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dimanche 28 mai 2006
Inspiration -- Expiration (première tentative de décryptage des sources de l'écrit romanesque)
Dans l'écriture romanesque, de fiction, peut-on y mettre autre chose que soi-même ? Est-il possible d'écrire un texte qui ne nous reflète pas, le miroir fût-il déformant ? Écrivons-nous uniquement des prolongements de nous-mêmes, mettant en scène des situations et des personnages qui finalement nous ressemblent étrangement, au-delà de dissemblances apparentes, et nous révèlent tant à nous-mêmes qu'aux yeux des autres.
L'écrivain qui ne raconte pas quelque chose de déjà connu de lui, qui laisse sa plume courir sur la feuille où ses doigts sur le clavier, sans véritablement savoir ce qu'il va produire effectivement, déclare qu'il est "inspiré". L'écrivain romanesque précise que ses personnages finissent par avoir leur vie propre, quasiment indépendante de lui et de son vouloir et qu'il ne fait que mettre en mot leurs actions, leurs pensées, leurs sentiments.
L'inspiration est quelque chose qui vient d'ailleurs et que l'on entre en soi pour le restituer. Ainsi en est-il de la respiration. Nous entrons de l'air qui nous est extérieur et nous le rejetons, mais il est alors transformé. Nous l'avons transformé. Ce n'est plus le même chimiquement.
Dans ces conditions je me demande s'il ne faudrait pas dire que l'écriture est une "expiration", car elle sort toujours de nous, elle est toujours "la nôtre", elle ne vient jamais d'ailleurs que de nous. L'écrivain qui se dit inspiré n'a pas fait autre chose que décoder un certain ressenti qui l'habite. Son talent tient à son aptitude à mettre en mots ce ressenti. Son génie, si génie il y a, réside dans une capacité d'en rendre compte par des mots et des phrases qui ont une suffisante élégance pour plaire ou qui réponde à des critères de modernité garante d'un certain succès.
Le côté « inspiration » (faire entrer en soi) ce sont tous les acquis que l'écrivain a pu accumuler, par son expérience, ses lectures, sa vie, ses rencontres, etc. encore faut-il qu'il en ait gardé intelligemment la trace en lui, qu'il ait laissé se faire un travail de décantation intérieure, de sédimentation, créant ainsi un terreau propre à produire le contenu littéraire qui sortira de lui.
Quant au soi-disant personnages qui auraient leur vie propre, il s'agit en fait d'une alchimie intérieure et d'un rapport relationnel entre le ressenti (dans la sensibilité et le corps) et le décodage en mots (action de l'intelligence) que constitue le travail de celui qui écrit. Car le fameux personnage qui va étonner l'auteur lui-même, n'a d'existence que sur le papier et à mesure que se déroule l'écriture. Si l'auteur ne sait pas ce qui va arriver demain à ses personnages, c'est qu'il n'a pas encore déchiffré le ressenti intérieur qui va se modifier « tout seul » au fil des heures suivantes, justement parce qu'il a écrit la veille. Or cette modification n'est pas au pouvoir de la volonté de l'écrivain. Elle est au pouvoir de la totalité de la vie de la personne qui écrit, elle est au pouvoir de l'entièreté de son psychisme conscient et inconscient compris. Autrement dit, à partir d'une même trame romanesque imposée (un synopsis en quelque sorte), il y aura autant d'évolutions et de personnages différents qu'il pourra y avoir d'écrivains qui s'attacheront à développer cette histoire et à lui donner des développements, des tenants et des aboutissants distincts.
L'écrivain est une sorte de traducteur tâcheron, au service de ce qui marine en lui et qu'il s'attache, parfois laborieusement, à mettre en mots. C'est pour cela qu'il écrit avec régularité, car il faut entretenir l'alchimie productrice et faire tourner ce duo ressenti/intellect, comme une machine bien huilée fonctionne de mieux en mieux, où se grippe si on ne l'utilise pas.
C'est pour toutes ces raisons que le romancier débutant fait souvent oeuvre plus ou moins autobiographique, car les ressentis premiers auxquel il laisse libre cours, le concerne au premier chef, concerne sa vie et son histoire. Le talent débutant consistera à intégrer tout cela dans une trame romanesque, certes inventée, mais qui va trouver l'essentiel de sa nourriture dans l'histoire de la personne, sa personnalité, ses sentiments propres, ses fantasmes, ses délires personnels, et généralement ce qu'il appellera « son imaginaire » mais qui n'est jamais qu'une projection d'un déjà-là à l'intérieur de soi-même.
Pour toutes ces raisons, l'écrivain qui « veut absolument écrire » subit le syndrome de la page blanche, parce qu'il vit une tension cérébrale, puis une fermeture au ressenti, venant de son angoisse de ne rien avoir à écrire ou de son énervement que « cela ne vienne pas assez vite ». Et il vaut mieux alors aller faire un tour...
Lorsqu'un auteur dit que certains de ses personnages ne lui ressemblent pas du tout (lorsqu'il met en scène un assassin crapuleux par exemple, un violeur d'enfant, ou à l'inverse un personnage merveilleux, une princesse ou un prince charmant), il dit quelque chose de vrai ; mais il dit quelque chose d'incomplet. En effet, il ne rend pas compte alors des tréfonds obscurs de son propre psychisme qui se sont pourtant manifesté lorsqu'il a écrit. Il est allé y puiser quasiment à son corps défendant. Cela ne fait pas pour autant de lui un être horrible, ni dans sa vie, ni potentiellement, (comme certains imbéciles le diront bêtement par une perception en surface de tout cela, mais la connerie est partout...), car il dispose de cette faculté qu'à l'humain de CHOISIR sur lesquelles de ses pulsions fondamentales il va fonder son existence et poser ses actes. Et les pulsions de mort ne sont pas obligées de s'imposer ! (À moins que certaines ne l'emportent, ce qui est une autre histoire et relève des pathologies ou de la criminalité !...).
Et si le lecteur se passionne pour le livre produit, s'il y voit une capacité de l'écrivain à mettre en scène des personnages crédibles, à la psychologie finement analysée, c'est parce qu'il s'y retrouve lui-même, consciemment : et il est séduit, inconsciemment : et il est ému ou troublé. Dans tous les cas, il peut se voir dans quasiment tous les personnages avec bien entendu une plus ou moins grande reconnaissance, un plus ou moins grand effet miroir. Le talent de l'écrivain aura donc été dans sa capacité à décrypter ce ressenti avec justesse, dans la mesure où il aura lui-même une personnalité riche et attachante ; et bien entendu à la proportion de ses aptitudes intellectuelles et de son savoir-faire dans le maniement de la phrase, des règles de l'orthographe, de la grammaire et de la composition. Mais tout cela ne sera jamais que technique annexe. Un agrégé de lettres ne fait pas automatiquement un écrivain talentueux ! Loin de là !
(Ceci n'est qu'un modeste premier jet d'un sujet qui m'intéresse mais que je n'avais pas encore regardé de près).

AlainX 12:29 PM
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samedi 27 mai 2006
Choix politique
Difficile de commencer à envisager pour qui voter en 2007 !
 J'ai une tite attirance pour Ségolène, mais comment faire un choix plus réfléchi ? Moins people ?
Pour l'instant j'ai trouvé !
Je voterai Ségo : elle utilise les mêmes crayons-feutres que moi !

AlainX 5:12 PM
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L'amour à crédit
Je lisais un petit article sur l'évolution des pratiques du crédit immobilier.
L'un des rêves du couple demeure celui d'avoir sa maison à soi, son petit nid douillet où s'épanouira une petite famille. Le marché immobilier étant ce qu'il est, il faut désormais s'endetter sur 30 ans et plus pour pouvoir se payer la maison de ses rêves, même si le rêve s'est ratatiné face au principe de réalité. (on se contentera de 3 chambres...)
Combien d'unions dureront trente ans après la signature du contrat de crédit... ? Peut-être en restera-t-il 20 % ? Il ne faut pas oublier qu'en outre pendant les 15 premières années (au moins...) le couple remboursera essentiellement des intérêts et non pas le capital (les banquiers sont très malins !...). Si bien qu'en cas de séparation le prix principal de la maison restera largement à rembourser... par la vente de la maison familiale deux fois sur trois... Après la vente il ne restera donc pas un euro, le banquier raflera tout... On aura donc pendant des années payé une sorte de loyer et l'on se retrouvera sans rien... Ce sont donc d'extraordinaire tsunamis financiers qui se préparent pour la plus grande joie des banquiers accoquinés aux professionnels de l'immobilier pour racheter toutes ces maisons à vil prix dans le cadre des ventes publiques auxquelles ils se précipitent allègrement.
L'amour est aveugle... Le banquier claivoyant... Le couple éphémère...

AlainX 8:47 AM
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mardi 23 mai 2006
Ce cher lectorat
La relation à mon lectorat, telle est la question qui m'est posée à la suite de l'ouverture d'un « deuxième chez moi », comme ont dit certains. C'est une question qui met en scène trois protagonistes : premièrement mon lectorat, deuxièmement moi, troisièmement la relation.
Mon lectorat, je ne le connais pas où si peu. Je connais quelques personnes, celles qui réagissent assez régulièrement, celles qui m'écrivent en privé. Quand j'écris sur mon blog, le plus souvent je m'adresse à un lecteur indéterminé, et non pas une personne en particulier, sauf si je le mentionne. Après coup, il m'arrive de me dire : X ou Y va sans doute penser que j'ai écrit en pensant à lui/elle. C'est possible, mais cela n'est alors qu'un point de départ qui m'inspirait. Mon lecteur indéterminé a cependant des contours. Je m'adresse à quelqu'un qui s'intéresse à l'Homme, aux relations humaines, à la recherche sur soi, à l'Humanité en devenir, à la "dimension transcendante" de l'homme (je n'ai pas dit à Dieu..., mais c'est aussi inclus...), à la psychologie, la sociologie, la philosophie ; et dans une moindre mesure à la vie politique de la Cité, dans la mesure nous sommes des "mammifères sociaux" ! J'imagine mon lectorat plus féminin que masculin, mais je n'en sais rien à vrai dire. Mon lectorat n'est donc pas à mes yeux sans contour, il a une sorte de "personnalité collective" probablement assez protéiforme, mais qui dans l'ensemble doit avoir les mêmes centres d'intérêt que moi, sinon je ne vois pas pourquoi on viendrait me lire. (Je parle ici des lecteurs plutôt réguliers évidemment). Avoir les mêmes centres d'intérêt ne veut pas dire me ressembler ou partager mes opinions et mes prises de position. Cela ne me dérange pas, c'est la loi du progrès de se confronter. Ce qui me déplaît parfois, et même ce qui peut faire mal, c'est le sentiment de ne pas être compris ou pire encore que ma pensée soit reprise pour être déformée et critiquée à partir de cette déformation. En revanche, que l'on ne prête tel ou tel trait de caractère qui ne me correspond absolument pas où si peu, m'amuse plus que cela ne m'irrite. (On a déjà évoqué ici et ailleurs la questions des masques et des miroirs déformants du monde virtuel).
Pour ce qui est de la relation à mon lectorat : Je dialogue peu avec mon lectorat en termes de quantité. Il y a relativement peu de commentaires et je ne réponds pas toujours individuellement à chacun, ce qui paraît-il est une erreur si l'on veut générer du trafic sur son blog... En revanche je réponds toujours aux mails qui me sont envoyés.
Ce qui peut être ne transparaît pas, c'est que j'aime mon lectorat. (Il ne faut pas confondre cette phrase avec : j'aime que l'on vienne me lire, ce qui est encore autre chose). Et je pense que c'est à cause de cela que j'ai ouvert cet autre site. Il y eut tout un temps où j'ai aimé écrire... pour le plaisir d'écrire... et bien sûr pour le plaisir d'être lu. C'était une écriture plutôt narcissique, je veux dire que je ne me souciais pas vraiment de l'impact que pouvait avoir mes propos. C'est progressivement et à la suite d'un certain nombre de réactions et de reflets que j'ai réalisé que mes propos pouvaient avoir un impact sur des personnes, impact que je vais plutôt qualifier de positif, au sens d'un éclairage, d'un conseil, d'une ouverture, d'une meilleure compréhension, d'un questionnement aidant, etc. mais aussi de réactions interpellantes ou difficiles à lire. j'ai mis du temps à accepter qu'il en soit ainsi. Je voulais mon blog comme unique lieu de plaisir, de défoulement à l'occasion. Bref, rien de sérieux. Le « sérieux » je l'avais vécu dans ma vie professionnelle, tant en termes d'écrits que dans des conférences ou interventions publiques par exemple. Et puis, - on ne se refait par sans doute -, j'ai réalisé que j'abordais sérieusement certain sujets... Tout en gardant toujours autant de plaisir à le faire.
Alors, j'ai fini par donner du crédit à mes textes, tout en essayant de ne pas me prendre, moi, trop au sérieux, car je crains sans cesse la prétention et l'orgueil, surtout dans notre société de l'à-peu-près-isme. C'est pourquoi j'ai pensé qu'il pouvait valoir la peine d'extraire de tout mon verbiage quelques textes susceptibles d'apporter aux lecteurs quelque chose qui leur soi bénéfique.
Cependant, je reste interrogatif sur ma démarche. Au-delà de l'image désagréable qui flotte en moi du vieux con qui veut donner des conseils aux jeunots, je m'interroge encore et toujours sur cette question de la "transmission" de certains acquis et d'une expérience. En quoi cela présente-t-il un intérêt et/ou une utilité. Comme l'on dit, chacun doit faire ses expériences, se confronter à ses contradictions, buter contre ses écueils. J'ai fait la même chose comme tout le monde, cherchant mon propre chemin par mes propres moyens. Cependant, à certains moments dans ma vie, j'étais tellement perdu que j'ai béni les rares personnes qui m'ont montré quelques balises lumineuses dans le brouillard épais de mes marasmes intérieurs. C'étaient des personnes qui avaient une expérience de vie et en avait fait une lecture qui leur donnait de l'épaisseur et donc une capacité à transmettre quelque chose de valable. Comment alors ne pas avoir envie à son tour d'offrir un peu cette même possibilité à d'autres. Si je n'avais pas croisé ces personnes sur mon chemin, qui serais-je aujourd'hui, si ce n'est un être délabré qui aurait probablement quitté volontairement cette terre depuis bien longtemps. Mais voilà, je résiste beaucoup à ce mouvement-là de donner à voir une expérience personnelle analysée ; et en même temps je suis attiré par y céder. (ce que je fais d'ailleurs...) Alors, je prends le parti de plutôt me laisser faire, c'est-à-dire d'initier des petites choses, comme ce nouveau site. Après tout je n'emmerde personne ! Un clic de souris suffit pour me zapper...

AlainX 10:46 AM
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samedi 20 mai 2006
Ma compil !
Ce blog comporte un peu de tout... Il y a cependant des textes où je ne dis pas que des conneries...
J'ai eu envie de les rassembler (... heu ! pas mes conneries ! ...) dans un autre site plus "permanent" n'ayant pas la forme du blog journalier. J'ai fini par y arriver, après pas mal d'heures de transpiration... (mes vieux lecteurs, et mes jeunes lectrices [les femmes sont éternellement jeunes...], devraient admirer mes progrès en HachTeuMeuLeu)
Pour l'instant j'ai repris des textes de l'année 2005.
Si vous voulez jeter un oeil c'est ICI
J'aimerais, si c'est pas trop demander, avoir votre avis sur l'interet de cette manière de faire. Sur l'utilité éventuelle d'un tel site... MERCI d'avance !
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AlainX 7:14 PM
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jeudi 18 mai 2006
Intimité et confidence
Je n'imaginais pas que mon entrée précédente susciterait autant de réactions. Tant mieux. C'est toujours intéressant de rechercher ensemble. Ce n'est pas vraiment une suite de tout cela que je veux aborder ici, même si c'est dans la même veine.
Ces derniers temps je suis confronté à des difficultés personnelles, dont certaines tiennent à ma santé. J'observais à qui j'en parlais et à qui j'aimerais en parler. Il n'y a que deux personnes : ma compagne à qui j'en parle, et un homme [appelons le R] que j'envisage de contacter. Cet homme est pour moi un confident, mais nous ne sommes cependant pas intimes, car je me suis confié à lui, plus qu'il ne s'est confié à moi.
L'intimité se partage, la confidence est souvent unilatérale, même si elle peut présenter de la réciprocité parfois. Le confident est un dépositaire, un gardien ou un témoin. On sait que certaines choses sont chez lui. On a confiance qui les gardera pour lui et pour lui seul. C'est pour cela qu'il faut les choisir avec discernement. Il est des confidents qui se comportent en receleurs et en revendeurs. Ils s'empressent d'aller monnayer ce qu'on a déposé en eux auprès d'autres personnes : « Tu ne sais pas ce que Machin vient de me dire ? Je te raconte, mais tu gardes ça pour toi bien entendu... ». (on connait tous les secrets de Polichinelle) Ainsi ils n'ont strictement aucun scrupule à revendre à vil prix le précieux trésor qu'on leur avait confié. Le vil prix détestable de cette petite valorisation misérable d'eux-mêmes qui les fait passer pour "au courant", qui leur donne tout à coup une petite importance lamentable : eux au moins, ils savent alors que le pauvre imbécile d'en face ignore tout ! Le véritable confident est généralement plus rare que l'intime. Dans certains cas il est même plus précieux que lui.
Si le confident est un dépositaire, avec lequel il n'y a pas toujours la réciprocité, en revanche, l'intime est un être avec lequel on partage et plus encore avec lequel on s'engage. On s'engage dans une amitié, on s'engage dans un couple. Avec l'intime on crée des liens réciproques qui finissent par constituer un tissu solide. La rupture d'amitié comme la rupture amoureuse est un déchirement de ce tissu. C'est probablement pour cela qu'il y a une souffrance qui peut être intense, car c'est un peu l'image d'un tissu cellulaire vivant qu'il faut se représenter et non pas d'une étoffe inerte. Ce tissu que l'on a créé l'un par l'autre, l'un avec l'autre. Avec le confident on ne s'engage pas de la même manière, on lui demande d'être un gardien d'une part de nous-mêmes. Certes il peut prodiguer certains conseils mais il n'est pas engagé dans la totalité de notre vie comme peut l'être un ami, un partenaire, un conjoint.
Il me revient que j'avais explicité cela à l'adolescence à ma fille aînée : la différence entre une amie et une confidente. Cela avait eu un impact fort sur elle pour clarifier certaines de ses relations dites d'amitié mais qui étaient en réalité unilatérales, la personne se confiant à ma fille mais sans réciprocité réelle de partage. Or, ma fille revendiquait cette réciprocité impossible et en voulait à son "amie". C'est devenu plus clair pour elle et elle m'avait rappelé plusieurs années après, cette petite lumière qu'il l'avait tant aidée.
J'ai compris alors combien il était nécessaire de mettre des mots justes sur les relations et ce qui s'y vit. (Et ce n'est pas si facile parfois...) Sinon c'est la confusion permanente, source d'incompréhension, de maladresses et de souffrances.

AlainX 7:37 PM
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lundi 15 mai 2006
Personnalité et intimité Hier, j'étais à une fête de famille. Avec l'un de mes proches, mais que je ne rencontre pas très souvent, nous évoquons la planète Internet. Il s'en est fallu de très peu que je ne dise que j'écrivais sur un blog. Heureusement, je me suis retenu à temps. J'ai même menti avec netteté, disant que cela ne m'intéressait pas. Dans ce genre de situation, le mensonge stratégique me va à ravir. Or, ce matin, je lis le bloc de Coumarine et le blog de Ségolène chacune d'elles à sa manière évoque tour à tour la relation au public et le problème de l'anonymat, au regard de soi-même, tant en termes d'identité qu'en termes d'authenticité. C'est une problématique récurrente dans le monde des blogs. Elle est aussi la mienne par moment. Ces derniers temps, j'avais le sentiment que j'avancerai vers un plus grand dévoilement de mon identité en termes d'état civil. Mon réflexe d'hier, et mon mensonge délibérément choisi, me font opter pour l'épaisseur de la dissimulation en ce domaine. « Je est plusieurs », mais « moi est unique ». Seulement, j'ai souvent le sentiment que les gens sont dans une confusion à ce sujet. Je n'ai pas plusieurs personnalités, mais ma personnalité à des facettes différentes et il n'est pas judicieux que toutes les facettes soient visibles simultanément par toute personne. Ce serait potentiellement déstructurant. En tout cas selon moi. Et j'aurais tendance à faire de cela une loi quasi générale. Ou alors il faut une personnalité véritablement bien trempée. Reste que le public voyeur que nous sommes sans cesse, dès qu'il se retrouve en face « d'un personnage public » (et tenir un blog, fait de nous un personnage public), désire instamment en connaître toutes ses facettes et si possible les plus privées et les plus secrètes. C'est d'ailleurs, dans la vie ordinaire, ce qui fait les choux gras de la presse people et le succès des paparazzi. J'avais lu un moment le blog de Virginie Despentes. Découvrir sa vie relativement monotone et triste dans cette sorte de "conformisme-non-conformiste" était démoralisant. Elle devenait une personne ordinaire. Je préférais m'en tenir au personnage public, dont certes je sais qu'il est partiellement fabriqué tant par elle-même que par ses éditeurs, mais qui m'apporte ce que je cherche : ma part de rêve et non pas la triste réalité du métro-caca-dodo. Si j'avais encore une activité publique, comme ce fut mon cas précédemment, d'abord je crois que je ne tiendrai pas de blog... Et si c'était le cas je soignerais deux fois plus mon anonymat. Pourtant, le modeste personnage public que j'ai pu être, ne jouait par un rôle artificiel. Il défendait des convictions personnelles, il s'affrontait aux incompréhensions, il mouillait sa chemise, il endossait sa carapace face aux critiques fielleuses, il se défendait des coups bas jusque devant les tribunaux. Ce personnage-là était autant moi-même que celui qui écrit intimement ici. Mais s'il avait révélé cet intime à « son public », il aurait été massacré. (Car il ne faut jamais oublier que le public comprend toujours des personnes bienveillantes ET des gens malveillants), Le blog comporte, dans une mesure plus ou moins grande, exactement les mêmes problématiques auxquelles s'affronte tout « personnage public ». Je les lis à longueur de posts qui évoquent cette thématique... C'est de l'ordre de la pensée magique enfantine de croire que les gens qui nous sont proches ou qui nous connaissent par notoriété, sont prêts à entendre des réalités intimes nous concernant. C'est beaucoup trop dérangeant, voire agressant. Certaines personnes font l'expérience qu'en ayant confié à de soi-disant ami(e)s des réalités intime ou de lourds secrets, elles voient ces prétendus ami(e)s s'éloigner durablement. Il ne faut pas oublier que la plupart de nos relations sont des "relations-miroir" chacun se regarde dans l'autre et chacun se montre en conformité à l'image de lui adaptée à la situation et à la relation. Attention ! Il est parfois absolument nécessaire de « parler » (je pense ici à des problématiques de couple ou à ce qu'il est convenu d'appeler des « secrets de famille », ou pire à des actes délictueux), mais c'est alors une tout autre démarche, qui se prépare, se construit et se gère de manière spécifique. On peut toujours rêver à plus de transparence, et croire que ceci est une vertu ! C'est nier la réalité telle qu'elle se présente... Il y a un côté apprenti sorcier dans la blogosphère, d'autant que le phénomène est récent. Alors, à l'occasion, on se fait forcément exploser à la figure quelques décoctions mal dosées...

AlainX 11:16 AM
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jeudi 11 mai 2006
Quelle croissance ? Je lisais récemment un long article sur les nanotechnologies. C'était moins science-fiction que futur probable. À en croire l'auteur, "l'homme qui valait 3 milliards" ce sera bientôt chacun de nous...
Mais ce n'est pas sur les probabilités que cela advienne que je me suis arrêté. C'est sur mon état intérieur de doute. Je pense que dans un état constant de progrès, l'homme est parfaitement capable de faire des prouesses technologiques de cet ordre. Mais je pense que l'évolution de la planète l'en empêchera de fait. C'est quelque chose qui s'est progressivement instillé en moi ces dernières années. Et je trouve cela terrible. Mon nouveau paradigme part en lambeaux...
Est-ce que je deviens un vieux croûton désenchanté ? Est-ce que je suis victime du matraquage médiatique selon lequel "tout fout le camp" ? Est-ce que le syndrome "fin du monde", si cher aux vendeurs de PQ et d'émissions de télé frelatées, m'a atteint ? Est-ce que, au contraire, je suis bien plus (bien trop ?) conscient de la triste réalité qui nous attend effectivement ?
Je trouve assez terrible cette désespérance larvée environnementale. "No future" est de retour en force. La différence est probablement que ma génération qui a vécu l'enrichissement exponentiel, n'y croyait pas vraiment qu'il n'y avait pas d'avenir. C'était un luxe de petit-bourgeois déglingué, qui rentrait chez lui le soir écouter sa nouvelle chaîne hi-fi et pour la première fois en stéréo... Nous avons commencé à manifester dans les rues pour avoir le droit d'aller coucher dans les dortoirs des filles. Aujourd'hui, on manifeste pour avoir le droit d'avoir un boulot. Ce n'est pas tout à fait la même chose...
Cependant, et par ailleurs, je crois à la dynamique salvatrice des crises. À condition de savoir les gérer. Dans le domaine politico-économique, ce qu'on appelle depuis plus de 30 ans « la crise », on croit que l'on va s'en sortir en revenant à une sorte de « comme avant, retrouvé autrement ». C'est pour cela que l'on ne sort pas de la crise, car il n'y aura pas de "comme avant". Mais personne n'est décidé à entrer dans "l'après".
Il faudrait passer de politiques de "croissance économique", à des politiques de "croissance de l'homme". C'est une erreur de penser que la première entraîne la deuxième. Cela n'est vrai que très partiellement et à supposer que la croissance économique profite à tout un chacun, c'est-à-dire qu'elle mette fin aux situations de pauvreté et de misère. C'est une utopie parfaitement réaliste, mais personne ne désire véritablement sa mise en oeuvre. La pente naturelle de l'homme étant d'accumuler des richesses uniquement pour lui-même, sans partage. C'est l'exemple quotidien que nous avons autour de nous et dans le monde. C'est la politique d'immigration que Sarkozy va mettre en place. Dehors les pauvres ! Et n'entreront que ceux que l'on pourra exploiter à notre unique profit franco-français. Comme disait malheureusement un homme de gauche : « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Cette phrase lamentable signifie : restons entre riches et ne partageons avec personne. Ce discours-là fait mettre le bulletin dans l'urne au profit de celui qui le prononce... Et moi-même, ma petite richesse accumulée dans des petits placements, je me la garde égoïstement pour mes vieux jours. Tout cela n'est évidemment pas simple...
Reste que pour moi, ce qui fait sens dans ma vie, c'est la croissance de l'homme vers plus d'humanité. Pratiquement tous mes choix de vie ont été réalisés dans cette direction. J'ai gagné honorablement ma vie en me mettant à ce service-là. C'est donc possible. J'aurais pu être matériellement beaucoup plus riche (très beaucoup même...) en suivant une filière familiale toute tracée si j'avais voulu. Mais cela aurait constitué un véritable reniement de ma personnalité profonde et donc une aliénation de ma liberté d'existence.
Je n'ai donc aucun mérite particulier en ce domaine, je n'ai fait que suivre ma nature profonde. Encore fallait-il qu'elle me soit révélée, qu'elle vienne au jour. Et c'est là une partie du problème. Je veux dire au niveau des courants de pensée qui parcourrent le monde occidental. (Je ne peux valablement parler des autres, les connaissants très insuffisamment).
Je crois que ces courants nous trompent fondamentalement, qu'ils ne coïncident pas avec une dynamique centrale de l'être humain, en tant qu'être social, lorsqu'il est sans cesse question de guerre économique, de marché à conquérir, de concurrence à abattre, etc. Ce discours est quotidien dans tous les médias. Or, cette jungle-là, est en plein développement. Je citerai pour exemple de cette atteinte à la nature profonde de l'homme, le nombre croissant des jeunes cadres - (que l'on a transformés en loups féroces) -, et qui pètent les plombs de plus en plus, apres s'étre épuisé à lutter contre leur nature profonde justement. Un de mes anciens collègues me disait récemment que la situation a énormément empiré en entreprise depuis cinq ans.
Le fond de la nature humaine n'est pas guerrier. En disant cela je ne suis nullement rousseauiste avec son mignon "bon sauvage". Car c'est justement l'inverse, l'homme doit sérieusement s'éduquer à sa fonction pacificatrice pour découvrir au fond de lui-même, ses dynamismes positifs fondamentaux, son sens de l'autre en tant que partenaire et non pas adversaire. Autrement dit, ce dont il dispose à l'intérieur de lui pour s'humaniser et humaniser le monde. Il n'y a pas d'autre choix que de commencer chacun pour soi-même dans sa sphère personnelle.
Ceux qui pensent que tout cela est une utopie gentillette, je les laisse à leur sourire narquois. Car c'est en réalité un terrible combat à mener que sa propre pacification personnelle. Terrible combat que la désaliénation des forces inconscientes néfastes qui cherchent à nous dominer. Terrible combat que de ne pas se laisser-faire par ce cerveau reptilien dont nous avons hérité depuis la nuit des temps, et qui nous pousse sans cesse à guerroyer les uns contre les autres. Terrible combat que de chercher à apaiser les fanatismes religieux de tous poils, qui ne cesse de rejaillir et de générer la division. Au diable les monothéismes ! Bien qu'athée, je n'en apprécie pas moins certaines paroles de l'Évangile et notamment celle-ci : « va d'abord te réconcilier avec ton frère ». (Et il ne s'agit pas ici du frère par le sang, loin de là...) C'est probablement l'injonction pacifique la plus puissante qui soit. La plus folle et la plus risquée. La plus espérante aussi sans doute...

AlainX 11:20 AM
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mercredi 10 mai 2006
Inappétence virtuelle
Au départ, on va et vient d'un bloc à l'autre avec une frénésie toute sensuelle. On pénètre certains endroits plus profondément. On s'introduit dans l'intimité avec volupté. Dans la chaude épaisseur de certains textes il arrive que l'on se retrouve proche de la jouissance.
Peu à peu, la lassitude s'installe sans que l'on ne s'en rende vraiment compte. On papillonne moins, on pratique même le coït interrompu, une pénétration de texte sur deux.
Puis la blogosphère devient comme une vieille maîtresse : une habitude un peu triste.
Pour ce qui est de l'écriture sur l'interface de la plate-forme à laquelle on s'est inscrit, c'est un peu le même schéma qui se déroule. Mais je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, les blogs en ce temps-là accrochaient des lilas jusque sur nos écrans...
Tout cela n'est pas bien grave, les goûts passent, s'en vont et reviennent. C'est cependant un signe, un signal d'alerte. Mais est-il nécessaire ? Il y a bien longtemps que l'on est sous alarme... Pourvu que les voyants ne passent pas tous au rouge en même temps...

AlainX 4:07 PM
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samedi 6 mai 2006
Déformation des CoRpS
Le corps "dit" la personne. Sa déformation recherchée a toujours été pour moi un terrain d'observation.
On devient le corps de qui l'on est. Mais on cherche à se donner le corps de qui l'on voudrait devenir (en positif ou en négatif).
J'ai beaucoup observé cela dans ma pratique : la transformation du corps à mesure que le travail sur soi progresse. Je ne parle pas ici des "maladies psychosomatiques" (expression qu'il faudrait bcp expliquer d'ailleurs...), je parle des transformations corporelles recherchées ou qui apparaissent.
A l'époque du succès du "cri primal" (théorie et pratique psy un peu "courte"... qui a son interet comme "déblocage" mais comporte l'illusion du "pret à guérir" en 3 semaines d'isolement), son mentor le Dr Janov, observait que ses patient(e)s grandissaient et que leurs articulations s'allongeaient (la main surtout). J'ai pas été vérifier.
Il y a quelques jours j'ai été fasciné par des photos d'anorexiques nues. Elles rappellent les corps des juifs retrouvés dans les camps nazies. J'ai mis quelques mots sur ces photos, et j'ai publié ça dans Noir Zone. Cela choquera peut-être. Tant mieux... Je n'ai pas publié une version qui met en parallèle ces photos contemporaines avec celles des camps nazies. Je garde cela pour moi. C'est même "trop fort" à mes yeux ce que j'ai fait.
Et moi ? Comment finirais-je ?
S'affronter au corps n'est jamais sans conséquence. Cela va de "miroir mon beau miroir..." à la réalité des "mouroirs modernes" (on dit soins palliatifs pour faire clean), en pasant pas les sites internet qualifiés "d'insolites".

AlainX 10:30 AM
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vendredi 5 mai 2006
Se laisser aimer
À propos de ma récente entrée "vrac à l'âme", j'ai reçu un message privé, et un seul, qui m'invitait, sans curiosité malsaine, à en dire plus sur ma santé. De ce point de vue il ne faut pas s'attendre à ce que je publie régulièrement ici un bulletin médical...
Cependant, ce mail aux propos délicats et bienveillants, m'invite à « me laisser aimer » en disant clairement ce qu'il en est ; ce que je vis.
J'aime aimer les gens. Je le fais comme je peux, bien maladroitement souvent. Mais, me laisser aimer, c'est une toute autre histoire. Je suis en ce domaine d'une exigence aïgue. Alors, je préfère faire en sorte de ne pas avoir à me confronter à cette exigence-là. Je compte sur les doigts d'une seule main les personnes dont je peux dire qu'elles m'aiment d'un amour authentique. En ce domaine, je suis piégé à la fois par les résidus de mon histoire affective douloureuse, mais aussi par ma formation psy. Je vois trop combien il y a dans certains « je t'aime » une autre réalité qui s'exprime, et qui est : « aime-moi ». Quand je dis "je vois trop", cela veut dire que je me montre suspicieux plus que de raison. En effet, il existe des élans d'amour authentique. Ce ne sont cependant souvent que des élans, qui se déploient, puis s'éteignent. J'ai malheureusement une exigence d'authenticité d'amour dans la durée. Et c'est là que ma suspicion prend très vite le dessus.
Ce n'est pas la personne qui est en face de moi qui est en cause, c'est moi et moi seul. Disons, pour simplifier à l'extrême, que j'ai longtemps vécu dans le refus délibéré de recevoir de l'amour. Cela n'empêchait pas les partages de tendresse, d'affection ordinaire, ni la complicité des corps, ni des relations sexuelles bienfaisantes. Mais mon exigences "d'amour vrai" était tellement source de souffrance d'en ressentir l'effroyable carence, que je préfèrais me refermer comme une huître.
J'ai commencé ma thérapie sur le mode de l'amour tarifé. Je payais pour qu'on m'écoute, et si possible qu'on m'aime un peu... Ce fut donc au départ un amour acheté. C'était encore moi qui contrôlait. Ainsi je gardais ma liberté et une sorte d'égalité. C'est pour cela que je trouve très important qu'une thérapie soit payante, (je n'ai pas dit exhorbitante pour la personne), qu'il faille en mettre le prix, parce que l'on peut alors au moins oser essayer, et se montrer pleinement et librement exigeant vis-à-vis du thérapeute. C'est déjà tellement difficile la relation avec lui à partir du moment où le transfert s'installe, c'est-à-dire dès la première séance. Ou plutôt on accepte d'y entrer parce que l'on revient la deuxième fois. Évidemment, au départ on est très naïf et on ne se rend compte de rien. Tant mieux. Sinon l'on prendrait ses jambes à son cou... Et on passerait totalement à côté de la chance qui vient de s'offrir d'engager un chemin de libération véritable. Je dis véritable, je ne dis pas totale car ce serait du rêve d'espérer qu'un jour naîtrait un quelconque nirvana affectif.
Alors, si le thérapeute est bon et compétent, ont fait l'expérience d'une affection authentique, libre proposée sans attente de sa part si ce n'est celle que nous devenions plus nous-mêmes. Cela suppose que le thérapeute sache vivre à la fois la congruence et la nécessaire « distance thérapeutique » et qu'il soit conscient du contre-transfert. Je crois pouvoir affirmer que j'ai eu beaucoup de chance d'avoir rencontré les bonnes personnes à cette époque-là. Il y avait sans doute alors moins d'amateurisme et de charlatanisme qu'aujourd'hui. Les psys n'avaient d'ailleurs pas bonne presse et ils n'envahissaient pas encore les plateaux télé... Pour y raconter des conneries...
Il faut alors savoir passer de l'amour tarifé reçu à l'amour gratuit reçu. Pas avec le thérapeute évidemment !... S'ouvrir à recevoir de l'amour gratuit m'a toujours semblé une aventure périlleuse. Déjà, croire que l'autre n'attend pas de retour d'ascenseur, relève quasiment du défi. Et pourtant, j'ai fait l'expérience que cela existait. Je ne parle pas ici de ma relation à ma compagne, ni de mon travail professionnel en ce domaine. Je parle de quelques relations ordinaires et je pense ici en particulier à un homme (qui n'est pas mon maître à penser) dont je peux dire qu'il a eu et a toujours vis-à-vis de moi cette générosité dans le don de lui-même, sans attente particulière, à tout le moins perceptible... Et d'ailleurs il n'a guère de retour de ma part dans les faits...
Et puis, et sans forfanterie, je crois pouvoir dire que je faisais aussi l'expérience que cette capacité d'aimer sans retour existait également en moi. Et dans ce cas, les hommes étant quand même quelque peu semblables, cela devait bien exister chez d'autres...
Reste cependant, pour en revenir à mes propos du début, que me montrer tel que je suis, avec l'optique d'être aimé, demeure un péril en moi. Cela ne m'empêche pas de me dévoiler, et même de dévoiler du plus profond et du plus sacré de moi, puisque je l'ai fait sur ce blog. Mais c'est alors un acte qui tient plus du don de ma personne auquel je me livre, qu'une action qui aurait pour objectif l'attente d'un retour.
Voilà pourquoi je dis assez peu de choses sur ce qui ne va pas dans ma vie et encore moins sur ce qui concerne ma santé et sa fragilité. Je pourrais m'étendre sur le fait que le corps médical s'étonne que je tienne encore debout, moi qui ressemble à un pantin désarticulé. Mais c'est sans doute ma force de frappe secrète de quasiment jamais me plaindre de mon état avec lequel j'ai de toute façon à vivre tel qu'il est. je ne vais pas vous dresser le listing Clearstream de mes douleurs quotidiennes, vous risqueriez de porter plainte pour atteinte à votre moral, si tant est que vous ayez un peu d'affection pour moi...

AlainX 2:48 PM
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jeudi 4 mai 2006
Il a demandé à naître.
Il ne fait pas partie de ces embryons chichiteux qui font la fine bouche avant de s'accrocher ou qui refusent carrément d'entreprendre l'aventure. Il n’est pas de la race des velléitaires et des versatiles. Il a décidé d'exister. Pleinement.
Tous ces râleurs qui, à peine arrivés dans un ventre, se plaignent déjà qu'ils n'ont pas demandé à naître. Ils déplorent une existence qu'ils ne connaissent même pas encore. La seule chose qu'ils vont faire c'est d'emmerder leur mère pendant des mois, l’obligeant à rester couchée, menaçant de se décrocher et de partir en vrille, obligeant leur génitrices à chouchouter leurs petites personnes plus que de raison.
Ces embryons pénibles découvriront rapidement qu'on peut tout exiger et passer à la télé avant même de naître. Ils obligeront leur mère à se précipiter chez les échographes plus que nécessaire, pour le seul plaisir de pavaner devant un écran et faire signe à la caméra. Plus tard on les retrouvera dans les Star’Ac et autres conneries télévisuelles.
La mère, apeurée, craignant à chaque instant de perdre ce futur morveux, en passera par tous ses caprices d’embryon tyran. Il ne se passera pas de jour qu'une future grand-mère, bardée de conseils aussi inutiles qu'elle est vieille, ne prenne de ses nouvelles par téléphone. Et tandis que la génitrice racontera ses aigreurs d'estomac et ses envies de crème Chantilly à la louche, il remuera tant et plus dans ce ventre rond, jusqu'à ce qu'elle se décide à raccrocher pour ne s'occuper que de lui.
Il exigera aussi que le géniteur vienne lui parler le soir à la chandelle à travers la paroi du ventre, en susurrant des borborygmes débiles, histoire de passer pour un sombre idiot aux yeux de sa future progéniture. Devant tant d’imbécillité, il tentera même parfois de lui foutre son pied au milieu de la figure. Déjà, il ricane dans sa bouche sans dents, en imaginant comment, lorsque son géniteur lui changera sa couche maladroitement, il lui pissera dessus en battant des pieds frénétiquement.
Ah ! Ils ont voulu l'avoir ce marmot ! Ils ont baisé tous les jours pendant des mois, avant de s'en remettre à des médecins colonisateurs de vagins, qui ont enfin engrossé Madame, la pipette à la main. Eh bien maintenant ils vont pas être déçus ! Il va leur en faire voir de toutes les couleurs.
D'ailleurs, ça va commencer tout de suite. Il n'attendra pas neuf mois. Désormais c'est lui qui décide dans cette maison. Allez hop ! Huit mois cela suffit amplement : je sors...
Et la mère affolée de s'écrier : « mais chéri ! je ne peux pas accoucher on n’a pas encore choisi le prénom... ! ». Et pourtant le voilà qui s'expulse dans un cri et que tout commence sous le regard énamouré de jeunes parents devenus gâteux en un instant…
C'est donc ça la vie ? Courage cher foetus devenu petit humain ! Tu en as pour des années à éduquer ces parents-là...

AlainX 10:35 AM
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mercredi 3 mai 2006
Vrac à l'âme
Rien !
La maladie de langue-heurts.
La lente disparition. Mon âme aspergée de défoliant sentimental.
Et "Elle" ? Trop prise, je ne reprise plus les tissus déchirés.
Continuer vaille que aïe... ? A quoi bon....
"Est-ce que la mort s'en vient ? Est-ce qu'il est encore chaud ? Est-ce qu'il est déjà froid ? "

AlainX 10:42 AM
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