. Ce qui est également intéressant c’est que j'ai le point de vue « extérieur », soit par les propos de mon frère, soit par des documents d'époque. (Mes parents gardaient tout, tout, tout...). Cela m'aide notamment vis-à-vis de ma relation à feu ma mère. Par cette oeuvre historique qu'il fait, je suis en présence de la réalité de cette femme, telle qu'elle se déroulait, et je peux mieux comprendre (sans pour autant qu'elle en soit justifiée) ses mauvais comportements à mon égard, et cette incroyable capacité qu'elle a eu à mal m'éduquer !! Me décentrer de moi et de mon propre vécu, m’est particulièrement bénéfique. Lorsque l'on est trop fixé sur l'autre, trop scotché à son propre ressenti, on louche terriblement et rien de ce qui est autour ou un peu plus loin n'est dans la netteté nécessaire (objectivité).
Dans le travail sur soi, l'une des grosses difficulté est de toujours et uniquement demeurer sur son propre ressenti, sans accepter l'altérité du vis-à-vis. (Lequel, c'est bien connu, ne comprend jamais rien a rien...). On cherche plus un miroir pour se regarder, voire pour se justifier, qu'un vis-à-vis qui, manifestement, va apporter la contradiction dérangeante.
Lorsque j'étais en thérapie, j'ai longtemps recherché une oreille attentive et un regard bienveillant. Et rien d'autre. Certes, c'est une étape la plupart du temps absolument nécessaire. Mais ensuite il faut accepter la frustration qu'apporte le thérapeute, par ses remarques aux apparences moins bienveillantes, ses silences, ses désapprobations latentes (ou carrément provocatrices !). C'est alors probablement, et alors seulement, que commence une véritable travail en profondeur, sur des chemins inconnus, et par des sentiers que l'on aurait préféré ne pas prendre, au plus exactement que, seulement par soi-même, on n’aurait jamais emprunté. Trop dangereux ! Mais curieusement, c'est alors qu'au bout du tunnel surgit la claire lumière. Sinon on peut demeurer très longtemps, très très longtemps, dans ses ténèbres intérieures.
Une fois de plus, je me suis laissé aller dans toutes sortes de directions... Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 8:11 PM
|
samedi 23 décembre 2006
La droite en chute libre
Un article du monde dans la chronique débat m'a beaucoup réjoui.
Il émane d'une femme, députée UMP de l'Essonne, qui s'en prend d'une manière extraordinairement corrosive à la personne-même de Ségolène Royal, cette femme vis-à-vis de laquelle on sent qu'elle nourrit une virulente jalousie féminine. Il est vrai que Ségolène est très connue et que la députée en question ne l'est pas du tout...
L'article m'a réjoui car il démontre l'extraordinaire débandade de la droite face à l'incroyable succès de Ségolène qui renvoie Sarkozy dans les cordes.
Alors on tente, avec l'énergie du désespoir, d'employer les arguments les plus bas et les plus détestables pour espérer occuper encore quelques instants le paysage médiatique. On fait tartiner des articles sans valeur par les quelques rares femmes de droite, pour tenter en vain de remonter le courant. Mais l'ambitieux Sarko est battu à plate couture par la belle Ségolène, coqueluche nationale française.
Les propos de la brave députée de droite sont tellement outrés, qu'ils en perdent toute crédibilité. C'est le degré zéro du raisonnement intelligent, au bénéfice d'invectives subjectives et du maniement bien peu habile de la mauvaise foi. Il paraîtrait par exemple que Mme Royal et les socialistes ont : " la hargne de gagner pour que leurs chefs retrouvent les Peugeot 607 et autres carrosses de la république". Si, si, je vous assure que ces propos ne viennent pas du café du commerce, mais d'une élue de la République Française qui siège à l'Assemblée Nationale...et se croit autorisée à écrire dans "Le Monde" ! Les bras m'en tombent... Voilà à quel niveau la droite fait crouler le débat politique en France. Et après il faudrait s'étonner que les Français ne vont plus voter... Ou préfèrent Le Borgne !
Mais cette chronique-débat, strictement sans intérêt apparent, révèle toutefois par la virulence des invectives, à quel point la droite est dans la panade la plus totale face à Mme Royal qui a pris tout le monde à contre-pied, à commencer par le mignon Nicolas, lequel, désarçonné par la gauche, modifie son discours à 180° et change de plan-média environ deux fois par semaine. Car, n'avoir plus comme arguments que des attaques personnelles basses et indignes d'une représentante élue de la République, montre à quel point la droite a pris conscience qu'elle s'embourbait avec Sarkozy sur le chemin du pouvoir. Mais comme peu de gens de son camp osent actuellement s'opposer à ce diseur de bonne aventure, il continue à faire la course en tête vers l'enlisement définifif.
J'ai là au moins une autre raison de me réjouir. Sarkozy tente de masquer par ses gesticuations et sa permanente logorrhée démagogique qu'il est, de fait, un looser face au principe de Réalité. Son passé le démontre, il le prouve dans le présent, il le confirmera dans l'avenir. Sarko a toujours misé sur le mauvais cheval. Et aujourd'hui, la droite fait comme lui : Elle mise sur un canasson, qui s'écroulera avant la ligne d'arrivée.
Le produit Sarko n'est plus en tête de gondole, le consommateur-électeur se détourne ailleurs, va à la concurrence qui a produit "LA" Ségo ! Produit ressemblant, mais en mieux ! Plus dans l'air du temps, plus attractif !
Exit Sarko, comme on vire un vieux téléphone portable. Elle a pas réussi à sortir un modèle 3G fiable la droite !
Ou encore, elle veut nous faire croire que le vieux Phono à aiguille serait devenu un lecteur MP3 ! Elle a déjà perdu la droite ! Pauv' tite' députée ... dépitée... ... et aigrie... Allez Nathalie, il est encore temps de rejoindre Désirs d'avenir ! Convertis-toi ! Le Peuple te le rendra !.... Libellés : Actualité politique

AlainX 11:49 AM
|
lundi 18 décembre 2006
Voila c'est fait !
Ca s'est passé hier, dès 9 H 59 ! Une minute plus tard : ouverture des portes, directions les endroits prévus.
Hop ! saisie des objets. Hop ! Une demande d'orientation : "Juste là derrière vous !"
Zou ! Sortie rapide, bifurcation, deux rues plus loin. Même démarche. petit pianotage : "Code bon".
Seul truc pas encore au point : pour Madame !
 Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 10:29 AM
|
vendredi 15 décembre 2006
Avant Noël, c'est Nobel ...
Orhan Pamuk, écrivain turc, vient de recevoir le prix Nobel de littérature 2006. C'est la première fois que j'entends parler de cet écrivain. Oui je sais, mon niveau de culture est bas.... Ce matin je lisais dans "Le Monde" des extraits de son discours à l'Académie de Suède. Je l'ai trouvé passionnant sur deux terrains : ce qu'il dit de l'écrivain, et ce qu'il dit de la relation à son père.
- 1 - Il dit qu'être écrivain c'est : (...) « découvrir patiemment, au fil des années, la seconde personne, cachée, qui vit en nous » (...). Je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec lui. En réalité je me demande si l'écriture ne fait pas plutôt découvrir la première personne cachée en nous, j'allais dire "la vraie", si tant est que cela a du sens. L'authentique, l'originelle. Cette personne "réelle" que nous sommes et tentons de découvrir quelque peu. L'autre, celle que nous montrons à tout un chacun, c'est au mieux une icône de nous, au pire une image déformée par nous-mêmes ou par la vie qui nous a malmené (mal mené ?).
Mais comme cette seconde personne nous est familière, habituelle, que nous nous conformons à elle, à cette image de ce que nous croyons être, nous la mettons le plus souvent à la première place. Je suis plutôt à penser qu'il y a en nous un être originel, appelé à se développer harmonieusement, pour peu qu'on lui donne un environnement favorisant. Malheureusement ce n'est pas ainsi que les choses se passent dans la réalité. Le terreau n'est pas toujours le meilleur, on peut naître à l'ombre et pas au soleil, on peut vivre dans un environnement de sécheresse affective qui n'aide pas à pousser. C'est alors que se crée le second personnage, ombre déformée de nous-mêmes, frêle bonzaï, et nous finissons par croire que ce personnage est notre vraie nature.
Alors, évidemment, le travail d'écriture finit par faire jaillir des profondeurs de soi cet « autre nous-même » (l'authentique) qui peut nous étonner parce qu'on en ignorait l'existence, parce qu'on se conformait à une image construite par nous ou imposée par d'autres. Mais notre réalité profonde demeurait cachée à nos yeux. Évidemment on peut vivre et mourir dans cette ignorance là ! Ce n'est pas incompatible avec une vie que l'on qualifiera de "réussie", ce n'est pas incompatible avec une certaine forme de bonheur. C'est certainement très compatible avec beaucoup de plaisirs de la vie.
Cependant, ce que j'évoque est surtout l'écriture introspective, qu'elle le soit directement, ou qu'elle soit une recherche plus ou moins romancée. Dans cette démarche, on n'est pas à l'abri de se construire un nouveau personnage, une troisième personne ! Cette fois inventée par nous, car l'écriture est une puissance en soi. On peut mettre cette puissance au service de la recherche du "moi-véritable". On peut la mettre également au service de la construction d'une nouvelle chimère de soi. Car rejoindre le moi profond par l'écriture, cela demande une certaine rigueur vis-à-vis du ressenti, cela demande de ne pas s'égarer sur des chemins de traverse, c'est-à-dire de ne pas "inventer" un nouveau moi, mais d'apprendre à observer (non-intellectuellement) ce réel intérieur et à le mettre en mots qui en rendre compte avec exactitude. La Réalité est le Maître par excellence !
************ - 2 - Il y a autre chose dans son discours qui m'a beaucoup frappé, c'est tout ce qu'il dit sur la relation à son père. Celui-ci lui confie une valise avec tous ses écrits. Il diffère le moment de l'ouvrir et il parle de ses peurs à cette idée. J'ai relevé notamment ceci :
(...) inquiétude de découvrir que mon père cessait, en écrivant, d'être mon père (...)" (...) "J'étais gêné aussi par la voix d'écrivain que je percevais çà et là dans ces cahiers. Je me disais que cette voix n'était pas celle de mon père, qu'elle n'était pas authentique, ou bien que cette voix n'appartenait pas à la personne que je connaissais comme mon père."
Ces propos ont fait écho en moi. Ou plutôt ils m'ont tourné vers moi. Plus précisément encore vers ma relation à mes filles. Elles savent que j'écris (pas que je tiens ce blog), que j'ai publié certains de mes textes. Mais elles ne manifestent quasiment pas d'intérêt à les connaître. Elles ne sont pas indifférentes cependant. Elles m'interrogent parfois sur les sujets que je peux aborder, si je suis content de ce que je fais, pourquoi c'est important pour moi d'écrire, etc. mais sur le contenu je sens très bien qu'elles ont une réserve à le connaître. Et moi, finalement, je ne prends aucune initiative non plus, comme leur envoyer un extrait par mail par exemple...
Le discours d'Orhan Pamuk m'apporte quelques éclairages. Finalement, mes enfants se sont faits une représentation de moi, de la "figure paternelle" que je suis à leurs yeux. C'est une représentation plutôt positive ; enfin, c'est ainsi qu'elle me le disent en tout cas. Elles tiennent à cette image-là et n'ont finalement pas tellement l'envie de me percevoir dans les autres aspects de moi. Je respecte cette attitude mais elle me questionnait jusque-là, car dans la relation à mon propre père il en allait autrement. Il y avait tellement insuffisamment de dialogue intéressant et approfondi à mes yeux, que j'avais une avidité à connaître cet homme que fut mon père et à percer son mystère.
Si mes filles se sont intéressées parfois à mon histoire personnelle en me questionnant, elles ont eu les réponses que j'ai bien voulu faire, et inconsciemment ou non, ces réponses étaient adaptées à elles. Probablement que la manière dont je parlais s'inscrivait dans le cadre de cette "image paternelle", nécessaire à la construction de leur propre personnalité. Je ne crois pas m' être jamais vanté ni avoir dit des choses fausses (et je suis certain que dans ce cas-là elles auraient réagi, car elles sont finaudes !). Mais, c'est l'évidence : elles ne savent pas TOUT de moi. Et je n'ai jamais eu l'intention de tout leur dire non plus.... De plus, j'ai toujours été hostile à cette sorte de relation de copinage qui existe parfois entre parents et enfants, quand ce n'est pas l'enfant qui devient le confident de l'un ou l'autre des parents en difficulté (étalage des difficultés sentimentales le plus souvent)... Bonjour la confusion intérieure ! Par ailleurs, le coup du : "mon père est mon meilleur ami !" , je trouve cela complètement nul... Je veux dire qu'un père qui arrive à nouer ce genre de relation est un excellent dominateur de son enfant...
Je constate que c'est le père d'Orhan Pamuk qui a agi en tant que père, en remettant sa valise. Il a donc été initiateur. Ce n'est pas le fils qui fut demandeur, pour les raisons qu'il expose. Ce fut le père qui a agi dans une démarche de grande pudeur et que j'ai trouvé émouvante dans le récit. Cette manière de déposer une valise sans trop rien dire, comme si de rien n'était. Et pourtant le geste était fort, très fort même.
J'ai découpé ce Verbatim et je vais le garder. Il me faudra le relire. Je ne sais pas si je lirai un jour un ouvrage d'Orhan Pamuk. Ce qui est certain c'est que j'ai reçu une leçon ce matin en le lisant. Une leçon sur la relation père/fils (mais elle est valable à mes yeux pour la relation père/enfant en général).
J'ai conscientisé que de mon côté je n'étais pas disposé à prendre une initiative comparable. Je suis plutôt à me dire, tout cela ne les intéresse guère. C'est bien leur droit et j'ai à les laisser tranquilles en ce domaine, d'autant que je ne vis aucun sentiment négatif par rapport à leur attitude. Je ne me dis pas : elles pourraient quand même s'intéresser à ce que j'écris ! Bien sûr, je serais heureux de les entendre dans un feed-back, mais cela ne m'est pas du tout indispensable. Ce serait un plus qui me plairait. Ce n'est pas une nécessité et encore moins un impératif. Je me dis après ma mort elles trouveront.... ce qu'elles trouveront... (C'est-à-dire ce que je n'aurai pas détruit avant). Je ne serai plus là pour en connaître, ni évidemment pour en dialoguer ... Si elles ont des regrets à ce sujet, elles n'auront qu'à s'en prendre à elles-mêmes ! Puisqu'elles savaient l'existence de mes travaux d'écriture...
Or, je sens que j'ai à m'interroger sur mon positionnement. Rien ne presse. Je vais laisser décanter tout cela. C'est simplement un point d'attention intérieure qui vient de naître. J'étais jusque-là dans une position passive. Mais là je m'interroge : Ai-je des actes à poser ? C'est cette question que j'ai à laisser flotter en moi, jusqu'à ce que quelque chose se dise.
Libellés : Réflexions

AlainX 7:07 PM
|
jeudi 14 décembre 2006
Démonstration d'entrée sans intérêt.
Je ne visite pas beaucoup de blogs en ce moment. Une certaine lassitude peut-être... J'ai cependant le sentiment qu'il règne dans la blogosphère une atmosphère délétère. Le mot est un peu fort, mais quand même, aller lire des blogs actuellement ne me fait pas beaucoup de bien. Trop de gens semblent mal, j'ai peut-être besoin de soleil par ce temps gris. Heureusement, il reste quelques contacts privilégiés, sur le net ou ailleurs. Et aussi le plaisir de quelque peu "retravailler" avec d'anciens collègues.
C'est une banalité de dire que les saisons nous influencent. Que le temps gris et la lumière basse attristent. Cependant, cette année j'ai l'impression d'y être plus sensible qu'à d'autres. À moins que ce soit aussi le retentissement de mon incident cardiaque récent. Je me sens plus fragile et plus vulnérable. Il est vrai qu'il me faut aussi m'adapter à tout un nouveau traitement qui a dû être revu de fond en comble suite à mon hospitalisation. Et je sens bien que cela contribue à me déstabiliser. Déstabiliser est un bien grand mot-là aussi, car je ne me sens pas ébranlé dans mes bases essentielles. Mais il y a quand même en moi quelque chose de fragile, comme une sur-sensibilité que je ne désire pas voir s'étendre. Ou plutôt je n'ai pas envie que cet état (qui a quand même son côté grisant) soit dirigé du côté du versant obscur. Je préférerais mettre cet état de fébrilité au service d'une créativité, ou de la beauté, ou des plaisir intenses.
Seulement voilà, je reste dans une sorte de passivité et de langueur. Il y a des choses concrètes, administratives, que j'ai à faire et qui traînent. C'est pour moi mauvais signe. Habituellement je règle ce genre de choses rapidement, de manière routinière. Lorsque je commence à laisser aller ce domaine ce n'est pas bon signe.
Je dis tout cela, et on va finir par croire que je déprime. Ce n'est pas du tout le cas. J'ai par ailleurs passé de très bons moments ces jours-ci. Certains ont même été intenses. J'ai aussi continué à travailler quelque peu ma technique en photo, je suis plutôt satisfait de certains résultats.
Mais il y a quand même quelque chose quelque part qui coince !
C'est curieux, j'étais venu pour parler de tout autre chose... Je voulais reprendre des sujets en suspens, nait à la suite de commentaires antérieurs. Et puis voilà ! Je me suis laissé couler dans des réflexions amorphes et sans intérêt... Merci d'avoir lu ! Changez donc de blog et allez voir ailleurs, lire des choses plus intéressantes... Libellés : Au fil de l'eau, De l'intime

AlainX 6:40 PM
|
samedi 9 décembre 2006
Miss France et le Téléthon
Une fois n'est pas coutume, il y aura ce soir à la télévision deux programmes très complémentaires et le choix sera difficile. D'un côté l'élection de Miss France, le déballage d'ersatzs de la beauté ; de l'autre le téléthon, le déballage d'ersatzs de la compassion. Étalage des corps (étalage décor)
Ce soir la télé va vous montrer des corps. Vous y aurez droit des deux côtés. Vous pourrez admirer de belles plastiques où vous apitoyer sur des enfants déformés. Votre côté voyeur sera pleinement satisfait, avec un geste de piquant en zappant d'une chaîne à l'autre. Jeunes corps quasi dénudés sous les cocotiers d'un côté ; jeunes corps déformés par la maladie, cachés au fond des fauteuils roulants, d'un autre. L'objectif de ce voyeurisme est le même. Dans les deux cas, il s'agit de vous émoustiller, mais pas au même endroit ni de la même manière... En regardant "les anormaux" du téléthon et en les comparant aux beautés répertoriées, insipides et interchangeables des Miss, vous allez être dérangés au beau milieu de vos neurones. Déstabilisés par ce contraste. Alors pour y mettre fin vous serez prêt à faire un don, afin de ne plus voir dans l'avenir "les anormaux", qui dérangent la quiétude lisse de l'élection de Miss France. Car finalement c'est bien ce vers quoi il faut tendre. L'uniformisation de la race humaine. A peu de choses près, toutes les Miss ont sensiblement le même corps, la même plastique, la même taille, des mensurations contenues dans des normes précises. "Les anormaux" sont disparates, ils nous provoquent trop par leurs différences, par leur aspect "pas-comme-tout-le-monde". Or c'est vers cela qu'il faut tendre. Que chacun soit comme tout le monde et le bonheur devrait finir par apparaître au final. Le monde merveilleux des Miss voilà un réel projet de société. Le monde merveilleux sans les "anormaux" et les handicapés en voici un autre. Et c'est pour l'avènement de cette autre forme de monde lisse que vous allez donner votre argent. Sélection des meilleurs
La recherche en vue de développer l'aptitude au bricolage dans les gènes humains, est l'essentiel des financements de l'AFM. Soigner en vue de réparer les conséquences des loupés de la nature, est une chose ; intervenir sur l'origine de la vie (en bricolant le génome humain) pour tenter de supprimer la cause première, c'est tout autre chose... Sélectionner les embryons, en triant les bons des mauvais (diagnostic préimplantatoire), ouvre sur des perspectives qui devraient nous interroger quelque peu... C'est un peu comme l'élection des Miss. Le jury va sélectionner la meilleure. Le médecin-appreti-sorcier, sous son microscope, va se comporter comme le jury et sélectionner aussi le meilleur embryon, puis il jettera les autres à la poubelle... C'est la différence avec les Miss. Les jeunes femmes "insuffisamment normales" sont renvoyées à la maison. Elles ne sont pas détruites ... A quand l'élection de Miss génétiquement purifiée ? Favoriser la sélection de la race humaine débarassée de ses imperfections, c'est un rêve secret venu du fond de nos inconscients. Rêve du pureté et d'immortalité dont nous devrions peut-être nous méfier. Mais la société aime les performances dans tous les domaines. C'est la norme officielle, non dite, mais sans cesse perceptible à qui sait regarder au delà des miroirs aux alouettes. Mais, les paillettes du téléthon, les propos lénifiants des animateurs, tout comme l'extase d'un jury devant les Miss, sont là pour nous empêcher de trop réfléchir. Ce qui compte c'est de voter pour la plus belle d'un côté, de faire le 36.37 pour donner des sous de l'autre. Ensuite, nous passerons à autre chose... Et il faudra bien se poser la terrible question cruciale, existentielle en ces temps de préparation des fêtes de Noël : cette année : Chapon aux cèpes ? Ou roulé de dinde à la crème ? Libellés : Actualité, Rogne et grogne

AlainX 3:40 PM
|
mercredi 6 décembre 2006
Le sens du courant
Mon entrée récente à propos du Téléthon a suscité des commentaires argumentés. Je me disais bien qu'il y aurait quelques commentaires, mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient aussi charpentés. C'est tant mieux ! Cela montre que ce genre de sujet intéresse par le débat de fond que cela peut susciter quant aux directions vers lesquelles nos sociétés contemporaines se dirigent. L'important est la confrontation entre ce que chaque individu peut penser au plus profond de lui-même, face à ce vers quoi « la société » voudrait nous entraîner.
Les courants sociétaires (sociétaux comme on dit maintenant) nous traversent de part en part, envahissent notre psychisme et nos pensées et tendent à occuper beaucoup de place en nous pour le peu que nous nous laissions faire par eux. Or, nous sommes à chaque instant abreuvés, noyés, submergés par le bruit incessant de la société qui piaille à nos oreilles jusqu'à ce que nous allions dans le sens du courant le plus porteur du moment.
Dans ce brouhaha incessant il devient plus difficile d'écouter la petite voix intérieure de nos intuitions profondes concernant le "sens de la vie" (direction et signification) que nous détenons personnellement, la nôtre et la vie en général. Or, c'est probablement cela qu'il faudrait écouter, pour rejoindre en nous cette dimension universelle de l'homme, là où des fondamentaux sont probablement partagés par une immense et vaste majorité de personnes. Or, le plus souvent nous écoutons l'extérieur, c'est-à-dire les propos frelatés des hommes de pouvoir, le discours qui est le plus séduisant, le plus enjoleur, le plus grande gueule, celui qui balance des promesses intenables, qui titille nos envies les plus basses où nous fait miroiter les chimères toujours promises mais jamais tenues.
Sur ce terrain, le plus grand danger qui nous guette serait de dire que nous sommes insensibles à tout cela. Ce qui est fondamentalement faux ! Nous sommes totalement sous l'emprise de cette extériorité qui ne cesse de nous envahir par tous les médias qui se sont développés ces dernières décennies et par l'invasion publicitaire permanente qui en découle. Où que vous alliez, où que vous soyez, la radio, la télé, les affiches, les messages dans les magasins, votre téléphone portable, les textos de pub : L'envahisseur est partout ! Des milliers de personnes se sont spécialisées dans l'art de nous abrutir sans que nous nous en rendions compte. Car, tout l'art de la chose est là : nous faire avaler des couleuvres en nous laissant croire que ce sont des barres chocolatées.
C'est vrai dans le monde du commerce, c'est vrai dans le monde politique, c'est vrai dans le monde médical, c'est vrai dans l'environnement scolaire, c'est vrai sur l'Internet, sur les blogs, c'est vrai partout.
Dans le temps, on disait : il ne faut pas que les gens réfléchissent, il faut qu'ils obéissent. Aujourd'hui on dit :les gens peuvent réfléchir, à condition que ce soit dans le sens que je leur indique, car c'est le seul, l'unique, le meilleur, et qu'ils décident d'aller par eux-mêmes dans la direction qui est la mienne. C'est ça la démarche managériale moderne ! Dans le monde politique, Sarkozy excelle dans ce type d'exercice : « je vais vous dire ce que les Français pensent !» et moi je lui réponds : ferme ta gueule !
La bonne démarche subversive dans le monde tel qu'il va, l'antidote efficace à la pression externe, d'où qu'elle vienne, et de donner la parole à la conscience profonde individuelle des personnes. En réalité, elle ne devrait pas être subversive, puisque c'est le fondement même de la démocratie. Que chacun puisse s'exprimer après avoir consulté son for intérieur et s'être déterminé dans un panel de propositions diversifiées. On appelle cela le secret de l'isoloir. Hélas, aujourd'hui, beaucoup de gens pensent que le bulletin de vote est un gadget inutile, que de toute façon ils sont tous les mêmes : le fameux « tous pourris » qui creuse la tombe de la démocratie et ouvre largement la porte à tous les totalitarismes de quelque bord qu'ils soient. Dans cet ordre d'idées, j'étais content d'entendre à la radio toute l'action de certains jeunes qui, dans les banlieues, oeuvrent pour que chacun s'inscrive sur les listes électorales, ce qui constitue déjà un pas vers le bureau de vote en 2007.
On peut faire un certain nombre de reproches à Ségolène Royal, on peut penser qu'il s'agit d'une tactique politicienne aux accents populistes, mais sa manière de s'y prendre en voulant écouter les gens, en désirant que lui remontent leurs aspirations, n'est pas dénué d'intérêt, et en tout cas cela nous change des propos de ceux qui croient tout savoir sur tout, disposer d'une infaillibilité totale et détenir à titre personnel toutes les solutions pour tous. (Suivait mon regard il est toujours la même direction...).
Rien de plus subversif qu'un être humain qui se met à vivre et agir selon sa conscience propre (ce qui ne veut pas dire qu'il ne tient pas compte des autres bien au contraire). Vivre selon cette conscience-là, c'est se mettre volontairement à son service et non pas agir selon ses envies du moment où en fonction des sollicitations externes. C'est traverser la vie en vivant sur un fil comme l'équilibriste, avec le risque de tomber dans le précipice. Il est plus facile de marcher en terrain connu, plat, et de suivre la foule qui pousse inévitablement dans le sens de la pente la plus facile. En ce sens, deux maîtres m'ont marqué : Jésus dans l'Évangile et Georges Brassens dans ses chansons. Jésus s'est montré un homme libre face aux moeurs de son temps, en particulier face à la religion dominante, et dans sa relation aux femmes auxquelles il donne une place qui leur était interdite. (Faudra-t-il que par la suite des chrétiens soient assez imbéciles pour ne pas tenir compte de ces enseignements... Mais on sait que dès qu'il y a une religion s'installe la dérive...). Georges Brassens (que je ne compare pas à Jésus !) marqua mon adolescence par sa liberté de ton et sa liberté d'homme. J'aimais bien lorsqu'il chantait : « quand on est plus de quatre on est une bande de cons ! » ; ou encore « mourir pour des idées mais lesquelles ? car elle sont toutes entre elles ressemblantes » ; « mourir pour des idées qui n'ont plus court le lendemain... » ; ou encore "la non demande en mariage", qui est probablement l'une des plus belles lettres d'amour qui soit.
Chercher à suivre sa conscience profonde est une voie de pacification intérieure. Ce n'est pas pour autant une voie de facilité, bien au contraire. Elle génère des ruptures, ruptures avec soi-même, avec certains de ses fonctionnements, ruptures relationnelles parfois douloureuses (je ne parle pas ici des ruptures amoureuses ou des ruptures de couple), parce qu'on avait des attaches fortes avec certaines personnes, qu'il faut quitter parce que l'engagement fécond se trouve ailleurs désormais. J'ai connu cela. Mais le regain de vie intérieure fait cicatriser, même si parfois c'est douloureux à vivre.
Pour en revenir aux courants sociétaux, j'ai quelques espérances que les élections présidentielles de 2007 génèrent une certaine nouveauté, une certaine forme de rupture avec des pratiques anciennes. (Rien à voir ici avec la rupture tranquille de l'autre gus. Ouarf ! ouarf ! pour le coup il m'a bien fait marrer Sarko !). La rupture dont je parle ici est plutôt une forme de rupture venant de l'électeur lui-même, c'est-à-dire de chacun d'entre nous, dans la manière de considérer son vote. Les élections européennes ont déjà amorcé des choses en ce sens. Toute la classe politique croyait au "oui", parce qu'elle pensait encore, comme disait de Gaulle, que les Français sont des veaux, mais l'électeur est intelligent et il est désormais sur Internet ou ailleurs, à partager en direct ses convictions avec d'autres, c'est-à-dire, justement, sans les médias qui cherchent encore à déformer l'opinion à leur profit, mais y arrivent de moins en moins...
Ca donne des raisons d'espérer !
Libellés : Réflexions

AlainX 10:53 AM
|
vendredi 1 décembre 2006
(notamment de mon WE à la mer...)
Et celle-là c'est pour ceux qui voudraient déclarer leur flamme ce WE !!
 Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 5:27 PM
|
|