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samedi 30 septembre 2006
Le regard rapace
Je suis fasciné par les oiseaux rapaces. Cet été je suis allé dans une maison des oiseaux où il y en avait un certain nombre. Je suis resté très longtemps à les observer sans rien dire et j'ai fait pas mal de photos. J'en publie quelques-unes. C'est leur regard qui me fascine. Ils me semblent toujours appartenir à un ailleurs attirant et mystérieux. Je ne crains pas leur bec puissant, capable de déchiqueter la chair de leurs proies, ni leurs serres puis puissantes qu'une machoire de molosse, capables de vous broyer plus sûrement qu'un étau, mais c'est leur regard qui me ferait détourner les yeux.
En les voyant m'est revenu un souvenir de classe. Je devais avoir 15/16 ans Lors d'un cours d'expression graphique sur je ne sais plus quel thème, j'avais dessiné un immense oeil à faire peur. Le prof avait fait une allusion pseudo-psychanalytique, où il était question de jugement, de culpabilité et de volonté de braver le regard. Plus tard j'ai compris qu'il s'agissait du regard de ma mère, cette femme morte voila maintenant plus de vingt ans, envers laquelle je n'éprouve aucun sentiment d'affection filiale. J'ai gratté au fond de moi autant que j'ai pu pour tenter de le retrouver, sans y parvenir à ce jour. Lorsqu'il m'arrive d'évoquer sa mémoire, j'éprouve envers elle une sorte d'indifférence pour cette étrangère qu'elle fut à mes yeux. Et dans le registre des sentiments, c'est mépris ou compassion, selon les circonstances.
Elle avait le regard rapace j'étais sa proie. Dans cette maison des oiseaux je me suis confronté à elle par busards, éperviers et autres aigles interposés.
 


la dernière est une petite animation, attendre quelques secondes le téléchargement .

AlainX 12:18 PM
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vendredi 29 septembre 2006
Adieu jeunesse !
C'est un téléfilm "mention passable" mais qui se laisse regarder. Une histoire d'amour de jeunes dans le milieu Beaux-Arts. Peu importe le film dont j'ai déjà oublié le nom. Je voudrais m'arrêter à ce qui s'est passé en moi, à cette flopée de sensations qui m'ont projeté dans mon histoire de jeune homme, alors que je ne m'y attendais pas.
Je n'aime pas être ainsi surpris par ce genre de ressenti qui me traîne en arrière comme on tirerait quelqu'un par les cheveux pour l'emmener là où il n'a pas envie d'aller. Ce n'est pas que je veuille ignorer mon histoire personnelle, mais j'aimerais qu'elle ne vienne pas encombrer mon présent. Je souhaite pouvoir explorer mon histoire passée, quand j'en ai envie, comme j'en ai envie. En garder la parfaite maîtrise. Hélas, dans le domaine du ressenti et de son surgissement, ce n'est pas moi qui commande.
Ce qui m'a saisi dans toute ma personne c'est ce constat banal et simple : ils sont jeunes, je suis vieux. Certes je ne suis pas « un petit vieux » qui attend la mort (pas encore...) et mon désir de vivre est loin de s'étioler. Je n'ai pas non plus (pas vraiment) la nostalgie de revenir en arrière. Si par un effet magique cela m'était offert, je ne suis pas certain de prendre l'option d'une sorte de nouvelle vie à recommencer.
Je dis cela, et cependant dans mon ressenti, à cet instant il en est allé autrement. Ce constat qui s'est imposé (ils sont jeunes, je suis vieux), a été, l'espace d'un instant, terriblement dur à constater. Une prise de conscience soudaine que je n'acceptais pas vraiment l'âge qui est le mien, et que, quoique j'en dise, j'aimerais être plus jeune.
Lorsque je dis à des personnes : « je suis vieux » c'est immédiatement contesté. Il ne faut surtout pas être vieux ! Quelle horreur ! C'est presque une tare, une maladie honteuse. Cela peut encore passer si on ajoute un qualificatif valorisant du genre « vieux sage ». Et puis, quel que soit l'âge, l'important est d'être jeune dans sa tête, n'est-ce pas ! Et puis quoi ! Tu n'as même pas encore 60 ans ! Vieux c'est 90 ans ! (On peut observer qu'il y a quelques années, vieux c'était quatre-vingts ans, et quelques années encore en arrière, vieux c'était soixante-dix ans, et dans ma jeunesse pas mal de gens mourraient vers la soixantaine...).
Oui, je sais on va me rétorquer que les vieux ont les aime bien, chacun à chez lui ou dans ses souvenirs un grand-père très chouette (notamment lorsqu'il a servi de substitut paternel), et puis ils ont de merveilleux souvenirs à raconter du bon vieux temps et on adore les écouter avec ce sourire condescendant, vu que les souvenirs sur la guerre 40, la guerre d'Algérie, et le général De Gaulle, on les connaît absolument par coeur. À moins qu'il ne vous expose en long et en large les dernières péripéties des « feux de l'amour ». (comme le faisait mon père, lui, l'intellectuel, il en était donc là ?)
Mais, soyons clairs et un peu honnête, globalement, les vieux on n'aime pas, on n'en veut pas vraiment, enfin, pas plus que le temps de la visite à la maison de retraite ou médicalisée qui sent l'urine. Et ceux qui rendent des visites journalières disent qu'ils le font par amour, mais surtout par devoir et par crainte ensuite de se sentir coupable de ne pas l'avoir fait. Autrement dit les motivations ne sont pas excessivement glorieuses. Et je ne jetterai la pierre à personne ! J'ai plutôt été soulagé de la mort de mon père, parce que cela devenait trop lourd pour tout le monde.
"Papa tu fais encore jeune !" me disent mes filles, toutes heureuses de ce compliment. Ouf ! Tout est dans le "encore". Je suis en sursis. Le jour où je "ferai vieux"... Mais n'y pensons pas !
Dans mon ressenti surgit au moment de ce film, je fus conduit devant ma vérité... : je suis un vieux. Puis-je véritablement dire autrement ? Si ce n'est en utilisant toutes sortes de périphrases pour dire cette réalité, comme "je ne suis plus si jeune" , "j'ai mon âge mais je suis encore vert", "la jeunesse du coeur c'est ce qui compte", ou d'utiliser ces nouveaux vocables du type "senior", "aîné" etc. Histoire de dissimuer la réalité. Et chez les femmes, c'est encore pire. Le jeunisme est une tyrannie de chaque instant. Il faut combattre l'ennemi à coups de crème antirides, et porter les vêtements de ses filles pour "faire toujours jeune" !
Le vieux est socialement incorrect.
Tout cela pour dire qu'il n'est pas facile d'accepter de vieillir, d'accepter sa condition d'être destiné à finir. Et probablement à finir dans des conditions de plus en plus insupportables, avec de la tuyauterie partout, histoire de prolonger artificiellement le surgissement de ce qui est considéré comme intolérable et pourtant parfaitement naturel qu'est la mort.
Alors, cet après-midi-là, obligé de m'allonger pour soulager mon corps affaibli, regardant la télé pour me distraire quelque peu, plutôt que de lire comme je le fais parfois, je me retrouvais affronté à la réalité de ma condition, l'acceptant difficilement.
Soyons clair : je suis vieux, et je n'aime pas !

AlainX 4:47 PM
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jeudi 28 septembre 2006
Coitus interruptus !! ... Une fois de plus Jospin s'est retiré à temps .... Ouf ! Madame respire mieux ! .

AlainX 6:19 PM
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lundi 25 septembre 2006
Faire de la musique c'est facile ...
(et puis ça vous changera de mes entrées prise de tête !)

AlainX 11:47 AM
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samedi 23 septembre 2006
Inspiration
Durant les vacances, au hasard d'une ballade, ma compagne et moi nous sommes retrouvés au bord d'une petite jetée d'accès à la mer. Le soir commençait à tomber. Une femme est arrivée à vélo. Elle eut un comportement quelque peu étrange, décalé. Nous nous sommes amusés à l'imaginer avec une vie aventureuse et tumultueuse. Puis je me suis mis à la photographier, inventant que j'étais un quelconque espion à sa recherche pour une occulte puissance internationale. (oui je sais, j'ai trop regardé X-Files !). [ben quoi ! en vacances, on a bien le droit de jouer au gamin non !!].
En rentrant je bascule les photos numériques sur mon ordinateur et m'apprete à supprimer celles de la vacancière à vélo, devenues sans intérêt après ce petit délire.... Mais voila qu'il me vient une vague idée de "nouvelle"... que je me mets à rédiger...

AlainX 11:08 AM
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vendredi 22 septembre 2006
Le vingt deux septembre
Un vingt et deux septembre au diable vous partites, Et, depuis, chaque année, à la date susdite, Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous... Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre, Plus une seule larme à me mettre aux paupières : Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.
On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes, Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous... Que le brave Prévert et ses escargots veuillent Bien se passer de moi et pour enterrer les feuilles : Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.
Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes, Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle Et me rompais les os en souvenir de vous... Le complexe d'Icare à présent m'abandonne, L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne : Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.
Pieusement noué d'un bout de vos dentelles, J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous... Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe, Les regrets éternels à présent me dépassent : Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.
Désormais, le petit bout de cœur qui me reste Ne traversera plus l'équinoxe funeste En battant la breloque en souvenir de vous... Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent, A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes : Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.
Et c'est triste de n'être plus triste sans vous
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En souvenir de Georges En souvenir d'une rupture.

AlainX 2:08 PM
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jeudi 21 septembre 2006
Censure des textes Sang sur des textes
J'écris beaucoup ces temps-ci. À la fois pour moi-même, dans le cadre de la publication à laquelle je travaille. Mais j'écris aussi des entrées destinées à ce site.... Mais je ne les publie pas...
Pour la première fois sans doute il y a en moi un mouvement de censure. Pour l'instant je n'ai plus envie de m'exposer que j'ai pu le faire. Je n'en sais pas très bien la raison... C'est depuis mon retour de vacances. Loin du net, j'avais écrit quelques textes en me disant : je les publierai à la rentrée. En les relisant je me rends compte qu'ils sont tout à fait publiables. Ils sont intemporels. Je suis même content de certains. Mais je garde tout cela par devers moi. Le petit jeu de mots de cette entrée explique sans doute certaines choses.
Je n'ai pas l'intention pour l'instant de fermer ce blog. Mais c'est peut-être une étape différente qui s'est engagée pour moi. D'ailleurs, je sens qu'il en va de même dans ma vie. "Quelque chose d'autre" se prépare. Je suis en gestation...
Il est probable que je publierai ailleurs certaines choses. Sans doute sur "promenades intérieures". Il y a peu de visiteurs là-bas. Je ne dis pas ça pour y attirer du monde... Car c'est pour moi simplement un site référence.
Alors, probablement qu'ici il n'y aura plus que l'écume des vagues.

AlainX 6:23 PM
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mardi 19 septembre 2006
Papy, parle nous du bon vieux temps....
Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre.
En ce temps là en vérité je vous le dis Johnny ne s'était pas encore accoquiné avec l'UMP la maman de Doc gynéco en consultait un justement Sarkozy faisait déjà la morale à ses camarades de classe
je buvais mon premier whisky-coca les filles avaient encore des arguments convaincants dans leur soutien-gorge obus.
Il y avait de la musique, de la vraie le rap n'avait pas encore pollué la planète
Ah que yé !

AlainX 5:55 PM
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lundi 18 septembre 2006
Viva el papa ! En ces temps troublés où sa Sainteté à la menthe fait s'étrangler la moitié de la planète, je ne resiste point au plaisir sacré de vous convier dans cette Chapelle Ardente .

AlainX 6:26 PM
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vendredi 15 septembre 2006
Certitudes ? ... sans doute ! ... Chez Pierre (l'ex-idéaliste) on parle beaucoup ces derniers temps du doute et de la « remise en question ». Je l'avais interrogé. Il a répondu de la manière dont vous pourrez le lire. Je ne vais ni disserter ni polémiquer là-dessus. Il est clair cependant que j'ai des divergences sur un certain nombre de points. Ou plus exactement nous ne regardons pas les choses du même endroit et n'avons pas la même approche. Et c'est finalement cela qui est intéressant... Pour ma part, le doute et la remise en cause sont des moyens pour " quelque chose" et non pas une fin en soi, une manière d'être ou une philosophie. Ce qui est premier pour moi c'est l'acquisition de certitudes intérieures qui constituent des bases solides de ma personnalité au point qu'elles ont une permanence d'existence qui résiste au doute. Cette résistance est un constat que je fais et qui échappe à ma volonté, tout comme a échappé à ma volonté le fait que je sois de sexe masculin et non pas féminin. Lorsque j'étais jeune (si je puis me permettre de parler ainsi) j'ai beaucoup cultivé le doute comme une manière de me raccrocher à lui face au vide intérieur qui m'envahissait. Le doute est une bouée de sauvetage efficace. Et puis, dans les années de crise de jeunesse douter de tout vous donne des allures nobles et intellectuellement valorisantes. Malheureusement cela ne résolvait pas le péril dans lequel j'étais. Mieux vaut quand même un voilier fiable et bien quillé pour faire le voyage de sa vie, qu'un pneu flottant à la dérive sur les flots ! Puis il y eut tout ce travail intérieur sur moi que j'ai évoqué bien des fois ici. C'est au coeur de celui-ci et au coeur de l'épreuve que j'ai découvert ce fond solide de ma personne qui est probablement l'unique bien précieux dont je dispose (je n'ose pas dire que je possède car qui sait s'il ne me sera pas enlevé un jour...). Je pourrais le comparer à un volcan qui a surgi des eaux boueuses de mes océans de perdition et qui s'est mis à fleurir et à devenir une terre bonne et cultivable sur laquelle je me suis installé. L'image du volcan me plaît en raison de sa force qui fait que le volcan ne peut qu'émerger à la surface des eaux lorsque s'est enclenché le processus de son développement. L'image a sa limite dans la mesure où cette force pourrait passer pour invincible alors que quoi qu'il en soit, je demeure un être ressemblant à un vase d'argile. Fragile. Sur cette terre intérieure, là où j'ai construit la maison de mon existence, ont également poussé les certitudes existentielles qui fondent ma croyance personnelle. Mais tout cela n'est pas monolithique. Le volcan n'est pas éteint ! Le magma est sans cesse en action. Cependant à ce niveau, j'ai de la difficulté à parler de doute et de remise en question. Et si cela m'arrive l'origine est un sentiment de malaise lié à un mal-être de circonstance. Le doute prend alors l'aspect pernicieux que je qualifierai de luciférien. C'est-à-dire destructeur par déstructuration de la personne. (Je dois rendre ici hommage à la religion chrétienne qui a parfaitement décrit les symptômes de l'action du doute dans le concept de satan. Ma divergence bien entendue surgit lorsqu'on estime que Satan est "quelqu'un", comme Dieu serait "quelqu'un", alors qu'il s'agit de phénomènes psychiques). Autrement dit, et peut-être pour être plus simple dans l'expression, je dirais que, à ce jour, là où j'en suis, je ne doute pas de moi dans cette dimension existentielle fondamentale. C'est comme un impossible. En revanche, ce qui constitue l'un des moteurs de ma vie, c'est : « l'état de questionnement » dans lequel je me tiens le plus souvent, face à moi-même, face aux autres et face au monde. C'est-à-dire que je questionne et me questionne à partir de mes fondamentaux. Je me demande d'ailleurs s'il peut en être foncièrement autrement pour qui que ce soit. Est-il possible de se "remettre en cause" autrement qu'en référence à des points d'ancrage, même si parfois on s'est ancré dans des sables mouvants... « Avant » mes remises en question incessantes m'entraînaient dans un tourbillon de pensée dont je finissais par perdre la maîtrise, qui mettent dans un vertige rendant toute prise de décision et toute action impossible et qui peuvent conduire aux portes du pétage de plomb ! Se poser des questions c'est bien, trouver des réponse c'est pas mal non plus ! Ce que je questionne relativement souvent, ce sont mes comportements, mes actes, mes non-actes, mes choix d'actions, mes engagements, etc. et tout cela n'est pas toujours très glorieux bien évidemment ! Mais c'est toujours au regard de ma "terre intérieure" telle que je l'évoquais, au regard de ma personnalité profonde que je ne me suis pas choisie mais qui s'est imposé à moi au fil des années et de mon développement personnel. Car pour ce qui est de notre personnalité profonde ( nos dynamismes essentiels et positifs), nous ne sommes pas les maîtres du jeu, contrairement à ce que nous voudrions bien souvent. En revanche nous sommes totalement les maîtres des décisions que nous prenons et des actes que nous posons. Je peux poser un acte d'amour à partir du plus profonde moi, je peux conduire une action menée par la haine ou la jalousie que je laisse s'installer en moi. Et c'est déjà bien suffisant en termes de gestion de la liberté d'existence que d'avoir à naviguer au milieu de tout cela en soi ! Je voudrais ici relever quelque chose qui m'énerve quelque peu et que j'entends souvent : " il faut m'excuser, c'est mon tempérament !", ce qui veut dire ce n'est pas de ma faute, je n'y suis pour rien. Exemple : je suis colérique ( jaloux, impulsif, insensible, naïf, etc... Mettez tout ce que vous voulez.... !) Il faut m'accepter comme ça ! Eh bien non ! Ce ne sont pas là des traits de personnalité, des dynamismes réels, mais des modalités de comportement, soit qu'on les choisit, soit que l'on ne sait pas les maîtriser, faute d'un minimum de travail sur la structuration de soi. Or j'ai la pleine et entière responsabilité de mes actes (si j'excepte évidemment les personnes qui ont quelque peu "perdu la tête" pour parler un langage courant).
Et comprendre quelqu'un n'est pas accepter les actes qu'il pose. Pas toujours facile dans l'aide aux personnes cela d'ailleurs... Parfois on dit à la personne "je te comprends", et celle-ci entend "je suis justifié"... Or, pour moi, ce n'est pas du tout le cas !
Bien ! je digresse une fois encore, mais enfin je suis chez moi je fais ce que je veux ...
Évidemment, je n'aborde pas ici tout ce qui concerne la valeur du doute scientifique et intellectuel. Je n'évoque pas non plus le pénible des gens bardés de certitudes sur tout et son contraire Ce n'est pas là mon centre d'intérêt. Et d'ailleurs que je n'en ai pas grand-chose à foutre !
Reste que je m'interroge. Si un jour tout cela s'écroulait. Dévasté par un tsunamis intérieur ! Bah ! Il me restera toujours le suicide .... Et puis, si cela existe, je me verrais volontiers croiser le fer avec Satan ! Ça me semble plus intéressant que contempler béatement Dieu dans sa splendeur, d'autant que je n'aime pas tellement les lunettes de soleil ! Je risque l'aveuglement ! Et, dans ce que là, nous serions bien loin du doute et des questionnements !
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AlainX 12:07 PM
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mercredi 13 septembre 2006
Confusion relationnelle
Cela fait un quart d'heure que des larmes coulent de la fontaine de mes yeux. Elles coulent lentement, silencieuses. Ce n'est pas un chagrin véritablement ; ce sont des larmes de désolation.
Tout cela à cause d'une histoire de MAILS égarés et des conséquences que cela peut avoir au plan relationnel. Quelqu'un m'écrit à plusieurs reprises, je ne reçois pas les MAILS et donc évidemment je ne répond pas...
Je sais que cela a fait beaucoup de peine à la personne concernée, et c'est bien compréhensible. C'est sans doute cela qui fait couler mes larmes, ce sentiment d'avoir fait de la peine alors que je ne suis pour rien. Et surtout ce sentiment que cette peine nous est causée à l'un comme à l'autre, par un événement extérieur, par une sorte de force maléfique qui veut contrecarrer cette relation. Comme deux innocences entravées par un tiers dépourvu de bonnes intentions.
Évidemment, tout cela est symbolique. Il n'existe pas de force externe de ce type, mais simplement le jeu des forces internes, inconscientes ou semi- conscientes, qui ne cessent d'être actives dans le fond de nos psychismes. Chacun est alors confronté à la manifestation en lui de ces forces obscures-là. Chacun élaborant alors ses explications chimériques, lesquelles, alimentées par les sentiments douloureux, se parent des contours de la réalité, alors qu'il n'y a aucun fondement objectif à la base.
Reste à savoir ce que l'on va en faire (enfer??), quel combat on va mener contre elles. Il y a le combat personnel, celui qui ne regarde que soi dans les interprétations que l'on donne ; il y a le corps-à-corps relationnel que cela fait naître. Car ce genre de circonstances est forcément une entrave à la relation, surtout si celle-ci n'a pas la fluidité souhaitée. C'est un embrouillement supplémentaire.
C'est sans doute là que l'on peut tester la valeur d'une relation, à la manière dont chacun vivra l'événement. Malheureusement, et c'est probablement ce qui est le plus tragique à mes yeux, c'est qu'il reste toujours des traces de ce type d'événement. Qu'on le veuille ou non. Nous sommes de redoutables boites enregistreuses qui amassons dans les disques durs de notre sensibilité des milliards de gigabytes toujours prêts à nous passer des films délirants pour empêcher une réelle communication "en live" avec les autres.

AlainX 12:30 PM
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lundi 11 septembre 2006
Les contes de fées les comptes de faits
Au temps de l'enfance on aime les contes de fées et toutes ces histoires qui proposent un monde merveilleux dont on se plaît à penser qu'il a une réalité quelque part dans ces avants-mondes que l'on rejoindra plus tard lorsqu'on connaîtra le chemin secret pour y accéder.
Au temps des dernières heures de la vie on aime aussi les comptes de faits. Nos histoires merveilleuses sont devenues des opérations comptabilisés. Nous avons additionné nos actions passées, tenté de soustraire nos erreurs, multiplié nos pardons pour nos actes source de division.
Il est temps de partir vers l'équation à multiples inconnues...
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Vous voulez des choses qui se voudraient plus sérieuses ?
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AlainX 10:11 AM
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mercredi 6 septembre 2006
Je rentre très à reculons dans le monde blogosphèrien après ce mois de vacances. Je m'observe non sans étonnement et interrogation dans ma manière de faire. Je reste dans une sorte d'entre-deux. J'ai visité deux ou trois sites, pas plus. Je me suis pas encore retourné sur l'atelier d'écriture.
En ce domaine, je me laisse totalement faire, ne prenant pas d'initiative. C'est un peu curieux de dire cela puisque c'est quand même bien moi qui décide de cliquer ou pas ! Je veux dire par là que je suis beaucoup plus à l'écoute du mouvement intérieur qui vient ou ne vient pas. J'ouvre le menu « favoris », je vois la liste... Et je referme "favoris"... Disons que je n'ai pas assez d'appétit pour cliquer. C'est un peu comme lorsqu'on passe devant une pâtisserie (si on aime les gâteaux évidemment!) Et on n'entre pas parce que l'on n'a pas faim.
En revanche, j'ai rédigé plusieurs entrées, alors que sur le chemin du retour des vacances je me disais que je mettrai du temps à réécrire sur ce blog. En fait, je ne sais pas très bien où je suis. Je me sens un peu « nulle part », sauf à l'intérieur de moi. Je ne parlerai pas d'un repli, ce n'est pas comme cela que je le ressens. Je suis "dans l'intérieur de moi" et ne fait aucun effort pour en sortir. Je ne suis pas dans l'imaginaire, ni ailleurs. Je me sens pleinement présent à moi avec ce sentiment d'une sorte de nécessité de me « rassembler » là, au-dedans de moi. C'est très égocentré sans être nombriliste.
Qu'aurais-je donc ainsi à « rassembler » ? Peut-être que cette vie virtuelle fait vivre plutôt un personnage de moi que moi-même réellement.... Je ne sais pas. Je ne me suis pas créé un personnage sur ce blog, même si, comme tout un chacun, je ne montre que certains aspects de moi. Mais ce que je montre n'est pas inventé. Il y a sans doute autre chose, mais je ne trouve pas...
Bon allez ! Puisque je l'ai écrite, je vais publier cette entrée inutile...
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Et puisque vous avez lu jusque-là, vous aurez droit en bonus à un texte de cet été.
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11 août 2006
Pour l'amour du Serpent (de la nécessité de bien comprendre la Bible)
Il exista un temps où Adam et Eve vivaient tranquilles et peinards au Paradis. C'était que de la balle, pas de problèmes de fin de mois, tout était gratos au pays de Dieu et de son superbe gouvernement généreux qui ne faisait pas payer d'impôt à ses deux seuls contribuables. Adam et Eve n'avaient rien à glander, mais vraiment rien. Bach, Mozart, les Beatles, Johnny Halliday, Calogero, Grand Corps Malade [pauvre homme!], n'avaient pas encore été inventés. Même pas moyen d'écouter de la bonne musique sur un bon vieux MP3.
Eve surtout s'ennuyait, il faut dire qu'Adam était plutôt du genre lourdaud, plus proche du primate que de l'intellectuel de gauche, sa conversation se faisait rare et ses prouesses sexuelles, contrairement à une légende tenace, n'étaient pas convaincantes pour emmener Eve vers des sommets, et d'ailleurs, au septième ciel, elle y était déjà depuis belle lurette, si bien que tous les plaisirs de la chair et du ciel la laissait de marbre. Elle finit par devenir acariâtre et lui bougon.
Vous qui vivez et souffrez sur Terre, vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'est pénible de vivre dans un paradis terrestre où il n'y a strictement rien à faire que de contempler son nombril. Encore faudrait-il en avoir un, car ces deux là étant nés d'une boule de glaise n'en possédaient même pas. Sur terre on dit que l'ennui est mortel ! Mais au Paradis point de perspective d'en finir, point de mort salutaire en vue, vous êtes condamnés à l'ennui éternel sous le regard niais et attendri d'un Dieu pleinement satisfait de son invention...
C'est alors que surgit un Sauveur sous la forme du Serpent. Il se lova suavement autour des hanches d'Eve et lui proposa de foutre un peu le bordel chez Dieu qui faisait preuve d'un manque total d'initiative. Ce n'était pas compliqué il suffisait de croquer dans la pomme de l'arbre interdit et le tour était joué. Eve, fine mouche, n'eut aucune difficulté à convaincre ce balourd d'Adam d'y planter également ses dents. Le serpent, psychologue avisé, savait bien que la grande sagesse de Dieu cachait une tendance à la colère qu'il réfrénait tant bien que mal. Ce dernier saisi donc la balle au bond et chassa du paradis Adam et Eve qui dégringolèrent sur la Terre.
Grâce à l'action providentielle du Serpent, Adam et Eve venaient de s'offrir la possibilité d'enfin pouvoir devenir adultes. Ils sortaient ainsi de la vie paradisiaque et infantile dans laquelle Dieu voulait les tenir à sa merci pour toujours. Ils avaient désormais la possibilité d'accéder à la liberté d'existence qui leur manquait cruellement jusque-là. Ils n'étaient plus à la merci d'un Dieu papa gâteau qui leur servait un bonheur frelaté sur un plateau d'argent. Ah ! Évidemment il allait falloir se donner un peu la peine de conquérir cette liberté, car désormais plus rien ne tomberait tout cuit du ciel. Il faudrait verser quelques gouttes de sueur et quelques larmes, mais quelle merveilleuse récompense que de pouvoir vivre enfin libéré et responsable de sa vie !
Gloire soit rendue à jamais au Serpent, Premier Libérateur de l'Humanité !
Hélas aujourd'hui il nous manque parfois quelques serpents qui viendraient nous réveiller dans notre béate quiétude de consommateurs repus mais réclamant sans cesse de nos gouvernants qu'ils nous abreuvent de leur manne d'avantages divers et variés comme des enfants gâtés que nous rêvons toujours de redevenir. Il est à craindre que Dieu et son Paradis continuent de faire des adeptes pour quelques temps encore...

AlainX 12:34 PM
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mardi 5 septembre 2006
Une femme libre
Nous sommes allés passer le week-end chez l'une de nos filles qui réside à quelques centaines de kilomètres de chez nous et qui vient d'emménager avec son ami. C'était la première fois que nous voyions l'appartement de cet homme qui devient..." leur" appartement. C'est grand, spacieux, très lumineux, meublé avec beaucoup de goût et même de raffinement. Lui, peut reprendre à son compte la chanson de Benabar : "je crois qu'il y a une fille qui habite chez moi", car d'après ce que nous avons compris il y a eu bien des transformations ces dernières semaines !
Ce fut pour nous un week-end particulièrement heureux. Cet homme est très sympathique, cultivé, ouvert sur le monde, s'intéressant à beaucoup de choses, déterminé et fonceur dans sa vie, en même temps que posé et réfléchi. Nous l'avions déjà rencontré plusieurs fois, mais jamais aussi longuement et surtout dans leur environnement quotidien. Cela nous a permis des échanges profonds en même temps que nous avons beaucoup ri. L'ambiance avait ce quelque chose de frais et d'enfantin qu'ont les amoureux...
Cette fois j'ai eu le sentiment que ma fille avait trouvé le bon partenaire pour sa vie. Ceux qui avaient précédé semblaient très amoureux d'elle, mais je ne ressentais pas qu'en elle s'était produit ce déclic, ce quelque chose que l'on remarque dans les yeux, la voix, la manière d'être avec l'autre et qui ne trompe pas. Cette fois j'ai le sentiment qu'il en est tout autrement. Et d'ailleurs cet homme ne ressemble en rien "aux rêves de jeune fille" qu'elle se faisait... et c'est plutôt bon signe.
Je la sens libre et libérée, plus épanoui, plus "elle-même" et c'est à mes yeux un signe essentiel. Avec les deux autres dont nous avons eu connaissance et que nous avons rencontrés, je l'avais vu jouant à certains jeux de séduction, (ce qui pour moi constitue une aliénation relationnelle, et à tout le moins un clivage qui ne me rassure pas), où se laissant aller à recevoir un amour qu'elle accueillait avec satisfaction mais en gardant de son côté une distance que je repérais assez facilement... Car quand même... ma fille je la connais un peu... Là, je la sens véritablement libre comme si elle avait trouvé (j'ajouterai enfin...) celui qui l'attendait pour qu'elle puisse devenir pleinement la femme qu'elle est afin que cela puisse concourir à leur bonheur réciproque et partagé. Cette fois j'ai le sentiment qu'il n'y a pas d'erreur de casting.
Cela dit l'avenir leur appartient et c'est eux qui construiront leur relation et leur amour. Je ne peux que former des voeux qu'il soit fécond et durable, parce que c'est ce à quoi je crois, parce que c'est ma conviction que le couple durable et source d'un intense bonheur, quels que soient les accidents de parcours, à condition que l'on ait fait ce choix et que l'on se soit donné - ensemble - les moyens de sa réalisation. À condition surtout qu'il n'y est pas eu au départ ce que j'appelle cette erreur de casting, c'est-à-dire que l'on n'ait pas trouvé le bon partenaire pour le couple. Évidemment, tout cela fait beaucoup de conditions... Mais aucune n'est le fruit de la chance ou du hasard. Les couples ne se forment pas par hasard, pas plus qu'ils ne se séparent par hasard.
Le couple est pour moi une aventure à deux qui se construit. "Construire" c'est une action, un processus, une volonté aussi. Le sentiment amoureux est loin d'être le seul composant de l'amour durable. Contrairement à une idée répandue, il n'en est pas pour moi la base, la fondation. Heureusement d'ailleurs, car le sentiment est infiniment fluide, instable, subissant l'érosion du temps, les fluctuations des vents relationnels tempêtueux. Alors, évidemment, si l'on a fondé le couple sur le seul sentiment amoureux, (ou sur la passion amoureuse, ou sur l'intense griserie de la sexualité réussie), la désillusion sera au coin de la rue. Inévitablement.
Les bases solides du couple sont bien plus larges, plus puissantes, plus fondatrices, plus fécondantes et source d'un bien plus grand bonheur que les seuls aléas du sentiment amoureux. En écrivant cela, j'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes ! Et pourtant ! Lorsque je parcours certains sites perso, ou lorsque je me réfère à mon expérience d'aidant, je ressens combien il y a cette survalorisation du seul sentiment amoureux comme base du couple réussi. Comme si sa disparition - inévitable dans la forme passionnelle - ou son évolution vers moins de "ressenti exaltant" sonnait la mort annoncée du couple ; alors que ce n'est qu'une étape nécessaire et même indispensable à sa réussite... Mais il est vrai que notre société véhicule ce genre d'erreur, du type : qui aime bien, baise bien, fort et longtemps ! Ce qui fait que l'on donne comme "conseil" aux couples en difficulté, (à ces dames notamment), de se revigorer la libido à l'aide de quelques accessoires et de pratiques variées. Du moment que l'on se remet à bien baiser, tout ira bien ! Voilà bien le simpliste réducteur de notre monde ambiant ! Cela dit, je n'ai rien contre les accessoires et des pratiques renouvelées, (voyez les tiroirs de ma table de nuit!!...), mais la question n'est pas là véritablement !
Alors, c'est cela qui m'intéressait ce week-end en voyant vivre ce jeune couple plein d'avenir ! Suis-je en train d'être témoin des premières fondations de cette base durable ? La question ne me mettait dans aucune fébrilité, au contraire, c'était plutôt une réjouissance, quelque chose de très espérant qui me dilatait le coeur.
Un moment nous étions à table et "lui" a dit quelque chose de très fort, de très beau. J'ai réagi à ses propos, et je me suis tourné vers ma fille disant avec un petit sourire complice : « il est quand même bien cet homme ! Tu as de la chance ! ». Et elle de répondre avec son oeil brillant et en le regardant lui : "ah ! Le spécialiste du couple a parlé !" Ça m'a fait rire...

AlainX 12:50 PM
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vendredi 1 septembre 2006
Quand la mort vient...
C'est un homme qui m'est cher et précieux. Voilà trente ans que l'on se connaît, que l'on a appris à s'apprécier mutuellement, notamment dans des relations de travail. Récemment, j'ai donné mon accord pour collaborer à un comité de lecture concernant un ouvrage assez technique qu'il écrit sur une méthode d'analyse de soi. Cela m'intéresse d'autant plus qu'il s'agit d'une méthode que j'ai à la fois pratiquée mais aussi à laquelle j'ai collaboré quant à sa mise au point. Ce sera un travail bien évidemment bénévole et totalement dans l'ombre.
Ce matin, j'apprends que sa maman est au plus mal. Elle approche de sa fin de vie "naturelle" vu son âge. Je tente de le rejoindre par téléphone, en vain. Je lui envoie donc un e-mail et j'ai de la difficulté à le rédiger. Bien entendu il me serait facile d'écrire les mots convenus que l'on dit toujours en ces cas-là. Au pire, si l'on est à sec, Internet vous proposera des lettres toutes faites. C'est pas merveilleux de modernité tout ça ! Et puis les mots plus personnels finissent par me venir. Non sans émotion.
Après cela, je me retrouve avec cette question récurrente du sens de la vie et de la mort. Je ne connais pas cette femme qui va mourir. Je connais seulement cet homme et son épouse. Je sais qu'ils ont des convictions fortes. Ils sont ce que j'appellerais d'authentiques chrétiens. C'est un peu nébuleux ce que je veux dire par là, disons qu'ils vivent assez nettement en conformité avec leurs croyances et que cela a généré chez eux des attitudes et des choix de vie qui forcent mon respect. Ils ne sont pas prosélytes mais ne cachent pas non plus ce à quoi ils croient. Ils ne sont pas non plus englués dans des pratiques religieuses, généralement hypocrites et vaines. Bien entendu nous divergeons sur l'existence d'un Dieu qui serait un : "Quelqu'un-ailleurs" en même temps qu'un "Quelqu'un-en-soi" (au sens d'un dieu intime). Mais nous avons des connivences profondes sur le sens de l'Homme et de l'aventure de l'Humanité. Quant à la perception d'un Autre, nous sommes en accord sur la réalité de l'existence de ce ressenti dans l'être humain. Nous l'avons expérimenté autant lui que moi. Notre divergence vient de ce que les chrétiens appellent "la foi". Pour moi ce ressenti est l'une des formes des manifestations de la vie dans l'homme. Et pas plus. Mais c'est déjà énorme en terme "d'être pensant" en capacité de s'humaniser de plus en plus, ce qui suppose la perception d'un "autre-nous-même-en-nous-même". Pour lui parfois (mais pas systématiquement) il s'agit là d'une des manifestations de l'existence de Dieu. Enfin je schématisme beaucoup, mais globalement c'est un peu cela.
J'ai donc personnellement plutôt opté pour "la voix de ma conscience" plutôt que pour "la voix d'un Dieu". Question de choix ! Mais il est vrai qu'à discuter avec des gens authentiques qui ont une expérience spirituelle avérée (et ces gens-là ne sont pas légion...), je retrouve de fortes convergences avec ce que j'appellerai ma dimension personnelle de transcendance. En revanche les "fausses" expériences spirituelles, cela ne manque pas... Surtout de nos jours ou l'ésotérisme et les syncrétismes de tous poils font florès ! Et Internet pour cela en offre un merveilleux reflet et une tribune tonitruante. On objectera sans doute que je suis bien prétentieux pour oser me placer en appréciateur ex cathedra de ce qu'est une expérience authentiquement spirituelle et de ce qu'elle n'est pas. Je limite mon champ d'appréciation à celles pronées pas la Chrétienté (puisque c'est ma culture d'occidental). Ma référence c'est principalement les mystiques chrétiens comme Avila, Jean de la Croix ou plus contemporain genre Thérèse de Lisieux (je suis toujours surpris à ce propos [c'est une parenthèse] par tous ces chrétiens, qui, non seulement n'ont jamais vraiment lu la bible, mais ignorent tout de la spiritualité de leur religion ! Ils savent que le pape met le préservatif à l'index, ce qui montre qu'il n'a pas lu le mode d'emploi, et pour le reste ils s'en vont généralement chercher du côté des bouddhistes et autres courants, ce qu'ils ont à leur porte. En outre, n'étant pas de ces civilisations là, ils véhiculent à leur propos un incroyable tissu de conneries en branche !. Fermez la parenthèse). Il faut reconnaître (nouvelle parenthèse) à ce propos, que le dalaï-lama est un super commerçant. Quand il débarque en France avec sa panoplie de pensées aussi profondes qu'exotiques à 2 euros 50 (mais il les revend 500 euros chacune ...), ça attire la bourgeoise et l'intello que le prurit spirituel démange un peu trop. (re-fermeture de parenthèse).
Je m'égare selon mes démons habituels.... Pour en revenir à l'essentiel, c'est le processus de création continuée face auquel je me trouvais en écrivant à cet homme. Mon petit mot contenait cette phrase : "Tout ce qui a vu création ne cesse jamais d'exister". Évidemment on peut interpréter en pensant que j'évoque ainsi ce qu'on appelle une forme de vie après de vie, un "vie éternelle" dans un ailleurs que bien évidemment on a préféré envisager paradisiaque pour récompenser les gentils ; tandis que les méchants iraient en enfer, retrouver la belle-mère imbuvable, le père incestueux, les horribles incroyants de type Alainx. Nous seront tous condamnés à écouter 24/24 h du rap et les rengaines de Mireille Mathieu. Et ca c'est vraiment l'enfer !
Mais plus sérieusement, il s'agit là de cette dimension d'évolution de l'homme et de la femme où chaque individu apporte sa part et laisse sa trace indélébile dans l'immense caravane venue des frontières de l'animalité et se dirigeant vers l'accomplissement de l'homme. On retrouve cette trace de ceux qui nous ont précédés partout et à chaque instant, en nous (notre lignée générationnelle par exemple), et autour de nous (l'état du collectif humain dans lequel nous sommes insérés, ce qu'en avaient fait nos ancetres, comment nous en avons hérité, ce que nous en faisons [en ce moment une vraie poubelle et un pillage systématique...], comment nous le transmettrons). Et nous y laisserons notre propre trace, elle aussi indélébile. À chacun de voir si cette trace se rapprochera de l'éclat du diamant ou de la noirceur des boues nauséabondes. C'est de notre responsabilité personnelle en premier. [oui je sais normalement c'est les autres les responsables, les états, les riches, les mulinationales tout ça tout ça, chacun individuellement on n'y est pour rien, on est nickel-chrome !... Même ceux qui bossent dans les usines d'armement ! C'est dire !]. Pour ma part, cette sorte de solidarité obligée de l'espèce humaine à travers les âges et le temps me responsabilise beaucoup plus que les promesses infantiles d'une récompense dans les cieux qu'ont inventé les dominateurs du monde pour asseoir leur pouvoir en se revendiquant des divinités aussi extérieures que chimériques.
C'est la raison pour laquelle je ne peux pas être agnostique : c'est-à-dire indifférent au concept de Dieu, je ne peux qu'être athée : c'est-à-dire militant de l'humanisme. Car le croyant monothéiste se fout complètement de la terre qu'il appelle "l'ici-bas", que d'une certaine manière il méprise (qui est cependant la seule réalité perceptible où se déroule la vie...) ; au profit de l'espérance d'un "au-delà" mystérieux et magique, (ça plaît toujours le mystère !...), qu'il déifie, magnifie et laisse entrevoir comme la promesse que l'on fait à l'enfant de la prochaine venue du Père Noël. Et par bonté d'âme je vous passe sous silence les massacres d'humains que l'on continue à faire chaque jour de par le monde au nom des dieux. (j'inclus ici les totalitarismes du XX° siècle, non fondés sur une "religion classique", mais sur une absolutisation d'une composante de l'humanité, ce qui revient au même ...). Mais quelle incroyable gâchis !

AlainX 5:52 PM
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