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AlainX

 

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mardi 28 février 2006

 
Les tragédies de l'humanité humaine

Elles sont difficilement dénombrables. Elles jalonnent les routes de chacun. On nous en ou abreuve dans les médias, parce que cela fait toujours pleurer Margot. Et puis, on tente de surnager nous-mêmes avec nos propres douleurs.


J'ai commencé par tenter de faire de la tragédie de mon enfance, de mon adolescence et de ma jeunesse une sorte de comedia del arte, improvisant ma vie tant bien que mal, faisant face, portant ce masque souriant qui m'allait si bien. Ainsi je pouvais vivre à la périphérie de moi-même et trouver un faux équilibre, mais combien c'est fatigant de vivre en équilibriste sur un fil d'acier !
Ensuite... Ensuite j'ai fait le parcours que j'ai plus d'une fois évoqué ici, je n'y reviendrai pas.

Aujourd'hui, je mesure, non pas ma chance, mais le bénéfice réalisé au terme de tant d'années d'efforts, d'investissements longs et coûteux, de pleurs et de grincements de dents. J'ai le sentiment de "tirer les marrons du feu", mais d'insuffisamment goûter mon plaisir. C'est d'ailleurs à peine si j'ose dire que je suis heureux de ma vie telle qu'elle est, même si elle comporte encore des difficultés, des limites et des souffrances physiques.

Pourtant, ne devrions-nous pas sans cesse mesurer l'ampleur de nos chances ? Nos chances d'appartenir à un pays de riches et de nantis. (Je parle ici de la blogosphère, car si on a accès à l'Internet, on est riche, c'est-à-dire en ne se pose probablement pas la question de savoir ce que l'on mangera ce soir et où l'on dormira). Nos chances d'avoir des magasins remplis de victuailles à en crever de trop bouffer ; des congés payés, des loisirs, de la technologie haut-de-gamme, des maisons, des appartements, du chauffage, de l'électricité, etc.
Et pourtant, nous ne sommes jamais contents et encore moins heureux, (si j'en crois ce que je lis chaque jour et que j'écris moi-même à mes heures). Que nous manque-t-il donc, enfants gâtés que nous sommes ?

Je sais, je dis là beaucoup de banalités. Pourtant, n'est-ce pas cela après quoi nous courons sans cesse, nous les occidentaux repus et hédonistes : un bonheur personnel et éventuellement un bonheur pour ceux qui nous sont proches, mais cela est aussi un mouvement égocentré, tant il est vrai que les gens tristes nous ennuient à la fin avec leurs problèmes....

Or, à l'horizon... De ce bonheur : point ! Nada ! Niet ! Rien !
Cherchez l'erreur !

Lorsque je regarde mon enfance, mes havres de paix et de bonheur, c'étaient mes vacances chez un oncle et une tante, qui vivaient à la campagne, simplement. Il était manoeuvre en usine, il s'y rendait à vélo ; elle était ouvrière textile à domicile. Il y avait juste un point d'eau froide à l'extérieur, qui d'ailleurs posait des problèmes l'hiver, les WC dans le jardin, pas de salle de bains évidemment ni douche et encore moins de baignoire. On se lavait dans un baquet d'eau froide ou tiède en acier galvanisé. Il y avait des poules et des canards et mon oncle cultivait son jardin pour que nous mangions des légumes. Jamais de viande rouge, c'était trop cher, mais le dimanche un bon gâteau... Parfois il tuait une poule que ma tante plumait minutieusement sous mon regard attristé parce que la poule était morte.

Ce couple-là, qui n'avait pas d'enfants, me considérait un peu comme le fils qu'ils auraient aimé avoir. C'était donc tout simple : ils m'aimaient vraiment... Je n'étais pas « pourri-gâté » puisqu'ils n'avaient rien à me donner de matériel ; je n'étais pas « soigné aux petits oignons », car la vie à la campagne était rude et mon oncle savait me rudoyer pour que je devienne « un homme » ; mais je me sentais profondément aimé et considéré. Ils m'offraient le plus beau cadeau : leur affection, leur présence.

En contraste, mes parents étaient en pleine expansion. Ils s'installaient dans l'extraordinaire développement économique d'après-guerre. Ils amassaient de la richesse en trimant sans arrêt. Ce que l'on n'appelait pas encore « les biens de consommation » débarquait à la maison : premier frigo, première télé du quartier, première voiture, viande rouge tous les midis, beurre à tous les étages, chocolat à profusion, pâtisseries... du pâtissier, etc.
Mais, pour se payer tout ça, il fallait choisir entre travail et enfant. Ma mère choisit travail : mauvaise pioche pour moi... Elle me laissait à l'abandon. Alors je faisais « l'imbécile » et les coups pleuvaient. J'allais cracher la viande rouge du midi dans l'égout, je me faisais vomir, j'avalais du savon pour ne pas aller à l'école (ça marche pas...). Ma mère, surmenée, hystérique, délirante, criarde, finit par péter un câble... Ce fut sûrement de ma faute, d'ailleurs elle me le disait : « tu m'as rendu folle »

Au milieu de ce barbotage dans la richesse qui s'en venait, et la folie qui s'installait à la maison, j'attendais impatiemment mes vacances à la campagne... J'attendais d'être aimé... dans une vie simple et quasi monacale...

Avec le recul, notamment ce fameux travail sur moi, j'ai compris bien des choses sur ce que fut le couple de mes parents et le positionnement de ma mère dans ce couple. Je n'en parlerai pas ici, ce serait trop long et sans guère d'intérêt.
Mais ce qui s'est imprimé en moi, par osmose, par ressenti et non par raisonnement, c'est que, ce que l'on appelle aujourd'hui la société de consommation, est une terrible impasse et une entrave au bonheur d'être. Or, nous n'avons de cesse que de la développer.

Nnous sommes dans le schéma : la croissance pour la croissance, non pas la croissance pour l'homme. Or la croissance est faite pour l'homme et non pas l'homme pour la croissance. Dans ces conditions, notre système économique ne conduit pas vers un plus grand bonheur pour les hommes.
Certes, à titre individuel, on peut s'en démarquer (bien partiellement, car nous "sommes dedans") par des choix personnels, comme ne pas se laisser piéger par la publicité, par le renouvellement inconsidéré de biens, etc. Mais cela ne peut être qu'au niveau collectif que les choses se jouent, au niveau des choix politiques, syndicaux, associatifs, groupe de pressions, ...

Dans ce domaine, j'ai globalement le sentiment (mais j'aimerais bien me tromper) que tout un chacun s'accommode des orientations dominantes d'un toujours plus de croissance et de consommation, car l'une ne va pas sans l'autre. Il s'agit donc de toujours + produire, + vendre, + capitaliser. Est-ce donc là la merveilleuse perspective pour l'homme : demeurer un éternel agent de production pour concourir au développement de cette énorme machinerie capitaliste... ? Dans le passé, il y avait encore un « patron », en chair et en os, décideur identifiable, qui, dans le meilleur des cas venait encore serrer la main de ses ouvriers dans les ateliers ; et dans le pire des cas, se faisait séquestrer dans son bureau par des syndicalistes. Mais aujourd'hui, « le patron », est un ensemble de participations croisées, un compte d'exploitation consultable dans un paradis fiscal, un groupe financier lointain mal identifié, un fonds de pension américain, qui décide de 3000 licenciements à l'autre bout de la planète, quand il n'envoie pas ses sbires démonter les machines la nuit...

Globalement tout le monde s'accorde à dire que désormais il ne peut plus en être autrement, qu'il faut se regrouper, devenir gros poisson pour manger les plus petits. Ce avec quoi l'on se bouche la vue, c'est que la France est un petit poisson dans l'océan de la mondialisation. On nous jette de la poudre aux yeux avec quelques regroupements retentissants, comme l'actuelle fusion Suez/GDF. Mais on voit bien que les requins internationaux montrent les dents et qu'au petit jeu de la croissance effrénée notre douce France est bien mal partie... D'autant qu'elle a renoncé à former une Europe politique et économique puissante... (Encore merci aux nonistes ).

Alors ? Je ne sais pas ce que feront les jeunes d'aujourd'hui... Le vieux soixantehuitard que je suis avait mis des espérances dans la gauche... Il mesure amèrement sa déception. Il paraît que l'UMP fait des adeptes chez les jeunes qui rêvent à Sarkoland comme mes petits-enfants rêvent à Disneyland...

La Droite de chez Droite porteuse d'espérance et de bonheur pour tous...
Décidément, là, véritablement... Je rêve !!!
S. V. P. rendez-moi mes vingt ans... Que je puisse faire quelque chose pour qu'on n'en arrive pas là !



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P U B !

J'ai publié quelques photos doucement érotiques sur
NoirZone. Ah ben oui ! Le printemps s'en vient...

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lundi 27 février 2006

 
Le besoin de reconnaissance.

À la suite d'un courrier que j'ai reçu, je réagis sur ce thème du besoin de reconnaissance.
J'ai le sentiment qu'il est souvent vécu comme une « faiblesse ». Un adulte devrait pouvoir s'en passer. Ce serait quasiment infantile lorsqu'il se manifeste en nous.
Je ne partage pas ce point de vue. Tout du moins je ne le partage que partiellement.

Il y a dans l'homme, - dans l'ordre du relationnel, - deux dynamiques fondamentales, la plupart du temps exprimées sous forme de besoins : le besoin d'aimer et le besoin d'être aimé.
Ces deux besoins sont vitaux à l'être humain pour exister, aussi vitaux que la nécessité de boire et de respirer pour vivre.

Pour l'enfant, le besoin d'être aimé est massif. La satisfaction en est essentiellement attendue par la mère. Il est indispensable que la mère aime son enfant d'une manière ajustée, sinon on se prépare à bien des déboires plus tard... Je n'insiste pas, il y a sur ce point des kilomètres de rayonnages de bibliothèques ! Et puis, la vie le démontre tous les jours...

Chez l'adulte, ce besoin doit prendre sa juste place, mais il ne disparaît pas. Ce serait une erreur de le penser. Ce besoin vital se manifeste beaucoup dans la nécessité de la reconnaissance par les autres. Aujourd'hui, on parle beaucoup de "l'estime de soi". C'est une bonne chose. Mais le danger serait de croire que l'estime de soi se trouve uniquement par soi-même, et qu'il faudrait exclusivement la rechercher à l'intérieur de soi, par une démarche introspective.
L'estime de soi se construit aussi, même adulte, sous le regard de l'autre. Si personne ne manifeste de la reconnaissance pour ce que j'entreprends, alors à quoi cela sert-il ? Certes, je pourrais dire que je m'en fous, mais le ton plus ou moins aigri avec lequel je vais le dire démontrera qu'il n'en est rien et qu'au contraire je souffre de ne pas avoir cette reconnaissance.

Le problème avec ce besoin de reconnaissance, c'est que, si je ne suis pas suffisamment solide en moi-même, je vais le rechercher « à tout prix », c'est-à-dire que je vais m'aliéner à mon besoin et être prêt à tout pour être reconnu par l'autre ; à en passer par ses quatre volontés (pourvu qu'il soit quelque peu "dominant"), afin d'être reconnu et aimé de lui (enfin c'est ce que je crois... Car l'amour jamais ne s'achète. L'amour se donne, nous n'avons pas en payer le prix...).

L'estime de soi, qui donne l'équilibre personnel, et comme une sorte de balance à fléau. Il y a un plateau intérieur sur lequel repose le poids de notre personnalité profonde, de notre solidité personnelle ; il y a un plateau extérieur sur lequel repose le poids de reconnaissance légitime que nous apporte les autres, en particulier ceux qui nous aiment vraiment, qui nous reflètent notre potentiel, qui nous encouragent avec affection et lucidité, qui nous soutiennent dans les épreuves, etc.

Le déséquilibre, générateur d'aliénation, vient le plus souvent du fait que le plateau intérieur comporte un faible poids... Il est creux de nos manques, de nos carences affectives d'enfance, il est percé de nos blessures et par les trous creusés s'échappent ce si peu d'estime que nous avions en nous. Alors, tous les encouragements, tout l'amour d'un autre, toutes les manifestations d'affection vraie, toute l'eau vive que l'on désirerait apporter à l'autre, (et que l'autre crève de recevoir sans cesse), tombent dans ce creux percé de trous et tout s'échappe dans les sables du désespoir personnel.

C'est pour cela qu'il faudra un « travail sur soi » réalisé avec l'aide de personnes compétentes qui ont parcouru ce chemin pour elle-mêmes et qui vont nous aider à « boucher les trous », afin que nous devenions par nous-mêmes capables de rétablir l'équilibre des deux plateaux dont je parlais ci-dessus.

Mais, je le répète, cela n'enlève pas la dynamique nécessaire de la reconnaissance légitime qui est une composante fondamentale de notre personnalité en tant qu'être social, c'est-à-dire qui a besoin des autres pour ÊTRE.

Je me retrouve alors face à ma responsabilité d'humain désirant une société plus humaine. À ma responsabilité dans le « grandissement » de l'autre. Quelle reconnaissance juste je lui apporte ? Quel regard affectueux je pose sur lui ? Quelle parole prononcée sera pour l'aider au lieu de l'enfoncer. Combien de fois ne m'en suis-je pas sorti avec cette formule à l'emporte-pièce : « c'est ton problème ! » Alors qu'en réalité c'était à tout le moins « le nôtre ».
Certes, lorsque j'étais en situation « d'aidant labélisé » j'avais conscience de la sphère d'influence sur l'autre, j'avais conscience que mes paroles pouvaient favoriser la vie ou au contraire l'étouffer. Mais dans la vie quotidienne, dans l'ordinaire relationnel, je vis parfois un grand relâchement en ce domaine.
Car j'ai moi aussi, encore et toujours, mes zones sombres, mes agressivité, mon besoin d'en découdre, ma propension aux combats sanglants, mon besoin de me venger d'une enfance dévastée. Certes, j'ai fait d'énormes progrès, j'ai pacifié en moi des zones guerrières, j'ai supprimé des zones de non-droit où ma conscience n'avait pas accès. Mais c'est un chemin sans cesse à baliser, celui qui mène à tenter de devenir ce que j'aime appeler : « une bonne personne », avec à l'oreille cet accent de bonté qu'avait l'une de mes tantes lorsqu'elle employait cette expression.



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samedi 25 février 2006

 
Les mensonges de la vérité

Sur plusieurs blogs ces temps-ci il est question du mensonge, de la vérité, des non-dits, des omissions, etc.

Pour ma part, il me semble que le mensonge et la vérité forment un couple indissociable. Un couple appelé à se vivre en liberté. Je revendique le droit au mensonge, je revendique le droit à la vérité. Le mensonge n'est pas une horreur absolue, la vérité n'est pas une vertu suprême. Vérité et mensonge ont, l'un comme l'autre, la capacité de générer des catastrophes relationnelles ou d'assainir des situations difficiles.

« Toute vérité n'est pas bonne dire » dit l'adage, j'en suis intimement convaincu. Il est des vérités que l'autre n'est pas prêt à entendre et, sous prétexte de se soulager soi-même, on va lui balancer à la figure des faits, des événements qui seront pour lui de l'ordre de l'insupportable.

Je ne puis oublier cet homme qui annonça à sa femme fortement dépressive qu'il la trompait depuis longtemps. Celle-ci se suicida le lendemain. Pas facile ensuite de vivre que l'on a été facteur déclenchant de la mort de son conjoint, quand bien même, soi-disant, on ne l'aimait plus.

Je pense à cette femme tétraplégique à la suite d'un accident, que j'ai côtoyée pendant plusieurs mois dans un centre de rééducation. C'est déjà une lourde épreuve que d'entrer progressivement dans l'acceptation que l'on sera désormais dépendant pour tous les actes de sa vie, ne pouvant plus bouger que la tête. C'en est une supplémentaire lorsque le mari vient annoncer qu'il a une maîtresse depuis pas mal de temps, et qu'il acceptera de reprendre sa femme totalement dépendante "chez eux", qu'à condition que la maîtresse puisse venir vivre sous leur toit. Voilà donc un couple mis devant sa vérité totale. On sait que des épreuves, pour terribles qu'elles soient, font parfois surgir une force et des énergies insoupçonnées. C'est ce qui se passa pour cette femme. Elle fit connaître à qui voulait l'entendre, c'est-à-dire à tout le monde... sa situation et le positionnement de son (ex ?) mari. Elle suscita autour d'elle non seulement un élan de sympathie, mais encore une forte mobilisation pour lui permettre, lorsque l'heure viendrait, de vivre ailleurs et échapper à l'infernal d'un inconcevable ménage à trois. Ayant participé à cet élan, grâce notamment au réseau relationnel qui était le mien, j'ai pu voir à quel point cette femme était d'une incroyable force intérieure dans un corps mort. J'ai, hélas, appris par la suite qu'elle était décédée suite à diverses « complications » de type organique je pense. Peut-être aussi avait-elle fini par « jeter l'éponge »...

La vérité est parfois un feu brûlant. Il peut être salvateur et pacificateur. Il peut être destructeur. Dans l'ordre de la morale (éventuellement religieuse), la vérité est considérée comme meilleure et supérieure au mensonge, et de loin... Ce n'est pas tout à fait faux pour autant que l'on n'en fasse par un principe absolu.

Il y a aussi cet accommodements du non-dit. Chacun sait que l'on vit sur une dissimulation. Il y a toujours ce : « je préfère ne pas savoir ». C'est valable dans le domaine relationnel des couples, c'est aussi dans le domaine de la santé où l'on peut vivre dans le déni et mal se soigner. Au nom de quels principes cela serait-il répréhensible ? Au nom de quoi le choix de la non vérité serait-il forcément le mauvais choix ?

Ce qui guide me semble-t-il, c'est le choix que l'on fait en conscience. Et c'est surtout est-ce que ce choix (vérité ou mensonge) me laisse en paix avec moi-même. Je ne dis pas que ce choix me "soulage d'un problème", je dis est-ce qu'il me laisse en paix profonde avec moi-même.

C'est difficile, car parfois la non vérité relève d'un accommodement avec soi-même, d'une négociation plus ou moins frelatée avec sa conscience à laquelle on dit : « tais-toi donc ! ». Le signe que l'on se trouve dans cette situation est souvent notre besoin de nous justifier sans cesse, face à soi-même et face aux autres que l'on a raison de se taire, de dissimuler, de ne pas être capable d'affronter le risque libérateur de la vérité. On est capable d'aligner mille et une raison rationnelle, on recherche l'assentiment de l'autre comme un allié que l'on va pouvoir présenter à sa propre conscience en lui disant : tu vois bien que j'ai raison !

Il me semble que lorsque l'on se retrouve dans cet état intérieur, c'est que, quelque part en nous, la vérité cherche à triompher parce qu'elle va apporter un mieux, un "plus vivre". Seulement, on vit ce sentiment que l'on ne sera pas capable de supporter les conséquences, les remises en cause, les bouleversements, voire les ruptures. Alors on reste dans le statu quo, parfois pour longtemps, parfois pour toujours. À ces gens-là, j'aurais tendance à dire : vous vous êtes fourvoyés dans un incessant chemin de fuite. Soit vous vous fuyez vous-même, loin de vous, loin de votre propre personnalité (mais finalement c'est impossible...notre conscience réside en nous 24H/24 !) ; soit vous fuyez l'affrontement à la réalité et à la vérité des faits tels qu'ils sont, que vous en soyez l'auteur en tout ou partie, ou que vous en êtes la victime innocente et/ou inconsciente. (Et finalement vous vivez dans un éternel inconfort, source parfois de malheur, de déchirures profondes, autour de soi. Je pense ici en particulier aux fameux "secrets de famille", dont on a connaissance ou dont on est parfois l'un des acteurs, l'un des auteurs de sa naissance. Leur non dévoilement suscitant le plus souvent des déstructurations plus ou moins profondes du psychisme).

Autrement dit, cette question de vérité et de mensonge est loin de pouvoir se régler par des considérations simplistes, moralisatrices ou au contraire anarchiques. Je ne crois pas non plus au principe : "à chacun sa vérité", sauf si l'on parle ici de la seule vérité subjective, c'est-à-dire la mienne, celle que je crois vraie.

Notre réel et le plus souvent un doux mélange de vérités et de mensonges entremêlés, dans lesquels nous tentons de nager entre deux eaux sans trop nous noyer...



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jeudi 23 février 2006

 

Populaire populisme


Un homme politique peut-il faire autre chose que des promesses intenables ?
Le suffrage universel condamne-t-il au mensonge permanent ?

Un homme politique qui dit une vérité (par exemple Jospin déclarant : « l'état ne peut pas tout »), se traîne cette casserole pendant des années... Et pourtant il a dit une banale vérité...

Les quelques hommes politiques que j'ai pu côtoyer au plan national, dans le cadre d'un ensemble de circonstances m'ayant amené là, tenaient généralement sur ce sujet un discours en deux volets imbriqués.

D'une part, il ne fallait pas désespérer le peuple est donc lui faire des promesses de lendemains meilleurs (c'est bon pour l'économie). C'était même considéré comme la mission première d'un premier ministre : Vendre de la promesse.

D'autre part, si on ne flatte pas l'électeur il ira voir ailleurs. Ce qui est évidemment gravissime pour qui a fait de la politique son métier. Ne pas être réélu c'est en quelque sorte comme un licenciement économique... Il faut donc sans cesse composer avec ce « client » versatile, à la personnalité dédoublée que nous sommes chacun lorsque nous tenons en mains notre bulletin de vote.

Car nous voulons des réformes... À condition que que l'on ne change strictement rien à l'existant si chèrement conquis.

Nous voulons plus de justice... À condition qu'il ne faille pas mettre la main au porte-monnaie pour cela.

Nous voulons des retraites juteuses, une sécurité sociale protégeant de tout, à tout moment... À condition que l'on baisse les taux de cotisation quand même trop élevés et que l'on cesse de payer des indemnités à mon voisin, ce feignant de chômeur...

Nous sommes franchement pour l'Europe et la fraternité des peuples, (je campe avec des belges l'été moi monsieur !) à condition qu'il n'y est pas de Constitution, ni aucune règle venue de Bruxelles...

Nous sommes pour subventionner tout ce qui fait notre originalité, notre singularité... À condition que l'on ne vienne pas nous demander de verser un euro pour cela.


Les parties qui ne sont pas au pouvoir on les appelle : « l'opposition ». Ce mot auquel on est habitué est en réalité terrible ! Il condamne à être contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre. D'aucuns revendiquent : « une opposition constructive ». Pourriez-vous me faire la liste de ces personnes, pour chacun des parties qui ne sont pas au pouvoir ?

Si bien que, confusément, presque à notre insu, de la même manière que rentrent dans nos têtes les slogans publicitaires, nous en venons à penser que : voter c'est dire non ! Ce n'est pas choisir un programme après réflexion, ce n'est pas se poser la question sur les choix de société qu'il conviendrait de faire, sur les sacrifices, oui je dis bien les sacrifices, qui va nous falloir consentir, parce qu'il faut cesser de rêver aux chimères de « l'exception française ».

Voter c'est : "tar' ta gueule dans l'isoloir". Je vais me venger mon pote de toutes les promesses que tu n'as pas tenues. On a vu le résultat avec Le Pen au deuxième tour...
Or, ces promesses, nous les réclamons à cor et à cri. Nous en redemandons sans cesse. Nous espérons, comme des enfants gâtés que nous sommes, encore plus de chocolat...

Alors, l'homme politique n'a pas d'autre choix que de nous jeter en pâture son catalogue de l'impossible à réaliser. Il suffit qu'il est du bagout, du talent, qu'il sache emballer sa marchandise inexistante dans un beau paquet cadeau. Et nous nous mettons à espérer qu'enfin cela va venir puisque ce candidat nous l'a compris. Cela s'appelle le populisme. Le petit Nicolas fait ça parfaitement. (Il n'est pas le seul, mais dans le genre il est champion...)
Et ça marche... Hélas !

Je dis hélas, car derrière c'est le vide intégral dans l'ordre du réalisable. La même coquille creuse qu'un Chirac.


Ce qui est dramatique, c'est que c'est nous, les électeurs, qui générons ce système. Ceux qui ont des politiques audacieuses, des idées novatrices, qui ne vont pas dans le sens du Dieu Croissance (par exemple), qui ont la lucidité de percevoir qu'il faudra sans doute changer de paradigme, qui ne croit pas au bonheur par le tout économique, qui pense qu'au lieu de se déchirer entre soi, on pourrait collaborer ensemble à la recherche d'une solution juste et réaliste ; ceux-là, ont une audience marginale et passent pour de doux rêveurs. Il vaut mieux : soit faire des promesses délirantes et/ou dangereuses (mais bien argumentées...), soit attiser les haines, les peurs, est donc désigner des boucs émissaires qu'il suffira de rejeter à la mer.
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mercredi 22 février 2006

 
Chez Anne Archet (amateurs d’érotisme de qualité, bonsoir…) j’ai lu un texte assez politique (comme elle en fait parfois). J’ai flashé sur ceci :


Laissez la banque surveiller votre argent

Laissez la police surveiller votre quartier
Laissez l’école surveiller vos enfants
Laissez l’hospice surveiller vos vieux
Laissez votre député surveiller vos intérêts


Je n’ai pu m’empêcher de penser à mon grand ami, petit par la taille… et le reste… parfois évoqué ici. Alors je n’ai pu résister à l’inspiration du moment et écrire ce qui suit ! (sans l’autorisation de l’auteure précitée. Si elle passe un jour par ici [ce qui m’étonnerait….] qu’elle me réserve quelques délices sado/maso en guise de punition….)

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La Supplique du Candidat



Allez voter
Pour moi

Vous aurez la France d’après…


Je vous trouverai un bon boulot
Obligatoire
Précaire et mal payé
Mais un boulot.


Vous n’aurez plus qu’une chose à faire
Payer vos impôts


Laissez-moi faire
Ayez confiance
Je ne désire que MA réussite
Je ne vous dérangerai pas pour autre chose



Laissez-moi faire
Laissez-moi vous défaire
Laissez-moi vous mercenaire
Laissez-moi vous intérimaire
Laissez-moi disciplinaire
Laissez-moi vous extraire
Laissez-moi vous fragmentaire
Laissez-moi vous larvaire
Laissez-moi vous minoritaire



Laissez MA banque surveiller votre argent
Laissez MA police surveiller votre quartier
Laissez MON école surveiller vos enfants
Laissez MES hospices surveiller vos vieux
Laissez MON député surveiller vos intérêts
Laissez MES journaux vous désinformer
Laissez MON armée contrôler vos communications
Laissez MES CRS contrôler votre vitesse
Laissez MES fonctionnaires vous contrôler
Laissez-moi tout contrôler



Simplifiez-vous la vie
Regardez la télé
Regardez-la encore
Regardez-la sans cesse
Il y a sûrement une émission où je suis présent
Où je vous séduis
Où je vous conduis
Où je vous lénifie
Où je vous nuis
Où je vous détruis


Arrêtez de penser
Réfléchir vous fait du mal
Réfléchir rend agressif
Réfléchir isole de ma masse passive
Réfléchir peut vous amener des ennuis


Penser par vous-même est trop dangereux
Or, je veux votre bien.


Je vous ai préparé la France d’après
D’après la Liberté
D’après l’Egalité
D’après la Fraternité
D’après la Sécu agonisée
D’après les salaires augmentés
D’après le Droit de grève
D’après les Vacances
D’après les Loisirs
D’après l’Internet
D’après les Droits de l’Homme


La France du travailleur clochardisé
La France des congés non payés
La France de la précarité généralisée
La France des pauvres déshérités
La France du rentier magnifié
La France du CAC 40 triomphé


La France de la misère produite
La France des erreurs reproduites
La France totalement réduite
La France du Travail
La France de la Famille
La France de la Patrie




Allez voter
Pour moi

Vous aurez la France d’après…



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lundi 20 février 2006

 

Histoire de boite.

Ce matin, dans mon lit, je me reposais la question de ma boite à commentaires. La réouvrir ou pas.
La fermer fut comme élever une barrière protectrice tout autour de mon territoire. J'en avais ressenti le besoin. Je pensais que cela aurait pour conséquence d'avoir moins de visiteurs. En consultant mes statistiques (ce que je fais assez rarement), je constate que c'est plutôt l'inverse. Ma courbe est globalement à la hausse.
J'avais pensé recevoir plus de courriels, mais j'en ai très peu. Finalement, la barrière protectrice fonctionne.

Je crois avoir dit que je suis indifférent au trafic que peut générer mon blog. C'est vrai, mais pas tout à fait. Ce qui me convient c'est avoir une audience très relative. (entre 80 et 120 visiteurs pas jour environ). Je n'aimerais pas être « un blog à succès » et même je le redouterais. Le « succès » (pour employer ce mot là) dans ma vie « en live » je l'ai connu. Disons plutôt une certaine notoriété. Je ne l'ai pas recherchée, (en tout cas pas consciemment), elle est venue. Parce que j'avais des choses à dire, que je les disais pas trop mal, que cela rejoignit des gens. Alors il y eût cette alchimie curieuse du bouche-à-oreille. Après la griserie de voir des salles de conférence débordantes de personnes parce que c'est vous qui allez parler, vient très vite la fatigue et l'asservissement au rôle social dans lequel on se retrouve plongé. Et puis, c'est clair, plus vous êtes connus, plus les critiques s'abattent sur vous, plus les gens sont exigeants et arrogants, sans parler des jalousies de l'entourage concurrentiel, toujours prêts à vous tirer une balle dans le dos.
Lorsque « on me demandait », j'avais la prétention d'exiger des assurances sur le minimum de personnes qui seraient présentes. AlainX ne se déplaçait pas pour seulement une petite centaine de personnes...
Lorsque mon maître à penser apprit cela, il me remonta les bretelles. À juste titre. j'étais en train de devenir un vrai con !
Aujourd'hui, avec le recul, je regarde cela mi-amusé, mi-triste.

Bon, je digresse...
Et puis, tout cela fait maintenant partie de mon passé...

Si j'en reviens à ma fameuse boite à commentaires, je me rends compte que je suis toujours dans une attitude ambiguë à son égard. L'avoir supprimée, est une forme de repos satisfaisant : Quoi que pense le lecteur, il n'a pas la possibilité d'exprimer « sur place ». Est-ce à dire que je prends mon lecteur pour une sorte d'adversaire, voire d'ennemi ? Il y a par moment en moi cette représentation là. Chat échaudé craint l'eau froide sans doute...
Je dis bien « cette représentation », car dans l'ensemble, la réalité et que mes lecteurs sont plutôt bienveillants à mon égard. D'ailleurs, sur mon blog, je ne suis pas particulièrement polémique, hormis mes coups de griffes occasionnels. Rien à voir avec la virulence avec laquelle je me défoule parfois sur certains forums d'opinions politiques par exemple.

J'ai spontanément parlé d'une barrière protectrice. Protectrice de quoi ? Qu'est-ce donc qui, chez moi, en moi, se trouverait particulièrement en danger ? Objectivement, pas grand-chose ! Ce qui se passe, c'est que je recherche un confort de solitude. Or, celui-ci comporte le risque d'être délicieusement néfaste. De la bonne solitude au mauvais isolement, il n'y a parfois qu'une fine paroi à franchir. Le goût d'être seul gagne du terrain en moi. Ce n'est pas du tout par aigreur de type : de toute façon personne ne m'aime et je préfère être seul, car les sollicitations ne manquent pas : on ne te voit plus, que deviens-tu, tu ne viendrais pas manger à la maison ? Etc.
serais-je en train de perdre le goût des relations ?

C'est peut-être une question de "qualité relationnelle". Les relations convenues, conviviales, avec la superficialité qu'elles comprennent, sont devenus très fades pour moi. Or, je ne crois pas que ce soit positif. La convivialité à sa valeur, pour ne pas dire sa nécessité. C'est un peu comme un liant dans une bonne sauce ! J'en ai perdu le goût, ou plutôt je m'accommode de vivre sans.
C'est une forme de danger, pour ne pas dire un péril.

Je fais ce constat, mais je n'ai pas du tout l'intention de changer !... C'est donc encore pire que je ne croyais...
Cela dit, pourquoi je me pose toutes ces questions. Je suis bien comme je suis, qu'est-ce donc qui me pousse sans cesse à rechercher autre chose... ?



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samedi 18 février 2006

 
Yannick Noah dépassé !

















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Il se croyait un coach excellent au tennis
Mais le vrai de vrai coach, c'est Jésus !
Il est enfin revenu !
Amélie Mauresmo devrait se le choisir
Miracle ! Elle gagnerait enfin !

Tu pratiques un autre sport ?
toi aussi tu fais confiance à Jésus ?
Va
Achète ! Fais-toi plaisir !
Dieu ne te le rendra pas !



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vendredi 17 février 2006

 

fabulette :
De la nécessité d'être riche

Il était une fois des hommes politiques de droite et des hommes politiques de gauche qui nous disaient sans cesse : il faut augmenter la richesse. Le capitaliste et le banquier applaudissaient à tout rompre.

Dans le merveilleux système économique qu'ils avaient développé, il faut reconnaître qu'ils savaient faire une large place aux pauvres et même aux très pauvres. Ils faisaient preuve d'un grand réalisme face à cette réalité incontournable : il n'y a pas de riches sans pauvres, le gâteau n'est pas assez grand pour tous et les supers profits doivent demeurer pour quelques-uns uniquement, ceux qui sont sérieux, qui économisent pour investir, pensent rentabilité, qui ont une vision de l'avenir, bref les gens bien.

Mais un problème se posa, le pauvre avait tendance à ne plus se comporter comme avant, il semblait ne plus accepter sans broncher sa condition inférieure, et même, le pauvre, s'était mis à revendiquer (mais quelle horreur !) un droit au partage.

Face à cela, le capitaliste est quand même bien embêté, il se dit d'un côté : mais pour qui se prend-t-il le pauvre ? À réclamer ainsi, à sortir de son rôle, de sa caste, de sa classe sociale inférieure ! Il se dit d'un autre : il faut quand même que je transforme le pauvre en consommateur si je veux devenir plus riche encore en lui vendant des saletés inutiles.

Alors il a une grande idée généreuse et se met à donner plus d'argent au pauvre, (je veux dire à le payer un peu plus décemment pour son travail, en regrettant le bon temps de l'esclavage). et le pauvre s'engraisse, il grossit, mange plus qu'à sa faim, il y prend plaisir et réclame du confort.
C'est alors que le riche banquier se pointe et lui fait miroiter la poudre de perlinpinpin qu'est le crédit. Le pauvre va pouvoir s'acheter des biens de consommation sans bourse délier. Voilà donc le paradis pour tous. Alors le pauvre s'achète une maison à crédit qu'il va payer pendant trente ans. Il va librement se laisser exploiter, se laisser manger la laine sur le dos en exécutant un boulot de merde, mais qui lui semble suffisamment rémunérateur pour payer les crédits.

Mais le pauvre commençe à vieillir un peu, et d'autres pauvres plus jeunes ont rencontré le banquier et veulent aussi leur maison, et le capitaliste en a marre de ce type qui ne travaille plus aussi vite qu'avant et qui voudrait être payé de plus en plus. Alors il le vire, parce que bien sûr, il l'aurait bien gardé, mais faut comprendre, la conjoncture, la concurrence internationale, les dures lois du marché. Et le capitaliste a un regard compatissant en remettant la lettre de licenciement, avant d'aller bouffer à la Tour d'Argent avec le banquier, en rigolant bien de tous ces cons.

Le lendemain, le banquier, sachant que le pauvre vieillissant n'a plus d'argent, lui pique carrément sa maison qu'il avait déjà à moitié payer. Il la revend à vil prix au capitaliste qui le remercie chaudement. Le pauvre, qui n'a plus de droit, est alors promu au statut de SDF aussitôt son divorce prononcé. Il a refilé ses dernières économies à l'avocat.

Si vous voulez connaître ce pauvre ce n'est pas compliqué, il a sa cabane en carton du côté du périphérique, dans le troisième tunnel, vous trouverez facilement, c'est juste là où est la tour de verre des bureaux du banquier.
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(inspiré d'une interview à la radio d'un SDF vivant sous le périf parisien)
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jeudi 16 février 2006

 
Analyse d'un écrit

j'ai publié un texte dans le cadre d'un atelier d'écriture. Je le mets ici sur mon site. ("le facteur ne passera pas") Des lecteurs ont réagi, imaginant une suite ou un autre scénario. J'ai par ailleurs échangé en privé avec deux personnes. Cela m'a amené à m'interroger sur mon propre texte. Quelqu'un a trouvé que c'était une histoire sordide. Pour moi c'est une histoire sommet ; mais les sommets peuvent sans doute avoir l'apparence du sordide...
C'est l'histoire d'un amour totalement fou et totalement passionnel, irraisonné, hors du commun, où le corps révèle les pulsions les plus secrètes. Pour une raison inconnue tout s'arrête brusquement, comme une fatalité de Destin. Il ne peut véritablement y avoir de suite ou d'autres scénarios, ni d'autres amours pour lui.

Il y a aussi la symbolique de la croissance des arbres qui représentent le développement de l'espérance, puis la conscience de la fatalité irrémédiable : les arbres sont rongés de l'intérieur, comme cet homme l'est lui-même. Alors, comme eux, il est voué à la mort.

Comme toujours dans ce type d'histoire d'amour il y a la part de l'incompréhensible : le départ aux raisons obscures, la lettre dont on ignore le véritable auteur, l'extraordinaire passivité du héros.

Comme je le fais d'habitude, je me suis laissé écrire ce texte et j'ai publié ce premier jet sans corrections. À présent je réalise qu'il y a eu une source d'inspiration inconsciente qui est le film « intimité » de Chéreau. Un film qui m'a troublé et qu'il est difficile d'oublier.

J'observe qu'une fois encore « mon héros » meurt à la fin.

Laisser venir au jour ce texte ne m'apprend pas tellement grand-chose sur moi-même que je ne connaissais déjà. Je retrouve cette contradiction en moi, avec laquelle le cohabiter tant bien que mal : d'un côté ma foi dans le bonheur possible, foi qui a quelque chose de viscéral, et qui plus est, je suis globalement heureux de ma vie ; d'un autre côté mon attente du malheur définitif qui va s'abattre au sommet même de ce bonheur. Ce malheur n'est même pas la résultante d'une erreur, ni même une punition. C'est pire : il est malheur absolu, sans raison, sans lien de causalité avec quoi que ce soit. Il est : le mal.
Je n'ai pas réussi à assainir ce marécage en moi. Je l'ai partiellement asséché. Il n'a plus de prise sur l'ensemble de ma vie, je ne m'englue plus dedans, mais il est toujours là comme une menace, il comporte toujours le risque de m'absorber et de m'engloutir.

Ainsi, et pour être concret, je vis constamment avec cette « petite peur » tapie au fond de moi que ma compagne va disparaître brusquement. C'est parfois source d'angoisse : lorsqu'elle est en retard par exemple ; mais c'est aussi une sorte d'aiguillon qui ravive l'intensité de mon désir d'elle, d'être attentif à sa vie, de la chérir, de « profiter de l'instant », car il pourrait être le dernier...

C'est la manière que j'ai trouvée de gérer et contourner cette névrose. Je trouve que ce n'est pas si mal et que finalement si je vivais comme si tout devait durer éternellement, je passerai peut-être à côté de cette intense présence à l'autre qui, je crois, me caractérise... Au moins partiellement.

Il n'y a pas d'éternité à venir. Il n'y a que le présent à vivre ; et seule la présence à l'instant fait que celui-ci échappe parfois à la durée qui se consume.

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Je publie le texte tel que je l'ai écrit, sans correction. Le modifier en lui enlevant ses imperfections, en corrigeant ses lacunes que je vois nettement, je n'arrive pas à m'y résoudre. Une de mes lectrices me le reproche souvent et m'invite à retravailler pour améliorer. Je dois dire que cela m'agace et je résiste. Ce n'est pas une critique que je lui fais car je lui dois par ailleurs des remarques encourageantes qui m'ont aidé et m'aident encore. Cependant je ne suis pas dans une dynamique de qualité de mes textes (en vue d'une publication par exemple), mais dans une dynamique d'authenticité par rapport justement à ce premier jet. C'est donc, de mon point de vue, une autre approche. Je publie brut de décoffrage, je ne polie pas, je n'embellis pas, je ne cherche pas à ce que le texte soit plaisant pour être plaisant. Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas envie d'être lu, mais il faudra prendre le texte tel qu'il est pour ce qu'il est.




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mardi 14 février 2006

 
Si vous suivez l'actu judiciaire et toutes les questions qui se posent sur la détention provisoire, je vous conseille de lire les "cas réels" de Maître Eolas sur le "journal d'un avocat".

Et si vous aviez à décider ?



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Pour la Saint valentin

Cédons à l'air du temps

Quelques vrais-faux "Haïku" (mais non pas cul !) désordonnés :

*
Sexe alangui
Sous le gui
Elle a joui


*

Baiser d’orfèvre
Sur sa lèvre
Elle offre sa fièvre


*

Fesses arrondies
Cul étourdi
Belle s’enhardit

*



A l’office
Il perça l’orifice
Quel délice


*



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jeudi 9 février 2006

 
Outreau (suite...)

Commission parlementaire audition du juge B.

- Monsieur je juge, bien évidemment nous ne sommes pas un Tribunal qui serait là pour vous juger ...

PAF ! Prend cette question vacharde dans la gueule....

- Monsieur le Juge, loin de moi l'idée de faire de vous un bouc émissaire ...

VLAN ! A l'estomac ! Et celle-là tu l'avais pas vue venir hein !

- Monsieur le Juge, nous n'allors pas critiquer le fait que vous soyez jeune....

HOUCH !! T'as pas pu éviter la question vicieuse hein ! petit con de jeunot ! Nous on est des vieux routiers des caméras, ça fait des lustres qu'on en raconte au bon peuple qui avale toutes nos couleuvres.

- Monsieur le juge, nous aimerions comprendre pourquoi ....

Et HOP ! UPERCUT DU DROIT ! On va bien la démolir ta petite gueule de premier de la classe !

- Arretez de vous faire souffler les réponses par votre avocat ! C'est agaçant !

Ben quoi ! Respectez les droits de la Défense ?? M'enfin ! C'est pour les gogos qui croient à nos déclaration et nos beaux discours ça ! Ici On massacre !! enfin bref, on fait EXACTEMENT PAREIL que ce que l'on reproche à ce petit juge minable et arogant !

On le tient enfin le coupable de tous les maux judiciaires....

Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
(J. de La F.)

Elle est pas belle la France ?



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mercredi 8 février 2006

 

Séparation

Finalement, je demeure toujours surpris face à tous ces couples qui se séparent. Évidemment, il en est certain pour qui c'est largement mieux. Il en est d'autres pour lesquels les raisons de se séparer sont aussi pertinentes que les raisons de rester ensemble.

Je pense à tous ces couples pour lesquels la séparation est un véritable déchirement à la douleur intense. Beaucoup se résignent à penser qu'il n'y a pas d'autre choix que vivre cette intensité douloureuse. Un peu comme si, lorsqu'on a une plaie ouverte à la cuisse, il n'existait pas d'autre choix que de prendre un couteau et de triturer dedans, de manière à ce que cela fasse de plus en plus mal, au point que l'on finisse par décréter que l'évidence s'impose : il faut couper la jambe.
Je pense que si j'avais vécu sur ce schéma-là, j'aurais déjà divorcé dix fois de ma compagne. À chaque fois que les temps furent difficiles, à chaque crise qu'il a fallu surmonter en prenant le temps de l'analyse, du dialogue, de l'aide extérieure. En prenant le temps de retrouver les raisons fondamentales d'exister ensemble dans la durée. En prenant le temps de devenir progressivement heureux de vivre à deux.

R. et Z. viennent nous voir régulièrement depuis plusieurs mois. C'est elle qui a pris un amant, rencontré dans le cadre d'un voyage organisé, parce qu'en couple : « il ne se passait plus rien », (selon son expression). Cela dure depuis deux ans. Elle quitte son mari mais est incapable de vivre chez son amant. Elle prend un appartement mais est incapable de vivre seule. Elle revient « à la maison » mais ne supporte plus son mari.
Lui, il l'aime intensément, c'est manifeste. Jusque-là il déclarait attendre qu'elle revienne.

Lorsqu'ils viennent nous voir, ils ne se déchirent pas, ils ne cessent de pleurer tantôt l'un tantôt l'autre. Dans les moments de calme ils tentent de comprendre ce qu'il leur est arrivé : C'est une accumulation d'erreurs relationnelles, de maladresses affectives, d'incompréhension, de non-dits, de mal-dits, ce que je pourrais qualifier d'une sorte de d'épouvantable amateurisme dans la vie à deux.

S'il fallait mettre un peu d'humour dans tout cela, cela me rappelle le concept que développait le comique Dany Boon : « le chirurgien amateur » qui bricolait des interventions sur le corps de ses copains dans la cabane au bout des jardins. C'était évidemment un résultat catastrophique. Tout aussi catastrophique le vécu ce couple qui est entré dans le déchirement amoureux, faute de repères simples et fiables des conditions de réussite d'une vie de couple.

Mais personne n'enseigne cela d'une manière concrète et pratique...
Oh ! Les bouquins de bons conseils, tous plus contradictoires les uns que les autres, remplissent les rayonnages des libraires et les revues arnaqueuses en ce domaine sont légions...

Certes, certains couples échappent à ce déchirement. Les couples qui sont des "erreurs de casting", ceux qui aurait mieux fait de ne jamais se mettre ensemble. Mais d'autres, dans la destinée profonde était de durer, non pas par exploit, mais parce que c'était là leur chemin de bonheur, passent complètement à côté, soit parce qu'ils sont incapables de gérer une crise pour en sortir, soit que les dégâts sont devenus tellement énormes que tout est désormais compromis.

Cela hélas me semble le cas du couple que je viens d'évoquer. La seule bonne volonté pour tenter de reconstruire quelque chose ne suffit plus, les accommodements et la résignation non plus. Le mari vient de demander le divorce, ne pouvant plus supporter le non choix de sa femme entre lui et l'amant. Elle tombe des nues. Je la sens au bord de basculer dans une déprime profonde, d'autant qu'elle renonce à tout apport médicamenteux proposé par son médecin et qui me semblerait pourtant nécessaire. Elle ne veut pas de divorce, elle vient de décider de revivre "chez eux", de quitter l'amant définitivement... Mais pour combien de temps...
J'ai la conviction profonde que ce couple avait un fort potentiel de réussite ensemble. (Je ne dis pas cela de tous les couples que nous avons pu rencontrer). L'intensité des souffrances est à la mesure de cet échec là. S'il n'y avait entre eux qu'un amour fade est insipide, l'ampleur douloureuse des souffrances ne serait pas à ce niveau.

Ils reviennent nous voir la semaine prochaine, avec ce sentiment du rendez-vous de la dernière chance. C'est le type de rendez-vous que je redoute le plus en termes de possibilité d'avancer valable. Car en ce domaine il n'y a jamais de « dernière chance » ; il y a que le petit pas d'avancée que l'on se sentira pret à faire ou à ne pas faire. La crise dans un couple c'est le temps de la grande humilité. Il faut sortir des dynamiques de vengeance, des dynamiques de procès à mener, des dynamiques de type "cahier des charges" à respecter désormais. Des ultimatums aberrants : « tu reviens à la maison mais tu jures sur la tête des enfants de ne plus revoir cet homme », et de toutes ces sortes de choses...

« Les histoires d'amour finissent mal en général » chantaient les Rita Mitsouko...
C'est devenu trop vrai...
Hélas !




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lundi 6 février 2006

 

Outreau - pourquoi ?

Pour comprendre Outreau, ses dérives, la problématique de la Justice française, il faut écouter les débats de la Commission parlementaire, fort heureusement retransmis en différé sur le site de l'Assemblée Nationale.

Certes, cela suppose d'y consacrer du temps... Mais quelle leçon de démocratie directe ! Il faut écouter l'audition des avocats et la manière dont ils soulignent les dysfonctionnements de l'Institution. J'écoute depuis ce matin... c'est absolument terrible... "Nous sommes en Absurdie" dira un des avocats. Et c'est vrai !

L'audition des "victimes acquittées" avait - à juste titre - un aspect émotionnel que les médias (toujours aussi [autocensuré] !) ont LARGEMENT repris, parce que le rôle des médias c'est de faire de l'audience, de vendre du papier, de générer de la merde pour que ça pue, parce que, quelque part, chacun de nous aime l'odeur de la merde. Mais les auditions des avocats n'ont été relayées que par des commentaires succincts, parfois "populistes", et pour tout dire, pas sur l'essentiel.
Si vous vous intéressez à notre démocratie et si vous ne voulez pas vous retrouver un jour face à une Justice quasiment inhumaine, qui peut vous broyez demain matin, même si vous n'avez RIEN FAIT, écoutez ces auditions, puis regardez ce que les politiques vont faire, ça vous aidera à choisir un bulletin de vote.

J'ai lu des critiques de certains magistrats (journal "Le Monde"), contestant cette forme de "démocratie directe", comme si, finalement, ceux qui s'estiment les élites de la Nation, tenaient le citoyen de base comme incapable d'esprit critique, mais seulement aptes à aller de lynchage en lynchage. Certes ces observations ne sont pas totalement dénuées de fondements, mais je crois (j'espère à tout le moins...) que les générations qui arrivent, [ouvertes sur le monde, mieux informées des réalités, notamment grâce à l'Internet], arriveront à une maturité de discernement et de choix, que les générations de leurs aînés n'avaient pas.
Or, les débats quasi effrénés sur le Net à l'occasion du vote sur la Constitution européenne, ont démontré la maturité des citoyens que nous sommes et l'aptitude dont nous disposons à débattre de notre avenir, et ce sans porter d'appréciation sur les résultats du vote.
Il conviendrait qu'il en soit de même en matière de justice.

Hélas, nous pensons trop souvent que la Justice ne nous concerne pas vraiment, dans la mesure où ne sommes pas des délinquants, ni violeurs, ni dealers, ni relevant de grand banditisme... C'est oublier que nul d'entre-nous n'est à l'abri d'une affaire Outreau (une dénonciation malveillante par exemple), ni d'une procédure de divorce qui s'enlise, ni d'une quelconque procédure simple, mais que présente pour vous une importance évidente, qui dure pourtant 15 mois parce que le juge est débordé et que votre affaire n'est absolument pas sa priorité.

Ce qu'il faudrait c'est changer les mentalités (comme l'on dit certains avec justesse...), celles du milieu judiciaire comme celle des citoyens à propos de la "présomption de culpabilité" (pardon.... "d'innocence"....). Oui, mais voila.... comment change-t-on une mentalité ?? C'est si facile le : "il n'y a pas de fumée sans feu" ! C'est si facile d'avoir des apriori ! C'est si facile de décréter "coupable" et de passer à autre chose !

Je vais tenter de rester optimiste, je vais tenter de me dire que ces débats publics seront suivis par beaucoup, qu'ils donneront à réfléchir et à faire l'effort de comprendre, qu'il en va de la grandeur de notre pays, qu'il faudrait cesser de rester passif face au fait que la France est régulièrement condamnée pour ses lenteurs judiciaires. En 2003 la France arrive au 3° rang de cet horrible palmarès, avec 76 condamnations par la Cour Européenne, à égalité avec la Turquie ! Ah ! Evidemment il vaut mieux s'intéresser au Palmarès de la Star'Ac !



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vendredi 3 février 2006

 

Débordements

Cela devait arriver. Je le sentais. Depuis plusieurs jours l'accumulation se faisait. Comme un lent entassement plaque après plaque, jusqu'à ce que cela cède par le fond. J'aurais dû prendre des précautions avant, ne pas laisser les choses s'accumuler ainsi. Mais voilà, je suis un imprévoyant de moi-même. Parce que je sais qu'il y a cette force au fond de moi, je la crois capable de résister à toute épreuve. Mais elle a ses limites. Comme pour tout dans ma vie, je me crois capable de dépasser les limites de mon territoire réel. Parfois, je crois ma force intérieure invincible parce que j'ai su traverser des épreuves particulièrement intenses et douloureuses. Mais la force intérieure à cette caractéristique qu'elle est une force fragile, un vase d'argile.

Alors, hier il a suffi de trois incidents ordinaires pour créer un accident tumultueux en moi, quelque chose qui laissera des séquelles. J'ai très mal dormi. J'avais froid. J'avais ces douleurs dans les articulations. J'aspirais à disparaître. Lorsqu'il y a tout cet ensemble je sais que je suis en danger : celui de l'écroulement.

Peu de gens, je dirais même personne, (hormis mon médecin) ne sait à quel point « Je tiens à un fil » au plan physique. Tout le monde me croit en bonne santé, tellement, paraît-il, j'ai bon mine et je semble si jeune... Pour tenir le coup dans mon corps il me faut cette force intérieure, lorsqu'elle m'échappe je perds aussitôt 80 % de mes faibles forces physiques, ce qui me met dans une spirale d'écroulement de toute ma personne.

Lorsque l'on parle de "force mentale" ou de "forces de l'esprit", bien souvent on pense qu'il s'agit d'une métaphore, une figure de style, et que le mot force est employé dans un sens figuré. Ou à l'inverse, on plonge tête baissée dans l'ésotérisme le plus con, du style des capacités à déplacer des objets ou tordre les petites cuillers.

La force de l'esprit (que je préfère dénommer la force intérieure) est la source des énergies, y compris corporelles. Son vecteur et la volonté, mais la volonté est une capacité, un mode d'action, pas une force. C'est essentiellement la culture judéo-chrétienne qui a séparé corps et esprit, alors que ces deux réalités sont intimement emboîtées, bien que distinctes. Si cette manière de voir est généralement admise aujourd'hui, il n'en demeure pas moins que bien peu de personnes font l'expérience de cet emboîtement de manière significative et intense. J'ai « la chance » d'avoir un corps affaibli (j'allais dire comme par nature) depuis mon enfance, c'est sans doute pour cela que cette expérience a du relief et de la consistance en moi-même.

Le monde médical a toujours été étonné que je ne sois pas quasiment grabataire. Pour ma part, je sais qu'il n'en est pas ainsi, à cause de la force intérieure découverte au fond de moi, à laquelle j'ai cru et qui donc constitue « ma foi ». C'est elle qui a régénéré mes forces physiques. En ce sens, je puis comprendre que certains parlent de miracle, dans la mesure où ils ne tiennent pas compte de la réalité de la force psychique, telle qu'elle existe naturellement dans l'être humain ; ce qui n'a donc rien de « miraculeux ».

J'ai probablement fait les bonnes rencontres au bon moment... En effet, cette découverte je l'ai faite à quinze ans, dans les années 60 donc, grâce à une femme, réfugiée hongroise en France, pionnière dans des méthodes de réadaptation qui sortaient directement de son génie intuitif, évidemment contesté, travaillant à la marge, et qui sans doute avait perçu en moi un terrain favorable d'expérimentation. Sans doute cela aurait-il pu être complètement foireux ; ce fut une réussite totale. Certes, j'ai payé le prix fort, mais je n'ai rien à regretter.

Il n'en demeure pas moins qu'à mesure que les années passent, le peu qui me reste diminue inexorablement. Alors, lorsque je suis en situation de faiblesse morale ou psychologique (pour employer un vocabulaire un peu simpliste), le retentissement sur l'ensemble de mes forces est à effet amplifié dans un sens négatif. C'est un peu comme un moteur qui tourne tant bien que mal, et voilà que tout à coup on coupe le contact. Alors, je suis pris dans cette spirale de dégringolade comme malgré moi et je voudrais disparaître définitivement, comme cela aurait dû être le cas à l'age de 12 ans. J'ai alors ce sentiment d'avoir trop forcé mon destin, d'avoir volé une vie qui ne m'était plus destinée et que je ferais mieux de jeter l'éponge. Une manière de le faire est alors de démissionner du processus relationnel. Je m'isole complètement, comme je l'ai fait hier soir, en me taisant tout au long du repas et en m'isolant ensuite dans mon bureau. Malheur à celui qui m'adressera la parole, il aura droit à une gifle verbale.

Il fut un temps où j'entretenais cet état de manière machiavélique et morbide. Aujourd'hui cela tient plus d'une sorte de fuite vers le vide et l'anéantissement. D'une certaine manière je le ressens comme plus dangereux pour moi-même. Cela pourrait être une sorte de suicide lent, avec une dépression profonde qui l'accompagnerait. Je ne me sens pas à l'abri de cette éventualité. J'en ai parfois totalement marre de subir que le déroulement de ma vie nécessite un sur-effort permanent qui est de plus en plus source d'intense fatigue, qu'il vaudrait mieux s'arrêter là.

Ce qui ajoute à la difficulté c'est que je n'ai pas d'autre choix. Je suis comme cet homme suspendu par les bras au-dessus du vide, qui serre les poings pour ne pas tomber et s'écraser au fond.

C'est fatigant.
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De ce fait,
lettres mortes reprend du service...



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jeudi 2 février 2006

 
6 machins aléatoires


Valclair (Val, pour les intimes, les dames essentiellement : quel charmeur cet homme !), me demande de participer à l'un de ces jeux de la blogosphère. Je cède à la tentation et j'avoue que j'aimais ce genre de distraction dans mon jeune temps blogosphérien.

1 - A propos de PARIS HILTON C'est une question existentielle, que je me pose et que je pose à tous les hommes en age de raison et de déraison : Je me demande si elle ne devrait pas diriger un palace parisien.

2 - A propos ! J'ai toujours rêvé d'une nuit de luxe et de stupre à l'Hotel Hilton de Cannes, dans les jours du Festival, et dans les bras de Paris, car Paris sera toujours Paris.

3 - A propos de Paris, si je cherchais mon quart d'heure de célébrité ? Comme Monsieur Pignon, avec une tour Eiffel en allumettes. Hélas je ne fume pas. Et dans les diners de cons, j'ai toujours l'air qu'il sied à la circonstance.


4 - A propos de célébrité : Star Academy ou Académie des Belles-Lettres ? Entre deux mots, je choisirai le moindre. Et bien chantez maintenant ! C'est décidé, je passe à "La Cigale".

5 - A propos du passé, enfant, je regardais les fourmis, dans le jardin de mon oncle. Accroupi j'en avais dans les jambes à force d'immobilité, mais elles, processionneuses incessantes, elles s'en moquaient. Le rire de la fourmi vous marque pour la vie.

6 - A propos, savez-vous que je suis un homme de marque, qui marque, que l'on remarque ? Remarquez cela ne me dérange pas, j'adorais "Culture Pub" sur M6. Il y a longtemps que je porte un crocodile sur le sein gauche. Parfois, j'en verserai des larmes.

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Mission accomplie Monsieur Val, dit Clair.



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