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vendredi 31 mars 2006
Bienveillance
Ma compagne est en plein coaching téléphonique avec un de ses clients. Je suis dans son bureau parce que je lui installe un truc sur son ordinateur. Je n'écoute pas ce qui se dit, me concentrant sur ce que je fais, d'ailleurs c'est beaucoup le client qui parle, cependant j'entends la voix de ma compagne, un peu comme une musique de fond. Alors je perçois la mélodie de sa bienveillance. Elle parle calmement, avec de la chaleur humaine dans la voix, elle choisit ses mots pour qu'ils soient justes et précis, sans jugement et sans condamnation. Je crois deviner que le client, à l'autre bout du fil, a fait des grosses conneries et est assez paniqué. Elle l'apaise, relativise sans minimiser jusqu'à ce qu'il soit possible d'objectiver un peu mieux et d'entrer peu à peu dans la gestion de la situation et de la conséquence de ses actes.
Ce n'est pas la méthode qui m'intéresse ici, mais cette mélodie de la bienveillance qui caractérise ma compagne. Je la connais assez bien dans cette manière d'être et de faire. Elle a cette capacité à vivre une neutralité bienveillante très décapante. La bienveillance est souvent confondue avec une forme d'excuse ("ce n'est pas bien grave ce que vous avez fait" ; alors que c'est plutôt grave au contraire) qui minimise donc les faits et qui rend quasiment inopérante toute forme d'aide et de tentative de résolution du problème. À l'inverse, il y a les adeptes de la dramatisation (" mon Dieu mais quelle horreur !") qui adorent paniquer encore plus ceux qui sont dans la panade.
Ma compagne à une sorte de don qui permet à l'autre de se mettre progressivement face à sa "réalité vraie", afin qu'ils puissent assumer pleinement sa responsabilité, et donc trouver des forces en lui pour faire sa part "réparatrice". Elle ne se situe jamais dans ce que j'appelle « le mensonge consolateur » aux effets si pervers... C'est pour cela que sa bienveillance est très décapante. Certains pensent qu'auprès d'elle ils vont trouver une personne "gentille" (d'autant qu'elle a un naturel très souriant), qui va tout comprendre et tout excuser, d'autant qu'elle n'est pas mêlée à la situation dont il s'agit. Le client est souvent prêt à s'offrir (il paye!) un "mensonge consolateur". Et ils sont légion les soi-disant "aidants" (thérapeutes, coachs, mémés gentilles, et j'en passe...) qui offrent cela... C'est si facile...
Qui plus est, notre monde est devenu tellement relativiste, que tout doit pouvoir être excusé (" il faut le/la comprendre le pauvre homme/la pauvre femme ! Elle/il a fait comme il/elle a pu !"...). Mais comme quand même, tout n'est pas tolérable, alors, parfois, on prend le contre-pied pour éliminer définitivement ce salaud/cette salope qui a commis des horreurs ! Prendre ce chemin difficile de la bienveillance, qui n'excuse rien mais met la personne devant toute sa réalité et face à tous ses actes, afin qu'elle-même décide de la manière dont elle entend agir pour revenir un comportement plus ajusté, pour éventuellement "réparer", c'est prendre un chemin escarpé qui au demeurant n'attire pas grand monde... C'est pourtant ainsi que l'être humain retrouve (ou gagne enfin) sa véritable Dignité...
Cela dit, je m'en retourne à mes travaux d"écrivant...

AlainX 11:34 AM
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jeudi 30 mars 2006
Future Reine ?J'ai écouté Ségolène ce matin. Je ne me suis pas encore fait une opinion à son sujet. J'ai eu le sentiment d'un ton différent. J'aime assez son désir d'une démocratie plus participative, bien que d'après ce qui se dit, elle soit relativement autoritaire. Mais peut-on envisager des responsabilités nationales sans une capacité d'autorité. Le journaliste qui l'interviewait n'était pas aussi incisif qu'il l'est habituellement avec les autres vieux routiers politicards. C'est un signe. Elle avait un message positif et se montrait très pragmatique. Elle est loin encore de me séduire, mais c'est une femme à suivre. Et puis... Franchement... Y a-t-il vraiment quelqu'un d'intéressant en ce moment dans la sphère politique... Par ailleurs son site n'est pas inintéressant. C'est un forum participatif en forme de débats. Elle n'a pas un programme et des promesses. Elle pose des questions et invite chacun a en débattre. Inviter à réfléchir et peut-être plus intéressant que de promettre la Lune. Le forum est modéré. Par principe, je préfère les forums libres. Mais il faut bien reconnaître que tous ceux qui abordent la politique virent à la foire d'empoigne et au défoulement généralisé. J'en sais quelque chose, puisque j'y vais moi-même me payer la tête à Sarkozy à l'occasion... Un forum modéré est donc sans doute meilleur en la matière. Cela dit, je m'en retourne à mes écritures privées.

AlainX 9:51 AM
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mercredi 29 mars 2006
calinotade
Il serait peut-être temps que j'arrete d'écrire des bétises sur ce blog. Mais ça me défoule. Il faut dire que j'écris TRES sérieux par ailleurs (hors du net) pour ce fameux projet d'essai. De ce fait mon blog devient "cour de récréation", façon potache.
Tiens cette photo-ci est de moi. J'ai ai un paquet de montages de ce genre, et bien d'autres compositions encore. Quelques une sur un photoblog, perdu dans l'océan du net... mais chuttt !


AlainX 4:36 PM
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Il était temps de lever le voile.


AlainX 12:48 PM
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samedi 25 mars 2006
Buzz
La Blogosphère, comme tous les lieux où s’ agglomèrent des amas humains, comporte ses bruits de couloirs, se propageant par e-mails, MSN, et autres merveilleux moyens de nos technologies modernes. C'est comme dans la vie ordinaire, les meilleurs secrets sont ceux qui sont partagés par tous, c’est bien connu.
Étant donné qu'il est préférable de connaître les choses à la source, je m'en vais de ce pas, (je devrais dire de ce doigt de clavier), vous révéler tout ce qui me concerne. Ainsi vous pourrez comparer avec vos propres informations frelatées.
Communiqué de fesse : (de notre correspondant très particulier)
« AlainX. nous a déclaré : Tout a commencé avec [censuré] qui m'a contactée par e-mail il y a quelques années déjà. Nous avons conclu dans la voiture, ce fut rapidement bâclé et sans suite. Ensuite il eut l'imaginative [censuré] rencontrée sur un chat et qui me fit goûter pour la première fois les délices des plaisirs virtuels (conseil aux débutants, protégez votre clavier des éclaboussures). Je poursuivis mes promenades internautiques entre les cuisses de [censuré] qui avaient le mérite d'être douces. Puis, je reçus des courriels débridés d'une affamée, qui me dévora dans un hôtel de passe-passe où j'ai bien failli laisser une partie essentielle de mon anatomie. Vint le temps de la sensuelle [censuré] qui tenta de réparer les dégâts par des caresses suffisamment bien ajustées. Ensuite, un magnifique éphèbe me fit don de sa photo et de son numéro de téléphone portable. Je tentais donc l'aventure de ce côté, ne désirant pas mourir idiot. Actuellement je me contente d'une période de repos en cet hiver finissant. Cependant, les beaux jours approchants je rappelle que mon e-mail figure toujours en marge. Mesdames, (et messieurs désormais), à vos claviers. »

AlainX 11:54 AM
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vendredi 24 mars 2006
Chemin de connaissanceAssez curieusement peut-être, je n'avais jamais imprimé ce que j'écris sur ce site. Je viens de rassembler sur papier l'essentiel de mes textes. Cela fait curieux d'avoir cela sous les yeux et non pas sur l'écran. Il y a un nombre de pages assez conséquent. Comme un imbécile je n'ai pas paginé, je ne sais donc pas dire exactement. Je les relis et cela me donne envie d'en recomposer certains. Voilà aussi plusieurs jours que je me pose la question d'envisager autrement ma présence sur le net. Comme toujours, j'attends que les choses se précisent en moi, mûrissent et que le fruit soit prêt à être cueilli.  Je développe une pensée en spirale et sphérique. Je n'ai pas une pensée en ligne droite. Je suis comme l'aigle, et pas comme un archer. L'aigle est d'ailleurs mon symbole. J'ai dans mon bureau la reproduction d'un aigle, venant des ateliers du Louvre. C'est l'un des plus beaux cadeaux que ma compagne me fit il y a pas mal d'années. Je me souviens de l'intense émotion ressentie, des larmes avaient coulé. Elle comme moi connaissions toute la symbolique que cela représente pour moi. J'aime toute la complexité des symboliques de cet animal : depuis les plus spirituelles jusqu'au plus abjectes. Ainsi, de toute façon en est-il de l'homme, capable du meilleur comme du pire dans la même espace-temps réduit. Je suis un inspiré. Oui, je sais, cela fait ridicule, mais je m'en fiche. La source de mon inspiration réside à l'intérieur de moi. L'artiste parlera d'inspiration créatrice. Au plan intellectuel je parlerai d'inspiration conceptrice, au sens qu'elle se conçoit par émergence de lumières intérieures et qu'elle ne va pas chercher sa source à l'extérieur. J'ai le sentiment que l'enseignement consiste souvent à gaver l'enseigné des connaissances des autres et non pas à transmettre son propre savoir, et encore moins à apprendre à l'enseigné à découvrir sa propre source créatrice. On apprend à l'enfant de savantes règles de grammaire, réinventées tous les deux ans par les penseurs stériles de l'éducation nationale payés avec mes impôts, (voir l'excellente entrée de Tristana…), on ne demande pas à l'enfant d'écrire son poème, si ce n'est que pour « faire amusant et récréatif » (il est pas mignonement naïf ce petit chéri ?). De toutes façons c'est mignon mais c'est nul. Cachons vite cette horreur dans un petit sourire condescendant (con descendant) et revenons-en à Baudelaire, dont il n'arrive pas à la cheville. Je me souviens de mes quelques années sombres à diriger un service dans la fonction publique (mais qu'étais-je allé faire là-bas !). J'ai vu débarquer, issue du concours, une jeune femme qui avait une maîtrise de lettres. Je me suis dit : chouette, voilà une rédactrice qui va me faire des documents et des rapports de qualité. Hélas, c'était bourré de faute de français, d'orthographe, de tournures maladroites. Elle avait peut-être une maîtrise, mais ne maîtrisait rien du tout de la langue de Molière... Je faisais refaire le tout par une secrétaire plus âgée qui n'avait que le BEPC ... Contrairement à ce que probablement bien des gens doivent penser de moi, j'ai peu de culture. Il me semble que l'érudition est le plus souvent un encombrement qui stérilise la pensée personnelle. J'ai une sainte horreur des gens qui ont une citation à la bouche toutes les trois phrases. Ce sont des mouches du coche. En revanche, j'ai une profonde admiration pour les érudits qui ont réussi à constituer leur pensée personnelle féconde, même si elle est essentiellement intellectuelle. (Je citerai Régis Debray par exemple). Je ne lis pas cet auteur pour apprendre des choses (même si j'en apprends évidemment), je le lis pour confronter sa pensée avec la mienne. Je peux paraître prétentieux en disant cela, mais pour moi c'est très humble. Régis Debray est bien plus grand que moi, mais je me nourris de certains fruits de sa recherche, je le digère, je l'absorbe. C'est très dévorateur. Mais je me nourris tout autant de quelques articles de presse, d'une entrée sur un blog ou d'une émission de télé. Tout cela finit par constituer une alchimie intérieure, comme une sorte de pâte épaisse dans tout mon corps et pas seulement des concepts rangés sagement dans ma tête. Et puis cela peu à peu fait naître la créativité conceptuelle personnelle sous forme de ressentis profonds. Cela n'a rien à voir ni avec l'émotivité, ni avec les émotions primaires qui peuvent provoquer un surgissement désordonné. C'est au contraire un travail très rigoureux de déchiffrage, de mise en mots d'un ressenti. Le rôle de l'intelligence et donc une sorte de soumission au contenu de ce ressenti, et à la fois une confrontation avec l'acquis, en vue d'une cohérence d'ensemble et d'une continuité structurée. Autrement dit, s'il y a un jaillissement créatif, ce n'est pas celui de l'écrivain romancier, ni de l'artiste. Même s'il y a des similitudes, ce n'est pas la même démarche et la rigueur n'est pas au même endroit. C'est pour cela que je parle de pensée en spirale et sphérique. Il n'y a pas une trajectoire que je qualifie de linéaire, de type premièrement, deuxièmement, troisièmement. C'est comme le vol de l'aigle qui va planant, en cercles, qui peut sembler désordonné ou majestueusement artistique, mais qui n'est rien de cela, qui est une stratégie de recherche de sa proie et de tactique pour l'atteindre. Ma proie c'est l'impalpable mystère de la Connaissance « par le dedans ». Le Livre est en moi, pas dans les bibliothèques ni sur l'Internet. Google peut aller se faire cuire un œuf !

AlainX 12:52 PM
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mardi 21 mars 2006
Un malaise  C'est un entrefilet dans le monde, sous le titre « prostitution », que j'ai failli ne pas lire. Et puis il est indiqué : « marche des "fiertés des travailleurs du sexe" à Paris ». C'est le mot "fiertés" qui m'a arrêté, tout comme ce concept de « travailleurs du sexe » . Et puis cette revendication tragique des prostituées : « faire reconnaître leur métier et leurs droits humains » ; et ce slogan : « fières d'être putes ! ». Elles manifestent contre la loi Sarkozy et en particulier la création du délit de racolage passif. Il est évident qu'avec ce délit il est devenu très facile pour les flics de faire dégringoler les PV sur ces braves travailleuses. Peut-être espère-t-on ainsi renflouer les caisses de l'état... Je ne vais pas ici ouvrir le débat sur la prostitution et ses causes profondes, ni sur les milliards de dollars que génère l'utilisation du vagin des femmes à des fins commerciales glauques et que nous admettons parfaitement. (On n'a pas encore vu la CGT organiser une grève nationale à ce sujet). Et encore, je me contente ici de la prostitution féminine, (par facilité rédactionnelle) il faudrait ajouter celle des hommes, des transsexuels, transgenres et des enfants des deux sexes. On pourrait en écrire des pages et des pages. Ce que je voudrais regarder c'est le malaise que cela génère en moi. Il y a d'abord l'hypocrisie de notre société, c'est-à-dire de chacun de nous et plus particulièrement lorsque l'on soutient la politique de Sarkozy. C'est une hypocrisie à la Tartuffe : cachez cette prostituée que je ne saurais voir. Du moment qu'elle n'est pas sur les trottoirs du 16° ou dans le centre-ville des bonnes bourgades de province, elle peut se faire exploiter, battre, violer, torturer. Cela ne dérangera personne pourvu que cela reste dissimulé. D'autant que c'est bien connu : ces femmes-là adorent le sexe ! Elles l'ont bien cherché ! Si cela ne leur plaît pas elles n'ont qu'à faire autre chose. Ce discours hypocrite, d'une activité rémunératrice choisie, ne trouve-t-il pas désormais sa justification dans l'expression : « travailleuses du sexe ». Peut-on considérer que vendre son corps est un travail comme un autre ? Une activité économique banale ? Qu'il conviendrait d'insérer dans le code du travail, avec sa réglementation, sa spécificité, ses horaires de travail, ses conventions collectives, d'instituer le comité d'entreprise de la prostitution, son contrat premier embauche, etc. les patrons de maisons closes, qu'il faudrait sans doute réouvrir dans ce cas (pour rester logique), auront-ils leurs représentants au sein des organes du MEDEF ? Est-ce que j'exagère ? C'est pourtant cette réalité-là qu'il faut considérer car elle est sous-jacente à la revendication des prostitué(e)s : « faire reconnaître leur métier et leurs droits humains ». Les droits humains supposent un respect de la personne. Le respect de la personne s'exerce dans un processus social, avec ses règles, ses droits et ses devoirs, ses organes représentatifs. D'ailleurs, dans la contestation de la loi Sarkozy, il y a implicitement une demande de protection par les forces de police de leur activité, plutôt qu'une logique de répression. (Elles oublient que la logique de répression est inscrite dans le cerveau de M. Sarkozy, depuis qu'il est tout petit sans doute...). Or, la prostitution est un esclavage pas un métier. Esclavage au sens premier du terme lorsqu'on s'est retrouvé dans le guet-apens des rabatteurs, vendu à un proxénète auprès duquel il faut racheter à prix d'or sa liberté, l'autre alternative étant de tomber dans les mains de la police et l'avenir n'est guère plus enviable. Esclavage encore, dans lequel on s'est laissé couler en commençant par considérer que vendre son corps est un peu comme un « petit boulot » pour subsister ou payer les traites de la maison, (juste 2 ou 3 passes le WE chéri, ça suffira…), puis en se laissant prendre dans les filets d’un réseau de proxénètes. Bien entendu, périodiquement, on trouvera à nous montrer dans les médias, quelques escorte-girls et hôtesses diverses pour clients friqués, qui vous déclareront qu'elles font un merveilleux métier très rémunérateur. Il faut toujours un arbre clinquant pour cacher la forêt de la misère humaine de la prostitution ordinaire. Alors ? « Fières d'être putes » ? Cela me rappelle il y a pas mal d'années lorsqu'un mouvement de prostituées avait fait la une de l'actualité. On voyait sur les plateaux de télé une porte-parole qui défendait ce métier avec vigueur et conviction, comme un grand patron défendrait la pérennité de son entreprise. C'est bien plus tard qu'on apprit que, bien évidemment, elle était manipulée par un réseau de proxénètes respectables et que « la force physique de conviction » lui était régulièrement est douloureusement appliquée aux endroits sensibles de son corps. Et pourtant, cette « marche des fiertés » a sa légitimité. Car on ne fera pas disparaître la prostitution comme on a éradiqué la peste et le choléra. La recherche de dignité de ces hommes et de ces femmes est légitime. Ils ont parfaitement le droit de la revendiquer. Mais qu’attendent-ils exactement de notre société ? Une légalisation du "métier" pour l’exercer dans de meilleures conditions ? Ou une aide d'une autre de nature pour retrouver leur dignité humaine bafouée ? Et je ne suis pas du tout sûr, hélas, que les réponses aillent dans le sens de ce que je souhaiterais.

AlainX 12:54 PM
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samedi 18 mars 2006
En direct de Belgrade
Je voulais relayer cette entrée de la Petite Sirène, que certains d'entre vous connaissent certainement, traductrice serbe qui vit pas bien loin de Belgrade, et dont la maîtrise du français ne cesse de m'étonner...
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AlainX 12:47 PM
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Vieux con
Je n'aimerais pas devenir un vieux con. Cela guette toujours au coin de la rue. Tout à l'heure j'ai failli descendre une marche dans ce sens. Je débarque sur le site de raindrop d'un clic de souris. C'est quelqu'un dont j'ai lu des commentaires sur des sites que je fréquente. Je n'étais jamais allé chez lui. On ne peut pas lire tout le monde... Il y a une vidéo d'un groupe : « In Flames » totalement inconnu de moi. Je clique. Aïe mes oreilles ! je zappe. Je pense : « Qu'est-ce que c'est que cette musique de sauvage ! » Et aussitôt, j'entends ma mère, qui disait exactement la même phrase lorsque j'écoutais les Beatles, à fond sur ma chaîne hi-fi : « Back in the U.S.S.R. ». C'est sûr, ça la changeait de Tino Rossi ! Et je pensais à l'époque, elle pourrait au moins faire l'effort de s'intéresser un peu à ce qu'on aime, nous les jeunes, au lieu de porter des jugements à la con ! Et dans l'instant, je me rends compte que je viens de faire exactement la même chose. Alors, je reclique et j'écoute. Et je lis ce qu'en dit Raindrop. D'abord, c'est bien écrit, et en plus c’est très juste. Mon ordinateur est branché sur une chaîne hi-fi qui crache pas mal ! Je monte le son. Je réécoute une deuxième fois, « cette p*tain de décharge de furie!!!! » comme il dit. Et manifestement il se passe quelque chose, comme une énergie viscérale, primitive, brute. Et c'est vrai que dans ce fatras de sons déchirés, il y a une virtuosité côté batterie et côté guitare. Les éclats me traversent. Ca me fait du bien. Rhalala !!! « Back in the U.S.S.R. » va me paraître bien fade maintenant !

AlainX 12:22 PM
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vendredi 17 mars 2006
Pas facile de dire je t'aime A France Inter la journée est consacrée aux jeunes de banlieue. Ce matin il était question de la manière dont on parle d'amour. Un jeune a dit à peu près ceci : « on ne dit jamais je t'aime à quelqu'un qu'on aime vraiment ». Dans l'émission suivante, commentant ces propos, un journaliste dit : c'est pour cela qu'il y la littérature.
En entendant cela, un certain nombre de souvenirs ont surgi en moi. J'ai toujours eu beaucoup de pudeur et de retenue à prononcer ces mots. Je dis bien à prononcer. C'était plus facile d'exprimer mon amour par écrit. Là, effectivement, avant la signature, il m'arrivait de mettre, et encore après retenue, : « je t'aime ». En présence de la personne je disais d'autres mots, tendres, intimes, censé signifier mon amour et transmettre ce message : je t'aime.
Je me souviens de la première fois où je l’ai dis à ma compagne. J'étais dans ses bras, j’ai murmuré à son oreille… mais je l'ai dit en espagnol... Elle s'est un peu reculée, pour me regarder dans les yeux tout en restant contre moi. Elle a dit : « ça veut dire quoi ? ». Elle savait pourtant. Alors j'ai osé, mais c'était plus un souffle ténu qu'un élan : « je t'aime ». Elle a fermé les yeux, elle a dit : « moi aussi je t'aime » et nous nous sommes embrassés. Je n'oublierai jamais ce moment simple et dense.
J'ai sur mon portable un texto que je ne pourrais pas effacer. Il est de ma seconde fille : « mon petit papa je t'aime » il n'y a que cela sur ce texto. Elle me l'a envoyé « comme cela », sans raison... apparente. Parfois je vais le regarder. Je sais, c'est un peu enfantin. Mais cela me fait du bien de voir ces mots sur ce petit écran de la modernité. Comme tous les parents, j'ai vécu tous les registres avec mes enfants, de la complicité père/fille aux disputes virulentes et aux ruptures, avant que de rentrer dans une relation adulte/adulte (avec ses spécificités filiales). Elle est plus « déliée » que moi à son âge dans l'expression du ressenti et des sentiments, mais quand même ces mots « je t'aime » ce n'est pas si souvent qu'ils sont prononcés.
Certes, celui qui les prononce à tous vents risque de les vider de leur profondeur et de l'intensité de leur charge affective. Mais celui qui ne les formule jamais dessèche progressivement l'amour.
Dans ce qu'exprimaient les jeunes hommes de banlieue j'étais toujours aussi frappé d'entendre qu'exprimer des sentiments c'était perdre sa virilité, qu'entre une fille « qu’on kiffe » et le groupe des potes, il fallait choisir les potes. Décidément rien ne change vraiment. Un mec, un vrai, ça n'aime pas, ça prend, ça baise, ça jette, et ça s'en va tout raconter aux potes en rigolant ; et la fille qui dit je t'aime c'est une pute. J'exagère à peine les propos tenus. Certes, ils étaient un peu déplorés par ceux qui parlaient, parce qu'il fallait sans doute rester radiophoniquement correct, mais ce fond de tableau était sous-jacent.
J'ai ressenti une infinie tristesse, de cette tristesse qui va plonger loin ses racines et entraîne dans la désespérance si l'on n'y prend pas garde. Bien entendu, je ne suis pas angélique, je vois bien les terribles poids culturels et religieux, l'exclusion dans laquelle nous, les bons français, avons décidé de les maintenir, le mépris de l'appareil d'état, à commencer par les flics de Sarkozy. Je vois bien que tout cela ne peut avoir que pour conséquence d'endurcir les cœurs et donc de générer de plus en plus de violences, exprimée ou rentrée.
Ce terrible constat de la réalité me désespère de plus en plus. Tout se fonde sur la peur et se nourrit de la peur. Or, la peur, inévitablement, irrémédiablement, génère la spirale de la distance, de la division, de la violence pour soi-disant se protéger ou se défendre. Seul l’amour peut rapprocher. Mais on ne dit pas à un jeune de banlieue je t'aime. On lui dit, rentre dans le moule ou tire-toi ; on lui dit, intègre-toi ce qui signifie souvent renie-toi ; on lui dit, soit sage, bien poli, tiens-toi tranquille et parle correctement. Enfin bref, tous ces jeunes « venus d'ailleurs » ne sont au mieux que des sales gamins de la République qu’il faudra mettre au pas. Ça, c'est dans le meilleur des cas, mais pour Sarkozy ce ne sont des racailles... dont il faudra se débarrasser manu-militari après 2007. On n’a pas fini de voir des bagnoles brûler…
France ? Pays des droits de l'homme ? Terre d'accueil ? Vous avez lu ça où, vous ?
France mon pays du désamour.

AlainX 2:32 PM
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mercredi 15 mars 2006
... Extraits d'essai ...
Je vous livre deux extraits, pas vraiment pris au hasard, mais presque. C'est encore brut de décoffrage... je verrai...
""Le bonheur n'était pas dans la bulle
( ... ) On confond souvent la recherche d'un bonheur personnel, avec un bonheur solitaire. Un petit bonheur pour soi tout seul, que l'on pourrait chérir sur son cœur, le serrer très fort de peur qu'il ne s'enfuit. Geste tendre et dérisoire, notamment lorsqu'on se met à se regarder soi-même pour découvrir nos yeux emplis de tristesse de vouloir maintenir la félicité qui s'enfuit, comme en voulant saisir une œuvre sculptée sur la plage, le sable s'écoule entre nos doigts. ( ... )
********************* ( ... ) À 19 ans je suis amoureux de M. je n'ai de cesse que de chercher à nous confiner à deux. Je veux l'exclusivité de la relation. Elle, moi, personne d'autre. Je veux que nous construisions une bulle à deux. Pour vivre des instants forts ensemble il n'y a pas d'autres alternative que celle-là. Je n’ai en tête qu’un schéma ridiculement simpliste : le monde est hostile, isolons-nous. Au début, cela marche parfaitement. C'est bien connu : les amoureux sont seuls au monde. Nous vivons des moments intenses de communication intime, avec ce sentiment d'une relation unique et magique. Nous échangeons des mots et nos corps dans une complicité que je n'ai pas encore connue. Mais peu à peu, à vivre renfermés, cela finit par sentir le moisi... Cela manque d'aération et je ne m'en rends pas vraiment compte. Nous étouffons ensemble. Ce sera la mort de cet amour là. Par asphyxie. ( ... )
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AlainX 10:41 AM
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mardi 14 mars 2006
Essai
Je me suis lancé dans la rédaction d'un « essai ». Je voudrais remercier Coumarine qui d'une manière indirecte m'a incité à le faire.
Il a un titre provisoire.... Très provisoire... Mais il est suffisamment évocateur pour moi, pour que je le garde ainsi quant à présent.
Comment je suis devenu heureux de ma vie. (Essai sur le bonheur d'existence)
J'ai déjà écrit une trentaine de pages. J'ai pour l'instant identifié douze items différents. (12 chapitres). Je ne sais pas très bien où je vais. Je me laisse guider par mon ressenti. Dans le premier jet d'introduction, je commence par ces quelques mots, cela peut donner une petite idée de l'intention générale :
Le lecteur ne trouvera pas ici un ouvrage théorique sur le bonheur. Je n'ai pas l'intention de philosopher, discuter, comparer, polémiquer. Je n'ai pas l'intention de parler du bonheur en tant que concept, mais de ce bonheur concret que j'ai recherché au cours de ma vie.
En réalité j'oscille entre un certain témoignage de vie, et un minimum de conceptualisation, c'est-à-dire une sorte de lecture du sens des diverses étapes de ma vie par lesquelles je suis passé. Je cherche à travers à clarifier le "fil rouge" de mon existence. Je pense qu'il me faut profiter de cette période où je me sens "bien dans ma vie", avant que les problèmes de santé, que je n'éviterai pas, ne resurgissent. Il me semble que m'atteler à cette tâche les retarde. Et puis, on n'est jamais à l'abri d'une épreuve qui surgit. J'espère ne pas être trop dilettante. C'est mon risque. Il me faut me discipliner. Pour l'instant j'écris au moins deux heures par jour. J'espère tenir ce rythme. Je verrai comment ce blog peut m'aider comme outil de communication afin de ne pas être trop solitaire dans ma démarche. J'ai aussi pensé à le mettre en veilleuse, voire à le fermer. On verra bien...
Petit extrait prit un peu au hasard :
Il me faudra du temps pour comprendre que la maison du bonheur que je tente de construire avec une patiente bonne volonté repose sur les sables mouvants et les détritus de mon enfance. Je veux construire quelque chose de solide mais j'ignore encore le pire : sous l'immondice du passé se dissimule un immense gouffre. Mes bases intérieures personnelles sont un immense gruyère.
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AlainX 12:12 PM
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lundi 13 mars 2006
gratitude (saison IV)
Lorsque l'on descend au fond de soi-même, je veux dire lorsqu'on se laisse glisser vers les profondeurs mystérieuses de l'être, on rejoint les dynamismes profonds d'existence sous forme d'un ressenti dense, d'une force enracinée (qui n'a rien d'athlétique ou d'olympique !), on ressent notre capacité d'aimer et de s'ouvrir librement à l'autre avec une acuité toute singulière. Aujourd'hui, le moindre coaching vous valorisera par tous les bouts, mais il ne vous montrera que les effets de l'être profond et ne vous conduira pas jusqu'à cette profondeur là. Et d'ailleurs, ce dont je parle c'est encore au-delà, dans l'épaisseur du mystère humain.
Je précise que la démarche dont je parle n'a rien à voir avec les propositions frelatées des gourous, du parcours initiatique et ésotérique à base de potions magiques, de décoctions, de bougies et de fumées d'encens. Il n'est pas non plus nécessaire au préalable de voir des éléphants roses !
Pour se « laisser glisser » vers ce lieu comme je le dis ci-dessus, il faut au préalable avoir pas mal déblayé le terrain. Il faut sans doute aussi être un minimum contemplatif. Non pas contemplatif de l'extérieur comme on aime à regarder un paysage, la mer, un coucher de soleil... Ce type de contemplation n'est qu'un préalable, une sorte de piste d'entraînement en circuit fermé. Ce dont je parle ici c'est de la contemplation à l'intérieur de soi. Mais là encore, la confusion avec le nombrilisme et l'égotisme se fait souvent. Cette descente intérieure suppose justement et assez curieusement une sorte de contournement de l'ego. (La seule contemplation de l'ego est la chose la plus épouvantable qui soit !) Dans cette descente on se retrouve dans une sorte d' « ailleurs en soi » et qui est pourtant à l'intérieur de nous. J'ai mis du temps à découvrir le passage qui menait vers cet endroit. Mon maître à penser me fut précieux dans cette recherche, mais aussi l'effort de lecture et de compréhension que je fis de quelques grands mystiques. En particulier Thérèse d'Avila et de Jean de la Croix, (qu'il me semble avoir déjà citée ici) et dont la lecture n'est guère aisée, vu l'ancienneté des textes et l'enracinement dans une chrétienté à tendance sacrificielle et doloriste. Ils étaient au coeur d'une société judéo-chrétienne dominante et n'avait guère d'autre choix, mais la démarche à quelque chose d'universel. C'est dans ce mouvement "d'ouverture par le dedans" que naît le désir de gratitude, de remerciement, comme une nécessité pour que la vie circule en nous comme un fluide venant d'ailleurs, nous traversant et se dirigeant vers l'aval. C'est comme lorsque l'on reçoit un beau cadeau que l'on espérait quelque part sans l'attendre vraiment, un cadeau qui comble. Nait alors tout naturellement un mouvement de merci vers celui qui l'a donné. La plénitude de l'instant ne serait pas complète sans ce merci.
J'en reviens donc à cette même question qui me "travaille" depuis l'autre jour : vers qui, quoi, diriger cette gratitude, et en quelque sorte la lui remettre. C'est-à-dire que dans ce mouvement on est appelé comme à remettre tout soi-même, toute sa personne entre les mains de ce "quelque chose/quelqu'un". Arrivé à ce stade, il serait facile, comme quelqu'un après m'avoir lu me le suggérait quasiment, de ramener Dieu dans cette histoire là. N'est-il pas le créateur de tout, n'est-il pas l'amour parfait, n'est-il pas celui qui comble au-delà de tout ? N'est-il pas celui qu'il faudrait remercier, louanger et louanger encore, dans les siècles des siècles. Amen. Il est vrai que les mystiques sont conduits à ce chemin là. Mais il aboutit souvent à une sorte de dissolution de la personnalité, comme si l'homme était destiné à être soluble en Dieu, à disparaître en lui. Il n'y a donc plus d'altérité, de relation.
Aussi, je me refuse à franchir ce pas là. À ce stade, généralement, les curés disent que l'on résiste par orgueil, que l'on pêche contre l'esprit. Aïe ! Là, c'est le pire ! J'ai un ticket pour l'enfer, et je risque même d'être au premier rang dans la fournaise !
Lorsque je me retrouve avec ce mouvement de gratitude qui n'aboutit vers "rien ni personne", je me retrouve forcément dans une insatisfaction. C'est là que les choses commencent à devenir plus intéressante. Plus question de se raccrocher à une religiosité bien commode. Plus de balisage de la route dans des traités théologiques plus contradictoires les uns que les autres. Plus de Dieu culturel dont on a été infesté par l'éducation.
Or, personne n'aime demeurer longtemps dans l'insatisfaction. Dès lors, je forme l'hypothèse que, pour l'évacuer et donc la résoudre, les hommes se sont nécessairement dirigés vers quelqu'un ou quelque chose d'autre qu'eux-mêmes, sur lequel il pouvait projeter leur désir de gratifier, car ils ne pouvaient rester avec ce mouvement en suspens, et qu'ainsi progressivement ils se sont créés des divinités qu'ils ont peaufinées et améliorées au fil des siècles. L'expérience mystique profonde (de l'ordre du ressenti physique) a été raptée, c'est-à-dire récupérée par les facultés cognitives de l'homme, par l'intelligence intellectuelle et le monde des idées. On crée des dieux, par nécessité d'évacuer rapidement l'angoisse existentielle, et puis ont bâti autour d'eux toutes sortes de théories, plus ou moins spéculatives, dont certaines sont amusantes et d'autres font frémir. Théoriser ne suffit pas, il faut également mettre en place des pratiques, des rites, du permissif et de l'interdit, bâtir un code religieux, des lois divines. Pour faire appliquer tout cela il faut nécessairement un système hiérarchisé, des « élus de Dieu » qui détiendront le pouvoir et l'argent, des fidèles obéissants (et dans ce cas il faut inventer du châtiment divin pour se faire obéir et foutre la trouille à tout le monde), des saintes armées pour trucider les impies, et surtout, surtout, un vaste système de collecte du fric (la quête, les dons, la dîme, l'impôt dû à Dieu, les rites payants obligatoires, etc.) de manière à enrichir la caste des grands prêtres qui tirent leur légitimité dans la perpétuation de l'intercession auprès de la divinité, le fric étant censé apaiser le courroux du Dieu par les sacrifices payants qu'on lui « offre », le grand prêtre, pété de tunes, (curé, pape, pope, immam, gourou, marabout,...) ayant seul la capacité de faire fleurir les bienfaits, et de garantir à l'adepte "une place au ciel", ou que sais-je ! : retour d'affection, illumination, nirvana, privilèges divins, bienfaits magiques, cartomanciennes, boule de cristal, horoscope, thèse astral, chance au jeu, superkarma, chakras décoincés, etc. Croyez-moi, tout cela marche parfaitement !
Ainsi, l'homme, au lieu de progresser vers son chemin d'humanisation et de libération, n'a fait que s'enchaîner lui-même et enchaîner ses semblables à des divinités exigeantes voir cruelles, des dieux conquérants, vengeurs, ou à l'inverse dégoulinant de la guimauve d'un amour mièvre, maternant, étouffant, un Dieu qui réclame tyranniquement qu'on l'aime, qui fait ses caprices et menace de tout détruire de ses foudres célestes si l'on ne se met pas à genoux devant lui. Finalement, un Dieu à l'image des névroses humaines, qui faisait les délices de M. Freud.
Ne croyez pas que l'état laïc français aurait changé tout cela. La religiosité ne s'est jamais aussi bien portée, elle s'est fixée ailleur que dans les lieux de culte de la catholicité déclinante, mais c'est encore la même chose de fond.
Voilà pourquoi je refuse de plaquer une explication, de me raccrocher à un courant théorique existant, à une quelconque religion et que je préfère rester sans réponse jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que ? je ne sais pas ! C'est évidemment inconfortable. Alors je remercie ce que j'appelle La Vie, telle que j'en ai déjà parlé par ailleurs. Mais je sens qu'une insatisfaction demeure, car il manque quelque chose qui tient de l'altérité du dialogue. Mais finalement le manque n'est-il pas nécessaire à l'avancée ? La faim n'est-elle pas indispensable à désirer se nourir le corps et l'âme ? Malheur aux repus, à ceux qui ont tout découvert et répondu à tout !
Bienheureuse Insatisfaction !! Tiens ! J'en ferai bien une Divinité !
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AlainX 4:49 PM
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samedi 11 mars 2006
Parenthèse pour le WE
Rubrique : détendons nos fidèles lecteurs qui ont la migraine à force de lire les élucubrations d'Alainx....
Donc, je suppose que vous connaissez la dernière nouvelle, Bill Gates a commencé à réinvestir son immense fortune dans la conquête des ascenseurs. Nous avons pu obtenir un dialogue de la hot-line par micro caché.... ------------------
- Bonjour, bienvenue chez Microsoft. Je suis votre responsable du service après-vente. Que puis-je faire pour vous ? - Bonjour, je suis coincé dans l'ascenseur. - Etes-vous sûr que vous êtes coincé ? L'ascenseur n'est-il pas en train de travailler ? - Comment le saurais-je ? - Y'a t'il une lumière orange qui clignote sur le panneau de commande ? - Non, je ne vois rien. - Vous rappelez-vous tout ce que vous avez fait avant d' être coincé ? - Eh bien j'ai appuyé sur le bouton du 4e étage, l'ascenseur a démarré puis s'est arreté. - Etes-vous seul ou plusieurs dans l'ascenseur ? - Je suis seul. - Pesez-vous plus ou moins de 630 kg ? - Euh .... moins, je crois. - Pouvez-vous sortir de l'ascenseur ? - Non, les portes sont fermées. - Avez-vous sauvegardé l'étage auquel vous désirez vous rendre ? sinon il vous faudra réappuyer sur le bouton quand l'ascenseur fonctionnera à nouveau. - Non, mais ça va, je m'en souviens. - Très bien. Quelle est la version de votre ascenseur ? - ??? Euh ... il a été construit au début de l'année je crois. - Je vois. Il y avait un bug dans cette version. Sortez de l'ascenseur et ouvrez les portes de l'extérieur, ainsi vous serez décoincé. Ensuite, demandez à votre revendeur Microsoft la dernière version d'ascenseur, plus complète et permettant d'atteindre le quatrième étage. Merci d'avoir fait appel au service après-vente Microsoft.
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AlainX 11:56 AM
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vendredi 10 mars 2006
gratitude (saison III)
Dans les commentaires aux entrées précédentes, il y a ceci :
As-tu pensé à diriger ta gratitude vers - toi ? Gratitude d'avoir été et d'être suffisamment fort pour parcourir tout ce chemin qui t'a mené des angoisses dévastatrices jusqu'à ce doux bien-être ? Gratitude à ta volonté, a ta persévérance? A ta capacité de présence à toi-même, à accueillir la vie et s'ouvrir à elle? Ce quelque chose, ce « principe premier », ça ne pourrait pas être toi - aussi ?
J'ai trouvé ces questions très intéressantes, parce qu'elles touchent à ce que j'estime être des aspects essentiels de la personne humaine, c'est pourquoi je les reprends ici, sous la forme d'une reformulation en deux questions :
- Peut-on diriger la gratitude vers soi-même ? - Le « principe premier » peut-il être moi, aussi ?
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- Peut-on diriger la gratitude vers soi-même ?
Il y a en moi (comme en tout être humain) des qualités, des valeurs, des dynamismes, etc. qui sont comme « déposés au fond de moi ». Je veux dire par là que je ne suis pas allé les chercher quelque part, les acheter dans un magasin. Je suis « né avec cela ». Je pourrais dire que cela constitue en partie mon potentiel génétique, il est la résultante générationnelle de la lignée à laquelle j'appartiens, et plus loin encore il me vient... Du fond des âges.
Il y a par ailleurs d'autres facultés qui me constituent également mais qui ne sont pas tout à fait du même ordre, comme ma volonté, ma liberté, ma conscience. Ce sont des facultés qui me permettent de décider et d'agir « comme bon me semble », c'est-à-dire que je ne suis pas totalement soumis à d'autres forces internes ou externes qui me détermineraient comme un pantin entre les mains d'un manipulateur.
Ces contraintes existent cependant. Je ne m'étendrai pas sur les forces externes, telles que la contrainte physique, la violence, la pression sociale etc. je ne parlerai que des forces internes qui entravent ma liberté, m'aliènent, voire m'enchaînent totalement. Ainsi en est-il des passions débordantes, des angoisses insurmontables, des phobies, de la peur viscérale de l'opinion des autres, qui fait que l'on se plie à leur volonté ou leur désir, etc.
Lorsque j'ai pris peu à peu conscience de toutes ces aliénations douloureuses en moi-même, j'ai décidé que je mènerai un combat contre elle, tout comme par le passé j'en avais mené un contre la maladie envahissante, bien décidé à m'en sortir. Je suis parti en guerre contre mon marasme intérieur, certain de ma victoire finale. Lorsque l'on est au coeur de ce combat, on n'a pas vraiment la conscience que l'on est en train de réaliser quelque chose qui a une certaine « noblesse humaine ». En réalité, on sauve sa peau ! Tous ceux qui sont passés par là savent de quoi il s'agit, et certains blogs que je lis en rendent parfois compte en temps réel.
Lorsque je fais retour sur moi-même, face à tout ce cheminement, que j'ai un regard réflexif, je ressens une fierté émue pour moi-même, et s'il y a un mouvement de gratitude, c'est envers "le petit garçon d'origine" que j'ai préservé au fond de moi-même, en qui j'ai fait confiance parce que quelqu'un a su me faire me tourner vers lui, et m'a appris qu'il serait désormais mon guide.
Il peut donc effectivement exister une forme de remerciement de soi à soi, car finalement comme disait quelqu'un : « je est plusieurs ». (Inspiré de la célèbre expression de Rimbaud : "je est un autre").
Mais au-delà, il y a une forme de mouvement naturel qui se produit en moi, tel que je le décrivais dans la première entrée sur ce thème, et qui m'entraîne à une gratitude qui se porte sur « un Autre ». Ce n'est pas un mouvement décidé, volontaire. Il EST. Dire cela n'est pas une nuance pour moi, car c'est tout à fait autre chose. Il y a dans le mouvement de la vie et de son surgissement en moi le constat évident et surtout ressenti, que son origine est ailleurs qu'en moi-même et je suis comme automatiquement poussé à un merci à cet Autre. Et c'est de cette manière que j'en viens à la deuxième question.
- Le « principe premier » peut-il être moi, aussi ?
Si je limite la question à : "peut-il être moi", la réponse est immédiatement NON ! Cependant, il est ajouté : "aussi" ... Et là les choses sont un peu plus complexe, car il y a "moi" et "moi-dans..." Ou "moi-avec...". Je pourrais prendre une comparaison avec le couple pour me faire comprendre. Parfois on dit : "mon couple", d'autres fois : "notre couple", ou encore : "moi dans mon/notre couple" ; "le couple que nous formons". Il y a aussi les expressions comme : " elle/lui et moi on ne fait qu'un", on est en "symbiose totale", etc. à mes yeux, chacune de ces expressions n'est pas anodine. Elles révèlent à la fois la perception que l'on en a et la complexité de la réalité du couple en son essence.
Il en est de même de la réalité du "soi" qui n'a d'existence qu'à l'intérieur d'un phénomène bizarre appelé la Vie, elle-même issue de... Du néant ? D'un principe créateur ? Du hasard ? D'un épiphénomène étrange tellement fragile et tellement exceptionnel qu'il est appelé à disparaître rapidement, au regard des milliards de milliards d'années-lumière ? Surtout que nous faisons pas mal de choses pour précipiter sa chute !
S'il y a donc un "principe premier", ce n'est évidemment pas moi. S'il y a une Origine elle n'est pas moi non plus... Cependant, il n'y a pas d'origine sans continûment, et je suis de ce continûment, tout comme il n'y a pas de chaîne sans maillons. Le maillon n'est pas la chaîne, mais la chaîne n'est pas sans le maillon. Autrement dit, si je ne suis pas le principe premier, je contribue à sa continuation, et parce il en est ainsi, ce principe lui-même a pu exister... À l'origine...
Mais probablement que je peux être piégé par les limites de ma destinée humaine, qui ne peut concevoir une pensée que dans une réalité spatio-temporelle. Autrement dit, nous sommes très peu intelligents. Il n'est qu'à voir dans l'histoire combien les « grands savants de ce monde » considéraient la terre et l'univers ! On en rit aujourd'hui de cette terre comme un disque plat, centre de l'univers, mais nos lointains successeurs se moqueront peut-être joyeusement de nos théories et croyances actuelles.
Il n'empêche, je n'arrive pas à être autrement que me poser toutes ces questions. Elles ne m'empêchent pas de dormir la nuit, rassurez-vous ! Elles sont en moi comme je pense elles sont dans tout homme qui ne se contente pas de regarder TF1. Il suffit de voir comment les jeunes enfants posent des questions fondamentales telles que : d'où je viens. Du ventre de maman bien sûr, oui mais avant ? J'étais où ?.
(... à suivre... peut-être...)

AlainX 12:35 PM
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jeudi 9 mars 2006
gratitude (saison II)
Vis-à-vis de ma mère, tout un chemin reste encore à faire. J'avais commencé à l'entreprendre, ce n'était pas évident. La personne que je rencontrais alors pour m'aider habitait loin. Elle me convenait parfaitement mais c'était long et coûteux, en temps, en déplacement, en argent, même si on s'était mis d'accord sur un prix réduit à cause des déplacements. Et puis ma mère est morte assez brutalement d'un AVC. J'ai vu mon père effondré, j'ai essayé de lui apporter le réconfort que je pouvais, mais vis-à-vis de ma mère morte je fus d'une terrible froideur, ne ressentant aucun sentiment, aucune peine, ne versant aucune larme. À aucun moment je n'ai ressenti de culpabilité. Elle n'avait pas assumé en tant que mère, elle en avait été incapable, elle était morte, c'était terminé. Il restait à tourner la page.
Mais hélas, le psychisme à sa vie propre et se comporte autrement. Apprenant son décès ma thérapeute m'avait dit : "cela ne va pas être facile pour vous de continuer à travailler la relation à votre mère." Je n'en croyais rien. Elle avait raison. Cette froide absence de ressenti autour de son cadavre m'avait totalement anesthésié. Impossible de retrouver sentiments et sensations d'enfance à son propos. Alors, je me suis mis effectivement à lui en vouloir terriblement. La garce ! Après sa mort elle m'empêchait encore de devenir moi-même ! Il fallut plus de deux ans pour pouvoir reprendre ce chantier, mais je n'ai pas réussi à le mener jusqu'au bout. Je n'ai pas retrouvé la dynamique vitale nécessaire. Je suis encore amputé de cette racine là. Certes, cela n'entrave plus mon bonheur d'existence (enfin pas beaucoup...), mais j'aurais aimé, dans mon perfectionnisme latent, retrouver cette fluidité intérieure avec elle comme je la ressens vis-à-vis de mon père.
Je suis encore une fois reparti dans des digressions... Mais enfin, je fais ce que je veux ici ! Non ?
Si j'en reviens à cette question de gratitude, de besoin de remercier, c'est que j'en ressens la nécessité, assez égoïste, pour une plénitude de ma vie. On n'est pas heureux dans l'autosuffisance, dans la fermeture, dans la non reconnaissance de nos origines proches et lointaines.
La démarche de gratitude est une forme d'enrichissement d'un existant. Bien que je ne sois pas scientifique, cela me fait penser à l'uranium enrichi. C'est un existant qui obtient un plus et qui a plus d'efficacité. Ou c'est comme un ruisseau qui vient enrichir une rivière.
Seulement voilà peut-on remercier quelque chose qui n'a pas une existence effective, qui n'est pas « quelqu'un », mais seulement quelque chose ou un concept quand bien même il aurait l'apparence d'une réalité tangible. Certes on remercie la Chance, l'heureux Hasard, sa Bonne Étoile, ..., mais en réalité lorsque l'on agit ainsi, « qui » remercie-t-on vraiment ? Dans l'histoire des hommes il y a toujours eu ce mouvement de remerciement. J'ai personnellement toujours vécu une sorte d'admiration, pour ne pas dire une fascination pour la démarche du pharaon d'Égypte Aménophis IV (treize siècles av. J.-C.) qui passe du polythéisme au dieu unique : Aton, et prend le nom d'Ahhénaton, qui signifie '"Celui qui désire être agréable à Aton". Ce dieu unique, créateur du monde, apportait aux hommes l'énergie vitale, le couple Aménophis / Nefertiti ne cesse d'être en adoration et en remerciements devant Aton. Il est non seulement l'unique, mais n'est pas personnifié. Sa représentation assez « moderne » est un disque, un peu comme un disque solaire. Mais ce n'est pas vraiment une adoration du soleil. Cependant, ce dieu semble demeurer une abstraction et il n'est qu'une réalité externe. Il n'est pas impossible que le judaïsme ce soit inspiré de tout cela pour sa propre religion et par la suite le christianisme, qui lui, a fait de ce dieu unique « quelqu'un ». C'est-à-dire qu'un homme comme Jésus-Christ introduit la notion de « Dieu -- Père ». J'aurais aimé psychanalyser J.C. et qu'il me parle de son papa ! (Peut-être que j'ai dans mes lecteurs un spécialiste des religions qui va fulminer en concluant que je dis des grosses conneries...!). Mais bon, c'est surtout cette notion novatrice de dieu unique qui me semble intéressante, d'autant que cela ne dura pas et que ce cher Toutankhamon, bien connu, s'empressa de renouer avec le culte des anciens dieux, dont il faut bien dire qu'il était bien plus rémunérateur et que l'exploitation de multiples divinités permettait l'acquisition de richesses, à en faire pâlir le pape d'aujourd'hui !
Alors voilà ce matin, j'étais là, un peu couillon avec mon "élan-de-merci" entre les mains, ne sachant pas à qui le donner, vers qui le diriger... D'aucuns penseront que je me pose trop de questions. Peut-être en effet à un certain stade faut-il renoncer à s'en poser. Moi je n'y arrive pas. Toute plongée en apnée dans mon intériorité me fait remonter avec des questions... ! N'est ce pas le propre de l'humain d'être en permanence en état de questionnement, sur lui-même, sur l'homme, sur l'humanité ? Les ordinateurs n'ont guère de questions existentielles. Je pense que la personne qui vit « sans se poser de questions » n'a pas encore commencé à nouer les lacets de sa première paire de chaussures pour avancer vers sa réalité humaine personnelle.
(... À suivre...)

AlainX 10:50 AM
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mercredi 8 mars 2006
gratitude (saison I)
Ce matin je me suis réveillé relativement tôt. Allongé sur le dos j'entendais d'un côté les trilles joyeuses et matinales d'un oiseau, de l'autre la respiration calme et régulière de ma compagne qui dormait encore. Je me rendais aussi attentif à mon corps et à la présence de cette sensation de vie en moi. Un doux bien-être m'envahissait et je goûtais des instants de plénitude.
Je me retrouvais au coeur d'un essentiel, au coeur de ce qui constitue l'ordinaire simple de ma vie d'aujourd'hui : Celle avec qui je partage mes jours depuis tant d'années et ce sentiment d'avoir atteint ensemble ce que nous espérions pouvoir réaliser lorsque nous nous sommes connus ; le champ des oiseaux qui symbolise la générosité de la gratuité de la vie qui se donne en suffisante abondance à qui sait l'accueillir en lui, s'ouvrir à elle et accompagner ce mouvement vital plutôt que de lutter vainement à contre-courant ; ma capacité de présence à moi-même, à cette intériorité que je ne crains plus pour l'avoir dégagée d'un certain nombre d'angoisses dévastatrices. J'ai beaucoup ramé et souffert pour en arriver là, j'ai payé le prix fort, mais cela en valait la peine.
Alors, est monté en moi un mouvement de reconnaissance qui a progressivement envahi tout le corps, comme une tension vers « quelque chose », vers une source, vers un principe premier envers lequel je me sentais le besoin de dire merci.
Il fut un temps dans ma vie où ce mouvement de gratitude se dirigeait assez spontanément vers des personnes humaines auxquelles je devais beaucoup ; celles qui m'avaient aidé à traverser des épreuves ; celles qui m'avaient accompagné dans ce lent chemin de reconstruire d'une personnalité détruite ; celles qui m'avaient offert des opportunités, celles qui m'avaient ouvert des portes. Je pense ici plus particulièrement aux trois thérapeutes que je me suis donné (il en fallait bien trois pour venir à bout de mes misères !...) et à mon maître à penser.
À d'autres moments j'ai aussi remercié la Vie avec un grand V. cette Réalité mystérieuse qui habite le coeur du coeur de chaque parcelle du vivant. Cette réalité insaisissable et que l'homme désirerait pourtant maîtriser. Cette sorte de transcendance/immanence qui est le mystère de l'aventure de l'Univers et de l'Humanité.
À certaines époques de ma vie, dans mon aventure relationnelle sinusoïdale avec « Dieu », c'est lui que je remerciais, en particulier lorsqu'il m'arrivait de ressentir ce qui me semblait être sa trace en moi. Il m'apparaissait alors comme un dieu de bonté, il était ce « Dieu amour » que présentent et magnifient certains courants spirituels. L'intensité ontologique de son amour se propageait à moi pour le peu que je m'offre à le recevoir. Mais dieu s'est fait chimère depuis...
Aujourd'hui, ce matin en particulier, je ne savais plus vers qui, vers quoi, diriger ce mouvement vital de gratitude. Mon élan se trouvait empêché, il avortait. À quoi donc est-ce que je résistais ? La question est capitale pour moi car nul ne détient la vie de lui-même. Je pourrais remercier la génération qui m'a engendré, la mère qui m'a donné la vie, mais cela ne me vient pas. C'est une déploration pour moi. C'est encore une étape à franchir, celle de la reconnaissance profonde envers mes deux parents. Je ne désespère pas que cela vienne avant que je ne meure, et d'ailleurs il le faudra bien pour que je puisse, selon l'expression consacrée, « reposer en paix ».
C'est accompli du côté de mon père. J'ai accueilli tout ce que j'avais reçu de lui. Heureusement cela s'est fait avant sa mort et j'ai pu le lui dire. Ce fut plus facile vis-à-vis de lui de guérir des blessures dont il était l'auteur involontaire. C'est d'ailleurs par ma relation à lui que j'ai entamé ma première démarche thérapeutique avec un homme. Le pauvre psy ! Il en a pris plein la gueule ! Mais enfin, je le payais pour cela... Durant les séances je l'ai agressé comme c'est pas permis, je lui rends hommage pour ses qualités professionnelles, pour la manière dont il a su demeurer ajusté, jusqu'à ce que, au bout de plusieurs mois, je m'écroule en larmes, plongeant au coeur de ma souffrance et le suppliant de m'aimer. (Ce n'était pas évidemment au thérapeute que je m'adressais mais à mon propre père à l'intérieur de moi, "symboliquement" diront certains, mais le terme fait trop intellectuellement décharné !).
(à suivre....)
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AlainX 5:01 PM
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lundi 6 mars 2006
photos d'enfants
C'est à la mode en ce moment sur le net : publier ou faire publier une photo de soi enfant. J'en ai regardé attentivement plusieurs, et lu les blogs correspondants. C'est excessivement révélateur de l'histoire intime de la personne. Le visage, le regard, le sourire ou non, le corps, sa position, l'environnement, le cadrage, etc. Certes cela n'est que perçu qu'à travers mes impressions personnelles, mais une photo d'enfant "dit" énormément. Cela me donne le sentiment d'une terrible mise à nu sous couvert de ce petit jeu qui n'a rien d'innocent. À moins que je n'aie à cet égard une sensibilité toute particulière. Il est vrai que j'ai fait « travailler » des personnes sur elle-même à partir de leur photo d'enfant. Cela entraîne parfois de terribles prises de conscience.
Il me serait totalement impossible de publier une photo de moi enfant sur mon blog. C'est sans doute anormal et disproportionné. J'aurais vraiment le sentiment de m'exposer au-delà de ce que je désire montrer.

AlainX 7:29 PM
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jeudi 2 mars 2006
Vibrations
« Tu n'es pas encore assez serein », me dit-elle ce matin dans le lit, tandis que j'étais dans ses bras, une main sur son sein. Je parlais du temps qui passe trop vite, des journées trop courtes, de mes projets en attente. Tout cela sans doute avec une certaine fébrilité dans mon corps que je ne percevais pas mais qu'elle ressentait, elle.
Je me suis abandonné le long de son corps, comme pour puiser en elle cette sérénité que je lui connais et qui est effectivement plus grande que la mienne. Cette sorte de paix qui émane d'elle depuis toujours, depuis que je la connais, et qui passe parfois, par osmose, de son corps au mien. Pour que cette transfusion se fasse, il faut que je sois contre sa peau et que j'entre dans la conscience qu'elle s'effectue, sinon, ce n'est pas qu'elle ne s'opère pas, c'est qu'elle ne porte pas d'effet en moi. Alors, je reste dans cette sorte d'incessante vibration intérieure plus proche de la fébrilité que de la jubilation.
J'ai longtemps confondu cette vibration fébrile avec ma force vitale. Elle n'y est pas étrangère mais elle n'en est pas la source. La force vitale n'est pas l'agitation débordante et consommante que l'on nous montre habituellement. Je pense ici à toutes ces publicités ou l'on nous vante les mérites de « la femme active », c'est-à-dire celle qui s'agite et brasse de l'air, censée être fière de tout faire en même temps. Le consommateur est un agité qui se consume jusqu'à disparition.
Être efficient. C'était mon challenge. Faire beaucoup de choses, vite et bien. J'ai déjà évoqué ici en son temps mes agendas bourrés de rendez-vous et dont j'étais fier. C'est une manière parfaitement noble de masquer ses angoisses. [Je fais ici une parenthèse, c'est sans doute parce que j'identifie ce symptôme chez Sarkozy, homme suractif et angoissé s'il en est, que je ne supporte pas l'idée qu'il puisse un jour diriger un pays].
J'ai beaucoup changé depuis ce temps-là. Certes, je ne suis pas encore dans cette sérénité à laquelle j'aspire profondément parce qu'elle me correspond essentiellement, mais je suis cependant dans les conditions pour y accéder.
Que me manque-t-il ? Probablement de continuer ma mue, mon changement de peau comme le fait le serpent. Pour cela il me faut sans cesse reprendre ce voyage qui me conduit au fond de moi-même, dans cet au-delà des perturbations, dans cette zone de paix profonde qui n'est encore que trop ma résidence secondaire occasionnelle. Il faut que je déménage pour là-bas, que j'en fasse ma résidence principale. C'est probablement celle-là, l'étape de ma vie que je cherche actuellement.
Plusieurs personnes ces derniers temps m'ont dit que je disais ici des choses intéressantes. Quelqu'un hier soir me parlait « d'essayiste ». Bien entendu de tels propos me font plaisir, mais quelque part, je les élimine, je les balaye d'un revers de main. Il y a même comme un fond d'agacement. Je prends cela pour de la flatterie. En réalité je me défile face à quelque chose que je ne veux pas regarder alors que l'heure est arrivée. Lorsque je travaillais on me disait sensiblement des choses comparables : Tu devrais écrire, rendre compte de ton expérience, de ton chemin atypique de tout ce que tu as appris et analysé. Je disais plus tard, peut-être, quand j'aurai le temps, quand je serai en retraite... Je ne disais pas "non", car effectivement je ressentais que cette sollicitation avait de la justesse. Je pensais parfois à certains livres que j'ai lus, certains témoignages entendus, et à l'importance que cela avait pu avoir pour mon propre développement.
Or, le temps, désormais je l'ai... Et je ne m'y mets pas... Je trouve mille et une excuses, à commencer par celle de l'orgueil, en poursuivant par celle de la paresse sous couvert du droit désormais à une vie dilettante, et en terminant par une fausse conviction, celle de prétendre que tout cela est bien inutile. Vanité des vanités !
Il serait peut-être temps que je prenne une décision. À l'aube de mes quarante ans, lorsque j'ai pri celle de « voler de mes propres ailes » (comme disait mon père), c'est-à-dire de m'installer en libéral, avec tous les aléas que cela comportait, j'ai pris une orientation majeure que je n'ai jamais regrettée. Je réalise que dans la deuxième partie de mes cinquante ans, il en est une nouvelle de même ordre à prendre sans doute. Sinon, je vais me laisser lentement glisser vers une sorte de lente fin de vie. J'aurais occupé mon temps, mais est-ce cela exister...
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AlainX 11:21 AM
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mercredi 1 mars 2006
À mon admirateur secret.
J'ai reçu l'e-mail suivant (vous corrigerez vous-mêmes les fautes d'orthographe) :
Bonjour,
Ceci n'est pas une blague, une de vos connaissances a utilisee nos services pour provoquer votre rencontre. Cette personne est probablement amoureuse de vous et aimerait savoir si cela est reciproque. Le seul moyen de decouvrir votre admirateur secret est de retrouver son e-mail par vous meme.
Si vous trouvez la bonne adresse vous serez tous les deux informes que votre amour est reciproque. Pour decouvrir qui est votre admirateur, precisez les adresses emails de toutes les personnes que vous aimez.
veuillez cliquer sur l'adresse suivante : http://www.zzzzzzzzzz.com/love/0/
Alors comme cela, j'ai un "admirateur secret" amoureux de moi... Si encore c'était une admiratrice ! Mais non, a priori un homme m'aime en secret. Et ce n'est pas une blague ! Et en plus un de mes amis l'a fait savoir au Webmaster de ce site ! Et voilà qu'il faut que je retrouve son e-mail en allant à l'adresse indiquée pour "être informé" si cet amour est réciproque.
J'en ai parlé hier soir à ma compagne pour savoir si elle était d'accord pour que j'essaye de savoir si mes tendances homosexuelles inconscientes étaient dignes du passage à l'acte. Toujours pragmatique, elle m'a conseillé de m'interroger sur l'état de mes hémorroïdes pour savoir si elles supporteraient l'expérience sans dommage. Imaginons en effet que mon amoureux soit un noir bien membré, c'est quand même autre chose qu'un doigt furtif....
Du coup, j'hésite ! Est-ce que je ne vais pas au-devant de périls graves ? Il faut que j'appelle "SOS-amitié" pour avoir un conseil avisé.
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AlainX 10:45 AM
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