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mardi 31 octobre 2006
Je crois en la vie éternelle
Certains de mes lecteurs vont sans doute penser que j'ai viré ma cuti et que je viens de me convertir à la sainte église catholique, puisque cette phrase fait partie de ses affirmations.
En réalité, lorsque les chrétiens disent cela, c'est qu'ils croient à une vie après la mort, évidemment plus belle, plus attirante, plus "nirvanesque" que la vie estimée miteuse ici-bas. Chacun a le droit de penser que demain on rasera gratis dans le paradis.
Personnellement je préfère penser que dans notre univers la vie vient du fond des âges, qu'elle m'est présente actuellement et qu'elle sera encore bien longtemps après moi. Je suis mortel, définitivement mortel et je n'ai pas encore suffisamment l'orgueil de penser que je me survivrais d'une quelconque manière après ma mort. En revanche, le phénomène de la Vie - dans lequel j'aurais eu ma part - continuera inexorablement. Que je confesse de quelconques croyances religieuses ou non, celles-ci demeureront culturelles. Les religions naissent, vivent, et meurent. La vie demeure toujours.
La vie est apparue dans l'univers, sûrement par un matin de printemps ! Les savants cherchent encore à savoir quand et où, mais cela est-il vraiment de l'importance... La conviction que j'ai et que, maintenant qu'elle est là, elle ne disparaîtra pas. L'homme peut bousiller la planète et balancer ses bombes atomiques un jour de folie. La race humaine n'en survivra peut-être pas, mais la Vie reprendra ses droits quoi qu'il arrive un jour ou l'autre.
Les religions qui parlent de fin des temps et de cataclysme final, n'inventent cela que pour foutre la trouille à ceux qui en ont besoin, pour faire marcher leur fonds de commerce "en vendant" une soi-disant vie éternelle ailleurs. J'y ai cru en son temps, je n'y crois plus, il m'étonnerait que je change désormais d'avis à mon âge avancé. Mais nous verrons bien ! Peut-être que sur mon lit de mort, manquant de courage pour accepter ma finitude irréversible, je me tournerai vers un quelconque Dieu (le premier qui passera fera l'affaire alors) pour le supplier de me prendre dans ses grands bras musclés.
Je ne sais pourquoi, mais cette idée de ma finitude, de ma disparition dans le néant, me bouste beaucoup plus à exister dans ma réalité d'aujourd'hui, sans attendre un ailleurs qui n'existe pas. C'est quand même tonique de savoir qu'il n'y aura pas de cession de rattrapage, ni de réincarnation pour tenter de revenir faire mieux, ni quelque autre fadaise de ce genre. J'ai le sentiment que l'homme est plus noble lorsqu'il se libère des obscurantismes religieux qui continuent cependant à reprendre du poil de la bête. Et puis, c'est sans doute idiot, je préfère savoir que ma compagne aura une unique vie, plutôt que d'imaginer qu'elle a eu des vies antérieures frivoles dans d'autres bras et dans de nombreux lits !! Et qu'elle recommencera après moi avec d'autres !!! Je suis un possessif ! Franchement, ce truc me plaît pas trop ! Cela a dû être inventé par des célibataires ou des noceurs invétérés !! Quant à moi, recommencer en réincarné tout ce processus de maturation affective avec son lot de souffrances et de blessures ; et ceci de réincarnation en réincarnation... Non merci !!
Même si je fais l'hypothèse qu'un Dieu existe, dans une sorte d'ailleurs auquel personne n'accède, si ce n'est par son imaginaire, je ne crois pas qu'après ma mort j'irai le rejoindre, et pour tout dire je ne suis pas certain d'avoir ce désir-là. (Ni lui d'ailleurs probablement...). On compare parfois Dieu à un jardinier (dans la tradition catholique notamment). Alors il faut considérer qu'il se comporte en jardinier. Celui-ci cultive ses rosiers. Les roses que nous sommes apparaissent, s'épanouissent et meurent définitivement. Le jardinier les rejette à la terre. En revanche il prend soin du rosier qui refleurit sans cesse, du terreau nourricier... et nous ne sommes pas cette terre ! (mais "tirés d'elle" dit assez joliment la bible) L'important est de bien vivre sa saison en tant que rose...
C'est cette sorte d'éternité de la vie qui va continuer sur cette bonne vielle planète - et pas ailleurs - qui donne de sens à mon existence, qui me responsabilise dans la part que j'ai à y prendre. Ce qui m'agace profondément dans les religions monothéistes que je connais, c'est que la vie sur Terre est généralement présentée comme une sorte de "passage obligé" entre le néant qui nous précédait (la théologie la plus classique dit que les âmes sont tirées du néant) et le paradis dans les cieux où l'on est attendu pour contempler éternellement la face de Dieu. (Et ce n'est même pas sûr qu'il y aura des biscuits-apéritifs à grignoter...). Et puis, franchement, ce Dieu qui veut que l'on ne regarde que lui : quel ego surdimensionné ! Désolé ! Mais c'est pas ça qui me donne des frissons d'existence !
Je pensais à tout cela à cause du temps du culte des morts en France catholique. Au-delà du phénomène commercial de la vente de chrysanthèmes, il est bien sûr légitime d'honorer ceux qui sont morts et que nous avons aimés ; et même au-delà, de faire mémoire de tout ceux qui ont concouru au développement de la vie sur Terre. C'est quelque chose de "sain" et qui, à mes yeux, ne nécessite pas de croyances religieuses particulières. D'ailleurs, les athées enterrent leurs morts avec respect, et les honorent autant que ceux qui ont des croyances.
Nul ne peut respecter la Vie s'il ne respecte pas les morts, puisque ceux-ci contribuent fondamentalement au processus du développement vital, et que chacun de nous fait partie d'une chaîne de générations sans interruption aucune depuis la nuit des temps. L'appartenance à cette chaîne infinie de vivants en Vivant, de morts en Mort, est pour moi une source de méditation et de contemplation.
C'est pour cela sans doute qu'il est nécessaire de se réconcilier avec ceux qui ont cessé de vivre, notamment s'ils sont de notre lignée. On ne sera pas bien avec soi-même tant que l'on n'aura pas réalisé cela : prendre sa place dans la chaine du Vivant. Je le vois pour moi. J'ai vécu cette réconciliation vis-à-vis de mon père, bien avant qu'il ne meurt, mais seulement partiellement vis-à-vis de ma mère. Il me reste un certain chemin à faire la concernant. Je constate que cela progresse lentement, mais j'ai retrouvé une motivation nouvelle, liée à la réalisation de mon autobiographie et de mon "essai sur le bonheur".
Libellés : Réflexions

AlainX 5:47 PM
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vendredi 27 octobre 2006
Jean Sébastien Voila ! J'ai fait mes provisions pour l'hiver... L'intégrale de Bach ! 155 CD à 0,55 euros le CD !
Moins cher qu'un CD vierge ! Oui, je sais la musique se vend pas au poids !! J'avais acheté l'an dernier l'intégrale Mozart (pas encore tout écouté....). Je ne fus pas déçu, il y avait vraiment des enregistrements de qualité ! Curieusement, j'avais quelque peu délaissé Bach ces dernières années, si bien que je ne n'avais guère de CD, mais un certain nombe de disques noirs, qu'on finit par ne plus écouter...  Hier soir petite "soirée orgue" avec ma compagne... Elle évoque son grand-père prof de musique, organiste, sa fierté de petite fille d'être avec lui à la tribune de l'église, émerveillée de voir les doigts agiles sur les claviers et les pieds pressant le pédalier. Et tous ces jeux à actionner... Elle avait le droit - à son signal - de tirer le bouton du cornet ou du bourdon... Pour moi ce sont des sensations presques physiques, depuis l'odeur d'humidité de sacristie, jusqu'à l'émotion forte d'avoir entendu Pierre Cochereau improviser magistralement à Notre Dame de Paris, en passant par l'interminable "messe en si", un soir de novembre dans cette église glaciale de Parchezmoi et où jem'étais quasiment endormi, engourdi sur ma chaise... Et le Grand-père qui rêvait qu'elle épouse un de ses élèves brillants !! Et c'est vrai qu'il est aujourd'hui un interpréte international.... "Tu aurais voyagé" lui avais-je dit un jour. Je ne sais plus sa réponse, mais c'était qqch du genre que j'étais son plus beau voyage ! On était jeunes amoureux en ce temps là.... Depuis... Disons que nous avons fait du chemin.... Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 5:07 PM
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mercredi 25 octobre 2006
S'aimer soi-même
"S'aimer soi-même pour mieux aimer les autres". C'est devenu un lieu commun une sorte d'évidence que chacun véhicule, quasiment un leitmotiv. Cela va même parfois jusqu'au jugement réprobateur : malheur à celui qui n'est pas capable de s'aimer lui-même ! Il n'est pas loin de passer pour un parasite social... Dans ma jeunesse le slogan était plutôt : « se sacrifier pour les autres ». Ça c'était le top ! En plus il y avait à la clef la récompense suprême généreusement offerte par le représentant de commerce de Dieu qu'était l'église catholique : le paradis et le bonheur éternel ! Aujourd'hui, l'islam vend le même produit : le sacrifice de sa vie en échange d'une flopée de vierges offertes chez Al*lah (mais chuttt je n'ai rien dit, pas envie d'une fatwa sur ma tête !!).
Pourtant, des gens qui s'aiment eux-mêmes véritablement (je veux dire qui ne sont pas amoureux de leur petit ego), je n'en ai pas rencontré tant que cela... Des gens qui le proclament, oui certainement, mais des gens qui vivent profondément "l'amour de soi", ils ne sont pas légion.
En réalité, beaucoup partent en guerre contre eux-mêmes. Et la guerre n'est pas l'amour... Ils luttent contre bien des choses : leurs défauts, leurs manquements, leurs petitesses, leurs égoïsmes, leurs colères, leurs erreurs, leurs petites mesquineries, etc. etc. D'une certaine manière ils ne croient pas à la pacification intérieure amoureuse, mais au combat permanent contre soi, ce qui veut dire bien souvent au final le combat contre les autres aussi.
À cause d'une approche simpliste de la psychanalyse et notamment de l'inconscient, ils ont trouvé enfin leur adversaire, tapi dans l'ombre : leur fameux "inconscient". Ah ! Celui-là, il va voir ce qu'il va voir ! C'est l'ennemi juré ! Et le drame des drames c'est que l'on se rend compte qu'il est plus fort que nous ce fichu "inconscient" ! Bref le combat est perdu d'avance ! Mais cela ne fait rien : guerroyons ! Hardi petit ! Fonçons dans le trou noir !
Ce combat-là apparait bien plus commode que celui de l'amour. Finalement c'est plus facile d'avoir des ennemis, y compris des "ennemis à l'intérieur de soi". Au moins c'est clair ! Se laisser aimer serait bien trop dangereux, y compris se "laisser aimer par soi-même". Que je m'aime moi ou que j'aime les autres, dans les deux cas je contracte une dette, une dette d'amour qu'il me faudra rembourser en aimant plus encore...
Évidemment, avec tout cela, on a les parfaits ingrédients de la déprime ! Il ne peut y avoir aucune espérance dans le combat contre des forces occultes qui nous gouverneraient et nous manipuleraient à notre insu. Le combat dans ce terrible marasme nous fait être autant bourreau que victime de nous.
Baudelaire l'exprime lumineusement lorsqu'il dit : « je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue. Et la victime et le bourreau. »Libellés : Réflexions

AlainX 11:47 AM
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mardi 24 octobre 2006
Vous avez dit "participatif" ?
Il y avait dans Le Monde une interview intéressante de Jean-Claude Burgelman (sociologue) le week-end dernier, relatif au Web.02. C'est-à-dire ce qu'il est convenu d'appeler le Web participatif. Je relève cette réflexion relative à l'évolution des technologies : « nous assistons à un phénomène de rupture : tout le monde peut avoir aujourd'hui son blog. L'internaute est à la source du système. Il alimente, modifie sans cesse. Grâce à la technologie du Web participatif, l'innovation vient du bas de la pyramide, c'est-à-dire des simples gens. Ce fonctionnement est à l'opposé de l'ancienne économie, ou une usine fabriquait un produit pour le vendre, ou un journal traitait l'information pour ensuite la publier. »
Il évoque ensuite le besoin des gens de se sentir en communauté. Comme il n'en existe plus véritablement en live, (selon lui), ces technologies permettraient de recréer de manière virtuelle ce besoin-là.
Sur ce dernier point Il faudrait s'entendent sur ce que signifie « une communauté ». Le monde virtuel a adopté ce mot il y a quelques années. Après on parle de "sites communautaires" est-ce approprié ? Une communauté regroupe des personnes qui désirent mettre quelque chose en commun. Peut-on prétendre que myspace.com qui regroupent 112 millions de membres constituent une communauté ? Tout au plus faudrait-il parler de regroupement de personnes, mais voilà le terme fait plutôt pâle figure par rapport à "communauté" qui donne ce sentiment d'appartenance artificielle. "Regardez, moi aussi J'en suis !", pourront dire les adeptes... Qu'est-ce qui est commun à 112 millions de personnes, si ce n'est d'avoir un accès à l'Internet... ! Je suis allé voir quelques vidéos sur ma myspace.com et je ne me sens nullement appartenir à une quelconque communauté pour autant... Tout cela constitue encore l'un de ces leurres sur lesquels les têtes pensantes se penchent et dissertent jusqu'à l'épuisement....
En revanche, ce qui me semble plus judicieux c'est ce phénomène de rupture en ce qui concerne la manière de partager les connaissances. Et à mon sens cela ira très loin dans les changements de mentalité et dans les conséquences que cela aura sur la société, la vie sociale et la vie politique en particulier.
Il y a un décalage manifeste entre, d'une part, les bonds technologiques excessivement rapides et leurs conséquences sur la vie quotidienne ; et d'autre part, le délai naturel, incompressible et nécessaire à l'homme pour s'y adapter. Chacun s'accorde à dire que ces évolutions se font une vitesse exponentielle. C'est un peu comme si on mettait un automobiliste, habitué à rouler tranquillement sur l'autoroute, dans un avion de chasse supersonique sans aucune préparation physique préalable. Les dégâts seraient intenses.
Pour en revenir à la technologie du Web participatif, phénomène récent, on en voit déjà les dérives dans le monde politique, avec ce regain (pour ne pas dire cette mode) de ce que l'on appelle la "démocratie participative" (d'une manière tout à fait impropre d'ailleurs me semble-t-il...). Et ce besoin boulimique des hommes politiques de tous bords d'ouvrir leur blog, pour ne pas faire trop ringard. Une Ségolène Royal surfe sur cette vague avec un certain brio. Elle a pris en ce domaine de l'avance sur Sarkozy qui rame encore en barquette. Est-ce une bonne chose ? Ce n'est pas si sûr ! Il n'y a pas en France une tradition de "démocratie participative" comme en Suisse par exemple. Le français est plus raleur que consensuel, si bien que les politiques virent très vite au populisme : "Sarko, Ségo, populo !!" Ségolène Royal, dans toutes ses propositions qui frisent le populisme, vend littéralement "de la vapeur". Car celles-ci supposent des réformes constitutionnelles que le parti socialiste a clairement déclaré qu'il ne ferait pas.... C'est véritablement se foutre de notre gue..... !
Or, pourquoi est-elle la candidate si bien placée, si ce n'est par un phénomène médiatique dans lequel le Web à sa part importante. Ce n'est pas pour autant que l'on a résolu la question de sa compétence et de ses aptitudes à exercer les plus hautes fonctions de l'état. Et le fait qu'elle soit un homme ou une femme n'a strictement rien à voir avec tout cela.
Je fais là une analysette politique personnelle très incomplète et un peu rapide pour le coup... Mais enfin elle me permet de tenter d'avancer un peu dans le brouillard dans lequel je me sens à quelques mois des élections. Je me suis intéressé à Ségolène ces derniers temps... Je ne suis pas véritablement séduit par ce que je découvre... Je crois que je vais aller faire un tour du côté de Bayrou, histoire de voir ce que cela raconte... Si cela vous intéresse, je vous ferai le récit de mon voyage ! Ca va surement être gratiné ! Libellés : Actualité, Réflexions

AlainX 3:34 PM
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lundi 23 octobre 2006
Bien peu

À l'échelle de l'immensité de l'univers, nous ne sommes pas grand-chose.
Je pensais à cela en voyant la photo de cette minuscule bestiole qui gravit sa feuille pour aller je ne le sais où... Elle était complètement anonyme, elle passait inaperçue à nos yeux parmi des milliards d'autres de son espèce, jusqu'à ce qu'un photographe s'intéresse à elle et la regarde. Encore fallait-il qu'ensuite il nous la montre, que je la trouve, et que je vous la présente à mon tour.
Je suis sûr qu'elle est en train de devenir « quelqu'un » pour vous. Si cela se fait vous allez peut être la trouver sympathique, jolie, attendrissante. Vous finirez même par demander son nom, à quoi elle sert dans la nature (son job quoi !) Et, comble de l'intérêt, ce qu'elle a pu devenir depuis qu'elle fut la vedette éphémère d'un passionné de macro-photo.
Finalement, pour devenir quelqu'un il faut être regardé, apprécié, aimé. Nous ne sommes pas grand-chose, mais nous pouvons devenir tellement...
Libellés : Réflexions

AlainX 5:33 PM
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mardi 17 octobre 2006
La tendresse
« Vivre sans tendresse on ne le pourrait pas » chantait Marie Laforet il y a bien des années. Ma mère était sans tendresse juste à mon égard. Elle était la femme des débordements affectifs, des excès. En la tendresse est une attitude fine, posée, respectueuse de l'autre. Mais j'ai le sentiment qu'elle est aussi une aptitude, une sorte de don spécifique qui n'est pas répandu à égalité entre les êtres. Je fais là une généralité qui n'est peut-être pas justifiée. Disons qu'il s'agit de mon expérience personnelle. J'ai connu des personnes qui avaient une volonté de tendresse à mon égard, sans pour autant que la manière dont elles s'y prenaient pour la manifester soit satisfaisante pour moi. Or, le seul qui soit capable de qualifier la tendresse, est, il me semble, celui qui la reçoit. Celui qui la donne a une intention de tendresse, mais il ne peut être certain du résultat qu'il obtient. La tendresse se donne, mais j'ai le sentiment que surtout : elle se reçoit.
Il y a « des êtres de tendresse »... Et d'autres qui n'ont pas véritablement cette aptitude naturelle. On peut discuter pour savoir si chez ces derniers c'est quelque chose qui n'a pas encore su s'éveiller et demeure en potentiel non mis en oeuvre (comme l'amour profond et le don de soi est une composante universelle de l'être humain, à condition de l'actualiser) ; mais là n'est pas mon propos d'aujourd'hui.
Dans mon entourage proche deux personnes ont particulièrement cette aptitude : ma compagne, ma deuxième fille. Mais c'est surtout en regardant mes filles et leurs différences en ce domaine que c'est le plus frappant. Ma fille aînée est attentionnée dans son affection pour moi au niveau des actes, ma seconde fille me prodige de la tendresse dans sa manière d'être et de se comporter. (Regards, gestes, paroles). Je parle ici de la relation que je peux avoir avec elles actuellement. Cette manière d'être et de vivre que je viens de ramasser en une formule un peu simpliste mais significative, correspond parfaitement, et cela m'étonne sans cesse, à la manière dont j'ai vécu leur naissance, la sortie du ventre de leur mère et les premiers instants qui ont suivi.
Personne n'oublie jamais ces instants-là bien entendu. Ce que je garde de la naissance de la première, c'est la sensation qu'elle avait une avidité de vivre dès ses premiers instants. Ce que je garde de la naissance de la seconde, c'est la sensation d'une force calme et paisible qui émanait d'elle. Et c'est bien ces deux tendances que j'ai vues se développer petit à petit chez ces deux femmes. Est-ce que, après coup, je reconstruis se souvenir de la manière dont je viens de relater ? Peut-être ... Mais je crois plutôt que j'en fais une meilleure lecture avec le recul que sur le moment où le ressenti est fort et brut et donc que peu analysable.
Quant à moi je crois que je n'étais pas un homme tendre. Dans ce registre, on me reflétait parfois une bonté, une douceur, une qualité de présence et de compréhension, mais pas que je pouvais être tendre et encore moins un être de tendresse. Et je pense en effet que je ne le suis pas vraiment. J'aurais vite l'impression de verser dans la mièvrerie. Je considère cela comme une sorte de défaillance chez moi, comme une entrave à un amour plus authentique de ceux qui me sont proches. Certes, il y a dans ce domaine mon passif affectif personnel issu de ma relation à ma "très chère mère" !, mais également je subis les conséquences de mon incapacité à avoir résolu cette problématique-là, à la mesure de mes espérances d'une part et à la mesure de mes capacités d'une autre part.
Je viens pourtant de parler au passé, car je dois dire que d'avoir accueilli la tendresse de ma compagne envers moi tout au long de notre vie commune (et ce ne fut pas toujours totalement évident...), dont elle m'imprégnait par osmose, a fini par rejoindre par capillarité ma propre aptitude à la tendresse, même si celle-ci demeure partiellement indéployée.
Si j'évoque ce sujet, c'est que c'est un terrain d'observation pour moi depuis quelques semaines, j'aimerais faire fondre (définitivement si c'était possible...) Les angles durs, les aspérités, les couteaux tranchants qui sont encore accrochés à ma peau et m'entravent dans une certaine fluidité relationnelle. Ce qui n'est pas très bon c'est que je suis loin d'être convaincu de mon aptitude au changement compte tenu de mon âge avancé... Je deviens un vieux cuir difficile à assouplir...
D'une certaine manière je crois que la tendresse est une sorte de sommet dans la manifestation la plus intense de l'amour. Je ne parle pas ici seulement des instants de tendresse que tout un chacun peut vivre à un moment ou un autre, mais j'évoque plutôt un comportement à valeur permanente. S'il y a bien une dernière chose que j'aimerais accomplir avant de disparaitre c'est ce grandisssement en amour juste. Mais le chemin est long (et la pente est forte ajoutait Raffarin !...)
Libellés : Réflexions, vie de couple

AlainX 11:09 AM
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lundi 16 octobre 2006
En vrac... Les blogs : Dans le petit monde des blog, (le mien donc partiellement...), ça va, ça vient... Les uns ouvrent, les autres ferment, certains changent d'endroit, s'en vont ailleurs sous d'autres noms, d'autres cieux blogiens en quelque sorte. Un peu comme on change de quartier parce qu'avec les voisins ce n'est plus comme avant... Et puis il y a les sites perso au long cours, ceux d'avant la mode des blogs, qui écrivent avec régularité ou périodiquement, mais qui "tiennent la distance". Cette expression a généralement le sens de tenir dans la durée. Pour ce monde virtuel blogosphèrien- (intime/extime, avec toute la complexité que cela comporte de désirer à la fois un blog privé mais totalement public dans la réalité et visible par des centaines et des centaines de personnes potentiellement) - l'expression de "tenir la distance" devrait sans doute aussi être prise au sens premier : se tenir dans et avec de la distanciation au regard de ce qu'il peut représenter effectivement. Ma créativité :
Ces derniers temps j'ai eu l'occasion de parler "en live" avec quelques personnes de ma très modeste "production littéraire" !! Certains me poussent à publier, avec une sorte d'anticipation sur l'admiration qu'ils auraient pour moi si cela m'arrivait ; comme si publier un livre ou un recueil pouvait conférer à l'auteur une sorte d'aura singulière. Franchement, quitte à désirer m'admirer, je préférerais - et de loin - que ce soit pour la personne que je suis, tel que je suis, et non pas pour l'écrivaillon qui se contente soit de prendre plaisir solitaire à l'écriture, soit d'utiliser celle-ci pour apaiser ses névroses... Néanmoins, et bien évidemment, un lectorat met nécessaire et me plaît, sauf lorsque j'écris dans mon journal intime "papier" hors du regard de quiconque si ce n'est le mien. Mais c'est un auto-regard sans concessions, et celui-là je suis capable de le supporter. Quant au lectorat interactif, celui qui me plait se situait principalement sur Obsolettres qui était pas mal fréquenté jusqu'à ces derniers temps mais aurait besoin d'un second souffle. Sur une récente consigne hebdomadaire j'ai commencé à publier un texte avec un "à suivre...". Je ne sais même pas si des gens l'ont lu... Je me dis : qu'importe, moi j'ai pris plaisir à l'écrire. Mais ce plaisir n'est pas vraiment complet si personne ne lit, il ne l'est pas non plus si personne ne réagit... Surtout lorsque c'est publié dans un site à forme de forum. J'ai le sentiment d'un texte tombé dans un puits sans fond. Cela ne me décourage pas pour autant, puisque je continue à y écrive régulièrement. Je tiens à ce site et je lui souffle dans les bronches ! Mais survivra-t-il si plus personne ne l'anime... Ma santé : Je parle rarment de ma santé ici. J'ai bon mine. Dans mon entourage on me le souligne, on admire mon dynamisme malgré ma situation. À part ma compagne, personne ne sait. Je suis comme un décor de théâtre. Vu du côté de la salle cela a une certaine allure. Vu des coulisses... C'est très différent...
L'approche de novembre :
Jusqu'à hier ce n'était pas encore d'actualité. C'est cette nuit que j'ai commencée à y penser. Malgré ma volonté c'est venu. Les quelques rares « vieux lecteurs » que je dois avoir savent de quoi je parle... .
.Libellés : Au fil de l'eau

AlainX 11:07 AM
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vendredi 13 octobre 2006
Photos et autres graphismes
A la suite de quelques réactions concernant mon site de photos, et aussi au fait que Coumarine a pris l'une d'elle pour son site Paroles plurielles, ce qui a valu un nombre important de textes de participants ; à la suite des remarques à la fois bienveillantes et pertinentes, mais également de justes observations de Coumarine (aussi exigente en ce domaine que vis à vis des textes...) ; à la suite des encouragements répétés d'une blogeuse qui se reconnaitra, que je remercie grandement, et qui laisse un peu trop son site en friche ! ; à la suite de tout ça donc, j'ai un peu plus "cru" que ce site n'était pas totalement "cuit", et je l'ai complètement remanié... on y trouvera notamment ma dernière élucubration :  Le site est toujours ICI
Je lirai toujours avec intérêt vos impressions sur celui-ci...

AlainX 6:27 PM
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jeudi 12 octobre 2006
Avis à la population blogosphérienne !
Vu mes emm... avec mon adresse Hotmail, ce serveur à la §%*£$*!%ùµ$£ de mes choses ! qui marche quand il veut !
je change de crèmerie
Merci de bien vouloir noter ma nouvelle adresse !
alainxenreve [at] yahoo.fr
où vous pouvez désormais m'écrire. (saisie directe possible dans la colonne de gauche)
Si certains d'entre-vous m'ont écrit ces dernières semaines, et n'ont pas eu de réponse de ma part, merci de me renvoyer votre mail à cette adresse, cas c'est que je ne l'ai pas reçu.... Sinon, j'ai répondu à TOUS mes mails ....
et désolé mais je ne suis pas responsable Monsieur le Juge....
NON !!! PAS SUR LA TETE !!! .

AlainX 8:21 PM
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mardi 10 octobre 2006
Il y a 25 ans.....
.... l'abolition de la peine de mort.
L'excellent blog de maitre eolas nous raconte comment se déroulait une exécution.
Cela me rappelle ma petite militance de l'époque, puis par la suite ma rencontre avec Robert Badinter, Garde des Sceaux.
Et dire que De Villiers, viconte vendéen de bas étage, voudrait la faire rétablir...

AlainX 7:09 PM
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lundi 9 octobre 2006
Pour Elle ...
Parce que l'on ne peut sans cesse demeurer silencieux...

Anna Politkovskaïa, journaliste, qui enquêtait sur le Tchétchénie, assassinée à Moscou samedi.
Parce qu'ils/elles sont nombreux(ses) à donner leur vie avant qu'on ne les assassine. Que derrière eux, derrière elle, des anonymes qui témoignaient ont vu leur vie dévastée.
Et pendans ce temps là, à l'Elysée.... On remet la Légion d'Honneur à Poutine...
Triste, triste monde...
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Le premier qui dit la vérité Il doit être exécuté.
Combien d'hommes disparus qui un jour ont dit non Dans la mort propice Leurs corps s'évanouissent On se souvient ni de leurs yeux ni de leur nom Leurs mots qui demeurent Chantent "juste" à l'heure. L'inconnu a dit la vérité Il doit être exécuté. (Guy Béart - 1968 - Extraits de "La vérité")

AlainX 1:05 PM
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mercredi 4 octobre 2006
Amour à mère (II) (Suite de l'entrée précédente)
Le mouvement ascendant j'ai déjà commencé à l'évoquer en parlant de ce mouvement de retour vers le lien vital avec nos origines. Je parle de retrouver un lien et pourtant l'adage stipule qu'il faut « couper le cordon ombilical ». Cette expression quelque peu simpliste signifie pour moi ceci :
- du côté de l'enfant, couper la relation d'aliénation psychologique avec les parents (exemple : je ne fais pas telle chose parce que si mon père/mère me voyait il ne serait pas d'accord, j'ai agi de telle manière par fidélité à la mémoire de ma mère, etc.) ; cela n'a rien à voir avec un éloignement géographique, même s'il peut être aidant, car la dépendance est "dans la tête", cela n'a rien à voir non plus avec la révolte adolescente (toujours possible à 40 ans!), même si c'est le plus souvent un point de départ obligé, cela résulte essentiellement de l'apprentissage de la prise de décision à partir de sa propre conscience profonde. Encore faudra-t-il avoir découvert de quoi il s'agit. C'est à mes yeux l'antidote au devoir moral et aux bonnes manières. Mais pour se libérer de ces "surmois" il faut parfois affronter la toute puissance parentale et ses nombreuses métastases disséminées dans l'organisme psychique....
- du côté du parent, renoncer à sa domination, ce qu'il n'est généralement pas prêt à faire (c'est quand même mon enfant, quoi !) et qu'il tente coûte que coûte de maintenir de manière très subtile sous la forme des « bons-conseils-de-l'adulte-qui-sait-mieux-que-toi-mais-tu-fais-ce-que-tu-veux... ». Et puis de toute façon c'est bien connu, "mon fils, est incapable de se diriger par lui-même... Il faut bien que je le guide si l'on veut éviter des catastrophes... Et d'ailleurs il n'arrête pas de me demander ce qu'il doit faire... " [Vous pouvez reprendre la même phrase phrase avec "ma fille" ...] Le fameux "cordon ombilical" tient à certains aspects relationnels qui n'ont pas grand-chose à voir avec ce dont je veux parler ici.
Le mouvement ascendant, puisque j'ai pris l'image de la rivière, je le comparerais au saumon qui à l'automne regagne l’ embouchure du fleuve qui l’a vu naître pour rejoindre sa frayère d’origine. Il remonte vers sa source mais c'est pour être lui-même à son tour fécond.
Dans l'ordre de la filiation il y a là toute la différence entre la relation et le lien originel. On dit souvent que l'on n'a pas demandé à naître, et c'est exact. Cependant on a le Désir de Vivre...
Autrement dit ce Désir nous ne nous le sommes pas donné à nous-mêmes. Nous en sommes redevables à ceux qui l'ont suscité en notre lieu et place. Je disais parfois aux personnes que je recevais, qui aimaient leur conjoint mais haïssaient la belle-mère, que sans cette dernière la naissance de l'objet de leur amour n'aurait pas eu lieu...
Il y a donc la nécessité de revenir à la source de filiation pour recevoir comme une sorte d'élixir de liberté personnelle dont le flacon serait déposé sur le lien profond et existentiel qui constitue la racine centrale de notre existence. Car c'est bien là un terrible paradoxe, la même personne détient (a détenu) à la fois l'élexir de vie et le poison mortel !
Par exemple, pour illustrer et peut-être mieux me faire comprendre [je sais que dans ce que j'exprime je suis compris une fois sur cinq... !], l'un des moyens concrets pour revenir à cette source peut-être la question suivante : "qu'ai-je "reçu" de mon père, ma mère, et qui m'a permis de m'accomplir dans ma vie ? » [Ce que j'ai reçu pouvant être des manières d'être et/ou de faire, des valeurs, la valorisation de tel ou tel aspect de moi qui m'a permis ainsi de « grandir intérieurement », etc.] je n'ai pas inventé cette question, elle me fut posée à peu près dans ces termes et c'est elle qui me mit en chemin vers les aspects probablement les plus essentiels de ma personne. Y compris du côté de ma mère envers laquelle je suis donc redevable de cela. Même si le jeu de ma liberté m'a laissé la totale possibilité d'en faire ce que je voulais. Le bien comme le mal, le bon comme le mauvais.

AlainX 11:13 AM
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mardi 3 octobre 2006
Amour à mère
Dans les commentaires à ma récente entrée "le regard rapace", il y a cette phrase : "j'ai du mal à éprouver cet amour qu'on nous dit devoir à nos parents." Elle m'a interpellé et je me suis laissé écrire ce qui suit.
Je pense que l'amour parent/enfant est à double mouvement. Il y a un mouvement originel descendant, celui que l'on reçoit de nos parents tout au long de notre vie d'enfance et d'adolescence. C'est un amour qui devrait être comme l'eau vive d'un torrent qui dévale la montagne et vient nous inonder de sa bienveillance, de sa tendresse, de sa fraîcheur parfois, refroidissant nos ardeurs de jeunesse et non préservant de dérives déstabilisantes par la fermeté aimante qu'il peut comporter. C'est une eau claire qui devrait couler généreusement et sans demande de retour. Qu'on le veuille ou non, cette eau claire d'amour, c'est la mère qui la prodigue en premier. Les discours idéologiques et les pensées dominantes de nos sociétés modernes ne changeront strictement rien à cet état de fait constatable depuis des siècles et des siècles. L'enfant qui va mal, le jeune en danger, l'adulte en péril, bref l'être humain qui appelle au secours crie d'abord : " maman !". J'avais lu là-dessus un très beau texte dont j'ai perdu la trace et qui faisait état des jeunes soldats qui agonisaient sur le front en 14/18 et appelaient leur mère.
Lorsque j'ai subi ce grave accident de santé à l'âge de 12 ans, qui aurait dû m'emporter et dont je supporte toujours les séquelles ; à l'hôpital, douloureux dans tout mon corps (pas question d'administrer des calmants, il fallait souffrir pour la plus grande gloire de Dieu...), et confiné durant des jours interminables dans une chambre d'isolement (puisque j'étais contagieux paraît-il !), c'est bien ma mère, cette femme en regard de poignard, que j'appelais sans cesse dans mes délires.
L'amour d'une mère est d'une extraordinaire puissance bienfaitrice pour le devenir de l'enfant. Sa carence ou pire son absence totale (décès prématuré de la mère par exemple, abandon à la naissance, etc.) sera le terrible revers de cette affirmation. Sa carence est infiniment préjudiciable au développement de l'enfant. Pauvre mère ! (comme je dis souvent), chargées d'une telle responsabilité, qu'elles le veuillent ou non...
[Je n'aborderai pas ici les problématiques des parents de substitution, et encore moins celle de l'homoparentalité aux multiples variantes, il y aurait bien trop à dire sur ce prolongement narcissique...]
Mais, restons dans l'ordinaire de la vie courante, la plupart des mères tentent de leur mieux de faire don de cet amour qui est en elles pour ces petits humains sortis de leur ventre.
Avec le recul, et malgré toutes les souffrances endurées, je ne doute pas de ce mouvement d'amour parti du coeur de ma mère vers moi. Pour bien des raisons, que j'ai analysées, et que j'ai pu vérifier notamment dans les multiples correspondances de ma mère dont je dispose, cette source claire s'est parfois polluée en chemin avant d'arriver jusqu'à moi, quand elle ne s'est pas perdue dans les sables.
Ainsi, comme fils, j'ai été abreuvé à une eau polluée, et il n'est guère possible de faire autrement, sauf à mourir de soif...
Dans mon entourage familial proche, peu de gens accepteraient que je puisse parler ainsi de ma mère. Cette femme admirable et dévouée, qui a tant souffert dans sa vie, que j'ai fait souffrir moi-même à cause de ma maladie... (Et oui messieurs-dames on me l'a reproché !), et qui forçait l'admiration autour d'elle.
Dans ces conditions, suis-je tenu, cerise sur le gâteau, d'éprouver de l'amour pour ma mère. Eh bien, ma réponse est nette : oui !
Il y va de la valeur que je peux accorder au regard sur moi. Au cours de ma thérapie, lorsque je me suis « attaqué » à la relation à ma mère est tout ce que cela comportait d'entrave, j'avais pour objectif de me libérer d'elle définitivement. Je ne pensais pas que derrière les vomissements, les pleurs intarissables, la bave qui coulait de mes lèvres, les douleurs de somatisations à cause d'elle, se cachaient des sentiments profonds de l'ordre de l'affection. J'ai réalisé qu'il fallait absolument que je les retrouve. Cependant, c'est durant le parcours de ce lent chemin d'élimination de ces blessures et de tentative de retrouvaille d'autre chose, que ma mère est morte. J'ai vécu cet événement comme si je recevais d'elle une immense gifle. La personne qui alors m'accompagnait spécifiquement depuis près de deux ans dans ce difficile chemin me confirma que ce brusque décès retarderait certainement mon cheminement. Ce fut le cas. Il m'est devenu impossible de travailler sur cette relation. Tous mes ressentis s'étaient anesthésiés, figés. Je suis donc resté bloqué aux trois quarts de la route.
Alors, lorsque je lis cette phrase reprise plus haut d'une commentatrice, je pense en effet qu'il y a une nécessité de faire notre part de chemin en tant qu'enfant devenu adulte, vis-à-vis de parent qui ne nous ont pas épargné et/ou qui nous ont "mal-aimé". Il ne s'agit pas d'un devoir moral, d'une obligation imposée de l'extérieur, mais d'une réalité fondamentale pour retrouver le lien d'amour parental/filial qui nous unit irrémédiablement à nos géniteurs. D'ailleurs on voit bien combien les enfants adoptés ou nés sous X. etc. ressentent cette impérieuse nécessité de le retrouver et de tenter de le tisser au moins un peu. En effet ce lien est vital tout au long de la vie. Et, paradoxe apparent, plus il sera tissé avec justesse, plus nous serons libres dans l'existence et dans notre vie affective.
On se libère des entraves uniquement pour créer des liens profonds.
Il y a donc la nécessité d'engager le mouvement ascendant, deuxième volet du double mouvement que je mentionnais en commençant....
Ce sera pour la prochaine fois ! (à suivre...)

AlainX 12:43 PM
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lundi 2 octobre 2006
Exposé pour exposerVoilà déjà quelque temps que j'ai ouvert un blog pour y mettre quelques-unes de mes photos.Je n'en ai jamais parlé ici. Je ne l'ai pas référencé sur mon site, ni nulle part ailleurs. C'est assez curieux. Je n'ai guère de difficultés à me montrer ici dans des aspects essentiels de moi, alors que j'ai une pudeur certaine à montrer les photos que je réalise. Comme bien des gens, dans ma jeunesse, je fus un passionné de photographies. Mon rêve secret était alors de devenir un photographe célèbre, exposé dans le monde entier... J'avais un labo-photos noir et blanc (la couleur était quasiment inabordable techniquement à l'époque). Je réalisais aussi des montages sous forme de diaporama avec plusieurs projecteurs et un son sophistiqué que je bricolais moi-même avec plusieurs magnétophones. Je jouais essentiellement sur l'émotion des enchaînements et cette fameuse « troisième image » que produisait le fondu enchaîné. Aujourd'hui, ma technique de l'époque semble remonter à Mathusalem, tant les progrès ont été immenses avec le numérique. De plus, mon matériel ancien étant détérioré il n'est même plus possible de projeter quoi que ce soit en fondu-enchaîné. J'avais rangé tout cela et quasiment abandonné "la photo", hormis la production familiale classique des enfants et des fêtes de famille... Depuis que j'ai arrêté mon activité professionnelle, je me suis mis au numérique et à ses possibilités de retravail des photos avec l'ordinateur. C'est très brouillon... J'essaye de trouver un créneau créatif original, mais je suis sans cesse déçu de ce que je produis, sauf quelques rares photos qui me plaisent. Alors, cette pudeur que j'invoque, mais qui est plutôt un manque de confiance en moi en ce domaine, fait que je n'ai jamais évoqué ici l'existence de ce site. Il est temps que je m'affranchisse de cette crainte et que j'ose exposer ce que je fais pour la réalité de ce que cela est. .

AlainX 12:00 PM
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